XL

I'm looking right at the other half of me

Note de l'auteur : Chapitre 40 ! J'ai du mal à y croire. Le pays se révèle doucement, c'était le bordel ce matin à Saint-Denis, mais j'ai quand même réussi à pondre ce chapitre. Je pense avoir réussi à y glisser quelques petites touches de cet humour pinçant totalement absent du dernier en date. Mais l'ambiance n'y est toujours pas très joyeuse. Cela reviendra ;)

Hannibal aime partager et Will aime quand Hannibal veut partager des choses avec lui. Donc cela me semblait logique qu'il réponde "oui" à la demande d'Hannibal dans ce chapitre.

Oui, je me suis vraiment renseigné très sérieusement sur la manière de stériliser une pièce et oui, je vais devoir faire d'autres recherches beaucoup moins réjouissantes néanmoins intéressantes, pour mon prochain chapitre.

Passez un bon moment, bonne lecture et j'espère que vous allez tous bien ^^

Fannibal : De rien. Je tenais vraiment à continuer quand même. Will ne peut même pas imaginer perdre Hannibal à ce niveau de l'histoire. Mais je pense qu'il en est de même pour Hannibal. Leurs retrouvailles sont comme eux : Silencieuses et emportées. Jack va ramasser et Bedelia aussi ^^


Ce n'était vraiment pas normal.

J'étais assis dans le salon, devant la télévision à tube cathodique qui datait du siècle dernier, alors qu'Hannibal préparait quelque chose à manger dans la cuisine. Chiyoh était partie tôt ce matin et toujours pas revenue. Je regardais les informations du midi, pour évaluer à quel point nous étions dans la merde. Mais j'eus beau voir les titres défiler, jusqu'à un reportage sur les touristes qui profitaient des terrasses sur la Côte d'Azur, à aucun moment le présentateur ne fit mention de la disparition de Jack et Bedelia.

L'enquête était possiblement totalement secrète, et il n'était pas forcément étonnant de ne pas voir les détails étalés dans les médias. Mais il y avait eu un échange de coups de feu, l'esthéticienne qui était un témoin partiel, et ils ne pouvaient pas non plus tout étouffer. Ce n'était vraiment pas normal.

J'éteignis le poste, avant de jeter la télécommande sur le canapé et de me lever pour passer dans l'autre pièce. Hannibal finalisait la préparation d'un plat léger, de saison. Il releva les yeux en me voyant entrer et me gratifia d'un regard chaleureux. Il avait disparu toute la matinée pour faire des achats, semblait plutôt serein et déjà bien remis de sa blessure. Ces deux constats me déconcertèrent.

« Tu es sûr de ne pas vouloir t'allonger un peu ? » Lui demandai-je, en ouvrant le frigidaire.

Sur une des étagères, se tenait un plateau d'huîtres de gros calibre au milieu d'autres ingrédients tout aussi coûteux, comme une boîte où l'on pouvait lire le nom d'un grand chocolatier ou un morceau de parmesan venu d'Italie. Je pris une canette de soda dans la porte, avant de la refermer.

« Oui. Je vais beaucoup mieux et je ne force pas trop sur mon bras. » M'assura-t-il.

« Avec cette chaleur, ce n'est vraiment pas raisonnable. Mais c'est toi qui gères. » Ajoutai-je, pour qu'il sache que je désapprouvais, mais que je n'avais aucune intention de le materner. « Nous avons du monde à dîner ce soir ? » Raillai-je, car je connaissais parfaitement la réponse à cette question.

J'eus droit à un sourire narquois, façon Lecter.

« Où est Chiyoh ? » Demandai-je ensuite.

« Elle ne se joindra pas à nous. » Dit-il, en fuyant mon regard.

Cela ne m'étonnait pas réellement. Mais son expression trahissait quelque chose qui n'avait rien à voir avec le repas.

« Où est-elle, Hannibal ? » Répétai-je.

« Je n'en suis pas certain. » Avoua-t-il, en terminant de dresser sa salade composée dans deux assiettes, avant d'y poser des morceaux de poulet.

