Yosh ! Alors alors, quelques uns d'entre vous se sont posé des questions sur le comportement de Dumbledore au chapitre précédent... le truc c'est que je ne compte pas tellement l'exploiter, donc je ne développerait pas^^ et vous pouvez deviner facilement * ^^

Bonne lecture ! Et review !


Severus tourna bruyamment une nouvelle page de son livre de potions.

Il jeta un nouveau regard sur le lit en face de lui, avant de reporter un œil peu concentré sur les lignes concernant la potion de ratatinage pour les deuxièmes années.

°88888°

Fatiguée... Si fatiguée...

Pearl se sentait profondément engourdie, et inexplicablement épuisée. Son corps la brûlait légèrement au visage, et aux bras. Elle réalisa au bout d'un long moment qu'elle pouvait ouvrir les yeux, et soulevant ses paupières lourdes elle fut éblouie par la lumière de la pièce. Elle cligna des yeux, et le détail du plafond lui apparut.

« Enfin réveillée. Je me demandai combien de temps j'allai encore devoir m'ennuyer ici. »

Elle tourna légèrement la tête sur sa gauche, et lança un regard peu amène à l'homme assis à côté d'elle, qui reposait un livre sur la table de chevet.

« Pourquoi faut-il toujours vous utilisiez ce ton désagréable ? » marmonna-t-elle d'une voix rauque. « Depuis combien de temps je suis ici ? »

Elle tenta d'esquisser un geste pour se redresser, et étouffa un cri de douleur.

« Je crois que Poppy va commettre un meurtre si tu continues. »

Elle se laissa retomber dans ses oreillers, renfrognée.

Depuis quand se tutoyaient-ils d'abord ?

Elle retint cette question et insista sur ce qui lui semblait plus urgent.

« Alors ? »

« Deux jours. »

« Deux... Quoi ? »

«Deux jours. » répéta-t-il lentement.

Deux jours entiers ? Mais comment avait-elle fait pour se retrouver dans un état pareil. La mission de l'autre soir lui revint en mémoire et elle tenta à nouveau de se redresser, ignorant la douleur.

« Qu'es tu en train de faire ? »

« Dumbledore... Il faut que je lui parle de ce qui est arrivé... »

« Et cela vaut-il aussi pour la perte de contrôle de ta magie qui a détruit à moitié son bureau ? »

Elle se figea et dévisagea le visage défiant de Severus. Elle se remémora la façon dont elle avait réchappé du sort de Macnair, sans baguette, et la terreur qui l'avait envahie, la douleur dans sa poitrine. En retombant dans ses oreillers, elle se souvint que Severus l'avait aidée à regagner le contrôle.

« Oui, je pense... Je ne sais pas ce qui s'est passé. »

Il leva un sourcil sceptique et était sans doute sur le point de répliquer mais Poppy Pomfresh sortit de son bureau pour se précipiter vers eux.

« Ça va... Oui, je vais bien je vous dit... »

« Bien sûr que non, vous n'allez pas bien... Et bien sûr, aucun de vous ne voudra me dire dans quelles circonstances vous vous êtes cassé le nez et atterrit ici dans un état pareil... Je n'ai jamais vu un maléfice faire quelque chose de semblable. »

« Je ne pense pas que... »

« Pearl, laissez moi m'occuper de vous, je ne suis pas infirmière à Poudlard pour rien ! » la gronda-t-elle en brandissant sa baguette d'un air menaçant. « Et vous Severus, allez-vous vous décider de quitter cet endroit un jour ? Elle a besoin de repos. »

« Je ne suis pas celui qui l'empêche... »

La porte d'entrée de l'infirmerie s'ouvrit et les interrompit, tandis que Dumbledore pénétrait dans la pièce.

« Professeur ! » s'exclama Poppy, « Vous n'allez pas vous y mettre vous aussi, Pearl a besoin de repos... »

Il leva une main pour l'interrompre poliment.

