USS Petite Forêt
Note de l'auteur : Chapitre 14... et pas le dernier, comme c'était prévu. Apparemment, une intrigue pareille, ça ne se dénoue pas si facilement. Si, dans ma tête, c'est limpide, je prends conscience que pour vous, il faut que j'explique pas mal de choses et que je ne sois pas radine en ce qui concerne les détails. Donc, vous aurez certainement la fin dans le prochain chapitre.
Ma prochaine publication sera le chapitre 2 de ma fanfiction McKirk : "For the world is hollow and I have touched the sky" dont j'ai déjà posté le premier chapitre. J'écrierai ensuite la fin de celle-ci. Mais je ne vais pas traîner, ne vous inquiétez pas.
Minute "je raconte ma vie" : Je vous écris avec mon tout nouveau PC. Et oui, mon vieil et fidèle ordi a rendu l'âme hier matin. Qu'il repose en paix au paradis des ordinateurs, car il m'a bien servie durant toutes ces années. RIP Natou (oui c'était une fille, d'une belle couleur rose) et bienvenu à Spoky, qui est, certes, sous windaube 8, mais qui a un écran tactile. Et ça, j'aime ^^
Bonne lecture mes loulous! Et vos reviews me font toujours autant plaisir et me donne envie de continuer.
USS Enterprise, point de vue du Capitaine James T. Kirk.
Nous avions besoin d'un plan d'attaque, et vite. Nous étions toujours sur la passerelle. L'Amiral avait retrouvé une joie de vivre, que je savais entièrement feinte à présent, et me faisait la conversation depuis plus d'une heure maintenant. Certainement dans le but de me surveiller, mais je n'avais d'autre choix que de donner le change, souriant et répondant à ses questions. Dans ses conditions, impossible de communiquer, même discrètement, avec les autres. Sauf avec Spock, bien évidemment et je bénis, une fois de plus, notre faculté télépathique, et surtout, le fait que nous nous soyons bien gardé de l'évoquer devant Collins et Vaughn, puisque cela constituait sûrement la seule arme que nous avions réellement.
« Comment s'en sort Bones avec Kyle ? » Lui demandai-je, alors que la blonde continuait à me parler, comme si elle avait décidé de jeter nos désaccords par-dessus son épaule.
« Il m'a envoyé un message crypté traitant de cette question. Apparemment, il n'a reçu aucune visite, ni de l'Amiral, ni du professeur. Et l'androïde est toujours totalement inerte. Monsieur Scott a apparemment correctement fait son travail, puisqu'il s'est rendu à l'infirmerie pour s'assurer de le faire taire définitivement. »
« Ne doute jamais des compétences de Scotty, Spock. Quand bien même il ne saurait pas faire quelque chose, si nous en avons urgemment besoin, il serait capable de l'apprendre en un temps record. »
« Les preuves de ses aptitudes ne sont plus à faire, en effet. Mais, comme il l'a dit lui-même, la robotique n'est pas son domaine d'expertise. »
« Quelque chose me dit que ce ne sera très vite plus le cas. Déjà, pour être en mesure de faire ce qu'il faut pour nous aider à sortir de ce merdier et, par la suite, pour Andrea. »
« Tu as certainement raison, T'hy'la. »
« Qu'en pensez-vous, Capitaine ? Auriez-vous fait la même chose à sa place ? Je suis sûr que oui. »
« Hein ? » Laissai-je bêtement échapper, avant de réaliser que cela paraîtrait extrêmement impoli.
« Vous ne m'écoutez pas. » Constata-t-elle.
« Si. Non. Pardonnez-moi, je suis préoccupé par… l'état de santé de mon chef des téléporteurs. » Décidai-je de tenter.
« Celui qui se trouve à l'infirmerie depuis hier soir ? » Demanda-t-elle, comme s'il y en avait plusieurs, ou qu'elle n'était absolument pas au courant que ce qui se passait.
Je devais lui accorder un certain talent pour la comédie, au-delà du fait que maintenant que je savais que tout était faux, je voyais parfaitement les défauts dans son discours.
