Alors voici la suite, qui a mis du temps, oui, je sais, mais je n'ai pas eu de vacances malheureusement...
Mais voici et profitez !
« Êtes-vous prête ? » Lui demanda Snape, un léger sourire au lèvres, baguette levée.
Snape lui avait expliqué il y a une heure tout le concept de l'Occlumencie, qu'elle interprétait surtout comme lire les pensées et souvenirs. Et il disait qu'il fallait vider son esprit, comme si c'était simple...
« Allons-y », répondit Pearl, concentrée, se préparant à une énième attaque.
« Legilimens ! »
Elle sentit une sorte de souffle, et des images défilèrent dans sa tête comme s'il s'agissait d'une pensine ouverte. Elle se voyait tenir la main d'une grande femme brune, elle devait avoir huit ans. Elles se rendaient chez des amis de la famille... L'image changea. Elle était dans son ancienne école, en Irlande, et dînait avec une bandes d'amis, riant joyeusement... Non. Non. Elle se débattit intérieurement. Elle ne lui permettrait pas de fouiller dans sa tête comme ça. Le visage de ses camarades vivants, riants, flottait encore devant ses yeux.
Pearl rouvrit les yeux, essoufflée, se rendant compte qu'elle était presque allongée sur la table de la cuisine derrière elle. Snape l'observait, les sourcils froncés.
« Voilà qui n'est pas mal pour un début... »
Elle le gratifia d'un regard dédaigneux. Essayant toujours de repousser ces images qu'il avait fait ressurgir. Secouant la tête, elle ferma les yeux et prit une inspiration, tentant de ne penser à rien. Elle rouvrit les yeux et à son signe de tête, Snape repartit à l'attaque.
D'abord, elle le vit toujours, marmonnant des paroles incompréhensibles, puis le noir l'envahit, avant que d'autres images ne l'assaillent. Des gens courraient partout, hurlant, sanglotant... Elle envoyait un sort à un homme masqué qui s'écroula au sol. Se retournant, une fenêtre explosa non loin à sa gauche. Elle courait à travers le couloir, et déboucha vers un hall où des élèves se battaient, des professeurs aussi. Elle poussa une porte et entra dans une bibliothèque en flammes...
« NON ! » hurla-t-elle, s'écroulant sur le sol, les yeux grands ouverts.
A bout de souffle, elle brandissait sa baguette, affolée, se rendant compte qu'elle se trouvait dans la cuisine miteuse, avec un Snape méfiant, et non dans son ancienne école, là-bas...
Elle se releva et se laissa tomber sur une chaise, se prenant la tête dans les mains. Un long silence s'installa, coupé par sa respiration saccadée qu'elle s'efforçait de faire revenir à la normale.
« Quel était cette école ? », demanda la voix froide de l'espion.
Elle releva la tête, lui lançant un regard furieux.
« Je ne vois pas en quoi cela vous regarde. »
Il arqua un sourcil, les lèvres serrées, mais n'ajouta rien.
Elle se releva, la baguette levée, et vrilla ses yeux dans les siens. Elle était bien décidée à le repousser cette fois-ci.
« Je suis prête »
« Legilimens ! »
L'image de sa mère se forma, son père à ses côtés, alors qu'elle annonçait ne jamais accepter de rejoindre les rangs de Voldemort. Leurs visages se transformaient en fureur, l'injuriant de traitre à son sang. Elle quittait la maison, sa valise dans la main, souriante en lançant un ''Adieu !'' avant de transplaner. Puis une autre, dans une maison... Pearl luttait de toutes ses forces à présent pour éjecter Snape de sa tête.
Elle le voyait distinctement, la baguette pointée sur elle. Elle lui sourit ostensiblement et se déplaça pour s'asseoir à la table de la cuisine. Snape se redressa, arrêtant son attaque, lui lançant un regard noir.
« Un café ? » lui proposa-t-elle, l'invitant à la rejoindre.
Il ne bougea pas d'un pouce, continuant de la fixer.
« Je pense que nous l'avons bien mérité, non ? », reprit-elle, exaspérée par son comportement.
Il consentit enfin à bouger et s'assit en face d'elle.
