Disclaimer: Le cadre et les personnages issus du canon Harry Potter ne m'appartiennent pas, tout cela est à J.K.R. ! Je ne gagne pas d'argent en publiant cette histoire.

Remerciements: À mon inlassable et talentueuse correctrice, j'ai nommé Loufoca, qui me dispense ses conseils et ses réflexions plus que judicieuses avec une générosité sans limite, je ne te dirai jamais assez merci! À mes lecteurs, qu'ils se manifestent ou pas, je vous remercie de prendre le temps de me lire, car après l'écriture, le partage est tout aussi important.

Rappel important: Ceci est une fanfiction dans un univers alternatif aux trois derniers tomes de Harry Potter. Je ne détaillerai pas en quoi ces trois derniers tomes diffèrent des originaux, car je me situe après pour la grosse majorité de l'histoire.


Chapitre 16 - Le bilan

Erika ouvrit les yeux dans un sursaut et se redressa violemment… avant de se laisser retomber sur ce qu'elle identifia comme un matelas agrémenté d'oreillers. Dans la foulée, elle avait refermé les yeux, trop éblouie par la lumière ambiante. Elle inspira tout doucement, sentant que les mouvements de sa cage thoracique étaient très douloureux. D'ailleurs, tout son corps lui faisait affreusement mal. Il faisait calme autour d'elle, alors elle se laissa dériver sans focaliser son attention sur quoi que ce soit. Combien de temps elle resta déconnectée de la sorte, elle n'aurait su le dire, mais son cerveau recouvra peu à peu ses facultés et se remit à fonctionner tout seul. Lentement, à la place des productions abstraites de son esprit, des souvenirs se présentèrent. Et plus les images se précisaient, plus l'inconfort d'Erika augmentait. Finalement, elle revint à la pleine conscience, les paupières toujours closes. Elle avait un goût amer dans la bouche, un sentiment de mal-être très présent dont elle ne parvenait pas à identifier la source.

"- Erika?"

La voix était mal assurée et assez distante. Elle n'avait pas vraiment envie de pousser plus loin l'analyse, ou même de répondre. Elle aurait préféré ne pas se réveiller complètement, oblitérer tous ces souvenirs qui s'imposaient.

"- Erika, je sais que tu es réveillée…"

Sirius. Il y avait tellement longtemps. C'était comme si des siècles s'étaient écoulés depuis qu'ils ne s'étaient plus vus. Non, en fait, il n'y avait que quelques heures - jours? Ils s'étaient croisés quand elle lui avait repris le Feudaymon.

"- Comment ça va?" demanda-t-il.
"- Mal," répondit-elle aussitôt.
"- Ah, enfin quelqu'un qui peut me comprendre," rétorqua-t-il.

Elle soupira doucement. Même s'il n'était pas allé au bout avec le sortilège, il en était l'initiateur. Personne d'autre ne pouvait comprendre ce qu'ils avaient vécu.

"- C'est vrai," acquiesça-t-elle d'un ton faible.

Elle se décida à tenter d'ouvrir les yeux. Progressivement, elle décolla ses paupières et les souleva pour laisser filtrer la lumière vers ses pupilles. Lorsque elle jugea que sa vue était prête à accepter le mode diurne, elle redressa légèrement la tête pour déterminer où elle était. Elle reconnut l'endroit sans peine pour y avoir séjourné quelques fois lors de sa scolarité: l'infirmerie de Poudlard.

"- Depuis quand…?" commença-t-elle.
"- Deux jours," lui répondit-il aussitôt.

Il devait être dans le lit à gauche du sien, mais le rideau tiré atténuait le son de sa voix. Erika se sentait faible, vidée, mais elle regagnait peu à peu le contrôle de tout son corps. Elle pourrait bientôt s'asseoir, voire se mettre debout. Ce qui n'était pas le cas de Sirius, apparemment.

"- Qu'est-ce que tu as?" demanda-t-elle, étonnée de la raucité de sa propre voix.
"- Oh," dit-il d'un ton détaché, ma retraite ne s'est pas exactement passée comme je l'avais prévue…"

Un silence, puis il reprit.

"- Mais je ne suis pas le plus à plaindre."
"- Quel est le bilan?" s'enquit-elle aussitôt.
"- Étonnement bon, d'après Harry."

Elle entendit Sirius soupirer, comme si ce résumé ne reflétait pas la réalité.

"- Et dans le détail?" insista-t-elle. "Ma cellule?"

Elle ne put empêcher le défilement devant ses yeux des visages de tous ces jeunes qu'elle avait tenté de former davantage. Ils s'étaient tant investis.

