LIX
My heart is gold and my hands are cold
Note de l'auteur : On peut dire qu'ils sont « un peu » dans le caca XD
Blue : Je suis toujours dans l'optique que les choses doivent bouger et ne pas stagner pour ne pas s'ennuyer. Moi aussi je serai triste quand ils quitteront Paris, et pour moi ce ne sera plus aussi simple de décrire les lieux.
Fannibal : Oui, la grippe est bien vite passée ^^ mais j'ai été fatiguée toute la semaine. Il était temps de sortir Clarice de son placard XD et pour Ig, je ne dirai rien. Mais le pauvre petit ne sera pas seul, il aura son Henry ^^
Si j'avais allumé la télévision, ce matin-là, en préparant mon café, j'aurais sûrement été mieux averti. Mais ma surprise aurait manqué de crédibilité, quand les deux inspecteurs m'annoncèrent qu'ils enquêtaient, non pas sur la disparition de Svetlana Siméon, mais bien, sur son meurtre et celui de Cynthia. L'on avait donc retrouvé les corps.
« Docteur Junoska ? » Demanda la femme, quand je leur ouvris la porte.
« Non, c'est mon mari. Et il n'est pas là. Que puis-je faire pour vous ? »
« Je suis l'inspecteur Joubert, et voici mon partenaire, l'inspecteur Colas. Savez-vous pourquoi nous sommes là ? »
C'était une question piège, bien évidemment. Nier, comme si je pouvais échapper à l'actualité, serait étrange. Et donner trop de détails ou faire preuve de zèle en me proposant d'aider avec trop d'enthousiasme, paraîtrait suspect.
« Pour la disparition de la femme du patient de mon mari ? »
Le ton était parfait et j'en restais à la version erronée des faits.
« Il s'agit en réalité d'un meurtre. Nous avons retrouvé son corps hier soir, » m'apprit l'homme, en prenant la parole. « Pouvons-nous vous poser quelques questions ? »
L'idée ne m'enchantait pas. Ils me prenaient au dépourvu. Cela était peut-être pour le mieux, mais j'aurais préféré qu'Hannibal soit présent pour diriger la conversation. Ou devrai-je dire, l'interrogatoire.
Je les installai dans le salon, où les chiens s'agglutinèrent à notre suite. Leur présence m'apaisa. Il existait trois types de personnes à qui ces animaux faisaient toujours leur petit effet. Certaines femmes, les enfants… Et les flics. Les forces de l'ordre, de par leur collaboration étroite avec les canins, appréciaient tous plus ou moins les chiens. Et ces deux-là paraissaient beaucoup les aimer, surtout Colas, qui ne pouvait s'empêcher de caresser Winston. Je gagnais des points.
Je ramenai de la cuisine, un plateau chargé de la verseuse en verre de la cafetière, de trois tasses et d'un sucrier. Bien les recevoir, mais ne pas trop en faire. Je les laissai donc se servir par eux-mêmes, et m'assis dans un fauteuil, sans prendre la peine d'enfiler une autre tenue que le t-shirt blanc et le pantalon de jogging que j'avais mis en me levant. Ils voulaient m'interroger au saut du lit, comme les malappris qu'ils étaient, alors ils allaient l'assumer.
Les questions, bien entendu, tournèrent autour de la qualité de nos relations avec les victimes et le suspect. Je jouai la surprise en apprenant la mort de notre non-regrettée secrétaire, ainsi que le rapport entre les deux affaires, et la probable implication de Stanislas, que je prétendis apprécier le peu de fois où je l'avais croisé. J'éludai beaucoup d'interrogations en avançant qu'Hannibal me parlait très peu de ses patients, décrivis les relations tendues entre Cynthia et Siméon, en noircissant peut-être légèrement le trait.
« Et quand rentrera le Docteur Junoska ? Nous aimerions l'interroger également, » me demanda l'inspectrice, qui prenait des notes.
