Comme promis, le dernier chapitre de cette aventure. Les Bronzes Omega partis, qui reste-il ? Personne, sinon les épaves...Encore une fois, merci pour toutes les review et pour tous les fav, et bonne lecture !

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Lorsque le taxi arriva enfin en vue de sa destination, Hyoga jeta impatiemment son dû au conducteur, et jaillit hors de la voiture. Indifférent à la brise chargée d'embruns et au ressac tendre des vagues, le jeune homme se focalisa sur son septième sens, avant de pousser un soupir de soulagement. Faible et pulsant lentement, la cosmoénergie de Nathalie scintillait encore.

Le vétéran passa sa main calleuse dans sa chevelure blonde : bien que coupées courtes, ses mèches de cendre commençaient à prendre de la longueur et à s'organiser en épis, à l'instar du duvet mal entretenu qui soulignait sa mâchoire carrée. Il remontait par ailleurs jusqu'à ses pommettes saillantes, encadrant avec une légère dissymétrie un nez coupé au couteau. Sous les traits bruts de ses sourcils froncés d'inquiétude, son regard d'acier balaya la crique, intrigué de percevoir un deuxième cosmos. La trille désespérée d'une litanie s'étirant depuis la veille parvint à son oreille, l'appelant de son nom, et le Cygne reconnu le compagnon de sa vieille amie. Il s'avança sur la jetée et repéra le Dauphin à quelques encablures, immobile comme une statue de pierre dans le ballet incessant de ses semblables.

- Hyoga du Cygne, béni sois-tu, soupiratil. Ma sœur est si faible...

- Est-ce que c'est vrai que le Sanctuaire l'a retrouvée ? demanda l'autre brusquement après un bref salut de la tête.

Le Dauphin acquiesça tristement.

- Ma sœur a accueilli de jeunes Chevaliers de Bronze, poursuivis par des Chevaliers d'Argent. Elle a dû se battre. Leurs adversaires sont tombés au combat.

Hyoga lâcha un juron : Shun, puis Nathalie, l'un comme l'autre ne pouvait pas s'empêcher de se mêler de cette Guerre Civile. Il se figea lorsque son interlocuteur cita les noms de Ryuho du Dragon et de Koga de Pégase, et porta la main à son Armure, pendue à son cou. Grinçant des dents, il salua le Dauphin, et se dirigea rapidement vers la porte d'entrée.

L'odeur âcre de l'urine et de la transpiration le saisit à la gorge à l'instant où il passa le seuil. Il s'arrêta, fouillant de ses yeux peu habitués à l'obscurité la moiteur tropicale de la pièce. Au fond de la salle, les mouches grouillaient sur la table encore mise et les restes qui y gisaient. La boue et le sable maculaient le sol d'un tapis glissant et sombre, où se dressait comme un totem un lourd pied à perfusion. Attachée à ce mât planté sur cette tempête malsaine, une forme gisait, recroquevillée sur le divan comme un coquillage sur un récif.

Hyoga, abandonnant ses affaires, s'approcha, la secoua doucement par l'épaule. Emergeant d'un tourbillon de cheveux poisseux et de son écharpe chiffonnée, la face pâle et usée de Nathalie leva vers lui ses yeux délavés. Malgré la léthargie dans laquelle la plongeaient ses doses astronomiques de morphine, une faible étincelle de joie s'y alluma lorsque son esprit embrumé reconnu le visage de son vieil ami.

- Yob tvaïou mat'* Nath', regarde dans quel état tu t'es encore mise... murmura le Russe.