« C'est vraiment la première fois que vous pratiquez l'Occlumencie ? », lui demanda-t-il.
« Bien sûr que oui. Pourquoi aurai-je eu droit à ces entrainements, sinon ? ».
Elle l'observait, curieuse. Pourquoi lui posait-il une question pareille ?
« Vous semblez maitriser le concept plutôt rapidement. » lui dit-il, se décidant enfin à prendre la tasse de café fumant qu'elle lui tendait.
Elle haussa les épaules « Tant mieux dans ce cas, nous n'avons pas vraiment tout le temps devant nous. D'ailleurs, je pense que nous devrions examiner un peu cette liste. » dit-elle, sortant de sa poche les parchemins de Dumbledore. « Mieux vaut nous préparer. »
Snape sembla se renfrogner. Il regarda Pearl sortir ses papiers et les étaler sur la table en sirotant son café, impassible, puis reposa sa tasse et s'appuya sur le dossier de sa chaise.
« Alors d'abord Robert Adamson... il semble avoir été vu pour la dernière fois dans le nord du pays... Voilà qui n'ait pas très précis... Comment est-on censé trouver ces gens s'il est évident qu'ils se cachent de tout et de tous ? »
Elle parcourut rapidement le reste de la liste des yeux. Tous les lieux semblaient plus imprécis et flous les uns que les autres. Fichu Dumbledore. Pourquoi leur attribuer une mission qu'elle commençait à constater très peu prête d'aboutir ? En un mois ! La liste n'était pas longue, à peine une dizaines de personnes à rechercher. Dieu ne sait où, et dont elle était sûre que la plupart ne les accueilleraient pas avec un thé et des petits fours sur un plateau.
« Pourtant, il faudra bien commencer par quelque chose. Il faudrait demander à cette vermine de Mondingus s'il ne peut pas nous renseigner. » intervint Snape, la tirant de ses pensées.
Elle se tourna vers lui, réfléchissant.
« J'ai entendu dire qu'il connaissait pas mal de personnes douteuses un peu partout dans le pays aussi. J'essaierai de lui en parler ce soir, il vient dîner ici. » lui répondit-elle joyeusement, trop heureuse d'avoir un espoir de piste. « Au fait, vous avez ce qu'il faut en polynectar ? Dumbledore vous l'a déjà fabriqué ? »
Il la regarda comme si elle venait de l'insulter ouvertement de toutes les injures imaginables et existantes au monde.
« Quoi ? »
« Je pense qu'il serait utile de vous préciser que je suis professeur de potion à Poudlard. Je suis donc capable de me fabriquer ce qu'il me faut sans avoir besoin d'aide de quiconque. »
Elle agrandit ses yeux de surprise.
« Oh excusez-moi, ne le prenez pas si mal. Personne ne m'a mise au courant de ce que vous faites en dehors de votre travail d'espion. »
Un éclair de lucidité la traversa. Elle comprenait pourquoi peu de ses collègues ne lui faisaient confiance. Il avait l'avantage du double jeu que lui seul avait le pouvoir de faire basculer d'un côté ou de l'autre. Mais Dumbledore n'était pas un homme stupide. Il avait une bonne raison de lui accorder sa confiance. Sinon, il n'aurait pas voulu de lui pour espion.
Elle observa l'homme à la dérobée pendant qu'il parcourait à son tour la liste des yeux. Il avait toujours cette expression neutre, ou de colère, ou mépris. Maintenant qu'elle y pensait, elle ne l'avait jamais vu rire, ou sourire franchement d'amusement. Toujours comme une sorte d'ombre sur lui qui semblait l'empêcher de s'ouvrir vraiment au monde. Comme s'il portait quelque chose de lourd... Sans doute dut à ce travail d'espion et son passé de mangemort... De la douleur. Oui, cela semblait être cela. Une douleur ancrée en lui et inguérissable.
Elle soupira en secouant la tête tandis qu'il levait la tête vers elle.
