Bonjour à toutes ! Me revoilà après une longue absence due à un manque de temps et une panne d'inspiration. J'ai préféré prendre mon temps pour vous pondre un chapitre à la hauteur de vos espérances plutôt que de l'écrire à la va-vite et j'espère donc que vous ne m'en voudrez pas trop.

Merci aux anonymes :

Anykim : Eh bien, je suis ravie que ma fic' te plaise ! Merci pour ta review et à très vite.

Kccb : Merci pour ce gentil message. A+.

Xenia : Je pense que tu as tout à fait raison. S'il était sincère, il n'y aurait plus d'intérêt. Ne t'en fais pas pour Bella, elle n'a pas dit son dernier mot. Merci pour ta review. Biz.

RC : Ahaha, en effet il est diabolique lol. Tu ne sauras pas encore tout de ses plans. Merci d'avoir laissé une trace. Bises.

stories-stories : En effet ça mettrait du piment si Emmett les voyait. Tu verras bien ). Merci à toi. Biz.

Carole : Tu me trouves cruelle ? Vraiment ? lol. Eh bien tu risques de me trouver encore plus cruelle ici alors. La suite c'est maintenant ! Merci et biz.

Emma : Accro ? Héhé je te fournis ta dose tout de suite alors. Merci pour ta review. Bises.

Trève de blabla et place au fameux dîner. J'ai eu un peu de mal, j'attends donc vos avis avec impatience. Bonne lecture !


Désillusion à NYC

Chapitre 7: Love the way you lie

Bella POV

« Pourquoi est-ce que j'avais accepté ? »

« Pourquoi, nom de Dieu, avais-je accepté cette maudite invitation ? »

Je reformulai de différentes manières cette même question encore et toujours dans ma tête et à aucun moment une réponse judicieuse ne me vint à l'esprit.

C'est peut-être parce qu'il n'y en a aucune.

Moi qui d'habitude était si raisonnable, voilà que je jouais avec le feu en dînant avec mon cher patron qui m'avait traité depuis le début comme une moins que rien,

Au moins tu le reconnais…

et qui maintenant s'essayait au rôle de Roméo pour une raison totalement obscure.

Roméo of my ass tu veux dire.

En mon fort intérieur, je savais que c'était une très mauvais idée. Ma raison me criait de saisir mon téléphone posé sur mes cuisses et d'annuler ce rendez-vous, alors que mon cœur me poussait à y aller pour voir ce qui en découlerait.

Après tout, qu'est-ce que j'avais à perdre ? Ce n'était pas un rendez-vous galant mais juste un repas entre…quoi au juste ?

C'est vrai, quel patron digne de ce nom invitait sa stagiaire à dîner pour « repartir sur de bonnes bases » ?

Je me sentais mal à l'aise vis-à-vis de la perspective de ce tête à tête. Son brusque changement de comportement m'avait troublé et à vrai dire, je ne savais pas à quoi m'attendre avec lui.

Cet homme était une énigme pour moi. Il y a une semaine encore, il se montrait hostile et hier, il m'invitait au restaurant. Quelque chose clochait.

A moins qu'il ne soit schizophrène.

Malgré toute ma volonté de croire en ses bonnes résolutions, une part de moi n'arrivait pas à lui faire confiance et restait sur ses gardes. Et cette part était plutôt majeure.

Eh ben vive l'ambiance Swan ! De quoi tu te plains après tout ? Tu dînes avec l'un des mecs les plus convoités de New York ! Y'a pire comme rencard !

Je soupirai longuement pour la énième fois en une heure et balançai le téléphone sur mon lit. Après lui avoir lancé un dernier coup d'œil, je m'enfermai dans ma salle de bain.


Trente minutes plus tard, j'en ressortis coiffées et maquillée. J'avais décidé de laisser tomber mes boucles librement dans mon dos et après avoir bataillé avec mon tube de mascara pour ne pas me crever un œil, j'avais opté pour une touche de crayon et d'eye liner.

Après tout, je ne jouais pas ma vie ce soir !

Et pourtant, je ne mettais jamais trente minutes à me préparer…

Je me dirigeai vers mon placard pour en sortir l'une des rares robes habillées que je possédais, bleue nuit, que Renée m'avait offerte.

Je n'avais jamais pensé que j'aurais l'occasion de la porter de sitôt, surtout pas pour aller dîner avec Satan.

Si c'est Satan, je veux bien me damner avec plaisir.

Je l'enfilai et me regardai dans mon miroir à pied. La vue qu'il me renvoya me laissa sans voix. Je n'avais pas vraiment pour habitude d'être aussi coquette alors me voir ainsi vêtue me figea sur place.

Il va baver quand il te verra !

Je souris, fière de moi et allai enfiler un collier assorti à ma robe ainsi que des boucles d'oreille. Je tergiversai un instant sur le choix des chaussures. Talons ou ballerines ?

Une force intérieure me poussa à choisir les talons noirs de, heureusement, 5 cm seulement.

Je jetai un œil à mon horloge qui affichait 18h55.

5 min et tu seras jetée dans la gueule du loup.

