LXIII

It's gonna be forever

Note de l'auteur : J'ai beaucoup réfléchie depuis le dernier chapitre et j'ai pris une décision. Nous arrivons sur la fin les amis. Si mes calculs sont bons, il reste deux ou trois chapitres. J'ai épuisé presque tous les personnages secondaires de la série que je trouvais intéressants à exploiter, ainsi que ceux des romans, j'en ai aussi inventé beaucoup et je n'ai plus vraiment d'idées pour continuer une fois l'intrigue Clarice bouclée. Donc, je préfère m'arrêter pendant que c'est encore bien, avant que ça devienne ennuyeux et que ça tourne en rond. Je vous entends déjà me dire que ça vous manquera et que ça vous fera un grand vide. Mais, ne vous inquiétez pas, je ne vais pas disparaître. J'ai beaucoup d'idées d'OS qui traînent depuis un certain temps dans mon carnet de notes et que je n'ai pas encore écrit parce que DP me prend tout mon temps :

- Un crossover Hannibal/Sherlock que j'ai commencé

- Un crossover Hannibal/American Horror Story Hotel

- Au moins un OS Spacedogs

- Au moins un OS Nigel/Aiden

- Et plein d'autres petites idées Hannigram.

Je vais enfin pouvoir m'y consacrer, ainsi qu'à mes traductions en anglais. De plus, j'ai déjà une nouvelle idée de fic à chapitres qui me trotte dans la tête depuis un moment et que j'ai très envie de concrétiser. J'espère que vous aimez la science-fiction, l'exploration spatiale et l'univers de Star Trek. Et uniquement l'univers, nous ne parlons pas ici d'un crossover au sens propre, car les personnages de Star Trek feront, au mieux, de brèves apparitions. Le but étant de créer un nouveau vaisseau, un nouvel équipage et de nouvelles aventures, avec Will comme capitaine et Hannibal comme médecin en chef.

En ce qui concerne ce chapitre, c'est un cadeau que je vous fais, tout simplement, peut-être pour me faire pardonner de cette annonce. C'est tellement romantique que je me suis surpris moi-même, et tellement fluffy et sexy qu'il vaut mieux préparer les serpillières à bave pour vos claviers et des cotons pour nos nez qui saigneront. J'espère que vous passerez un bon moment et vous faire un peu rêver ^^

Bonne lecture et merci de m'être toujours fidèle après tout ce temps.

Fannibal : J'avais peur que ce soit trop long si j'entrais dans les détails de la cérémonie et comme je l'ai dit, c'est un exercice qui m'angoisse parce que je n'y suis pas à l'aise. Tant mieux, donc, si ça ne t'a pas dérangé. Pour Clarice, tu sauras au prochain chapitre. Avec moi, il y a toujours baleine sous montagne XD Je me donne faim moi-même quand je décris les repas d'Hannibal, en plus je vais sur des sites de cuisine gastronomique pour trouver toutes ces recettes, des sites avec des photos ! Ça donne tellement envie ! J'espère que le lemon de ce chapitre te plaira aussi ^^

Blue : Merci ! ^^ Celui-ci est encore plus guimauve XD


Je me réveillai au milieu de la nuit. À mes côtés, Hannibal dormait encore profondément. Son souffle régulier était le seul bruit perceptible dans la pièce. Sans bruit, je me levai, enfilai mon sous-vêtement et marchai vers la cuisine, à travers la maison méconnue. En passant devant le salon, je vis Buster relever la tête, à l'affût, avant de se recoucher en me reconnaissant. Je fouillai les placards, sans allumer la lumière, à la recherche d'un verre, avant de le remplir d'eau du robinet et de me désaltérer, en observant la nature endormie par la fenêtre. Cet endroit était vraiment splendide.

Puis, je sortis dans le jardin, pour prendre l'air. L'herbe humide se faufila entre les orteils de mes pieds nus, les poils de mes bras se dressèrent quand une brise fraîche souffla sur mon corps, je m'avançai dans l'obscurité, loin devant moi la lisière de la forêt n'était qu'un trou noir sans fond. Les bruits de la nuit me parvinrent alors les uns après les autres. Le chant des grillons, le vrombissement des ailes d'une libellule, le hululement d'un hibou, le croassement d'un crapaud, le vent dans la cime des arbres. Je fermai les yeux et fus soudainement dans une autre forêt, une de celles qui n'existaient pas réellement, imaginaires, enchanteresses, dans la peau d'un Wendigo. Le petit peuple de Féerie recelait bien des secrets et des êtres à deux visages qui n'étaient ni bons, ni mauvais.

