Disclaimer: Le cadre et les personnages issus du canon Harry Potter ne m'appartiennent pas, tout cela est à J.K.R. ! Je ne gagne pas d'argent en publiant cette histoire.

Remerciements: À mon inlassable et talentueuse correctrice, j'ai nommé Loufoca, qui me dispense ses conseils et ses réflexions plus que judicieuses avec une générosité sans limite, je ne te dirai jamais assez merci! À mes lecteurs, qu'ils se manifestent ou pas, je vous remercie de prendre le temps de me lire, car après l'écriture, le partage est tout aussi important.

Rappel important: Ceci est une fanfiction dans un univers alternatif aux trois derniers tomes de Harry Potter. Je ne détaillerai pas en quoi ces trois derniers tomes diffèrent des originaux, car je me situe après pour la grosse majorité de l'histoire.


Chapitre 9 - Nouveau départ

"- Vous ne pouvez pas rester, Miss Stewart! La distance…"
"- On n'en est pas certain! Il se peut que ça ne change rien du tout! Et depuis quand suis-je redevenue "Miss Stewart", Monsieur Rogue?"

Il leva les yeux au ciel. Elle soupira.

"- Vous ne pouvez pas nous ramener à l'élève et au professeur quand vous voulez m'imposer votre point de vue. On ne pourra plus jamais être ça. Vous m'avez sauvé la vie tellement de fois ces temps-ci que c'est impossible que je vous voie encore comme mon méchant professeur de potions!"

Son regard noir lui jeta des éclairs à cette mention de méchant. Elle ne put s'empêcher de sourire.

"- Écoutez, Severus, je ne prétends pas être facile à vivre, mais vous tenez à ce point à ce que je m'en aille?"
"- Je ne veux plus avoir à revivre ça," cingla-t-il.
"- Je suis désolée."
"- Vous pouvez l'être! J'ai rarement dû administrer autant de potions à une seule personne en si peu de temps. Mon stock diminue à vue d'oeil et je n'ai pas le temps de le reconstituer. Plus vous serez loin, mieux ça vaudra."

Sa dernière phrase lui fit plus mal qu'elle ne l'aurait souhaité. Elle avait appris à le connaître, à le comprendre un peu, à communiquer avec lui au cours de cette étrange formation sur la magie de l'esprit qu'il lui avait dispensée. Et surtout, elle avait appris à lui faire confiance. Il avait pris des risques insensés pour la sauver. De manière désintéressée. On le lui aurait expliqué avant tous ces événements, elle ne l'aurait pas cru possible. À présent, il n'y avait personne d'autre que lui à qui elle confierait sa vie les yeux fermés. Elle savait qu'il était froid sciemment pour couper les ponts plus facilement, mais ça ne lui plaisait pas pour autant d'entendre ce genre de choses. Elle avait le choix de réagir ou de laisser tomber. Elle ne voulait pas d'un énième simulacre de dispute. Alors elle abandonna.

"- Très bien, puisque c'est ce que vous voulez."

Elle se dirigea vers la chambre pour emballer les maigres possessions qu'il lui avait permis d'acquérir durant son séjour chez lui.

"- Attendez, Erika…"

Elle se figea avant d'avoir franchi la porte du salon mais ne se retourna pas.

"- Oui?" répondit-elle.

"- Ce n'est pas ce que je veux ou ne veux pas qui compte. C'est votre survie."

Elle eut un étrange frisson qui lui parcourut l'échine. On aurait dit qu'il répétait ces mots comme appris par coeur d'une leçon que quelqu'un lui aurait enseignée.

"- Cela ne change rien au résultat," rétorqua-t-elle.

Elle s'isola dans la chambre, fermant la porte avant qu'il ait pu répondre quoi que ce soit, et se jeta sur le lit. Quand elle s'était enfuie du Manoir Malefoy, elle savait qu'elle devait se couper de tout et tout le monde. Elle l'avait accepté sans y songer. Le rythme de vie qu'elle avait alors adopté ne lui avait pas donné l'occasion de s'appesantir sur la solitude que cela avait entraîné. Puis Rogue était venu la sauver. La façon dont elle résumait les événements lui parut puérile, mais en fait, c'était bien de ça qu'il était question. S'il n'était pas intervenu, le Seigneur des Ténèbres l'aurait trouvée et tuée. De plus, bien qu'il n'était pas souvent là, elle pouvait parler régulièrement à quelqu'un. Elle n'était pas seule. Si elle s'en allait, il n'y aurait plus personne avec qui parler. En tous cas, plus personne qu'elle connaissait. Ce serait dur. Mais elle n'avait pas le choix, il avait raison. Le Maître ne tarderait pas à se remettre de son échec et elle devait trouver un moyen de lui échapper définitivement. Ou en tous cas suffisamment longtemps pour qu'il passe à autre chose. L'étranger paraissait une excellente idée. La France la tentait bien. Au sud, il faisait meilleur, toute l'année et en particulier pendant l'été qui s'annonçait assez mauvais en Grande-Bretagne.