J'écoutai un instant le calme relaxant de mon appartement, sans match de baseball diffusé à la télé en bruit de fond. Emmett avait décidé de passer la soirée dehors à faire je-ne-sais-quoi et je le remerciai intérieurement pour cette initiative car j'avais la certitude qu'un face à face entre lui et Cullen serait une mauvaise idée. Les choses s'étaient arrangées entre nous et il s'était inquiété dans un premier temps de me laisser seule, jusqu'à ce que je lui dise que j'avais un truc de prévu.

A ce propos, n'oublie pas de mener ta petite enquête.

Aussi honteux que ce soit, j'avais également accepté cette invitation dans le but d'en savoir plus sur cette histoire qui le liait à mon frère, car j'étais sûre qu'elle existait.

Mais l'idée qu'il prépare quelque chose de pas net en m'invitant ce soir diminuait mon sentiment de culpabilité.

19h, il n'allait sûrement pas tarder.

Juste le temps de m'asperger d'une touche de parfum que la sonnette retentit.

Je courus ouvrir la porte et restai un instant subjuguée par sa beauté incontestable encore plus mise en valeur par son costume noir.

- Bonsoir Isabella, susurra-t'il de sa voix enjôleuse avec son fameux sourire en coin.

- Bonsoir Edward, souris-je en rougissant sous son regard perçant.

J'avais le privilège à présent de l'appeler par son prénom. Cette journée avait changé nos rapports professionnels et elle ne se terminerait pas de sitôt.

J'attrapai mon sac et ma veste près de l'entrée et sortis de l'appartement. Il me tendit sa main.

-Prête ? sourit-il

Je soufflai pour me donner du courage puis attrapai sa main.

- Prête !déclarai-je.

Game on ! Les dés étaient lancés à présent.

Main dans la main, nous sortîmes du bâtiment.

C'est fou comme une journée peut changer le cours des choses…

Flash-back 11h plus tôt.

J'arrivai au bureau, café latte en main et saluai tout le monde comme d'habitude.

L'invitation de la veille avait raisonné dans ma tête toute la nuit, si bien que je n'avais pas pu fermer l'œil. Et à la manière que tout le monde avait de me regarder, le manque de sommeil devait être visible sur mon visage.

Je m'assis péniblement à mon bureau que je n'avais pas eu le courage de ranger la veille et me frottai le visage.

En jetant un coup d'œil vers ma droite, je remarquai que Jasper n'était pas encore arrivé.

Bizarre, pensai-je. Il arrivait toujours avant moi.

Je décidai de ne pas plus m'attarder que cela sur le sujet et saisis mon dossier pour le rendre à Démétri.

A mi-chemin, je me rappelai qu'il était en déplacement aujourd'hui. Je devrais donc le remettre à monsieur-j'ai-double-personnalité qui n'était d'ailleurs pas arrivé.

Je me rassis à mon bureau et pianotai distraitement sur mon ordinateur. J'avais mûrement réfléchi ma décision plus que stupide prise la veille et j'avais décidé qu'il serait mieux pour ma santé mentale d'annuler ce rendez-vous.

C'est donc avec impatience que j'attendais que Cullen passe les portes de l'ascenseur ce matin. Je grimaçai en buvant une gorgée de mon café qui était maintenant froid tout en réfléchissant à quelle excuse je pourrais bien lui fournir.

Un imprévu

Un mal de tête

Ou tout simplement la vérité, c'est-à-dire qu'il n'était pas correct qu'on se voie en dehors du boulot.

A vrai dire, Edward Cullen était la dernière personne avec qui j'avais envie de passer une soirée entière. Il était un salaud et ma seule envie était de mettre mon poing dans sa gueule d'ange.

La logique aurait été que je lui administre un magnifique vent dont il se souviendrait encore longtemps après la manière dont il m'avait traitée. Mais face à son regard magnétique, je n'avais pu me résigner à faire autrement que d'accepter.

J'étais pathétique.

Je me sentais faible et vulnérable. J'avais l'impression de lui ouvrir un peu mon cœur alors que je ne souhaitais que lui en fermer l'accès à double tour.

J'aurais dû fuir et je courrais tout droit à ma perte.

Malgré les mises en garde d'Emmett et de sa propre sœur, je n'en avais fait qu'à ma tête. Il n'était pas quelqu'un de bien.

J'étais tellement perdue dans mes pensées que je n'entendis pas les rires venant dans ma direction.

- Salut Bella, s'exclama Jasper.

Surprise par le ton particulièrement joyeux de sa voix, je levai la tête dans sa direction. Je ne remarquai pas tout de suite la personne à ses côtés jusqu'à ce que sa voix ne raisonne à mes oreilles.

- Hey Bella ! Tu n'as pas l'air dans ton assiette. Oh lala quelle mine ! Je devrais vraiment t'emmener faire un masque avec moi un de ces jours.

Alice Cullen en personne se trouvait aux côtés de mon ami, elle faisant une mine mécontente en voyant mon teint terne et lui un sourire Colgate collé sur sa figure.

Mes yeux firent l'aller retour deux fois entre eux et je dus cligner deux fois des paupières pour être sûre que je ne rêvais pas.

Mais qu'est-ce qu'ils faisaient ensemble ?

- Remets toi Bella, on dirait que tu as vu un fantôme, rigola Jasper.