"- Tes petits copains Français ont drôlement bien donné le change, ils s'en sont presque tous sortis."
"- Presque… qui?"
"- Leur chef n'a pas survécu à ses blessures…"

Sirius disait "leur", mais Erika pensait "mon". Bertrand. Ce n'était pas vraisemblable, il était meilleur qu'elle en situation réelle, il ne pouvait pas s'être fait avoir…

"- Comment?" souffla-t-elle, incapable d'imaginer qu'un foutu Mangemort ait pu avoir le dessus sur lui.
"- Il était déjà mal en point quand Rogue l'a recruté pour enfermer le Feudaymon…"

Le Feudaymon. Le fichu plan qu'elle avait donné à Severus pour ne pas avoir une catastrophe sur les bras avait fonctionné. Mais à quel prix…

§§§

Le Feudaymon démultipliait l'attraction de la magie noire qui courrait dans son corps, mais Erika lui résistait vaillamment. De toutes façons, tous ses ennemis étaient partis à présent, elle ne pouvait donc se défouler sur personne. L'intériorisation était compliquée à ce niveau de puissance, mais elle n'avait pas le choix. Utiliser la Marque pour se décharger reviendrait à valider sa présence sur son bras gauche, ce qu'Erika ne souhaitait absolument pas.

Elle sentit alors un filament de pensée se tisser vers son esprit: Severus tentait de l'atteindre.

"Il faut encore tenir, nous n'avons pas fini, il ne doit pas tout brûler."
"Compris."

Elle n'avait pas la possibilité d'élaborer une réponse plus complète, le Feudaymon requérait toute son attention. Il ne fallait pas qu'elle se laisse distraire, Severus gérait la situation, à elle de gérer le Sortilège. Mais il était gourmand et le peu qu'Erika l'autorisait à brûler ne le satisfaisait pas vraiment. Si elle ne rompait pas le lien bientôt, le Feudaymon brûlerait ses réserves de magie avant de se libérer lui-même. D'ailleurs, il cherchait déjà à s'affranchir. Elle devait prévenir Severus.

"Fais vite," tonna-t-elle dans son esprit pour lui faire comprendre qu'il ne lui restait pas beaucoup de temps.

Au loin, ses oreilles physiques entendaient des échanges criés, des hurlements de douleur, de rage, le tout passant parfois légèrement au-dessus du crépitement continuel d'un feu qui brûle ardemment. Mais elle ne percevait rien en détail. Le temps lui paraissait déformé, elle n'avait plus aucune notion de son écoulement. Cela faisait-il des heures ou quelques minutes à peine qu'elle avait intimé à Severus de se dépêcher? Jusqu'où pouvait-elle aller dans sa magie avant de ne plus pouvoir en revenir? Que se passait-il quand on épuisait toute sa magie dans un sortilège dévorant, d'ailleurs?

"C'est bon!"

La voix mentale de Severus coupa court à ses réflexions. Elle arrêta net d'alimenter le Feudaymon et lui interdit l'accès à sa magie. Une nouvelle lutte s'engagea avec le Sortilège, qui ne voulait pas se faire éjecter si facilement. Mais devant toute la matière physique restant à brûler, il finit par lâcher prise.

Erika sentit qu'elle s'effondrait sur le sol en même temps qu'elle retrouvait sa pleine conscience. Elle était pratiquement vidée, elle se sentait complètement molle. Mais il ne fallait pas rester là. Peut-être pouvait-elle encore aider. Pendant son lien avec le Feudaymon, elle s'était considérablement rapprochée du bâtiment pour y amener le Sortilège. La construction en flamme était à présent ceinte d'énormes douves, elles-mêmes entourées de sorciers qui les consolidaient et finissaient de les remplir d'eau. C'était astucieux.

Faisant un effort considérable pour se remettre debout, la jeune femme décida de tenter de les aider. Alors qu'elle se dirigeait vers la première personne qu'elle avait aperçue, celle-ci s'écroula. Bien qu'Erika était incapable de courir, elle fut quand même la première à l'atteindre. Alors elle le reconnut.

"- Remus!"

La faiblesse de sa propre voix l'étonna, mais elle ne s'y attarda pas, se laissant tomber à genoux près de son ami. Ses vêtements étaient poisseux de sang et il respirait difficilement.

"- Remus, ça va aller, je vais te ramener…"

Elle enserra le bras du lycanthrope et visualisa la salle à manger de sa cellule où elle trouverait certainement du secours. Mais rien ne se produisit. Elle n'avait plus de force magique. Une nouvelle forme de rage due à son impuissance s'empara d'elle. De ce que la fumée environnante lui permettait de voir, personne ne venait vers eux.

"- Ça va aller," répéta-t-elle, "tu vas t'en sortir…"

Remus cligna des yeux pour forcer ses paupières à se soulever et il la regarda.

"- Erika," souffla-t-il avec un sourire.

Elle le lui rendit et posa une main sur sa joue, luttant pour retenir ses larmes.

"- Tu es toujours en vie," ajouta-t-il. "Je ne pensais pas te revoir…"
"- Oui… je suis là maintenant. Je vais revenir si tu veux…"

Tout, elle était prête à tout pour que Remus vive.

"- Non," protesta-t-il, "reste cachée…"

L'urgence soudaine dans sa voix la surprit.

"- Du calme, Remus, reste calme, tu perds beaucoup de sang, je ne peux pas te soigner…"

Alors qu'elle prononçait ces mots, sa voix se brisa et le larmes retenues commencèrent à couler sur ses joues.