Elle s'assit sur le lit et parcourut la pièce des yeux. Simple, pas de décoration, juste une armoire et une table de chevet en plus du lit. C'était suffisant pour dormir. Elle se leva et ouvrit l'armoire. Rogue n'habitait pas vraiment ici, c'était un point de chute en-dehors de Poudlard. Il n'y entreposait donc rien du tout. Seules deux robes pendaient à la barre, les siennes, en plus de celle qu'elle portait. Elle les attrapa et conjura un sac dans lequel les fourrer. Elle compléta son bagage avec ses sous-vêtements et referma l'armoire. Elle soupira. Voilà, elle ne vivait plus là désormais. Restait à trouver un lieu de chute. Peut-être Rogue avait-il des connaissances sur le bassin méditerranéen français. Elle sortit de la chambre et rallia le salon pour le lui demander. Il n'y était plus. Elle posa son sac sur le canapé et alla dans le laboratoire. Il était penché sur un chaudron. Elle s'éclaircit la gorge, même si elle savait qu'il avait déjà repéré sa présence dans la pièce.

"- Je me demandais si vous pourriez m'aider une dernière fois," exposa-t-elle.
"- Je vous écoute."
"- Vous connaissez des gens dans le sud de la France? Ou un endroit propice pour atterrir par transplanage?"

Il releva la tête et fit mine de réfléchir.

"- Non," finit-il par répondre. "Je n'ai jamais quitté la Grande-Bretagne et je n'ai pas eu accès à ce genre d'informations."
"- Ah, et bien dans ce cas, si vous pouviez vous procurer une carte de cette zone pour moi, je pourrais m'y rendre aussitôt."

Il acquiesça et se pencha à nouveau sur son chaudron. Elle quitta la pièce et s'installa dans le canapé du salon pour attendre. Conjurer la carte elle-même pourrait la faire repérer. Une dizaine de minutes plus tard, Rogue sortit du laboratoire et se rendit à la cuisine. Quand il en revint, il s'assit dans le fauteuil.

"- J'ai demandé à l'elfe de s'en procurer une," dit-il.
"- Ah, merci, je n'y avais pas songé…"

Le silence se réinstalla entre eux et persista. C'était étrange. D'habitude, soit il n'était pas là, soit ils travaillaient à une quelconque technique. Enfin, l'elfe revint avec la carte demandée. Erika le remercia, ce qui le gêna comme toujours et il disparut dans la cuisine avant de se transporter jusqu'à Merlin seul savait où. Elle étala la carte sur la table basse et choisit un lieu d'atterrissage potentiel pour en mémoriser les coordonnées.

"- Vous êtes certaine que c'est sans danger, à si longue distance?"
"- La distance importe peu avec cette façon de procéder. Je vous l'apprendrai, à l'occasion."
"- Je vous en serai gré, cela semble très pratique."
"- Ça l'est."

Un nouveau silence. Il n'y avait plus rien à dire. Elle replia la carte et la mit dans son sac.

"- Voilà," dit-elle, "je m'en vais."

Il se leva.

"- Je vous souhaite bon voyage. Que tout se passe bien."

Cela semblait déplacé, de la part de quelqu'un d'apparence aussi rigide que Rogue. Elle considéra ces quelques mots avec d'autant plus d'importance.

"- Merci. Je donnerai des nouvelles si j'en ai la possibilité. Mais moins vous en savez, plus vous serez en sécurité par rapport à moi."
"- En effet."
"- Ne laissez pas le Seigneur des Ténèbres vous malmener plus que de raison."
"- Comme toujours."

Elle hocha doucement la tête en signe d'assentiment. Elle se recula et amorça son transplanage. Rien de physique à ses coordonnées d'atterrissage. Avant de compléter son transfert, elle fit un petit signe de la main. Puis elle découvrit un décor totalement différent autour d'elle. Elle se mit aussitôt en quête d'un endroit où se dissimuler. En robe, elle n'était pas vraiment discrète et des Moldus pourraient la trouver drôlement accoutrée. Mais elle avait un nouveau but. Retourner un jour en Grande-Bretagne pour aider ses amis qui se battaient entre autres pour elle.

§***§

Remus regarda sa cheminée s'activer avec curiosité. Il n'attendait aucun appel. La tête de Harry se matérialisa dans les flammes.

"- Bonjour Remus," salua le jeune homme.
"- Bonjour Harry. Comment vas-tu?"
"- Bien, merci. Je suis désolé de te déranger, mais il faudrait que tu viennes au QG."
"- Pas de souci. Maintenant?"
"- Oui, si c'est possible."
"- Très bien, j'arrive."
"- Merci, Remus."

Le lycanthrope attendit que le feu se désactive avant de jeter la poudre de cheminette et de clamer l'adresse du QG. Quand il arriva là-bas, Harry l'accueillit avec un air ennuyé. Remus fronça les sourcils avant de remarquer, en retrait dans la pièce, Severus qui attendait les bras croisés et visiblement très contrarié.