Repoussant d'un geste la couverture, il la saisit entre ses bras, et souleva sans peine cette silhouette amaigrie par la douleur. Sa mâchoire se crispa lorsque sa propre plaie de Mars, dévorant son flanc gauche, rencontra celle de Nathalie et entra en résonnance avec elle. Cependant, sans daigner prêter attention à la souffrance qui tordait à présent ses entrailles, il la porta sans difficulté à la salle d'eau du rez de chaussée, où Soma et Koga s'étaient douchés l'avant-veille. Il fit couler l'eau chaude, et sans sourciller déshabilla le corps frêle de son amie. Il se rembrunit au fur et à mesure que son regard averti découvrait l'ampleur de la blessure mythologique, dévorant presque l'intégralité de son tronc et attaquant pas moins de trois de ses membres. Retirant lui-même son haut, il entreprit de laver minutieusement la blessée.

Nathalie, épuisée, se laissait bercer, les yeux demi-fermés, savourant la caresse de l'eau tiède sur ses muscles meurtris. Un intense sentiment de sécurité la saisit, la tirant de son apathie, et elle releva ses prunelles vers son compagnon d'arme. A l'exact opposé d'elle-même, le Cygne avait gardé l'imposante musculature de sa jeunesse, jouant sans peine sous sa peau criblée par le blizzard russe. Sur son pectoral gauche s'étalait un crucifix richement ouvragé, gravé à l'encre noire le même jour que le dragon de sa propre nuque. Ils avaient à l'époque décidé ensemble de marquer à jamais leur corps, sur un coup de tête, peu de temps avant l'une de leurs batailles : ils ignoraient alors combien de temps il leur restait à vivre. De minces traits courraient le long de son torse et de ses membres, vestiges des cicatrices que leurs guerres avaient burinées dans sa chair. L'une d'entre elles barrait son sourcil gauche, seul souvenir de l'œil qu'il s'était presque arraché de ses propres mains lors de leurs exploits à Atlantis. Son regard était sérieux, dur, concentré : il ruminait manifestement son inquiétude pour l'état de son amie. La jeune brune sourit, touchée par la préoccupation de celui qui avait combattu si longtemps à ses côtés. Hyoga veillait particulièrement sur elle depuis le départ de Shun, désarmant avec ruse toutes les protestations de son orgueil.

Soudainement tirée de ses pensées, la blessée eut un mouvement de retrait quand les mains rugueuses de son soigneur manipulèrent sa jambe droite, la plus douloureuse. Avec un sourire narquois, elle enfonça légèrement son doigt dans le flanc blessé de son ami, qui s'écarta en grimaçant de douleur.

- Ne commence pas à jouer à ça, lança-t-il avec un rire complice, heureux de la sentir éveillée. J'ai beaucoup plus de surface à attaquer que toi !

Arrêtant un instant sa fastidieuse tâche, Hyoga contempla cette femme qui avait croisé son chemin si tôt dans sa vie, et dont la destinée était si proche de la sienne. Oubliant son aspect frêle et ses traits tirés de fatigue, il l'aperçut telle qu'elle lui avait toujours semblée : une jeune battante espiègle et fière avec qui il avait partagé de nombreuses épreuves et de nombreux plaisirs depuis l'adolescence. Cependant, le sourire malicieux de cette femme s'évanouit, effaçant cette fugace vision colorée pour révéler la terne réalité : Nathalie était épuisée, brisée, vieillie prématurément. Ses prunelles noisette se posèrent tristement sur la plaie de son ami qu'elle avait réactivé sans le vouloir, et elle poussa un soupir à fendre l'âme.

- Ne t'en fais pas, ce n'est pas grand-chose, tenta-t-il de la rassurer maladroitement.

La blessée releva son regard vers lui, et signa lentement.

Hyoga comprenait peu la langue des signes, mais la traduction lui vint naturellement.

Merci.

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Près de deux semaines plus tard, Shun posait enfin le pied sur la terrasse de pierre.

Il avait pourtant tout abandonné en recevant le télégramme de Hyoga, reçu sept jours après son émission, avait rapidement rassemblé ses affaires, et était parti à pied le lendemain pour la ville voisine à trois jours de voyage, où il avait pu attraper la navette bihebdomadaire conduisant à l'aéroport en deux jours. Il avait dû glisser quelques billets pour monter dans le premier avion pour l'Occident, puis chercher une correspondance le ramenant enfin chez lui.

