Disclaimer: Le cadre et les personnages issus du canon Harry Potter ne m'appartiennent pas, tout cela est à J.K.R. ! Je ne gagne pas d'argent en publiant cette histoire.

Remerciements: À mon inlassable et talentueuse correctrice, j'ai nommé Loufoca, qui me dispense ses conseils et ses réflexions plus que judicieuses avec une générosité sans limite, je ne te dirai jamais assez merci! À mes lecteurs, qu'ils se manifestent ou pas, je vous remercie de prendre le temps de me lire, car après l'écriture, le partage est tout aussi important.

Rappel important: Ceci est une fanfiction dans un univers alternatif aux trois derniers tomes de Harry Potter. Je ne détaillerai pas en quoi ces trois derniers tomes diffèrent des originaux, car je me situe après pour la grosse majorité de l'histoire.


NdA: Pour les gens qui me laissent une review sans se connecter (Manon ^^), je ne peux malheureusement pas y répondre. Pensez qu'il est tout à fait possible de vous créer un compte lecteur qui ne vous engage à rien sur le site. Et sans plus attendre, voici le chapitre 19 tout chaud! J'espère qu'il vous plaira! Faites-le moi savoir! Et même si ce n'est pas le cas, une petite review pour m'expliquer ce qui ne vous plaît pas ou vous paraît incohérent, je me ferai un plaisir d'y répondre! Bonne lecture!


Chapitre 19 - Des chemins isolés et semés d'embûches

Erika s'était attendue à éprouver du remord, éventuellement du regret aussi. Il n'en était rien. Elle avait quitté Severus alors qu'il dormait profondément et pour être sûre de ne pas le réveiller, elle avait créé une bulle de silence autour d'elle avant de transplaner. Dans le même esprit, puisque c'était la fin de la nuit, elle avait choisi d'atterrir en rase campagne avant de rejoindre la maison de la cellule. Elle profitait de la marche pour réfléchir. Elle avait d'abord pensé que son esprit la ramènerait d'office à sa relation avec Severus, mais il s'avérait que tout lui semblait clair. Ils étaient deux adultes consentants ayant des sentiments l'un pour l'autre. Il n'était nul besoin de réfléchir plus avant ou de faire des projets, car quel avenir cette guerre leur réservait-elle? Non, tout était très bien comme ça, inutile de s'encombrer l'esprit. Par contre, il était temps que sa cellule reprenne du service actif. Ils s'étaient suffisamment reposés. Erika élabora donc une liste des actions possibles à mener pour la présenter à Madame Maxime.

"- Où étais-tu passée?"

Elle ne sursauta pas quand la voix surgit de la pénombre de la pièce alors qu'elle refermait la porte d'entrée de la maison. Elle était constamment sur ses gardes et avait entendu le léger bruit de pas feutrés à son arrivée. La question qui lui avait été aboyée en guise de salut venait de Sirius. Si elle répondait presque honnêtement, il ne serait satisfait que lorsqu'elle lui aurait tout dit. Elle choisit de lui dissimuler cette information.

"- En mission," lui répondit-elle.
"- Seule? Sans avertir personne?"
"- Figure-toi que cela arrive assez souvent. Et si tu pouvais baisser d'un ou deux tons pour épargner le sommeil des jeunes, je t'en serais reconnaissante."

Elle n'attendit pas de réponse de sa part et se dirigea vers la cuisine. C'était un lieu qu'elle n'affectionnait pas particulièrement. Il favorisait les confidences et toutes les conversations officieuses à propos de sujets officiels s'y tenaient. De son expérience personnelle, c'était partout pareil, mais d'autant plus marqué dans les cuisines des lieux rassemblant beaucoup de gens. Néanmoins, elle avait vraiment faim, donc elle passa outre son ressentiment pour la pièce. Sirius la suivit.

"- Tu ne vas pas te reposer?" demanda-t-il à la limite du chuchotement.
"- Non, j'ai dormi suffisamment. Tu fais encore le papa poule, Sirius…"
"- Tu ne peux pas me reprocher de m'inquiéter pour toi."
"- Non, je ne peux pas. Mais évite de le formuler à voix haute. Je ne t'ai pas fait venir pour me surveiller."

Il ne dit plus rien et se contenta de l'observer. Erika n'y voyait pas d'inconvénient. Elle ouvrit le placard froid de conservation et en sortit du roast beef avant d'attraper un bout de baguette dans le panier à pain. Elle s'installa à table et mordit à pleines dents dans le sandwich ainsi composé. Elle croisa alors le regard de Sirius, passablement étonné.

"- Quoi?" dit-elle après avoir avalé sa bouchée.
"- Il y a du roast beef dans cette foutue baraque, et tu ne me l'as pas dit?"

Pendant un moment, Erika le regarda, interloquée. Puis elle éclata de rire. Elle le vit sourire, satisfait de son effet.