"- Harry?" dit-il, quelque peu inquiet.
"- Remus, voilà, le professeur Rogue souhaitait te voir rapidement."
"- Ah, très bien."

Il se tourna vers le demandeur.

"- Je suis là, Severus, que me veux-tu?"
"- En privé, Lupin," cingla Rogue.
"- Comme tu veux," répliqua Remus. "Ici, ou…?"
"- Suis-moi."

Il obtempéra, sentant que le professeur de potions était à prendre avec des pincettes pour le moment. Son intuition aurait-elle été juste concernant Erika? Le lycanthrope espéra vivement qu'il ne s'était encore rien passé, qu'il avait réagi à temps. Ils s'isolèrent dans une petite chambre inoccupée et Rogue posa des protections dans la pièce afin qu'ils ne soient pas entendus. Alors il fixa son vis-à-vis avec un regard meurtrier.

"- Depuis quand?" siffla-t-il entre ses dents.
"- Quoi, Severus?"
"- Ne joue pas avec moi, Lupin…"
"- Je ne joue pas. Je n'ai jamais été aussi sérieux."

Un silence pendant lequel les deux hommes se jaugèrent.

"- Depuis quand sais-tu que je m'occupe de Miss Stewart?"
"- Je ne m'en étais même pas douté jusqu'au dernier rapport d'Alice."
"- Alice?"
"- Oui, elle est infiltrée auprès de Malefoy."
"- Ah."
"- Tu n'étais pas au courant?"
"- Non. L'obsession du Seigneur des Ténèbres pour retrouver l'assassin de Bellatrix m'occupe à temps plein."
"- Je comprends."
"- Ce rapport date de quand?"
"- Il y a une semaine."
"- Et tu n'as pas jugé utile de me prévenir plus tôt? Trois jours, Lupin!"
"- Je n'étais pas sûr de… pourquoi? Que s'est-il passé?"
"- Elle a failli y rester, voilà ce qui s'est passé…"
"- Oh non… Comment va-t-elle?"
"- Elle a survécu. Et elle est partie, définitivement."
"- Tu sais où?"
"- Bien sûr que non. Cela perdrait de son intérêt si tout le monde pouvait révéler cette information."
"- Bien."

Remus s'en voulait. S'il n'avait pas tergiversé, peut-être aurait-il évité à Erika de risquer une nouvelle fois sa vie. Heureusement, elle avait eu Rogue à ses côtés. Il n'empêche qu'il faisait un bien piètre ami.

"- La prochaine fois que tu as une illumination, agis tout de suite," lui intima Rogue. "La vie des autres peut en dépendre."
"- Si tu n'avais pas toujours cette manie de tout garder pour toi, je t'aurais prévenu dans la minute! Tu connaissais mes liens avec Erika!"
"- Justement! Moins tu en savais, mieux c'était! Personne ne devait savoir, c'était plus prudent…"
"- De quel droit peux-tu décider de ça?"
"- Elle t'avait dit où elle était? Non. J'ai respecté sa décision, qui était en accord avec la mienne."
"- Mais comment l'as-tu trouvée? Et pourquoi la cherchais-tu?"
"- J'ai été obligé de la trouver pour l'empêcher de se faire tuer tout de suite. Que sais-tu de l'évolution de la Marque?"
"- Que Voldemort s'en sert beaucoup plus précisément."
"- Alors tu en sais assez pour comprendre pourquoi je suis intervenu."

Rogue avait raison. Il n'aurait pas dû attendre. Mais s'il avait été certain de ne pas mettre quelqu'un en danger… et puis il y avait Alice et son attitude bizarre. Il ne parvenait pas à lui faire totalement confiance. Mais il n'y avait personne à qui il pouvait en parler.

"- Bon," dit-il, mal à l'aise, "si tu en as fini?"

Rogue ne prit pas la peine de lui répondre et quitta la pièce aussitôt. Remus le suivit à pas plus mesurés. Il n'était pas d'humeur à rentrer chez lui. Mais il ne pouvait expliquer ce qui l'ennuyait à personne. Erika aurait été un interlocuteur idéal. Mais il doutait de pouvoir lui parler à nouveau avant très longtemps. Alors il se résigna à errer au QG pendant un moment, tenant compagnie à Harry qui était justement de garde, avant de finalement rentrer chez lui pour s'écrouler de fatigue.

