XXIV
You have to become an equal
Note de l'auteur : Alors... Je décline toutes responsabilités quant aux dommages cérébraux que la lecture de ce chapitre pourrait engendrer. Prenez-vous-en à Hannibal et Will, c'est eux qui ont décidé XD
Bonne lecture ;)
China : On va éviter Titanic XD Quoi que, j'ai une scène en réserve qui risque de vous y faire penser lol. Dis-moi? C'est toi qui m'avais parlé de traduire ma fic en anglais? ça en est où? (ça serait bien qu'on ait un autre moyen de communiquer)
Quand j'ouvris les yeux, il faisait encore nuit. Un rêve étrange m'avait réveillé, dont je ne gardais qu'un souvenir vaporeux, une forêt, la pleine lune, l'odeur du sang. Et les balancements du bateau ne faisaient qu'accentuer l'impression d'irréalité. À mes côtés, Hannibal dormait encore. Allongé sur le flanc, sa main reposait sur mon torse. J'y posai la mienne et caressai ses doigts. Inconsciemment, il se rapprocha, appuya sa tête contre mon épaule. Je l'observai longuement, paisible et calme, sa respiration régulière, et comme souvent, je me demandai comment nous en étions arrivés là. Il avait débarqué dans ma vie comme un putain d'ouragan. Non, pas un ouragan. Un virus. Il avait incubé, proliféré, c'était répandu jusqu'à envahir chaque parcelle de mon être, chaque fibre de ma peau, chacun de mes organes. Il avait contaminé mon cerveau, réveillé mes instincts, s'était rendu indispensable à mes yeux. La manière dont je me sentais en sa présence était comme une drogue contre laquelle j'avais lutté longtemps, de laquelle j'avais tenté par tous les moyens de me sevrer. Nous nous étions fait tellement de mal. Mais, cela n'avait rien changé à ce que nous ressentions. Bien au contraire. Je n'avais pas pu vivre sans lui, ni avec lui, pas tant que je n'avais pas embrassé cette part de moi qu'il avait vu bien avant que je sois moi-même conscient de son existence.
Il ouvrit ses paupières dans l'obscurité et ses yeux, de cette couleur fauve qui caractérisait si bien le chasseur qu'il était, se fixèrent sur moi.
« Cauchemar ? » Articula-t-il tout bas.
« Pas vraiment. »
Sa main vola jusqu'à ma joue, son pouce caressa mes lèvres.
« À quoi penses-tu ? »
J'inspirai profondément.
« À quel moment… »
« La première fois que je t'ai vu. J'ai su que tu serais la personne la plus importante du reste de ma vie. » Me coupa-t-il, en devinant mes pensées. « Et je ne l'ai pas accepté. Pas tout de suite. J'ai été seul tellement longtemps. Ne comptant que sur moi-même, n'autorisant personne à m'approcher. Cela m'a terrorisé. Cette envie que tu me regardes, que tu ne vois que moi, que tu ne puisses pas te passer de ma présence. Puis, tu t'es retrouvé enfermé à cause de moi. Exactement comme je le souhaitais. J'avais tout mis en œuvre pour arriver à ce résultat. Et pourtant… Pourtant, je n'en ai éprouvé aucune satisfaction. Pire, j'en souffrais. Je ne supportais pas ton absence. Et les mots que tu m'as dits quand je t'ai rendu visite n'ont fait que me blesser d'autant plus. J'ai alors pris conscience que c'était moi, en réalité, qui ne voyais que toi et ne pouvais pas me passer de ta présence. Pour la première fois, mon jeu se retournait contre moi. »
Je restai sans voix un long moment. Au fond de moi, je savais déjà tout ça, mais l'entendre de sa bouche avait un autre impact, rendait tout plus réel. Je ne savais pas ce qui le poussait à se confier ainsi. Le couvert de la nuit, l'intimité de notre lit ou le fait que je pouvais apparemment plaire à d'autres personnes que lui. Mais, je n'allais certainement pas laisser passer cette occasion.