« Reprenons l'entrainement si ça ne vous embête pas ? »
Il secoua la tête, reposant les feuilles sur la table et dégainant ça baguette sans prévenir, il s'écria :
« Legilimens ! »
Par réflexe, elle releva sa baguette, mais c'était trop tard. Elle courait à travers la bibliothèque en flammes, évitant de peu une étagère qui s'effondrait. Elle sauta par dessus des livres répendus sur le sol, toussant à cause de la fumée... Dans un effort colossal, elle repoussa l'attaque de Snape et réussit à fermer son esprit. Elle le vit marmonnant à toute vitesse devant elle. Se rendant compte de la présence de sa baguette dans sa main, elle sentit un sourire se former sur ses lèvres tandis qu'elle répliquait à son tour :
« Protego ! »
Elle se sentit aspirer dans des souvenirs ne lui appartenant pas. Un homme hurlait sur un petit garçon recroquevillé, les débris d'une assiette jonchant le sol. Elle le vit, horrifiée, lever un poing qui s'abattit avec force sur la tête du gamin. L'image s'effaça. Le petit garçon aux cheveux sales courait après une jeune fille rousse qui lui avait volé un petit livre noir, riant aux éclats.
Elle s'arracha brutalement à ces souvenirs, revenant à la réalité, et face au visage d'un Snape cramoisi de colère. Mais elle prit la parole avant lui, le devançant :
« Vous connaissiez Lily ? » s'exclama-t-elle abasourdie.
« Je ne vois pas en quoi cela peut vous regarder. »
Il était vraiment furieux. Et le ton qu'il avait employé pour lui répondre ne lui plaisait pas du tout. Elle répliqua du tac au tac, sarcastique :
« Excusez-moi si je vous demander si vous étiez un de ses amis, vraiment, quelle question déplacée ! »
Il cligna des yeux et esquissa un geste pour sortir de la pièce rageusement. Ne se laissant pas démonter, elle le suivit et lui attrapa le bras pour l'empêcher de partir, le stoppant dans l'embrasure de la porte de la cuisine.
« Ne le prenez pas comme si une offense monumentale venait de vous être faites ! Vous aussi avez regardé des choses que vous n'étiez pas censé voir ! »
« Lâchez-moi. » fit-il dangereusement.
Ne tenant pas compte de son avertissement, elle le tira un peu plus en arrière et vint se poster devant lui, plantant son regard dans le sien.
« Pour qui vous prenez-vous ? Arrêtez un peu votre numéro de mélodrame. »
Vivement, il pointa sa baguette sur sa poitrine tandis qu'elle calait la sienne sous sa gorge d'un même mouvement instinctif.
« Cessez cela immédiatement. » lui ordonna-t-il, la voix basse.
Elle sentait le danger émaner par chaque pore de sa peau. Elle savait que le provoquer était stupide, mais elle ne lui permettrait pas de jouer comme cela alors qu'il lui avait fait subir la même humiliation pendant une heure. Elle ne bougea pas d'un millimètre, le toisant avec haine.
Molly et Arthur choisirent ce moment pour entrer, et se figèrent devant la scène qui se déroulait sous leurs yeux.
« Qu'est ce qui se passe ? Abaissez vos baguettes, tous les deux ! » s'écria Mr Weasley, s'avançant lui même à grand pas dans leur direction.
Ni l'un ni l'autre ne réagit, se contentant de se lancer des regards hostiles.
« Ne me poussez pas à vous faire regretter de ne pas m'avoir écouté », menaça Snape, ses yeux noirs la vrillant avec intensité. « Laissez-moi passer. »
« Hors de question » fit-elle, têtue. « Nous n'avons pas terminé. »
« Je ne suis pas de cet avis. Dumbledore vous trouvera un autre équpier, je ne m'occupe plus de vous ni de cette mission. Débrouillez-vous. »
Elle sentit le sang battre dans sa tête alors qu'elle réalisait que cet homme ce conduisait comme un gamin.
« Lâche. » laissa-t-elle tomber. « A la moindre difficulté vous partez en courant ? Je suis étonnée qu'un homme si lâche est un rôle important dans cette guerre. S'en est même révulsant... »
Elle vit passer un éclair de fureur sauvage dans les yeux de Snape, avant de se sentir brutalement projetée dans le couloir. Pressée contre le mur, il l'avait saisie à la gorge et lui avait collé sa baguette contre sa joue. L'expelliarmus rapide et silencieux l'avait prise de surprise, et elle se retrouvait sans défense, à la merci de l'homme qui avait son visage tout proche du sien, de telle sorte qu'elle pouvait sentir son souffle contre son visage.