« Mais cela t'inquiète. » Compris-je. « Non, ce n'est pas de l'inquiétude. » Corrigeai-je, face à son silence. « C'est une émotion que je capte rarement chez toi. De la peur ? »

J'ouvris ma canette et bus une gorgée, en m'appuyant contre le plan de travail. Il me lança une œillade en biais.

« Je n'ai pas terminé mon histoire la dernière fois. » Dit-il, et je l'aidai à mettre la table, avant de m'asseoir en face de lui.

« C'est un changement de sujet très peu subtil ou y a-t-il réellement un rapport entre l'endroit où elle se trouve et ton enfance ? »

Je picorai dans mon assiette. Le mélange chaud-froid était agréable en bouche et les légumes divinement assaisonnés.

« Ne t'es-tu pas demandé où elle logeait depuis tout ce temps ? »

« Si. Mais je ne pensais pas l'information pertinente. Elle est débrouillarde, ce n'est pas nouveau. L'endroit doit être sûr, sinon n'y serait pas retournée. »

Il nous servit du vin rosé, dont la bouteille suintait de condensation.

« C'est exact. Mais pour cela, il faut avoir des relations sur place. Or, elle ne connaît que très peu de gens ici et cela fait maintenant de nombreuses années qu'elle n'est pas revenue. »

« Tu as une personne précise en tête, n'est-ce pas ? » Devinai-je.

« Oui. Mais j'attendrai qu'elle revienne pour avoir une confirmation de sa bouche. Ce fait ne m'effraie pas parce que cela nous met en danger, rassure-toi. »

« Pourquoi, alors ? » Insistai-je, même si je sentais que j'atteignais une limite à ne pas dépasser.

Hannibal parlait de ce qu'il voulait, quand il le voulait. Lui forcer la main ne menait à rien.

« Nous en rediscuterons quand je serai certain. J'ai beaucoup à faire cette après-midi. Si tu veux m'assister, j'en serai ravi. Mais si tu préfères rester en dehors, je n'y vois aucun inconvénient. »

« Que vas-tu faire ? » Demandai-je, en exceptant le changement de sujet.

Il prit le temps d'avaler une bouchée et de boire une gorgée de vin, avant de me répondre.

« Cela t'intéresserait-il de me voir pratiquer la chirurgie ? »

La question me laissa sans voix quelques secondes. Parce que cela pouvait impliquer beaucoup de choses que je n'étais pas certain de vouloir regarder. Qu'avait-il en tête ? Le souvenir d'une des auditions de Miriam Lass qui racontait qu'il avait toujours fait en sorte qu'elle ne souffre pas, même quand il lui avait coupé le bras, me revint en mémoire.

« Tu songes à prélever notre dîner sur un sujet vivant. Combien de membres ou d'organes peut-on ôter sans que le pronostic vital soit engagé ? » Le questionnai-je, curieux malgré moi.

« Avec les connaissances adéquates, beaucoup plus que tu ne le penses. Cela peut durer plusieurs jours, sans que la personne n'en soit réellement affectée. Je ne parle pas ici de l'impact psychologique, qui lui est bien entendu dévastateur. Mais certaines substances sont capables de garder le sujet à peu près sain d'esprit sans altérer la qualité de la viande. »

Son exposé clinique me fit froid dans le dos. Il en parlait comme s'il maîtrisait parfaitement ce domaine. Ce qui soulevait une question que je posai même si je n'en avais pas vraiment envie.

« Pourquoi ai-je l'impression que ce n'est pas une première pour toi ? »

« Parce que ce ne l'est pas. » Admit-il ouvertement.

« À qui as-tu fait subir ce traitement ? »

« Abel Gideon. »

J'encaissai l'information sans broncher. Je ne pouvais pas nier qu'elle ne m'émut pas spécialement. À peine un tressaillement, avant de me souvenir de ce que l'homme avait fait pour mériter telle récompense.

« Tu me manquais. Je voulais de la compagnie à ma table. » Ajouta-t-il, en fixant le fond de son verre, comme si ceci justifiait cela.