Il échangea un regard complice avec Alice puis ils se mirent à rire comme s'il avait sorti la blague du siècle.

Qu'est-ce qui ne tournait pas rond en ce moment ? Ce monde devenait véritablement fou !

Soudain, les rires s'arrêtèrent net et ils me regardèrent avec inquiétude.

- ça n'a vraiment pas l'air d'aller toi ! dit Jasper.

Je sortis tout d'un coup de ma léthargie et décidai de lui répondre avant qu'il n'appelle l'hôpital psychiatrique.

- Euh, non ne t'en fais pas, je vais bien.

Aucun des deux n'eut l'air de me croire mais ils firent comme si.

- Eh bien, d'accord.

- Vous aviez sûrement quelque chose à faire tous les deux, non ? répliquai-je pour détendre l'atmosphère.

Ils parurent gênés, attitude contrastant avec leur réaction de tout à l'heure puis Alice reprit contenance et haussa les épaules nonchalamment.

- Oh non, j'ai juste rencontré Jasper dans l'ascenseur et on discutait de choses et d'autes…Il m'a proposé de me montrer ce sur quoi il travaillait mais…rien de plus.

Cette réponse me sembla préparée à l'avance mais n'étant pas d'humeur à me torturer le cerveau pour dissocier le vrai du faux, je laissai passer.

- A ce propos, je dois aller voir Charlotte pour régler quelques détails pour le reportage avec elle. Tu viens Alice? proposa Jasper.

- Avec plaisir ! A tout à l'heure Bella !

Mon ami me fit un signe de la main puis ils s'éloignèrent tous deux.

J'étais plutôt soulagée de ne pas avoir à répondre aux questions de Jasper, du moins pour l'instant.

Eh bien, ça avance des deux côtés ! Jasper et Alice, toi et Cullen. Vous pourrez bientôt faire des sorties à 4.

Il ne se passera jamais rien entre cet idiot et moi ! J'aurais peur que sa connerie soit contagieuse !

Plus je réfléchissais au dîner de ce soir et plus je trouvais de bonnes raisons d'annuler.

J'avais promis de ne pas me laisser faire, alors j'allais m'y tenir.

Je décidai de relire mon dossier en attendant l'arrivée du patron. Lorsque je relevai le nez, je fus étonnée de constater l'heure avancée de la matinée :10h03.

Pensant que je ne l'avais pas vu entrer, je me dirigeai vers son bureau. Je frappai deux coups à la porte quand j'entendis des pas derrière moi.

- Il n'est pas encore arrivé. Il a eu un empêchement et devrait venir d'ici quelques minutes.

Je sursautai et me retournai vers Alec.

- Oh, euh, tu m'as surprise !

- Je vois ça. Je suis désolé, je ne voulais pas te faire peur.

- C'est pas grave, je suis un peu nerveuse en ce moment.

- Vraiment ?

- Euh, oui, la fatigue et tout ça je suppose.

Un silence confortable s'installa. Alors que je m'apprêtais à rebrousser chemin, Alec prit la parole.

- Alors, tu voulais lui rendre ça ? demanda-t-il en indiquant le dossier dans ma main droite.

- Ouais, et comme il n'y a pas Démétri, je dois affronter le grand méchant loup, répliquai-je amère.

- Tu ne le portes visiblement pas dans ton cœur, rigola-t-il.

- C'est le moins qu'on puisse dire.

- Tu n'as pas de problèmes avec lui, au moins ?

Je m'entendais bien avec Alec et j'hésitai un instant à tout déballer, mais me rétractai au dernier moment.

- Non, non, pas du tout. Seulement, il y a des personnes comme ça avec qui tu n'as pas un bon feeling. Il en fait partie, c'est tout.

- Oui je vois, et puis il y en a au contraire avec que tu apprécies au premier coup d'œil, dit-il en me lançant un regard entendu.

Oh, oh !

- Euh oui, répondis-je gênée par l'intensité de ses prunelles.

Alec regarda le sol embarrassé puis leva soudainement la tête avec quelque chose dans ses yeux qui ne me plut pas.

- Ecoute Bella. En fait, je me demandais si tu étais libre ce soir. On pourrait sortir, il y a un nouveau bar qui vient d'ouvrir en ville.

Manquait plus que ça !

Je comptais annuler le rendez-vous avec Cullen donc théoriquement, j'étais libre. Mais apparemment, Alec me voyait autrement que comme une amie au vu de son air plein d'appréhension, et je ne voulais pas lui donner de faux espoirs. D'un côté, si je mettais les choses à plat avec lui, il n'y avait pas de raisons de refuser.

- Eh bien…

Alors que je comptais répondre, un raclement de gorge me coupa dans mon élan. Alec se figea et cela me confirma dans mon idée de l'identité de cette voix.

Je me retournai lentement, comme pour retarder le moment où je le verrais et enfin fis face à son regard incandescent.

Cullen venait apparemment de sortir de la salle des photocopieuses. Un instant, je me demandai comment nous n'avions pu ne pas le voir y rentrer mais je me souvins ensuite qu'il y avait une autre entrée par la salle de détente.

Il nous regarda fixement, ne laissant aucune émotion transparaître sur son visage, et je me demandai s'il avait entendu notre conversation.