"- Fais-toi plaisir," dit-elle en lui désignant le placard.

Il ne se fit pas prier et s'installa à côté d'elle après s'être servi. Ils mangèrent en silence. Puis Erika se leva de table.

"- Où vas-tu?" demanda Sirius.

Elle soupira et lui lança un regard appuyé.

"- Quoi?" s'étonna-t-il. "C'est une simple question, je ne te surveille pas…"
"- Bien sûr," ironisa-t-elle. "Dans mon bureau, j'ai des choses à consigner par écrit."
"- Ah. À tout à l'heure."
"- Oui, à tout à l'heure."

Elle quitta la cuisine et se réfugia dans l'ancien bureau de Bertrand - elle devait se forcer pour dire "mon bureau" devant les autres. Il y avait un malaise entre Sirius et elle qui ne lui plaisait pas. À croire que leur amitié n'avait toujours reposé que sur l'éventualité d'être ensemble. Maintenant qu'ils avait écarté cette issue et que Remus n'était plus là pour maintenir l'équilibre, ils s'éloignaient. Peut-être était-elle en partie fautive. Mais si elle avait bien appris quelque chose, c'était que tout n'était pas bon à dire à tout le monde.

Le temps passa et bientôt elle entendit la maisonnée qui s'éveillait et animait les différentes pièces avec plus ou moins de bruit. Erika avait terminé de coucher sur le parchemin les revendications qu'elle présenterait à Madame Maxime. Elle n'avait donc plus qu'à rejoindre les jeunes. Elle les trouva dans la salle à manger, pendus aux lèvres de Sirius qui leur racontait elle ne savait quelle aventure. Sans manifester sa présence, elle écouta un instant en se rappelant qu'elle aussi s'était souvent perdue dans les récits de Sirius. C'était un excellent conteur. Puis elle se racla la gorge.

"- Tout le monde dans le grand salon," dit-elle quand la plupart des membres l'eurent regardée.

Lorsqu'ils eurent tous déménagé, elle s'expliqua.

"- Je suppose que vous en avez assez de votre congé forcé?"

Ils acquiescèrent tous avec vigueur.

"- Je ne vous cache pas que moi aussi…"
"- Pourquoi cela dure-t-il si longtemps? Il y a un moment qu'on est tous sur pieds!" s'exclama Eric.
"- Je sais," répondit-elle tranquillement.

Elle leur jeta un coup d'oeil pour juger de leur niveau d'attention. Elle était pleine et entière, et leurs regards étaient confiants.

"- En fait, si nos plus hautes instances ont pleine foi en vos capacités, elles doutent fortement du leader que vous avez choisi."

Un silence. Erika pouvait voir l'information faire son chemin dans tous les esprits.

"- Quoi?" dit Eric. "Mais enfin, pourquoi t'ont-ils donné la gestion de la cellule alors?"

"- Pour ne pas vous rebuter."

Un nouveau silence. Tous ces jeunes avaient beaucoup mûri. Plus qu'ils ne l'auraient dû à leur âge. Comme elle. Elle n'avait plus rien d'autre à leur apprendre que du perfectionnement de techniques de combat. Ils étaient malheureusement plus que prêts pour être continuellement sur le terrain.

"- Bien," reprit Erika, "maintenant que vous connaissez l'historique de notre situation, vous allez comprendre ma démarche. J'ai prévu plusieurs missions en fonction des informations glanées ces derniers temps par les autres cellules. Demain, je vais les soumettre à Madame Maxime… qui sera obligée de les refuser."

Une clameur indignée s'éleva dans le salon. Erika attendit un moment qu'ils se calment.

"- Et pendant que ces missions, qui ne sont majoritairement que de la surveillance, seront assurées par d'autres cellules, nous nous chargerons librement d'intervenir aux endroits vraiment clés."

La stupéfaction se lut sur tous les visages.

"- Tu vas jouer avec le feu, Erika," intervint Sirius d'un ton extrêmement sérieux.

Elle le toisa. Après un court instant, un sourire s'afficha sur ses lèvres.

"- Quand est-ce qu'on attaque?" s'enquit-il.

Erika ne put s'empêcher de lui rendre son sourire. Mais alors que des exclamations enthousiastes fusaient de tous les canapés, elle s'empressa de les tempérer.

"- Cela va évidemment à l'encontre du bon fonctionnement de notre organisation. Cela nous demandera également beaucoup plus de précaution car nous n'aurons absolument aucune aide. Si ne serait-ce que l'un d'entre vous n'est pas d'accord, je ne lancerai pas l'opération. C'est pourquoi nous allons procéder à un vote…"

À peine finissait-elle sa phrase que toutes les mains se levèrent dans le salon.

"- J'allais vous proposer de voter à bulletin secret pour n'incriminer personne, mais vous semblez tous d'accord," conclut Erika. "Va donc pour l'opération à ciel ouvert."