« Est-il nécessaire de te rappeler à cause de qui j'étais enfermé, et donc, incapable de te rendre visite ? N'est-ce pas ce que l'on appelle le masochisme ? »

Il accusa le sarcasme d'un sourire pincé.

« Touché. »

Je souris, en me souvenant des efforts qu'il avait déployés pour me faire sortir de l'hôpital par les voies légales. Il me voulait près de lui, mais libre de mes mouvements. Je me souvins également de la haine que j'éprouvais à son égard à cette époque, de ma tentative de meurtre par procuration, du plan que nous avions monté avec Jack et qui m'avait finalement brûlé les ailes. Que ce serait-il passé s'il n'avait pas senti le parfum de Freddie sur moi ? L'aurais-je quand même prévenu ? Me serais-je enfui avec lui ? Ces questions m'avaient hanté longtemps après son départ pour l'Europe et me hantaient encore parfois. Et elles resteraient sans réponse.

« Je veux bien t'assister, si tu as besoin de moi. Mais, mes connaissances médicales sont très limitées. » Acceptai-je finalement.

Un éclair de satisfaction illumina brièvement son regard. Il ne m'obligeait jamais à rien, ce qui rendait mon consentement d'autant plus délicieux pour lui.

« Ne te soucis pas de ça. Je ne te demanderai rien que tu ne puisses pas effectuer. » M'assura-t-il.

J'acquiesçai, avant que le journal télévisé me revienne soudainement en mémoire.

« Doit-on s'inquiéter du fait que les médias ne relaient pas l'incident d'hier ? »

Il ne sembla pas très surpris et se leva, avant de quitter la pièce. Il revint après un instant, avec le journal du jour à la main. Le logo bleu du Parisien dominait la première page où il n'était fait nulle mention d'une quelconque disparition.

« Regarde les faits divers. » Dit-il, en se rasseyant.

J'ouvris le quotidien à la page en question et parcourus longuement les différents encadrés. Ma compréhension du français nouvellement acquise me permit de saisir l'essentiel des articles et l'un d'entre eux attira mon attention. Je me concentrai sur chaque mot, relus plusieurs fois, pour être certain de bien comprendre. Hannibal attendit patiemment. Il avait pour objectif que je maîtrise parfaitement cette langue dans quelque temps et ne ratait jamais une occasion de m'inciter à m'exercer. L'entrefilet parlait de deux individus, et peut-être un troisième, une femme, qui serait une complice, qui aurait simulé un coup de feu avec un pétard, pour pouvoir quitter un salon de coiffure huppé du centre-ville de Paris, sans payer la note. Mes sourcils se haussèrent derrière les boucles brunes qui tombaient sur mon front.

« C'est tout ? » M'exclamai-je. « Et Jack ? »

À ce moment-là, la porte d'entrée s'ouvrit. Sur nos gardes, nous attendîmes en silence, jusqu'à ce que Chiyoh entre dans la cuisine. Elle s'était manifestement douchée et changée, et paraissait rassérénée, peu importait où elle avait passé la matinée.

« Veux-tu te joindre à nous ? » Lui demanda Hannibal.

« Non, merci. J'ai déjà mangé. » Déclina-t-elle, en se dirigeant vers l'escalier.

« Avec qui ? »

Elle se figea sur la première marche, avant de répondre sans se retourner vers nous.

« Une vieille amie. »

« Sait-elle que je suis ici ? » L'interrogea Hannibal.

Et je compris qu'il savait exactement de qui il s'agissait. C'était un « elle » apparemment et il n'avait pas vraiment l'air ravi à l'idée qu'elle apprenne notre présence dans la capitale. Cela m'intrigua, bien entendu, mais puisque Hannibal m'avait dit de ne pas m'inquiéter de ça, je décidai de ne pas me mêler de leurs affaires pour le moment. Il était visiblement en désaccord avec la Japonaise sur ce point et ils devaient régler ça entre eux.

« Je ne lui ai rien dit. Mais je pense qu'elle s'en doute. Comptes-tu aller la voir ? »

« Je suis encore incertain sur ce point. »

« Peut-être est-il temps que vous discutiez enfin. Quoi qu'il se soit réellement produit cette nuit-là. L'eau a coulé sous les ponts depuis. » Dit-elle avec sagesse, avant de reprendre son ascension.