« Je l'ai vu. C'est d'ailleurs pour cela qu'il m'a été si facile de te manipuler par la suite. J'ai joué cette corde jusqu'à ce qu'elle s'use et casse. Mais, j'ai commis une erreur – je ne sais toujours pas à quel moment d'ailleurs – et tu as su que je n'étais pas totalement franc. Tu l'as pris comme une trahison, mais ce que tu ne savais pas, c'est que j'étais un homme en présence de Jack et un autre quand j'étais avec toi. Et que ces deux entités se livraient une guerre sans merci dans mon esprit. Quand l'étau s'est refermé sur moi et que j'aurais dû finalement faire un choix, j'ai préféré fuir. Simplement me retirer de l'équation. »
« Qu'est-ce qui t'as fait changer d'avis ? Pourquoi m'as-tu appelé ? »
« Alana. Elle m'a téléphoné cette nuit-là, m'a dit que la police allait m'arrêter, ainsi que Jack. J'ai alors compris qu'il ne viendrait pas pour t'embarquer, mais pour te tuer. Je devais te prévenir, pour que tu aies le temps de partir. Les voitures de patrouilles étaient déjà à ma porte. Je n'ai pas réfléchi, j'ai couru, je t'ai appelé, puis j'ai foncé chez toi en espérant simplement retrouver Jack dépité au milieu de ta maison désertée. Mais, à la place, je suis tombé sur Alana brisée sur le trottoir, et toi, couvert de sang et toujours là. Tu m'avais attendu. Tu voulais que je voie Abigaïl. Que je vois ce que j'avais détruit, ce que tu me reprenais pour m'être joué de toi. Je voulais réellement m'enfuir avec toi. Mais je ne l'ai vraiment compris que bien après ton départ. Ce soir-là, la part de moi qui t'aimais a gagné le combat, mais trop tard. Le mal était fait. Et tu ne m'as toujours pas dit ce qui m'avait trahi. »
Sa main se replaça sur mon torse, se posa sur mon cœur qui battait peut-être un peu trop vite, et je m'en saisis pour la serrer contre moi.
« Freddie Lounds. Son parfum était sur toi, le soir où nous avons brûlé mes archives dans la cheminée. » M'avoua-t-il.
« Je me souviens. Je l'avais vu un peu plus tôt ce jour-là. » Me rappelai-je clairement.
« Tu t'es servi d'elle pour me faire croire que tu étais comme moi. Tu as apporté les ingrédients et nous avons cuisiné et dîné ensemble. Qu'était-ce, si ce n'était pas elle ? »
J'encaissai le reproche, car ce n'était pas totalement vrai.
« Je n'ai peut-être jamais appris à me méfier de ton odorat prodigieux, mais je ne t'ai jamais sous-estimé au point de croire que je pourrais faire passer du porc pour de la chair humaine, Hannibal. »
Il réfléchit quelques instants à mes paroles.
« Randall Tier. » Déduit-il finalement. Je hochai simplement la tête. « Tu as mangé de la viande humaine, d'un homme que tu avais tué de sang-froid, avec la bénédiction de Jack, juste pour avoir une petite chance de me coincer ? » Résuma-t-il, clairement perplexe.
« Jack n'a jamais su cette partie-là. Il l'a possiblement deviné de lui-même, mais je pense que ça l'arrangeait de croire que j'avais trouvé un moyen, d'une manière ou d'une autre, de tromper ton palais. Ce n'est d'ailleurs pas la seule chose sur laquelle il a fermé les yeux. Il voulait t'attraper, peu importe ce que cela coûterait. Une part de lui était tout à fait consciente que je me perdais peu à peu, que je ne discernais plus le vrai du faux et jouais de moins en moins la comédie quand je venais chez toi. Mais il savait également que j'étais son meilleur appât, grâce à ça. Car, si j'y croyais moi-même, alors tu y croirais aussi. Moins je te mentais, finalement, et plus tu te laisserais prendre. Ce qui fait la différence entre vous deux, et qui m'a fait te choisir, c'est que si vous vous êtes servis de moi dans vos propres intérêts, toi, tu ne l'as jamais nié. Tu as tenté de rattraper ton erreur et tu n'as jamais essayé de me faire croire que j'étais ce que je n'étais pas, bien au contraire. Tu voulais me révéler à moi-même. Nous nous sommes mutuellement détruits, avec acharnement. Moi, parce que je n'acceptais pas ma nature et parce que je pensais que te tuer réglerait ce problème. Toi… »
« … Parce que je voulais te dévorer, t'absorber, pour te sentir en moi, que tu fasses partie de mon être. Je voulais te posséder avec une telle force, qu'il m'arrivait d'en être effrayé. Tu es une créature magnifique, pure. Nous nous complétons parfaitement. Là où tu m'empêches de perdre totalement mon humanité… »
« … Tu me permets de nourrir suffisamment ma part d'ombre pour qu'elle ne me submerge pas. » Complétai-je. « Et tu as finalement choisi de me dévorer d'une manière beaucoup moins… Létale. »
« L'avantage, c'est que je peux continuer à jouir de ta compagnie. »
Ses doigts glissèrent sur mon ventre qui se contracta sous la caresse.
