- WITHOUT YOUR LAST WORDS -
Le sommeil n'était pas venu tout comme le repos de son esprit en ébullition et de son coeur se tordant de douleur à la simple pensée de ce qu'il s'apprêtait à faire. Face à lui, confortablement allongé dans leur lit alors que la pénombre de la pièce l'empêche de voir clairement, il s'obstine à l'observer comme pour graver dans sa mémoire ce visage si parfait à ses yeux qu'il connaît par coeur. Le dos de sa main se glisse sur sa joue, caressant la peau chaude avec douceur en se disant que toutes ces attentions allaient bien lui manquer.
Il ressent encore la chaleur de ses mains sur lui alors même que ses bras entourent sa taille avec douceur, son être profondément plongé dans un sommeil réparateur et apaisé, en total contradiction avec sa propre humeur. Il repense à ses baisers fiévreux et affamés qu'ils se sont échangés quelques heures plus tôt alors que leur corps s'unissaient dans une vaine tentative de le retenir, dans une étreinte désespérée, trop forte et sûrement trop brusque mais à laquelle il n'avait su dire non. Il sent son épiderme frissonner de nouveau au simple souvenir de son souffle contre sa peau, souvenir qui ne semble pas vouloir le quitter, tout comme celui de sa bouche contre son corps, dévorant la moindre parcelle de celui-ci, le perdant dans un plaisir douloureux d'un au revoir silencieux et fourbe.
Il repense de nouveau aux paroles qu'il se sont échangées et qui l'avait amené à prendre sa décision, lui disant adieu avec son corps alors même que ses lèvres ne pouvait murmurer et faire entendre les mots qu'il aurait dû lui dire, alors même qu'il aurait dû lui faire comprendre et persévérer. Seulement il n'a pas eu la force de le confronter un peu plus alors que leur dispute ne menait à rien, preuve irréfutable qu'il ne se comprenaient plus, qu'ils n'étaient plus sur la même longueur d'onde, comme s'il s'étaient perdus de vue depuis bien trop longtemps déjà. Ce soir là, il avait comprit que leur relation ne donnerait plus rien de bon, peinant difficilement à ressentir bonheur et joie là où les sourires et les rires devraient se faire fréquents et naturels.
Il en vient à se demander comment les choses ont pu déraper de cette manière, comment ils en sont arrivés à se déchirer sans même s'en rendre compte, comment ils en sont arrivés à ne plus s'écouter et s'attaquer l'un l'autre, comment leur relation qui semblait si parfaite à pu devenir un enfer que seul lui semblait percevoir.
Chaque jour il avait eu cette impression cruelle que tout lui échappait, sa vie, lui, leur amour, ce qu'il partageait, pour le laisser vide de tout. Il avait l'impression de n'être plus rien, de n'être qu'un spectre effacé et sans plus aucun intérêt, bouffé par la peur de le voir partir pour quelqu'un d'autre, de le voir s'éloigner, bouffé par l'inquiétude de ne plus rien déclencher chez lui, amour, désir, sentiments, colère, tristesse, avec la sensation paralysante de ne plus compter, de n'être rien d'autre qu'une habitude de plus. Les « je t'aime » ne le rassuraient plus, leurs étreintes chaudes et agréables ne parvenaient plus à l'apaiser, la jalousie dévorant son être.
Il tentait tant bien que mal de croire en ces promesses, en ces paroles mais cette attitude qu'il avait eu, ces gestes, ces manies, ce désintéressement de plus en plus flagrant qui était en totale contradiction avec ses mots et il ne savait plus quoi croire, ni même quoi faire pour que tout s'arrange. « Je te suivrai partout s'il le faut » disait il sans cesse, prêt à faire n'importe quoi pour le rendre heureux mais alors … pourquoi ? Pourquoi semblait il si … distant ? Si je-m'en-foutiste ? Prenant les choses bien trop à la légère, sans aucun doute, sans aucune peur, sans aucune jalousie, comme s'il le considérait comme un acquis pur et simple. Il avait alors cette impression d'être le seul à douter, le seul à croire qu'il pouvait le perdre le lendemain à la moindre erreur, terrifié à la simple idée d'être finalement le seul à se battre pour quelque chose d'aussi important que leur couple. Puis il avait eu les réponses à ses questions, il avait finalement comprit et se rendre compte de ce faussé immense qui s'était creusé entre eux sans même qu'ils ne s'en rendent compte
Un an que cette situation dure, un an qu'il lutte dans le vide depuis son retour de France qui semble l'avoir changé plus qu'il ne veut bien se l'avouer. Foutues études, foutu départ, foutue relation, foutus sentiments.
