Hola ! Bonne année à tous un peu en retard, qu'elle vous apporte tout ce que vous désirez ! Bon cette fois-ci j'ai pas trop de retard non ? Je vous avais promis un chapitre pendant les vacances, le voici ! Vous saurez enfin si Edward est vraiment derrière l'arrestation d'Emmett. Un chapitre surtout centré sur nos deux héros. Et une petite surprise aussi :).
Sinon merci à toutes pour vos reviews, et aussi aux anonymes : lincece49, elo, misspumba, lilly-rose et fan de twa.
Au fait, pitié, ne me tuez pas pour la fin ! Bref, je vous laisse lire. Enjoy !
Désillusion à NYC
Chapitre 14 : All I Need
Bella POV
- J'aimerais beaucoup que vous m'accordiez une interview le plus tôt possible. C'est à propos d'Edward Cullen. Je sais des choses à son sujet qui pourraient vous intéresser.
La vengeance est un plat savoureux quand il se déguste chaud, mais tout compte fait il est bel et bien meilleur quand il se mange froid.
~~~ooo~~~
Nous étions le lendemain de mon appel à la journaliste et je tournai en rond, l'interview se déroulant dans dix minutes maintenant. A mon grand regret, je n'étais plus aussi satisfaite de moi que la veille.
J'avais prétendu ne pas me sentir bien pour partir plus tôt du travail, Edward étant de toute façon absent.
J'avais demandé à la rencontrer dans un endroit neutre, et nous nous étions alors données rendez-vous au Flush Palace, un hôtel prisé près du NYDP. Le maître d'hôtel m'avait annoncé le retard de Mlle Walters pour une question d'embouteillage et j'attendais donc dans le hall, préférant me dégourdir les jambes au lieu de rester plantée sur une chaise dans le bar transpirant le luxe.
- Mlle, vous êtes sûre que vous ne voulez pas..., demanda le réceptionniste.
- Non merci, coupai-je le pauvre homme qui cachait mal son agacement. Je suis mieux debout.
Il poussa un soupir et retourna à sa tâche, ne faisant plus attention à moi.
- Isabella Swan je suppose, entendis-je une voix familière derrière moi.
Je fis face à la dénommée Nina Walters, une femme d'une trentaine d'années dont le charisme m'impressionna tout de suite.
Elle est encore mieux qu'à l'écran..
Son sourire bienveillant me décrispa cependant, et je serrai la main qu'elle me tendait.
- Enchantée de vous rencontrer.
- Mais le plaisir est pour moi. Je vous prie de m'excuser pour l'attente, mais les bouchons m'ont quelque peu bloquée. Enfin, c'est NYC, pas vrai ?
D'un geste de la main, elle m'invita à la suivre dans la petite salle intimiste que représentait le bar coté de l'hôtel, aux murs recouverts de velours bordeaux. Nous prîmes place à une table quelque peu isolée au fond, à l'abri des oreilles indiscrètes.
- Qu'est-ce que vous commanderez ? demanda-t-elle.
- Euh rien, merci, bafouillai-je, sachant qu'un simple café me coûterait sûrement la peau des fesses.
- C'est pour moi Isabella, sourit-elle, devinant probablement la raison de mon refus. Un café ça ira ?
- Moccha, corrigeai-je. Merci beaucoup, souris-je.
Elle appela un serveur et alors que celui-ci s'éloignait, me regarda curieusement.
- Pour être honnête, je m'attendais à tout sauf à votre appel. Je suis impatiente de savoir ce que vous avez de si important à me dire, commença-t-elle en sortant un dictaphone de son sac.
Il est encore temps de faire marche arrière.
T'es de quel côté toi ?
Je lui souris faiblement en essayant de paraître détendue, la musique jazzy résonnant dans la salle m'aidant.
- Une question me chiffonne cependant, poursuivit-elle. Pourquoi vouloir me dévoiler tout ça ?
Parce que tu es tombée sur la tête peut être ?
Je réfléchis à ma réponse, étant donné qu'il était hors de question de dévoiler ma véritable motivation.
- Entre gens du métier, il faut bien qu'on s'entraide, lançai-je sans grande conviction.
