Disclaimer: Le cadre et les personnages issus du canon Harry Potter ne m'appartiennent pas, tout cela est à J.K.R. ! Je ne gagne pas d'argent en publiant cette histoire.
Remerciements: À mon inlassable et talentueuse correctrice, j'ai nommé Loufoca, qui me dispense ses conseils et ses réflexions plus que judicieuses avec une générosité sans limite, je ne te dirai jamais assez merci! À mes lecteurs, qu'ils se manifestent ou pas, je vous remercie de prendre le temps de me lire, car après l'écriture, le partage est tout aussi important.
Rappel important: Ceci est une fanfiction dans un univers alternatif aux trois derniers tomes de Harry Potter. Je ne détaillerai pas en quoi ces trois derniers tomes diffèrent des originaux, car je me situe après pour la grosse majorité de l'histoire.
NdA: On avance, tout doucement, mais sûrement. Pour ceux qui en douteraient, même si mon rythme de publication est souvent aléatoire bien qu'il reste raisonnable la plupart du temps, sachez que je continue d'écrire cette fic, que je l'adore, que je veux arriver au bout, et que vous aurez droit à la fin, je n'abandonnerai certainement pas la publication même si je n'en retire rien personnellement. Encore merci à Manon de se manifester à la fin de sa lecture! Et maintenant, place au chapitre! Enjoy and review!
Chapitre 21 - La reine prend le cavalier seul
Maintenant que la nuit était bien entamée et que la maisonnée se reposait, Sirius déboula dans le bureau d'Erika avec la ferme intention de lui dire ce qu'il pensait de sa manière chaotique de gérer la cellule de résistants.
"- Erika, je…"
"- Ah, Sirius, tu tombes bien," le coupa-t-elle sans cérémonie en relevant la tête de ses papiers, "j'avais justement besoin de ton avis sur les entraînements, assieds-toi…"
Il s'exécuta en lui jetant un regard suspicieux.
"- Tu savais que j'arrivais, n'est-ce pas?" s'enquit-il.
Elle lui fit un clin d'oeil. Cet air jovial était étrange sur Erika.
"- Je suis démasquée," avoua-t-elle sans toutefois dévoiler sa technique. "Mais je veux vraiment ton avis pour être certaine de faire les bons choix…"
"- Bon," capitula-t-il. "Ils sont prêts."
"- C'est tout?" s'étonna-t-elle. "Pas de détails individuels?"
"- Pas que tu ne saches déjà," rétorqua-t-il. "Ce sont de bons éléments, Erika, ils veulent sauvegarder la communauté sorcière de leur pays, ils en ont assez d'attendre, et ils sont prêts à jouer sans filet comme tu l'as voulu. Qu'attends-tu de plus?
"- Rien, c'est tout ce que je souhaitais entendre… Merci Sirius."
Il fronça les sourcils, intrigué. Depuis qu'elle était à la tête de la cellule et qu'il l'avait intégrée, l'animagus n'avait plus jamais vu son amie si sereine. Quelque chose s'était passé. Et il avait peur d'imaginer ce que ça pouvait être.
"- Rogue est ici?"
"- Heu, non, pourquoi?" demanda-t-elle en haussant les soucils.
"- Alors il est passé?"
L'idée même de ne fut-ce que concevoir la possibilité qu'Erika et Rogue… Non, il préférait ne pas y penser du tout. Rester dans le concret.
"- Non plus," répondit-elle. "Qu'est-ce qui te prend, Sirius?"
"- C'est toi qui es allée le voir!"
"- Ça y est, tu as fini?" demanda-t-elle patiemment.
Il haussa les épaules, il finirait par savoir de quoi il retournait.
"- Oui,"dit-il.
"- Bien. Mais au fait, es-tu au courant de la bonne nouvelle? Harry a encore progressé dans sa quête de destruction du Seigneur des Ténèbres, paraît-il…"
Ça y est, il en était sûr!
"- Tu as parlé à Rogue!"
"- Oui, bon, tu es content? C'est lui qui a effectué la mission avec Hermione. C'était assez limite, d'après ce que j'ai compris, mais ils en sont revenus vivants."
"- Avec Hermione?"
Sirius avait eu l'impression qu'on lui avait versé un seau d'eau froide sur la tête.
"- Oui, c'est ce que j'ai dit. Tu as des problèmes d'audition?"
"- Comment va-t-elle?"
"- Heu, elle se remet doucement, je crois, pourquoi?"
"- Tu as besoin de moi dans l'immédiat?"
Il fallait qu'il aille la voir. Que Harry n'ait même pas pris la peine de le prévenir de la mission le dépassait, mais qu'il ne l'ait pas tenu au courant alors qu'Hermione était revenue après avoir failli y laisser sa peau le scandalisait.
"- Non, pas avant après-demain. Mais tu es libre de faire ce que tu veux Sirius, comme tout le monde ici…"
Il croisa le regard de son amie et y lut ce qu'il était déjà certain d'avoir compris: "Je ne m'occupe pas de tes affaires, alors ne t'occupe pas des miennes." Le message était parfaitement clair.
