Bonjour ! Nos Bronzes Omega sont attachants, n'est-ce pas ? De jeunes ados, enfin insouciants et presque normaux pour quelques heures... Mais n'ont-ils pas pris un gros risque en baissant ainsi leur garde ? J'espère que ce chapitre vous plaira !
Comme toujours, merci pour les fav, follow et review (je réponds à ces dernières par MP) et bonne lecture !
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Finalement, Yuna n'eut pas grand mal à camoufler sa découverte à ses compagnons : Soma comme Koga s'enivraient trop de leur insouciance de quelques heures pour remarquer la légère gêne de leur amie. Contaminés par leur bonne humeur, Ryuho et la jeune fille reléguèrent cet incident, trop heureux de s'en débarrasser à si bon compte, et se concentrèrent avec plaisir sur la discussion générale autour du dîner. La compagnie soupait sciemment en début de soirée afin de profiter d'un dernier repas avec Nathalie. Pour l'occasion, ils avaient sorti la table sur la terrasse, profitant du soleil estival déclinant. Sentant l'instant de la séparation proche, chacun des invités redoublait d'effort pour remercier leur hôte, qui les taquinait gentiment.
- Si jamais vous avez à nouveau besoin d'aide, vous pourrez revenir ici.
- J'ai vu que vous aviez enregistré un numéro dans les téléphones que vous nous avez donné, c'est le vôtre ? demanda Yuna.
Nathalie acquiesça.
- En dernier recours, envoyez moi un texto, ne m'appelez pas. Je verrais ce que je peux faire.
- On ne veut pas te causer d'ennui, répliqua Ryuho en secouant la tête.
- C'est notre guerre, après tout, ajouta Soma. Vous avez déjà assez donné.
La vétérante ne put retenir un sourire empreint de fierté pour cette jeune compagnie.
- J'espère que vous n'aurez jamais besoin de me contacter.
Nathalie se tourna vers Koga, prête à poursuivre, mais elle pivota brusquement la tête vers l'intérieur des terres. Aria, très sensible aux variations de cosmoénergie, poussa un cri de terreur, alors que ses compagnons se levaient de leurs chaises, alarmés eux aussi par ce qu'ils ressentaient. Ils échangèrent un regard tendu, sérieux comme la mort, le cœur battant la chamade : trois cosmos s'approchaient rapidement. La vétérante leur jeta un coup d'œil entendu.
- Mettez vos Armures.
Ce fut l'affaire d'un instant. Chaque Chevalier portait en bijou un cristal ou une pierre précieuse, renfermant sa protection mythologique. Soma, retrouvant rapidement son sang-froid, attrapa résolument le sien monté sur un bracelet de métal, et revêtit le premier sa Clothstone, brillant d'un éclat de feu. Ses compagnons suivirent son exemple, galvanisés par l'assurance et la rapidité du jeune rouquin. Nathalie ne put s'empêcher de détailler curieusement ces Armures qu'elle contemplait pour la première fois sous leur nouvelle forme. Plus souples, plus couvrantes, ornées de verreries colorées évoquant leur forme de cristal, ces protections semblaient parfaitement épouser les formes et les mouvements de leur porteurs. Chacune évoquait toujours avec autant de justesse sa constellation, et seule l'Armure de l'Aigle avait réellement changé, protégeant et camouflant davantage son Chevalier. Nathalie sourit dans l'écrin de son foulard coloré, semblant réconfortée à l'idée de côtoyer à nouveau les Armures de Pégase et du Dragon, assez semblables aux précédentes.
Ryuho balayait l'horizon des yeux avec inquiétude, et repéra trois silhouettes, déjà à portées de vue. Il grinça des dents : il aurait préféré qu'aucun ennemi n'aperçoive Nathalie afin de protéger sa retraite. Si la localisation du Chevalier du Dauphin qui refusait l'autorité de Mars parvenait au Sanctuaire corrompu, elle serait exécutée sans état d'âme et sans moyen de répliquer. A défaut, il se plaça près d'elle, paré à la défendre. Instinctivement, Soma l'imita, tandis que Yuna et Koga entouraient Aria.
- On a encore le temps de se séparer et de permettre à Aria de s'enfuir, fit Koga en évaluant le terrain.
- Cela pourrait fonctionner s'ils n'y en avait qu'un, grogna Yuna entre ses dents. Face à trois ennemis, se séparer ne servira qu'à diviser nos forces.