« Seulement de ma compagnie ? » Murmurai-je, provocateur.
« Qu'as-tu d'autre à proposer ? »
En réponse, je fondis sur lui brusquement, le clouai au matelas de tout mon poids. Il accusa le coup, agrippa mes hanches pour me désarçonner. Mais, plutôt que de me laisser faire, j'insérai un genou entre ses jambes pour les écarter et me glissai entre elles. Il resserra ses cuisses sur les miennes, comme pour m'arrêter, attrapa mes épaules, et me lança un regard où je pus voir un avertissement, un défi et un désir dévorant. Les contacts visuels avec Hannibal étaient toujours vertigineux. Je plongeais littéralement dans son esprit. Ressentais ce qu'il ressentait. Et je vis le conflit qui se livrait dans son for intérieur. Alors que j'eus un mouvement de recul, abandonnant provisoirement la bataille, ses genoux remontèrent contre mes flancs, me retinrent fermement. Tu es sûr ? Voulus-je lui demander, mais les mots ne passèrent pas mes lèvres, car il saisit mon visage pour m'emporter dans un baiser ravageur qui balaya tous mes doutes. Il avait dit vouloir me sentir en lui.
Je le préparai longuement, avec d'infinies précautions, sans jamais le quitter des yeux, étudiant chacune de ses réactions, cherchant ses points sensibles, apprenant son corps d'une manière nouvelle. Hanté par ses gémissements, enivré par son odeur, exalté par la vue de son être cédant peu à peu, je ne résistai pas plus longtemps et m'insinuai en lui un peu durement, emporté par la vague de plaisir qui déferla sur moi en sentant ses chairs étroites serrées autour de mon sexe tendu. Une de ses mains se crispa sur ma gorge, l'autre sur mes fesses, et j'attendis, à bout de souffle, qu'il me relâche, noyé dans son regard teinté de rouge. Quand ses doigts migrèrent finalement sur mon épaule et que je pus respirer plus librement, je m'appuyai sur le matelas et bougeai lentement, mais fermement mes hanches, pris possession de lui avec force. Il planta ses dents dans mon avant-bras, enfonça ses talons dans le creux de mes reins, monta son bassin à ma rencontre, demandeur, exigeant, il se livra, lâcha prise et me laissa me perdre encore en encore dans la chaleur de son corps. Il murmura mon nom, s'accrocha à ma nuque, et je collai mon front en sueur au sien, avant de l'embrasser. Il mordit ma lèvre inférieure, quand ma main trouva son membre et le caressa au rythme effréné de mes coups de reins. Dans la pièce, résonnaient nos voix à l'unisson, le bruit presque obscène de nos corps se percutant, les chocs répétés du montant du lit contre le mur. Et je le pris un peu plus fort, en sentant ses muscles se contracter autour de moi, ses ongles griffer mes flancs et s'enfoncer dans la peau de mes hanches, avant qu'il ne se cambre contre moi et vienne sur son ventre. Je perdis alors le peu de contrôle qu'il me restait et m'abîmai une dernière fois dans les abîmes de sa chair, avant de sombrer à mon tour et de me répandre en lui.
Il me réceptionna dans ses bras, m'accueillit contre son torse trempé de sueur contre lequel je me blottis. Ses poils chatouillèrent mon nez, je déposai un baiser sur sa peau salée, il caressa mes cheveux humides en reprenant un souffle régulier. Nous restâmes ainsi de longues minutes, vautrés sur les draps défaits, son cœur cognant contre mon oreille.