Elle hocha la tête mais je vis bien qu'elle ne croyait pas un traître mot de ce que j'avais dit.
- Bien. Voulez-vous qu'on mentionne votre nom dans l'article ?
Tu ne le supporteras pas, chantonna ma conscience.
- Je ne préférerais pas si c'est possible, dis-je après réflexion.
De toute façon, il ferait bien le lien par lui même. Inutile de mettre tout le journal au courant que le patron se confiait à sa petite stagiaire.
C'est cela oui..
Elle hocha la tête puis alluma son appareil.
Au moins une qui sait ce qu'elle veut et qui va droit au but.
- Mademoiselle, vous déclarez savoir des choses personnelles au sujet du très mystérieux Edward Cullen, qui rappelons le a repris la direction du très célèbre NY Daily Paper. Pouvez-vous m'en dire plus à ce sujet? D'où tenez-vous ces infos ?
Le dictaphone posé sur la table me lorgnait d'un œil moqueur, mettant sûrement mon audace en doute. J'observai le clignotant rouge, avalant difficilement ma salive.
Bah alors, on a la trouille ? L'esprit vengeur de Bella Swan est-il allé se garer ?
Je secouai la tête et ouvris la bouche, prête à donner une réponse claire et précise. J'avais eu bien trop longtemps pitié de lui et voilà où ça m'avait mené.
- Tout à fait. Eh bien tout d'abord, mes sources sont plus que sûres, je peux vous l'assurer. Edward Cullen est...
Quand soudain, je le vis.
Elle me lança un regard interrogateur mais mes yeux étaient attirés par un point derrière elle, à l'entrée du bar.
Non mais c'est pas vrai ! Foutu destin !
C'était écrit.
Mon patron s'avançait vers moi accompagné de sa très chère fiancée avec qui il avait l'air d'avoir une discussion plus qu'animée.
Il y a de l'eau dans le gaz, me dis-je en faisant une danse de la joie cérébrale.
Il ne me vit tout d'abord pas, bien trop occupé à se disputer avec sa poupée blonde quand soudain, la journaliste me ramena sur Terre.
- Mademoiselle Swan ? Vous disiez qu'Edward Cullen était...?
Je vis la scène comme au ralenti. Sa bouche resta entrouverte, ses sourcils se froncèrent alors que ses yeux se détournèrent de la blondasse pour se poser droit devant lui.
C'est à dire sur moi.
Il s'arrêta à seulement un mètre de notre table et ouvrit de grands yeux étonnés en distinguant mon interlocutrice qui s'était retournée vers lui.
Oh pas bon, pas bon du tout !
Je le fusillai du regard tandis qu'il parcourut la distance nous séparant, ne faisant même plus attention à sa fiancée qui me foudroya sur place.
- Isabella ? Mais que faites-vous ici ? Je vous croyais indisposée, fit-il acide. Nina, salua-t-il rapidement, ce à quoi elle répondit par un hochement de tête, étonnée de la tension qui régnait tout à coup.
Je lui lançai un regard froid en répliquant sèchement.
- Rien qui ne vous concerne.
- Toujours aussi insolente à ce que je vois, cracha la pimbêche blonde.
- Oh ne commence pas Irina ! gronda Edward, me surprenant par la même occasion.
Celle-ci ouvrit la bouche, apparemment vexée et tourna les talons, se dirigeant vers la sortie non sans m'avoir jeté au préalable un regard furieux.
Un vrai faisceau laser.
Il soupira en se passant la main dans les cheveux et j'en profitai pour continuer.
- Vous ne la rattrapez pas ? Elle risque de vous faire dormir sur le canapé ce soir, me moquai-je.
Il contourna la table et me fit signe de me lever en se tournant vers la journaliste.
- Excusez moi Nina mais puis-je vous emprunter ma très chère stagiaire ? Nous avons quelques petites choses à régler.
Son ton ne donnait aucun moyen de contestation, et la pauvre journaliste n'eut d'autre choix que d'acquiescer.
- Euh...bien sûr Edward.
Il se tourna ensuite vers moi en réitérant son geste de la main.