"- Très bien, merci," répondit-il.
Il se leva, se dirigea vers la porte, puis se retourna, la curiosité l'emportant.
"- Toi et Rogue, vous n'avez pas…?"
"- Dehors, Sirius!"
"- Bon, bon, je m'en vais…"
Il quitta le bureau d'Erika de manière bien plus civilisée qu'il n'y était entré et transplana aussitôt vers le QG de l'Ordre. Il n'y avait personne dans le grand salon. Heureusement, car l'inquiétude concernant Hermione avait repris le dessus et le transplanage longue distance était toujours très compliqué à encaisser physiquement pour lui. Il s'appuya contre le dossier d'un fauteuil, le temps de faire passer la nausée qui s'était emparée de lui, puis il se rendit au bureau de Harry et y entra sans être invité. Son filleul était seul et le dévisagea comme s'il tombait d'une autre planète.
"- Sirius? Tu es revenu de France?"
"- Qu'est-ce qu'elle a? Elle est consciente?"
Il se fichait pas mal des banalités d'usage, il avait besoin de savoir.
"- Heu, quoi? Qui…?"
"- Ma mère, sans doute! Hermione bien sûr!"
"- Ah, Hermione, elle va bien, elle se repose. Mais, comment…?"
Le soulagement de savoir Hermione saine et sauve laissa bien vite place à la colère.
"- Comment je le sais? La question ne devrait pas plutôt être, comment je ne le sais que maintenant, tu ne crois pas?"
"- Hein? De quoi tu parles, Sirius?"
"- Tu le sais très bien!"
Il était furieux. Son filleul était-il lui aussi du côté du rouquin? Mais quand Harry afficha un air méprisant, il se demanda s'il ne s'était pas produit quelque chose qui avait changé la donne en son absence.
"- Qu'est-ce que je sais, Sirius? Que tu es parti comme un voleur sans un mot d'explication à Hermione? Que cela fait des semaines que tu ne lui donnes pas de nouvelles?"
L'animagus prit les accusations comme une gifle retentissante. Ce n'était pas du tout comme ça qu'il imaginait les choses. Ce n'était pas juste. Sirius sentit que quelque chose se brisait à l'intérieur de lui. Quand il répondit à Harry, c'était d'une voix froide, distante.
"- Erika avait besoin de moi avec ton aval, je te rappelle. C'est aussi parce que tu m'en as empêché que je n'ai plus approché Hermione après que ton petit copain égocentrique ait fait un scandale. J'ai patienté, comme tu me l'avais recommandé, alors que les semaines s'écoulaient. Et quand je décide de passer outre, c'est pour me faire reprocher, toujours par toi, que Hermione attendait que je donne des nouvelles?"
Son filleul ne répondit pas. Sirius enchaîna.
"- Tu sais, Harry, si tu n'approuvais pas ma relation avec ton amie, il fallait me le dire en face. Tu as passé l'âge de t'interposer égoïstement, tu ne crois pas?"
"- Mais non, ce n'est pas…"
"- Laisse tomber."
Sirius sortit du bureau, ne voulant plus rien entendre. Il s'était fourvoyé sur toute la ligne. Et si Hermione s'était laissée influencer de la sorte, c'était qu'elle ne tenait pas tant que ça à lui. Peut-être n'était-il pour elle qu'une aventure exotique.
"- Hey, Sirius, tu tombes bien!"
Il leva la tête pour découvrir Ron Weasley qui lui jetait un sourire satisfait à la figure. C'était plus qu'il n'en pouvait supporter.
"- Hermione…" commença le rouquin, mais Sirius l'interrompit aussitôt.
"- Pas un mot de plus," murmura-t-il.
Et il transplana vers la France.
§***§
Après que Sirius ait quitté son bureau, Erika permit à un sourire de se dessiner sur ses lèvres alors qu'elle repensait à Severus. Le souvenir de la texture de la peau de son amant était encore sous ses doigts. Le goût de ses lèvres dans sa bouche. C'était la partie plaisante. Mais bien vite son sourire disparut alors qu'elle repensait à leur conversation. Severus se savait condamné. Ce qu'il ignorait, c'est qu'elle l'avait compris depuis un certain temps déjà. Tout dans son attitude le criait. Sa propension à vouloir protéger ses proches à tout prix au mépris de sa propre vie en était le signe le plus évident. Ce qui l'était moins était la cause de cette condamnation à mort. Mais Erika avait commencé à en saisir la subtilité après son combat contre le Feudaymon. Contrairement à ce que Severus croyait, elle n'était pas du tout attirée par la magie noire et son pouvoir. Non, cela l'effrayait au plus haut point. Elle était lâche, et avoir frôlé la mort tant de fois à cause de cette magie destructrice lui aurait fait passer l'envie d'y toucher si cela l'avait jamais intéressée. Mais Severus n'était pas lâche et il était assoiffé de connaissance sous toutes ses formes. Cependant, comme il l'avait si bien dit, utiliser la magie noire n'était pas à sens unique, elle se nourrissait du sorcier autant qu'il y puisait de la force magique. Severus pensait avoir atteint le point de non-retour. Erika ne pouvait l'accepter. Alors elle avait décidé de s'y plonger elle-même pour comprendre comment le délivrer de cette malédiction. C'était très dur, perturbant, déstabilisant et même dévorant. Mais elle ne pouvait pas se laisser submerger, elle devait savoir comment on pouvait en revenir. Et pour ça, elle devait provoquer ce qu'il y avait de pire en elle. La présence d'Alice au sous-sol du bâtiment de la cellule en était la seule raison. Au fond, Erika savait très bien qu'il aurait été plus sage d'attendre patiemment que le Veritaserum soit prêt en la gardant enfermée dans un endroit sûr. Mais elle avait choisi d'ignorer le bon sens. Alice faisait ressurgir tout ce que son éducation malsaine lui avait appris à désirer: la domination et la vengeance. Sans être une virtuose en sortilèges, elle en connaissait suffisamment pour mettre à mal la traîtresse.