Ils étaient là uniquement pour prendre des renseignements. Nous n'étions pas sur la liste des suspects, je pouvais le voir à leur attitude nonchalante en ma présence. Ils souhaitaient seulement mieux connaître l'homme qui avait manifestement assassiné sa femme et une inconnue qu'il connaissait à peine, sans raison apparente. Et qui de mieux que son psychiatre, pour les éclairer ? Car, bien évidemment, il manquait une chose essentielle dans notre plan bien huilé. Un mobile.
De plus, Stanislas n'était pas du genre à se laisser démonter par de la flicaille qui tenterait de l'intimider. Il était innocent malgré les apparences, il ne fallait pas l'oublier. Et il se défendrait sans relâche. Sans compter les ténors du barreau qu'il avait largement les moyens de se payer.
Nous étions sur le fil du rasoir. Tant que nous restions de simples témoins et qu'on ne nous demandait pas de venir parler à la barre, tout irait bien. Mais, il suffirait que l'on veuille prendre nos empreintes, même pour simplement compléter le dossier, et nous serions foutus. Elles ne manqueraient pas d'allumer toutes les sonnettes d'alarme du FBI et d'Interpol. Si cette affaire ne se bouclait pas d'elle-même, grâce aux preuves accablantes, dont l'arme du crime qui serait bientôt retrouvée avec les empreintes de Siméon dessus, nous devrons disparaître, vite et loin.
Mais nous n'en étions pas encore là. Je croisai donc mes jambes, en gardant une posture parfaitement décontractée.
« Pas avant ce soir, malheureusement. Il travaille beaucoup, » répondis-je, en prenant un air contrit.
C'était un mensonge éhonté, bien entendu. Mais il fallait absolument que je m'entretienne avec Hannibal, au déjeuner, pour débriefer cette visite matinale.
« Et vous ? » Me lança la moitié masculine du duo.
« Je ne comprends pas. »
« Vous ne travaillez pas. »
« Non, je préfère prendre le temps de… Comment dire… M'adapter à votre pays, apprendre le français, que je parle assez bien, maintenant, » répondis-je.
« Je vois, » dit-il, en notant quelque chose dans son carnet. « Dans la dynamique de votre couple, vous êtes donc la femme au foyer. »
Je le fixai un instant, peu familier avec sa formulation.
« Je vous demande pardon ? »
« Vous profitez de la situation aisée de votre mari, je veux dire, » précisa-t-il.
L'air totalement outré de sa collègue en dit long sur ce qu'elle pensait de son avis sur la question. Et mon expression devait être assez similaire à la sienne.
« Écoutez, je connais mes droits. Je n'étais pas obligé de vous accueillir dans mon salon et de répondre à vos questions. Mais vous faites seulement votre travail. Cependant, je n'accepte pas d'être insulté. Je vais donc vous demander de partir. »
Ma tirade jeta un froid. Les deux inspecteurs échangèrent un regard entendu et se levèrent de concert. La femme était énervée contre son collègue qui leva les yeux au ciel. Ces deux-là bossaient depuis longtemps ensemble, cela se voyait, et Colas aurait sûrement droit à un sermon en bonne et due forme, dans la voiture. L'idée me fit sourire. Bien fait pour lui.
Je les raccompagnai à la porte, avec la promesse de demander à Hannibal de les appeler dès qu'il rentrerait. Ils me laissèrent leur carte et partirent enfin.