"- Ce n'est rien," dit-il comme si cela n'avait vraiment aucune importance. "Écoute, il y a un espion…"

Une violente quinte de toux l'interrompit. Du sang macula ses lèvres.

"- Remus, tu m'expliqueras plus tard," dit-elle dans un sanglot. "Calme-toi…"
"- Non! Erika… Méfie-toi… d'Alice…"
"- Hein? Qui? Peu importe, plus tard, là il faut te soigner…"
"- Je suis content… de t'avoir revue… Erika…"
"- Non, non, non, on va encore se revoir, Remus, tu vas vivre, tu dois vivre!"

Il lui souriait toujours, et puis, ses yeux se fermèrent doucement et sa respiration laborieuse se tut.

Alors Erika explosa de fureur.

§§§

"- Remus," dit Erika avec un hoquet de douleur.

La résurgence du souvenir avait été violente, suffocante.

"- Oui," dit Sirius d'un ton sourd.

Elle entendit la lourde peine dans sa voix. Elle ne la comprenait que trop bien. Avec l'énergie du désespoir sans doute, elle parvint à quitter son lit. Sa baguette était posée sur la table de chevet. Elle la saisit et enfila les vêtements pliés sur la chaise à côté de son lit.

"- Tu n'es pas encore rétablie," dit faiblement Sirius. "Tu as failli mourir, toi aussi, et…"

Sa voix s'éteignit. Il savait qu'elle ne pouvait pas rester là, mais il ne savait pas pourquoi. Ce que la plaie qu'avait créée la mort de Remus en elle l'avait poussée à faire dans un accès de rage aveugle était inimaginable et monstrueux. Elle était dangereuse. Elle devait partir, et tout de suite.

"- Au revoir, j'espère," dit alors Sirius.

Il voulait dire "Ne me dis pas adieu." Que devait-elle répondre?

"- Au revoir, Sirius," répondit-elle en se dirigeant vers la porte de l'infirmerie. Mais Merlin seul savait s'ils se reverraient.

§***§

Sirius ne la vit pas sortir. Elle n'avait pas besoin de passer devant son lit pour se rendre hors de l'infirmerie. Bien qu'elle ait choisi de lui dire "au revoir", ce salut d'Erika sonnait comme un adieu. Merlin seul savait ce qui lui était encore passé par la tête. Mais s'il y avait bien quelqu'un pour comprendre ces accès de folie, c'était lui.

"- Elle ne devait pas encore rester alitée au moins une semaine?"

Sirius sursauta. Plongé dans ses pensées, il ne l'avait pas entendue arriver.

"- Oh, quand Erika a décidé quelque chose," répondit-il, "elle n'en fait qu'à sa tête. Que me vaut le plaisir, Hermione?"
"- Je viens rendre visite à mon collaborateur préféré. Et ce comportement que tu décris me rappelle vaguement quelqu'un…"

Elle lui décocha un regard appuyé qu'il soutint sans doute une seconde de trop, fasciné par les dégradés de couleur chocolat de ses iris. C'est quand elle se racla doucement la gorge qu'il se décida à répondre.

"- C'est possible," admit-il. "Mais la mort de… Remus… nous affecte tous. Erika y compris."

Il avait eu du mal à enchaîner le mot fatal et le prénom de son ami. D'une certaine manière, il était responsable de sa mort. Il lui avait dit de se mettre à couvert, espérant que Remus transplanerait au QG. Mais Lunard avait-il jamais écouté ce genre de recommandations…

"- Tu veux en parler?" demanda Hermione, interrompant le fil de ses pensées.
"- De quoi?" rétorqua-t-il un peu trop agressivement.

Hermione n'en prit pas ombrage.

"- De ce que tu veux," dit-elle.

En l'observant plus attentivement, Sirius se rendit compte qu'elle avait les traits tirés et de profonds cernes sous les yeux. Ce n'était facile pour personne.

"- Excuse-moi," dit-il, "je suis encore à l'ouest."

Elle haussa les épaules.

"- Ce n'est pas grave, c'est un peu le cas de tout le monde. Cet affrontement a été éprouvant, personne ne s'en est encore remis."

Il acquiesça et fit la grimace aussitôt alors que ses cervicales protestaient contre le mouvement. Cette saloperie de Mangemort l'avait bien eu. Mais il ne pourrait jamais s'en vanter auprès de qui que ce soit. Sirius revoyait encore le corps de son adversaire s'écrouler quand il était mort. Il ferma les yeux et soupira.

"- Raconte-moi quelque chose de joyeux…"
"- Ah, heu, laisse-moi réfléchir… Ah oui, en déambulant dans les couloirs du château hier, j'ai surpris une conversation entre les professeurs McGonagall et Chourave…

Sirius garda les yeux clos, se laissant bercer par la voix d'Hermione, n'écoutant que d'une oreille ce qu'elle lui racontait, souriant doucement à l'idée qu'elle se livrait à du commérage pour le distraire.

"Tu l'aimes, n'est-ce pas?"