§***§

Lorsque Severus arriva dans la résidence où se cachait le Maître, il n'était pas prêt. Comment le serait-il? Il avait congédié Erika sans la moindre considération pour la convalescence dont elle aurait eu besoin et il s'était emporté face à Lupin. Quel imbécile, celui-là! Severus n'en revenait toujours pas qu'on puisse tergiverser à ce point. En temps de guerre, l'hésitation n'était pas de mise. Il fallait agir. Le Patronus et son message prouvaient que Lupin était suffisamment intelligent pour dissimuler les choses. Alors pourquoi avoir attendu trois jours? Ils auraient pu mettre ce temps à profit pour élaborer une défense convenable, peut-être même une contre-attaque. Au lieu de quoi, Erika avait failli mourir et lui s'écrouler de fatigue avant d'avoir pu la sauver. Le seul point positif à en retirer était que l'attaque avait duré si longtemps que le Seigneur des Ténèbres devait être dans un piteux état pour le moment. Severus avait dû travailler d'arrache-pied pour lui concocter les philtres de régénération et de force qu'il lui réclamait. Il n'avait plus qu'à espérer qu'ils n'aient pas été trop efficaces. Il se secoua intérieurement. Il n'était plus temps d'espérer, il était là et ne pouvait plus rien faire que subir. Heureusement que Bellatrix était morte. Elle aimait tant torturer qu'elle en avait fait un art reconnu par le Maître. Il se serait certainement fait une joie de lui déléguer le cas Severus Rogue, pour la peine.

Il entra dans la pièce où s'étaient déjà rassemblés la plupart des Mangemorts et fit mine de se joindre à eux quand un signe du Seigneur des Ténèbres l'en dissuada. Il voulait apparemment son espion près de lui. Peut-être était-ce bon signe? Severus se dirigea vers la gauche du Maître. Se placer à sa droite en ces temps troublés aurait été commettre un impair de taille. Légèrement en retrait pour ne pas être observé à son insu, il jeta lui-même un coup d'oeil à la petite assemblée réunie. Les fidèles convoqués étaient peu nombreux. La chair à canon n'était pas requise pour cette séance.

Enfin, le Seigneur des Ténèbres se leva et le silence s'abattit sur tous les Mangemorts. Il avait beau être un être abject, il fallait lui reconnaître que cela restait toujours impressionnant. Il s'éclaircit la gorge, comme pour attirer l'attention qu'il avait déjà complètement et balaya la pièce du regard.

"- Faites-le entrer," siffla-t-il entre ses dents.

Deux possibilités. Soit un Mangemort qui avait failli, soit un ennemi capturé. Severus attendit avec une certaine appréhension que les deux masqués chargés de ramener le prisonnier reviennent. Qui cela pouvait-il être? Il évita néanmoins de manifester sa curiosité ou de la penser trop fort. Il n'était que trop conscient du regard en biais de son Maître. Il gardait donc une expression impassible sur le visage.

Le prisonnier fut bientôt jeté à genoux devant le Seigneur des Ténèbres. Un jeune homme tout fraîchement sorti des cours, pour autant que la mémoire de Severus ne lui fasse pas défaut. Un certain Twin. Du diable s'il se souvenait du prénom de ce Poufsouffle insignifiant. Le Maître se pencha légèrement en avant et le prisonnier se recroquevilla davantage sur lui-même.

"- Alors, mon jeune ami, que faisais-tu à rôder autour de la propriété de ce cher Lucius?"

Un imperceptible gargouillis de mots émergea du jeune homme terrorisé.

"- C'est une nouvelle langue?" lança son persécuteur à la cantonade, forçant les Mangemorts à rire à la mauvaise plaisanterie. "Peux-tu t'exprimer avec des mots que nous comprenons?"

Le prisonnier acquiesça.

"- Alors nous t'écoutons."
"- Pour voir Alice."

Severus vit Lucius lever les yeux au ciel devant la réponse donnée. Comme s'il trouvait cela parfaitement ridicule et n'y croyait qu'à moitié. La fameuse Alice devait être l'infiltrée - et son nouveau joujou sexuel, par extension. Ce poltron faisait-il aussi partie de l'Ordre? Que ce soit le cas ou pas, cela n'expliquait pas sa présence au Manoir. Pourquoi voulait-il voir Miss Swire?

"- Et qui est cette… Alice?" continua le Maître, imperturbable.
"- Une amie…" fut la nouvelle réponse effrayée.
"- Et cela justifie que tu t'introduises par effraction chez un noble sorcier?"
"- N…non…"
"- Voilà déjà un point sur lequel nous sommes d'accord. Donc tu ne me dis pas tout… Ce n'est pas bien de mentir… Endoloris!"

Le jeune homme se tordit de douleur sur le sol en hurlant. Il n'avait pas l'air très résistant. Severus se demanda si le Seigneur des Ténèbres parviendrait à lui faire dire ce qu'il voulait entendre avant de le rendre fou ou de le tuer. Le jeu des mauvaises réponses aux questions posées dura encore un moment. Twin n'était plus qu'une masse humaine effondrée sur le sol. Alors le Maître décida de changer d'approche.