Le silence retomba sur la maison. Les chiens semblaient nerveux, comme s'ils percevaient mon inquiétude. Comment allais-je m'empêcher de tourner en rond, en attendant que le ciel nous tombe sur la tête ? Avais-je laissé des traces en nettoyant la cuisine de Siméon ? Où Hannibal avait-il prévu de laisser l'arme de crime, pour qu'ils la trouvent, sans que cela paraisse trop évident ? Si Stanislas s'avérait convaincant dans sa défense, se tourneraient-ils vers nous ? Était-ce déjà le cas ? Non, ce n'était pas logique. Nous n'avions aucun mobile apparent et nous ne connaissions même pas l'une des victimes. Nous suspecter si tôt dans l'enquête était un non-sens. Je n'arrivais cependant pas à rester en place. Je devais faire quelque chose. Mais quoi ? Et si Clarice entendait parler de ces meurtres et faisait le lien avec nous ? Si elle prenait contact avec Joubert et Colas et leur disait tout sur nous ? Elle était proche de nous atteindre. Une simple question de temps, avant qu'elle ne trouve notre adresse. Elle avait dû déjà comprendre que Jack ne réapparaîtrait pas. Patienter ici devint alors insupportable.
Il fallait que je mette la main sur elle le premier, que je la surprenne et la piège à son propre jeu. Elle vaquait dans Paris, totalement libre de ses mouvements, alors que j'étais enfermé chez moi, dissimulé, furtif comme un animal traqué. C'était inacceptable.
Je ne savais pas par où commencer mes recherches, mais sortir me donnerait déjà l'impression de reprendre le contrôle. Toujours déterminé, même après une longue douche et le temps de m'habiller, je n'attendis pas plus longtemps et allais partir seul au-devant de l'ennemi, avec pour unique arme, l'effet de surprise, quand je me souvins de la carte de visite, toujours dans la cuisine. Je fis demi-tour et la retrouvai sur le comptoir, menaçante dans sa simplicité. Elle les avait conçues spécialement pour son enquête. Comme je l'avais déjà remarqué, le numéro indiqué était français et, à part son nom, aucune autre information ne figurait sur le carton entièrement blanc. Ce qui traduisait une volonté sans faille et une grande intelligence. Je reconnus sans peine la gamine à qui je donnais des cours, endurcie de quelques années de plus. À quoi jouait-elle ? Comptait-elle interroger, un à un, tous nos proches, jusqu'à ce que l'un d'entre eux nous vende ? Comment avait-elle trouvé Ignatus, de toute manière ? Nous avait-elle vus au Champ de Mars, la dernière fois ? Je l'espérais presque, parce que toutes les autres options me plaisaient encore moins. Peut-être surveillait-elle Ig depuis un moment, attendant qu'il la mène à nous ? Avait-elle déjà réussi son coup hier ? Et si c'était le cas, qu'attendait-elle pour passer à l'action ? Il fallait que je m'en assure.
Je sortis dans le jardin, suivi par les chiens, et feignis de m'amuser avec eux, pour inspecter l'herbe, les buissons et les arbres, sans paraître suspect, si jamais elle était embusquée quelque part. J'eus beau faire deux fois le tour, je ne trouvai rien d'inhabituel. Ni traces de pas qui ne m'appartenaient pas, ni branches fraîchement piétinées, ni mégots – même si j'imaginais mal la jeune femme fumer – ni restes de nourriture ou de boissons qui auraient pu témoigner d'une longue surveillance. Si elle s'était trouvée là, elle avait consciencieusement effacé ses traces. Un savoir que je savais en sa possession. Je n'étais donc pas plus avancé, ni certain de quoi que soit. Sauf qu'elle ne se trouvait pas ou plus ici.
Ma seule piste était donc dix petits chiffres qu'elle n'avait certainement donnés à personne d'autre que Ignatus, pour le moment. Si elle avait contacté Murasaki ou Chiyoh, elles nous auraient prévenus. Ce qui me semblait étrange, maintenant que j'y réfléchissais. Trouver la tante d'Hannibal était pourtant aisé. La femme ne cachait pas son lien avec la famille Lecter. Dans tous les cas, je ne pouvais pas simplement l'appeler.
À contrecœur, je sortis mon portable de ma poche et fis une chose qui ne me plut absolument pas.
« Allô ? » Me dit la voix, à l'autre bout du fil.
« C'est Will. »
« Je te manquais trop ? » Plaisanta Ignatus, en riant. « Je ne peux pas rester très longtemps, j'ai un cours qui commence dans dix minutes. »
« Ce ne sera pas long. J'ai un service à te demander. »
« Tout ce que tu voudras, » m'assura-t-il.