L'image de Remus lui adressant ces quelques mots suffit à effacer le sourire de ses lèvres. De quel droit venait-il le hanter depuis la tombe? Mais au fait, avait-il une tombe? Avait-on seulement rapatrié son corps? Qu'était-il advenu de son corps, au juste? Il avait entendu des rumeurs à propos de cadavres desséchés, mais celui de Remus en faisait-il partie?

"- Sirius, ça va?"

Il sursauta et rouvrit les yeux pour constater qu'Hermione s'était approchée de lui et le regardait intensément, de l'inquiétude dans les yeux. Son coeur manqua un battement.

"- Oui, oui, … non, enfin…" bafouilla-t-il.

Il s'attendait à ce qu'elle recule, mais elle n'en fit rien. Il ne tourna pas la tête non plus. De toutes façons, ses cervicales auraient encore protesté.

"- Qu'est-ce que je peux faire pour t'aider?" demanda Hermione.

Elle ne recula toujours pas. Bien que le ton qu'elle employait était tout en sollicitude, son comportement était un appel clair. Ou alors elle était comme ça avec tous ses amis et il allait se prendre une claque magistrale. Mais il en avait marre de tergiverser avec les femmes.

"- Oui," répondit-il finalement, "tu peux m'aider comme ça…"

Il ignora superbement la douleur qui lui martela la nuque et avança son visage vers celui d'Hermione pour effleurer ses lèvres. Alors qu'elle les entrouvrait à son contact, il sentit son souffle chaud et l'inspira doucement. Puis il l'embrassa délicatement. Il ne se prit pas la claque magistrale qu'il avait redoutée, au contraire, elle lui rendit son baiser avec tout autant de douceur. Alors il laissa retomber sa tête sur l'oreiller. Hermione le fixa, surprise.

"- Quelque chose ne va pas?" s'enquit-elle, légèrement inquiète.
"- Oh non, tout va pour le mieux," la rassura-t-il avec un sourire.
"- Mais alors…"
"- Pourquoi j'ai arrêté? Parce que j'ai trop mal pour tenir ma tête vers toi…"

Il afficha un air penaud, ennuyé de devoir avouer sa faiblesse. Elle lui rendit un sourire éclatant.

"- S'il n'y a que ça…"

Elle se pencha davantage au-dessus de lui et l'embrassa de nouveau. Il ferma les yeux et se laissa enivrer par l'odeur des cheveux de la jeune femme qui l'entouraient. S'il avait vécu l'enfer en France, il venait de trouver le paradis dans cette damnée infirmerie…

§***§

Cela faisait maintenant deux jours qu'il tergiversait, mais il ne pouvait plus repousser la confrontation. Harry se dirigeait donc vers l'infirmerie pour discuter avec Sirius quand il aperçut Ron sur le seuil.

"- Salut Ron!" lança-t-il.

Son meilleur ami sursauta violemment, comme pris en flagrant délit… mais de quoi?

"- Oh, salut Harry," répondit le rouquin, mais il ne semblait pas au meilleur de sa forme.
"- Qu'est-ce que tu fais là?" demanda Harry.

Quand il fut tout près de son ami, il remarqua qu'il était tout rouge de colère.

"- Rien," répondit Ron, visiblement contrarié.

Harry remarqua alors que la double porte de l'infirmerie était entrouverte.

"- Qu'est-ce que tu regardes?" demanda-t-il innocemment.
"- Rien d'important," répondit Ron, sur la défensive.

Harry le prit de vitesse et regarda à son tour. Ce qu'il vit le stupéfia tellement qu'il entendit à peine les protestations de son ami. Sa meilleure amie, celle qu'il considérait comme sa soeur depuis tant d'années, et son parrain, l'homme qui comblait la place vide que son père aurait dû prendre, s'embrassaient au beau milieu de l'infirmerie de Poudlard comme si cela allait de soi. Harry se recula et fit tourner l'idée dans sa tête. Après plusieurs passages, cela lui semblait un tout petit peu moins étrange que sur le coup. Il mettrait du temps à s'habituer.

Revenant au présent, il réalisa qu'il y en avait un qui ne s'y habituerait jamais, c'était Ron. Son meilleur ami était amoureux d'Hermione depuis qu'il avait compris que ce genre de relation pouvait l'intéresser. Mais ces derniers temps, il semblait que leur trio s'effilochait. Peut-être les tensions dues à leurs impératifs de mission finissaient-elles par prendre le pas sur leur amitié. Peut-être que les rapports chaotiques entre Ron et Hermione ne contribuaient pas à améliorer ou stabiliser les choses. Peut-être que lui-même n'était pas assez présent. En tous les cas, le rapprochement de Sirius et Hermione n'arrangerait rien à la situation.

Son manque de réaction fut sans doute à l'origine de la méprise d'interprétation que Ron fit.

"- Quel culot il a, celui-là! D'abord il joue les héros et puis il se fait ma copine!"

Harry fronça les sourcils.

