Disclaimer: Le cadre et les personnages issus du canon Harry Potter ne m'appartiennent pas, tout cela est à J.K.R. ! Je ne gagne pas d'argent en publiant cette histoire.

Remerciements: À mon inlassable et talentueuse correctrice, j'ai nommé Loufoca, qui me dispense ses conseils et ses réflexions plus que judicieuses avec une générosité sans limite, je ne te dirai jamais assez merci! À mes lecteurs, qu'ils se manifestent ou pas, je vous remercie de prendre le temps de me lire, car après l'écriture, le partage est tout aussi important.

Rappel important: Ceci est une fanfiction dans un univers alternatif aux trois derniers tomes de Harry Potter. Je ne détaillerai pas en quoi ces trois derniers tomes diffèrent des originaux, car je me situe après pour la grosse majorité de l'histoire.


Chapitre 5 – Mise en place

La pièce était sombre, à l'image de sa propriétaire. Erika observait discrètement, notant chaque détail. Elle se savait également détaillée de la tête aux pieds, jaugée, jugée. C'est pourquoi elle s'appliquait à garder un air détaché et confiant.

"- Elle a l'air faible."

La sentence claqua dans l'air, d'autant plus désagréable qu'elle était prononcée d'une voix stridente aux accents légèrement hystériques. Narcissa lui avait dit de se taire, de la laisser diriger les choses. Mais face à ce commentaire sans doute inattendu, elle restait silencieuse. Alors Erika prit la parole.

"- Mme Lestrange, je vous remercie du compliment."

L'expression dédaigneuse de son interlocutrice se mua en une vive interrogation.

"- La robe ne fait pas le sorcier," poursuivit Erika. "Mon air faible trompera nos ennemis."

Un sourire sadique se dessina sur les lèvres de la Mangemort.

"- Aaah, voilà qui devient intéressant. As-tu d'autres talents cachés de ce genre?"

Erika croisa le regard de Narcissa une fraction de seconde et y lut une grande incertitude quant à la tournure que l'entretien prenait. Elle plaqua son air le plus suffisant sur son visage et répondit.

"- Autant qu'il me plaira d'en montrer."
"- Tu es bien impertinente!" s'exclama Bellatrix Lestrange avec un ton haut perché.

Erika sourit et fit mine de se lever.

"- Et bien, si cela ne vous convient pas..."
"- Attends!"

Elle lui intima de se rasseoir et se tourna vers Narcissa.

"- Cissy, tu es sûre?"
"- Absolument."
"- Mais... viens par ici!"

Elle se détourna et entraîna sa sœur à l'écart, poussant la porte qui séparait de celle d'à côté la pièce dans laquelle avait lieu ce qu'on pouvait qualifier d'entretien étrange. Erika ne chercha pas à entendre ce qui se disait. Elle aperçut néanmoins par l'entrebâillement de la porte que la discussion entre les deux sœurs était assez animée. Bellatrix ne semblait absolument pas convaincue.

Un long moment passa. Erika s'était levée et s'était plantée devant la fenêtre. Elle attendait, elle n'avait pas le choix. Enfin, un « hmhm » caractéristique la fit se retourner.

"- Bon, mademoiselle l'impertinente, c'est d'accord."

Un sourire étira les lèvres d'Erika. Bellatrix s'adressa à Narcissa.

"- Il va falloir la présenter au Seigneur des Ténèbres."

Erika dut faire appel à toute sa maîtrise de soi pour ne pas se trahir. Elle ne connaissait que quelques rudiments d'Occlumancie. Mais Narcissa haussa les épaules.

"- Rien ne presse," dit-elle.
"- Elle n'est pas marquée..."
"- Quand la mission sera au point, on le fera."
"- Bon, très bien. Erika, c'est ça?"
"- Oui."
"- Tu es désormais au service du Maître. Trahis et même la mort te paraîtra douce en comparaison de ce que je te ferai..."

Et elle éclata d'un rire vraiment hystérique. Erika acquiesça doucement, mais son esprit était ailleurs. Si peu de temps, qui allait lui enseigner la maîtrise de l'Occlumancie?

§***§

"- Alice."
"- Qui ça?"
"- Une des jeunes, elle est extrêmement douée."

Après des fouilles dans sa mémoire, Erika parvint à remettre un visage sur le prénom. Décidément, il devait y avoir un destin qui les liait pour que leurs chemins se croisent sans cesse de la sorte. Elle regarda Harry Potter et soupira.

"- Oui, je vois," dit-elle. "Bon, puisqu'il le faut."
"- Qu'y a-t-il?"
"- Elle est naïve."
"- De moins en moins. Elle s'applique. Ça ira."

Il avait usé d'un ton paternaliste rassurant. Le rôle de chef de l'Ordre lui seyait à merveille.

"- De toutes façons, je n'ai pas le choix," répliqua-t-elle.
"- C'est vrai. Je vais vous mettre en rapport. Tu as des disponibilités?"
"- Pour le moment, toujours mon jour aléatoire de liberté."
"- Très bien. Jeudi prochain, cela conviendrait-il?"
"- Normalement oui. Je te préviendrai s'il y a un problème."
"- Parfait. Bon courage."
"- Merci."