- Et à moi, on ne me demande pas mon avis ? m'indignai-je. Je n'ai ni l'envie, ni la patience d'écouter ce que vous avez à me dire.
Il haussa un sourcil, et me tira brusquement par le bras pour que je me lève.
- Non mais vous êtes malade ou quoi ? Lâchez moi tout de suite ou je crie !
- Oh croyez moi Isabella, le jour où vous crierez ce ne sera pas pour les mêmes raisons, chuchota-t-il à mon oreille d'un air suggestif.
Mais que...
Je le regardai avec de gros yeux, la bouche grande ouverte, tandis qu'il souriait, fier de son effet. Il profita de ma passivité pour me mener vers la sortie en lançant à la volée :
- J'espère à très vite Nina, et encore désolé !
Je reconnus au son de sa voix qu'il était tout sauf désolé, et le foudroyai du regard alors qu'il me tirait toujours, moi essayant de me débattre comme je le pouvais.
J'eus juste le temps de me retourner vers elle et de lui lancer un regard contrit, ce à quoi elle secoua la tête, probablement consciente du fait que j'étais dans une merde noire, avant de passer la porte du bar, la musique ne devenant plus qu'un vague chuchotis.
~~~ooo~~~
- Vous vous croyez vraiment tout permis, c'est fou ! Non mais ça va pas de nous avoir interrompues comme ça ? criai-je furieuse.
Nous étions dans les rues new-yorkaises en train de nous disputer vivement. Et autant vous dire que c'était un dialogue de sourds.
- Parlons-en justement de votre discussion ! Je peux savoir ce que t'avais à lui dire exactement ? s'énerva-t-il soudain en se retournant brusquement vers moi, me faisant sursauter.
- Je...des trucs confidentiels. Et puis merde ! m'écriai-je en faisant demi-tour.
Mais c'était sans compter sur sa détermination qui le fit me tirer de sorte à ce que je lui fasse face.
Bien essayé Swan !
- Réponds moi maintenant ! Et n'essaie pas de me mentir, j'ai bien entendu que vous parliez de moi.
- Vous n'êtes pas le centre de mon monde.
- Il apparaît que si justement, répliqua-t-il ironiquement. Et puis arrête avec ce ton formel, veux-tu !
Il apparaît qu'il a raison.
Va te manger un panini et fiche moi la paix, tu veux !
- Très bien, on parlait peut être de toi. Et alors ? demandai-je en poursuivant mon chemin, le sentant tout de même derrière moi.
Je ne savais même pas où nous étions, étant donné que nous avions pris des rues au hasard mais tout ce que je désirais était rentrer chez moi. J'en avais assez de dépenser de l'énergie pour lui.
- Et alors ? Tu te fous de moi ! J'aimerais bien savoir de quoi il en est !
J'accélérai le pas, essayant de le semer, mais c'était peine perdue.
- Tu veux vraiment qu'on en discute en pleine rue ?
Certains passants ayant reconnu Edward nous regardaient étonnés de nous rencontrer là, en plein cœur de NY à 17h au lieu d'être en train de bosser.
- Je me fous que ce soit en pleine rue, dans une fusée ou même dans un local à poubelles. Je veux savoir la vérité et je l'exige maintenant ! dit-il en me dépassant, m'obligeant à m'arrêter.
Je soufflai, sachant que dans tous les cas je devrais bien lui avouer ma stupide vengeance.
- Parfait, tu veux savoir ? J'ai appelé Nina Walters pour dévoiler ce que je savais sur ton passé, content ? Je peux rentrer chez moi maintenant ? fis-je en le contournant.
Durant quelques secondes, je crus qu'il avait renoncé à me suivre, ce qui était étonnant vu ce que je lui avais balancé. M'apprêtant à arrêter un taxi, je reconnus malheureusement son parfum dans mon dos. En ayant marre qu'il me tire à chaque fois comme une vulgaire poupée de chiffon, je décidai de prendre mon courage à deux mains et de lui faire face.
Je tombai nez à nez avec des yeux noirs comme l'ébène, et je déglutis difficilement, sachant que lorsqu'il était dans cet état, ça n'augurait rien de bon.