« Celui-là même. Son état ne s'améliore pas. »
Je voulais voir jusqu'où elle serait capable de s'enfoncer dans son mensonge, de connaître sa réaction, en sachant pertinemment que moi-même, je mentais.
« De quoi souffre-t-il ? » Osa-t-elle me questionner. Et je l'applaudis mentalement pour son sang-froid.
J'avais fait l'erreur de la sous-estimer, je l'avoue. Parce que c'était une femme, je le confesse également. Et parce qu'elle ne semblait pas bien féroce. Mais, il fallait avoir de sacrées couilles, pour agir comme elle le faisait.
« Le Docteur McCoy serait certainement plus qualifié pour répondre. Il est inconscient, suite à un malencontreux accident, si j'ai bien compris. » Répondis-je, l'air ennuyé, mais parfaitement détendu en apparence.
« Comme c'est malheureux. » Commenta-t-elle.
Pas la moindre trace de panique, ni de peur, dans le regard. Pas le moindre tressaillement sur son visage. Ses mains ne tremblaient même pas un peu et elle eut même l'audace d'esquisser un petit sourire désolé.
Cette femme n'était pas humaine. Si ses oreilles et ses sourcils n'étaient pas parfaitement arrondis, j'aurais presque pu avoir un doute…
« Il existe une autre possibilité, Jim. » Énonça gravement Spock, dans mon esprit.
Et je luttai autant contre l'envie de me tourner vers lui et celle de m'éloigner instinctivement de cette chose en face de moi. Elle posa une main sur mon épaule, en souriant et je sentis, simultanément, chacun de mes muscles se tendre, ainsi qu'une violente poussée d'adrénaline.
« A-t-on, à un seul moment, douté de l'existence d'une Amiral Collins ? » M'interrogeai-je.
« Négatif. » Répondit immédiatement Spock. « Il n'y avait aucune raison à cela. »
« Vérifie. Maintenant. Et camoufle correctement ta recherche. » Le priai-je, avant de me lever brusquement. Il fallait que je sache.
Je n'étais pas fou pourtant. Elle s'était nourrie, devant moi. Avait bu, avec moi. Elle avait même voulu coucher avec moi, bon sang !
« Il y a bien une Amiral Alysson Collins, Jim. Seulement, son dossier indique qu'elle est actuellement, et depuis le début de sa carrière, secrétaire d'état au siège de Starfleet, à San Francisco. Elle n'a même jamais quitté la Terre. »
Une pierre de glace tomba au fond de mon estomac, une sourde angoisse m'étreint la gorge.
« N'y a-t-il que Vaughn qui soit de chair et de sang ? Cette espèce de taré se serait entouré de robots ultras sophistiqués ? »
« Tout porte à le croire. »
« Vous vous sentez bien, Capitaine ? » Sembla-t-elle sincèrement s'inquiéter. Et j'eus envie de la frapper quand elle s'avança vers moi, alors que je reculai vers le turbolift.
« Oui ! » M'exclamai-je, subitement. « Oui. » Répétai-je, plus calmement. Je devais me reprendre. « Je pense que je vais m'enquérir de la santé du Lieutenant Kyle, à l'infirmerie. Je n'en ai pas pour longtemps. »
« Bien sûr. » Approuva-t-elle. « Je comprends. Je vous attends ici. »
Je n'avais pas réellement de raison de lui suggérer d'aller ailleurs, malheureusement. Et dus donc me résigner à quitter la passerelle, en laissant mes hommes seuls avec elle. En laissant Spock. Mais, il fallait absolument que je parle à Bones de vive voix. Je montai donc dans l'ascenseur et échangeai un dernier regard avec mon compagnon, avant que les portes ne se ferment.
« Je te préviendrais si quelque chose se produit. » Me promit-il.
« Je sais. Ne fais rien d'imprudent. » Pensai-je, avant de demander le pont G.
« N'existe-t-il pas une expression à propos d'un hôpital et de la charité ? » Railla-t-il.
« Très drôle, Ashayam. » Répliquai-je, en souriant légèrement.
Il avait un véritable don pour m'apaiser.
…
USS Enterprise, point de vue du Docteur Leonard McCoy.