Il ferme un instant les yeux, inspirant profondément et relâchant le tout avec lenteur dans l'espoir de calmer ses émotions et alors, il s'éloigne doucement, seul le bruissement léger des draps venant rompre le silence. Ses doigts se détachent du visage endormit, quittant le lit dans lequel il ne dormira plus et, profitant du sommeil profond de sa moitié, il ouvre le placard pour s'habiller rapidement des quelques affaires qu'il laissait traîner ici pour toutes les fois où il venait, prenant ce qui restait, enfonçant le tout dans un large sac de sport qui s'était perdu au fin fond du meuble après y avoir été déposé, trois ans auparavant. Il quitte alors la chambre à coucher, passant une main dans ses cheveux d'un blond décoloré, la mine défaite. Son teint pâle traduit sa fatigue et son dépit face à cette décision qu'il avait prise, face à ce qu'il était entrain de faire. Il regarde ce salon ayant abrité nombre de leur moment à deux ou en compagnie de cette bande d'amis qu'ils s'étaient fais, déposant son sac dans l'entée alors qu'une boule se forme dans sa gorge. Il s'approche ensuite du petit bureau proche de la télévision soutenant ordinateur et papeterie pour y prendre une feuille et un stylo tout en redoutant ce moment où il écrira ses excuses, simples et uniques preuves de son départ et de sa culpabilité. D'une main tremblante, il met en forme sa peine à l'aide de l'encre noire, ses remords commençant déjà à l'attaquer sans pour autant l'arrêter dans son élan, bien décidé à aller au bout des choses, bien décidé à arrêter ce manège qui ne cesse de leur faire du mal. Son regard se brouille peu à peu sans qu'il n'y prête attention et lorsqu'il appose le dernier mot sur cette page auparavant vierge de toute tristesse et de tous sentiments, il remarque enfin les quelques tâches que ses larmes ont faites, floutant et tâchant par endroit son écriture. Il n'a pourtant pas le coeur à recommencer, voulant juste partir de cet endroit qui semble vouloir le retenir.
Rapidement mais tout en silence, essuyant rageusement ses joues noyées de larmes, il dépose la feuille sur la table de nuit, laissant un instant son regard dériver sur le petit cadre contenant une photo d'eux deux prise il y a bien deux ans déjà. Cadre qu'il couche à côté du mot, cachant l'image du couple heureux qu'ils représentaient et qu'il ne supporte pas d'observer plus longtemps, déposant son double des clés en suivant. Ses yeux se glisse sur la silhouette encore endormit et totalement inconsciente de ce qui se passe autour de lui et … il part ainsi, dans un silence qui ne peut qu'être angoissant, refermant la porte sur trois ans d'histoire avec des hauts et des bas, quittant une vie qu'il regrettera sûrement mais qu'il ne peut continuer à lui faire endurer.
Il ne se doute qu'à moitié de la réaction qu'il aura à son réveil. Il imagine sans mal sa colère sans pour autant se douter de ses larmes. Il n'imagine pas un seul instant les recherches qu'il entamera, tous ces appels qu'il passera et tous ces kilomètres qu'il parcourra afin de le trouver sans y parvenir. Il n'imagine pas sa ténacité ni même l'ampleur réel de ses sentiments. Il se doute de sa tristesse sans penser qu'elle durera des années et pense un instant au futur meilleur qu'il croit lui offre sans même supposer qu'il lui a créer un enfer.
Je sais que des excuses ne servent à rien mais je me dois de te les dires.
Je suis désolé.
Désolé de t'avoir aimé ainsi, avec un peu trop de force.
Je suis désolé, tellement désolé de t'abandonner comme ça, sans prévenir mais ça ne peux plus continuer.
Je t'aime et je pense que ça ne changera jamais ...
J'espère que tu mènera une vie heureuse loin de mon égoïsme et de mes reproches.
Je suis désolé de ne pas avoir réussi à te rendre heureux, alors que tu mérites tellement de l'être.
- Jimin -
Hello !
Un chapitre bien moins léger que les précédents je vous l'accorde mais ça me tenais à coeur de montrer ce moment-là, un moment de leur passé, le moment fatidique ou tout à basculé.
Je n'ai pas pu me retenir de vous le poster maintenant, il est prêt depuis quelques jours déjà et j'ai du mal à garder une avance, lorsque j'écris je veux vous publier les nouveautés tout de suite, une véritable torture !
J'espère que vous apprécierez ce petit retour en arrière et que la raison de son départ ne vous semblera pas trop trop flou ni surréaliste ou exagérée.
J'attends vos avis avec impatience, au plaisir de vous revoir pour la suite