« Je sais très bien, Poppy, mais j'ai vraiment besoin de parler à Pearl maintenant. »

Il n'avait pas haussé la voix, mais le ton était sans appel.

« Très bien. Mais dès que vous avez finit, je veux que tout le monde sorte d'ici et me laisse m'occuper de mes patients ! »

« C'est entendu. »

Severus et Pearl l'observèrent s'installer près du lit et Poppy disparut dans son bureau en claquant la porte un peu plus fort que nécessaire. Pearl remarqua que Severus semblait dévisager le directeur avec une certaine insistance.

« Comment vous sentez-vous ? »

« Bien, je suppose. Il faut que je vous raconte tout ce qu'il s'est passé hier soir. Enfin, il y a deux jours ».

Elle se lança dans son récit, expliquant l'arrivée de Malefoy et ses tentatives de contrôle par l'imperium, et de Macnair qui était là en renfort.

« Et c'est là qu'il m'a coincée, je n'avais plus de baguette. »

« Est-ce la raison pour laquelle vous avez raté mon premier message ? »

« Hum, oui, mais ce n'est pas tout fait dans ces conditions que c'est arrivé. Je ne sais pas comment, mais j'ai réussi à littéralement briser les chaines. Ensuite, j'ai cogné Malefoy avant de m'occuper de Macnair, mais Malefoy est revenu sur moi en me menaçant de sa baguette. C'est là que votre message est arrivé. »

« Tout ça sans baguette ? » s'exclama Severus, l'air perplexe. Il se tourna vers Dumbledore. « Comment est-ce possible ? »

« Quand avez-vous commencer à vous sentir... mal ? »

Pearl fronça les sourcils, fouillant ses souvenirs.

« Je crois, quand Malefoy m'a interrompue quand je me battais avec Macnair, en me menaçant de sa baguette. »

Dumbledore garda le silence, joignant ses mains sous son menton, réfléchissant profondément.

Severus et Pearl échangèrent un coup d'œil et patientèrent pendant une longue minute, n'osant pas l'interrompre dans ses pensées. Lorsqu'il se redressa, Pearl ne perdit pas une seconde.

« Qu'en pensez-vous ? Avez-vous une idée de ce qui a pu arriver ?. »

« Personne n'est capable de pratiquer la magie sans baguette. » déclara Severus.

« Je pense que vous vous trompez sur ce point, Severus. Les jeunes sorciers découvrent leur pouvoirs sans pour autant utiliser de baguettes... »

« Mais nous ne parlons pas de jeune sorcier... »

« Chut ! » l'interrompit Pearl, agacée. « Continuez, Albus. »

« J'ai une théorie... plausible. Je pense que ce qui vous est arrivé est quelque chose de très rare, et peut être unique. Severus n'a pas tort, les sorciers et sorcières adultes ne peuvent pas laisser échapper de la magie de la même manière que les plus jeunes qui ne font que la découvrir. La baguette est un canaliseur, elle vous sert pour la moindre tache magique qu'il soit, et depuis que vous en prenez l'habitude, il devient quasiment impossible pour le sorcier adulte de s'en passer. C'est pour ces raisons que de nombreux sorciers ont péri par le passé à cause des moldus qui leur arrachait leur baguettes et s'occupait de les détruire. »

Albus se leva et commença à faire les cents pas.

« Mais vous avez réussi à vous libérer de façon très inhabituelle du sortilège de Macnair, et je pense que la peur, la frustration, ou l'accumulation des sentiments qui vous ont assaillis au moment où vous étiez piégée a fait jaillir d'une manière ou d'une autre la magie avec votre corps comme canaliseur. Je pense également que vous étiez prise d'une sorte d'ivresse de cette magie que Lucius Malefoy a rompu en vous menaçant. C'est ce qui a du engendré votre soudaine crise et cette perte de contrôle impressionnante. Heureusement que Severus a réussi à vous calmer, je sais que ce genre de crises peuvent causer des ravages énormes dans certaines circonstances, aussi bien pour vous même que pour tout ce qui vous entoure. »

« Vous disiez quasiment impossible. » fitremarquer Pearl.