J'avais réussi à monter une histoire suffisamment crédible, pour justifier d'appliquer une procédure de quarantaine sur le faux Kyle. Au moins, en cas de problème, il ne serait directement en contact avec personne. Heureusement, Christine était vraiment Christine et Nyota venait me rendre visite dès qu'elle avait deux minutes. Car, Jim avait raison. L'appel de la paranoïa résonnait fortement dans mon esprit. M'Benga n'était-il pas plus froid que d'habitude ? Connors, mon assistant, n'était-il pas particulièrement peu bavard ? Le Docteur Sanchez n'était-il pas censé être de congé aujourd'hui ? Il faudrait que je vérifie sur le planning. Sinon, il n'avait rien à faire ici, à traîner et à faire Dieu sait quoi. Mon regard se portait sur mes collègues comme s'ils étaient tous des diables sur le point de surgir hors de leur boîte. Sur le qui-vive, je sursautai dès qu'on prononçait mon nom, qu'on me touchait l'épaule. Je savais que mon comportement devait paraître étrange, mais « rester naturel » n'était pas dans mes cordes. Désolé, Jim. J'étais médecin, pas acteur, bon sang.
Quand on pense au loup, il montre le bout de sa queue. Jim pénétra dans l'infirmerie, comme on traverse un terrain miné. Il prit bien soin de n'adresser la parole à personne en particulier, sauf pour dire bonjour et se dirigea directement vers moi.
« Tout va bien, Jim ? » Lui demandai-je, immédiatement, camouflant mon inquiétude derrière une question banale.
« Très bien, Bones. A part que j'ai l'impression d'être à bord de l'USS Petite Forêt, quand je vois toutes les plantes de Sulu envahir les labos. » Dit-il, en pointant l'aile botanique, où l'on pouvait, en effet, apercevoir de nombreux spécimens végétaux à travers les vitres.
J'eus un rire forcé, à sa remarque, et l'entraînai vers mon bureau, en contrôlant au mieux la bouffée d'angoisse qui m'envahit. Nous avions un code, depuis l'Académie. Une idée farfelue de Jim, un soir, alors que nous étions un peu bourrés. « Si un jour, je me retrouve dans une situation désespérée et que je ne peux pas parler librement… » Je me souvenais encore avoir ri de cette supposition, en répondant que si cela arrivait, ce ne serait certainement pas moi qu'il préviendrait en premier. L'USS Petite forêt. La traduction littérale de Kobayashi Maru. Cela ne pouvait signifier qu'une chose. Notre situation venait de s'aggraver de telle manière, qu'une issue fatale se profilait à l'horizon. Cependant, je me contentai d'ouvrir grand mes oreilles et de commander du thé au réplicateur de l'infirmerie, normalement réservé aux patients, mais dont il m'arrivait de me servir quand je mangeais sur place, et agis comme si nous avions une conversation totalement banale. Et cela fonctionna, puisque personne ne faisait réellement attention à nous. Du moins, en apparence.
« S'il continue, il y en aura bientôt jusque dans les couloirs. » Répondis-je, en jouant le jeu.
Je posai mon chargement sur mon bureau, avant de m'installer dans mon fauteuil et de nous servir. J'avais vraiment besoin d'un verre, mais ce n'était pas envisageable en pleine journée, devant nos collègues. Jim s'assit en face de moi et prit sa tasse le plus naturellement possible.
« Il ne peut pas s'empêcher d'en récolter partout où nous mettons les pieds. Un de ses jours, tu verras, il dévira notre trajectoire parce qu'il aura entendu parler d'une planète forêt. » Fit-il mine de plaisanter, en insistant sur certains mots.
« Tu seras alors obligé de le mettre en cellule. »
« Uniquement si je peux prouver que c'est lui. Et en admettant que ses collègues ne viennent pas le libérer derrière mon dos. Comme la Yeoman Rand. Tu sais, cette blonde, avec qui il partage sa passion étrange. Celle qui paraît parfois aussi froide qu'un robot. »
Je manquai de renverser ma tasse.
« Tu n'exagères pas un peu, franchement ? Elle n'est pas réellement comme une machine, n'est-ce pas ? »
« Je peux t'assurer que si. Même Spock le dit. »
Donc, pour résumer, nous voguions vers une destination inconnue, sans vraiment de possibilité d'agir. Et Collins était un androïde. Pourquoi m'étais-je engagé dans Starfleet déjà ?