Ils n'éclatèrent pas de joie, faire la guerre n'était pas un sujet de réjouissance, mais quitte à en faire partie, autant faire en sorte de la gagner. Et tous les membres de la cellule étaient satisfaits de pouvoir contribuer à les rapprocher de la victoire.

§***§

"- Mais qu'est-ce que vous avez tous dans le crâne? Vous voulez vous faire tuer d'entrée de jeu?"

Sirius se permit un sourire. Cela faisait un moment qu'il observait Erika et les Français pendant leur entraînement. Son amie était dure, parfois trop. Ces jeunes avaient un bon niveau et se démenaient pour l'améliorer davantage. Mais Erika ne se montrait jamais satisfaite. Une véritable maman-poule.

"- Damien et Charles, quand vous aurez fini de vous amuser, vous pourrez tenter de réaliser l'exercice que je vous demande!"

C'était le feu vert pour tous les autres jeunes. L'attention était focalisée sur les deux soi-disant fauteurs de trouble, le reste du groupe pouvait relâcher sa vigilance. Aurélie et Sylvie se permirent de regarder dans la direction des duellistes visés. Arnaud signifia à Lise d'un geste discret qu'elle pouvait temporiser avant de retenter de conjurer le sort de protection complexe qui était le sujet de l'exercice. Eric attendit patiemment qu'Erika revienne vers lui pour faire son propre énième essai. Cela aurait pu s'arrêter là et l'entraînement aurait tranquillement repris comme cela arrivait fréquemment. Cependant, Damien ne semblait pas l'entendre de cette oreille. Sirius vit tout de suite qu'il allait s'opposer à Erika au moment où le jeune homme bombait le torse en inspirant avant de parler. Charles eut le mérite de faire un geste pour tenter de dissuader son partenaire de combat de réagir, mais il n'eut pas l'effet escompté.

"- C'est bon, là, Erika, tu pourrais nous lâcher un peu, ça fait une plombe qu'on essaie!"

Mauvaise réponse. Sirius nota la lueur de colère dans les yeux d'Erika. Il y eut un bref silence complet, le genre de moment suspendu dans le temps où tout le monde retient son souffle dans l'attente de ce qui va suivre. Et tous en furent pour leurs frais.

"- Vous lâcher un peu, c'est ça que tu veux, Damien?" susurra Erika.

Aucune réponse. Pas un son.

"- Tu préférerais sans doute faire une pause, histoire de compiler tout ça pour réessayer plus tard?" continua la jeune femme.

Le ton qu'elle employait glaça les os de Sirius. Il émanait d'elle comme une aura de dangerosité. L'animagus n'était pas le seul à s'en être rendu compte, Damien serrait sa baguette dans sa main de telle sorte que ses jointures blanchissaient doucement. Erika ne dit rien, elle se contenta de pointer sa baguette vers le jeune homme qui parvint à peine à conjurer un Protego avant que le sort informulé d'Erika ne le traverse et ne l'envoie valser deux mètres plus loin. Charles se précipita vers lui pour l'aider à se relever.

"- Voilà ce qui vous attend," déclara Erika d'un ton sourd.

Elle balaya les membres de la cellule du regard.

"- Vous semblez déjà avoir oublié ce qui s'est passé la dernière fois où nous nous sommes frottés à nos ennemis! Et nous n'étions pas seul! Vous voulez les affronter sans filet, mais vous n'avez aucune discipline! Il est hors de question que je doive ramener vos cadavres parce que vous n'aurez pas été préparés! Je refuse de cautionner les actes pour lesquels nous avons voté si vous n'êtes pas prêts!"

Un silence. Lourd, palpable, chargé de tension. Le fardeau de la responsabilité que portait Erika l'empêchait de permettre aux autres d'avoir une certaine insouciance. Sirius nota qu'Eric commençait à se détacher du groupe. Le regard un peu inquisiteur, les sourcils froncés, il désapprouvait clairement l'attitude de ses camarades. Encore un jeune contaminé par la guerre. Les autres hésitaient sur la marche à suivre. Se manifester pour l'un ou l'autre, ou attendre que ça passe? Ce n'était pas très sain.

"- Magnifique démonstration de supériorité avec le choix d'un sort que tu maîtrises, Erika….," lança Sirius.

Il avait usé du ton professoral que Remus avait employé de si nombreuses fois avec lui. Avec Erika aussi sans doute, car elle fit volte-face vers lui aussitôt, visiblement contrariée.

"- C'est ce que font les mages noirs, Sirius," rétorqua-t-elle, "ils choisissent des sorts offensifs qu'ils maîtrisent. Le but, si tu ne l'avais pas compris, est de pouvoir se défendre de n'importe quelle attaque de front!"
"- Ils ont compris, figure-toi…"

Et il leva sa baguette vers elle pour lui lancer un Stupefix informulé. Erika l'évita de justesse avec un Protego lancé au dernier moment, ce qui lui fit perdre l'équilibre.