« Le peu que nous soyons capable de faire sans baguette se résume à des sorts extrêmement mineurs. Sans baguette, le sorcier est sans véritable défense. »

Il s'arrêta devant la fenêtre, les mains derrière le dos.

Pearl trouvait qu'il y avait quelque chose de bizarre chez Dumbledore en cet instant, mais elle n'arrivait pas à mettre le doigt sur quoi exactement.

« Vous avez déjà vu des pertes de contrôles semblables ? » demanda Severus.

« Oui. Mais je ne pense pas que ce qui s'est passé l'autre soir ne se reproduise encore. »

« Pourquoi ? »

Dumbledore fixait toujours un point par de-là la fenêtre, leur tournant toujours le dos.

« Ce n'est pas une expérience que votre corps pourrait supporter à nouveau. Le peu de temps où vous avez utilisé la magie de cette façon a eut des conséquences assez terribles. Et je pense aussi qu'il a fallut des conditions très particulières que vous serez sans doute incapable de retrouver pour les reproduire avec ou sans volonté. »

Pearl garda le silence, réfléchissant. D'une certaine manière, tant mieux si elle pouvait éviter de se sentir au bord de l'agonie une fois de plus. Mais si jamais cela ne s'était pas produit, elle serait très mal, surement à Azkaban après être passé devant une audience du Ministère au lieu du lit de l'infirmerie de Poudlard.

« Comment avez vous réussi à vous échapper avec Malefoy sous votre joug ? »

« Oh, j' ai inventé une histoire... »

Elle résuma la scène et Dumbledore se tourna finalement, pour prendre congé. Lorsque la porte se referma, ils fixaient tous deux la porte, perplexes.

« Qu'est ce qu'il a ? » s'étonna Pearl.

« Aucune idée. Il agit étrangement ces derniers temps. »

« Comment ça ? »

Severus haussa les épaules.

« Il était dans le bureau quand tu es arrivée… Je ne sais pas, il n'a pas daigné m'aider. Il a prétexté ne pas avoir voulu intervenir parce qu'il trouvait que je me ''débrouillais bien''. »

« Ça, c'est une excuse minable. » commenta-t-elle.

« En effet. »

Elle lui lança un regard amusé et Poppy Pomfresh réapparut à côté d'eux.

« Maintenant, vous devez partir et me laisser m'occuper du Professeur Cade ! » dit-elle en observant Severus avec méfiance.

Severus acquiéca avant de quitter les lieux à grands pas, comme à son habitude, Pearl le suivant des yeux, pensive. Tandis que Pomfresh s'approchait en parlant fort avec ses potions, les souvenirs de sa perte de contrôle lui revinrent, effrayantes, angoissantes. Elle se souvint de la voix de Severus, de ses conseils, encouragements pour l'aider à se sortir de ça... Elle lui était très reconnaissante pour l'aide qu'il lui avait apporté, même si elle n'appréciait pas vraiment que quiconque n'assiste à un tel moment de faiblesse.

°88888°

Une semaine plus tard, dans la salle des professeurs, Filius Flitwick corrigeait certaines copies des cinquièmes années à la table de Minerva. Sa collègue était peu concentrée sur la préparation de ses cours et observait deux personnes près de la cheminée, les sourcils froncés, l'air perplexe.

Surpris, Filius suivit son regard et réalisa qu'elle observait le Professeur Snape et le Professeur Cade se disputer une partie d'échec, ponctuée de remarques sarcastiques et moqueuses qu'ils se renvoyaient régulièrement depuis qu'ils l'avaient commencées.

Minerva pinça les lèvre et secoua la tête avant de remarquer le petit homme la dévisager curieusement.

« Quelque chose ne va pas, Minerva ? »

« Je ne sais pas ce qui s'est passé avec ces deux-là, mais je trouve assez... étrange de les voir s'entendre de cette façon ces derniers temps. »

Elle lança un nouveau regard à la table des principaux concernés.

