- WITHOUT MY MISTAKE -
Des œufs. Du beurre. Des yaourts. Gâteaux. Des nouilles … C'était tout ce qui lui manquait. Il avait déjà ce qu'il lui fallait pour le repas du soir dans ses placards et parcourait alors le supermarché avec lenteur, profitant de son temps libre de la journée pour regarder ce qui pourrait lui faire envie et plaisir bien qu'il n'ait plus un aussi grand appétit qu'auparavant. En fin de journée il recevait son meilleur ami pour le goûter et cet homme qu'il avait rencontré quelques longs mois auparavant avec qui il s'entendait de mieux en mieux. Ils se voyaient de temps en temps, se téléphonait parfois sans oublier quelques messages au fil des heures de la journée comme pour se tenir au courant de ce que l'autre fait. Ainsi, de longs mois étaient passé depuis ce fameux café au détour du parc qu'il traversait chaque jour pour rentrer chez lui, de longs mois qui se sont transformés en une année et plus. Il avait continué sa vie aussi tranquillement que possible, aussi sainement, en tentant plutôt vainement de ne plus penser au passé, de ne plus penser à ce qu'il avait laissé derrière lui sans pour autant réussir à croire en ce lendemain qu'on ne cesse de lui projeter. Même si Seyun avait réussit à lui ramener une petite touche de lumière, une petite touche de nouveauté et de gaieté capable de changer peu à peu sa routine et de le garder sur le droit chemin, s'étant imaginé sans aucune difficulté finir bien mal et peut être abandonner le combat avant même d'avoir pu commencer réellement à le mener, un combat contre ses propres remords, contre le regret de ses choix.
Tranquillement, il passe en caisse, poli, courtois et souriant et retourne chez lui avec ses petites courses, établissant son programme de l'après midi tout en sachant très bien que réussir à le respecter serait un miracle. Il s'attelle à la préparation du repas du soin, un petit plat occidental qu'il avait appris à cuisiner dans ses jeunes années d'études pour épater les amis et la famille. Cette fois-ci, il voulait faire briller les yeux de son ami et le surprendre, lui qui lui avait toujours plus ou moins cacher sa facilité à cuisiner et son amour à préparer de bons petits plats, ce qu'il tient de sa chère maman.
En fin d'après midi, Namjoon vient lui rendre visite comme prévu et il eut le plaisir de lui servir un café comme il les aime ainsi qu'un gâteau encore un peu chaud qu'il avait prit plaisir à préparer un peu plus tôt. À le voir ainsi évoluer dans son petit appartement, Jimin se rend compte qu'il ne se voyait plus aussi souvent qu'avant. Entre le travail de l'aîné et son propre boulot de professeur, ils avaient bien du mal à trouver des horaires qui correspondaient. Sans parler du fait que le plus jeune refuse obstinément de venir lui rendre visite, n'ayant pas vraiment s'inciser dans sa petite vie de couple quand bien même il adore Seokjin. Celui-ci lui manquait d'ailleurs beaucoup plus qu'il ne l'aurait cru mais il sentait qu'en le voyant certaines informations pourraient lui parvenir, des informations dont il ne voulait pas et qui le poussaient à garder ses distances, à ne prendre aucun risque. Ça ne l'empêche pourtant pas de demander de ses nouvelles et Namjoon ne manque pas de le faire rire en entendant les anecdotes et toutes ces fois où ils ont pu se disputer pour des broutilles, par petites jalousies ou juste pour le plaisir de taquiner l'autre. Jimin voyait ces deux hommes et le couple qu'ils formaient comme un modèle, un exemple à suivre malgré quelques cafouillages et quelques maladresses qu'ils trouvaient à présent adorables et hilarantes. C'était en partie la cause de ses non-visites. Il ne voulait pas se retrouver face à eux, face à cet amour flamboyant qu'il ne cessait de vivre.