Un bruissement attira mon attention, les branches d'un buisson tremblèrent, deux yeux rouges me fixaient dans les ténèbres. Puis, la silhouette fine et musculeuse sortit de sa cachette, marcha vers moi sur ses deux sabots. Sa peau aussi noire que la mienne brillait sous les rayons lunaires qui perçaient à travers le feuillage, des ombres dansaient sur les traits anguleux de son visage, identiques à ceux d'Hannibal. Il tendit vers moi un de ses longs bras qui se terminait par une main aux doigts filiformes dotés de griffes acérées. Leur tranchant frôla ma joue sans la blesser, descendit dans mon cou, égratigna mon torse nu, puis, brusquement, les serres s'enfoncèrent dans ma chair et arrachèrent mon cœur, le sang coula abondamment sur mon ventre, le long de mes jambes. Étrangement, je ne ressentis aucune douleur et regardai l'organe encore chaud, palpiter dans sa paume. Il le porta lentement à sa bouche et j'attendis la morsure de ses crocs, mais à la place, je sentis la caresse de ses lèvres et la rugosité de sa langue, quand il l'embrassa. De sa main libre, il extirpa son propre cœur de son thorax, avant de me le tendre. Je le saisis délicatement, surpris par ses battements réguliers et la chaleur qui s'en dégageait. Il était gorgé de sang et de vie, d'amour, et je m'en servis pour combler le trou béant dans ma poitrine. L'organe y trouva sa place sans difficulté, diffusa sa passion, sa fièvre dans mes veines, alors que la blessure se refermait. En face de moi, la créature en fit de même, avec grâce et douceur. À présent, il m'appartenait, comme je lui appartenais, et pour sceller cette union, il m'embrassa…

Je me réveillai alors, toujours dans notre lit. Hannibal était penché sur moi, ses lèvres se mouvant délicatement sur les miennes. Je soupirai de bien-être et refermai mes bras sur lui. Il enjamba ma taille et s'assit sur mon bas-ventre, avant de m'embrasser avec plus d'ardeur. Son membre lourd et chaud glissa sur le mien, nos hanches s'emboîtèrent, se reconnurent.

« Tu remuais dans ton sommeil, je craignais que tu fasses un cauchemar, » murmura-t-il.

« Pas exactement, mais j'aime la manière dont tu me réconfortes. »

« J'ai envie de te sentir en moi, » susurra-t-il à mon oreille.

Son souffle chatouilla mon cou, ses mots me transpercèrent et enflammèrent tout mon être. Hannibal formulait rarement ce genre de demandes aussi ouvertement, alors j'y répondis sans me faire prier, empoignai ses fesses fermes, les écartai et le collai un peu plus à moi, avant d'y insinuer mes phalanges. Je dessinai lentement des cercles autour de son entrée, pris ses bourses en coupe dans ma paume, et il se frotta contre ma main, en mordillant le creux de mon épaule. Je tendis un bras vers la bouteille de lubrifiant abandonnée sur la table de nuit la veille, m'en saisis et l'ouvris avec empressement, avant de laisser couler le gel sur sa peau. Il sursauta légèrement quand le liquide froid ruissela sur l'épiderme fin et sensible de son cul bombé et musclé, mais je le réchauffai bien vite du bout de mes doigts, avant de les glisser en lui doucement. Il se cambra, les accueillit avec délice, et je soupirai en retrouvant sa chaleur et son étroitesse. Le voir ainsi, son corps ondulant, en demande, son dos arqué, sa bouche ouverte, sa respiration difficile, ses yeux mi-clos, me fit trembler de désir pour lui. Hannibal était magnifique quand il se laissait posséder par le plaisir, lâchait prise et abandonnait son être entre mes mains. Le rêve se mêla à la réalité, des bois s'étendirent loin au-dessus de sa tête, projetèrent des ombres monstrueuses au plafond, et je creusai un peu plus en lui, trouvai cette boule nerfs qui le fit gémir délicieusement et se tendre contre moi.

« Oui, comme ça… » Je l'encourageai.

Il se serra davantage, appuya son érection contre mon abdomen et la frotta sur ma peau. Je baissai les yeux et vit son gland rougi apparaître et disparaître entre nos ventres joints, alors qu'il s'empalait sur mes doigts avec plus de fougue. J'accentuai mes caresses et il perdit le contrôle du mouvement de ses hanches, de sa voix, les traits de son visage se crispèrent et il jouit abondamment sur mon torse, en de longs jets brûlants, avant de ralentir et de s'immobiliser dans un dernier spasme.

« Mon Dieu, tu es tellement beau… » Chuchotai-je, en caressant ses cuisses.