"- Et là, si je suis ton ennemi, tu es morte…"

Elle le fixa avec un regard furieux après avoir récupéré son assiette.

"- Et que proposes-tu, alors?" demanda-t-elle sur un ton de défi.
"- Le problème vient du fait que si vous vous retrouvez à ce genre de distance courte de votre adversaire, la défense n'est plus une option envisageable. Le temps de réaction est trop lent, même pour quelqu'un de très bien entraîné, comme je viens de vous le montrer…"

Sirius s'adressait à tout le groupe à présent. Erika l'avait fait venir pour lui donner un coup de main, et il venait de trouver ce qu'il pourrait apporter au groupe: un autre point de vue.

"- Non," poursuivit-il, "à cette distance, il faut attaquer en premier! Forcer l'ennemi à devoir se défendre et donc être en position inférieure à vous. Une fois déstabilisé, vous faites de votre opposant ce que vous voulez…"
"- C'est-à-dire," intervint Erika, "rendre inopérant votre adversaire sans le tuer."
"- Bien sûr," acquiesça Sirius, "nous ne sommes pas là pour devenir des tueurs…"

Une vive étincelle de honte s'alluma brièvement dans le regard d'Erika. Mais elle se ressaisit presque instantanément et dit d'un ton neutre:

"- Bien, il semble que l'angle d'attaque de Sirius soit intéressant à exploiter. Je le laisse s'occuper de vous pour la fin de l'entraînement. Et ensuite faites-moi tous une liste de tous les moyens de mettre un sorcier hors d'état de nuire sans le tuer pour ce soir."

Erika n'attendit pas que les jeunes acquiescent ou que Sirius montre son accord pour prendre son relais. Elle tourna les talons et quitta la cour de la résidence pour se rendre à l'intérieur sans un regard en arrière. L'animagus hésita deux secondes avant de donner sa pleine attention aux jeunes.

"- Bien, remettez-vous par deux, on va travailler ça!" dit-il.

L'enthousiasme dont firent preuve les jeunes à exécuter ses instructions lui mit du baume au coeur. Après tout, il n'était peut-être pas si inutile dans cette guerre.

§***§

Lorsque la porte de son bureau s'ouvrit à la volée, Erika releva à peine la tête de ses papiers. Elle savait que Sirius passerait se vanter de sa réussite auprès des jeunes. Elle s'en fichait. Qu'il se vante tant qu'il le voulait, tant que le résultat qu'elle cherchait à obtenir avec les membres de sa cellule était atteint, cela lui convenait parfaitement. Non seulement, elle avait rendu service à Potter, ce qui lui paraissait toujours étrange, mais en plus elle y avait gagné en efficacité.

"- C'est gagné!" s'exclama Sirius en s'asseyant dans le siège qui faisait face au bureau.

Dans la foulée, il posa ses pieds sur le meuble. Erika lui lança un regard assassin.

"- Sirius, mon bureau."
"- Oh, pardon, madame la chef," dit-il en reprenant une position assise conventionnelle. "Mais il n'empêche qu'ils ont compris!"
"- Je n'en doutais pas. Dorénavant, tu t'occuperas de tous les entraînements."
"- Mais, ce n'est pas ton boulot?"
"- Une partie seulement. Je n'y participerai que si nécessaire."
"- Ça ne te ferait pas de mal, pourtant…"

Erika le toisa, mais choisit de ne pas relever l'affront. De toutes façons, il avait raison, mais elle n'avait pas le temps.

"- Qu'est-ce que tu fais?" demanda Sirius en la voyant écrire sur le parchemin qu'elle noircissait depuis quelques minutes.
"- Tout ce que tu aimes," rétorqua-t-elle volontairement évasive, "de la paperasse…"
"- Je peux voir?"

Elle soupira.

"- Non."
"- Pourquoi?"

Elle fixa Sirius, incrédule cette fois.

"- Tu n'as rien d'autre à faire?" lui dit-elle.
"- En fait, non…," déclara-t-il, un sourire aux lèvres.

Erika leva les yeux au ciel.

"- Écoute, Sirius, j'ai vraiment besoin de finir ça, alors reste ici si cela te chante, mais je ne veux pas t'entendre. Pas le moindre son qui pourrait me distraire, compris?"

Il la regarda avec un air intrigué sur le visage.

"- En quoi est-ce si important?" demanda-t-il, ayant recouvré tout son sérieux.

Elle le regarda pendant un moment, essayant d'évaluer le degré de confiance qu'elle pourrait avoir en lui. Ses recherches à propos d'Alice étaient complexes, le seul avis supplémentaire de Severus n'était sans doute pas suffisant. Mais elle s'était donnée cette mission toute seule, et si Remus n'avais pas partagé ses craintes avec son ami, qui était-elle pour remettre en cause son jugement? Non, Sirius tenterait probablement de la dissuader de mener cette quête insensée de front avec la Résistance contre Roxanne et le pouvoir français corrompu. Erika ne pouvait pas lui en parler.