Heureusement pour lui, son meilleur ami ne lui en tenait pas rigueur et se contentait donc de le voir seul ou parfois entouré de quelques autres amis qu'il s'était fait de son côté, passant de simples et bons moments quand bien même il soit bouffé par l'inquiétude de le voir dépérir. Mais il avait bien vu ces derniers mois son moral se porter un peu mieux. Il trouvait Jimin plus lumineux, possédant peut être un petit espoir de mieux vivre et semblait reprendre doucement goût à la vie, tout simplement. D'ailleurs il ne manqua pas de le questionner sur cet ami si mystérieux qu'il n'avait jamais rencontré mais dont il entendait si souvent parler, comme si le cadet voulait le garder pour lui, le temps d'être sûr de ce qu'ils sont réellement, de ce qu'il pense, comme si … comme si finalement il avait un peu peur du jugement que ses amis pourrait avoir de ce « sauveur » inconnu.
La soirée arrive trop vite à son goût, et quand bien même il soit prêt physiquement, habillé comme il se doit pour une soirée entre ami, il ne l'était pas mentalement. Sans savoir pourquoi, il avait tenu à être présentable, mettant de trop longues minutes à décider des vêtements qu'il allait porter, passant trop de temps dans sa salle de bain pour tenter de faire quelque chose de sa tignasse. Il avait goûté plusieurs fois la sauce de son plat pour être sûr qu'elle était toujours mangeable et il attendait depuis une demi-heure que son invité débarque, assis sur son canapé et fixant l'écran noir de sa télévision éteinte. La sonnette de l'appartement se fait entendre, le faisant bondir et soupirer de surprise, partant ouvrir à Seyun – toujours aussi présentable, agréable et souriant – avec un semblant de nonchalance.
Ce n'était pourtant pas la première soirée qu'ils passaient ensemble, mais comme à chaque fois, une petite étincelle faisait naître son angoisse, un stresse qu'il avait peur d'interpréter et qui pourtant disparaissait bien vite, sans même qu'il ne s'en rende compte. La présence de Seyun n'y était définitivement pas pour rien. Il avait toujours les bons mots, ces petites boutades qui le faisait sourire, ces attentions qui réchauffait son coeur et des sujets de discussion qui le changeait de ses relations de travail.
Et encore une fois, la soirée se passa plus que bien. Jimin se détendit bien plus vite qu'il ne l'aurait cru au départ, répondant aisément aux taquineries de son ami. Vient alors un sujet qu'ils abordent pourtant peu, celui du travail du plus âgé. Le journaliste parlait que très rarement de ses missions, préférant ne pas se disperser et garder un maximum de surprise pour ses articles et en tant que professionnel très pris par son travail et très investit, il ne se voyait pas divulguer ses informations à qui voulait bien l'entende avant le jour J. Il se réservait les exclusivités et toutes les petites surprises, ce qui faisait de lui un journaliste doué et alerte.
- Mon chef m'a confié un projet et je voulais savoir si tu accepterai de m'aider.
- … Tout dépend du projet. Tu veux que je t'accompagne quelque part ?
- Enfaîte, c'est toi que j'accompagnerai.
- Hein ?
Jimin ne comprenait pas bien ce qu'il voulait dire par « l'accompagner » alors qu'il ne faisait pas le même travail et ne faisait rien de bien passionnant de ses journées. Son ami lâcha alors un léger rire devant sa mine confuse et il se renfrogne un peu face à la moquerie évidente bien que gentille.
- Te fou pas de moi. C'est pas clair, normal que je ne comprenne pas. Arrête de faire ton mystérieux et dis moi.
- D'accord, d'accord, ne t'énerves pas. Je dois étudier les professions artistiques « mises de côtés » et … professeur de danse en fait partit. À mes yeux tout du moins. Toujours caché derrière la renommée des danseurs qu'ils forment et bien souvent on imagine peu ce qui les amène à n'être « que » professeur. J'ai pensé à toi du coup.