Jim sembla, tout à coup, intéressé par autre chose que notre conversation. C'était subtil, mais je suivis son regard et je compris ce qui le tracassait. Il y avait une seule chose, dans notre discussion codée, qui aurait pu paraître étrange à beaucoup d'oreilles sur ce vaisseau. Janice Rand n'était absolument pas froide, bien au contraire. Mais ça, Vaughn et ses androïdes de malheur, n'avaient aucun moyen de le savoir. Et si, une des jeunes infirmières qui passait par là, se retint visiblement d'interrompre son Capitaine pour le corriger, il y en eut une, qui ne réagit absolument pas. Une qui, en temps normal, n'aurait jamais laissé personne parler de son amie de la sorte. La Lieutenant Karen Tracy, une de mes techniciennes médicales, se tenait stoïquement, à quelques mètres de nous. Et malgré qu'elle soit clairement à portée de voix, elle ne sourcilla même pas. Jim se tourna vers moi.
« Kyle montre-t-il des signes de rémission ? » Changea-t-il brusquement de sujet.
« Aucun. » Affirmai-je, sans comprendre ce qu'il avait en tête.
« Puis-je le voir ? Il est inconscient, mais peut-être nous entend-il. J'aimerais qu'il sache que nous sommes là pour lui. »
« Bien sûr. » Lui accordai-je, toujours incertain. Mais, du coin de l'œil, je m'aperçus que Tracy réagissait, se rapprochait de nous comme pour mieux nous écouter. « Il est en quarantaine, dans une chambre individuelle, il faudra donc t'équiper d'un masque. Suis-moi. »
Je me levai, en m'attendant à ce qu'il me suive. Mais, il m'arrêta.
« Si tu as un traitement à lui administrer ou un soin quelconque, ne te gêne pas pour moi, hein. Je ne voudrais pas te déranger dans ton travail. Même si tu as besoin de l'aide d'une assistante, sa présence ne me dérangera pas. »
Je le fixai, perplexe, une seconde, avant de comprendre. L'idée n'était pas mauvaise, mais risquée. Néanmoins, je fis ce qu'il avait décidé.
« Karen ? » Appelai-je, et elle se tourna immédiatement vers moi.
« Docteur ? »
« Pouvez-vous m'aider avec le Lieutenant Kyle ? Nous allons changer ses perfusions. » Improvisai-je.
« Ne vous donnez pas cette peine, Lieutenant. Je peux m'en occuper. » Intervint soudainement Connors, pensant sûrement bien faire.
« Vous vous appelez Karen ? » Lui demandai-je, acerbe.
« Non, Monsieur. Mais… »
« Alors, retournez à vos occupations. » Le coupai-je, sèchement. Il fallait qu'il s'éloigne. Maintenant.
Et heureusement, cela fonctionna.
« Vous venez ? » Demandai-je, à la jeune femme.
« Oui, Docteur. » Répondit-elle, toujours totalement impassible, en nous emboîtant le pas.
Je croisai alors le regard de M'Benga. Il était parfaitement calme, bien évidemment, mais l'expression de perplexité qu'il affichait me fit comprendre qu'il voyait parfaitement que quelque chose clochait. Il était vrai que je ne parlais jamais ainsi à mes hommes. J'étais parfois moqueur, sarcastique, mais jamais agressif. Et, en un instant, je décidai que, même si Jim, sans aucun doute, pourrait prévenir Spock en cas de pépin, je n'avais aucune envie de m'enfermer dans une pièce avec une de ces machines sur pattes, sans que personne ne sache ce qui se passait et ne puisse nous aider si les choses tournaient mal.
« Geoffrey ? » L'appelai-je. « J'allais presque oublier de vous dire d'aller voir Christine. Elle avait une chose très importante à vous dire. Mais, vous connaissez les femmes, hein. Elle n'a pas voulu me donner le moindre détail. Le mieux serait que vous y alliez maintenant, je pense. »
« Merci de me prévenir, Leonard. J'y vais immédiatement. » Répondit-il, simplement, avant de quitter la pièce. Il ne me restait plus qu'à prier pour que Chapel saisisse qu'elle devait le mettre au courant.