Ils se serrèrent la main et Erika quitta le QG de l'Ordre. Un instant, elle songea à transplaner chez Sirius. Mais elle partit pour le Manoir Malefoy. Elle n'avait pas le temps d'essayer de dénouer la situation dans laquelle ils s'étaient fourrés tous les trois. De toutes façons, Remus et Sirius devaient être occupés.

§***§

En terme d'occupation de son temps, Sirius aurait préféré faire autre chose. Quoi, il ne savait pas, mais tout sauf une énième réunion de l'Ordre. Affalé sur sa chaise, il entendait sans les écouter les rapports et doléances des différents membres qui siégeaient au Conseil de l'Ordre. Il avait été nécessaire de mettre en place cette hiérarchie quand le nombre de recrues s'était mis à croître. La guerre qui s'éternisait et l'accession de Harry à la place de chef y étaient pour beaucoup. Il était heureux que Voldemort voulait Harry vivant pour le tuer lui-même, sinon les assassins auraient certainement défilé dans leurs rangs.

Sirius soupira et son regard coula vers son filleul. Harry, très sérieux, écoutait attentivement les informations qu'on lui retransmettait. Était-il possible qu'ils se soient à ce point éloignés ? Oui, ce jeune homme ressemblait de moins en moins à James. Et que pourrait-il bien lui apprendre qu'il ne sache déjà ?

Un coup de pied dans son mollet le tira de sa rêverie.

"- Tiens-toi droit," lui chuchota Remus, "on dirait que tu as trop bu..."

Il y avait peut-être un peu de ça aussi. Sirius hésita sur la conduite à adopter : s'affaler davantage ou se redresser. Il choisit la deuxième solution mais l'appliqua à l'extrême. Il affichait à présent l'air le plus noble et compassé qu'un Black pouvait avoir. Remus ne put s'empêcher de sourire sur l'instant, puis se concentra à nouveau. Sirius l'observa un moment. Malgré qu'il ait pardonné à son ami, il ne pouvait s'empêcher de revoir parfois Erika dans les bras de Remus. C'était dur. Avait-elle choisi son meilleur ami ? Elle avait bu ce jour-là, mais pas assez pour perdre le contrôle de ses moyens. Pas assez pour ne pas être consciente de ce qu'elle faisait. Était-il condamné à voir Remus heureux avec celle qu'il avait choisie ? Ils s'entendaient tellement bien tous les deux. Bien mieux que lui ne s'était jamais entendu avec elle. Il devrait s'éloigner. Remus ne ferait jamais plus que l'embrasser lors d'une soirée trop arrosée s'il restait dans les parages. Quitte à ce que ce soit foutu pour lui, pourquoi gâcher les chances de son ami ?

"Bats-toi!"

Son amour-propre voulait s'en mêler, évidemment. Et il avait bien envie de l'écouter. Pourquoi cela serait-il définitivement perdu ? Pourquoi devrait-il abandonner au profit de Remus ? Il était là le premier, il avait toujours été là, il méritait sa chance.

Le changement de sujet de la réunion arrêta le fil de ses pensées.

"- En ce qui concerne le fameux objet remis aux mains d'inconnus sans doute alliés à Voldemort," disait Harry, "nous n'avons malheureusement pas plus d'informations. Il semble que cet objet et ses nouveaux possesseurs se soient volatilisés on ne sait où."

Cet imbécile de Servilus ne servait vraiment à rien. Il ne devait plus être dans les petits parchemins de Voldemort. Sirius s'intéressa pour la première fois de la réunion à qui se trouvait autour de la table. Rogue n'était pas là. C'était suffisamment exceptionnel pour être remarqué. Et cela ne présageait rien de bon.

Après la réunion, qui ne s'étira pas davantage, Sirius s'apprêtait à vider les lieux quand Harry l'interpella pour discuter avec lui. L'animagus hocha la tête en signe d'assentiment et investit la cuisine pour se faire un café bien fort. Il avait besoin de s'éclaircir les idées. Un moment plus tard, Harry le rejoignit.

"- Harry, comment vas-tu ?" demanda Sirius d'un ton jovial.
"- Bien, et toi Sirius?"
"- Ça va. Dis-moi, que puis-je pour toi? J'imagine que tu as beaucoup de choses à faire..."
"- Et bien, en ce moment c'est assez calme. Tu es sûr que ça va? Tu as les traits tirés..."

Sirius balaya la remarque d'un geste de la main.

"- Oui, oui. Tu voulais me voir pour quelque chose de particulier?"
"- En fait, oui..."

Harry hésita.

"- Je t'écoute, vas-y," l'invita Sirius. "Tu sais bien que tu peux tout me demander..."
"- C'est à propos d'Erika..."
"- Oh."

Ce fut tout ce qu'il parvint à exprimer. Il arrêta de prétendre que tout allait bien et afficha un air plus ou moins distant.

"- Ce n'est pas une demande," précisa alors Harry. "Je voulais te tenir au courant."

Sirius se contenta d'acquiescer, se disant que si son filleul lui parlait de cela, c'était qu'il se doutait qu'Erika ne le tenait pas au courant.