- C'est non.
Le froid venait d'être jeté, impitoyable et sec, si bien que Seyun relève la tête de son repas avec une mine surprise, presque choquée tant il avait espéré et cru à une réponse positive de sa part. C'était à son tour de ne pas comprendre. Pourquoi ce non si ferme et définitif ? Plus que froid qui plus est.
- Pourquoi ?
- Parce que je n'ai pas envie que tu exhibes aux autres la vie que je mène.
- Jimin, ça sera anonyme et je ne parlerai pas de toute ta vie. Juste de tes conditions de travail, ta manière s'enseigner, ton rapport avec la danse et ce qui t'as poussé à devenir professeur. Rien de très très personnel si tu le souhaite et tu pourras répondre des choses simples. En plus, l'école pour laquelle tu travail commence à se faire connaître et c'est ce qui a interpellé mon chef de projet.
- Peut être. Mais-
- Aller, je te promet que je ne citerai pas ton nom et que je ne dirai rien que tu ne veuille bien divulguer. Ça pourrait même être amusant, j'ai vraiment envie de découvrir ton univers en plus …
L'ancien danseur hésite. Il l'observe alors même que Seyun semble l'implorer du regard, son visage masculin fondant en une expression adorable. Il détestait quant il agissait ainsi, faisant tout pour le faire céder – et encore heureux qu'il ne profitait pas de cette technique trop souvent – avec son regard sombre bien trop tendre et ce sourire contrit qui ne lui ressemble pas.
Pourtant il était faible face à ce genre de choses et il remit en doute sa réponse, s'en voulant même d'avoir été aussi cassant et catégorique. Il joue avec sa canette de bière presque vide, faisant tourner le liquide à l'intérieur de celle-ci tandis qu'il cherche à occuper ses mains trahissant alors son embarras et sa réflexion.
Si Seyun lui promettait de faire en fonction de ses conditions, il n'avait aucune raison de refuser et pour une fois qu'il avait l'occasion de lui rendre service, lui qui profitait toujours de la gentillesse et des attentions du journaliste, il n'eut pas le coeur de lui refuser cette demande plus longtemps.
- Bon, tu restera sage et tu ne me dérange pas en plein milieu de mes cours. T'observes et c'est tout. Ok ? Et je te dirais ce que je veux bien que tu écrives sur ce que tu sais déjà. Mais plus tard …
- Bien entendu.
- Et il faut que tu penses à demander une autorisation pour l'école aussi.
- C'est fait. J'ai eu l'autorisation cette semaine.
- Pardon ?
- Je suis efficace, je sais.
Mais quel enfoirée, pensa-t-il sur l'instant alors même qu'il comprenait peu à peu comment Seyun avait organisé tout ça. Il avait confirmé le moindre petit détail avant même de lui demandé, persuadé de sa réponse positive ou alors sachant pertinemment comment le faire changer d'avis si jamais il n'était pas d'accord.
- Tu réfléchis trop Jimin.
- Ouais et ce que je remarque c'est que tu commences à me connaître un peu trop si tu veux mon avis.
Seyun lâche alors un rire à sa remarque. Après un peu plus d'un an à se côtoyer il était normal qu'ils aient appris à se connaître. Et comme il le lui avait bien dit à leur rencontre, Jimin était bien trop facile à lire pour quiconque s'intéresse réellement à lui. Il se remet à manger, trouvant la cuisine de son ami délicieuse. Un talent qu'il lui avait caché durant un long moment en prétextant qu'il ne voulait pas le voir tout le temps chez lui à se servir dans sa petite réserve de nourriture.
- J'aime bien moi, commencer à te connaître sur le bout des doigts.
- N'en profites pas !
- Moi ? Jamais.