- On est quatre, cela ne devrait pas poser de problème, lança résolument Soma.
Pourtant, il pressentait comme ses compagnons l'étendue de la cosmoénergie des arrivants, et serrait les poings convulsivement. C'était surement des Chevaliers d'Argent, et, malgré leurs progrès récents, il savait pertinemment que la victoire, si elle était possible, serait rude. Il inspira profondément, cherchant à calmer les battements désordonnés de son cœur, et se mit en garde. Cette position familière le rassurait et lui donnait du courage. Il jeta un regard de biais, et constata que ses amis calquaient leur attitude sur la sienne.
- Nathalie, tu les connais ? demanda Ryuho à voix basse.
La mâchoire de la vétérante se crispa dans l'Océan de son foulard bariolé.
- Les deux plus vieux. Ce sont des Chevaliers d'Argent.
Déjà les trois inconnus se trouvaient à portée de voix. C'était trois hommes de belle stature, déjà revêtus de leur rutilante protection de Chevalier. En tête marchait un individu à la musculature sèche qui jouait avec les chaines pendant à ses poignets, considérant le groupe des jeunes guerriers avec un sourire mauvais. Près de lui, une montagne de muscles dans une Armure vert-d'eau le dépassait d'une tête. L'une de ses larges épaules était coiffée d'un impressionnant bouclier sur lequel rayonnait une gemme de couleur fauve. En retrait les suivait posément un jeune homme aux courts cheveux de jais, se déplaçant sans bruit ni vanité dans un habit de métal argenté orné de rubis rougeoyants. Si les deux premiers avaient manifestement dépassé le cap des trente ans, le dernier semblait légèrement plus âgé que Soma, et n'avait probablement pas encore soufflé sa vingt-cinquième bougie.
L'homme de tête ricana en s'arrêtant face à la jeune compagnie.
- Nathalie du Dauphin, je ne pensais pas te revoir un jour ! lança-t-il vers la vétérante avec un rictus ironique.
- Sirrah de Céphée, salua-t-elle sobrement. Je vois que tu fais toujours équipe avec Hadar d'Hercules.
Le plus imposant de leurs adversaires répondit d'un signe de tête à cette salutation. Leur troisième compagnon fit un pas en avant.
- Je suis Sirius du Centaure. Honoré de rencontrer enfin le Légendaire Chevalier du Dauphin.
Sirrah lui jeta un regard courroucé, mais ne releva pas la politesse sincère avec laquelle son allié se présentait à la renégate.
- Je crois que tu sais pourquoi nous sommes là, Nathalie, reprit-il. Laisse-nous ramener Athéna au Sanctuaire.
Agacé de se voir ignorer ainsi par leurs ennemis qui ne prêtaient d'attention qu'à la vétérante, Soma s'avança, les dents serrés. Il ne se laisserait pas faire si facilement, et il leur rappellerait douloureusement que lui, Chevalier du Petit Lion, s'interposait encore devant eux.
- Pour la énième fois, Aria n'est pas Athéna, cracha-t-il.
- Vous devez le savoir, vous qui avez connu la véritable Athéna, Saori Kido, ajouta Nathalie.
- Elle est morte dans la deuxième attaque de Mars, grogna Hadar.
- C'est faux, s'écria Pégase. Je l'ai vu se faire enlever par Mars de mes yeux il y a quelques mois !
- Qu'est-ce que ça change ? siffla Sirrah. Saori Kido nous a abandonnés lors de sa défaite en quittant le Sanctuaire, tout comme toi, Nathalie, aboya-t-il.
Les traits de la jeune femme se crispèrent.
- Elle ne vous a abandonné ! répondit Yuna, révoltée.
- Alors pourquoi n'a-t-elle pas rendu l'Armure du Dauphin ? répliqua Hercules. Pourquoi n'est-elle pas restée au Sanctuaire comme chef militaire ?
- Tu as toujours été trop fière, Nathalie, lâcha Céphée en reniflant dédaigneusement. Tu étais trop blessée dans ton amour propre d'avoir perdu ta voix.
Il ricana.
- Et la seule échappatoire que tu as pu trouver pour soulager ton égo détruit, c'est la drogue. Quelle Légende en effet !