Erika descendit au sous-sol pour une expérience de plus dans son étude de la magie noire. Dès qu'elle vit Alice assise sur ce qui lui servait de couchette, elle sentit le dégoût la submerger. Elle laissa le sentiment l'envahir. L'envie de la punir pour les morts qu'elle avait provoquées ne tarda pas à poindre. Elle se planta devant la cellule de la traîtresse et la toisa. Alice lui rendit son regard avec un air hautain. Erika songea qu'elle allait lui faire ravaler son attitude. Bientôt, elle ramperait…
"- Si tu crois que je vais finir par parler, tu te trompes," la nargua Alice.
Erika resta de marbre. Elle avait déjà commencé à parler, elle avait déjà perdu.
"- Tu n'as rien de mieux à faire?" continua Alice. "L'Ordre n'est vraiment pas efficace…"
Erika devait faire appel à toute sa maîtrise de soi pour ne pas réduire l'insolente au silence. Elle attendait le bon moment. Alice se leva de la couchette et vint se placer juste devant les barreaux de sa cellule.
"- Je parie qu'on t'a sermonnée pour ce que tu m'as fait," dit-elle. "Tu as les mains liées, Erika, tu ne peux rien me faire…"
C'était parfait, elle pensait qu'elle était toujours en Grande-Bretagne et que l'Ordre n'était pas loin. Elle allait être déçue.
"- Au fait, comment va Remus?"
Le Doloris avait fusé de sa baguette avant qu'Erika n'ait eu le temps de s'en rendre compte. Il était puissant. La force de son désir de punir la responsable de la mort de Remus l'alimentait. Tandis qu'elle observait la jeune femme se tortiller par terre en hurlant, elle analysa ce qu'elle ressentait. D'abord aucun remord, puisque ce n'était que justice. La souffrance d'Alice ne l'atteignait pas. Ensuite de la délectation, car elle était celle qui rendait justice pour son ami. Le droit du sang lui appartenait et cela lui plaisait de l'exercer. Enfin une sensation de manque comblé, comme si l'utilisation du Doloris était naturelle et nécessaire, et qu'elle s'en était privée jusqu'alors. Une forme de chaleur circulait dans son corps et son esprit. Sa magie se ressourçait. Mais plus cela durait, plus elle en voulait. Quand elle se rendit compte de cela, les hurlements d'Alice lui parvinrent d'un coup, comme s'ils avaient été assourdis jusque-là. Erika arrêta net le sortilège. Elle continua de s'analyser en observant la jeune femme se ramasser sur le sol dans une position prostrée. La peur émanait d'elle, comme si elle s'attendait à ce que cela recommence à tout moment. Erika ressentit l'envie de recommencer, mais d'attendre pour augmenter le plaisir qui l'envahirait au moment où Alice se tordrait de nouveau de douleur devant elle. Un frisson la parcourut. De l'expectation autant que de l'appréhension. Elle devait arrêter là. Il fallait qu'elle détourne le regard. Quand elle y parvint, elle transplana aussitôt à l'extérieur du bâtiment, là où elle savait que personne ne pourrait la voir en pleine nuit. L'air frais la ramena complètement dans la réalité. Elle sentit la fatigue l'envahir à nouveau. Était-ce sa lutte pour l'emporter contre cette envie malsaine ou l'envie elle-même qui l'avait épuisée, elle n'aurait su le dire.
Erika rentra dans la maison et se rendit aussitôt à la cuisine. Elle s'arrêta net sur le seuil en découvrant que Sirius était installé sur une des quatre chaises autour de la petite table avec une bougie pour seule lumière, un verre à la main et une bouteille posée devant lui.
"- Tu es déjà rentré?" lui demanda-t-elle.
Il sursauta. Il devait vraiment être absorbé par ses pensées pour ne pas l'avoir entendue arriver.