"- Severus," dit-il, "Va chercher l'information dans son esprit."
"- Moi, Maître?" réagit l'interpellé avec une fraction de seconde de retard.
"- Oui, toi, connaîtrais-tu quelqu'un d'autre qui s'appelle Severus dans cette pièce?"
"- Pas que je sache," reprit l'espion avec un ton moins déférent.
"- Alors vas-y. Je veux savoir ce qu'il cache."

Severus comprit aussitôt que le mage noir était loin d'avoir récupéré son plein potentiel. Sinon il aurait fouillé l'esprit du jeune homme lui-même. Qu'il demande à son soi-disant fidèle Mangemort de le faire à sa place prouvait qu'il avait encore suffisamment confiance en lui pour ne pas le soupçonner de traîtrise. C'est donc rasséréné que Severus tendit sa baguette vers le pauvre prisonnier.

"- Legilimens!"

Aussitôt, il eut accès à une flopée de souvenirs sans importance. Une bien maigre défense qu'il balaya rapidement. Les couches de souvenirs s'effacèrent devant lui pour lui laisser peu à peu le plein accès aux informations qu'il cherchait. Cet imbécile était membre de l'Ordre. Potter ne serait pas content, car Severus doutait qu'il en réchappe. Du coup son lien avec Miss Swire devenait plus évident. Même promotion, même choix de s'engager chez les "gentils" dans la guerre. Mais capacités bien différentes. Là où la jeune Alice était parvenue - Merlin seul savait comment - à se distinguer pour obtenir une mission plus risquée, Alexander Twin en était resté au stade de l'information glanée chez des partisans de l'Ordre. Cependant, loin d'être jaloux, il n'avait vu qu'un point négatif à la promotion de son amie: l'éloignement. Il était amoureux d'elle et la distance compromettait ses chances auprès de la demoiselle concernée. Alors il avait tenté de la contacter directement. Et s'était fait prendre.

Severus se retira de l'esprit embrumé par les Doloris successifs et baissa sa baguette.

"- Alors?" demanda le Seigneur des Ténèbres d'un ton où poignait l'impatience.
"- Il n'avait plus de nouvelle de sa petite amie et voulait savoir pourquoi," résuma l'espion.
"- C'est tout?"
"- Hélas, oui, Maître, juste un jeune imbécile amoureux."

Severus entendit de petits rires dans l'assemblée. Nul doute que l'un d'eux était émis par Lucius. Le mage noir fronça les sourcils.

"- Tu en es certain, Severus?"
"- Absolument."
"- Alors, tue-le! Cet idiot m'a fait perdre mon temps!"

Severus ne tergiversa pas. Sa couverture ne pouvait pas être compromise pour si peu. Et quelque part, c'était rendre service au jeune homme que de l'achever tout de suite plutôt que de le torturer avant d'arriver au même résultat. Le Mangemort repenti leva de nouveau sa baguette vers Alexander Twin, toujours recroquevillé au sol.

"- Avada Kedavra!"

Le faisceau de magie vert fusa vers le corps qui se trouva aussitôt privé du souffle de vie. Severus ne vit pas sa poitrine qui s'était soulevée une dernière fois. Il avait fermé les yeux en prononçant le sort funeste et s'était détourné dès la sale besogne accomplie, comme toujours dans ces cas-là.

§***§

"- Tu ne le trouves pas étrange, ces derniers temps?"
"- Qui ça?"
"- Remus."
"- Oh, Sirius, vous êtes vraiment incorrigibles, tous les deux!"
"- Quoi? Mais… comment ça?"
"- Au lieu de passer par un intermédiaire comme moi, vous n'avez qu'à vous parler directement…"

Sirius prit un air boudeur pendant quelques secondes puis fit mine de se reconcentrer sur ce qu'ils faisaient. Hermione avait raison, il fallait qu'il discute avec son meilleur ami. Curieusement, il lui semblait que Remus était plus affecté que lui par la disparition définitive d'Erika. Avait-il menti en lui affirmant ne rien vouloir d'elle? Non pas que cela ait encore une réelle importance pour lui à présent, mais il ne pouvait pas laisser son ami se voiler la face de la sorte. Mais s'il se trompait?

"- Avant de parler directement avec lui, je veux m'assurer que je ne m'invente pas d'histoire…"
"- Tu sais," répondit distraitement Hermione, "si tu vois quelque chose, c'est qu'il y a quelque chose…"
"- Comment en es-tu si sûre?"
"- Parce que vous, les hommes, êtes si bouchés la plupart du temps que si vous vous rendez compte d'une différence, c'est qu'elle existe et est bien visible…"
"- Oh."

Il sourit. La verve de la jeune femme cachait quelque chose. Et selon elle, s'il s'en était rendu compte, c'est que ce n'était pas un petit quelque chose.

"- Et sinon, comment va Ron?" demanda-t-il innocemment comme s'il cherchait à changer de sujet.
"- Qu'est-ce que j'en sais, moi, comment il va? Je ne suis pas sa mère!"
"- Oh, doucement, c'était une simple question…"
"- Même réponse que pour Remus, adresse-toi à lui directement…"
"- Très bien, je ne t'embête plus."