Yuna et Ryuho échangèrent un regard crispé avant de guetter la réaction de leurs amis. Nathalie gardait les poings serrés, la mâchoire contractée, les sourcils froncés, mais ne démentait pas. Koga et Soma la dévisageaient sans comprendre cette dernière accusation, ne sachant s'ils devaient y donner foi. Sentant le poids du regard interrogateur de ses alliés, la jeune femme pâlit, et avec un violent effort confirma d'un signe de tête, ses yeux soudain devenus honteux se réfugiant dans la forteresse de son cache nez.
Céphée ne put retenir un éclat de rire devant la tête médusée des jeunes guerriers.
- Geki de l'Ours aime bien raconter le beau côté de l'Histoire des Six Légendaires aux Chevaliers de Bronze de la Palestre, mais pas révéler la face cachée de ses idoles !
- Ca suffit !
Le Centaure refoula ses alliés d'un geste rageur, qui se calmèrent aussitôt, penauds.
- Nous sommes ici pour une mission, pas pour un lynchage, lança-t-il sévèrement.
Ce bref répit permit aux jeunes Chevaliers d'assimiler ces révélations et de décider leur ligne de conduite. Koga grinça des dents : la manière dont Nathalie soulageait ses insupportables douleurs lui importait peu. Soma acquiesça : droguée ou non, Nathalie continuait de défendre la cause de la véritable Athéna, et pour cette raison valait mieux que les larbins prétentieux de Mars. Echangeant un bref regard avec Ryuho et Yuna, ils raffermirent leur position, et la vétérante se détendit quelque peu.
- On ne vous laissera pas emmener Aria, lança résolument Yuna.
- Vous pensez vraiment pouvoir nous résister, Chevaliers de Bronze ? répliqua Céphée avec un sourire goguenard.
- Je ne me fais pas trop de soucis, Sirrah, lança Nathalie d'une voix acérée. J'ai vu Shun t'entraîner : il a été bien gentil de te donner l'Armure de son propre Maître.
Le Chevalier poussa un juron.
- Depuis treize ans tu n'as pas idée des progrès que j'ai pu faire !
Il arma son bras, enflammant brusquement son cosmos pour lancer une attaque. Ryuho et Soma s'interposèrent aussitôt, prêts à encaisser de toute la résistance de leur protection. A leur grande surprise, le coup ne vint pas : Sirius du Centaure avait intercepté net la chaine de Sirrah lancée à pleine vitesse.
- N'as-tu donc aucun honneur pour attaquer un adversaire incapable de se battre ? siffla-t-il entre ses dents, hors de lui.
Il serra la main de son allié jusqu'à ce que celui-ci pousse un cri de douleur, et le rejeta loin de lui.
- N'oublie pas que les Six Légendaires ne peuvent plus utiliser leur cosmos, lâcha-t-il en le surplombant de son ombre.
- Pourtant Miguel des Chiens de Chasses est mort par la faute de Shun d'Andromède, répliqua l'autre avec un regard mauvais en massant ses doigts. Il ne faut pas les sous-estimer.
- Ce n'est pas le Chevalier du Dauphin que vous allez affronter, intervint Koga en s'avançant résolument. Vous devrez d'abord avoir affaire à nous.
Sirius se retourna vers lui, et jaugea du regard la compagnie qui se mettait résolument en garde.
- Sirrah, Hadar, je vous laisse vous en charger, lâcha-t-il en se retournant.
- Deux chacun, cela me parait honnête pour s'amuser, sourit Hercules en faisant craquer ses poings.
Soma lâcha un juron entre ses dents, la rage au cœur. Il allait lui faire ravaler sa fierté ! Il lança aussitôt la première offensive, au grand amusement des Chevaliers d'Argent. Koga se jeta quant à lui sur le Chevalier de Céphée, prêt à en découdre. Ryuho et Yuna se rapprochèrent d'Aria et de Nathalie, les défendant de leurs corps et analysant la technique de leurs adversaires.
Nathalie elle aussi dévorait des yeux les attaques des uns et des autres : si Soma et Koga préféraient le corps à corps, ils n'hésitaient pas à utiliser des attaques basés sur leur cosmos et leurs éléments. De l'autre côté du champ de bataille, Sirius du Centaure observait de même. Le Petit Lion fendait par de puissantes flammes les vagues de terre envoyées par Hercules, tandis que les coups de Pégase pleuvaient comme des météores de lumière sur Céphée se protégeant de ses chaines. Cependant, dès les premiers échanges de coups, la supériorité de leurs adversaires devint évidente.