"- Comme tu vois," dit-il, puis il désigna les places libres autour de la table d'un large geste du bras. "Mais je t'en prie, installe-toi."
Elle acquiesça, prit un verre dans l'armoire dédiée et s'installa à côté de son ami plutôt qu'en face. Cela leur permettrait à l'un et l'autre de ne pas avoir à croiser leurs regards à moins de le vouloir. Il la servit généreusement puis s'abîma dans la contemplation du liquide ambré dans la bouteille qu'il avait reposée devant lui. Erika avala une gorgée du liquide brûlant et se concentra sur sa descente dans sa gorge… avant de s'étrangler avec. Sirius lui décocha un sourire moqueur.
"- Tu as perdu l'habitude, on dirait," fit-il remarquer.
"- Peut-être mais… il est plus fort… que les autres… non?" répliqua-t-elle en retrouvant péniblement son souffle.
"- Bien vu… ça va, tu n'as pas tout perdu, alors…"
Le silence s'installa entre eux pendant un petit moment. Pour éviter de penser à ce qu'elle venait de faire, Erika observa Sirius discrètement. Cet homme qui avait toujours été là pour elle malgré ses propres problèmes, qui n'étaient pas des moindres, semblait en proie au doute absolu. Elle décida d'intervenir.
"- Tu n'as rien qui cloche, Sirius…"
Il tourna lentement la tête vers elle et accrocha son regard. Elle ne fuit pas mais se sentit rougir sous l'intensité qui émanait de ses yeux sombres.
"- Tu le penses vraiment?" demanda-t-il d'une voix sourde.
"- Bien sûr," répondit-elle sans hésiter.
Puis elle approcha doucement sa main de celle de l'animagus pour la poser dessus. Il n'esquiva pas. Elle entendit même un léger soupir.
"- Je pensais t'avoir perdue, Erika…" dit-il dans un souffle.
"- Jamais," assura-t-elle.
Elle lui serra la main. Il lui rendit son geste. Ils ne dirent rien de plus et restèrent ainsi pendant un très long moment, sirotant leur verre que Sirius remplit plusieurs fois. Puis Erika se leva.
"- Bonne nuit, Sirius. Ne reste pas ici trop longtemps."
"- Bonne nuit, Erika. Je vais te suivre…"
Elle hocha la tête doucement, puis rejoignit sa chambre.
§***§
Le lendemain - qui s'avéra n'être en fait que quelques heures plus tard - Erika faillit balancer son réveil contre le mur quand il la tira du sommeil. Elle avait trop bu et son corps n'avait pas encore tout assimilé. Elle erra donc comme une âme en peine de sa chambre à la douche, de la douche à sa chambre et de sa chambre au salon où elle s'écroula dans un divan sans une once de remord. Sirius la rejoignit bientôt. Il n'avait pas l'air en meilleur forme qu'elle, mais au moins ne tirait-il plus une tête d'enterrement. Il s'effondra à côté d'elle.
"- On fait une belle paire," fit-il remarquer.
"- Tout à fait," approuva Erika.
Elle sourit. C'était presque comme avant…
§§§§§
"- Oh non, j'ai trop mal aux cheveux," déclara Erika d'un ton plaintif.
Sirius rit doucement, affalé dans le divan à côté d'elle.
"- C'est de ta faute," l'accusa-t-elle.
"- Qui ça, moi?" feignit-il de s'indigner. "Je ne t'ai pas forcée à boire…"
"- Non, mais tu m'y as fortement encouragée…"
"- Tout seul, ce n'est pas gai…"
"- Bon, ça se défend… Mais je dois aller travailler, moi!"
Ils ne bougèrent pas d'un pouce. Après un silence, Erika ajouta:
"- C'était pour quoi, déjà?"
"- Quoi?"
"- Qu'on a bu hier soir?"
"- Cette nuit, tu veux dire?"
"- Oui, bon, ne joue pas sur les mots…"
"- Je ne sais plus trop…"
"- Ça valait bien la peine de vous mettre dans des états pareils, alors…"
Erika et Sirius regardèrent Remus qui venait d'apparaître dans l'encadrement de la porte.
"- Parce que toi tu t'en souviens, sans doute?" répliqua Sirius.
"- Oui, mais c'est plus intéressant de vous voir essayer de vous en rappeler."
Remus alla s'asseoir dans le fauteuil qui faisait face au divan et les observa d'un air narquois. Erika sourit. Il avait beau avoir moins bu, il n'en avait pas l'air plus en forme qu'eux pour autant. Remus rendit son sourire à la jeune femme.
§§§§§
Le sourire d'Erika s'effaça au souvenir de Remus. C'était trop dur de penser à lui. Et cela la ramena aussitôt à Alice, étincelle suffisante pour ranimer le feu de colère qui couvait en elle. Il fallait qu'elle fasse autre chose.
"- Allez," dit-elle à l'adresse de Sirius, "on se lève. Quand on peut boire, on peut travailler…"
"- Tu as l'air convaincue de ce que tu racontes," dit Sirius.