"- Elle va devoir prendre la Marque," dit Harry tout bas.
"- Quoi? Mais je croyais que si cela se présentait, les infiltrés devaient se retirer aussitôt!"

Sirius était outré. Comment Harry pouvait sacrifier quelqu'un de la sorte pour quelque obscure raison? Pourquoi s'acharnait-il ainsi sur Erika?

"- Je lui ai dit d'abandonner. Elle a refusé. Elle a insisté pour continuer. Et elle a demandé que je ne dise rien à ce sujet..."

Il marqua une pause durant laquelle Sirius tenta d'assimiler les choix d'Erika. Elle était suicidaire, il n'y avait pas d'autre explication.

"- J'ai estimé que tu avais le droit de savoir," conclut Harry.

Sirius acquiesça de nouveau. Il ne décolérait pas. Il n'avait qu'une envie, balancer au travers de la pièce tout ce qui lui tomberait sous la main.

"- Je vais te laisser," dit finalement Harry. "Si tu as besoin, tu sais où me joindre."

Il fit un geste vers une de ses poches, désignant le miroir communicant qu'ils n'avaient plus utilisé depuis longtemps. Sirius ne répondit rien. Harry quitta la pièce. Toujours en colère, l'animagus imita son filleul et emprunta la cheminée pour rentrer chez lui. Là, il attrapa un coussin et s'affala dans le divan. Quand il parvint à relâcher le coussin, les jointures de ses mains étaient blanches tant sa colère avait eu du mal à passer. Et il se dit que son cœur avait choisi la pire personne qui soit.

§***§

"- Bonsoir, Erika."

Elle releva la tête de ses papiers et toisa Lucius qui venait d'entrer dans ses appartements sans s'être manifesté avant.

"- Je t'en prie, fais comme chez toi," lui indiqua-t-elle.

Il haussa le sourcil, sans doute interloqué par le ton ironique qu'elle avait employé.

"- Que voilà beaucoup d'agressivité dans ta voix..."

Il ne semblait pas apprécier.

"- Si tu veux tout savoir, je suis occupée, j'ai du travail."
"- Et quelle soudaine assurance! Que te prend-t-il?"

Il avait presque susurré sa question, à la façon d'un prédateur évaluant sa proie. Il avait même fait un pas en avant, comme pour réaffirmer sa position dominante.

"- Il ne me prend rien. Je n'ai ni le temps ni l'envie de te prêter mon corps ce soir."
"- Me "prêter" ton corps? Tu oublies sans doute que c'est moi qui t'ai tout appris?"
"- Quelle importance?" rétorqua-t-elle. "J'en ai assez, trouve quelqu'un d'autre pour te satisfaire."
"- Je pourrais obtenir de toi ce que je veux dans l'instant," menaça-t-il en prenant sa baguette.
"- Il serait dommage pour toi que Bellatrix apprenne que son beau-frère force sa nouvelle protégée à coucher avec lui, trompant sa chère sœur par la même occasion..."
"- Bella...? Sa nouvelle... protégée?"

Elle lui laissa le temps d'assimiler l'information et d'en tirer les conclusions.

"- Tu t'es servie de moi," dit-il avec de la colère contenue dans la voix.
"- L'élève apprend toujours du maître," répliqua-t-elle. "Maintenant, si tu avais l'obligeance de me laisser, j'ai encore beaucoup de travail..."

Il la fusilla du regard.

"- Cela ne se passera pas ainsi," gronda-t-il.
"- Bonne soirée, Lucius," se contenta-t-elle de répondre.
"- Bonne soirée."

Et il quitta la pièce, clairement mécontent. Elle haussa les épaules. Un problème de moins.

§***§

Remus n'y tenait plus. Cela faisait des heures qu'ils étaient en planque avec Sirius et ce dernier gardait un silence obstiné. Remus se doutait que c'était dû à son attitude déplacée avec Erika, mais enfin, il s'en était déjà expliqué, que pouvait-il ajouter ?

"- Sirius?"

Il reçut un grognement pour toute réponse. D'ordinaire, Remus aurait abandonné là, mais quelque chose le poussait à insister.

"- Bon, Sirius, dis-moi pourquoi tu me tires la tête, comme ça je serai fixé. Sinon arrête de ruminer dans ton coin!"

Un instant, Sirius le regarda avec un air interloqué. Bon, il avait peut-être un peu haussé la voix, mais la situation l'énervait aussi un peu.

"- Je ne te fais pas la tête," finit par répondre Sirius après un silence.
"- Bon, alors quoi?"

Un nouveau silence durant lequel Remus faillit perdre patience. La montée de la Lune mettait sa maîtrise habituelle à rude épreuve.

"- Tu te doutes d'où vient le problème," dit enfin Sirius.

Remus soupira.

"- Erika?" dit-il, à peu près certain de ne pas se tromper.

Son ami acquiesça.

"- Sirius, je t'assure que je n'ai aucune intention envers elle. Il faut que tu me croies! C'était un malencontreux concours de circonstances..."
"- Peu importe," balaya Sirius de la main.
"- Mais... enfin, non... c'est important, je ne te mentirais pas!"
"- Tu en es peut-être persuadé," répliqua Sirius en haussant les épaules, "ça ne change plus rien..."
"- De quoi parles-tu? Tu abandonnes?"
"- Je ne sais pas... Ce qu'elle veut faire est fou..."
"- Elle t'a parlé d'un projet?" demanda Remus doucement.