"- Ça l'est, c'est tout," se contenta-t-elle finalement de répondre.

Il acquiesça doucement. Il n'était pas dupe, mais il acceptait de renoncer. Et cela suffisait amplement à Erika. Elle se replongea dans ses papiers sans plus prêter attention à Sirius et nota dans un coin de sa tête le mouvement qu'il fit quand il se leva. Elle ne se souvint du fait qu'elle n'avait pas entendu la porte s'ouvrir et se refermer que quand un grand chien noir s'affala sur le sol à côté de sa chaise de bureau dans un fatras de vêtements. Décontenancée, elle resta quelque minutes à l'observer faire semblant de dormir. Elle aurait juré qu'elle avait vu quelque chose comme un sourire dans son faciès canin avant qu'il ne ferme les yeux. Puis elle haussa les épaules et choisit de l'ignorer, tentant de se reconcentrer sur son travail. Peine perdue, ses pensées divaguaient déjà.

Erika savait que Sirius n'était pas très enclin à reprendre sa forme à la pilosité prononcée plus que nécessaire. Les douze années passées à Azkaban lui avaient fait perdre le goût de la transformation. Pourtant il faisait un assez beau chien outre le fait qu'un animagus pas vraiment déclaré pouvait se permettre d'espionner facilement monsieur et madame tout-le-monde. Mais cela voulait dire qu'il préférait encore passer outre son envie de rester au maximum sous sa forme humaine plutôt que de devoir quitter le bureau parce qu'il ferait trop de bruit. C'était perturbant. D'autre part, l'apparente tranquillité qui émanait de lui rappela à Erika qu'elle manquait cruellement de sommeil. Revenant plusieurs fois à ses notes pour oublier la présence de son ami, elle dut lutter contre l'envie de se blottir contre lui pour prendre le repos qui lui faisait tant défaut. Il était vraiment temps qu'elle apprenne à ne plus compter sur son entourage pour la forcer à ne pas dépasser ses limites. Être un bon leader, c'était se connaître soi-même et s'écouter avant de donner des directives aux autres. Elle en était là de ses réflexions trop profondes et philosophiques à son goût quand la porte du bureau s'ouvrit à la volée. Cela devenait vraiment une habitude, il faudrait qu'elle leur rappelle à tous qu'on frappait aux portes avant d'entrer.

"- Erika, faut que tu viennes, on a un…"

Le ton d'Aurélie diminua à l'instant où son regard se posa sur les vêtements épars qui jonchaient le sol, puis s'éteignit quand elle croisa le regard du chien qui la toisait, assis au milieu de ce désordre.

"- … un problème," finit-elle sa phrase en reportant son attention sur Erika.

Il fallait lui reconnaître une qualité entre toutes, Aurélie ne se laissait jamais décontenancer, quelle que soit la situation. Quoique… Erika la fixa attentivement quand Sirius décida de reprendre forme humaine. La jeune femme piqua un fard alors que Sirius ramassait ses vêtements dans un simulacre de pudicité.

"- Et bien?" demanda Erika. "Qu'y a-t-il?"

Aurélie lui lança un regard à la fois soulagé et intrigué.

"- Les gars ont décidé de jouer à celui qui a la plus grosse et ont prolongé les exercices de Sirius en mini tournoi… Charles a blessé Eric."
"- Mais c'est pas vrai, ils ont quinze ans, ou quoi?" s'énerva Erika. "C'est bon, vas-y, j'arrive."

Aurélie sortit aussitôt du bureau. Erika regarda Sirius.

"- On reparlera de ce petit jeu plus tard," lui dit-elle. "Dehors de mon bureau pendant que je n'y suis pas…"
"- Oui, chef," s'inclina Sirius en une révérence exagérée, avant de lui jeter un clin d'oeil.

Erika songea qu'il semblait aller mieux, globalement. Tant mieux, cela prouvait qu'il y avait de l'espoir pour elle aussi. Puis elle se dépêcha de rejoindre sa bande de sombres buses avant qu'un autre accident ne se produise.

§***§

"- Y a un téléphone qui vibre!"

La moitié des jeunes de la cellule vérifièrent leurs poches ou sac. La première fois qu'Erika avait assisté à ce manège étrange, elle avait haussé les sourcils et demandé des explications. Les Français, beaucoup moins conservateurs que les Anglais, étaient toujours à la pointe en matière de technologie moldue intéressante. Les téléphones portables si répandus parmi les sorciers Français qui l'entouraient en étaient la preuve. Elle s'était aussitôt empressée de vérifier que les ondes utilisées pour communiquer via ces appareils ingénieux ne permettraient pas de localiser l'endroit où ils se trouvaient. Après quoi elle avait interdit que les membres de sa cellule n'emportent leur attirail en mission. Ils oubliaient trop souvent de les "mettre en silencieux". Et puis une idée lui était venue. Comme toute la technologie de pointe moldue n'était absolument pas le centre d'intérêt des sorciers en général, ce canal de communication s'avérait être plutôt sécurisé. Et pour ne rien gâcher, les ondes se fichaient éperdument du Fidelitas. Le plus dur avait été de convaincre Severus de s'en servir.