"- Non, mais il faut bien se motiver. Réunion après le petit-déjeuner des jeunes…"
"- Quelle idée…"
"- N'est-ce pas?"
Elle se mit debout avec difficulté, puis toisa son ami.
"- Mais on attaque demain, alors on n'a pas le choix."
"- Demain?"
"- Oui. Alors sobre ce soir."
"- Compte sur moi."
Il se mit sur ses deux pieds et la suivit pendant qu'elle finissait de préparer leur plan de bataille. Quand Erika entendit le niveau sonore augmenter dans la salle à manger, ils rejoignirent les jeunes qui se turent à leur arrivée.
"- Quelque chose ne va pas?" demanda Eric d'un ton incertain.
"- Il paraît que vous êtes prêts," dit Erika en réponse.
Des hochements de tête affirmatifs vigoureux se manifestèrent autour de la table.
"- Bien. Alors demain, on va montrer au reste de la Résistance qu'il faut agir."
Des exclamations d'approbation fusèrent.
"- On se calme," intervint Sirius. "Vous êtes peut-être pressés d'en découdre, mais ce n'est pas un jeu."
Ils acquiescèrent sagement.
"- Le dernier rapport d'activité de la Résistance mentionnait des déplacements incognito de Roxanne, toujours à un même endroit," poursuivit Erika. "Cet endroit a été surveillé pendant un moment, mais il semblerait que ce ne soit que pour retrouver des partenaires de jeux…"
Des rires nerveux parcoururent le groupe.
"- C'est bien possible," reprit Erika, "mais je pense que cela cache autre chose. Malgré mon insistance pour continuer à surveiller, voire intervenir, nos chefs ont décidé que c'était une perte de temps et de ressources…"
Les membres de la cellule se révoltèrent, chacun y allant de son avis plus ou moins argumenté. Erika laisser couler son regard jusqu'à Sirius, qui souriait doucement face à tant de passion et de rébellion. Puis leurs regards se croisèrent. Erika acquiesça doucement. Sirius se racla bruyamment la gorge.
"- Allez, taisez-vous, attendez au moins qu'Erika ait fini de parler pour protester…"
Le silence revint dans la pièce.
"- Bien. Nous allons donc faire cette intervention nous-même. Mais avant que vous ne vous réjouissiez, sachez que nous serons tous seuls, comme nous en avions déjà parlé. Et quoi qu'il se cache là-bas, cela peut être du même acabit que ce que nous avons déjà affronté avec les forces conjointes des Mangemorts et des mages noirs français…"
Erika passa ses troupes en revue. Sur aucun de leurs visages elle ne lut de peur. De la détermination pour la plupart et de la réflexion dans les yeux d'Eric.
"- Sachez également," précisa-t-elle, "que je ne forcerai personne à le faire. Il est évident que, bien que la décision d'emprunter cette voie ait été collégiale, tout le monde n'est pas tenu de participer aux missions. Réfléchissez bien avant de vous porter volontaire."
Elle venait à peine de finir sa phrase que toutes les mains se levèrent. Leur engagement était admirable, mais Erika se sentait quelque peu honteuse d'utiliser ces jeunes de la sorte. Cependant, ils étaient en guerre, la situation la plus déplorable qui fût pour une société. Et en temps de guerre, les leaders de tous les camps étaient amenés à faire des choses qu'ils regretteraient toute leur vie. Exception faite des mégalomanes du style du Seigneur des Ténèbres ou de Roxanne Carlier.
"- Très bien, alors c'est entendu. Vous avez quartier libre ce matin, pas d'entraînement, reposez-vous, changez-vous les idées, parlez avec qui vous voulez. Après le repas, on verra les détails de la mission."
Elle leur jeta un dernier regard. Ils attendaient quelque chose, comme si elle devait leur annoncer qu'après leur moment de détente, ils allaient suer sang et eau pour se préparer. Mais elle n'était pas Bertrand, pas de surmenage avant la mission, d'autant qu'ils étaient fins prêts.
"- Allez hop," dit-elle, "hors de ma vue, je ne veux pas entendre un seul sortilège d'attaque ou de défense aujourd'hui!"
Ils s'exécutèrent et disparurent. Sirius en profita pour s'éclipser aussi. Erika aurait bien rendu une petite visite à Alice, mais elle était trop fatiguée, alors elle décida de s'accorder une petite sieste. Histoire de finir de cuver, aussi…
§***§
Étonnamment, la mission se déroulait parfaitement jusque-là. Erika avait choisi un jour où il n'était pas habituel pour la mage noire de se rendre dans la demeure que la cellule de Résistance était en train de visiter. Il faisait donc très calme et ils fouillaient minutieusement à la recherche de quoi que ce fut qui puisse leur servir contre leur ennemie. Accessoirement, Erika et Sirius en profitait pour vérifier qu'il n'y avait pas quelque chose qui puisse relier ouvertement Roxanne Carlier et le Seigneur des Ténèbres. Malheureusement, malgré les trésors d'ingéniosité qu'ils déployaient tous pour ne rien laisser passer, leurs recherches s'avéraient infructueuses. Alors que la jeune femme commençait à penser qu'elle avait fait fausse route avec son intuition stupide, Sirius l'interpella.