Le ton de la confidence qu'employait à présent Sirius l'avait calmé.

"- Harry ne t'a rien dit?"

Que venait faire Harry dans l'histoire ?

"- Non, pourquoi, il aurait dû?"
"- Je pensais que tu savais... Erika va prendre la Marque."
"- Quoi?!"
"- Chuuuut!"

La nouvelle lui avait fait l'effet d'un coup de poing. Il ne dit rien et quitta son poste d'observation pour s'asseoir, abasourdi.

"- Remus?"
"- Pourquoi?"
"- Il parait que c'est nécessaire pour garder sa couverture et frapper un grand coup."
"- Mais Harry ne lui a pas dit de tout arrêter?"
"- Si. Elle refuse d'abandonner."
"- Elle est complètement folle..."

Sirius afficha un petit sourire, comme s'il retirait une certaine satisfaction de cet état de fait. Puis sa mine s'assombrit à nouveau et il reprit sa surveillance.

Remus, encore sonné par la nouvelle, resta assis un moment. Puis il se remit à son poste. Le silence entre Sirius et lui était à présent relatif, fait des mêmes réflexions et inquiétudes.

Après un temps indéfini, l'attente à laquelle ils étaient soumis s'acheva par un événement inattendu. Le bâtiment qu'ils surveillaient abritait une réunion de Mangemorts. Ils en avaient vu entrer en début de nuit et avaient entendu le craquement de plusieurs transplanages à l'intérieur. Cette succession de bruits caractéristique venait de se reproduire. Mais ceux qui étaient sortis à pied du bâtiment avaient abandonné l'un des leurs sur le chemin avant de s'éloigner. Quand il n'y eut plus de mouvement, Sirius demanda:

"- A ton avis, qui ça peut être?"
"- Ça ne coûte rien d'aller voir," dit Remus. "Imagine que ce soit Rogue..."

Sirius grogna quelque chose d'inarticulé mais ne fit pas mine de vouloir se rétracter. Après avoir pris la précaution de se désillusionner, ils approchèrent du corps inerte. Sans un mot, Remus le déplaça précautionneusement afin de l'identifier. C'était bien Rogue, dans un sale état. Sachant que Sirius faisait le guet, Remus lança quelques sorts de diagnostic.

"- C'est bon," murmura-t-il, "il peut transplaner, viens m'aider."

Ils se désillusionèrent et attrapèrent Rogue de part et d'autre pour transplaner au QG de l'Ordre aussitôt. Arrivés sur place, ils installèrent l'espion dans le premier divan venu. Sirius s'éloigna alors, se désintéressant du sort du blessé, mais il ne sortit pas de la pièce. Remus lui en fut reconnaissant. Il se pourrait en effet qu'il ait besoin de lui. Avec les traitements que les Mangemorts infligeaient, on pouvait tout redouter. Le lycanthrope n'était pas médicomage, mais il avait déjà aidé Rogue dans ce genre de situation. Le professeur refusait systématiquement tout traitement officiel, ayant tout un arsenal de potions préparées par ses soins à cette intention. Remus farfouilla dans la boîte à fioles dissimulée dans la pièce et administra l'une après l'autre les potions que Rogue réservait à sa remise sur pied après les réunions de Mangemorts difficiles. Avant qu'il ait bu le contenu de la dernière fiole, toujours en proie aux affres de l'inconscience probablement provoquée par des Doloris à répétition, Rogue se mit à lutter contre cet état comateux et s'agita.

"- Pas elle... non... dois... protéger...," marmonna-t-il.
"- Du calme, Severus, c'est passé," dit doucement Remus en approchant la fiole.
"- Non!"

Rogue agrippa le bras du lycanthrope avec force.

"- Danger… trop nombreux…" dit-il, le regard fou.
"- Quel danger? Qui est trop nombreux?" demanda Sirius, qui s'était approché.
"- Espions! Stewart..."

Rogue s'affala de nouveau sur le divan, vaincu par l'extrême fatigue qui s'imprimait sur ses traits.

"- Quoi, Stewart?" s'agita Sirius. "Bon sang, Remus, donne-lui sa foutue potion, il parle d'Erika, là!"

Remus obtempéra mais ne se laissa pas gagner par l'empressement de Sirius. Il ne s'agissait pas de tuer Rogue. Après quoi, il s'assit dans un fauteuil.

"- Et alors?" demanda Sirius, fébrile.
"- Alors il faut attendre. Tu veux le veiller?"
"- Non merci!"

Sirius marqua une pause, puis reprit.

"- Tu vas rester là?"
"- Oui."

Remus n'ajouta pas d'explication sur l'état critique du professeur de potions. Il savait que son ami n'en avait rien à faire.

"- Bon," dit Sirius. "Je vais rester avec toi."
"- Comme tu veux. Tu vas chercher de quoi nous tenir éveillés? Il y en a pour un moment."