« Combien d'agents as-tu repéré pendant que tu surveillais Bedelia ? » Demandai-je brusquement, avant qu'elle ne disparaisse de nouveau.

Elle s'arrêta encore et redescendit plusieurs marches, en me lançant un regard interrogateur.

« Pourquoi cette question ? »

« J'ai besoin de clarifier quelque chose. »

« De mes propres yeux ? Un seul. Le grand blond qui accompagnait Crawford sur les quais, le soir où je suis venue pour prévenir. Je l'ai entendu l'appeler Ditlev, une fois. Je les suivais à la trace. Où allait Bedelia, ils allaient aussi. J'en ai donc déduit que d'autres agents se chargeaient de garder sa maison à l'œil ou étaient prêts à intervenir, au cas où. » M'expliqua-t-elle, en revenant dans la cuisine.

« Mais tu ne les as jamais vus ? »

« Non. Je ne pensais pas que leur nombre exact était une information importante. Mon travail consistait à dresser l'emploi du temps de Docteur Du Maurier, pas de comptabiliser les effectifs du FBI. » Répondit-elle, légèrement sur la défensive.

« Je ne suis pas en train de te reprocher quoi que soit. » Lui dis-je, même si ce n'était pas l'entière vérité. « La disparition de Jack est passée totalement inaperçue. J'essaye de comprendre comment. »

Elle s'appuya contre le plan de travail, l'air pensif.

« Serait-il possible qu'ils ne soient que deux ? Jack et ce Ditlev ? » S'interrogea-t-elle.

« Pour une opération de cette envergure ? Certainement pas. » Affirmai-je. « La seule explication… »

« … C'est que l'opération en question est totalement officieuse. » Compléta Hannibal.

Je réfléchis quelques instants. Quelque chose me perturbait.

« Alana semblait vraiment sincère quand elle parlait de la mort de Jack. » Lui rappelai-je.

« Tu penses qu'il s'est réellement fait passer pour mort ? Même aux yeux du FBI ? » Me demanda Hannibal.

« C'est possible. Si seuls Zeller et Price sont au courant et l'ont aidé à organiser un faux enterrement. Ils ne le balanceraient pas, même sous la torture. Ainsi, il n'y avait pratiquement aucune chance que nous le sachions sur nos traces. »

Je terminai mon assiette, avant de boire une gorgée de vin, préoccupé par cette histoire. Il fallait que Jack nous donne des explications.

« Mais qui est le grand blond ? » Lança Chiyoh, en piquant un morceau de pain sur la table.

« Je ne me souviens pas d'un Ditlev au département, quand j'y travaillais. Un détective privé ? »

« Ou un tueur à gages. » Proposa Hannibal.

« Si c'est le cas, nous avons un sérieux problème. Il vaudrait peut-être mieux ne pas trop nous approcher des fenêtres. Nous avons eu notre quota de blessures par balle. »

« Qui qu'il soit, s'il ne retrouve pas Jack, il risque de prévenir quelqu'un. » Fit remarquer Chiyoh.

« Pas forcément. » Lui répondit Hannibal. « Peut-être n'a-t-il personne à prévenir. Si Jack n'était pas censé se trouver là, alors il est sûrement le seul à connaître son existence. Il est probablement armé et dangereux, mais seul. S'il ne se manifeste pas, nous nous occuperons de son cas quand nous en aurons fini avec nos invités. Était-il dans la ruelle avec Jack ? »

J'échangeai un regard avec la jeune femme, pour y voir la même conviction que moi.

« Non. Je suis certain de ne pas l'avoir vu. » Répondis-je.

« Moi aussi. Et j'avais un très bon point d'observation. » Confirma Chiyoh.

« Nous avons donc encore de bonnes chances qu'il ne nous trouve pas avant un moment. Peut-être même jamais, s'il n'est pas très bon ou s'il ne travaillait que pour l'argent. » Conclut Hannibal, avant de se lever pour débarrasser.