Il reprit son souffle, la sueur perlant sur son front, puis fit mine de se lever, mais je le retins fermement.

« Où comptes-tu aller ? Je n'en ai pas fini avec toi. »

« Je voulais simplement rapporter un gant humide pour t'essuyer. »

« Ce n'est pas la peine, ça ne me dérange pas, » lui assurai-je.

Je me saisis de mon membre tendu de désir pour le frotter contre son entrée ouverte et accueillante, y introduisit l'extrémité, avant de le ressortir, à maintes reprises, en mordant ma lèvre inférieure pour me retenir de m'enfoncer en lui totalement et continuai de le titiller ainsi en ajoutant du lubrifiant. Il écarta un peu plus les jambes, ondula de nouveau son bassin, tenta de m'engloutir à chaque fois un peu plus, en contractant ses muscles autour de moi. Puis, je le pénétrai d'une poussée brusque qui nous fit gémir de concert et me figeai, délicieusement serré dans son étau de chair, jusqu'à ce qu'il se détende et bouge de lui-même. J'accompagnai ses va-et-vient lascifs, suivis le tempo lent, mais dur de ses hanches, en murmurant son nom, avant de le prendre plus ardemment, de le pilonner, alors que ses bras faiblissaient sous le plaisir.

Je le plaquai alors au matelas, hissai ses mollets sur mes épaules et m'enfouis exquisément en lui de nouveau. Il s'arc-bouta sur le lit, froissa les draps dans ses poings, serra ses jambes autour de mon cou. Son sexe retrouva sa vigueur, tapa contre mon bas-ventre à chacun de mes coups de reins, et je l'empoignai, avant de le caresser vigoureusement. Il griffa mes cuisses, rejeta sa tête en arrière en gémissant d'une manière presque indécente venant de lui, en se donnant entièrement à moi. Mes muscles brûlèrent, se crispèrent, la sueur brillait sur ma peau, plaquait mes cheveux sur mon front ruisselant, mais j'augmentai la cadence, possédé par le besoin de jouir en lui.

Son corps fut pris de soubresauts, des mots en lituanien, incompréhensibles, roulèrent sur sa langue, je sentis son membre pulser et le comprimai entre mes doigts pour retarder l'inévitable. Il agrippa mon poignet, y enfonça ses ongles jusqu'à laisser des marques en demi-lune dans ma chair et contracta sa mâchoire en me lançant un regard où se mêlaient menace et supplication.

« Will… » Siffla-t-il, comme un avertissement.

Mais je l'ignorai et le pris plus fort, sans desserrer ma poigne. Il comprima ma gorge entre ses genoux, mon pouls bourdonna furieusement contre mes tympans, mes tempes, derrière mes yeux, et je me penchai sur lui pour me libérer de sa prise et l'emporter dans un baiser voluptueux, ravageur. Je frappai sa prostate, encore et encore, le fit crier sous les coups répétés de mes hanches, il mordit mon épaule jusqu'au sang et je geins de douleur, avant qu'il lèche la plaie comme pour se faire pardonner et s'abreuve du liquide carmin qui s'en écoulait. Le plaisir se lova dans mon ventre, s'entortilla autour de mes entrailles, monta inexorablement dans ma verge durcie et implacable qui s'engouffrait intensément dans la chair brûlante d'Hannibal. Au bord du gouffre, je relâchai la pression sur son membre, le caressai plus vite, malgré mon bras douloureux.

« Viens pour moi… Maintenant, » dis-je entre mes dents serrées, en m'enfouissant une dernière fois profondément en lui.

Son plaisir explosa brusquement dans ma main, mais je m'en rendis à peine compte, quand ses muscles se contrastèrent fortement autour de moi et que mon orgasme me foudroya, liquéfia ma colonne vertébrale et satura mon cerveau d'ocytocine.

Durant quelques secondes, tout devint blanc et mon esprit totalement vide. Je reposai ses jambes qu'il mêla aux miennes et m'effondrai sur son torse, épuisé, avant d'écouter longuement son cœur affolé ralentir doucement, incapable de bouger mon corps engourdi. Il referma ses bras sur moi et me garda contre lui, en lui, jusqu'à ce que les derniers spasmes s'arrêtent et que nos souffles s'apaisent. Poisseux de sueur et de sperme, nous nous levâmes périlleusement, pour nous faire couler un bain brûlant, dans lequel nous végétâmes un moment, jusqu'à ce que l'eau refroidisse et que la fatigue nous pousse à retourner nous coucher. Je n'avais aucune idée de l'heure, mais dehors, il faisait toujours nuit noire et je me lovai contre lui en me laissant emporter par le sommeil.