"- Erika," chuchota-t-il, "viens par ici…"
Il était arrêté devant un pan de mur chargé d'étagères garnies de toutes sortes de bibelots. Erika s'approcha.
"- Quoi? On n'a pas déjà vérifié tous ces trucs?" lui demanda-t-elle.
"- Si, mais… viens plus près…"
Elle obéit. Et là elle le sentit.
"- Il y a bien quelque chose, non?" lui demanda Sirius d'un ton hésitant, comme s'il n'était pas sûr de lui.
"- Oui, tu as raison," confirma-t-elle. "C'est bourré de magie noire, en fait… Comment on a pu passer à côté?"
"- C'est plus fort maintenant que tu es plus près," continua-t-il tout bas. "Peut-être à cause…"
Il laissa sa phrase en suspens, mais son regard passa au-dessus du bras gauche de son amie.
"- Oui, sans doute," reconnut-elle. "Mais par contre, je n'ai aucune idée de ce que ça peut être… Un passage, une zone de transport, un objet dissimulé?"
"- Si tu ne le sais pas, on va avoir du mal à le découvrir."
"- On n'a pas le choix," rétorqua-t-elle, "il faut essayer, c'est notre seule piste…"
Sylvie débarqua dans la pièce avec un air paniqué.
"- Y a du monde qui arrive!" s'exclama-t-elle dans une demi chuchotement.
"- Transplanez, tous!" ordonna aussitôt Erika.
Les craquements caractéristiques se firent entendre. Erika regarda Sirius, en proie au doute.
"- J'en ai compté cinq…"
"- Moi aussi," confirma l'animagus.
"- Charles et Lise sont à l'étage!"
Ils montèrent les marches aussi vite et silencieusement qu'ils le pouvaient. Les deux jeunes les regardèrent débarquer avec étonnement.
"- Transplanez!" ordonna Erika. "Vite!"
"- On ne peut pas!" dit Charles aussitôt après avoir essayé.
"- Une désillusion?" proposa Erika.
"- Je ne sais pas le faire?" paniqua Lise, alors que des bruits de portes qui s'ouvrent se faisaient entendre au rez-de-chaussée.
"- Je le fais! Sirius, disparais ou transforme-toi, vite!"
Erika désillusionna Lise puis Charles alors que Sirius s'éloignait d'eux pour en faire autant. Elle se désolidarisa à son tour mais n'eut pas le temps de se soustraire aux regards.
"- Tiens, tiens, on a de la visite, regarde ça, Louis…"
"- Je vois. Elle n'a pas l'air à l'aise…"
Erika jura intérieurement contre elle-même. Elle leur tournait le dos alors qu'elle aurait au moins dû se positionner face à la porte avant qu'ils n'arrivent. Tout ce qu'elle pouvait dire, c'était qu'il y avait une femme et un homme.
"- Allez, tourne-toi petite sorcière, que je voie à quoi tu ressembles…" lui commanda la femme. "Et pas d'entourloupe, sinon tu passeras un sale quart d'heure…"
Erika s'exécuta, baguette bien en évidence. Pendant un instant, elle vit l'expression de la femme se muer d'une certaine suffisance en surprise.
"- Erika…" souffla-t-elle.
La jeune femme fronça les sourcils alors que l'autre se remettait de sa surprise. D'où la connaissait-elle?
"- Tu la connais?" demanda ingénument le dénommé Louis.
"- Bien sûr," rétorqua la femme. "Voici donc Erika Stewart, celle que le Seigneur des Ténèbres rêve de torturer presque aussi longtemps que son autre traître s'il mettait la main sur eux."
Les doutes d'Erika se confirmèrent.
"- Et je suppose que tu es celle qui s'auto-proclame comme son égal pour la France, Roxanne Carlier?"
"- S'auto-proclame? Mais je n'ai pas besoin de le faire, c'est naturel."
La mégalomanie avait encore de beaux jours devant elle.
"- Je me demande ce que je vais faire de toi. Lord Voldemort sera content si je te livre à lui…"
"- Fais donc ça," rétorqua Erika, "et tu auras prouvé que tu es bel et bien son vassal…"
"- Hm, bien que ce soit une tentative de manipulation, il faut avouer que tu as raison. Non, je vais te garder. Et tu ne souffriras pas si tu me dis où sont cachés tes amis…"
"- Quels amis? Je suis seule."
"- Ne me prends pas pour une imbécile! J'ai entendu les transplanages!"
"- Justement, ils sont partis…"
"- Et tu es restée seule en arrière en te faisant piéger par la barrière? Cela m'étonnerait beaucoup… ce n'est pas le portrait que l'on m'a fait de toi, la tueuse de Mangemorts…"
Erika cherchait comment détourner l'attention de Roxanne des autres encore présents quand elle aperçut une ondulation dans les faisceaux de lumière de la pièce. Mauvaise idée.