"- Hermione et toi…?" demanda-t-il.
"- Oh non, pas encore, mais c'était pour bientôt."
"- Ah… Et tu ne penses pas qu'Hermione a son mot à dire?"
"- Ben si, mais là elle est déboussolée, il lui a retourné le cerveau, c'est sûr!"
"- Ahah… C'est vrai que c'est tout à fait le genre d'Hermione…"
"- Quoi?"
"- Laisse tomber… Viens avec moi, j'ai quelque chose à te montrer."

Harry entraîna Ron dans le château, loin de l'infirmerie. Il n'avait d'abord eu aucune idée de ce qu'il pourrait bien lui montrer pour le distraire de la toute nouvelle relation entre Sirius et Hermione. Cependant, comme le rouquin ne décolérait pas et gardait obstinément le silence tandis qu'ils marchaient, cela lui laissa tout le temps d'y réfléchir. Il finit par l'emmener dans la salle de classe abandonnée et provisoirement à disposition des membres de l'Ordre pour utiliser sa cheminée.

"- On va où?" demanda Ron.
"- Au QG," répondit Harry laconiquement.
"- Ah."

Ils utilisèrent la poudre de cheminette à disposition et se retrouvèrent dans le salon de l'ancienne maison de Sirius. Ne laissant pas le temps à Ron de ruminer sur la richesse du parrain de son ami qui serait un atout supplémentaire pour embobiner Hermione, Harry le conduisit immédiatement dans son bureau et en referma la porte.

"- Qu'est-ce qu'on fait là?" s'enquit Ron.

Harry prit une longue inspiration avant de répondre.

"- Cela fait trop longtemps," dit-il enfin, "que je fais cela tout seul."

Il désigna son monticule de documents annotés surmontant les piles de livres ouverts ou non qui parsemaient son bureau.

"- C'est-à-dire?" demanda Ron alors que Harry gardait le silence.
"- La recherche des Horcruxes."
"- Ah."
"- Oui. Si Rogue ne m'avait pas donné un coup de main, la coupe ne serait toujours pas en notre possession."
"- Parce que tu demandes de l'aide à Rogue, toi, maintenant?"
"- Il est meilleur que moi pour ça," rétorqua Harry, "et Hermione est occupée…"
"- Oui, avec Sirius…"
"- Oh, Ron, laisse tomber et concentre-toi. Il faut qu'on trouve comment le détruire maintenant."
"- Quoi, c'est pas encore fait?"
"- Non."
"- T'as essayé tous les supers sorts que tu connais?"
"- Bien sûr, qu'est-ce que tu crois? Mais je ne suis pas Dumbledore, moi!"
"- J'ai jamais dit ça…"

Un silence.

"- C'est vachement puissant, comme truc, quand même," fit remarquer Ron.
"- Oui, quand même."
"- Bon, alors on commence par quoi?"

Harry haussa les épaules, incertain. Cela faisait un moment qu'il potassait ces informations et il ne savait pas s'il était passé à côté de quelque chose. Devaient-ils tout reprendre ou se baser sur ses notes? Il choisit de partager son inquiétude avec son ami, comme il avait trop longtemps négligé de le faire.

"- Tu as déjà lu tout ça?" s'exclama Ron avec un air à la fois effaré et admiratif.
"- La plupart, oui. Et voici mes notes, mais je ne sais pas si c'est très clair."
"- Oh, ne t'en fais pas, j'ai l'habitude de relire tes notes!" le rassura Ron.
"- C'est vrai!" se rappela Harry en souriant. "Ce qui n'était pas forcément la meilleure des choses à faire à l'école…"
"- C'était toujours mieux que les miennes! Allez, donne-moi ce paquet-là, on va relire tout ça, peut-être que j'aurai l'illumination!"
"- Oh non," feignit de se plaindre Harry, "si c'est toi qui trouves, on va en entendre parler pour l'année à venir!"

Ron fit semblant de bouder et s'installa avec une liasse de parchemins couverts de l'écriture de Harry. Celui-ci sourit en l'observant un court instant, puis s'installa à son tour. Tout ça lui avait manqué. Bon, Hermione n'était pas là, mais les choses changeaient. L'implication de Ron dans ses recherches était une bonne idée, il en était certain. Et puis, il en avait besoin. Être seul ne lui convenait pas, il tâcherait de ne plus l'oublier.

§***§

Severus avait fui l'infirmerie dès que l'occasion s'était présentée. S'il y avait bien un endroit entre tous qu'il détestait, c'était celui-là. Et pour éviter de croiser qui que ce soit, il s'était terré dans ses quartiers de professeur. Si malgré tout quelqu'un s'y était présenté, il avait prévu de battre en retraite vers son appartement. Mais ce ne fut pas le cas. Cependant vint l'inévitable moment où son estomac réclama de la nourriture et de l'eau. Et malheureusement, ses réserves étaient vides. Ce fut donc suite aux gargouillements insistants de son système digestif vide qu'il se retrouva dans les couloirs de Poudlard en direction des cuisines.