« Je t'aime. »
Il y eut un instant de flottement où je crus avoir imaginé ses mots, puis quand l'étau de ses bras se referma sur mon torse, je compris que c'était réel.
« Je t'aime aussi, Hannibal. » Murmurai-je en retour, avant de m'allonger contre lui.
Par la fenêtre, les premières lueurs du jour perçaient déjà, mais rien ne nous obligeait à nous lever avant l'escale de cet après-midi. Je fermai donc les yeux, ma tête appuyée contre son épaule. Il embrassa mon front, puis se réinstalla, avant de me serrer contre lui.
…
Quand le bateau reprit la mer, ce soir-là, ce fut avec un passager de plus. Blake Bass – « B » pour les intimes – était un Américain milliardaire, propriétaire d'une grande chaîne d'hôtels de luxe. Il m'aurait laissé totalement indifférent, avec sa soixantaine bien tassée, ses cheveux grisonnants et ses dents complètement refaites, si Hannibal n'avait pas tiqué en entendant son nom, quand on nous le présenta peu avant le dîner, dans le petit salon où nous prenions un apéritif. Je ne pus pas m'adresser à Hannibal en privé avant que nous passions à table et dus donc profiler moi-même l'individu plutôt enjoué de prime abord. Je n'eus d'ailleurs pas grand-chose à reprocher à son comportement en lui-même. Mais, le Diable est dans les détails, et quelque chose me mettait mal à l'aise chez lui. Peut-être était-ce le ton parfois lubrique de sa voix, quand le sujet des femmes venait sur le tapis, ou bien cette façon parfaitement inappropriée – de mon point de vue – qu'il avait de toucher ses interlocuteurs. Fort heureusement, il ne s'intéressa pas à moi. Hannibal, lui, ne le lâcha pas de la soirée, posant des questions toujours plus incisives, sans pour autant se départir de sa politesse.
Alejandro, qui était également convié, osait à peine me regarder, tant l'aura d'agressivité autour d'Hannibal était forte. Les autres ne la percevaient certainement pas, mais lui ne pouvait pas y échapper. D'autant plus qu'une parcelle de celle-ci devait sûrement être directement dirigée contre lui. Et il n'était pas le seul que la présence de Alejandro mettait à cran. Rien qu'au souvenir de ses lèvres sur les miennes, une pulsion de violence manquait de m'envahir. Mais, j'avais un rôle à tenir. Celui de bel objet. Et ils semblaient trouver cela normal, puisqu'ils voyaient leurs femmes de la même manière, pour la plupart. C'était ce que j'étais à leurs yeux. Une femme avec avantages. Des avantages qui ne leur faisaient pas envie, pour la majorité, mais dont ils comprenaient l'intérêt. Je savais que ma présence était tolérée uniquement parce que je possédais également un pénis. Et je devais accentuer cette image, pour espérer amadouer Alejandro. Il fallait absolument qu'il m'imagine plus faible qu'en réalité et totalement sous l'emprise d'Hannibal, qu'il devait percevoir comme un tortionnaire.
Hannibal m'avait fait part de la finalité de son plan, auquel j'avais ajouté quelques finitions. Cette idée me plaisait beaucoup et nous venions de trouver la victime idéale. Il m'expliqua qui était vraiment ce cher B. Accusé de viol sur mineur par une de ses stagiaires, il s'en était sorti moyennant finance, en proposant une grosse somme d'argent à la famille pour qu'ils retirent leur plainte. Laissant derrière lui une adolescente traumatisée, alors qu'il s'en retournait tranquillement à ses occupations. Si ça ne tenait qu'à nous, l'homme nourrirait déjà la totalité des passagers – sauf peut-être les végétariens – mais les choses étant ce qu'elles étaient, nous devions rester patients. J'en venais presque à regretter de ne pas être sur un paquebot du Club Med, entouré de retraités paisibles et de familles. Même si nombreux seraient ceux qui penseraient sûrement que nous étions d'une espèce bien pire que celle de Blake.
Plus tard dans la soirée, alors que le dîner touchait à sa fin, j'échangeai un regard entendu avec Hannibal, avant de bâiller volontairement bruyamment.