- Daniels, Swan, récita-t-il machinalement.

- Bonjour monsieur, répondit Alec.

Je me contentai d'hocher la tête dans sa direction avec réticence.

- Qu'est-ce que vous faites ici ?

- Bella voulait vous remettre son dossier.

Il haussa un sourcil dans ma direction.

- Oh, Isabella vous voulez dire, répliqua-t-il moqueur.

Connard !

- Et vous avez besoin de l'accompagner pour cela ? Mlle Swan a besoin d'un guide pour trouver son chemin ?

- Je…

- Que voulez-vous monsieur, il y encore des hommes galants qui existent sur cette Terre, prêts à sauver les demoiselles en détresse comme moi des grands méchants comme vous.

Il me lança un regard furieux tandis qu'Alec me regardait comme si j'étais folle, ce qui n'était pas tout à fait faux.

- Daniels, vous pouvez nous laisser, j'ai des choses à dire à mlle Swan.

Alec me lança un regard confus, hésitant visiblement à me laisser seule avec Cullen, je lui fis donc un signe de tête signifiant que ça allait.

Ou pas…

Quand il fut suffisamment éloigné, Cullen m'ouvrit la porte de son bureau en me faisant signe d'entrer.

Au moins il est galant

Je lui fis un sourire forcé tandis que je pénétrai dans la pièce. J'entendis le bruit sourd de la lourde porte se refermant derrière moi tandis qu'il s'approcha à pas feutrés de moi.

J'osai à peine respirer tellement j'appréhendais de me retrouver une nouvelle fois face à lui.

Une, deux minutes, ou peut-être 30 secondes plus tard, il prit la parole, toujours dans mon dos.

- Vous vouliez me voir ? me souffla-t-il à l'oreille.

Je frissonnai à la sensation de son souffle chatouillant ma nuque.

- Je…voulais vous remettre mon dossier.

Il bougea doucement, pour venir se placer en face de moi.

- Et, est-ce la seule raison ?

Je déglutis puis repris contenance, ne voulant pas me laisser déstabiliser.

- Il se pourrait bien.

Il haussa un sourcil avant de me prendre brusquement la main tenant le dossier et de la porter à ses lèvres.

Je fermai les yeux face à ce contact agréable de sa bouche chaude sur ma peau.

Tout à coup, je sentis, comme déconnectée de mon corps, ma main retomber mollement le long de mon flanc.

Je rouvris les yeux soudainement pour le voir à 5m de moi, tenant le dossier fièrement dans sa main.

Le fourbe !

Je clignai des yeux, prenant conscience d'avoir cédé à son numéro de charme à deux francs encore une fois, puis fronçai les sourcils alors qu'il souriait, moqueur.

- ça vous plait de faire ça ? m'enflammai-je.

- Faire quoi ? demanda-t-il, l'innocence incarnée.

- De me séduire ? Une ne vous suffit pas peut-être ? Il vous les faut toutes ?

Une ombre passa dans ses yeux, mais il remit son masque rapidement.

- Je vous séduis ? Pourtant, je n'ai jamais eu l'impression de le faire.

- En plus, vous êtes de mauvaise foi ! Ce n'est pas vous qui parliez de repartir sur de bonnes bases ? Vous n'avez pas changé en fait, vous êtes toujours le même homme méprisant et cynique.

- Et pourtant, vous avez accepté de dîner avec moi, répliqua-t-il triomphant.

Il n'avait pas tort, et à cet instant je me maudis pour seulement avoir envisagé d'aller à ce dîner.

- Eh bien en fait non, parce que je venais annuler si vous voulez tout savoir.

Son sourire disparut bien vite et il me regarda froidement.

- Ah oui ? Pour sortir avec Alec, peut-être ? cracha-t-il. Ce n'est pas très réglo.

Je me figeai quelques secondes. Il avait tout entendu…

- Et alors, qu'est-ce que ça peut vous faire ?

- A moi ? Rien ! Après tout, si vous ne voulez pas faire d'efforts de votre côté, je n'y peux rien !

- Parce que vous en faites, vous ?

- Pourquoi vous aurais-je invité sinon ?

- C'est ce que je me demande. Vous préparez quelque chose !

Il commençait à m'énerver prodigieusement et je n'étais pas sûre de garder mon calme.

- Ah oui ? Et quoi donc ? Vous vous cherchez des excuses Isabella parce que vous avez peur.

- Peur, et de quoi ?

- Peur de m'ouvrir un peu de votre jardin secret. Peur de vous mettre à nu devant moi, répondit-il en s'approchant de moi.

Il avait touché un point sensible, et ça m'irritait plus qu'autre chose.

- Allez au diable ! m'écriai-je en m'apprêtant à partir.

Il ne me laissa pas le temps d'esquisser un mouvement qu'il m'attrapa le bras.

- Vous et moi savons où sont nos places. Je suis votre patron, vous êtes ma stagiaire. Nos relations sont, et seront toujours strictement professionnelles. Vous n'attendez rien de moi, et je ne veux rien votre part, sauf que vous m'accordiez cette soirée.

L'intensité de son regard me fit perdre pied et je baissai la tête, qu'il remonta aussitôt.