« J'aimerais que tu appelles cette femme, Clarice, et que tu lui donnes rendez-vous. Ne t'inquiète pas, tu n'auras rien d'autre à faire, c'est nous qui irons à l'entrevue. »
« Pourquoi… ? Non, laisse tomber, je ne veux rien savoir. Par contre, je n'ai pas enregistré ses coordonnées et je t'ai donné la carte, » répondit-il, et sa réflexion me laissa un goût amer dans la bouche.
« Je t'envoie ça par SMS, tout de suite. Peux-tu le faire maintenant ? »
« Oui. Une préférence pour l'heure et le lieu ? »
Il était vraiment trop intelligent pour notre propre bien.
« Le soir. Dis-lui que tu finis tard. Et un endroit qu'elle pourra trouver facilement, puisqu'elle ne connaît sûrement pas très bien la ville, mais qui nous donnera une certaine intimité. Pas un pub, ou un restaurant. »
« Un parc ? » Proposa-t-il.
« Oui, un parc serait parfait. Merci, Ig. Je suis vraiment désolé de te demander une chose pareille. »
« Inutile de l'être, elle attend que je la recontacte. Autant le faire pour vous aider. »
« D'accord. J'attends ton coup de fil, » conclus-je, avant de raccrocher.
Je n'eus pas à patienter très longtemps, avant que l'appareil dans ma main moite se mette à sonner. Ig l'avait dit, il était pressé. Il m'apprit que Starling avait insisté pour qu'ils se voient dès ce soir, mais lui avait néanmoins laissé le choix du lieu.
« Hannibal t'a-t-il déjà parlé du mur des je t'aime ? »
« Pas du tout, » répondis-je, puisque cela ne me disait absolument rien.
« Tu vois le métro Abbesses ? »
« Oui, très bien. »
« C'est juste à côté. Ce mur se trouve dans le Square Rictus. C'est là qu'elle doit me retrouver, à 21 heures. »
« C'est parfait, Ig, merci encore. On se revoit bientôt, d'accord. »
Je coupai la communication et restai un instant immobile au milieu du jardin. Pirate lécha ma main, inquiet.
« Tout ira bien, » murmurai-je distraitement.
Il ne me restait plus qu'à attendre.
…
Hannibal rentra vers 13 heures. J'avais déjà dressé la table et réchauffé les restes d'un plat qu'il avait préparé. La remarque de l'inspecteur Colas me revint en mémoire et j'eus envie de tout foutre en l'air, juste pour lui prouver le contraire. Hannibal dut percevoir l'aura de stress et d'animosité autour de moi, car il posa silencieusement ses affaires, se déchaussa sans rien dire et s'approcha, alors que je remplissais les assiettes, pour m'enlacer par-derrière.
« Qu'est-ce qui ne va pas ? J'avais pourtant l'impression de te quitter de bonne humeur, ce matin. »
Je lui contai alors la matinée, de la visite impromptue jusqu'à mon idée d'embuscade, en omettant cependant certains détails fâcheux. Une part de moi craignait qu'il n'apprécie pas l'initiative. Une autre était prête à lui balancer à la gueule qu'il n'avait qu'à gérer l'imprévu, puisqu'il était si doué. Mais il trouva que c'était plutôt brillant et me confia même y avoir songé lui-même.
« Le mur des je t'aime est un endroit bien choisi. Il se trouve dans un coin reculé du square, et en soirée, il n'y aura presque personne, » dit-il, en s'attablant.
« Comment crois-tu qu'elle va réagir, en nous voyant ? Et si elle hurle ou qu'elle est armée ? Devons-nous l'approcher dans l'ombre et l'enlever ? » Demandai-je, en m'asseyant en face de lui, soulagé de pouvoir enfin en discuter avec lui.