- Tu comptais faire quoi ? susurra-t-il.
- Tu as très bien entendu, soufflai-je.
Nous avions l'air fin plantés au milieu d'un trottoir à se regarder dans le blanc des yeux. Notre proximité était telle que quelqu'un nous observant de loin aurait cru avoir affaire à un couple d'amoureux en pleine rupture.
- Je t'avais dit que je me vengerais. Je n'aime pas qu'on me prenne pour une conne, et c'est visiblement ce que tu as fait, crachai-je. A deal is a deal.
- Mais tu ne comprends rien ! rugit-il après un temps d'arrêt. Ce n'est pas moi qui ait envoyé ton frère au poste !
Je restai un instant interdite, m'attendant à ce qu'il me balance toutes les menaces ou insultes possibles.
Mais certainement pas ça.
Je secouai la tête, me fustigeant pour l'avoir cru ne serait-ce qu'un quart de seconde.
Un rire nerveux me secoua, et il me regarda comme si j'étais complètement atteinte.
Il est lucide ma pauvre Lucette.
Je secouai la tête affligée une fois calmée, le regardant de haut en bas.
- Tu ne sais vraiment plus quoi inventer mon pauvre Edward. Venant de toi, ça me déçoit.
- Mais c'est la vérité bordel ! Je n'ai strictement rien à voir dans cette affaire !
- Oh s'il te plaît, ne me prends pas pour une bille ! Tu m'as toi même fait ce stupide chantage pour que je reste. Pourquoi alors si ce n'est pas toi qui est derrière tout ça ?
Il baissa la tête mal à l'aise, et je fronçai les sourcils, me demandant pourquoi il avait l'air si honteux. Je n'en tins pas plus compte que cela et attendis sa réponse, qui ne vint cependant pas. Soupirant, je fis un vague signe de la main signifiant que je m'en fichai quand il parla.
- Je savais que tu ne resterais pas si je ne te faisais pas croire que j'avais organisé tout ça, alors...murmura-t-il plus pour lui que pour moi.
Je clignai des yeux plusieurs fois, sur le point d'appeler l'hôpital psychiatrique le plus proche pour me faire interner.
Je dois avoir des hallucinations auditives !
- Quoi ? Tu veux dire que tu étais prêt à ce que je te haïsse seulement pour que je ne démissionne pas ? Mais ça n'a aucun sens ! m'écriai-je furieuse. Tu crois vraiment que je vais gober ça ?
Je me détournai de lui, souhaitant m'éloigner le plus vite possible, seulement les mots qu'il prononça me firent stopper net.
- Je sais que j'aurais dû t'éloigner mais...j'ai besoin de toi.
WTF ?
- J'ai essayé de libérer ton frère, j'ai vraiment fait ce que j'ai pu. Je suis désolé Isabella. Pour tout, chuchota-t-il.
Je respirai difficilement, et voulus me gifler qu'il puisse avoir cet effet sur moi. Alors comme ça il avait voulu me venir en aide. Ses paroles m'atteignaient bien plus qu'elles n'auraient dû.
J'ai besoin de toi.
Jamais je n'aurais cru qu'il me dise quelque chose comme ça un jour. Venant de lui ça avait presque la valeur d'un "je t'aime" de la bouche d'un individu lambda.
Si je devais m'écouter, je l'aurais embrassé en plein milieu de ce trottoir après lui avoir foutu une gifle monumentale pour m'avoir menti.
Car je le croyais maintenant. Je savais, même si je ne pouvais pas lui faire confiance, même si c'était un putain de comédien, que jamais Edward Cullen ne se serait aplati ainsi s'il ne disait pas la vérité.
Je ne savais pas s'il était toujours derrière moi, et je me retournai donc pour le vérifier.
Il était bel et bien là, regardant le sol avec un air piteux. A cet instant il paraissait tellement fragile, comme un petit garçon se faisant réprimander sévèrement, ou tout simplement comme un homme qui avait perdu ses parents trop tôt, et qui ne voulait qu'une chose : être aimé.