« Je ne vous permettrait pas de m'insulter de cette manière... Me suis-je bien fait comprendre ? » articula-t-il lentement, la fureur appuyant chacun de ses mots.
« Severus, arrêtez immédiatement ! » s'écria la voix scandalisée de Mrs Weasley qu'elle ne pouvait voir.
Elle fixa rageusement le yeux noirs d ébène devant elle et souffla :
« Dans ce cas, faites en sorte de ne pas agir comme tel, et un progrès dans ce sens pourra être envisagé. »
« Snivellus lâche-la ! »
Il y eut un bang et la main qui menaçait de l'étouffer la relâcha. Snape lança un regard un noir à tous ceux qui étaient présent dans le couloir et sortit en claquant brutalement la porte. Mrs Black commença à pousser ses hurlements stridents qu'elle pris soin d'ignorer en continuant de fixer la porte par laquelle Snape venait de disparaître. Sirius fit taire le portrait d'un coup de baguette et se tourna vers elle. Le silence s'installa entre eux quatre durant une minute pendant laquelle elle envisagea de le poursuivre, mais Mr Weasley lui barra le chemin en lui tendant sa baguette, le regard sous-entendant clairement 'ça suffit'.
Elle s'en empara et la remit dans sa poche, de mauvaise grâce.
« Pearl... Que s'est-il passé ? » demanda-t-il, le visage grave.
« Je ne préfère pas en parler. »
Elle s'éloigna dans la cuisine sans réfléchir à grands pas. Tous la suivirent tandis qu'elle reprenait sa place. La vue de la tasse de café de Snape lui donna l'envie de la démolir furieusement. Sirius brisa le nouveau silence qui venait de s'installer :
« Ecoute Pearleen, si Snivellus en arrive à là avec toi en une matinée, laisse nous au moins... »
« C'est entre lui et moi, d'accord ? » cingla-t-elle.
Décidant que la pièce avait beaucoup trop de monde, elle se leva et sortit en claquant la porte, respirant l'air chaud du mois de juillet avant de transplaner immédiatement.
Elle rouvrit les yeux sous un soleil éblouissant, respirant un air plus frais et salé. Elle jeta un oeil à la mer devant elle, soupirant. Elle retira ses chaussures et se prit à marcher le long de la plage déserte et retirée. Ici elle était sûre d'être seule.
Cet homme était vraiment bizarre. Qu'est ce qu'il lui prenait ? Mais surtout, elle était curieuse de savoir d'où il connaissait Lily Potter.
L'image de la jeune femme qu'elle avait un jour rencontré par hasard. Elle se souvint d'elle se battant contre les Mangemorts qui apparaissaient d'un côté à l'autre du chemin de Traverse, terrorisant le gens. Dos à dos, elles avaient tenu tête cinq d'entre eux les ayant encerclés. Puis un homme aux lunettes rondes était arrivé à sa hauteur en la saisissant par le bras « On dégage Lily, ça n'a pas l'air d'être le jour idéal pour faire des achats ! ». « Attends ! » lui avait elle crié avant de se tourner vers moi, me tendant une main, « Venez avec nous ! Vite ! » Après un instant d'hésitation, Pearl avait saisit la main que lui tendait la jeune femme, se retrouvant un instant plus tard sur le perron d'une grande maison. Tous les cris, et les jets de lumières avaient disparus, alors que James et Lily Potter l'invitait à rentrer chez eux.
Elle secoua la tête chassant les souvenirs de Lily Potter, avec qui elle avait lié une amitié sûre depuis ce jour là, échangeant beaucoup de courrier puisqu'elle même n'était pas d'Angleterre. Le jour où elle avait appris le décès de la jeune femme l'avait profondément attristé.
Elle s'arrêta un instant et observa la mer, le flux des vagues mourant à ses pieds et se retirant, le vent ébouriffant ses cheveux.
Cette leçon d'occlumencie avait ramené beaucoup de souvenirs aujourd'hui. Trop de souvenirs, même.