Cette fois il reprit sérieusement le travail qu'elle lui avait demandé d'effectuer avec elle. Ils dressaient un inventaire des personnes potentiellement au courant de choses intéressantes et susceptibles de prêter une oreille attentive à leur cause. Non pas que celle-ci soit vaine, mais la désinformation était toujours d'actualité et faisait des ravages parmi les sorciers qui ne cherchaient pas à s'impliquer. La peur de se voir pris pour cible était naturelle et bien répandue, mais étonnamment, la possibilité d'y mettre un terme en luttant et éliminant sa source n'effleurait que rarement l'esprit de la plupart des gens. C'était ce contre quoi Hermione voulait lutter pour rendre l'Ordre plus efficace. Objectif louable s'il en était, mais la mise en pratique s'avérait tout de même très fastidieuse.

Se laissant de nouveau distraire, Sirius observa la jeune femme penchée sur ses parchemins, parfaitement concentrée. Ses cheveux bouclés en bataille tombaient régulièrement devant ses yeux malgré la pince qui tentait de les retenir et Hermione les chassait d'un mouvement distrait pour qu'ils viennent se replacer au même endroit quelques trente secondes plus tard. C'était comique et cela le fit sourire.

"- Quoi?" demanda-t-elle en relevant inopinément la tête.
"- Rien," répondit-il en haussant les épaules. "Dis-moi, d'où t'es venue cette idée?"

Il désigna toute la paperasse étalée sur la table.

"- Oh, la base, c'est juste le fait que nous ne sommes pas assez nombreux au sein de l'Ordre pour être efficaces. On récolte trop peu d'informations et même comme ça on n'a pas assez de monde pour les vérifier toutes. Et quand on a une piste intéressante à suivre, on arrive presque toujours trop tard pour l'exploiter."
"- C'est vrai. Et tu penses que tous ces gens vont nous rejoindre?"
"- Le but premier n'est pas qu'ils se joignent à nous, mais qu'ils nous aident juste un peu. Tout le monde n'est pas fait pour se retrouver face au danger. Mais aider à vaincre ce qui vous terrifie est une motivation suffisante pour que certains sorciers nous fassent parvenir des informations qui nous seront peut-être très utiles et que nous aurions sans doute eues trop tard ou pas du tout."
"- Bien raisonné," admit-il. "Toi, tu sais te servir de ton cerveau!"

Elle sourit en le remerciant et se replongea dans ses parchemins pour cacher ce qu'il eut quand même le temps de voir: le rouge lui était monté aux joues. Il sourit lui-même en reprenant sa part du travail. Il était encore capable de complimenter une femme, même si jeune fut-elle. Tout n'était pas perdu pour lui.

§***§

Il n'avait fallu que quelques jours à Erika pour se fondre dans la masse française. Elle s'était procurée des livres pour parfaire sa connaissance du français et avait décroché un petit job de comptable chez les Moldus. Cela lui avait permis de s'offrir un modeste logement et de s'habiller correctement. Ses brefs contacts sorciers l'avaient suffisamment renseignée pour qu'elle garde un oeil sur ce qui se passait dans le monde magique par le biais du journal sorcier français. Mais elle préférait rester à distance pour le moment afin de se faire totalement oublier.

La théorie de Rogue s'était avérée exacte. La distance avait tellement atténué les effets de la Marque que mis à part de rares picotements elle ne sentait plus rien. De rouge sang et enflée, l'abominable cicatrice était d'abord redevenue noire avant de commencer à doucement s'estomper pour ne plus apparaître que comme un vieux tatouage ordinaire. C'était bon d'être libérée de cet aspect horrible de son sacrifice. En conséquence, elle voyait enfin son acte contre Bellatrix comme ce qu'il était: une belle avancée pour l'Ordre et mise à mal pour le Seigneur des Ténèbres.

Ce soir-là, Erika rentrait doucement chez elle par un chemin peu fréquenté, une habitude qu'elle avait vite prise pour pouvoir transplaner au moindre signe de danger. C'était presque la Pleine Lune, ce qui rendait le faible éclairage des petites rues bien suffisant pour voir assez loin. Remus devait se sentir vraiment aux aguets s'il était en mission ou devait tourner comme un lion en cage s'il était resté chez lui, chez Sirius ou au QG. Erika soupira. Il y avait des jours comme ça où elle se sentait vraiment seule, isolée et loin de tout ce qu'elle avait toujours connu. Son retrait volontaire du monde sorcier ne facilitait pas les choses. Sans mépriser les Moldus, elle les trouvait passablement sans intérêt. Ne cherchant pas à se lier particulièrement à la population locale, elle faisait son travail de la journée et passait le reste du temps chez elle ou à se ravitailler en nourriture et boisson et parfois vêtements. Si elle avait été dépressive, il n'aurait pas fallu beaucoup plus longtemps de ce régime pour qu'elle craque et revienne en Grande-Bretagne. Severus ne lui aurait jamais pardonné un tel acte. Il était ouvertement hostile à la lâcheté et la faiblesse d'esprit. Et en matière d'isolement social, il en connaissait un rayon. Elle haussa les épaules. Peu importait, elle n'était pas prête à se laisser aller à la dépression.