Pearl fronçait les sourcils devant son jeu, trahissant une mauvaise posture. Severus lui dit quelque chose de sa voix basse qui lui valut un regard offensé de sa collègue. Elle ordonna un déplacement et le bruit de ses pièces se brisant éclaira son visage en un sourire arrogant.

« Il semblerait que tu sois mal sur ce coup-là, Severus. » annonça-t-elle avec un air supérieur.

Il esquissa un rictus amusé.

« Ridicule. Échec et maths. »

Il arbora un un air suffisant devant le visage frustré de Pearl qui s'exclama : « Comment ça ? »

Minerva détourna les yeux de la scène pour reporter son attention sur ses cours. Dire qu'à leur première rencontre, ils s'étaient battus au QG et que Lupin lui avait rapporté qu'ils les voyait souvent au bord d'un duel.

C'était à y rien comprendre. Il était difficile de s'entendre avec Severus, elle se souvenait de la petite guerre au sein de Poudlard qu'il menait contre la petite bande de James Potter. Et Pearleen Cade semblait quelqu'un de fonceur, au caractère un peu emporté. Alors voir quelqu'un d'aussi susceptible que Severus s'entendre avec quelqu'un d'aussi téméraire que cette femme était quelque chose de très paradoxal.

°88888°

« Il faut que j'y aille de toute façon, je dois préparer ma salle pour les cinquièmes années, et Ombrage doit soit-disant m'inspecter. »

Severus esquissa un petit sourire moqueur.

« Interroger, serait plus approprié. Bon entretien avec cette si chère amie. »

Pearl leva les yeux au ciel et quitta la pièce sans répondre à sa provocation. D'une part elle était déjà frustrée d'avoir perdu deux parties de suite contre lui, et d'autre part elle tenait à garder patience pour affronter Ombrage.

Une heure plus tard, Pearl supervisait les équipes de Gryffondor et Serpentard de cinquième année dans une opération de sauvetage délicate. Pearl avait saisit l'occasion en voyant Peeves se balader dans sa salle de classe pour lui demander de mettre tout sans dessus dessous et d'y enfouir des mannequins ensorcelés pour les élèves. La salle de classe semblait avoir subit un terrible attentat, et Pearl n'osait pas penser immédiatement au temps qu'elle mettrait à tout remettre en place.

Un mannequin était coincé sous une lourde armoire renversée et grognait de douleur d'un air ennuyé.

« Ok. Harry, tu es à la tête. Ron et Théodore, aidez-le à dégager l'armoire. »

Elle les observa faire léviter l'armoire pour dégager le mannequin et se placer chacun à sa place. Harry s'accroupit à la tête et vérifia la conscience du mannequin, tandis que Théodore s'occupa de vérifier ses blessures et Ron prépara quelques attelles en métamorphosant une corbeille cabossée à quelques mètres de lui. Le résultat ne fut pas excellent mais c'était un très bon réflexe.

« Hum, hum. »

« Les garçons, vous faites équipe je vous rappelle, vous devez vous communiquer ce que vous trouver. »

Contrairement à certains groupes qui se disputaient au-dessus de leur victime, ces trois-là osaient à peine à se regarder.

« Hum, hum. »

Pearl se retourna de mauvaise grâce.

« Oui ? »

« J'aimerai vous signaler que ça, ce n'est pas la meilleure chose à utiliser pour une fracture. »

Pearl regarda l'attelle entre les mains de Ron, beaucoup trop petite pour la jambe du mannequin.

« Oui, mais attendez un peu. Vous allez voir, il va y remédier. »

Pearl se tourna vers un autre groupe censé s'occuper d'une personne sévèrement brulée au bras et au visage.

« Draco, vous devriez continuer à l'asperger d'eau. » dit-elle froidement.

Elle n'avait pas digéré le coup bas de son salaud de père. Même si elle savait que son fils adoré n'y était pour rien, elle ne pouvait s'empêcher d'employer un ton mauvais à son encontre.

