XXXI

We are the lions

Note de l'auteur : Ces derniers jours, j'étais patraque. Comme beaucoup de monde. Le changement de température, tout ça...

J'ai donc mis un peu de temps pour vous servir sur un beau plateau d'argent ce chapitre très culinaire. Pour le plaisir des yeux, et de papilles si vous décidez d'expérimenter les recettes que vous trouverez très facilement sur internet (comme tous les plats présents dans cette fic d'ailleurs)
Si vous commencez à me connaître, vous savez que les chapitres où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, cachent une grosse anguille sous un gros rocher. Les emmerdes ne sont plus très loin malheureusement. (ils s'emmerderaient sinon à force XD)
Je dirais simplement que quelqu'un a mal choisi la destination de ses vacances ^^

Fannibal : J'ai adoré imaginer Will en pleine séance d'essayage sous les yeux appréciateurs d'Hannibal ^^ Marcelin devait être magnifique dans sa vitrine XD Ne t'inquiète pas trop pour ce meurtre ;)

Julia : Merci ^^

idoines : Merci pour tes compliments. J'espère que la suite te plaira.


Il fallut une semaine, avant que quelqu'un trouve Marcelin. Ce fut une vieille dame qui vivait au-dessus de la bijouterie. Alertée par l'odeur persistante depuis deux jours, elle avait appelé les pompiers. À la télévision, le journal du midi relayait l'information, alors qu'Hannibal suivait vaguement le fil de l'actualité depuis la cuisine où il préparait le déjeuner. Assis dans le canapé, Buster sur mes genoux, les autres chiens éparpillés à mes pieds sur le carrelage frais, je fixais sur l'écran HD les sous-titres anglais qui défilaient, ainsi que les images filmées de la devanture où les secours avaient forcé le rideau de fer pour entrer. L'ambulance avait emmené le corps depuis longtemps, mais les journalistes français étaient comme les autres, ils traînaient des heures autour de la scène de crime déjà froide pour se repaître des restes, tel des hyènes affamées. L'envoyé spécial détaché sur place débitait son discours dans un micro grotesque, répétait la même chose depuis une bonne demi-heure. Un commissaire apparut dans le champ de la caméra et dit à la France entière – comme si quelqu'un en avait vraiment quelque chose à foutre – qu'il mettrait tout en œuvre pour découvrir le coupable. Pour résumer, les enquêteurs n'avaient absolument rien. Je pouvais le déduire rien qu'à l'absence abyssale de réelles informations. L'avantage de connaître l'envers du décor de ce métier, c'est que je savais ce que signifiaient des phrases comme celle-ci. Il faudrait surveiller cela de près. Au moins pour savoir si un suspect se dessinait.

« Comment as-tu fait pour supporter cette pression tout seul, toutes ces années ? » Lançai-je à Hannibal, par-dessus le dossier du sofa.

« N'éprouves-tu aucune satisfaction de les voir se démener pour rien ? » Me questionna-t-il en retour, en taillant des légumes sur une planche, avant de les jeter dans une large casserole.

« J'avoue qu'elle est un peu gâchée par l'appréhension. »

« Penses-tu franchement que quiconque se préoccupera longtemps de l'assassinat d'un homme dont personne n'a pris la peine de signaler la disparition ? Il avait certainement plus d'ennemis que moi. » Répliqua-t-il, versant le contenu d'une bouteille en verre dans la marmite.

J'en déchiffrai l'étiquette quand il la reposa sur le comptoir.

« Tu verses du champagne dans ton plat ? Que prépares-tu exactement ? » Le questionnai-je, en zappant sur une autre chaîne.

Une sitcom américaine qui me disait vaguement quelque chose, racontait le quotidien de la famille dégantée un gamin surdoué nommé Malcolm. Les voix françaises collaient atrocement mal aux lèvres des acteurs.