- Vous n'avez rien à perdre Isabella, mais tout à gagner. Vous passerez ces prochains mois dans une atmosphère agréable, vous n'aurez plus peur de me croiser au détour d'un couloir. Les choses seront mises à plat entre nous. Ce sera plus sain, pour vous comme pour moi.

- Pourquoi vous vous donnez tout ce mal ? chuchotai-je.

Après un instant de silence, il répondit :

- Parce que j'ai foi en vous. Je sais que vous êtes une fille prometteuse. Et je m'en voudrais de perdre un élément tel que vous Swan.

Jamais il ne m'avait dit qu'il croyait en mon avenir, il avait toujours fait en sorte de me décourager.

- Eh bien, merci, répondis-je doucement.

Il secoua la tête, comme s'il venait de se rendre compte de ce qu'il venait de me dire, et s'éloigna de quelques pas.

- Alors, Swan ? Que décidez-vous ?

Je le regardai pour chercher toute trace de menace implicite mais il avait remis son masque impassible.

Mais qui se cachait derrière cette carapace ?

Trop de questions sans réponses et un surplus de curiosité me poussèrent à accepter une nouvelle fois.

- Très bien.

Il sourit, mais plus de ce sourire sincère. Non, c'était celui du goujat qu'il prenait plaisir à jouer.

- Toujours 19h ? demanda-t-il.

- Toujours.

Je marchai vers la porte quand une question me vint à l'esprit.

- Où m'emmenez-vous ?

- C'est une surprise.

Je détestais les surprises.

- Je dois m'habiller d'une certaine manière ?

- Une belle robe suffira amplement.

- Bien. Ne dépensez pas trop d'argent quand même.

- Ce n'est pas un problème pour moi, sourit-il.

Je levai les yeux au ciel. Je m'attendais à ce genre de réponses.

- Vous ne me demandez pas mon adresse ? m'étonnai-je.

- Je l'ai dans votre dossier.

Evidemment qu'il l'avait. Il avait tout prévu.

La main sur la poignée, je m'apprêtais à décamper lorsqu'il m'interpella.

- Au fait Isabella, une règle sera à respecter ce soir.

- Laquelle ? m'étonnai-je.

- Pas de questions trop personnelles, répondit-il avec un air solennel

Mince, mon plan tombait en partie à l'eau.

- ça me convient monsieur.

- Oh et Isabella, une dernière chose. Appelez-moi Edward, sourit-il.


- Alors, c'est comme ça que tu bosses ? En mâchouillant ton stylo ? m'interpella Jasper.

Je levai un regard surpris vers lui.

- Où étais-tu passé ?

Il se passa la main sur la nuque.

- J'étais en haut avec Alice, répondit-il, gêné.

- Vraiment ? m'étonnai-je.

- Eh bien, elle voulait me montrer son travail alors…

Je souris de le voir si embarrassé. On aurait dit un petit garçon pris en faute.

- Hier encore je te disais que tu devais avoir un rencard avec elle avant la fin du mois, et aujourd'hui vous passez la matinée ensemble à soi disant regarder le travail de l'autre. Tu es un rapide dis moi ! Où est passé l'ado bégayant devant miss Cullen ?

- Envolé ! Oh Bella, si tu savais comme elle est géniale ! Elle est drôle, si pleine de vie, adorable. Et quand elle parle de mode, elle a les yeux qui pétillent. Ça la rend encore plus sublime, dit-il avec des étoiles plein les yeux.

Je pouffai devant son air totalement ahuri.

- Ok, tu es totalement accro toi ! Alors, vous vous êtes vus dans l'ascenseur, c'est ça ?

- Oui, enfin, pas exactement. On était tous les deux à la bourre et on s'est croisé en bas du bâtiment. Elle était en train de courir et là elle a trébuché alors je l'ai rattrapée. Bref, ensuite, elle a proposé qu'on prenne un café au bar du dernier étage vu que Cullen n'était pas encore là et on a discuté de choses et d'autres.

- Hum hum, je comprends mieux votre air gêné de tout à l'heure. Alors, tu l'as invitée à dîner ?

- En fait non, j'ai pas osé. Ça fait seulement un jour qu'on est proches, si je puis dire, alors j'ai pensé que c'était trop tôt. Je laisse passer quelques jours et ensuite je me lance.

- Je suis contente pour toi. Tu as raison, ce n'est pas plus mal. N'empêche, si elle est comme son frère, ça ne l'aurait pas dérangée de dîner avec toi au bout d'un jour seulement.

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

- Cullen m'a invitée à dîner ce soir même !

Il me regarda interdit durant quelques secondes puis explosa de rire.

- Ahahaha ! Tu m'as bien eu ! J'y ai vraiment cru Bella !

Je le regardai perplexe et en voyant mon regard, il s'arrêta net.

- Attends, ne me dis pas que c'est vrai ? Il t'a vraiment invitée à dîner ?

Je hochai la tête en haussant les sourcils.

- Oh ben ça alors ! J'aurais aimé voir sa tête quand tu lui as mis un râteau !

Je me mordis la lèvre inférieure en baissant le regard.

5..4..3..2..1…

- Ok, ok ! Ne me dis pas que tu as accepté !

Je lui fis un sourire contrit.