« Mais ça fait un moment que je l'arrose votre stupide machin ! Aguamenti ! »

Une grande flaque se formait autour du groupe composé de Malefoy, Parkinson et Longdubat.

« Pansy comment va votre victime ? »

La jeune fille baissa les yeux sur le visage du manequin.

« Heu... »

Pearl soupira.

« Le rôle du secouriste de tête est pourtant simple, non ? Vous devez parler, parler, parler, qu'il soit conscient ou pas. Ce n'est pas très difficile à retenir. Allez-y qu'est ce que vous attendez ? »

Elle se détourna plus tard d'eux pour aller voir un nouveau groupe mais Ombrage lui barra le passage.

« Ce que vous leur demandez semble très difficile. »

« Ils sont là pour apprendre, ils s'y feront. »

« Votre cours n'a pas réellement de programme, de plus ils n'auront pas à le passer en BUSE. »

« Il a le programme que je lui ait donné, et détrompez-vous, il servira de bonus pour les BUSES. Hermione, c'est très bien, votre équipe peut arrêter là... »

Ses yeux se posèrent sur Crabbe et Goyle qui observaient leur mannequin comme s'il sagissait d'une créature dangereuse. Elle choisit de ne pas s'approcher pour éviter de perdre son temps à leur faire comprendre le but de son cours. Elle n'aurait qu'à leur donner un devoir supplémentaire.

Elle revint vers le groupe de Harry qui tentait de maintenir l'ordre entre Nott et Weasley.

« Laisse tomber, il est foutu. »

« Il respire encore, crétin, alors tu ramènes ton derrière ici pour qu'on termine l'exercice. » grogna Ron.

« Bilan messieurs ? »

Elle les écouta attentivement lui expliquer l'évolution de l'état de leur mannequin et libéra sa classe un peu plus tôt afin de remettre de l'ordre dans la salle.

Armée de son bloc note, Ombrage la poursuivait d'un côté à l'autre en lui posant des questions s'éloignant de plus en plus du sujet, et lui tapant de plus en plus sur les nerfs.

« Et où avez-vous fait vos études ? »

« En Irlande. »

« Vraiment ? Vous n'êtes pas anglaise alors ? »

« Non. »

Elle remit en place son bureau et sa chaise avant de se tourner vers les étagères, se retenant à grand peine de lever les yeux au ciel ou de soupirer bruyamment.

« Et le Ministère Irlandais fonctionne-t-il selon les mêmes principes que le notre ? »

« Pas tout à fait... » marmonna-t-elle avec l'envie de lui balancer qu'il prenait la menace de Voldemort au sérieux contrairement à eux.

« Et vous qui avez travaillé dans chacun de ces deux Ministères, que trouvez-vous de mieux dans la direction de l'Angleterre ? »

« Heu... je ne sais pas vraiment... »

Elle griffonna rapidement quelque chose avant de ré-attaquer.

« Que pensez-vous de la façon dont cette école est dirigée ? Le Ministère tient à réformer l'éducation des jeunes sorciers à Poudlard en particulier. »

« Eh... Il n'y a pas grand chose à dire. Elle est très bien organisée, avec ce système de maisons, de points, de coupe, de récompenses... C'est un endroit idéal pour les élèves... »

« Vous ne trouvez pas que Dumbledore sous-estime certains risques pour les élèves dans ce château ? »

Pearl répara le lustre qui revint se reconstituer au plafond.

« Quels risques ? »

« Il aurait engagé des hybrides pour enseigner dans ce château. »

« Engagé quoi ? »

« Un demi-géant et un loup-garou en tant que professeurs. »

Pearl se tourna vers Ombrage ne voyant pas entièrement de quoi elle voulait parler. L'allusion à Lupin était claire mais elle n'avait rencontré aucun géant dans ce château... A moins qu'elle veuille parler de Hagrid. Elle savait qu'il travaillait à Poudlard, mais elle ne l'avait pas revu depuis son départ avec une grande femme française pour une mission de Dumbledore.