« Je propose que nous improvisions sur place. Cela dépendra d'un certain nombre de facteurs imprévisibles. Mais louer une voiture, même si le parc n'est qu'à quelques rues d'ici, me semble indispensable. »
« Je m'en occuperai, cet après-midi. »
Il servit le vin, en m'observant, et commença à manger.
« Tu ne m'as toujours pas expliqué ce qui te contrariait, quand je suis arrivé, » me lança-t-il.
Je soupirai, quelque peu agacé que rien ne lui échappe.
« Ce flic m'a traité de femme au foyer. »
« Tu m'as bien dit qu'il t'avait laissé une carte de visite ? » Me demanda-t-il, en esquissant un rictus.
Et je lui rendis son sourire, en lui tendant le rectangle de carton que j'avais gardé dans ma poche.
…
Le square n'était pas très grand, avec des allées bordées de bancs en bois, d'arbres et de buissons, qui prenaient un aspect lugubre alors que la nuit tombait. Une pancarte indiquait que le parc fermait dans une demi-heure à cette période de l'année. Les lieux étaient donc déjà désertés, en dehors d'un SDF et d'un groupe de trois jeunes qui discutaient vivement en profitant de l'air frais du soir.
Un peu plus loin, dans l'obscurité, on distinguait à peine le fameux mur, noir comme de l'ardoise et couvert d'écriture blanche. Dans toutes les langues du monde, on pouvait lire « je t'aime ». L'endroit était idéal pour un rendez-vous amoureux. Mais, en l'occurrence, nous étions pour un autre type de rencontre.
Nous nous approchâmes silencieusement, sous le couvert des arbres, jusqu'à l'apercevoir, assise sur le banc à côté du mur. Elle ne paraissait pas méfiante, ni nerveuse, mais cela ne voulait rien dire. Elle pouvait très bien être son propre appât. Après tout, elle savait très bien que Ignatus était notre ami. Peut-être patientait-elle nonchalamment, dans l'espoir que nous nous montrions sans crainte et trop sûrs de nous. Néanmoins, elle était seule. Certainement parce qu'elle n'avait pas eu d'autre choix. Sa hiérarchie ne l'aurait jamais autorisé à quitter les États-Unis pour partir à la poursuite d'un tueur comme Hannibal. Peut-être voulait-elle se débrouiller, peut-être obéissait-elle à une quelconque dernière volonté de Jack, dans tous les cas, là était son erreur. Si elle s'était contentée de donner l'alerte à Baltimore, nous nous serions sûrement fait prendre, sans même le voir venir.
Mais elle ne l'avait pas fait, et cela allait lui coûter très cher.
Après m'être assuré que personne ne se préoccupait de nous, je sortis en plein découvert, juste en face d'elle. En sursautant, elle leva les yeux sur moi. Plus nerveuse qu'elle avait l'air, finalement. Clarice Starling avait changé, tout en étant resté la même. Les traits de son visage semblaient affinés, dans l'obscurité. Ses longs cheveux châtains, tombaient sur son front en quelques mèches éparses, reposaient librement sur ses épaules. Sans un mot, elle se leva, hésitante sur la marche à suivre. Me revoir dans ce contexte la déconcertait, la privait de ses moyens. Elle m'avait toujours apprécié.
Comme si nous avions convenu d'un signal à l'avance, je fis un pas vers elle, et Hannibal, tel une ombre, sauta par-dessus le banc et fondit sur elle en une fraction de second, sans émettre aucun bruit. Il plaqua une main gantée sur sa bouche et son nez, alors qu'elle se débattait comme un diable, jusqu'à ce qu'elle faiblisse et perde connaissance. Puis, il l'allongea avec précaution sur les planches en bois usées et dégagea délicatement une mèche de son visage. Je le connaissais assez, pour décrypter la flamme de l'intérêt dans son regard.
« C'est étrange, elle me rappelle Mischa, » chuchota-t-il, dans la nuit.
Et sa réflexion me fit frissonner, sans que je sache pourquoi.