« Un carpaccio de saumon au citron vert et une blanquette de médaillons de lotte et langoustines au champagne, avec des tagliatelles fraîches. » Me répondit-il, sans perdre sa concentration sur la préparation.

« J'adore les langoustines. C'est quoi des tagliatelles ? »

« Des pâtes italiennes. » M'apprit-il, en cassant trois œufs avant de séparer les jaunes et les blancs.

« Je peux faire quelque chose ? » Demandai-je.

La télévision m'ennuyait et je l'éteignis avant de pousser doucement Buster pour me lever.

« Sais-tu monter un sabayon ? »

« Absolument pas. Je ne sais même pas ce que c'est. » Répliquai-je, en me glissant à ses côtés.

« C'est une préparation culinaire d'origine italienne obtenue en incorporant du vin ou du champagne à des jaunes d'œuf. Viens par là. »

Il m'invita à m'installer devant le piano de cuisson, puis passa ses bras autour de moi en se collant à mon dos. Il posa sur le feu vif une sauteuse où il venait de mélanger les ingrédients, avant de me donner son fouet.

« Il est important de mélanger continuellement en maîtrisant la chaleur pour ne pas faire des œufs brouillés. » Murmura-t-il à mon oreille. Son souffle chaud irradia ma nuque.

Je fis ce qu'il disait, jusqu'à ce que mon avant-bras soit douloureux, puis il s'empara d'un récipient avant de verser doucement la crème qu'il contenait.

« Je continue ? » Demandai-je, en tournant ma tête vers lui.

« Jusqu'à ce que le mélange soit crémeux et homogène. » M'indiqua-t-il, avant de me voler un baiser.

À ce moment-là, Winston aboya, tous les chiens se levèrent en remuant leurs queues touffues et la porte d'entrée s'ouvrit avant de se refermer.

« Bonjour, les garçons ! » Retentit la voix de Nancy. « Vous êtes tellement mignons, tous les deux. » Ajouta-t-elle, en nous apercevant.

Mignon n'était pas un mot que j'utiliserais pour qualifier Hannibal – sauf sur une certaine photo – mais Nan pouvait bien dire ce qu'elle voulait. Elle se fraya un chemin entre les chiens qui lui tournaient autour et nous rejoignit dans la cuisine.

« J'ai une très bonne nouvelle pour toi, Hannibal. » Dit-elle, en posant une assiette dont le contenu était recouvert de papier aluminium.

« Tu restes déjeuner pour en discuter ? » Demanda-t-il, en éteignant le piano avant de sortir un plat pour dresser le poisson.

« C'est si gentiment proposé. » Répondit-elle. « J'ai fait des cookies. »

« Merci. Raisins secs ou pépites de chocolat ? » Demandai-je, intéressé, en soulevant l'aluminium.

« Chocolat. » Répondit-elle.

« Mes préférés. » Dis-je, en souriant, avant d'en prendre un pour croquer dedans.

Mais Hannibal me le vola et prit une bouchée avant de le reposer sur l'assiette.

« Gardons-les pour le dessert. Sinon, tu n'auras plus faim. » Osa-t-il rétorquer, en essuyant une miette au coin de sa lèvre.

« Oui, maman. » Raillai-je, en sortant la vaisselle pour mettre la table.

Il leva les yeux au ciel et Nan sourit. Puis nous nous installâmes et Hannibal apporta les plats. Les fines tranches de saumon reposaient sur une belle faïence, accompagnées de quartiers de pamplemousse et saupoudrées de basilic frais et de baies rouges. Un saladier de pâtes fraîches encore fumantes reposait à côté de la lotte et des langoustines arrosées de sauce au champagne.

« C'est délicieux, Hannibal. » Dit Nan, après s'être servie.

« Merci. Alors, quelle est donc cette bonne nouvelle ? » La questionna-t-il, en versant du vin blanc dans nos verres.

« L'autre soir, je dînais avec mon ami de longue date, Guy Cogeval. » Débuta-t-elle.