« N'ont-ils pas de noms ? »

Le visage d'Ombrage s'éclaira en un sourire nauséabond.

« Je parle d'un certain Hagrid et Lupin. »

Pearl se redressa, ses yeux lançant des éclairs.

« Je vous prierai des les appeler par le nom à l'avenir, avec le respect qui leur est du. Il ne me semble pas vous avoir jamais interpelé en fonction de vos origines ou par un certain manque de compétences. »

Ombrage s'offusqua, serrant son bloc-note contre sa poitrine, la couleur de son visage virant au rouge.

« Sous entendez-vous que je fais mal mon travail dans cette école ? »

« Vous avez le pouvoir d'inspecter des professeurs qui sont ici depuis des années et de les renvoyer, mais posez-vous d'abord des questions sur votre compte avant. »

Elle n'aurait pas du dire une chose pareille, mais ça avait été plus fort qu'elle et l'occasion avait été trop belle.

« Le Ministère m'a chargé de... »

« … mettre Dumbledore hors jeu à Poudlard et lui faire perdre tout crédit dans la presse à cause de son annonce sur le retour de Voldemort. Fudge a peur pour son petit confort, n'est ce pas ? »

Pearl était allé trop loin. Ombrage ouvrit la bouche furieuse, puis la referma. Elle se toisèrent pendant de longues secondes.

« Que vous est-il arrivé pour que vous atterrissiez à l'infirmerie la semaine dernière ? » répliqua-t-elle d'un ton brusque.

« Je suis tombée malade. » assena-t-elle durement.

« En l'espace d'une nuit ? Au point de vous faire administrer des potions anti-douleur ? »

« Exact. » répliqua-t-elle d'un ton sec.

« Le nom des Cade est peut-être renommé chez les sorciers, mais on ne peut pas affirmer que vous leur fassiez honneur comme il se devrait. »

Pearl avança d'un pas vers Ombrage, se retenant à grand peine de lui pointer sa baguette sous le nez.

« Ce qui signifie, Dolorès ? »

« Les sangs-purs devraient renforcer le Ministère de la Magie, et non perdre leur temps à défendre des personnes qui cherchent à créer inutilement la panique au sein de la communauté magique ! » cria-t-elle.

« Malheureusement, le Ministère fait tout pour cacher un danger bien réel, et je ne peux pas tolérer un tel comportement irresponsable. »

« Vous vous inquiétez d'un danger dont personne n'a aucune preuve mais lorsque l'on vous annonce qu'une bande d'hybrides se baladent dans cette école... »

Pearl sentit une soudaine bouffée de colère et de dégout irrépressible envers cette femme. Ses doigts se serrèrent un peu plus sur sa baguette qu'elle mourrait d'envie de tourner sur ce crapaud. La porte de la salle de classe s'ouvrit brusquement.

« Excusez-moi de vous interrompre, mais vos cris retentissent jusque dans la salle des professeurs. Essayez de baisser d'un ton Dolorès, vous effrayez tous les élèves qui passent dans ce couloir. » dit sèchement McGonagall.

Ombrage redressa ses petites épaules d'un air ridicule et tourna le dos à Pearl qui songea que c'était une très mauvaise idée de la tenter de cette façon.

« Nous en avions terminé Minerva, j'ai tout ce qu'il me faut. »

Elle passa devant le professeur de métamorphose sans un regard en arrière et disparut dans le couloir.

Minerva tourna la tête vers Pearl, la mine sévère.

« Pourquoi faut-il toujours que vous cherchiez les ennuis avec elle ? »

« Hé, j'ai gardé mon calme pendant deux heures entières, et je ne cherche rien du tout, c'est elle qui a le chic de les provoquer. » se défendit Pearl. « Vous pourriez me donner un coup de main ? »

« Bien sûr. »

A elles deux, elle remirent la salle en état en un clin d'oeil. A la fin de la journée, Pearl fermait son sac et se rendait en direction des grilles de Poudlard. Evan lui donnait un nouveau rendez-vous dans la soirée, étant donné qu'elle avait raté le dernier à cause de sa convalescence.