Alors qu'il se rapprochait de son objectif, il perçut un mouvement à la limite de sa vision périphérique. Trop discret pour être un élève en vadrouille dans les couloirs ou en quête de nourriture. Severus se tint donc prêt à se défendre et continua à marcher normalement vers sa destination. Aux mouvements discrets qu'effectuait l'autre, invisible mais pas indétectable pour lui, il comprit qu'il cherchait simplement à ne pas se faire voir. Raison de plus pour intervenir. Quand il parvint à localiser la silhouette tapie dans les ombres, il sortit vivement sa baguette et lança un Stupefix informulé. Le sort ricocha aussitôt contre un Protego lui aussi informulé, et la silhouette se révéla dans la lumière des torches, baguette en avant.

"- Severus," remarqua-t-elle.
"- Erika…"

Il soupira et abaissa sa baguette.

"- Je te croyais encore à l'infirmerie," dit-il.
"- Comme tu vois, je n'y suis plus," répondit-elle en rangeant sa propre baguette.
"- Tu n'es certainement pas encore rétablie."
"- Sans doute, et c'est mieux ainsi."

Il fronça les sourcils, suspicieux. Le ton qu'elle employait n'augurait rien de bon.

"- Explique-toi," demanda-t-il.

Elle le fixa droit dans les yeux. Il résista à cette invitation inconsciente de fouiller dans son esprit. De toutes façons, elle s'en rendrait compte.

"- Comme si tu ne le savais pas," rétorqua-t-elle.

Il fronça les sourcils à nouveau et réfléchit. Elle devait faire référence à la bataille, mais quel moment?

"- Je n'ai pas de temps à perdre à jouer aux devinettes," déclara-t-il d'un ton ennuyé.
"- Parce que le meurtre par dizaines est un jeu, peut-être?

Voilà donc où était le problème. Il aurait dû s'en douter.

"- On est en guerre, on fait tous des choix et on apprend à vivre avec les conséquences."
"- Je n'ai pas choisi, Severus! C'était instinctif, primaire! J'ai réagi comme un animal, je suis dangereuse!"

En l'observant davantage, Severus constata qu'Erika avait en effet tout de l'animal traqué. Le regard affolé et le corps tremblant et en sueur. Mais son état était en partie dû à l'épuisement presque complet de sa magie. Il n'empêche que, quand il avait détecté son potentiel en magie de l'esprit, il n'aurait jamais cru qu'elle atteindrait un tel niveau. La souffrance est un professeur extrêmement sévère mais excellent.

"- Travaille pour garder le contrôle. Bien que cette méthode soit très efficace, je ne crois pas que Potter veuille gagner la guerre de cette manière."
"- Non, mais tu écoutes ce que je dis?"

Elle s'était rapprochée sans cesser de le fixer. Elle avait vraiment l'air mal en point. Et au bord de la crise de nerfs. Après l'infirmerie, c'était ce qu'il détestait le plus: les autres et leurs états d'âme encombrants.

"- Tu aurais pu mourir!" s'exclama-t-elle.

La remarque lui fit l'effet d'une douche froide. Bien sûr, il le savait, il était aux premières loges quand Erika avait fait appel à la Marque des Ténèbres pour assouvir la soif de vengeance qui l'avait submergée. Mais le fait que cela affecte la jeune femme à ce point l'étonnait.

"- Tu aurais dû mourir," murmura-t-elle dans un souffle.

Des larmes coulaient à présent en sillons sur les joues d'Erika., à présent, silencieuses. Il se retint in extremis de lever la main pour les faire disparaître. Ce n'était pas la première fois qu'il devait réfréner des impulsions étranges en la présence de la jeune femme. Il inspira discrètement afin de recouvrir le plein contrôle de lui-même. Après tout, ne détestait-il pas les gens qui se laissaient aller à pleurer devant tout le monde?

"- Si je n'avais pas eu le réflexe de me protéger de ton attaque, oui, je serais mort, comme les autres," répondit-il d'un ton indifférent.

C'était cruel, il s'en rendit compte au moment où il terminait sa phrase. Mais se voiler la face n'était pas une solution. Elle avait utilisé ses dons de Legilimens pour envahir l'esprit de tous les Mangemort à sa portée magique au travers de la Marque et y avait semé un chaos destructeur. Combien y avaient succombé, il ne pouvait le dire. Il se doutait qu'elle-même n'en était pas certaine. Mais alors qu'il pensait que ces mots finiraient de l'anéantir, elle se redressa et sécha ses larmes d'un revers de manche.

"- Oui," dit-elle, "donc tu comprends. Tu pourras l'expliquer à Potter."
"- Je ne te suis pas," s'entendit-il avouer avant d'avoir pu retenir les mots.
"- Je disparais, Severus. Définitivement cette fois."
"- Le suicide est un choix de lâche," dit-il d'un ton dur.

Il la toisa avec mépris. Si c'était la solution qu'elle avait choisie, il n'avait plus rien à lui dire, et peu importait les demandes répétées qu'on lui avait faites pour la garder en vie, la sauver à tout prix, même d'elle-même. Non, il ne sauverait pas une lâche.