« Qui est-ce ? » Demandai-je.

« Le directeur du Musée d'Orsay. » M'indiqua Hannibal.

Et je me rappelai qu'il faisait partie de la liste de lieux qu'il souhaitait me faire visiter.

« Exactement. Il cherche un nouveau responsable pour la collection permanente. L'homme actuellement à ce poste part en retraite anticipée. Cancer de la prostate. »

« Comme c'est regrettable. » Dit poliment Hannibal, même si je pus voir qu'il n'en pensait pas un mot.

« Ce travail serait parfait pour toi. » Commentai-je, en percevant son enthousiasme intérieur.

« C'est justement ce que j'ai dit à Guy. » Reprit Nan. « Je sais que tu as toujours été passionné par l'art et si cela t'intéresse, tu as un entretien lundi matin. Mais peut-être comptais-tu reprendre ton activité de psychiatre ? »

« L'un n'empêche pas l'autre, si je limite mes consultations à deux jours par semaine. Je préfère avoir un nombre réduit de patients, de toute manière. »

« L'oisiveté ne t'a jamais réussi, n'est-ce pas ? »

« L'ennui, c'est l'ennemi, Nan. Nous nous sommes accordés suffisamment de temps pour nous installer et nous acclimater. Il est temps de redevenir productif et de nous montrer en société. Qu'en penses-tu, Will ? »

« Tu le sais très bien. Vivre isolé ne m'a jamais dérangé. Je n'ai pas les mêmes besoins que toi. Ce job est justement ce qu'il te faut. Et quand tu auras des patients, tu pourras te servir de ton bureau comme cabinet. » Lui assurai-je, en me servant une langoustine et des pâtes avec envie.

« Et toi ? Qu'aimerais-tu faire ? » Me demanda Nan.

« Je n'y ai pas vraiment réfléchi. » Avouai-je. « Je ne parle pas très bien français, je crains que cela me porte préjudice. »

« Pas nécessairement. » Me rassura-t-elle. « Paris est une cité cosmopolite. Beaucoup d'Américains et de Britanniques vivent ici. À l'année ou seulement en période estivale. Tu aimes beaucoup les chiens visiblement. Tu pourrais proposer tes services pour t'occuper des leurs. Pour les promener, les garder ou les dresser même. Les tiens t'obéissent au doigt et à l'œil, tu as manifestement des compétences dans ce domaine. »

L'idée n'était pas mauvaise. Et cela me permettrait de me faire des relations. Le repas se termina dans une ambiance légère. J'aimais voir Hannibal aussi détendu.

Le lundi arriva rapidement. La police n'avait toujours aucun suspect et les journaux avaient déjà trouvé de nouveaux scoops pour noircir leurs premières pages. Hannibal avait raison.

Il partit pour son entretien, ce matin-là, apprêté après avoir changé trois fois de tenue. Je savais que c'était l'expression de son appréhension – quoi qu'il en dise – et m'étais efforcé de le conseiller au mieux. Une fois seul avec les chiens, pour la première fois depuis notre arrivée trois semaines auparavant, les échos de la maison, que je parvenais à ignorer habituellement, me parvinrent avec une extrême clarté dans le silence soudain.

Je m'étais attaché à la vieille bâtisse. Elle avait une histoire, une âme, mais ne serait certainement jamais paisible après les événements dont elle avait été le théâtre involontaire. Les réminiscences des meurtres n'étaient qu'un murmure lointain qui bourdonnait à mes oreilles, après toutes ces années. Parfois, j'apercevais une ombre furtive du coin de l'œil ou la vague répercussion d'un hurlement. Mais cela ne me dérangeait pas. Je ne craignais pas les fantômes.

Plusieurs choses me manquaient. L'océan se trouvait bien loin d'ici et je regrettais presque de ne pas en avoir profité d'avantage à Buenos Aires. Le sport également, mais pour ça, j'avais déjà repéré un parc non loin d'ici où je pourrai aller courir avec les chiens. Ils devront être en laisse, mais c'était une question d'habitude. Mais pour le moment, j'avais autre chose en tête.