Le jeune homme posa tristement son regard sur sa maison battue par les vents et la crique calme où dansait encore le troupeau de dauphins. Il ferma les yeux, focalisant son attention angoissée sur le cosmos de sa femme, pulsant lentement mais régulièrement, ainsi que sur le cosmos de leur ami tout proche. La brise salée se mêla à ses cheveux, et le parfum bien connu de l'Océan apaisa son cœur. Le bruit de la porte retentit, le tirant de ses pensées, et Hyoga s'approcha.

- Bienvenue chez toi, mon vieux, lança-t-il sans entrain.

- Merci d'être venu aussi vite, répondit l'autre avec un sourire penaud.

Le silence s'installa tandis que les deux vieux amis se fixaient du regard, la mine aussi défaite et inquiète l'un que l'autre. Les cheveux sales ramenés distraitement en chignon encadraient les traits fins de Shun, dont le teint laiteux avait été brulé par le soleil africain. Si le temps avait dessiné plus nettement sa mâchoire, ses pommettes hautes, son nez droit et ses lèvres minces le rajeunissaient de quelques années. Son menton imberbe était garni de quelques poils rachitiques, témoin du train de vie précaire qu'il avait mené ces dernières semaines. Percé dans ce visage éternellement juvénile comme deux lacs de montagne, ses yeux d'émeraude brillaient d'anxiété sous le trait fin de leurs sourcils. D'ordinaire, la simple et éclatante lumière de ceux qui donnent leur vie au service des autres ruisselait de ses prunelles changeantes, illuminant son visage ravagé par plusieurs années de préoccupation. Cependant, l'angoisse avait mouché cette étincelle, plongeant sa physionomie dans une sombre appréhension.

- Comment va Nath' ? reprit-il.

- Elle ne décompense pas, répondit-il laconiquement.

Hyoga posa son regard sur le bras gauche de son ami, et il se rembrunit : la plaie de Mars avait gagné du terrain, grignotant sa paume. Il tenta de deviner jusqu'où elle remontait à présent, parcourant des yeux la musculature fine et efficace de son ami, mais ne put y parvenir.

- Elle a reçu la même visite que toi. Tu la connais, ta fille galère, vous êtes pareils : quand elle a été obligée de se battre, elle n'y est pas allée à moitié.

- Koga et Ryuho sont passé ici ? s'étonna l'autre.

- Avec l'Aigle, le Petit Lion et leur protégée, il paraît.

Shun baissa les yeux sur sa main blessée.

- Et Nath' a ralenti leur mort, n'est-ce pas ?

Hyoga acquiesça, et hésita avant de compléter.

- Elle a chanté.

Son ami redressa brusquement la tête, alarmé. Oubliant soudain la présence de son ami, il se dirigea vers la maison, pâle comme la mort. Respectant sa détresse, Hyoga le laissa passer sans le suivre.

Lorsque Shun pénétra dans la pièce à vivre, elle était éclairée par la lumière tamisée du jour filtrant par les fenêtres. Le salon était rangé, tout au plus une légère odeur de renfermé flottait dans la salle. Aligné contre le mur, le pied à perfusion soutenant des poches de soluté prêtes à être utilisées. Le canapé perpendiculaire au divan de Nathalie avait été aménagé en couche de fortune par Hyoga. A ses pieds, une caisse pleine de cannettes de vodka vides. Un simple regard suffit à Shun pour évaluer la consommation de son ami, et il soupira en se rappelant que sa plaie avait dû rentrer en résonnance avec celle de la blessée : le Russe buvait volontiers pour chasser ses douleurs.