Ils se regardent et un sourire naît sur leurs lèvres, incontrôlable et amusé, chacun attendrit par l'autre. L'orage passe, adoucit par l'humour de Seyun tandis qu'une pensée récurrente ces dernières semaines revient dans l'esprit du danseur. Quelque chose changeait, il le sentait, doucement mais sûrement sans parvenir à savoir si c'était une bonne ou une mauvaise chose.
Ce soir là, ils se sont mis d'accord, passant un bon moment qui marqua une sorte de tournant inconscient, un début de confiance et de confort.
La semaine suivante, leur échange des plus professionnel commence, permettant au journaliste d'assister aux cours de danse, de l'observer en ce lieu de travail dans lequel Jimin ne se sent pas encore tout à fait à sa place malgré les efforts qu'il fournit. Il est sérieux tout en étant adorable avec ses élèves, à l'écoute tout en sachant rester ferme, possédant la discipline caractéristique d'un danseur professionnel. Et cette vision ne séduit que plus le l'observateur qui sent son coeur se gonfler de plus en plus au fil des jours, au fil de ses sourires, de ses danses, de ses mimiques, de ce caractère à la fois doux et rigoureux. Parfois dans ses notes se glissent quelques mots trahissant ses pensées du moment et il peine de plus en plus souvent à faire abstractions de ses sentiments qu'il sait déplacés et vains. Cette période d'observation ne dure pas éternellement – fort heureusement pour lui – se devant de partir à la rencontre des autres professeurs et des élèves, tout comme du directeur de l'établissement.
Son article paraît de longues semaines après le commencement de son enquête et il se trouve être bien accueillit par les lecteurs, l'école remarquant bien vite une affluence toute nouvelle de visiteurs venu s'informer en vu de prochaines inscriptions.
Seyun était plutôt fier de lui et pour fêter sa petite prime bien méritée, il profite de pouvoir aprtir un peu plus tôt en ce vendredi pour aller chercher son ami et danseur à son travail qu'il connaît bien à présent, saluant quelques professeurs passant dans les couloirs et qu'il croise avant de rejoindre la petite salle de danse des élèves de la catégorie junior. Il n'a pas longtemps à attendre, le cour se finissant après quelques petites minutes et le flot d'élèves manquant de l'envahir disparaît heureusement bien rapidement dans un joyeux brouhaha au bout du couloir.
La salle vidée de tout élève, il se permet d'y entre, remarquant immédiatement Jimin dans un coin de la pièce occupé à rassembler ses affaires dans le but de quitter les lieux à son tour et de sûrement rentrer chez lui.
- Enfin terminé ?
- Oh seigneur ! Seyun !
Jimin fait un bond, son ami lui ayant causé une frayeur certaine en surgissant ainsi de nul part alors qu'il se pensait enfin seul. Il décolle la main qu'il avait posé sur son coeur aux battements bien trop rapides sous la surprise et attrape son sac à dos, rejoignant en quelques maigres foulées le journaliste qui l'observe avec un large sourire, tout prêt à se moquer de son cri bien peu masculin.
- Qu'est ce que tu fais là ?
- Je voulais te terroriser un peu.
- Oh, arrête de te foutre de moi veux tu ?
- Je voulais juste te voir Jimin.
- Oh …
« Nous y voilà … » pensa-t-il en détournant honteusement le regard sans savoir quoi lui répondre. Étrangement, entendre ce genre de chose le mettait mal à l'aise mais faisait battre son coeur plus rapidement, le rendant fébrile et heureux. Cependant il n'était pas bien sûr d'être capable d'accepter de nouveau de genre de sentiment et surtout pas envers un autre homme.
- Et ça ne pouvait pas attendre ce week-end ? Obligé de m'attaquer dès la sortie du travail ?
- Oui, tout à fait, j'aurais aimé qu'on sorte tous les deux ce soir. Qu'on se balade et qu'on dîne ensemble, qu'en penses tu ? Je t'invites, tu ne peux pas refuser !
- Je t'avoue que je suis crevé.