Elle se leva tôt le lendemain, victime d'insomnie, elle ne parvenait pas à se rendormir. Après être passé à la salle de bain et s'être rapidement habillée, elle descendit à la cuisine dans l'intention de se préparer un bon petit-déjeuner, pensant déjà à de bonnes tartines de confitures de fraise, et un bon café. Elle se figea sur le pas de la porte lorsqu'elle vit une masse noire assise sur une chaise de la grande cuisine des Blacks.
« Vous êtes en avance, Cade. » déclara Snape d'un ton neutre, ses yeux noirs se fixant sur elle.
Elle était tellement interloquée qu'elle ne réagit pas tout de suite. Clignant des yeux, elle continua bêtement à le regarder pendant encore quelques secondes.
« Qu'est ce que vous faites ici ? »
Il pinça brièvement les lèvres avant de répondre,
« Voulez-vous que je reparte ? »
Elle secoua la tête, avançant de quelques pas et refermant soigneusement la porte derrière elle. Elle se tourna vers lui.
« Vous avez changé d'avis. »
Ce n'était pas une question. Et il semblait très bien le comprendre. Ils se fixèrent l'un et l'autre, le silence s'installant tandis qu'ils se jaugeaient cherchant mutuellement à se comprendre, à se tester.
Enfin, Snape rompit le silence.
« Je vais vous prouvez que vous avez tors. Je ne fuis pas. Jamais. »
Elle vrilla des yeux ceux noirs de l'espion, et quelque chose lui disait que cette phrase semblait être un serment sur l'honneur qu'il scellait avec elle.
« Très bien. Dans ce cas, reprenons l'entrainement et l'organisation des missions. Mais si ça ne vous dérange pas, je prendrais un petit déjeuner avant, vous ne pourrez pas me le refuser vu mon avance, comme vous l'avez si bien remarqué ? »
Severus et Pearl passèrent la semaine à s'entrainer à l'occlumencie, et Pearl s'améliorait rapidement à cette branche complexe de la magie. Ils travaillèrent à retrouver les adresses des mangemorts cachés et échafauder des plans pour leur rencontre. En effet, débarquer chez le mangemort et lui dire « Hey salut, ça te dirait te joindre à l'Ordre ? » ne serait pas forcément accueillis avec une tasse de thé et des petits fours...
Ainsi utiliser la diplomatie plus Snape déguisé jouant un ancien mangemort et l'utiliser pour convaincre les plus indécis semblait plus judicieux.
Grâce à Mondingus et ses crapules de connaissances, ils avaient réussis à trouver l'adresse de la plupart des personnes sur la liste.
« Commençons avec Adamson demain » proposa Severus en feuilletant les papiers et plans récoltés.
Pearl haussa les épaules.
« Comme vous voulez, de toute manière il faut bien commencer quelque part... »
Sa voix se perdit tandis qu'elle lisait l'article de La Gazette du Sorcier. En gros titre POTTER LE CONSPIRATEUR, ne laissait voir qu'un article nauséabond sans doute voulut par cet idiot de Fudge lui-même, qui faisait tout pour discréditer le garçon qui ne faisait que proclamer la vérité, et prévenir le danger. Elle ne donnait pas cher de la peau de l'imbécile de Ministre de la Magie quand la population apprendrait la vérité.
« Crétin » souffla-t-elle en repliant le journal et le lançant à l'autre bout de la table.
« En début d'après midi ? »
« Pardon ? »
« Je suis heureux de voir que l'organisation d'une telle mission vous importe autant, Pearl » cingla Severus, mécontent.
« Nous avons déjà revu tous les scénarios possibles au moins une dizaine de fois, et parler de tout ça une centaine de fois, que voulez-vous encore me dire de plus ? » se défendit-elle.
« Très bien, débrouillez vous pour être à l'heure demain dans ce cas, et ne me faites pas attendre. » lança brutalement le maître des potions, en se levant, faisant racler sa chaise sur le sol.
« A demain après midi, dans ce cas » répondit-elle malicieusement à l'homme. « Mais restez un peu pour prendre un dernier thé au moins ? »
« Non, je vous remercie, mais je voudrai éviter une overdose de thé de Molly Weasley, s'il vous plait. »
Pearl éclata de rire et salua une dernière fois Severus qui s'éclipsa de la cuisine.