Feignant de ne pas s'intéresser à l'agitation pour trouver le téléphone vibrant, Erika dirigea sa baguette vers son manteau où elle avait malheureusement abandonné son propre téléphone pour le rendre muet au moyen d'une bulle de silence. Lise, qui avait détecté la vibration de l'appareil, fronça les sourcils en ne l'entendant plus, imitée par les autres détenteurs de téléphone portable.

"- Ça sonnait chez qui?" demanda-t-elle, curieuse.
"- Pas moi…" fut la réponse qu'elle reçut majoritairement.

Soupirant bruyamment comme si les échanges la dérangeaient dans sa lecture, Erika ferma son livre et se leva. Cela lui arrivait de manière suffisamment fréquente pour que personne ne s'en étonne. Ils continuèrent à discuter tandis qu'elle attrapait son manteau. Il était à présent question de savoir qui n'avait pas répondu à l'appel reçu et si c'était parce que celui ou celle qui s'était abstenu ne voulait pas que les autres entendent sa conversation avec un partenaire non déclaré à la petite communauté. En sortant de la maison, Erika songea qu'ils étaient vraiment tout près de la vérité sans se douter qu'ils se trompaient de cible. Elle s'éloigna suffisamment pour ne plus être visible ou audible depuis le bâtiment et sortit son téléphone de sa poche. Un appel manqué. Comme seul Severus connaissait l'existence de ce numéro, c'est qu'il avait quelque chose d'important à lui dire pour avoir daigné utiliser son propre téléphone. Elle le rappela.

"- Allô?" entendit-elle après deux sonneries.
"- Severus, je t'ai déjà dit qu'il n'y a que les francophones qui font ça quand ils décrochent… Chez mes parents, il n'y avait pas de téléphone, mais chez les tiens ça me paraissait couler de source…"
"- Continue et je raccroche."
"- C'est bon, je t'écoute."
"- Potter a décidé d'organiser une cérémonie du souvenir."
"- Comme s'il avait du temps pour ça…"
"- C'est également ce que j'ai fait remarquer, mais il est têtu. Néanmoins je me suis laissé dire que tout le monde y participerait…"
"- Je peux entendre à l'inflexion dans le ton de ta voix qu'il y a une idée sous cette assertion, mais pardonne-moi de ne pas en avoir saisi le sens."
"- Tu devrais revenir ici le temps de cette cérémonie et peut-être un peu plus…"
"- Je n'ai pas besoin de ça pour faire mon deuil, tu devrais le savoir…"
"- Tout le monde sera là."
"- Oui, et…? Oh!"

Le Gallion tomba enfin dans l'esprit d'Erika. Tout le monde, tous les membres de l'Ordre, donc Alice aussi.

"- Tu es toujours là?" demanda Severus en ne l'entendant plus.
"- Oui, oui. Tu peux venir?"
"- Pourquoi?"
"- Parce que ton idée vient de tomber dans mon esprit… Mais je vais avoir besoin de ton aide."
"- Quelles coordonnées?"

Erika vérifia avec sa baguette les coordonnées où elle se trouvait, les communiqua à Severus et raccrocha, veillant à se déplacer aussitôt pour laisser suffisamment de place à un transplanage. Trente secondes plus tard, il se tenait devant elle. Elle ne put s'empêcher de le détailler. Il était fatigué, comme souvent. Il semblait légèrement contrarié aussi. Et il lui rendait son regard observateur surtout. La dernière fois qu'ils s'étaient vus face à face, ils avaient finis couchés dans les bras l'un de l'autre. Elle pouvait voir dans ses yeux qu'il pensait à cela aussi. Elle était certaine qu'il pouvait voir dans ses yeux l'envie soudaine de recommencer qui venait de l'envahir. Mais ils restèrent immobiles et silencieux jusqu'à ce qu'Erika décide de parler.

"- Alice sera à la cérémonie," dit-elle.
"- Cela me semble évident," approuva-t-il.
"- Il faut la prendre à part."
"- Et après? Tu veux la faire avouer? Tu sais que la Légilimencie ne nous aidera pas avec elle…"
"- Du Veritaserum. Je sais que tu peux le préparer."
"- Oui, mais il reste encore trois semaines avant la fin de la préparation et je n'en ai plus de réserve."
"- Et quand a lieu cette fameuse cérémonie?"
"- Dans une semaine, il me semble, ce sera officiel demain."
"- Deux semaines d'attente, ça peut se mettre à profit…"

Severus fronça les soucils en la dévisageant.