"- Justement," s'exclama-t-elle, "tu penses que je vais te laisser me capturer sans rien faire?"
"- Oh, mais si tu t'imagines que je ne peux pas me défendre, je t'en prie, essaie donc… mais, qu'est-ce que…?"
Elle devait avoir aperçu les désillusionnés en mouvement. Erika devait intervenir.
"- Alors regarde!" lança-t-elle en brandissant sa baguette vers la mage noire.
Mais elle avait oublié l'homme qui l'accompagnait.
"- Petrificus Totalus!" l'attaqua-t-il, et elle n'eut pas le temps de se protéger, juste de voir et d'entendre Roxanne prononcer sa sentence:
"- Avada Kedavra!"
Le trait vert était d'une épaisseur inouïe et d'une rare intensité. Il irradia l'air sur son passage et termina sa course en touchant simultanément Charles et Lise qui furent aussitôt de nouveau visibles en s'effondrant sur le sol. Erika voulut hurler, elle lutta de toutes ses forces contre le sortilège qui l'emprisonnait et parvint à se libérer. Elle sentit confusément sa magie s'alimenter avec celle qui rayonnait dans la pièce, celle de Roxanne, elle crut même voir le flux se matérialiser devant elle, mais en l'occurrence, elle s'en fichait complètement, car tout ce qu'elle voulait, c'était la tuer… Alors elle se sentit plaquée sur le sol et le décor tournoya autour d'elle. La coupure nette du flux provoqua une immense douleur et bientôt, le décor flou disparut totalement.
§***§
Sirius retourna Erika sur son dos dès qu'ils furent sur le sol du salon de la cellule de Résistance. Elle était inconsciente. Pendant une fraction de seconde, il eut peur qu'elle soit morte. Il vérifia aussitôt sa respiration: elle était faible mais régulière. Il poussa un soupir de soulagement. Il ne savait pas ce qui s'était passé là-bas, mais lorsque les jeunes avaient été tués, une énorme tension avait empli la pièce. Il avait senti l'air crépiter sous une concentration anormale de magie. Confusément, il avait compris qu'Erika était dans le même état qui lui avait permis de tuer tous ces Mangemorts après l'épisode du Feudaymon. Alors, tentant le tout pour le tout, il avait bondi sur elle et essayé de transplaner. Cela avait fonctionné. Ils s'en étaient sortis.
"- Sirius! Vous êtes revenus! Mais… Erika est blessée? Et où est Charles? Et Lise?"
L'animagus releva la tête pour découvrir Eric qui déboulait avec toutes ses questions, suivi de près par les quatre autres jeunes. Il prit le temps de vérifier une nouvelle fois qu'Erika n'était pas en danger, puis il se redressa. Il ne savait pas comment dire les choses correctement. Alors il les dit simplement.
"- Charles et Lise ont été abattus," déclara-t-il d'un ton grave.
Il vit plusieurs émotions passer sur les visages qui l'observaient. De l'incompréhension, de la tristesse, du dégoût, de la colère. Eric fut le premier à réagir:
"- Comment c'est arrivé?" vociféra-t-il. "Vous les avez sacrifiés pour vous échapper?"
L'accusation ébranla Sirius. On pouvait le traiter de toute sorte de choses, mais pas de lâche. Il s'avança tout près d'Eric, augmentant le malaise qui s'était installé.
"- Ecoute mon grand," dit-il tout doucement, "tu ne crois pas qu'on serait dans l'autre camp si on pensait comme ça?"
Eric baissa les yeux, mais Sirius n'en avait pas fini.
"- Tu vois Erika par terre? Elle a dissimulé tes amis. Et s'ils n'avaient pas eu la mauvaise idée de bouger juste à côté d'un mage noir, ils seraient encore en vie. Et Erika n'aurait pas à se battre contre des sorts puissants de magie noire pour le rester!"
La tension était palpable. Les quatre autres jeunes étaient silencieux, en retrait, indécis sur la meilleure attitude à adopter. Eric ne disait plus rien et gardait le regard rivé au sol.
"- Alors? Tu es moins intéressé de savoir comment on a pu en réchapper, maintenant? Tu voulais juste un coupable?"
Erika toussa. Sirius se tourna vers elle.
"- Si tu as besoin d'accuser quelqu'un, adresse-toi à cette folle de Roxanne. Ici, il n'y a que des victimes…"
Il se désintéressa complètement des jeunes pour se pencher de nouveau sur Erika. Elle reprenait doucement conscience, mais elle avait vraiment l'air dans un sale état. Dès qu'elle le vit, elle l'agrippa violemment.
"- Charles et Lise?" demanda-t-elle d'une voix extrêmement rauque et faible.
Il secoua doucement la tête.
"- Non… pourquoi eux, Sirius? C'était moi qui devais être la cible…"
"- Je sais. Tu as fait ce que tu pouvais…"
"- Ce n'était pas assez, je dois…"
Elle tenta de se redresser mais n'en eut pas la force. Elle ferma les yeux en plissant les paupières.