Sirius acquiesça et s'en fut. Remus soupira. Qu'allait-il encore arriver à Erika?

§***§

"- Concentre-toi..."

Erika soupira.

"- Tu auras beau me le répéter encore et encore, je t'ai déjà dit que je n'étais pas douée pour cela."

Alice haussa les yeux au ciel.

"- Je ne suis pas d'accord, tu progresses bien quand tu le veux bien."

Perspicace pour son âge. Ou tout simplement excellente dans son domaine.

"- Peut-être," admit-elle. "J'ai eu une semaine difficile."
"- Pour ta mission?"

Alice se montrait toujours aussi volubile quand on semblait aborder, fut-ce de très loin, les missions de l'Ordre.

"- Non," rétorqua Erika. "Figure-toi qu'il n'y a pas que l'Ordre qui importe, mon travail au Ministère aussi."
"- Oh, excuse-moi."

L'aînée eut un geste las.

"- Oublie, ce n'est pas grave."

À la vérité, en arrivant au QG ce soir-là, elle avait cru apercevoir Sirius. L'avait-il vue? Auquel cas, l'évitait-il? Et s'il ne l'avait pas vue, devait-elle essayer de le trouver? Mais s'il était déjà reparti ou jamais passé, ne donnerait-elle pas l'impression d'être stupide de le chercher ici alors que les proches de Sirius savaient qu'elle avait habité chez lui? Elle se tracassait inutilement, elle le savait, mais ne pouvait détourner son esprit de cette idée, d'où son manque de concentration. Elle soupira.

"- Ne t'inquiète pas," se méprit Alice, "tu y arriveras."
"- Oui, sans doute," dit Erika, abondant dans son sens, "mais pas aujourd'hui."
"- Au fait, monsieur Lupin m'a demandé de tes nouvelles, il n'y a pas longtemps..."
"- Ah bon... Que lui as-tu dit?"
"- Que tu allais bien, que tu venais ici régulièrement pour t'entraîner, mais qu'il n'y avait pas de jour fixe à cause de ta mission..."

La petite ne jouait-elle pas l'entremetteuse, l'air de ne pas y toucher? Erika choisit sciemment de ne pas réagir.

"- Et que la prochaine fois que tu serais là, ce serait aujourd'hui."

Erika sourit. Le visage d'Alice montrait son appétit d'histoires d'amour croustillantes. Il n'y avait pas besoin d'être Legilimens pour savoir ce qu'elle pensait. Et si elle attendait cela d'Erika, c'était que des rumeurs à son sujet couraient au sein de l'Ordre. Et bien soit, elle allait être déçue.

"- Bien, merci. On reprend?"

L'air interloqué d'Alice la fit sourire à nouveau, mais ce fut la seule réaction qu'elle lui offrit. Sa concentration était de nouveau au rendez-vous. Elle s'était débarrassée du souci qui la distrayait: elle avait décidé de rester au QG le temps qu'il faudrait pour croiser Sirius ou Remus.

§***§

Plus de minuit. Sirius observa Erika qui avait levé la tête de ses papiers au bruit qu'il avait fait en s'approchant de la pièce. Il avait tergiversé depuis qu'il l'avait aperçue dans la journée. Après tout, que pouvait-il faire? Rogue s'inquiétait surtout de voir le nombre d'espions augmenter chez les Mangemorts, les risques de se faire démasquer devenant plus importants. Il était resté vague quant aux intentions de Vous-Savez-Qui, arguant que même si le mage noir s'intéressait particulièrement à Erika, il réservait un accueil spécial à tous les nouveaux Mangemorts importants. Le plan d'Erika était donc conséquent, ce qui expliquait sa volonté de ne pas tout abandonner. Mais de là à se faire marquer, cela le dépassait. Elle avait beaucoup changé, il avait l'impression de ne plus vraiment la connaître. Il vit qu'elle haussait les épaules et se replongeait dans son travail. Il avança doucement dans la pièce, ne dissimulant pas sa présence mais ne voulant pas particulièrement s'imposer. Quand elle marqua une pause, il jugea opportun de se manifester.

"- Encore là?" dit-il.

Elle releva la tête et le regarda un instant.

"- Comme tu vois," répondit-elle. "Et toi?"

"- Comme tu vois," dit-il du tac au tac.

Il maintenait une expression aussi neutre que possible sur son visage. Erika avait reposé les yeux sur son dossier, mais ne semblait plus vraiment concentrée. Une panoplie d'expressions passa sur ses traits qu'il aurait été bien en peine de décrypter. Ne supportant plus le silence, il reprit la parole.

"- Et ta mission?"

Question épineuse. Mais elle esquiva le problème comme s'il n'existait pas.

"- Elle progresse bien," répondit-elle en annotant son dossier. "J'ai pu me débarrasser de Lucius."

Sirius perdit sa neutralité à la mention du Mangemort. Heureusement, Erika fixait toujours ses papiers en mordant la lèvre, ce qui lui donna le temps de reprendre contenance avant de répondre d'un ton qui se voulait dégagé.

"- Ah oui? Tant mieux."

Elle ferma son dossier et releva finalement la tête vers lui.

"- Tant mieux pour qui?" demanda-t-elle.