Le soleil était déjà levé, quand j'ouvris les yeux de nouveau. Nos corps étaient toujours étroitement entrelacés et je n'avais aucune envie de bouger. Mais Hannibal avait manifestement d'autres projets en tête, puisqu'il s'étira, m'embrassa et se leva, avant de chercher des vêtements dans sa valise.

« Reviens te coucher, » marmonnai-je. « Je comptais rester au lit aujourd'hui. »

« Je te réserve une autre surprise, » m'apprit-il, en souriant mystérieusement. « Il y a une tenue confortable dans tes bagages, enfile-la et rejoins-moi dans la cuisine. Je vais nous préparer un petit-déjeuner copieux, avant de partir. »

Je ronchonnai pour la forme et fis ce qu'il me demandait, alors qu'il quittait la pièce. Dans mon sac, je trouvai un de mes pantalons de treillis vert kaki, un t-shirt blanc et un pull léger. Je me vêtis rapidement, quand je sentis une odeur de saucisses grillées, d'œufs brouillés, de café chaud et que mon estomac gronda. Avec tout ce que nous avions mangé la veille, je ne pensais pas pouvoir avaler quoi que ce soit ce matin, mais le sexe me donnait faim. Très faim. Et je m'empressai de mettre la table et de m'asseoir devant mon assiette pleine de victuailles, avant de dévorer mon plat avec appétit. Hannibal m'observa, en servant le jus d'orange fraîchement pressé, puis mangea avec plus de retenue.

« C'est délicieux, merci, » le complimentai-je.

« Tu es toujours affamé après l'amour. Je prends plaisir à te voir apprécier, avec autant d'enthousiasme, les mets que je te prépare. »

Je lui souris en retour, car j'avais la bouche pleine, et fis passer le tout avec une gorgée de café.

« Comment va ton épaule ? » Me demanda-t-il ensuite.

Je tirai sur mon col, pour lui montrer que tout allait bien. La marque bien nette de ses dents commençait déjà à cicatriser.

« Il me faut plus qu'une morsure pour me mettre au tapis, » plaisantai-je.

« J'ai conscience d'y être allé particulièrement fort, cette fois, » s'excusa-t-il.

Je faillis répondre qu'il m'avait fait bien pire, mais m'abstins au dernier moment. Il n'était pas bienvenu d'évoquer des blessures passées en ce jour si particulier.

« Ce n'était pas si désagréable, » dis-je, à la place, en lui lançant un regard équivoque. « Alors, où allons-nous ? » Le questionnai-je alors, en sachant pertinemment qu'il ne me révèlerait rien, s'il en avait décidé ainsi.

« Tu le sauras quand nous y serons. Nous devons prendre la voiture et tout ce dont nous avons besoin se trouve dans le coffre. »

« C'est donc une activité qui nécessite du matériel, » déduis-je, juste pour l'asticoter.

« Tu verras, » persista-t-il, et je souris, impatient de voir ça.

Quand le petit-déjeuner fut débarrassé et la cuisine rangée, nous nous mîmes en route. Hannibal fit entrer les chiens dans le véhicule et ils s'entassèrent sur la banquette, pour les plus gros et sur la plage arrière, pour les plus petits, heureux d'aller faire un tour. Si nous les emmenions, cela se déroulait forcément en extérieur, et j'étais de plus en plus curieux, à mesure que nous nous enfoncions dans la campagne environnante. Puis, après une demi-heure de trajet, Hannibal s'engagea sur un chemin qui se terminait par une barrière et se gara sur un minuscule parking en terre, juste à droite, avant d'enclencher l'ouverture du coffre et de descendre. J'observai alors la forêt environnante, tandis qu'il déchargeait le matériel, et entendis le bruit lointain d'un cours d'eau. Puis, il marcha vers moi avec deux cannes à pêche et un papier d'où dépassait une épuisette, et le doute ne fut plus permis. Je sentis mes lèvres s'étirer sans pouvoir l'empêcher et souris bêtement, en ouvrant aux chiens pour les laisser sortir.

« Tu n'aimes pas la pêche, » lui rappelai-je, touché par l'attention.

« À dire vrai, je n'ai jamais vraiment essayé. Je pensais que tu pourrais m'apprendre. »

« Moi ? Apprendre quelque chose à Monsieur Je-sais-tout ? C'est décidément un jour à marquer d'une pierre blanche, » ironisai-je.

Mais, la plaisanterie tomba à plat.