"- Il faut y retourner pour récupérer leurs corps… Je le leur dois."
Sa voix faiblissait à mesure qu'elle parlait.
"- Bien sûr," répondit gentiment Sirius.
"- Vite… avant qu'elle ne les détruise…"
"- On fera notre possible," promit-il.
Elle perdit de nouveau conscience. Sirius leva la tête pour croiser le regard d'Eric qui avait observé l'échange, comme les autres.
"- Alors," lança l'animagus, "tu penses toujours qu'on a sacrifié Charles et Lise?"
Il secoua la tête deux fois et s'enfuit de la pièce. Sirius ne lui en tint pas rigueur. Ses amis avaient été assassinés, c'était normal qu'il réagisse mal. Eric n'était pas du genre à s'en prendre aux autres sans raison, il avait besoin de temps. Sirius se concentra sur Erika. Elle semblait hors jeu pour un moment. Il la souleva dans ses bras et la porta dans sa chambre. Après l'avoir allongée sur son lit, il l'observa un moment. Malgré son inconscience, elle semblait tendue. Il tendit une main vers son visage et lui caressa doucement la joue. L'effet ne fut pas celui escompté. Le front d'Erika se plissa et elle remua comme si elle essayait de fuir le contact. Sirius retira sa main et soupira. Certes, il n'avait pas perdu son amie comme il l'avait cru lorsqu'ils avaient décidé de ne pas aller plus loin. Mais Erika avait changé, elle n'était plus la jeune femme qui avait tellement besoin de réconfort et de soutien. À présent elle se méfiait de tout et de tout le monde, elle s'usait la santé pour obtenir ce qu'elle voulait et elle flirtait avec la magie noire, il en était certain. En y réfléchissant bien, il se rendit compte que cette définition correspondait parfaitement à Rogue. C'était sans doute pour cela que le rapprochement entre eux avait eu lieu. Mais il s'en fichait, au fond. Erika n'était plus la jeune femme qu'il avait aimée. Mais elle restait son amie et la réciproque était vraie. Sirius se retourna et quitta la chambre, refermant doucement la porte.
"- Tu crois qu'elle va s'en sortir?"
Il sursauta. Aurélie était adossée au mur et le regardait avec un air nonchalant. Il haussa les épaules.
"- Physiquement, elle ne mourra pas," affirma-t-il.
Quant à son esprit, c'était une autre histoire. Sirius chassa cette idée de son esprit et se dirigea vers l'escalier, mais Aurélie le retint par le bras.
"- Tu l'aimes?"
Il s'arrêta net. Cela avait le mérite d'être franc, une qualité qu'il appréciait. Il se dit que cela méritait une réponse franche.
"- Oui… en tant qu'amie."
"- Ah," fit simplement Aurélie.
Sans trop savoir pourquoi, il ne put détacher ses yeux de son regard. Il était aussi franc que sa manière de parler. Et il semblait l'appeler.
"- Qu'est-ce que tu veux?" demanda-t-il, très légèrement mal à l'aise sans trop savoir pourquoi.
Elle sourit, avec une expression féline, telle une chasseuse ayant attiré sa proie vers son piège. Tous ses sens lui disaient de battre en retraite, mais il était trop intrigué pour s'en aller.
"- Toi," répondit-elle.
Encore cette franchise à outrance. Il se rendit compte qu'inconsciemment, il s'était tourné vers elle alors qu'elle lui avait lâché le bras. Agissant comme si elle était dans son bon droit, elle s'approcha encore de lui, sans détourner le regard, sans se départir de son sourire. Il ne bougea pas. Elle posa une main sur son torse. Il n'esquiva pas le contact, qu'il trouva grisant. Son cerveau choisit ce moment précis pour produire une image mentale d'Hermione. Il hésita un instant, avant de se souvenir de sa dernière visite au QG de l'Ordre. Alors il chassa l'image importune. Aurélie était tout près de lui. Elle continuait de le regarder, toujours avec ce sourire sur ses lèvres légèrement entrouvertes. Le malaise qu'il avait ressenti avait disparu. Il pencha doucement la tête vers elle. Elle passa la main qu'elle avait posée sur son torse dans son dos et se colla contre lui. Leurs bouches se rencontrèrent. C'était brutal. C'était passionné. C'était physique, il en avait besoin, peut-être qu'elle aussi, ou elle en avait seulement très envie, mais c'était réciproquement voulu, alors peu importait. Il ne se souvenait pas qu'elle l'ait entraîné dans sa chambre, ni qu'ils aient ôté leurs vêtements. Seule l'intensité de l'échange comptait. C'était presque électrique. Ils firent l'amour, plusieurs fois, sans échanger un seul mot. Puis il observa Aurélie sombrer dans le sommeil. Elle ne semblait pas heureuse, juste satisfaite. Il ressentait la même chose. Alors il s'endormit aussi.