Au cours de la semaine, elle avait réussit à tisser un lien incertain avec l'homme, qui se montrait aussi bien sombre et désagréable qu'humoristique parfois. Il fallait se faire à son humour qui parfois était simplement cynique. Mais elle voyait comment l'approcher à présent.
Elle se laissa aller contre le dossier du siège en baillant, pensant à la journée d'action qui l'attendait le lendemain. Dumbledore était passé dans la matinée pour voir si tout était au point, et leur avait indiquer une heure précise à laquelle il voulait les trouver au quartier général, pour un rapport et s'assurer qu'ils étaient en un seul morceau.
Sirius entra dans la pièce, lui jeta un coup d'œil dédaigneux et s'assit en face d'elle, morose.
Depuis que Dumbledore l'avait consigné au 12 Square Grimmauld, il s'impliquait beaucoup plus activement dans les réunions de l'Ordre, mais paraissait devenir légèrement dépressif le reste du temps, captif dans cette grande maison qu'il semblait profondément haïr.
Sirius agita sa baguette et fit apparaître une bouteille de whisky pur feu et deux verres.
« Tu bois avec moi ? » lui demanda-t-il.
Pearl secoua la tête, étouffant un nouveau bâillement.
« Non merci. Je préfère éviter de tomber dans le piège du premier verre qui se multiplie très rapidement. Demain soir si tu veux. »
Il acquiesça. Et but une gorgé de son verre.
« Si Snape ne t'a pas tuée au cours de votre mission. »
Elle éclata de rire avant de voir que Sirius semblait plutôt sérieux dans sa déclaration.
« Allez, Sirius, arrêtte un peu. Beaucoup ont l'air de ne pas lui faire confiance mais... »
« C'est un ancien Mangemort, Pearl. On a de bonnes raison de ne pas lui faire entièrement confiance. Qu'est ce qui te fait dire qu'il ne retournera pas son immonde veste de graisseux et te laisserai tomber au premier problème rencontré demain ? »
« Excuse moi mais si je commence à réfléchir comme ça maintenant, ce n'est pas la peine de faire équipe avec qui que ce soit. Et s'il n'était pas de notre côté, pourquoi Dumbledore lui ferait confiance ? Crois tu vraiment qu'il confirait la tache importante d'espion à quelqu'un envers qui il n'est pas sûr ? »
Sirius reposa son verre et la foudroya du regard.
« Dumbledore accorde sa confiance à beaucoup de personnes... »
« Oui, peut être, mais il ne jouerait pas avec la vie de nous tous ici présents, en confiant cette tâche à n'importe qui. Il n'est pas négligeant, surtout en ce qui concerne Voldemort. Et Snape risque beaucoup en acceptant ce rôle là. »
« Mais justement ! »S'exclama -t-il, pointant un doigt sur elle. « Pour quelles raisons ferait-il une chose pareille, dis-moi ? Pour quelles raisons, il aurait quitté soudainement Voldemort, et risquerait à présent sa vie contre un gars qui, de son côté, était la meilleure protection qu'il pouvait avoir. Contre lui, c'est la mort. Quelle foutue bonne raison tu peux me donner à ça ? »
Pearl garda le silence, fixant la table, réfléchissant.
« Ce n'est pas moi qui peut répondre à cette question, Sirius. Mais pour convaincre Dumbledore lui-même, ne crois tu pas que ses raisons sont solides ? »
Sirius secoua la tête en émettant un son impatient et se laissa aller contre le dossier de sa chaise, son verre à la main.
Pearl se leva et se dirigea vers la porte de la cuisine, dans l'intention d'aller se coucher, quand la voix de Sirius lui parvint.
« Ce gars a toujours adoré la magie noire, Pearleen. Déjà à Poudlard... Enfin, méfie toi de lui, et surveille tes arrières en sa présence, c'est tout ce que je te conseille. »
« Bonne nuit. » lui répondit-elle avant de disparaître dans le couloir où les têtes décapitées des elfes de maison l'accompagnèrent jusqu'à sa chambre.