« Tu sais, j'aimerais connaître un moyen pour que tu ne te sentes plus inférieur à moi, en quoi que ce soit. Je te sais capable de tout comprendre, Will. Tu ne m'as jamais déçu, dans aucun domaine. J'ai peut-être fait de longues études, j'ai des passions hors du commun, je suis perfectionniste et je réfléchis plus que la plupart des gens. Mais toi aussi, tu es spécial. »

« Je ne me sens pas… Inférieur. J'ai juste parfois l'impression que tu m'apportes beaucoup plus de choses que je ne pourrais jamais t'en donner. »

« Parce que tu n'as pas conscience de ce que tu m'offres réellement. Tu as démonté, pièce à pièce, ma croyance selon laquelle je finirai ma vie seul et incompris. Et s'il y avait une chose dont je restais certain, quoiqu'il arrive, c'était bien celle-ci. Tu m'as fait l'unique cadeau dont je rêvais, depuis toujours, et que personne n'était apte à me donner. Tu m'as sauvé de moi-même. Ça n'a aucun prix. »

Je restai sans voix, comme souvent quand il me faisait ce genre de déclaration, et pris son visage en coupe, avant de l'embrasser.

« Allons ferrer quelques poissons, » murmurai-je ensuite contre ses lèvres, avant de le délester d'une partie de l'équipement et de me mettre en route.

La rivière n'était pas très large, claire et fraîche. Les chiens, qui avaient l'habitude de m'accompagner dans ce type de loisir, savaient qu'il ne fallait pas sauter dans l'eau, ni faire trop de bruit, ils s'assirent donc autour de nous et observèrent nos préparatifs avec curiosité. Je pris mon rôle de professeur très au sérieux – on ne plaisantait pas avec la pêche – et Hannibal m'écouta attentivement lui expliquer quel appât ou quel leurre choisir selon l'espèce que l'on chassait, tout en lui montrant comment tendre sa ligne. Il m'imita efficacement et nous nous déchaussâmes, avant de descendre dans la rivière. L'eau nous arrivait à mi-mollet près du bord et nos pantalons se mouillèrent, même si le courant était faible.

L'image d'Hannibal s'adonnant à cette activité resterait longtemps gravée dans mon palais mental. Il s'en sortit d'une manière admirable, pour un débutant, et attrapa même une carpe de belle taille que nous pourrions certainement déguster le soir même.

Quand le soleil fut au zénith et que la chaleur me fit quitter mon pull, nous fîmes une pause. Je bus de longues gorgées d'eau dans la bouteille qu'Hannibal avait apportée, puis me dévêtis sur un coup de tête.

« Que fais-tu ? »

« J'ai envie de me baigner. »

« Complètement nu ? »

« L'idée te déplaît ? » Le taquinai-je, en retournant dans l'eau en tenue d'Adam.

« Absolument pas. Mais, nous ne sommes pas sur une propriété privée. N'importe qui pourrait venir. »

« Il faut savoir vivre dangereusement ! » Plaisantai-je, en m'avançant là où l'eau était un peu plus profonde.

Immergé jusqu'en haut des cuisses, je m'accroupis pour rafraîchir tout mon corps, avant de me relever. Sur la berge, Hannibal ne me lâchait pas du regard. Les chiens, comprenant que l'heure de s'amuser était venue, s'élancèrent à ma suite et m'éclaboussèrent. J'éclatai de rire en perdant l'équilibre, quand Winston me bouscula, et me retrouvai assis dans le lit du ruisseau.

La vision qui m'attendait, quand je ressortis ma tête de l'eau, me subjugua. Hannibal se déshabillant en pleine forêt, ressemblait plus que jamais à une créature surnaturelle. Un faune, peut-être. Étonnamment, loin des mondanités et de la civilisation, sa nature sauvage reprenait ses droits. Et il était sublime. Il me rejoignit sans rien perdre de la prestance qui le caractérisait. Comment pouvait-il humainement paraître gracieux en marchant pieds nus sur les cailloux glissants qui tapissaient le fond de la rivière ? Cela me dépassait. Buster remua ses petites pattes pour nager vers lui et Hannibal le souleva à bout de bras, avant de le jeter dans l'eau. Le chien remonta à la surface et aboya, avant d'en redemander.

L'après-midi s'écoula lentement et nous nous étendîmes sur un large plaid qu'il avait apporté, pour nous laisser sécher au soleil, avec les chiens autour de nous. Personne ne vint nous déranger et nous profitâmes de ce petit paradis perdu, jusqu'à ce que le froid nous oblige à nous rhabiller. Puis, quand il commença à faire sombre, nous remballâmes le matériel, avant de retourner à la voiture et de rentrer. J'appuyai ma tête contre la vitre et regardai le paysage défiler, en me disant que cette journée m'avait paru encore meilleure que la veille.