- Oh … juste un peu ? Au pire, je t'emmène à la maison et je prends soin de toi toute la soirée.
- Bon si tu veux … j'aurais le week-end pour me reposer.
Totalement impuissant, voilà ce qu'il était devenu au fil des mots. Impuissant face à son sourire, face à ses attentions, face à cette façon qu'il avait de le regarder et qui ressemblait presque à ce qu'il avait connu et tant aimé par le passé. C'était chaud, doux et réconfortant tout comme ce bras venant lui entourer les épaules pour le ramener contre un corps fin et bien trop grand. Un sourire habille son visage et tous deux se dirige vers l'appartement de Jimin pour que celui-ci puisse se doucher et se changer afin d'être plus à l'aise sous le bavardage incessant de Seyun qui semble avoir toujours quelque chose à lui raconter.
Ils dînèrent un plat préparé avec soin par un restaurant livrant à domicile et en fin de soirée, Jimin montrant des signes certains de fatigues, le journaliste le raccompagne après avoir longuement insisté face au refus du jeune homme qui comme à son habitude craque et le laisse faire, de toute manière bien trop éreinté pour se battre plus longtemps contre lui. La température de ce début d'été se fait plus clémente et douce, et le chemin du retour se fait lent, agréable et sa fatigue s'évapore légèrement, l'air frais réussissant à le réveiller un peu ainsi que les commentaires parfois hilarants de Seyun sur les différents passants qu'ils peuvent croiser alors que ceux-ci n'ont rien demandés. Ils finissent par déboucher sur un petit parc, celui même qui avait été le spectateur de leur première rencontre.
- C'était il y a quoi … Un an ? Un an et demi ?
- Hum ? De quoi ?
Jimin redresse la tête pour le regarder, ne comprenant pas tout de suite ce qu'il semble lui demander. Il était partit dans la contemplation des arbres commençant peu à peu a retrouver leur feuillage, l'hiver laissant place au printemps depuis quelques longs jours déjà quand bien même la température encore fraîche ne leur laisse pas cette impression.
- Notre rencontre.
- Oh. Euh. Un an et demi oui … Pourquoi ? Tu nous la joue nostalgique tout à coup ?
- Ouais, carrément. J'ai l'impression que c'était hier et pourtant … non.
- C'est vrai.
- Je suis content mine de rien.
- De ?
Seyun lève les yeux au ciel alors que son ami ne semble pas vouloir y mettre du sien, comme s'il ne suivait qu'à moitié leur conversation. Il vient alors lui pincer la joue, juste vengeance de cette ignorance dont il fait preuve et qui attire immédiatement une plainte et une fuite du danseur, celui-ci lui lançant un regard outré.
- De t'avoir rencontré, d'être venu vers toi, ce genre de chose là.
- Oui et bien ça ne justifie pas que tu me pince.
- Pauvre petit.
Sans vraiment le prévenir, le journaliste lui attrape la main, serrant avec douceur entre ses doigts celle plus petite et menue de Jimin dont le visage est empreint d'une certaine surprise qu'il fait disparaître pourtant bien vite. Il lui arrivait parfois d'avoir ce genre de geste d'affection au point où il ne comptait plus le nombre de fois qu'il l'avait prit dans ses bras ou simplement glisser ses doigts dans ses cheveux lorsqu'il lui parle, prendre sa main dans la sienne lorsqu'il regarde un film ensemble, ce genre de petite chose discrète mais agréable qu'il ne cessait de lui servir depuis leur rencontre. Il ne cessait de le couvrir d'attention et jusqu'à présent ça ne lui avait jamais semblé étrange, lui même ayant été très tactile et l'était encore un peu avec ses plus proches amis, comme Namjoon à qui il réclamait bien souvent une étreinte ou encore Hoseok avec qui il n'était pas vraiment possible de faire autrement.