Une ondulation bizarre dans l'air sous un réverbère attira son attention. Le même effet que lorsque le soleil chauffait trop fort l'atmosphère. Sauf que le soleil s'était couché depuis un moment déjà et que les températures n'atteignaient pas les sommets escomptés en été. Sa curiosité piquée au vif, elle tourna à l'angle de la rue précédent l'endroit où elle avait vu la bizarrerie, se désillusionna et reprit son chemin sans bruit. Il y avait fort à parier que cette ondulation était due à l'utilisation du même sort qui la cachait à présent, il lui suffisait donc de trouver dans quel sens était passée la personne ainsi dissimulée. Veillant à bien rester dans les ombres pour ne pas se faire voir elle-même, elle n'eut pas besoin de se creuser la tête longtemps pour trouver. Une autre ondulation passa sous le réverbère et elle prit la direction vers laquelle semblaient s'être donné rendez-vous tout un tas de sorciers désillusionnés.

Elle aboutit bientôt dans un parc agrémenté d'une plaine de jeux pour enfants et se dépêcha de se mettre derrière un arbuste en entendant des éclats de voix. Elle repéra rapidement d'où ils venaient. Un groupe de sorciers - ils étaient tous en robe, facile à deviner - se tenaient en cercle et semblaient bien s'amuser.

§§§§§

"- Regardez ce gros lourdeau! Il est même pas capable de rester debout!"
"- C'est peut-être parce que tu l'as saucissonné, tu ne crois pas?"
"- Oh, Erika, arrête de faire ta rabat-joie!"
"- Vous êtes des nazes, vous vous en prenez toujours à plus faible! Où est l'intérêt?"

Un silence. Maxence se détacha du groupe qui encerclait le pauvre Poufsouffle et vint se placer devant la jeune fille.

"- Et tu te crois plus maligne, sans doute?"
"- Bien sûr! Je prends n'importe lequel d'entre vous en duel quand il veut!"

Aucun des autres garçons ne fit mine de bouger. Quand Erika se leva de la barrière sur laquelle elle était appuyée, certains eurent même un mouvement de recul. Un rictus de mépris s'afficha sur ses lèvres.

"- Quand je le dis, des nazes…" dit-elle en pointant sa baguette sur le Poufsouffle. "Finite Incantatem!"

Dès qu'il fut libéré, le gamin s'enfuit.

"- Voilà, tu nous as privé de notre récréation," fit remarquer Maxence.

Elle se tourna vers lui.

"- Tu n'avais qu'à m'en empêcher," lui rétorqua-t-elle sur un ton de défi.

Il afficha une moue boudeuse et détourna les yeux.

"- Je ne peux pas…"
"- Parce que je suis une fille? C'est minable…"
"- Parce que ta mère me l'a interdit!" répliqua-t-il, piqué au vif.
"- Et depuis quand fais-tu ce que ma mère te demande? Déjà que moi je m'en fiche…"
"- Depuis que ma mère m'a demandé de le faire…"

Il la regarda de nouveau, un air gourmand au fond des yeux. Cela ne plut pas du tout à la jeune fille. Elle l'envoya valser par-delà la clôture pour la forme et son cri confirma que la cabane hurlante avait encore de beaux jours devant elle. Alors qu'elle s'éloignait en leur tournant le dos, certaine qu'aucun d'entre eux n'aurait le cran de l'attaquer, elle se dit que quelque chose de pas très net se préparait chez elle.

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Erika avait suffisamment passé de temps pendant son adolescence avec ce genre de groupes qui pensaient détenir la vérité pour les reconnaître au premier coup d'oeil. Ces gars-là s'en prenaient à quelqu'un de plus faible qu'eux, mais à coup de sortilèges bien plus destructeurs qu'un simple maléfice du saucisson. Sa baguette la démangea, mais seule elle n'était sans doute pas de taille et ce n'aurait pas vraiment été judicieux de se faire remarquer de la sorte. Elle se demanda alors ce que les sorciers dissimulés comme elle faisaient là. Des renforts ou des opposants au groupe? Qu'attendaient-ils pour intervenir?

C'est alors que le premier sort fusa. Le groupe dissimulé attaquait l'autre groupe. La manière dont ils s'étaient placés permettait à Erika d'être en-dehors de l'altercation tout en pouvant observer tout ce qui se passait. Les attaquants étaient bien organisés. Leurs coups étaient espacés mais touchaient presque à chaque fois. De leur côté, les attaqués envoyaient des sorts à tout va sans pour autant viser efficacement et manquaient quasiment chacune de leur cible. Cependant l'échange s'éternisait, car les attaquants ne voulaient certainement pas prendre le risque de toucher la ou les personnes qu'ils étaient venus libérer. Les attaqués avaient au moins saisi cette idée et faisaient un mur de leurs corps pour ne pas laisser leurs prisonniers s'échapper.