Durant ce laps de temps, je pus enfin voir à travers la carapace d'Edward Cullen. C'était comme si j'avais soudain eu le don de vision laser. Je pus enfin entrapercevoir les fêlures, les blessures qui marquaient son âme. Mais lorsque son regard rencontra le mien, l'armure se remit en place, mon don disparut aussi vite qu'il n'était apparu, et tout ce que je pus voir fut de nouveau la noirceur, le brouillard.
- Ma voiture n'est pas loin, je vais te ramener, fit-il brusquement, repartant par où on était arrivé, marchant rapidement, ne se retournant même pas pour voir si j'étais derrière lui.
J'aurais dû partir sans me retourner, le laisser faire sa route pour s'apercevoir qu'au final je ne le suivais pas, seulement je ne prenais jamais les bonnes décisions le concernant.
Si Edward Cullen s'était retourné ne serait-ce qu'une seule fois, il m'aurait vu trottiner rapidement pour ne pas le perdre de vue.
~~~ooo~~~
- On est arrivé, déclara-t-il solennellement devant mon immeuble, alors qu'il coupait le moteur silencieux.
Aucun mot n'avait été échangé durant le trajet. Il n'avait même pas osé croiser mon regard, et je me demandai si c'était de honte pour son mensonge ou à cause de ce qu'il m'avait dit sur le trottoir plus tôt.
Quoiqu'il en soit, c'était comme si ce moment n'avait jamais existé. Je me demandai presque si je ne l'avais pas rêvé.
- Je devrais te renvoyer pour ce que tu as voulu faire, dit-il brusquement, rompant le silence gênant dans lequel nous étions embourbés.
- Je sais, soufflai-je. Mais tu ne le feras pas.
- Je te faisais confiance, rajouta-t-il, ne relevant pas ma remarque.
- Je sais aussi. Seulement je pensais que...
- C'est pour cela que je ne ferai rien. Enfin, je te laisserai prendre tes propres décisions, ajouta-t-il doucement.
Je savais qu'il faisait allusion à ma demande de démission, seulement je n'avais plus vraiment très envie de partir maintenant. Pas après ce qu'il m'avait dit.
J'ai besoin de toi.
- Désolée de t'avoir tout de suite accusé.
- Ce n'est rien, ne t'en fais pas. Je sais que tu ne me fais pas confiance, dit-il presque tristement.
Le silence prit place dans la voiture. Je cherchai quelque chose pour le contredire mais ne trouvai rien. Il avait raison. Je ne lui faisais pas confiance.
- En tout cas tu m'as bluffé Isabella. Je ne pensais pas que tu serais capable de tout balancer à la presse, rit-il pour essayer de détendre l'atmosphère.
Je souris faiblement, puis parlai à mon tour.
- Moi non plus, murmurai-je. Tu...tu ne m'en veux pas ?
Il soupira, puis ouvrit sa portière, fit le tour de la voiture pour venir m'ouvrir.
Ah oui, j'avais oublié ce côté gentleman.
Je pris la main qu'il me tendait pour m'extirper de l'habitacle, frissonnant pour une raison inconnue.
Moi je la connais la raison.
Très vite, il me relâcha, comme si je l'avais brûlé, puis se recula. Un pincement au cœur fit son apparition, bien qu'il n'eût pas lieu d'être.
- Non, j'aurais fait la même chose à ta place je pense. Seulement, tu aurais pu te mettre en danger, ajouta-t-il gravement.
Je fronçai les sourcils devant ses paroles, et posai la question qui me titillait depuis tout à l'heure.
- Qui a envoyé mon frère en prison ?
Il me regarda fixement, puis soupira, reportant son regard sur la porte de mon immeuble.
- J'ai le droit de savoir, contrai-je subitement. Tu as dit que tu avais essayé d'arranger les choses, ça veut dire que tu connais cette personne. Et pourquoi s'en est-elle prise à Emmett ?
Il ouvrit la bouche, puis secoua la tête.
- Je t'en ai déjà trop dit. Ils n'aiment pas qu'on se mêle de leurs affaires.
- Mais qui ? C'est Aro Volturi, c'est ça ?
Il ne répondit pas, et je sus que j'avais vu juste.