"- Je ne suis pas courageuse," rétorqua-t-elle. "Mais même si je n'ai pas de raison particulière de continuer à vivre, je ne suis pas prête à mourir."

Il haussa les sourcils. Un coin de son esprit lui recommandait de ne pas chercher à en savoir davantage, de se taire, mais curieusement, cette attitude qui était sa norme lui semblait à présent hors de portée.

"- Que vas-tu faire?" demanda-t-il.
"- Disparaître de cette guerre."
"- Se terrer dans un trou est aussi un choix de lâche."
"- Peut-être, moi j'appelle ça de la prudence."
"- Il n'y a pas de raison que tu fasses la même erreur deux fois."
"- Il y a encore trop de personnes auxquelles je tiens qui risquent leur vie tous les jours pour que je sois une variable à haut risque supplémentaire dans l'équation."

Elle détourna le regard.

"- Je ne reviendrai plus en Grande-Bretagne."

Après ce qu'elle venait de faire et tant que le Seigneur des Ténèbres était en vie, c'était un choix avisé. Néanmoins, quelque chose le dérangeait dans cet état de fait et il ne parvenait pas à déterminer de quoi il s'agissait.

"- Fais attention à toi, Severus."
"- Où vas-tu aller?"
"- Si tu ne le sais pas, tu ne risques rien, et c'est ce qui importe…"

Il resta interloqué. Elle en profita pour s'éclipser. Il ne la regarda pas partir. Bien qu'il était conscient qu'elle avait retourné ses propres paroles contre lui, il n'était pas sûr de pleinement réaliser ce qu'elle venait de dire au juste. Il sentit son rythme cardiaque s'accélérer ainsi que sa respiration. Avait-il bien compris le sens sous-jacent de ses paroles? Peut-être n'aurait-il jamais l'occasion de le vérifier, alors il n'y avait pas de quoi s'emballer. Mais au fond, c'était à son tour de ne plus se voiler la face. Il soupira. Il tenait à elle au moins autant qu'elle semblait avoir sous-entendu qu'elle tenait à lui. Il se permit d'espérer pendant quelques secondes qu'elle survive à cette guerre, où qu'elle aille. Puis il reprit le chemin des cuisines avant de se rendre compte qu'il n'avait plus faim. Fichus sentiments.

§***§

Erika déambulait dans les couloirs non fréquentés de Poudlard sans réellement y prêter attention. Que venait-elle de dire à Severus au juste? Il avait eu l'air surpris, que s'imaginait-elle? Rien en fait, elle avait parlé spontanément. C'était ça le problème, depuis quand agissait-elle autant sans réfléchir?

"Depuis que Remus est mort."

Elle s'arrêta net et un sanglot lui échappa. Elle se plaqua la main sur la bouche et se laissa tomber à genoux. Elle ne put empêcher les larmes de rouler encore sur ses joues. C'était trop. Toutes ces morts inutiles. Il fallait que cela cesse.

Erika se donna un moment pour reprendre le contrôle, laissant la peine la frapper de plein fouet, l'acceptant, la faisant sienne pour honorer la mémoire de ses amis disparus. Alors elle tenta de se remémorer ce que Remus avait tenu à lui dire avant de mourir. Il était question d'un espion au sein de l'Ordre, et ce serait Alice… Qui était Alice, déjà? Elle fit un effort de mémoire et se rappela la jeune fille exubérante qui avait atterri chez les Malefoy. Elle, une espionne? En terme de position, cela collait parfaitement, mais question personnalité, Erika avait un doute. Enfin, si Remus avait pris la peine de lui dire cela alors qu'il sentait qu'il allait mourir, c'était qu'il y avait matière à creuser. Il fallait donc la percer à jour. Finalement, Erika ne quitterait peut-être pas la Grande-Bretagne définitivement tout de suite.

§***§

Quand elle apparut dans le salon de la cellule, personne n'y était, ce qui permit à Erika de ne pas devoir expliquer sa présence. Elle venait juste chercher ses affaires pour se relocaliser ailleurs. Quand elle aurait recouvré toute sa puissance magique, elle retournerait dans son pays. Elle savait à présent qu'elle pouvait se soustraire au Seigneur des Ténèbres s'il la cherchait au travers de la Marque. Alors la traque du traître commencerait. La parole de Remus ne suffirait pas, il faudrait qu'elle trouve des preuves. Sinon, elle devrait recourir aux aveux. Ce serait déplaisant, mais si c'était le seul moyen pour venger les morts de ce presque fiasco suite aux paroles d'un traître, alors elle ne reculerait pas.

Tandis qu'elle finissait d'empaqueter ses possessions dans un sac agrandi magiquement, elle entendit un bruit qui la fit relever la tête. Son premier réflexe avait été de sortir sa baguette, mais aucun ennemi ne pouvait venir ici. D'ailleurs, depuis l'encadrement de la porte de la chambre, Eric la regardait, intrigué.