En voilà une drôle de question. Il haussa les épaules, ses idées noires revenant le hanter.

"- Pour Remus, je suppose," répondit-il l'air de ne pas y toucher.
"- Je ne suis pas avec Remus," répliqua-t-elle froidement.
"- Pourtant, à son anniversaire..." ne put-il s'empêcher de commencer.
"- Il avait bu, moi aussi. On ne s'est pas revus depuis."

Finalement, songea Sirius tandis qu'Erika rangeait ses papiers avant de se lever, Remus et elle ne se ressemblaient pas tant que ça. Là où il s'était répandu en explications, elle avait coupé court, affirmant les choses et le mettant au défi de ne pas la croire. Il en était là de ses réflexions quand elle l'embrassa sur la joue. Il la regarda, surpris ; il ne l'avait pas vue s'approcher.

"- À bientôt," dit-elle.

Et avant qu'il ait pu répondre quoi que ce soit, elle avait transplané. Il passa ses doigts sur sa joue. Le contact avait été furtif, mais très doux. À quoi jouait-elle donc ? Il abattit un poing rageur sur la table désertée. Fou, il allait devenir fou.

§***§

"- On ne te voit plus très souvent au manoir, Erika," lâcha Lucius inopinément alors qu'ils étaient tous attablés un soir.

Les trois Malefoy et les deux Lestrange focalisèrent leur attention sur elle. Elle prit le temps d'avaler ce qu'elle avait en bouche.

"- Je travaille," répondit-elle simplement.
"- Tu n'es pas tout le temps au Ministère," répliqua-t-il.
"- Tu me fais suivre, à présent?" rétorqua-t-elle. "Comment j'occupe mon temps ne te concerne pas."
"- Peut-être pas moi," continua-t-il, "mais le Seigneur des Ténèbres aime à savoir ce que font ses Mangemorts."

Elle marqua une pause, déposant ses couverts dans son assiette, puis s'épongeant la bouche avec sa serviette. Alors elle fixa Lucius pour lui répondre.

"- Si le Seigneur des Ténèbres souhaite savoir tout ce que je fais, il me marquera. Ce n'est pas à toi de prendre les décisions à sa place ou de juger pour lui, il est bien plus capable que toi de concevoir des projets de grande envergure et à long terme."

Elle se leva.

"- Bonne soirée," conclut-elle en jetant un coup d'œil à chacun des attablés.

Alors qu'elle quittait la pièce, un concert de voix s'éleva dans son dos. Bellatrix jubilait, Lucius fulminait et Narcissa évitait de se faire prendre à partie par l'un ou l'autre. Quant à Rodolphus, il ne disait rien, comme toujours. C'était très bien ainsi.

Plus tard dans la soirée, Bellatrix débarqua à l'improviste. Erika travaillait encore.

"- Quel exemple!"
"- Merci," répondit Erika sans trop savoir si c'était un compliment ou une critique déguisée.
"- J'espère que ton dévouement sera aussi exemplaire pour le Seigneur des Ténèbres..."

Erika posa sa plume et fixa Bellatrix.

"- Pourquoi ne le serait-il pas?" dit-elle d'un ton sans appel. "Ne l'ai-je pas requis?"
"- Hm, pas tout à fait," répliqua Bellatrix en s'asseyant sur le lit, "tu n'as pas demandé à devenir une Mangemort..."
"- Quand Narcissa m'a demandé si je souhaitais m'investir davantage, j'ai acquiescé en ayant mesuré toute la portée d'un tel engagement..."
"- Bien, alors tout est parfait!"

Un silence. Erika attendait que Bellatrix lui révèle l'une ou l'autre information, comme la date de son entretien avec Voldemort, mais ce fut un tout autre commentaire qu'elle reçut.

"- Tu es mignonne, tu sais, te l'a-t-on déjà dit?"

Devant l'air effaré d'Erika, Bellatrix partit d'un rire hystérique. Cette femme était encore plus folle qu'elle ne l'avait imaginé. Erika espéra vivement qu'elle ne devrait pas s'en tenir au même type d'engagement qu'avec Lucius. Elle n'avait jamais eu l'occasion d'avoir une relation avec une femme, mais ce n'était certainement pas celle-là qu'elle choisirait pour commencer, tant la perversion suintait de tous ses pores. Bellatrix s'était dangereusement rapprochée d'elle. Leurs visages n'étaient plus distants que d'un souffle. Erika se retenait de manifester son aversion pour une telle proximité. Surmontant son dégoût, elle décida de profiter de l'occasion pour demander une faveur.

"- Puis-je m'absenter demain?"
"- Tu as fini tout notre travail?" demanda Bellatrix en passant l'ongle pointu de son index contre la joue d'Erika.
"- Bien sûr, sinon je ne demanderais rien."
"- D'accord, tu as droit à un peu de repos."

Elle se recula brusquement et s'en fut comme elle était venue en lui souhaitant une bonne nuit. Erika resta interloquée un moment avant de clore son travail et de se coucher.

§***§

"- Sirius?"

Il se retourna, surpris de s'entendre appeler.

"- Erika? Mais, que fais-tu ici?"
"- Je suis de passage, comme souvent, et toi?"