« Pardon. » M'excusai-je. « Je tiens à peine debout ce soir. Si ça ne te gêne pas, je pense que je vais aller me coucher. » Lui dis-je, en posant une main sur son bras.
« Bien sûr. Pars devant, je te rejoins dans peu de temps. » Répondit-il, avant de déposer un baiser aérien sur mes lèvres.
Je me levai alors, en leur souhaitant à tous une bonne nuit, puis quittai le restaurant, avant de sortir sur le pont et de m'accouder à la rambarde. La brise marine me fit frissonner, décoiffa mes cheveux et mon regard se perdit dans les remous de l'océan. Je n'eus pas à attendre longtemps, avant d'entendre des pas dans mon dos. La seconde d'après, Alejandro était à ma droite, un peu trop proche à mon goût, mais je me fis violence pour ne pas reculer.
« Je croyais que vous étiez fatigué. »
« Je voulais surtout prendre l'air. Je me sentais étouffé. » Prétendis-je. « Et vous, qu'elle était votre excuse ? »
« Je suis monté fumer une cigarette. » M'apprit-il, en sortant un paquet de sa poche, avant de coincer un des sticks entre ses lèvres et d'abriter la flamme de son briquet de sa main gauche pour pouvoir l'allumer. Il aspira une bouffée, puis la recracha lentement, avant de reprendre la parole.
« Vous en voulez une ? » Me proposa-t-il.
« Ça fait une éternité. » Répliquai-je. Et c'était vrai. « Zacharia ne veut pas que je fume. » Improvisai-je ensuite.
« Je l'ai pourtant vu tâter du cigare cubain l'autre soir. Il y a beaucoup de choses qu'il vous interdit, n'est-ce pas ? » Me demanda-t-il, en allumant une deuxième cigarette, avant de me la tendre.
« Un certain nombre. » Répondis-je, évasivement, avant de tirer dessus.
La fumée irrita ma gorge et je toussai lamentablement.
« Ça fait vraiment longtemps, ma parole. » Commenta-t-il, en souriant.
Je pris un air timide et fuis son regard, comme si son sourire avait un quelconque effet sur moi. Et il s'engouffra dans la brèche. Sa main vola jusqu'à ma joue, glissa sous mon menton et releva ma tête.
« Tu ne sais pas à quel point tu es désirable, Gabriel. Tu mérites tellement mieux que lui. Je pourrais t'offrir tout ce que tu n'as pas. » S'emballa-t-il, avant de s'approcher encore.
Cette fois, je reculai, en affichant une expression paniquée.
« Il pourrait arriver n'importe quand et nous voir. Si tu veux m'aider, ne fais rien de stupide, comme m'embrasser de nouveau. »
« Que puis-je faire, dans ce cas ? »
Et je dus me retenir de sourire, en tirant une nouvelle bouffée qui passa bien mieux que la précédente.
« Il me fait surveiller, tu sais. D'ailleurs, Blake Bass est un de ses amis. Ce n'est pas un hasard s'il nous a rejoints sur cette croisière. Zacharia lui en doit une et il paye toujours ses dettes. »
« Que compte-t-il lui donner ? De l'argent ? De la drogue ? Si c'est illégal, nous pouvons prévenir les autorités maritimes. »
« Rien de tout cela… » Laissai-je volontairement planer, en prenant un air honteux.
Il me fixa quelques secondes, tira sur sa cigarette, avant de comprendre finalement.
« Tu sous-entends… Ne me dis pas que tu es censé être son lot de remerciement ? »
Je laissai un silence gênant passer.
« Je ne sais pas comment empêcher cela d'arriver. Je lui ai déjà dit que je ne voulais pas, mais il ne veut rien savoir. Il sait des choses sur moi. Sur mon passé. Il me tient. Si je ne fais pas ce qu'il veut… Le seul moyen, serait de faire en sorte que Bass ne soit pas en état de réclamer son dû. »
Et il me fixa longuement, sans parler, avant de jeter son mégot dans l'océan et de s'éloigner. Puis, il s'arrêta et me jeta un regard déterminé par-dessus son épaule, avant de disparaître dans les escaliers. J'avais ferré mon poisson.