- Mais t'es folle ! cria-t-il. C'était l'occasion de te venger ! Pourquoi, nom de Dieu as-tu dis oui ?

- Eh bien, j'ai voulu annuler, mais il a réussi à me convaincre !

- Il t'a menacé ? s'exclama-t-il.

Je levai les yeux au ciel.

- Non ! Il m'a dit qu'il voulait repartir sur de bonnes bases avec moi ! Et puis, c'est toi qui m'as dit de me le mettre dans la poche pour avoir des réponses à mes questions !

- Je t'ai dit de coucher avec, pas d'aller au restau.

- Mais c'est quoi la différence ?

- Bella, une sortie au restaurant est quelque chose de…comment te dire…intime.

Il n'avait pas tout à fait tort…

- Et puis, tu crois vraiment à ses bonnes intentions ? Même Alice t'a dit de te méfier de lui. Ce type n'est pas net.

- Je sais. Mais les choses sont claires entre nous, c'est juste une sorte de remise à zéro. Il n'y a rien d'intime, ce n'est pas un rencard, sinon je n'aurai jamais accepté. Après ça, je serai toujours sa stagiaire, point à la ligne.

- Tu en es sûre ? s'inquiéta-t-il.

- Ne t'en fais pas. J'ai juste accepté pour qu'il ne me pourrisse plus la vie et pour connaître la vérité sur ce qui le lie à mon frère, même si cette partie va être plus difficile que prévue.

- Pourquoi ?

- Une règle : « pas de questions trop personnelles ».

- Aïe, en effet ça complique les choses.

- Ne t'en fais pas, je suis une fille pleine de ressources.

- Oh, mais je n'en doute pas ! Sois prudente surtout !

- T'inquiètes ! Au fait, tu n'aurais pas vu Alec ?

- Hum si, à son bureau pourquoi ?

- Il m'a invité à sortir ce soir aussi !

- Alec ! Il cache bien son jeu le fourbe ! Ne me dis pas que tu as aussi accepté !

- Non, rigolai-je. En fait, je comptais dire oui mais Cullen est arrivé à ce moment. En fait, je crois qu'il a fait exprès parce qu'il a apparemment tout entendu de notre conversation.

- Il est un brin tordu non ?

- Pas qu'un peu.

- Eh bien, tu as beau passer des nuits blanches et avoir une mine fripée, tu as du succès en ce moment, s'esclaffa-t-il.

- Merci pour la « mine fripée » Jasper ! Bon, je vais voir Alec.

- Bon courage briseuse de cœurs !

En effet, il y en a un que j'allais briser, en plus du mien qui l'était à cette idée.


- Hey Alec !

- Ah, salut Bella ! Tu t'en es sortie alors !

- Eh oui, comme tu peux le voir !

- Ta répartie m'a étonné ! Tu n'as pas eu d'ennuis ?

C'est avec un gars comme ça que tu devrais sortir, quelqu'un qui se soucie de toi.

- Oh non, ne t'en fais pas pour ça ! En fait, je venais te parler de ta proposition de ce soir.

Pauvre gars ! C'est à l'autre crétin que tu aurais dû mettre un râteau !

- En fait, j'ai déjà quelque chose de prévu, je suis désolée.

- Oh ! C'est rien, je comprends, s'exclama-t-il déçu.

Sa mine attristée me fit sentir coupable, si bien que j'ajoutai aussitôt.

- Mais je serai ravie qu'on sorte ce week-end, si ça te dit.

Son visage retrouva vite sa gaieté qui le caractérisait.

- Très bien, je passerai te prendre chez toi vendredi soir alors.

- D'accord, répondis-je en souriant.

Vilaine Bella ! S'il savait avec qui tu sortais ce soir !

Oh oui, s'il savait…

Fin du flash-back

Et voilà comment je me retrouvais dans le dernier modèle de Volvo dont Jacob m'avait parlé qui selon ses dires valait une fortune. Le silence régnait dans l'habitacle et je me contentais de regarder par la fenêtre les buildings défiler à toute allure.

Sa conduite me terrifiait un peu car ayant un père chef de police, j'avais toujours respecté les limites de vitesse.

Je réfléchissais à un plan d'attaque pour savoir ce que je voulais mais n'en trouvais aucun qui tienne la route.

Je ne m'aperçus pas tout de suite que nous étions arrivés jusqu'à ce qu'il ne m'ouvre la portière.

- Comptez-vous rester dans la voiture toute la soirée ? se moqua-t-il gentiment.

Je m'extirpai enfin de l'habitacle et restai interdite devant l'énorme bâtiment qui se dressait devant moi : le GE building.

Si je ne me trompais pas, ce bâtiment était l'un du Rockfeller Center.

Comment n'avais-je pas pu remarquer que nous étions dans le centre Rockfeller ?

- Il me semblait vous avoir dit que je ne voulais pas que vous dépensiez trop d'argent pour moi, le sermonnai-je.

- Et il me semblait vous avoir dit que ce n'était pas un problème pour moi.

Je soufflai face à son entêtement.

- Que suis-je bête ! Pourquoi m'auriez-vous écoutée de toute façon ?

Il me dévisagea un instant bizarrement.