- Écoute moi bien, rends moi un service, fit-il s'approchant de moi tout à coup. Oublie tout ce que j'ai pu te dire ces dernières semaines.
Je le regardai interrogative, ne comprenant pas l'urgence dans son ton. Mes yeux dévièrent vers ses lèvres sans que je ne puisse le contrôler, et je remarquai que les siens faisaient de même. Inconsciemment, je me rapprochai de lui, et posai ma main sur son avant-bras, consciente de la chaleur qui se dégageait de son corps, et qui m'attirait irrémédiablement.
Mais que m'arrivait-il ?
- Est-ce que tu t'inquiètes pour moi ? souris-je.
Il me regarda troublé par le ton que j'avais employé. Il s'apprêtait à répliquer quelque chose quand soudain, son regard se porta en hauteur, sur l'une des fenêtres de mon immeuble, et il se figea, reprenant une attitude neutre.
Je me retournai mais ne vis rien, si ce n'est du mouvement derrière mes rideaux.
Jacob m'espionne on dirait..
- Quelqu'un t'attend je pense, dit-il avec un sourire mystérieux, en s'éloignant vers sa voiture.
Le froid m'envahit, et je fus presque vexée de la distance qu'il avait mise entre nous, oubliant presque ses paroles étranges.
Tout ne tourne plus très rond dans ta tête on dirait.
Haussant les épaules, je parcourus la distance jusqu'à ma porte, puis me retournai une dernière fois.
- Edward ? Je ne démissionnerai pas.
Il souffla comme agacé, se passant la main dans les cheveux, mais je crus distinguer un éclair de contentement dans ses prunelles.
- Ce n'est pas raisonnable, râla-t-il. Après ce que je t'ai dit tu devrais être tentée de t'en aller.
Je souris malgré moi, contente qu'il me porte de l'attention, et sortis mes clés.
- Bonne nuit Isabella, ajouta-t-il doucement.
J'ouvris ma porte et, un pied dans l'immeuble, voulus lui répondre et le remercier pour tout. Mais seul le ronronnement du moteur m'accueillit, tandis qu'il disparaissait dans la nuit tombante.
~~~ooo~~~
- Oh mon Dieu, Emmett ! hurlai-je en courant dans les bras de mon frère, passant la porte de mon appartement.
Il m'attrapa au vol, me faisant tournoyer, alors que nous riions tous les deux.
- Tu m'as manquée p'tite soeur ! Mais c'est que t'as forcé sur les hamburgers on dirait ! s'exclama-t-il plein d'entrain en faisant mine d'être essoufflé.
Je le frappai sur le bras, tandis qu'il me reposait au sol. Je l'observai histoire de constater les dégâts, et fut heureuse de voir qu'il avait plutôt bonne mine, si ce n'est des cernes sous les yeux.
- Mais quand est-ce que t'es sorti ? Pourquoi tu ne m'as pas prévenu ?
- On t'a pas prévenu ? T'as vérifié ton portable au moins, miss-je-suis-trop-overbookée-pour-répondre-à-un-appel ? me demanda Jacob que je n'avais pas vu.
Je sortis le dit téléphone pour constater qu'il y avait au moins 15 appels manqués.
C'est sûr qu'avec mister Cullen dans les parages, impossible d'entendre son portable.
- Et moi, j'ai pas le droit à un bonjour ?
Je souris et l'enlaçai, pour ensuite me tourner vers Emmett qui me regardait d'un drôle d'œil.
- Qu'est-ce qu'il se passe ?
- Rien, rien, marmonna-t-il d'un air sombre.
Tiens, bizarre...
- Je suis tellement contente de te voir ! Bon alors explique ! Ils t'ont relâché quand ? Comment ça se fait ?
- Bah je sais pas, ils sont venus me voir ce matin au poste alors que j'allais être transféré en détention, et m'ont dit de filer. Si t'avais vu leur tête, on aurait dit qu'ils allaient ouvrir le champagne quand j'ai quitté le poste.
- Je confirme ! Ils m'ont appelé pour me prévenir donc je suis allé le chercher. Il a traité le commissaire de tête de cul.