"- Que comptes-tu faire?"
"- Faire en sorte qu'elle avoue avant d'avoir besoin de ta potion."
"- Quand bien même je serais d'accord avec les méthodes que tu comptes employer, ce que je ne suis absolument pas, je ne vois pas ce que tu y gagnerais. La vengeance a un goût amer, tu devrais le savoir mieux que quiconque…"
"- C'est la justice que je veux! Il n'y a pas que moi qui ai perdu quelqu'un dans ces affrontements! J'ai discuté avec Potter après le dernier, l'Ordre n'a plus les moyens de se permettre un espion dans ses rangs s'il veut survivre!"
"- Clamer haut et fort que c'est au nom de l'Ordre que tu agis ne rendra pas la torture plus légitime."

Severus avait parlé bas en la fixant droit dans les yeux. Il avait encore appuyé sur un point sensible. Droit au but. Parfois, Erika souhaitait ne pas avoir de conscience. Les larmes qui se présentèrent au bord de ses yeux étaient une faiblesse pour son coeur qui réclamait que l'instigatrice de tous ces massacres soit punie à la hauteur de son crime. Severus l'attira contre lui. Elle se laissa faire, mais lutta contre ses larmes. Ce n'était pas un réconfort qu'elle puisait en lui à cet instant-même, mais la force de passer au-dessus de sa conscience.

"- Tu n'es pas obligé de me suivre sur cette voie," lui murmura-t-elle. "Mais je ne renoncerai pas."

Il soupira.

"- Si telle est ta décision," répondit-il sur le même ton. "Je t'aiderai pour tout organiser."

Il la serra plus fort contre lui, geste qu'elle lui rendit. Puis un bruit les fit sursauter et ils lancèrent deux Stupefix dans la direction de la perturbation.

"- Hey! On se calme! Je ne vais pas vous attaquer!"

La voix prit forme humaine quand un homme se montra de derrière l'arbre qui le dissimulait.

"- Sirius?" s'exclama Erika.

§***§

"- Black," lâcha Rogue d'une voix traînante.

L'ex-Mangemort baissa sa baguette en même temps qu'Erika. Bel ensemble.

"- Bien, maintenant qu'on peut affirmer que vous n'avez pas de problème de vue, vous allez peut-être m'expliquer ce que vous fichez là?"

Toujours très synchrones, leurs visages se fermèrent en même temps. Sirius croisa les bras et attendit.

"- C'est comme vous voulez," dit-il, "j'ai toute la nuit devant moi…"
"- Arrête de faire l'enfant, Black," soupira Rogue.
"- Si je t'ennuie à ce point, tu peux partir, je ne te retiens pas…"

Il eut la satisfaction de voir que Rogue le prenait au mot quand il se détourna pour effectivement partir… et la désillusion de le voir rester quand Erika le retint par le bras.

"- Moi je ne veux pas que tu partes," dit-elle en lançant un regard appuyé à Rogue.

Sirius en eut des frissons. Plus cela s'ancrait dans la réalité sous ses yeux, moins il parvenait à l'envisager. Servilus avec Erika? Si c'était une blague, elle était de mauvais goût. Il fallait qu'il ouvre les yeux de son amie sur cette impasse.

"- Erika, puisqu'il ne veut pas rester, laisse-le. On pourra discuter entre gens normaux…"

Il vit très clairement le regard furieux de la jeune femme, mais son attention fut accaparée par Rogue dont la posture montrait qu'il était prêt à attaquer.

"- C'est toi qui nous déranges, Black. Tu n'as pas une bande de gosses à chaperonner?"
"- Ils sont en âge de s'occuper seuls d'eux-même," rétorqua Sirius, choisissant de paraître le plus mâture des deux.
"- C'est vrai que tu dois te sentir plus proche d'eux que des adultes accomplis…"

Erika s'interposa alors que les baguettes s'affrontaient.

"- Vous vous entendez tous les deux? On dirait des gosses de quinze ans! Rangez vos baguettes tout de suite! N'importe quel Moldu pourrait passer par ici!"

Sirius sourit en voyant Rogue s'exécuter aussitôt, mais ne tarda pas à obtempérer quand Erika le regarda avec insistance. Elle avait raison.

"- Bon," reprit-elle, "Sirius, je peux savoir pourquoi tu m'as suivie?"
"- Je ne t'ai pas suivie!" clama-t-il, puis, avec le froncement de sourcils d'Erika, il enchaîna: "Enfin, pas à proprement parler. Quand j'ai remarqué que tu n'étais plus là, je suis sorti au cas où tu aurais eu besoin de moi…"
"- Je te rappelle," fit-elle d'un ton sarcastique, "que je suis le chef de cette cellule, donc cela implique que je suis une grande fille qui peut se défendre toute seule…"

Sirius vit du coin de l'oeil le sourire narquois de Rogue. Il hésita à continuer devant lui, puis abandonna l'idée. Il avait vu que quelque chose semblait ronger Erika ces derniers temps. Il l'avait suivie dans le but d'être présent si elle avait besoin de parler, comme il l'avait toujours fait. Mais puisqu'elle avait trouvé un autre confident, il ne commettrait pas l'erreur une seconde fois.