- Quoi ? m'agaçai-je.

- Toutes les autres femmes auraient été enchantées de mon initiative et vous…

- Je ne suis pas toutes les autres femmes ! Je suppose que votre Tanya fait partie de « toutes les autres femmes ».

Je ne savais pas pourquoi je la ramenais à chaque fois dans la conversation. Je me demandais d'ailleurs pourquoi j'avais retenu son nom.

Il souffla, agacé.

- Combien de fois devrais-je vous dire qu'elle n'est pas ma petite amie ?

Nous nous dévisageâmes durant je ne sais combien de temps jusqu'à ce qu'il ne brise ce duel oculaire.

- Bon, tant qu'à faire, si on y allait ?

Je le suivis jusqu'à l'entrée et fus ébahie par le hall aux lumières dorées et scintillantes.

Nous nous dirigeâmes vers l'ascenseur où un groom nous ouvrit les portes. J'avais l'impression de me retrouver dans un film où j'étais une sorte de personne fortunée qui louait la suite présidentielle à l'hôtel Hylton.

La montée se fit dans le calme ! Edward et moi étions collés à la paroi du fond, et je pouvais sentir sa chaleur percer mon manteau.

Nous arrivâmes enfin au 65ème étage où se trouvait le Rainbow Room.

Je fus éblouie par tant de luxe, représenté par les lustres en cristal et les murs immaculés, où une baie vitrée s'étendait donnant une vue imprenable sur NY. La pièce se composait de tables rondes aux nappes saumon où étaient posés des bouquets garnis multicolores. Mes chaussures à talons claquaient sur le sol laqué en bois vieilli et qui brillait comme s'il venait d'être ciré.

Devant tant de luxe, je ne me sentis pas à ma place et ma seule envie était de fuir en courant.

Edward nous dirigea vers le réceptionniste

- Bonsoir monsieur ! Mademoiselle.

- Bonsoir. J'ai réservé une table pour deux au nom de Cullen.

- Tout à fait. Veuillez me suivre je vous prie.

Nous nous installâmes à une table près de la baie vitrée, et je supposais que c'était l'emplacement le plus convoité.

Une douce musique raisonnait, donnant un aspect romantique à la pièce. Cela me mit mal à l'aise.

Je pris le menu posé devant moi et regardai les plats proposés, mes yeux faillant sortir de leurs orbites en voyant le prix d'une salade verte.

- Vous avez l'habitude de venir ici ? demandai-je en posant la carte.

- Je ne viens ici que quand je suis accompagné.

- Présence féminine je suppose.

- Vous supposez bien, Isabella, sourit-il.

- Appelez moi Bella. Je préfère.

Je ne sais pas ce qui me prit de lui dire ça. Après tout, ce n'est pas comme si nous étions intimes, non ?

- Très bien. En revanche, vous n'avez pas l'air d'être habituée à ce genre d'endroits.

- Non, en effet…Je fréquente plutôt les fast food et restau' pas chers.

- Hum, hum, acquiesça-t-il avec une lueur mélancolique dans les yeux.

Nous retournâmes à nos menus et je décidai de commander la tourte aux champignons qu'il me conseilla.

- Alors, vous venez de Forks Bella si je ne me trompe ?

Je fus surprise qu'il me pose cette question.

- Je croyais que les questions personnelles étaient interdites.

- J'ai dit les questions trop personnelles, rectifia-t-il.

Je décidai de continuer sur cette voie pour qu'il réponde à mes questions.

- En effet, je viens de Forks, c'était marqué dans mon dossier.

- C'est vrai.

- Et vous, vous vivez à New York depuis toujours ? feignis-je de demander.

Il mit un instant à répondre comme s'il triait les informations qu'il pouvait me donner.

- A la base, je viens de Chicago.

Chicago ? Il faut que je creuse encore.

- Oh, alors vous êtes habitué à la grande ville !

- On peut dire ça…

- J'ai moi-même habité à Jacksonville avec ma mère.

- Vraiment ?demanda-t-il, mais j'eus l'impression qu'il n'était pas si étonné que ça.

- Oui, et je peux vous dire que Forks est différent de la Floride.

- Et que préférez-vous en fin de compte ?

- En faisant abstraction du temps pluvieux 355 jours par an, c'était plutôt bien. Et puis, il y avait plus d'ambiance avec mon frère et mon père qu'avec ma mère même si je l'adore.

A la mention de mon frère, il se tendit imperceptiblement, ce qui me conforta dans l'idée qu'il connaissait bien Emmett.

Nos plats arrivèrent enfin et le silence se fit quelques minutes avant qu'il ne relance la conversation.

- Alors comme ça, vous avez un frère ?

- Oui, plus âgé que moi de 3 ans.

- Et que fait-il maintenant ? questionna-t-il de manière désintéressée mais ses jointures blanchies me firent penser le contraire.

- Il s'est fait renvoyer de son poste de prof de sport à Forks et en ce moment il est de passage à New York, il vit chez moi, répondis-je en faisant attention à sa réaction.

Il se figea à l'entente de cette phrase puis se crispa tandis qu'un éclair de colère passait dans son regard.

- Ici ?

- Euh oui. Pourquoi ?

- Rien du tout, dit-il précipitamment.