"- Tu t'en vas?" demanda-t-il.
"- Oui."
"- Tu retournes avec tes amis Anglais?"
"- Non."
"- Ah, alors pourquoi tu pars?"
"- Parce que je ne peux pas rester…"

Elle allait en rester là, mais l'air un peu paniqué du jeune homme la fit hésiter.

"- Quoi?" s'enquit-elle.
"- Et bien, comme Bertrand est… est… enfin, n'est plus là…"

Il s'interrompit. Erika le savait, Bertrand était comme un second père pour les membres de la cellule. Sa mort les avait bien sûr fortement affectés.

"- Oui?" l'encouragea-t-elle à continuer pour qu'il ne rumine pas.
"- On pensait, avec les autres, que tu…"
"- Que je quoi, Eric? Explique-toi!"
"- Que tu prendrais sa place."
"- Que je… quoi? Mais qu'est-ce qui vous a mis cette idée dans la tête?"
"- Après Bertrand, c'est toi qui nous as entraînés et permis de survivre à l'affrontement."
"- Oui, mais je suis Britannique et je n'ai aucune relation avec les autres cellules. Et tous les serments sont caduques, il me semble… Par la barbe de Merlin, la maison!"
"- Quoi?"
"- Bertrand était le Gardien du Secret. Maintenant nous le sommes tous. Si quelqu'un parle sans le vouloir de cet endroit…"
"- Ah oui, c'est vrai. Il nous l'avait dit une fois, avant une mission risquée. Ne t'inquiète pas, personne ne dira quoi que ce soit. Et tu pourras le refaire."
"- Un Fidelitas? Tu me surestimes…"
"- Madame Maxime l'a fait pour Bertrand."
"- Là n'est pas la question, je… mais comment le sais-tu?"
"- J'étais là. C'est impressionnant."
"- Je veux bien te croire. Néanmoins, je ne peux pas assumer ce rôle."
"- Pourquoi, voyons? On te connaît tous et on te fait confiance. On ne veut pas de quelqu'un d'autre."
"- Ton dévouement me touche, mais il est mal placé… Je ne suis pas digne de cette confiance."

Devant l'air incrédule du jeune homme, Erika décida de lui révéler son secret. Elle retroussa sa manche gauche et lui présenta la Marque des Ténèbres qui ne semblait pas parvenir à prendre une décision entre la teinte noire et la rouge. Instinctivement, il recula. Même sur le continent, on connaissait ce symbole. Mais il se ressaisit rapidement.

"- Je t'ai vu prendre le Feudaymon. Je sais ce que tu as fait pour nous sauver. Cette marque ne prouve rien. Tu as ma confiance.

Erika leva les yeux au ciel devant tant de naïveté. Si Bertrand s'était tenu à la place du jeune homme, elle lui aurait confié le fardeau du meurtre de tous les Mangemorts qu'elle avait sur la conscience. Mais Bertrand était mort, et le jeune Eric voulait que ce soit elle qui remplisse ce rôle si compliqué du leader. Elle n'était pas faite pour ça. Elle n'y parviendrait pas. Elle s'apprêtait à refuser une nouvelle fois quand elle croisa le regard du jeune homme. Il était plein d'espoir. Il croyait en elle, aussi hallucinant que cela puisse paraître. "On est en guerre, on fait tous des choix et on apprend à vivre avec les conséquences," avait dit Severus. S'il y avait cette petite poignée de gens qui étaient prêts à s'engager derrière elle pour cette cause folle qu'ils défendaient, comment pouvait-elle leur refuser sa maigre expérience? Peut-être parviendrait-elle à les garder vierges de toutes ces horribles choses qui jonchaient à présent son passé. Elle soupira.

"- Si même ça ne te fait pas reculer," dit-elle finalement en parlant de sa Marque mais en pensant à tout le reste, "alors tu es assez fou pour contribuer à remporter cette guerre…"

Eric laissa un demi-sourire gagner ses lèvres, n'osant trop y croire.

"- Si je considérais ta demande," reprit Erika, "et je dis bien "si", à part le babysitting, quelles autres tâches ennuyeuses m'incomberaient?"

Cette fois, ce fut un large sourire qui se dessina sur le visage du jeune homme. Il avait raison, il avait déjà gagné, elle s'était laissée convaincre. Mais elle ne perdait pas pour autant de vue son objectif personnel. Pour peu que Remus ait vu juste, démasquer Alice était une nécessité. Et tandis qu'Eric l'entraînait vers le bureau que Bertrand avait tant de fois occupé, Erika échafaudait un plan pour piéger la traîtresse, si elle en était une. La partie serait compliquée à jouer, mais elle n'avait pas d'autre choix que de la gagner. Pour Remus.


NdA: Et voilààà, publié (presque, à un jour près) à temps! Ce 16e chapitre clôture donc la deuxième partie de cette histoire. Ne me tapez pas, je ne tue pas mes personnages par plaisir, je le jure! On se retrouve dans un mois pour entamer la troisième partie! Il y a encore beaucoup de choses à découvrir, c'est loin d'être terminé et les retournements de situation seront régulièrement au rendez-vous! Laissez une review pour me dire comment vous voyez, sentez les choses!