- Allez les aider, lança Nathalie. Je veillerai sur Aria.
Ryuho se retourna avec inquiétude vers elle, mais comprit à son air déterminé qu'il n'aurait pas la force de la contredire. Il avala sa salive : il ne se pardonnerait jamais si la blessure de Nathalie faite par Mars venait à s'étendre par sa faute.
- Sois prudente. On va se débrouiller, lui lança-t-il avant de se lancer dans la bataille, suivi de Yuna.
Effrayée de se retrouver si seule, Aria saisit aussitôt le bras de Nathalie, qui passa sa main dans son dos pour la rassurer. La jeune fille chercha un soutien supplémentaire sur le visage de son aînée, mais, la voyant concentrée, dû se contenter de la caresse chaude d'une extrémité de son écharpe bariolée. Elle parcourut de ses grands yeux apeurés la scène. Elle avait été peu habituée à la violence depuis son enfance, et vivait toujours comme un supplice ces temps de combat. De plus, la peur de voir ses amis se sacrifier pour elle saisissait toujours ses entrailles avec autant de brutalité.
Elle sentit enfin Nathalie tressaillir quand l'un de ses alliés fut violemment projeté à terre. Il n'y avait pas de temps à perdre.
- J'emmène Aria à l'intérieur, lança-t-elle à la cantonade. Nous revenons.
- Tu crois peut-être qu'on va te croire, cracha Sirrah en étalant Yuna d'un coup de poing.
Nathalie, qui marchait déjà vers la porte, tourna un visage menaçant vers lui. Ses prunelles s'allumèrent d'un éclat féroce, perçant d'un trait de feu les cheveux que la brise rabattait sur ses joues.
- Tu mets ma parole en doute, Chevalier de Céphée ? feula-t-elle.
Son adversaire marqua un temps d'arrêt, cherchant sa réponse et hésitant devant cette frêle et inquiétante silhouette plantée comme un mât de misaine auquel flottait l'étendard de son foulard chamarré.
- Moi je me porte garant, intervint majestueusement Sirius depuis le camp adverse. Allez-y.
- Tu me le payeras si elles s'enfuient, cracha Hercules, avant d'asséner un violent coup à Soma.
Déjà Nathalie et Aria avaient passé le seuil, remportant la table par la même occasion. A peine le battant se fut-il refermé que Nathalie quitta son apparente tranquillité, et s'affaira à préparer les affaires de ses invités. Aria la contempla un instant, terrifiée : ses traits étaient durs comme lors de leur première rencontre, ses gestes rapides sans être précipités, ses mouvements saccadées sans être fiévreux. Une explosion de cosmos plus violente que les autres ramena son attention à l'extérieur de la maison, et elle suivit avec plus d'angoisse que jamais la bataille, s'approchant de la fenêtre. Voyant ses amis en difficulté, elle ne put retenir un cri, et des larmes de terreur lui montèrent aux yeux. Une main ferme agrippa son épaule et l'attira au centre de la pièce.
- Il va falloir que tu te calmes, Aria, lâcha durement Nathalie.
Elle la traina vers les sacs de voyage, et en sorti une carte.
- Si jamais vous ratez le bus, vous devrez vous rendre ici, poursuivit-elle en indiquant un point de la carte. Vous pourrez facilement vous mêler aux touristes, et trouver une auberge de jeunesse pour attendre le prochain départ, demain soir.
Cependant, la jeune fille n'écoutait pas. Ses yeux humides vagabondaient vers la porte, et l'angoisse la faisait hoqueter. Nathalie resserra sa poigne jusqu'à lui tirer un cri de douleur.
- Tu seras peut-être la seule encore valide, reprit-elle. C'est toi qui va devoir les guider et les soigner. Tu leur dois bien ça.
La plus jeune laissa échapper un sanglot.
- Je ne veux pas qu'ils meurent...
Nathalie soupira, et abandonnant son air sévère, elle s'agenouilla devant cette enfant apeurée. Elle capta son attention, et l'enferma dans l'univers de son regard, dont les seules limites étaient les contours cotonneux de son écharpe.
- Aria, je ne le permettrai pas. Alors concentre-toi sur ce que tu as à faire.