Il ne pouvait pas lui dire qu'il errait la plupart du temps au QG pour éviter de tourner en rond chez lui entre les missions. Il ne pouvait pas non plus lui dire qu'il espérait la croiser. Elle le regardait étrangement, attendant sa réponse. Pourquoi ne pourrait-il pas lui dire, finalement ? Il l'attrapa par la main et l'entraîna à sa suite après lui avoir lancé un « Viens » péremptoire. Elle se laissa guider. Bon ou mauvais signe ? Sirius préféra ne pas y songer. Ils pénétrèrent dans une chambre inoccupée dont il referma la porte derrière eux. Erika lui tournait le dos, elle semblait tendue.

"- Erika..."

Il détesta sa voix qui était trop rauque, qui lui semblait trop fragile. Mille mots se précipitaient dans sa bouche, voulant tous sortir et disparaître à la fois. Le paradoxe le fit hésiter, le paralysa presque.

"- Sirius," soupira Erika.

Elle lui tournait toujours le dos. Il tendit la main vers son épaule avant d'avoir pu avorter le geste. Mais au contact, elle se raidit si violemment qu'il retira aussitôt sa main, comme si elle l'avait brûlé. C'était plus qu'il n'en pouvait supporter, trop de non-dits, de tension, il fallait que cela cesse. Alors il se lança.

"- Erika, je..."
"- Non," le coupa-t-elle fermement.
"- Mais...," voulut-il s'imposer.
"- Non, ne le dis pas," lui refusa-t-elle, "ne dis rien."

Un silence confus.

"- Pourquoi?" hasarda-t-il.

Elle inspira profondément avant d'enfin se retourner.

"- Non," répéta-t-elle doucement avant de marquer une nouvelle pause.

Sirius attendait, les poings serrés. Il n'autorisait plus son cerveau à fonctionne, il refusait de penser. Erika sembla prendre une dose de courage et leva les yeux, accrochant son regard. Il y lut de la tristesse mais aussi de la détermination. Et à l'instant où elle commença à parler, il comprit.

"- Sirius, on ne peut pas continuer comme ça."

Il y avait une fêlure dans sa voix. Il avait l'impression qu'elle faisait écho à cette fissure qu'il savait ancrée en lui depuis longtemps.

"- Avant, dans d'autres circonstances, on aurait pu..."

Il avait envie qu'elle arrête de parler.

"- Mais on a trop changé."

... qu'elle ne mette pas de mots sur ce qui n'avait pas encore été défini...

"- Peut-être moi davantage que toi."

... qu'elle ne concrétise pas ce qu'ils savaient tous les deux mais avaient refusé d'admettre jusqu'alors.

"- Tu restes mon ami, Sirius, et je ne veux pas que tu souffres inutilement. Je ne veux pas souffrir non plus."

Et paradoxalement, il ne pouvait pas l'empêcher de parler, car chaque mot enlevait un poids dont il ne s'était pas rendu compte qu'il le portait.

"- Alors je crois... qu'il vaut mieux en rester là."

Il se sentit acquiescer.

"- Plutôt que de se déchirer en prétendant être ce qu'on n'est plus."

Le silence s'installa entre eux, lourd de tout ce qui ne serait jamais.

"- Tu as raison," dit-il dans un souffle après un moment.

Il pensait être ravagé après une telle déclaration, mais il n'en était rien. Ses yeux restaient secs, il respirait normalement. Il n'avait pas cessé de la regarder, mais il la voyait seulement maintenant. Elle avait vieilli.

"- Erika?"
"- Oui?"
"- Surtout, fais attention à toi."

Elle hocha la tête en signe d'assentiment.

"- Toi aussi," dit-elle.

Il acquiesça également. Elle fit un pas vers lui et regarda par-dessus son épaule. La porte. Il s'écarta.

"- Au revoir, Sirius," dit-elle en sortant.
"- Au revoir, Erika," répondit-il avec un peu de retard.

L'avait-elle entendu? Il haussa les épaules. La blessure était moins profonde qu'il ne le croyait. Il guérirait.

§***§

"- Miss Swire n'est pas là, non."
"- Ah, c'est ennuyeux, j'ai besoin d'aide en Occlumencie..."

Severus Rogue avait perdu son air suffisant pour le remplacer par de la curiosité à la mention d'Occlumencie qu'avait faite Erika. Elle savait qu'il était émérite en la matière et, à l'annonce de l'absence d'Alice, elle n'avait pas hésité à tenter sa chance.

"- Êtes-vous réfractaire à cette technique?" demanda-t-il l'air de ne pas y toucher.
"- Pas du tout, mais j'ai débuté il y a peu et j'ai besoin que mes défenses soient efficaces, à défaut d'être parfaites."

Elle marqua une courte pause, ménageant son effet et, sans lui laisser le temps de parler, elle ajouta:

"- Pourquoi, vous pourriez m'aider?"

Il la toisa d'un air soupçonneux.

"- Il se peut. Vous avez des choses à cacher?"
"- Des tas, c'est le but de la manœuvre."
"- Très bien, venez avec moi."