Hannibal rentrerait un peu avant le déjeuner et je voulais lui faire plaisir. Guy était un ami de Nancy, ce qui signifiait sûrement que c'était également un homme bien, et Hannibal avait largement les capacités pour ce poste. Tout portait donc à croire que nous aurions quelque chose à fêter ce midi et je voulais marquer le coup.

J'avais grandi avec mon père. Et la cuisine n'était pas sa priorité, c'était peu dire. Mais tous les ans, pour mon anniversaire, nous préparions toujours le même gâteau. Dans mes souvenirs, c'était la meilleure pâtisserie du monde. Avec le recul, je savais très bien que non. Cependant, je me souvenais encore de la recette par cœur et cela avait une valeur sentimentale pour moi.

J'investis donc l'antre de la bête, le territoire sacré : la cuisine. Et j'ouvris les placards à la recherche des ingrédients dont j'avais besoin. Heureusement, la liste était courte et la préparation d'une simplicité enfantine. Je sortis le beurre et trois œufs du frigo, trouvai le sucre en poudre, le chocolat pâtissier et un sachet de levure. Ne manquait que la farine que je finis par découvrir sur une étagère. Je n'étais pas très grand, je le savais très bien, contrairement à Hannibal avec sa carrure élancée, presque gracieuse. Et fatalement, la pièce était arrangée à sa convenance. Le paquet se trouvait donc un peu trop haut pour moi. J'aurais pu aller chercher une chaise, mais en me hissant sur la pointe des pieds et en tendant mon bras, je le touchais du bout des doigts. Je n'avais qu'à le pousser légèrement vers moi, doucement. J'y étais presque, quand son poids le fit soudainement basculer en avant. Je tentai de le rattraper, mais le manquai de peu et il s'éclata littéralement sur le plan de travail. La fine poudre blanche s'éleva dans les airs, retomba sur mes cheveux, mon visage, mes vêtements, s'étala sur le marbre et le sol. Je restai statufié quelques interminables secondes, les bras toujours tendus, figés dans leur tentative de sauvetage, avant de soupirer lourdement. Il fallait récupérer ce qui pouvait l'être. Je sortis donc un tupperware et l'appuyai contre le bord du meuble, avant d'en racler le maximum avec ma main. Le nettoyage attendrait.

Je mis le four à préchauffer et une casserole à chauffer, avant de me munir d'une balance électronique et d'un bol pour y peser le beurre. Puis je le fis fondre avec le chocolat. Dans un autre récipient et y cassai deux œufs. Le troisième m'échappa des mains et s'écrasa par terre. Je m'empressai de ramasser la coquille, armé d'un rouleau d'essuie-tout, mais les chiens, qui m'observaient avec curiosité et traînaient dans mes jambes, intéressés par l'odeur, se précipitèrent pour léger les dégâts. Je décidai de les laisser faire et pris un nouvel œuf dans le frigidaire, avant de l'ajouter aux autres et d'y mélanger le sucre, la farine et la levure, en essayant de ne pas en mettre partout tout en remuant dans la casserole, sans grand succès. Puis je combinai le tout, avant de le verser dans un moule rond déniché dans un tiroir. La cuisson ne durait que trente minutes. J'enfournai le gâteau en manquant de déraper sur le sol quelque peu glissant et m'attaquai à la ganache, après avoir passé mon doigt au fond du bol avant de le lécher avec gourmandise.