Déjà elle se relevait, et reprenait son tourbillon d'organisation. Sa jeune protégée secoua la tête, comme sonnée : il lui semblait avoir entraperçut dans les prunelles noisettes de la vétérante l'éclat d'un cosmos doux, usé, fatigué ; par ailleurs, elle ne put s'empêcher de remarquer que la boiterie de son hôte s'accentuait. Intriguée, elle se concentra sur les explications de Nathalie, s'efforçant de graver chaque détail dans sa mémoire. Elle frissonnait, peu rassurée à l'idée de devoir porter tant de responsabilités, mais la fougue avec laquelle ses amis se battaient non loin pour elle lui donnait du cœur. Elle s'appliqua à mémoriser le contenu de chaque sac ainsi que les horaires de transports en commun, tandis que Nathalie rassemblait quelques provisions.
Dès qu'elle eut parchevé les sacs de voyage, la jeune femme glissa une main sur le divan où elle avait dormi, et en tira deux lourdes caisses. D'un geste habituel, elle dressa un pied à perfusion, et prépara trois poches de soluté qu'elle suspendit. Elle arrangea également plusieurs rangées de matériel médical sur la table basse dans un silence de mort. Manifestement, elle était en proie à un violent débat intérieur, et ses gestes devinrent malhabiles, reprenant cent fois la même tâche, cassant même un flacon. Son regard revenait sans cesse sur ses mains et son poignet gauche. Elle se leva plusieurs fois, mais, apercevant une nouvelle tâche, repoussait avec une réelle réticence ce qui la préoccupait. Cependant, avec un profond soupir, elle finit par céder et monta lentement les marches jusqu'à l'étage. Elle en revint avec une petite boite de fer blanc poussiéreuse, qu'elle déposa religieusement sur son plan de travail, où elle s'assit en se nattant résolument les cheveux.
Aria l'observait sans comprendre. Malgré la peur qui l'étreignait, elle s'approcha de la vétérante. Celle-ci, la tête entre ses mains, regardait fixement le tatouage qui marquait son poignet gauche. Il gravait dans sa chair un véritable jalon de sa vie, la promesse qu'elle s'était faite peu de temps après s'être installée en Afrique. Tirée de ses pensées par le pas léger de la jeune fille, elle se tourna vers elle et la considéra pensivement.
- Vous allez les protéger, n'est-ce pas ? murmura-t-elle.
Nathalie poussa un long soupir, et posa sa main sur son épaule.
- Je vais essayer, mais je ne serais pas toujours là. C'est à toi de le faire, Aria.
Un sanglot étreignit la gorge de la cadette.
- Je ne sais pas me battre...
- A ce que j'ai compris, tu as mieux que ça, répondit doucement Nathalie. Si tu as un cosmos suffisamment puissant pour te faire passer pour Athéna, il faut que tu t'en serves.
- Je ne sais pas... gémit l'autre.
- Ce n'est pas comme ça que ça marche, répliqua-t-elle sèchement. Ta cosmoénergie augmente avec ta volonté de changer les choses. Si tu le veux, ton cosmos te permettra d'atteindre tes objectifs ; alors arrête de geindre et remonte toi les manches. Tu veux aider Koga et les autres ou non ?
Aria acquiesça en essuyant ses larmes. Nathalie esquissa un sourire satisfait, et avec une grande inspiration, sans un regard pour le motif sombre de son poignet dont elle brisait le serment, elle releva le couvercle usé de sa boite.
La force des anciennes habitudes donna de l'assurance à ses gestes quand elle posa son garrot, remplit sa seringue et s'injecta le précieux liquide translucide dans une veine.
Nathalie ferma les yeux quelques instants, compléta avec deux cachets à diffusion lente, et se leva résolument, réarrangeant d'une main distraite son cache-nez. Aria la suivit de près lorsqu'elle sortit de la maison, et ne put retenir un cri en découvrant le champ de bataille. Seul se dressait encore Sirrah de Céphée, soufflant bruyamment, épuisé. Non loin gisait le cadavre d'Hercules, terrassé par les Chevaliers de Bronzes. A terre, Koga, Soma, Yuna et Ryuho gémissaient, encore en vie. Le Centaure était toujours immobile à la même place, les bras croisés, observant la scène.
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Merci d'avoir lu, et à la semaine prochaine !