S'avançant dans les rues de Pré-au-Lard, la jeune femme atteignit bientôt la palissade de bois où ils s'étaient accorder pour se retrouver. Elle s'arrêta un instant pour observer la cabane hurlante, le vent faisant claquer les pans de sa robes.

« Hey. »

Elle se retourna vers l'homme adossé à la barrière branlante, les bras croisés.

« Salut. »

Il jeta sa cigarette sur le sol avant de faire un signe de tête en direction du restaurant de Mme Pieddodu.

« Tu es sérieux, Evan ? »

Un sourire traversa ses lèvres tandis qu'il passait un bras sous le sien tout en l'embarquant en direction de l'entrée.

« Ça t'apprendra à me poser un lapin. »

Pearl secoua la tête exaspérée.

« J'étais de service pour l'Ordre. »

« Et pour quoi faire exactement ? » demanda-t-il innocemment en poussant la porte du restaurant.

« Ça ne te regarde pas du tout. »

Avec un sourire amusé, il prirent place à une table aux couleurs roses criardes qui lui rappelait désagréablement Dolorès Ombrage. Une musique de fond complètement niaise s'élevait dans le restaurant, donnant une atmosphère d'intimité particulière, et ridicule.

« Beurk. » commenta-t-elle.

« J'étais sûr que ça te plairait. » ricana-t-il.

Elle le fusilla du regard tandis que la serveuse s'approchait pour prendre leur commande. Un peu plus loin un jeune couple s'embrassait à pleine bouche de façon très suggestive. Elle ne put s'empêcher de jeter un nouveau regard assassin en direction d'Evan.

« Hydromel pour moi. » marmonna-Pearl.

Si Pomfresh l'apprenait, elle allait probablement la tuer. Elle était toujours sous potion anti-douleur, mais s' il fallait qu'elle passe la soirée dans un endroit pareil avec Evan, autant s'encourager un peu.

« Bien. » dit la serveuse en agitant sa baguette, faisant apparaître leur commande. Elle leur laissa la carte du menu et s'éclipsa.

« Bon, crache le morceau Evan. » lança-t-elle en portant sa coupe à ses lèvres.

Son frère sourit tout en retournant la carte du menu.

« Tu préfères le pavé de bœuf à la persillade ou la pintade au pommeau ? »

« Evan ! »

« Ok, pavé de bœuf. »

Elle se demanda si elle devait le tuer immédiatement ou attendre encore un peu.

« Ne fais pas cette tête, il y a de la tarte au pomme, ton dessert préféré. En plus ils la font avec du chocolat fondu, regarde ! »

Elle se retint de lui faire avaler la carte du menu et lança sa jambe en avant, lui donnant un coup en visant le tibia.

« Bon, j'arrête de te torturer. » grimaça-t-il. « Que voulais-tu savoir, déjà ? Ah oui, mes super informations. »

Il replia la carte, agita sa baguette pour leur permettre de ne pas se faire entendre des oreilles indiscrètes et l'observa droit dans les yeux.

« Je suis allé faire un tour du côté de ce cher Macnair et... »

« Pardon ? »

« Laisse-moi finir ! Et je ne pas sais si tu le sais, mais il est assez stupide avec une bouteille d'alcool en face de lui, surtout si tu ajoutes un petit sortilège de confusion, mais passons... Il faisait parti de la bande Avery, Snape, Lestrange, et Mulciber, à Poudlard, d'après Reg. Apparemment... »

« Tu as ensorcelé Macnair ? » s'exclama Pearl, les yeux écarquillés.

« ...Rodolphus lui aurait laissé entendre que le Seigneur des Ténèbres avait confié à leur famille un objet très important à ses yeux. Macnair s'est surtout attardé sur le fait que Rodolphus se vantait de la confiance du Seigneur des Ténèbres en les Lestrange. Donc qu'en penses-tu ? »

« Que tu es complètement cinglé. » rétorqua Pearl.