- Bah quoi ? Il a vraiment une sale gueule le pauvre ! dit-t-il devant mon regard réprimandant, même si à l'intérieur j'étais plutôt d'accord sur ce fait. Pas vrai Pocahontas ?
- Arrête de m'appeler comme ça ! s'énerva mon meilleur ami. En tout cas Bella, t'as raté quelque chose. Disher est devenu si rouge qu'on aurait dit qu'il avait avalé sa moustache. J'ai même entendu des flics remercier le ciel quand on a passé la porte.
Nous nous regardâmes tous les trois et éclatâmes de rire.
- Je me demande ce que tu leur as fait subir pour qu'ils soient à ce point heureux de te relâcher, dis-je.
- Le super traitement à la Emmett. Enfin, vaut mieux pas que tu saches tout sœurette, ça risque de choquer ta sensibilité.
Je levai les yeux au ciel en secouant la tête, puis lui demandai :
- Mais ils ne t'ont pas dit pourquoi tu étais libre ?
Il haussa les épaules.
- Non, je leur ai demandé ce que ça signifiait mais ils ne m'ont pas répondu. C'est que je commençais à m'y plaire dans ce trou !
Edward avait donc réussi à convaincre je ne sais qui de relâcher mon frère.
En y pensant je me demandai pourquoi il s'était donné tout ce mal. Il détestait Emmett, et pourtant d'après ce qu'il m'avait dit, il avait essayé de le sortir de là.
J'ai besoin de toi.
- Cullen a dû trouver quelqu'un d'autre à emmerder pour l'instant ! marmonna-t-il avec colère. Ou alors quelqu'un a su trouver les bons arguments. Pas vrai Bella ?
Je fus surprise du ton accusateur qu'il avait employé, et haussai donc les sourcils. Je vis Jacob faire les gros yeux à mon frère pas du tout discrètement, et me demandai ce qu'il se passait.
- Pourquoi tu me demandes ça ? me braquai-je.
- Mec, on fait une partie de wii ? demanda Jake, voyant que l'atmosphère devenait lourde.
- Je sais pas. C'était pas lui en bas tout à l'heure ?
La silhouette par la fenêtre...Edward qui se fige..
Et merde !
- Oui et ?
- Tu pactises avec l'ennemi maintenant ? Ce connard m'a envoyé en garde à vue et toi tout ce que tu trouves à faire c'est fricoter avec lui !
- Je ne fais pas ami-ami, on s'est juste croisé en ville et il a proposé de me ramener. Et ce n'est pas lui qui est derrière ton arrestation.
- C'est lui qui t'a dit ça ? ricana-t-il.
- Oui, et il était sincère. Il n'y est pour rien, je t'assure. C'est même grâce à lui que tu es libre aujourd'hui !
Jacob prit un air perplexe, tandis qu'Emmett avait l'air furieux.
- Parce que tu le crois ? Ce type est un pourri Bella, tu ne DOIS pas t'approcher de lui. C'est un menteur, un...
- Dit celui qui s'est tapé sa petite amie, m'énervai-je.
Jacob se figea, ouvrant la bouche de stupeur, tandis qu'Emmett se tendit. Immédiatement, je regrettai mes paroles.
- Je vois que t'as choisi ton camp, annonça mon frère d'un air sombre.
Il tourna les talons, s'enfermant dans sa chambre.
- Emmett, attends ! appelai-je.
Jacob me prit par les épaules, et me fit un baiser dans les cheveux.
- Laisse le se calmer ! Il est un peu sur les nerfs, avec sa garde à vue et tout ça ! Tu connais Emmett, il adore jouer le grand frère protecteur.
Je hochai la tête dépitée, alors que Jacob m'interrogea sur ce que j'avais dit plus tôt. Je lui expliquai ce qu'Edward m'avait raconté et il secoua la tête.
- Je ne pense pas que tu devrais lui faire confiance Bella.
- Mais qu'est-ce que vous avez tous à me dire ça ! Je suis assez grande pour me faire mes propres opinions ! m'écriai-je.
- Oui je sais, mais tu as dit toi même que...
- Eh bien je me suis trompée, d'accord ? Tout le monde a le droit à l'erreur.