Je devais jouer le tout pour le tout si je voulais qu'il m'en dise plus.

- Ah…pourtant Alice m'a dit qu'elle habitait à Forks, donc je pensais que vous aussi.

Il me regarda prudemment.

- Oui, et alors ?

- Je pensais donc que vous connaissiez mon frère…de vue au moins.

Il me lança un regard furieux.

- Où voulez-vous en venir, Swan ?

- Nulle part, je me demandais juste…

- Pas de questions trop personnelles, vous vous souvenez ?

Vraiment étrange…

- Oui mais…

- Je n'ai jamais entendu parler d'un quelconque Emmett Swan.

Bingo !

- Comment savez vous qu'il s'appelle Emmett ? Je ne l'ai jamais dit.

Il resta interdit et confus puis reprit d'une voix froide.

- La conversation s'arrête là.

Il s'était donc bien passé quelque chose entre ces deux là… Mais quoi ?

Nous finîmes nos assiettes dans une ambiance tendue. Je n'osais pas trop relancer la conversation, ne sachant pas vraiment ce que je pouvais dire ou pas.

- Vous êtes allée à Columbia. J'ai lu que vous étiez l'une des meilleures.

Je fus étonnée qu'il me reparle.

- Je me débrouillais pas trop mal, dis-je en haussant les épaules.

- Vous êtes bien modeste.

- Je suis réaliste, vous-même me l'avez dit.

Tandis que notre dessert arrivait, il continua.

- C'est vrai, d'ailleurs, je suis désolée d'avoir dit que vous n'étiez pas attrayante. En particulier ce soir, vous êtes ravissante.

Je rougis.

- Merci, je ne suis pas habituée à vos compliments.

Il soupira.

- Je sais que j'ai dépassé les bornes en vous traitant comme je l'ai fait Bella.

- Pourquoi avoir agi ainsi ?

Il parut réfléchir.

- Il y a des choses qu'il vaut mieux ne pas savoir, répondit-il énigmatique.

Sa réponse me laissa perplexe. Il avait l'air de cacher bien plus de choses qu'il n'y paraissait.

- Vous avez du gâteau là, dit-il en passant son pouce à la commissure de mes lèvres.

Je rougis sous l'intensité de son regard. L'air se chargea soudain de tension et de désir enfoui, la musique romantique n'arrangeant pas les choses, mais je refusai de céder à son numéro.

- Merci, répondis-je en coupant le contact visuel.

Finalement, il demanda l'addition et alors que je tendis une main vers mon sac pour participer un minimum, il m'en dissuada d'un regard.

Je me sentais presque mal au vu de la quantité de 0 de l'addition.

Finalement, ça n'avait pas été si terrible que ça.


- Alors Tanya n'est pas votre petite amie vous dites ?

Nous avions décidé de nous promener en ville, ce qui me surprit car j'avais pensé vouloir écourter cette soirée au tout début, et je prenais maintenant plaisir à la prolonger.

- Non, c'est juste une…amie.

- Et vous embrassez toutes vos amies ?

- Seulement les plus proches.

Je secouai la tête devant cette réponse. Cela me soulagea que cette Barbie ne soit pas sa petite amie officielle car ainsi, je me sentis moins mal de dîner avec lui.

C'est la seule raison ?

- Je vois…

- Et vous, vous n'avez personne ? hésita-t-il ce qui me surprit, lui si sûr de lui.

- Ai-je le droit d'utiliser le joker, « question trop personnelle » ?

- Assurément, sourit-il.

- Bien, alors je vous laisse deviner.

- Je pense que non.

- Pourquoi cela ? demandai-je en haussant un sourcil.

- Vous n'auriez jamais accepté de dîner avec moi sinon. Vous avez bien trop de principes.

Etais-je si transparente que ça ?

- Pas faux… Par contre, ça n'a pas l'air d'être votre cas. Ça ne vous aurait pas fait culpabiliser ?

Il sourit, malicieux et j'appréciais le Edward que je voyais.

- Hum non, il m'en faut plus pour me faire culpabiliser.

Je secouai la tête.

Désespérant!

Alors que nous passions devant le café qui venait d'ouvrir, deux personnes en sortirent à ce moment là. Je ne fis pas vraiment attention à leur identité jusqu'à ce que :

- Hé Bella !

Cullen se tendit à côté de moi tandis que je me figeai.

Je me retournai vers ladite personne, espérant me tromper.

- Alors c'était ça ton « quelque chose de prévu » ? demanda-t-il visiblement furieux.

Et merde !

C'est vraiment fou comme une journée peut changer le cours des choses…


Voilà alors, verdict ?

Qui est cette mystérieuse personne ? Allez, il y a un indice…

Je ne suis pas pleinement satisfaite de ce chapitre, alors donnez moi votre avis, c'est important pour moi.

J'ai une annonce qui va vous réjouir à faire : il y aura probablement l'apparition du tout premier lemon dans le prochain chapitre. Héhé. Je n'en ai jamais écrit alors je stresse un peu.

Je ne sais pas quand il sera posté, mais je vais faire mon possible pour ne pas trop traîner.

Bonne rentrée à ceux qui sont en vacances et bon courage aux autres !

Bisous

Christelle.