S'amuser à aller boire un coup avec un mangemort et à lui jeter un sortilège pour ensuite discuter du bon vieux temps, quoi de plus normal pour Evan Cade ? Décidément, il agissait vraiment comme le parfait imbécile qu'il était.

« Si tu veux des informations, il faut aller les chercher. »

« En agissant n'importe comment ? Tu connais le mot ''prudence'' ? »

« La prochaine fois, je te laisse t'en charger dans ce cas, et tu me diras si ta manière de faire apporte quelque chose d'intéressant ! »

« Evan, tu dois faire attention, bon sang ! La magie laisse des traces... Si tu te fais repérer, ou qu'on se doute de ce que tu recherches... »

« Ne t'inquiète pas, c'est bon... »

« Non ! Non, ce n'est pas bon ! » répliqua-t-elle en abatant son poing sur la table.

Pearl était réellement en colère. On ne s'amusait pas à faire n'importe quoi de cette façon. C'était une des règles qu'on apprenait quand on était en formation Auror. On agissait pas au petit bonheur la chance. Cela s'appelait l'idiotie, et c'est ainsi que les pires catastrophes arrivaient.

« Tu ne pas pas juste débarquer comme ça ! Surtout que tu agis seul comme un idiot. Franchement, prend un peu conscience de ce que tu fais et des conséquences avant d'agir. Je ne veux plus jamais que tu fasses un truc pareil, tu m'entends ? Ne t'approche pas des Mangemorts en leur lançant des sortilèges pour obtenir quoi que ce soit. »

Evan semblait blasé par sa réaction.

« Ouais, comme tu veux. Inutile de me faire la morale. »

« Pourtant on dirait bien que tu en as besoin ! Et je suis sérieuse, ne fais plus jamais un truc pareil. » fulmina-t-elle.

La serveuse les interrompit et leur servit leur commande.

« Sinon, que penses-tu de ce que Macnair m'a dit ? » reprit-il, impatient, agitant de nouveau sa baguette pour insonoriser leur espace.

« Tu crois vraiment qu'il sagirait d'un horcruxe ? » se lança-t-elle, se demandant toujours si elle avait réussit à lui faire comprendre l'importance du danger qu'il encourait.

« Exactement ! » fit-il,triomphant, tout en piquant dans son assiette.

« Mais, en supposant que ce soit vrai... Où chercher ? Ils sont à Azkaban. »

« Je connais Rodolphus et Bellatrix. Je suis sûr qu'ils opteraient pour un endroit sûr, histoire de l'avoir à l'oeil au cas où leur maître le demanderai. »

Pearl réfléchit, peu convaincue.

« Et à quoi tu penses ? »

Il reposa ses couverts et baissa d'un ton.

« Le Manoir Lestrange. »

« Chez eux ? Tu es sûr ? »

« Tu n'y es jamais entré. Ce Manoir est énorme, plus grand que celui des Malefoy. Ça ne m'étonnerai pas qu'ils aient un endroit à l'intérieur pour garder leur trésors ou quelque chose comme ça. »

« Il y a Gringotts pour ça, non ? »

« Ça, c'est une autre option. Mais s'ils avaient voulu le récupérer plus vite, c'est l'endroit idéal. »

Pearl médita quelques instants, mâchant ses pommes de terres.

« Si ce que tu dis est vrai, il serait assez simple de fouiller leur maison, puisqu'ils n'y sont pas depuis des années. D'ailleurs, le Ministère a quand même du prendre des mesures sur ce manoir, non ? »

« C'est là que tu vas intervenir, parce que je n'en ai aucune idée. Je suis allé faire un tour vers le Manoir, mais il y a quelque chose de bizarre. »

« Comme quoi ? »

Evan prit un air sombre.

« Comme du mouvement. Un peu trop de mouvement pour un manoir abandonné et dépouillé par le Ministère. »


* Pour ceux qui ont encore un doute : Aryana. ;)