Allongée sur son divan, la tête perdue dans quelques oreillers émergeant de la double protection d'un foulard foncé et d'une couverture propre, Nathalie tournait le dos à la pièce. Le cœur battant, Shun s'accroupit au chevet de son épouse épuisée, et lui caressa doucement les cheveux. Tirée de son demi-sommeil, elle tourna lentement la tête, encore embrumée de la somnolence sans rêve de sa morphine. Elle ne reconnut pas de suite le visage de son époux, et bascula complétement vers lui, avant qu'un éclair de bonheur n'illumine ses prunelles usées. Il saisit ses doigts, qu'il embrassa passionnément.

- Maintenant je suis là, Khüba*, murmura-t-il.

L'Armure d'Andromède, pressentant la présence de son porteur, miroita doucement, et sinua lentement jusqu'au poignet du jeune homme. Savourant un instant le contact familier de sa protectrice, il détacha à son tour l'anneau pendant à son cou, et le passa tendrement à l'annuaire gauche de son épouse. Nathalie posa son regard sur les mains de son mari, et leva un regard anxieux en découvrant le terrain gagné par sa plaie sur sa paume.

- Ce n'est rien, ça s'arrête à l'épaule, lui glissa-t-il d'une voix rassurante.

Shun repoussa doucement la couverture qui gênait la blessée, et se figea : il venait d'apercevoir l'épaule gauche de sa femme, dévorée par la marque de Mars. En un instant, il évalua la surface atteinte, devina que son tronc était ravagé, soupesa la précarité de la santé de la jeune femme.

Alors, ses yeux humides du soulagement de retrouver son épouse en vie s'inondèrent de la détresse de la découvrir aussi atteinte, et, enfouissant son visage au creux de la couverture, il pleura longuement.

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Hyoga apporta les tasses de café fumantes, et s'attabla face à Shun, la tête fiévreuse soutenue entre ses mains. Andromède soupira, et, se détirant, remercia son ami d'un sourire. Il attrapa le gobelet brulant, et se perdit dans la contemplation du liquide noir comme la nuit, jouant distraitement avec sa chaine qui encerclait son poignet.

- Qu'est-ce que tu vas faire, maintenant ? demanda le Russe en brisant le silence résigné.

L'autre soupira.

- Hors de question que je retourne à Gâma. Je vais peut-être reprendre mon activité au cabinet libéral, ou alors demander un mi-temps dans un labo d'analyse, je n'en sais rien.

Il glissa un regard vers le salon, où dormait son épouse.

- Je ne vais peut-être pas reprendre tout de suite, on a quelques économies.

Hyoga secoua la tête.

- Nath' en a donné une bonne partie à Ryuho.

- Elle a bien fait, acquiesça l'autre avec lassitude.

Il se replongea dans son mutisme, fixant son breuvage sans le boire.

- Et pour Aliolia ? reprit le blond. Tu vas le laisser chez Marthe ?

Shun secoua la tête. Nathalie avait confié leur fils à la doyenne des bohémiens qui vivait non loin, avec qui ils s'étaient liés d'amitié et à qui ils avaient rendus de nombreux services. Aliolia la considérait presque comme sa grand-mère, et Shun savait que la fierté et le code de l'honneur gitan pousserait la vieille femme à se priver pour subvenir aux besoins du petit. Cependant, il ne voulait pas abuser de son hospitalité.

- J'irai le chercher bientôt.

Entre les lignes, Hyoga devinait parfaitement que son ami avait d'abord besoin d'accepter lui-même l'état de son épouse avant d'y exposer son fils.

- En tout cas, merci d'être venu aussi rapidement, reprit Shun avec un regard reconnaissant. C'est grâce à toi que Nath' est encore en vie.

- Tu sous estimes la ténacité de ta fille galère, ricana le blond. Il faudra juste que tu trouves de la morphine, elle a bientôt épuisé son stock, ajouta-t-il d'un air sombre.

Shun détourna le regard : il avait presque oublié que sa femme avait recommencé à s'injecter le produit en intraveineux, rechutant après tant d'années à se contenter de cachets oraux.