La conversation était terminée, pour le moment. Hannibal avait l'air plus fatigué qu'il ne voulait l'avouer. Si je m'écoutais, je l'aurais traîné jusqu'à notre chambre. Mais il ne reculerait pas ce dîner d'un jour supplémentaire. Je me préparai donc à l'assister, comme convenu.

La chirurgie ne m'avait jamais attiré. Les mécaniques de l'esprit avaient beaucoup plus d'attrait pour moi. Sans compter que ma dernière occasion de voir Hannibal avec une scie électrique à la main n'était pas exactement un bon souvenir. Je me concentrai donc sur sa minutie habituelle, qui avait tendance à m'apaiser, alors qu'il aménageait une des chambres de l'étage en bloc opératoire improvisé, en désinfectant une table en métal trouvée au garage que je l'avais aidé à monter. Les rideaux étaient tirés et une lampe sur pied éclairait la surface lisse de sa lumière crue. La pièce sentait fortement le désinfectant avec lequel nous avions nettoyé le sol et la surface des meubles. Le voir en totale maîtrise de la situation me donnait la sensation d'en faire de même. Il brancha ensuite un appareil et l'alluma, avant de m'entraîner dans le couloir et de fermer la porte.

« Qu'est-ce que c'est ? » Lui demandai-je.

« Un brumisateur que j'ai acheté ce matin. Il va stériliser la chambre en notre absence. » M'expliqua-t-il.

Il savait vraiment ce qu'il faisait.

Nous descendîmes à la cave, en transportant du matériel médical qu'il m'avait en partie confié, et Jack pâlit légèrement en voyant les instruments, malgré son refus de nous adresser la parole depuis la veille. Hannibal commença par vérifier sa blessure. Je savais qu'il avait tardé à le soigner convenablement juste pour le faire payer. Mais il ne pouvait pas attendre plus longtemps. Jack était visiblement très affaibli. Prudemment, il mit des gants en latex, s'approcha de lui et piqua son bras d'une seringue. Certainement un antidouleur quelconque qui sembla le soulager et le rendit rapidement apathique. Il regarda Hannibal découper sa chemise durcie par le sang séché, d'un air absent. Heureusement, les plaies d'entrée et de sortie, que Chiyoh et moi avions nettoyées, n'étaient pas infectées. Hannibal lui prodigua les soins nécessaires, puis le couvrit d'une couverture, avant de se lever et de passer dans la pièce à côté.

Toujours attachée sur sa chaise, Bedelia semblait épuisée. Contrairement à Jack, elle avait dû passer une très mauvaise nuit, assise sur cette antiquité en bois et en paille tressée. Cela ne l'empêcha pas d'être totalement alerte en nous regardant approcher.

« Bonjour, Bedelia. » Dit Hannibal, d'une voix douce.

Évidemment, le bâillon qui couvrait sa bouche l'empêcha de répondre. Son regard parlait pour elle, néanmoins. Je m'abstins de dire quoi que ce soit.

« Nous allons faire un petit tour. Quand vous vous réveillerez, vous serez dans un endroit beaucoup plus confortable. » Ajouta-t-il, en relevant la manche de sa robe.

Puis il lui fit une piqûre, alors que sa respiration devenait erratique et qu'elle posait sur moi un regard paniqué qui me suppliait de l'aider, avant de doucement se détendre, jusqu'à ce que sa tête retombe en arrière. Seulement alors, il la détacha et se mit en tête de la porter.

« Je vais le faire. » L'arrêtai-je. « Tu ne dois pas forcer sur ton épaule, si tu veux pouvoir travailler convenablement. »

Je savais qu'en remettant en cause ses capacités à l'opérer, il accepterait. Il me laissa la place et je soulevai Bedelia qui ne pesait pas bien lourd, avant de la transporter avec précaution à l'étage. Hannibal m'ouvrit la porte de la chambre et l'odeur encore plus forte d'antiseptique me prit à la gorge. Puis il étala un drap blanc sur la table et je posai Bedelia dessus. Hannibal me sourit en rassemblant ses instruments. Les réjouissances pouvaient commencer.