Mais à présent, alors qu'il le ramène gentiment chez lui comme s'il était une faible chose à qui le pire pouvait arriver, il n'avait plus cette sérénité qu'il avait acquis au fil des mois sans savoir pourquoi. Il le regarde, prit d'un trouble remplit d'une culpabilité secrète tandis qu'il se prend à l'observer avec un peu trop d'insistance, alors qu'il se surprend à aimer cette situation.
Finalement, il ne sait plus quoi penser, il n'est plus sûr de rien alors même que la déception grandit en lui en apercevant l'immeuble dans lequel il vit.
- C'est quoi cette tête que tu me fais là ?
- Hm ? Rien rien.
- Triste de rentrer chez toi ?
- Un peu j'avoue.
- Tu commences à aimer ma présence finalement ?
Fit son ami avec un léger rire dans la voix, taquin.
- Ça fait un moment tu sais. Depuis ce fameux chocolat même.
- Vraiment ?
- Oui Seyun …
- Je vais finir par croire que tu m'aimes, fais gaffe.
- Et si c'était le cas ?
Jimin ne le regarde même pas, observant la porte de son immeuble devant laquelle ils viennent de s'arrêter, comme gêné et perturbé parce ce qu'il vient lui même de dire et de supposer.
- Jimin, ne dis pas ce genre de chose si-
- À la prochaine.
Lâchant la main de son ami pour tenter de s'enfuir de cette situation qu'il venait pourtant de créer, il voulut rentrer dans ce vieil immeuble mais l'emprise sur son bras lui fait comprendre que sa fuite était impossible et inutile.
- Laisse moi monter et on en discute. S'il te plaît.
« Il n'y a rien d'autre à dire » pensa-t-il sans pour autant lui répondre, se contentant de se défaire de sa prise pour pénétrer dans le couloir froid et sombre, gardant la porte ouverte pour le laisser entrer à son tour et répondre à sa demande.
Le temps passé dans l'ascenseur lui semble durer une éternité alors qu'ils ne monte que cinq étages, le silence pesant, l'espace semblant bien trop petit et Jimin fuyant le regard du journaliste, son coeur battant à tout rompre. Il a la désagréable impression que les battements de son coeur s'entendent dans ce petit espace alors même qu'il sent le regard de Seyun constamment posé sur lui.
Fort heureusement l'ascenseur s'arrete enfin et c'est un soupire de soulagement qui traverse la barrière de ses lèvres. Il n'est pourtant pas au bout de ses peines, mettant un peu trop de temps à son goût pour trouver ses clés perdues au fin fond de son sac de sport. Il se sent stupide et ridicule sous le regard bien trop calme et posé de celui qui se retrouve être de manière surprenante la source de ses troubles.
Un cri de soulagement intérieur retentit en lui lorsqu'il trouve enfin le Graal – ses clés – et il ouvre la porte de son studio avec précipitation. Seyun ne retient plus le léger rire qui ne cesse de le chatouiller depuis le début de sa lutte et refermant la porte derrière eux, il ne prend pas la peine de se déchausser, persuadé qu'il ne tardera pas à repartir.
- Jimi-
- Tu veux boire quelque chose ? J'ai … du soda, de l'eau fraîche et il doit bien me rester quelques bières. Attends, je vais voir.
- Jiminie, je n'ai pas soif. Viens plutôt t'installer sur le canapé avec moi.
- Seyun …
- Oui ?
Le journaliste l'observe, encore et toujours, de ses yeux sombres et bien trop doux. Jimin s'approche de lui alors que dans son esprit tourne mille et une façon de dire les choses qu'il ressent, ces mêmes choses qu'il a bien trop peur de comprendre.
- Tu ne peux pas juste … oublier ?
- Non.
- C'est pas important. J'ai dis ça comme ça …
- J'y crois pas. C'est loin d'être ton genre.
- Il y a une première fois à tout.
Il regretterait presque ses paroles en voyant le visage de son ami s'assombrir s'il n'avait pas aussi peur de la vérité qui était entrain de faire surface et qu'il n'acceptait pas. Bien trop effrayé par la tournure que les choses prennent peu à peu.