- Merci, répéta Shun tristement. Je suis désolé que tu aies du rester ici aussi longtemps.

Hyoga soupira avec exaspération, et siffla d'une traite son café.

- Donc, c'est ça la suite du programme ? Tu deviens l'infirmier de ta femme, tu la regardes se maintenir dans cet état, tu t'occupes de ton fils tout seul et je rentre en Russie ?

L'autre baissa la tête. Il savait que son ami lui jetait à la figure ces mots blessants afin piquer au vif sa motivation, mais il n'avait pas le courage de répliquer. Cette dernière épreuve de la vie était encore trop récente, la plaie encore trop à vif, et il n'avait ni l'envie et la force de sortir si tôt de son abattement. Le Russe attendit encore quelques instants la rebuffade, puis s'appuya au dossier de sa chaise avec un soupir. Après un instant, il se pencha en avant, captant l'attention fatiguée de son ami.

- Shun, c'est hors de question que je rentre en Russie alors que le Sanctuaire peut vous retrouver, Nath' et toi, articula-t-il, sérieux comme la mort.

Shun garda un instant le silence, stupéfait, avant de protester. Sans l'écouter, le Russe se leva, se dirigea vers le frigo et se choisit une dose de vodka fraiche. Il en but une longue rasade avant de s'appuyer sur le plan de travail, haussant négligemment les épaules.

- Ce n'est pas négociable et tu le sais, lâcha-t-il en portant de nouveau le breuvage à ses lèvres.

- Tu n'es pas obligé, Hyoga.

- Non, c'est vrai, mais ça ne va pas m'empêcher de le faire, lança-t-il. Vous auriez fait pareil pour moi, non ?

- Comme pour chacun des Bronzes, admit l'autre à contre-cœur.

Hyoga ricana, avant d'écraser sa canette déjà vide. Shun se rembrunit : son ami était aussi dépendant de son alcool que son épouse de sa morphine, et il se savait impuissant à chasser leur vieux démon. Sans doute le Russe avait encore augmenté sa dose quotidienne depuis ce nouveau revers du destin. L'autre dût deviner le sujet de sa préoccupation, car son regard s'égara sur sa boisson si vite avalée, le plongeant dans les méandres de ses pensées.

- De toute façon, on le savait qu'on ne sortirait jamais de la Chevalerie. On a ça dans le sang.

Andromède sourit. Même si lui-même préférait soigner que blesser, il savait que s'il ne participait pas aux combats pour ses idéaux, personne ne le ferait. Cette seule raison le poussait à embrasser sa destinée sans regret.

- Je ne crois pas que reprendre du service te déplairait pourtant, lança-t-il en riant à son ami.

Le Cygne s'ébroua, et bouscula gentiment son compagnon d'arme.

- Disons que cela me manquait un peu de ne plus vous sauver la peau !

- Tu as de la chance que Nathalie ne t'entende pas, répliqua l'autre avec un clin d'œil.

Shun but la dernière gorgée de son café, le cœur soudain plus léger. Il pressentait toujours –à juste titre- que les semaines suivantes seraient éprouvantes pour Nathalie comme pour lui. Cependant, la présence de leur ami à leurs côtés dans leurs heures sombres serait une lueur de soulagement, à l'image de ce qu'elle avait été durant leurs jeunes et terribles années de guerre et de drames.

Après treize ans à tenter de se tracer une nouvelle voie loin de leurs Armures, Andromède, le Dauphin et le Cygne se retrouvaient malgré tout.

Fin

En russe dans le texte

Traduction : jolie

Ce fut un plaisir d'écrire cette aventure et de la partager avec vous. Merci à tous de l'avoir suivie jusqu'au bout !

(Vous en voulez encore ? La semaine prochaine sera publié un OS psychologique sur Nathalie, Shun et Hyoga, Descente. En espérant vous y retrouver, bonne route !)