…
Jim referma immédiatement la porte derrière nous et la verrouilla, avant d'enlever son masque, puisqu'il était parfaitement inutile, en réalité. J'en fis de même et la fausse Karen comprit instantanément que nous l'avions démasquée. Elle se mit en position défensive, prête à nous affronter.
« Avant que vous ne tentiez quoi que ce soit, sachez que j'ai une équipe de gardes armés près à intervenir, dehors. » Lui assura Jim, sur un ton ferme, même si c'était totalement faux. Mais, elle sembla hésiter un instant et cela suffit. « Écoutez, si vous agissez sous la contrainte de Vaughn, je m'engage personnellement à vous protéger, vous et les autres. Et si vous êtes là de votre propre chef, donnez-moi les informations que je demande et nous serons cléments. Réfléchissez-y. Vous gagnez sur tous les tableaux. Sinon, vous finirez comme votre ami, ici présent. » Dit-il, en désignant le faux Kyle, inerte dans son lit. « Vous avez la preuve que nous en sommes parfaitement capables, alors ne faites pas de bêtise et répondez simplement à mes questions. »
Après quelques secondes, où elle parut sérieusement peser le pour et le contre, elle hocha la tête, sans pour autant baisser sa garde.
« Pourquoi faites-vous cela ? »
« Le maître ne nous a pas faits part de ce genre de détails. »
Le maître ? Ce cinglé avait-il la moindre limite ?
« Que vous a-t-il dit, dans ce cas ? »
« Que nous devions chacun jouer notre rôle, jusqu'à ce qu'il décide d'agir. Mais, je ne sais pas dans quel but, je le jure. Je n'ai pas choisi d'être là. Le professeur Vaughn est notre créateur, nous nous devons de lui obéir. »
Cela ne nous avançait pas beaucoup, et quand Jim soupira d'exaspération, je compris que ça ne lui plaisait pas plus qu'à moi.
« Vous ne nous êtes donc d'aucune utilité. » Conclut-il, si froidement, que j'en fus choqué.
« Vous avez promis de m'aider, si je parlais ! »
« Sauf que vous ne savez rien. Et vous comprenez bien que je ne peux pas vous laisser sortir d'ici. »
Je crus, durant d'affreuses secondes, qu'il allait réellement éliminer cette pauvre fille, quand je compris ce qu'il faisait réellement.
« Je vais vous aider ! » S'exclama-t-elle.
« Comment ? »
« Je peux essayer de soutirer des informations au maître. Il ne se méfiera pas de moi. »
« Vous seriez prête à le trahir ? »
« Qu'est-ce qui nous dit que vous ne courrez pas nous vendre, dès que vous serez libre de partir ? » Me méfiai-je.
« Il nous a créés, pour servir une cause qui n'intéresse que lui et qu'il ne nous a jamais expliquée. Mais, à trop vouloir, le plus fidèlement possible, copier l'humain, il nous a dotés d'une conscience. Et, comme pour vous, vivre sans but commence à nous peser. Et je peux parler au nom des autres, parce que c'est un sentiment général. Il s'obstine à nous traiter comme si nous n'étions rien à ses yeux, alors qu'il nous a faits volontairement sensibles, émotionnels. Avant, quand nous vivions tous dans son laboratoire, il pouvait bien nous faire croire ce qu'il voulait. Mais, maintenant, nous avons vu. Nous vous avons vu. Nous avons vu la réalité. Et vous n'être pas les monstres qu'il nous a décrits. »
« Il vous a dit que nous étions des monstres ? »
« Oui. Que nous devions vous détruire. »
« Ça n'a aucun foutu sens ! » M'emportai-je. « On ne le connaît même pas, bon sang ! Que peut-il bien nous vouloir, à la fin ? »
« Aucune idée, Bones. Mais, je compte bien le découvrir. » Répondit-il, en fixant l'androïde.
Et il avait son air déterminé des grands jours. Il y en avait un qui allait bientôt regretter de s'être frotté de trop près à James Tiberius Kirk.