- Arrête de te mentir comme ça. C'est exaspérant.
La tête basse, il ne le voit pas s'approcher et réduire les derniers centimètres qui les séparent, sentant juste une main se saisir de son menton pour lever son visage. Non pas pour l'observer comme il pourrait le penser et il le comprit lorsqu'il sentit une chaleur se presser contre ses lèvres. Une chaleur qui ne dure pas bien longtemps mais qu'il retient contre lui, ses mains venant saisir le manteau contre lequel il atterrit en rapprochant son corps du sien, ses lèvres fondant sur les siennes à peine se séparent elles, ce simple contact suffisant à le faire frissonner.
Depuis combien de temps n'avait il pas eu ce genre d'échange ? Ce genre de contact ?
Il en avait presque oublier les sensations, se refusant chaque jour et chaque nuit d'y repenser, d'y songer encore en sachant pertinemment à quelle personne cela pourrait le ramener.
- Atta-
- Non.
Il ne lui laisse pas le temps de parler, ses mains se chargeant de le libérer de son manteau, ses doigts se glissant sous son pull épais, sous son t-shirt bien trop gênant, entrant en contact avec son épiderme bouillant. Il sait ses mains froides et au sursaut de Seyun, il ne peut retenir un léger rire contre ses lèvres. Un rire qui se charge d'effacer l'angoisse précédente alors même qu'il ne semble pas vouloir cesser de lui dévorer les lèvres des siennes.
Lentement, sûrement, il l'emmène jusqu'à son lit, Seyun répondant depuis de longues secondes maintenant aux moindres de ses attentions, et il le pousse sur le matelas dans un regain d'énergie et d'adrénaline.
Il ne sait pas s'il agit comme il le faut ou non, il ne sait pas s'il le regrettera ou pas. Il n'en peux plus de réfléchir sans arrêt, de penser pendant de trop longues heures au point où ça ne lui apporte que douleur. Il ne veut penser à rien d'autre, rien d'autre à part ce moment présent, mettre son passé de côté, ne plus avoir peur du futur, rien qu'un instant où ses doutes s'envolent pour ne laisser place qu'à la satisfaction, qu'au plaisir d'entendre des soupirs, des gémissements, qu'à cette sensation si plaisante de sentir quelqu'un contre soi, de sentir la chaleur envahir la pièce, de perdre ses moyens de la plus délicieuse des façons.
Ce soir là, le danseur lui fait simplement l'amour alors même que Seyun n'avait plus le moindre espoir, se contentant de vivre à ses côtés, se contentant de son amitié. Ce soir là leur relation change, une histoire nouvelle se forme.
Ce soir là, ce que Jimin prit pour de l'amour était tout autre …
Un voyait en Seyun un être capable de combler ce vide immense en lui, pour un instant, pour une période, prenant un chemin qui ne tardera pas à les faire souffrir sans même en avoir conscience.
Bonsoir, bonjour, je sais plus !
Enfin ! Enfin je vous poste ce chapitre que j'ai commencé avant même de reprendre les cours. Et depuis ... je n'ai juste plus le temps d'écrire. Deux trois phrases par-ci par-là pas de quoi pondre un chapitre en quatre jours ...
Mais il est enfin là, clôturant (normalement) le mini arc du début de la relation Seyun-Jimin, qui j'en suis sûre doit en faire rager plus d'un(e) ... J'espère qu'il saura vous faire apprécier Seyun tout comme moi je l'apprécie.
J'espère aussi que ce chapitre vous aura plu même s'il n'avance pas vraiment l'histoire principale et que je n'en suis pas vraiment fière.
Je vous préviens, pendant que je vous tiens, que je ne posterai pas avant un long moment à cause de mon emploi du temps vraiment ... chargé.
Je vous dis à bientôt !
Des mamours