Erika hésita… intervenir ou rester bien cachée? La seconde option était la plus sage, au vu de sa résolution très raisonnée. Mais la première lui faisait fort envie. Si elle restait encore longtemps inactive, elle finirait par se rouiller. Au diable les bonnes résolutions, l'action lui manquait trop. Elle se rendit à nouveau visible, mais resta bien cachée derrière son arbuste. Avec la lumière de la Lune, dès qu'elle tirerait, elle serait repérée, au moins par les attaquants. Elle avait donc tout intérêt à bien viser. Elle choisit sa cible, la plus proche. Quelle chance, il avait la même corpulence que son ex-prétendant Maxence. Cela ne lui ferait que davantage plaisir de le mettre hors circuit. Le sort fusa de sa baguette, informulé, et alla le percuter de plein fouet. Il s'écroula aussitôt. Elle remarqua qu'il y eut un temps mort dans l'assaut des attaquants. Ils cherchaient sans doute à déterminer si cette nouvelle inconnue dans l'équation leur serait profitable ou s'il fallait l'éliminer tout de suite. Autant continuer sur sa lancée. Le sorcier suivant du groupe de grosses brutes des collèges se vit envoyé au tapis de la même manière que son prédécesseur. Les attaquants reprirent le combat. Il ne leur fallut plus très longtemps pour maîtriser tous les sorciers qui faisaient obstacles à leur sauvetage.

Quand les méchants furent tous hors d'état de nuire, les assaillants sortirent de leur cachette pour s'occuper des deux personnes qui s'étaient fait malmener. Deux d'entre eux se détachèrent néanmoins du groupe pour la trouver. Se disant qu'elle n'avait rien à gagner à ne pas se montrer, elle se leva doucement avec les mains en l'air, baguette bien visible. Les deux sorciers se rapprochèrent tout en gardant une distance respectable. De quoi pouvoir parler sans hurler.

"- Qui es-tu?" demanda l'un d'eux.
"- Quelqu'un qui pense que les grosses brutes n'ont pas voix au chapitre."
"- C'est ce qu'il semble," acquiesça le second. "Tu nous suivais?"
"- J'avoue que je vous ai vus passer dans la lumière des lampes. J'étais curieuse."
"- Et tu as décidé de nous aider, comme ça, gratuitement?"
"- Je faisais déjà ça là d'où je viens, pourquoi pas ici…"

Les deux hommes conversèrent un instant à voix basse.

"- Rentre chez toi et fais comme si de rien n'était," reprit celui qui avait pris la parole en premier lieu auparavant. "Ça vaut mieux…"
"- Je pourrais, en effet," répondit Erika. "Mais vous m'intriguez… On dirait que vous n'en êtes pas à votre coup d'essai, mais vous n'êtes pas complètement au point…"

Les années passées à écouter les stratégies de son père en combat comme en politique servaient finalement à quelque chose.

"- Si tu veux rester, on ne va pas refuser, on manque de main d'oeuvre," dit le second. "Mais il n'y a pas de retour en arrière. Tu t'engages jusqu'à la fin."
"- Ça semble très sérieux. On dirait le discours de gens en guerre…"
"- Tu atterris ou quoi?" s'exclama le premier.

"- Je suis anglaise," crut-elle bon de préciser. "Chez moi c'est la guerre. Ici, je ne sais pas…"

Les deux hommes se consultèrent du regard.

"- Bon, tu peux nous suivre si tu veux," conclut le second. "On a peut-être des choses en commun."

Et il se détourna, montrant qu'il était certain qu'elle ne l'attaquerait pas. Ou en tous cas, pariant sur ce fait. Son compagnon, lui, attendit qu'elle ait baissé les bras, rangé sa baguette et se soit portée à son niveau pour se mettre en mouvement.

"- Alors, qui es-tu?" réitéra-t-il avant qu'ils aient rejoint le groupe.
"- Je m'appelle Erika. J'ai fui pour ne pas me faire tuer. Ça te va comme CV?"
"- Ah ouais, sympa. Moi c'est Eric!"
"- Enchantée."

Elle ne savait pas si elle devait vraiment l'être. Mais il semblait qu'elle avait fait une bonne pioche en suivant ces gens. La France n'était apparemment pas si paisible que son gouvernement magique le laissait entendre sur la scène internationale…


NdA: Et voici la suite! Et fin de la première partie! J'ai divisé cette fic en plusieurs parties selon les rebondissements qui ouvrent sur une nouvelle phase de l'histoire. Cette première série de chapitres a pu paraître longue et hésitante, mais il fallait mettre le cadre en place. Si cela vous a plu, la suite devrait vous ravir! Dites-moi tout en review!