Durant le temps qu'il me restait à attendre, je décidai de m'atteler à la décoration du gâteau. Malheureusement, je ne trouvai que du sucre glace. J'allais devoir faire avec. Il me fallait cependant un pochoir. Il nous arrivait souvent d'en faire nous-mêmes, avec mon père. Je me lavai donc rapidement les mains et partis à la recherche de papier, d'un stylo et d'une paire de ciseaux. Il me fallut plusieurs essais, avant de trouver un motif susceptible de plaire à Hannibal. Mon talent pour le dessin était très loin d'égaler le sien, mais j'esquissai néanmoins grossièrement les silhouettes de deux bois de cerf tout à fait convenables. Le four sonna alors et j'enfilai le gant anti-chaleur pour en sortir le gâteau, avant de le démouler dans une belle assiette. J'y étalai ensuite la ganache à l'aide d'une spatule et dessinai mes bois en sucre à l'aide d'un tamis. Le résultat n'était pas parfait, mais satisfaisant. Les chiens, la truffe en l'air, s'intéressaient un peu trop au plat.

« Le chocolat, ce n'est pas bon pour vous. Je vous ferai des gamelles tout à l'heure. Je dois ranger tout ça avant qu'Hannibal ne rentre et ne voie… »

Le bruit de la clé dans la serrure me coupa au milieu de ma phrase et les chiens foncèrent vers l'entrée. La porte s'ouvrit, se referma, des pas résonnèrent, avant de s'immobiliser.

« Pourquoi est-ce que je perçois une odeur de chocolat et de sucre ? » Me demanda Hannibal.

Sa voix me parvint clairement et une seconde après, il apparut dans le salon et se figea en s'approchant de moi. Son regard voyagea de mon visage au plan de travail, puis à l'évier rempli de vaisselle empilée en vrac.

« Surprise. » Dis-je presque timidement, en me maudissant intérieurement. « Tu rentres plus tôt que prévu. Ça s'est bien passé ? » Le questionnai-je.

« Très bien. Je commence demain. » Répondit-il d'une voix distraite, toujours focalisé sur l'état de la pièce.

« J'ai cuisiné. » Précisai-je inutilement.

« Ceci n'est pas de la cuisine, Will. C'est une catastrophe. » Commenta-t-il, d'un ton polaire.

« Je suis désolé. J'allais nettoyer. J'ai eu un petit accident avec le paquet de farine. Il était rangé un peu trop haut… » M'empressai-je de raconter.

Il leva un sourcil dubitatif en apercevant le tupperware rempli de poudre blanche. Puis il ouvrit un placard juste au niveau de sa tête dans lequel je vis immédiatement une boîte en métal où je pus lire « farine » écrit en lettres stylisées. Le paquet qui m'était tombé dessus constituait donc une réserve. Je pinçai mes lèvres pour refréner un fou rire. Il souleva alors le pied, en sentant sa semelle coller au sol.

« J'ai aussi fait tomber un œuf, mais les chiens s'en sont chargé. »

« Les chiens étaient dans la cuisine ? »

« Ils me tenaient compagnie. »

Il jeta alors un œil à la pâtisserie, visiblement surpris.

« Pourquoi des bois de cerf ? » Demanda-t-il.

« Tu ne sais pas que je t'ai toujours vu ainsi dans mes rêves. »

« Un symbole intéressant. » Commenta-t-il simplement. « Et si nous le goûtions ? » Ajouta-t-il. Et je souris. « Après que tu aies rangé tout ça et que tu te sois changé. Tu es dans un état épouvantable. »

Mon sourire se fana pour laisser place à une expression faussement outrée, alors qu'il emportait le plat dans la salle à manger avec deux assiettes à dessert, des cuillères et un couteau. Les premières notes d'une symphonie s'élevèrent quelques secondes plus tard et il revint vers moi. Il s'empara d'une de mes mains, avant de la porter à sa bouche et d'y lécher le chocolat qui restait sur mes doigts. Un frisson me parcourut et il me fixa de ses yeux mordorés.

« Je plaisantais, Will. Viens manger, nous nous occuperons de ça tout à l'heure. » Dit-il, avant de me tirer à lui et de m'embrasser.

Et je souris contre ses lèvres en prenant garde de ne pas le salir.