- Pourquoi tu le défends avec autant de vigueur ? s'étonna Jake. Il te menace ?
Je le regardai avec des yeux écarquillés, indignée.
- Vous me faites chier tous autant que vous êtes ! criai-je en claquant la porte de ma chambre.
Je me laissai tomber sur mon lit, vidée de toute énergie. Non seulement je m'étais disputé avec deux des personnes qui comptaient le plus pour moi, mais en plus j'avais défendu mon patron comme un avocat dans un tribunal.
Sur toutes les retrouvailles auxquelles j'avais pensé, je n'aurais jamais imaginé que ça se passerait ainsi.
~~~ooo~~~
Le samedi soir était arrivé rapidement. Je devais sortir avec Alice, Jasper, Angela et Kate, la stagiaire du NY Daily avec qui j'avais sympathisé. Alice avait proposé à Antonio de nous rejoindre en boîte, ce qu'il avait accepté de faire avec un plaisir non dissimulé lorsqu'il avait appris que j'étais de la partie. Évidemment, cela me faisait plaisir. Antonio était loin d'être moche, et j'avais conscience de lui plaire. Mais depuis mon intermède avec mon patron, je ne cessais de penser à lui.
J'ai besoin de toi.
Secouant la tête, je finis de me préparer.
Je m'étais réconciliée avec Jacob le matin même, mais avec Emmett, la situation stagnait. Je ne l'avais même pas vu de la journée. Mon meilleur ami m'avait rassuré en me disant qu'il veillait sur lui, mais je ne pouvais quand même m'empêcher d'être minée par tout ce dialogue de sourds.
Ils étaient donc partis en ville tous les deux. J'avais demandé à Jacob d'essayer de convaincre Emmett de se joindre à nous, et il avait promis d'essayer. Je savais qu'Alice et lui s'appréciaient, et j'étais sûre qu'ils s'entendraient bien avec mes autres amis.
Une dernière touche de parfum et un coup d'œil dans le miroir plus tard, je pris mon sac et mon manteau.
Alice sera fière de moi quand elle me verra !
Ouvrant la porte d'entrée, je découvris une enveloppe sur le paillasson.
Tiens tiens, c'était pas là ce matin ça...
Je la ramassai et la retournai. Il n'y avait aucune adresse dessus, et elle semblait presque vide.
Je sais pas pourquoi mais j'ai un mauvais pressentiment.
Curieuse, je décidai de faire demi tour et ouvris l'enveloppe avec empressement. Comme je l'avais prédit, elle ne contenait presque rien, si ce n'est deux photos. En voyant les clichés, j'écarquillai les yeux et me laissai tomber sur le canapé.
C'était une image nous montrant Edward et moi, la veille lorsqu'on s'était disputé dans les rues de New York, en plein milieu du trottoir. Nous nous tenions face à face, tendus, nous regardant avec colère. L'autre photo était encore une de Cullen et moi, cette fois-ci devant mon immeuble, lorsqu'il m'avait ramené en voiture. J'avais ma main sur son avant-bras, presque collée contre lui, et on aurait dit que nous étions sur le point de nous embrasser.
Mais qu'est ce que ça voulait dire ?
Je me passai la main sur le visage, chamboulée par ces photos, me demandant qui avait bien pu déposer ça devant ma porte et pourquoi.
Les mains tremblantes, je fis tomber la deuxième photo, qui se retourna sur le tapis, laissant apparaître au verso une phrase écrite à la main.
Intriguée, je la ramassai lentement et écarquillai les yeux d'effroi, un hoquet de stupeur sortant de ma bouche en lisant ce qui était marqué d'une belle écriture italique à l'encre rouge sang.
Pars.
Quitte la ville, ou dis lui Adieu.
Bon alors ne me lancez pas de tomates pour cette fin, ça aurait pu être pire, non ? J'espère en tout cas que ce chapitre vous a plu.
Je ne sais pas quand je posterai la suite vu que je reprends lundi, et comme vous le savez j'aurai vraiment pas le temps. Mais je ferai de mon mieux. Si vous voulez me motiver, à vos reviews !
Je vous embrasse !
Christelle.