Elle le suivit dans le dédale de couloirs du QG de l'Ordre. À défaut d'avoir une séance supplémentaire avec Alice, elle allait subir une sorte de test avant de devoir affronter Voldemort. Elle ne perdait pas vraiment au change.

Au détour d'un couloir, ils croisèrent Remus. Dans les saluts polis, Rogue n'avait pas perçu l'échange de regard entre son élève d'un jour et le lycanthrope. Trop bref pour en tirer la moindre conclusion, de toutes façons. Les deux amis se verraient après, il attendrait, elle le savait. Ainsi, elle se détacha aisément de cette rencontre inopinée, tout comme elle s'était détachée de celle avec Sirius, et se concentra sur la séance de torture à venir.

§***§

"- Relevez-vous."
"- Vous êtes certain que c'est nécessaire? Je vais quand même me retrouver au sol dans cinq minutes..."
"- Vous avez une technique particulière pour vous garder de toute intrusion, qui fonctionne, certes, mais qui est complètement à votre désavantage."

Rogue avait raison et Erika le reconnut en se remettant sur ses deux pieds.

"- Il est vrai que perdre conscience n'est pas des plus sécurisant face à un ennemi potentiel. Comment puis-je remédier à cela?"
"- Au lieu de penser à mettre un bouclier entre votre agresseur et vous, dirigez-le vers autre chose qu'il vous est loisible de lui révéler..."
"- Cela semble logique et simple, énoncé comme ça, mais en pratique, comment dois-je procéder?"

Rogue leva les yeux au ciel, semblant se demander s'il allait continuer la séance ou non, considérant peut-être qu'il perdait son temps.

"- Préparez des souvenirs que votre interlocuteur est susceptible de juger comme étant ce que vous souhaitez lui cacher et présentez-les-lui après avoir un peu résisté."

Bon, c'était déjà un peu plus clair, mais cela restait toujours un concept. Erika abandonna l'idée de demander un exemple concret et acquiesça.

"- Allons-y," dit-elle.

C'était plus insidieux que les fois précédentes, ainsi elle ne se rendit pas tout de suite compte que Rogue avait déjà investi son esprit, ou tout du moins les quelques pensées qui en émergeaient sur le moment. Prise au dépourvu – alors qu'elle était sensée préparer – et un peu déstabilisée, elle se focalisa néanmoins sur le premier souvenir sans importance qui lui vint à l'esprit, une simple discussion avec un collègue du Ministère. Rogue rompit aussitôt le lien, ce qui lui fit l'effet d'un coup violent à la tête et elle chancela, restant debout avec difficulté.

"- J'avais dit quelque chose de susceptible de ne pas vouloir être révélé, pas n'importe quelle conversation quelconque."
"- Pourquoi... une telle... violence?" demanda Erika encore sous le choc.
"- Parce que je vous ai réellement agressée."
"- Ça a le mérite... d'être honnête..."

Elle inspira longuement pour recouvrer totalement ses esprits et en profita pour se parer correctement. Elle savait tout ce qu'elle avait à cacher, quel que soit son agresseur, fut-ce un ami. Elle était déjà parvenue à dérouter Alice, mais celle-ci ne l'avait jamais agressée réellement. Donc, elle devait donner l'impression...

Encore cette sensation infime mais étrange. Lui résister, cette fois cela devenait douloureux. Ne pas lui montrer cela. Cette étrange discussion...

"- Rogue n'est qu'un imbécile!" s'exclama Sirius.
"- Ah bon? Il n'a pas l'air d'en être un..." avança Erika.
"- Tu ne le connais pas, tu ne peux pas savoir!"
"- C'est vrai, mais en quoi c'est un imbécile?"
"- Il l'est, c'est tout!"
"- Très convaincant..."

De nouveau ce choc très violent qui lui arracha un cri alors qu'elle tombait à genoux. Rogue s'était retiré de son esprit.

"- C'était volontaire?" demanda-t-il d'un ton sec.
"- Oui," souffla-t-elle du bout des lèvres.
"- Alors je vous laisse."

Il ouvrit la porte de la petite pièce et sortit sans un mot, laissant effectivement Erika, seule et mal en point. Incapable de se redresser, elle luttait avec elle-même pour rester consciente. Le temps s'écoula sans qu'elle puisse en prendre la mesure.

"- Erika, tu es là?"

Elle tenta de focaliser son attention sur la silhouette qui s'approchait d'elle, mais c'était peine perdue.

"- Oh, je m'en serais douté, Erika, tu vas bien?"

Il s'était penché pour la soulever. C'était Remus. Un véritable chevalier servant. Il était adorable. Elle se laissa aller contre lui et cessa de lutter. La douleur dans sa tête se dissipa et les ténèbres finirent d'envahir sa vision.


NdA: Voilà, le NaNo est terminé depuis une semaine et ce fut une expérience enrichissante à tous points de vue. Comme je me suis concentrée sur cette fiction, elle a beaucoup évolué et la suite s'est grandement étoffée, l'histoire se compliquant à souhait! J'espère que la lecture vous a intéressé! Même si ce n'est pas le cas, faites-moi connaître vos impressions, je ne peux que m'améliorer grâce à vos commentaires!