"- Peu importe," dit-il. "Qu'est-ce que tu prépares? Je vous ai entendu parler d'agir pour l'Ordre. Je veux en être."

Erika secoua la tête.

"- Je ne prépare rien qui te concerne, Sirius."
"- Cela pourrait le concerner," intervint Rogue.

La jeune femme se tourna vers lui.

"- Severus, je t'interdis!"
"- Tu m'interdis? Si le cabot est prêt à intervenir pour sauver ta peau, je ne vois pas pourquoi tu refuses son aide."
"- Hey, oh, je suis là, hein…" intervint l'animagus.
"- Sirius, laisse tomber," dit Erika. "Je te promets de t'expliquer quand ce sera fini. En attendant, je te demande de me faire confiance."
"- Tu veux que je te laisse risquer ta vie sans rien dire?"
"- Je ne risque pas ma vie."

Sirius vit Rogue lever les yeux au ciel. Ils n'étaient visiblement pas d'accord sur le degré de dangerosité de ce dans quoi s'embarquait Erika.

"- Bon, très bien," soupira-t-il. "Fais comme tu veux."

Il avait pris sur lui pour prononcer ces mots. Le regard reconnaissant d'Erika ne lui suffit pas à se convaincre qu'il avait fait le bon choix. Sa seule consolation était d'avoir fait le contraire de ce que Rogue voulait. Mais n'avait-il pas raison, cette fois? Sirius se secoua mentalement. Servilus ne pouvait jamais avoir raison.

"- Fais attention à toi," dit-il à Erika.

Et il s'éloigna pour rentrer au bâtiment de la cellule. Cela ne lui prit que quelques minutes, Erika ne s'était pas vraiment éloignée pour retrouver Rogue, elle ne devait pas prévoir de partir cette nuit. En approchant de la bâtisse, il aperçut Aurélie avant qu'elle ne le voie. Il vit également la cigarette qu'elle s'empressait d'éteindre, un air gêné sur le visage.

"- Trop tard, t'es grillée," lui fit-il remarquer en arrivant près d'elle.
"- Oh mince alors, le brave toutou d'Erika va lui faire son rapport?" rétorqua-t-elle, sarcastique.
"- Quand tu seras capable d'en faire autant, tu pourras critiquer, la novice. File-moi une clope…"
"- Mais c'est que l'ancêtre est un bad boy… Tiens."

Elle avait sorti son paquet et le lui tendait pour qu'il se serve, ce qu'il fit.

"- Tu veux du feu, aussi?"

Il la regarda en attrapant sa baguette.

"- Regarde et apprends," lui dit-il avec un sourire en allumant la cigarette au moyen d'un petit Incendio informulé.

Elle haussa les épaules.

"- C'est beaucoup d'énergie pour rien," répliqua-t-elle. "Je préfère les briquets des Moldus."

Et elle alluma sa propre cigarette. Il l'observa tandis qu'elle absorbait la fumée nocive avant de l'expirer lentement.

"- T'es une accro, on dirait," commenta-t-il.
"- Et?"
"- Qu'est-ce qui t'a fait commencer?"
"- En quoi ça te regarde?"
"- Simple curiosité, histoire de parler."

Un silence. Une bouffée de cigarette.

"- J'ai traîné longtemps avec des Moldus," dit-elle finalement. "Et toi?"
"- Je voulais contrarier ma mère."

Elle le regarda avec un air suspicieux.

"- Quoi? L'ancêtre a aussi été un ado, figure-toi…"

Elle rit. Elle avait un joli rire. Il lui sourit en retour.

"- Bon, ok, t'es pas vraiment un ancêtre," admit-elle. "Quand je vois comment tu bouges aux entraînements, t'es plutôt en forme."
"- On ne m'a pas laissé le choix de m'encroûter."
"- T'as l'air d'un mec en cavale."

Elle avait dit ça très sérieusement, comme si elle était certaine de ce qu'elle avançait.

"- Comment tu pourrais savoir à quoi ressemble un mec en cavale?" demanda-t-il, sur la défensive.
"- J'en ai fréquenté…"

Elle marqua une pause. Aspiration. Respiration bloquée un moment. Expulsion lente de la fumée.

"- Quand j'étais moi-même en cavale," déclara-t-elle.

Il regarda ailleurs. Cette fille savait de quoi elle parlait, il le sentait. Puis il perçut un mouvement au loin.

"- Éteins ta clope et rentre, Erika arrive."

Aurélie ne se fit pas prier et disparut rapidement à l'intérieur de la maison. Sirius prit le temps de terminer sa cigarette, puis rentra à son tour sans attendre son amie. Il n'avait plus envie de lui parler ce soir.