Beta : Grealyl


Chapitre 4

Lorsqu'il était tout petit, Neville était un enfant timide et renfermé qui passait ses journées sous les yeux de sa grand-mère. Cette constante surveillance à son égard, ainsi que son confinement presque total au manoir, sans voir personne, n'avaient clairement pas arrangé cela.

Plus tard, Neville avait compris les véritables raisons de cette surveillance : c'était pour le protéger. Il restait en effet encore quelques Mangemorts en liberté et Augusta Londubat n'avait aucune envie de voir son petit-fils subir un quelconque acte de vengeance. C'était la seule personne qui lui restait au monde. Son fils, Franck et sa belle-fille, Alice étaient morts parce qu'ils avaient défié le plus grand mage noir de l'époque.

A cinq ans, Neville avait fait la connaissance de Ron et Henry. Il se souvenait très bien de cette journée : c'était une cérémonie commémorative de la mort de Voldemort, et sa grand-mère avait passé de nombreuses heures à revenir encore et encore sur sa décision, se demandant s'il fallait emmener l'enfant et l'exposer au danger ou au contraire le garder en sécurité. En fin de compte, elle avait accepté de le laisser l'accompagner, en lui faisant promettre de ne pas rester hors de sa vue. L'enfant, au début, était resté accroché à Augusta qui naviguait entre les différents groupes. Neville avait supporté en silence les pincements de joues des vieilles dames, s'était caché derrière sa grand-mère lorsque les journalistes avaient fondu sur lui tels des oiseaux de proie, et avait rencontré une dizaine d'enfants rougissant poussés par leurs parents pour que leur progéniture puisse faire ami-ami avec le Survivant. Et puis, les Weasley s'étaient présentés, rapidement suivi par Severus que Sirius avait presque forcé à venir. Tandis que les adultes discutaient tranquillement, les enfants s'étaient jaugés. Neville avait trouvé presque fascinant de constater que, finalement, il n'était pas le seul à avoir peur de la foule et que Ron et Henry ne lâchaient pas leur mère pour l'un et tuteur pour l'autre.

Et puis, au fil des années, l'amitié des trois enfants s'était transformée en une véritable fraternité. Et même si Neville ne voyait pas souvent Ron et Henry, leur amitié restait intacte et aidait le garçon à s'affirmer et sortir peu à peu de de sa coquille. Il n'était cependant pas rare que Neville soit jaloux de ses amis qui n'étaient pas obligés de suivre les cours de précepteurs soporifiques, et pouvaient aller où ils voulaient ou presque. Lui se trouvait confiné au manoir, n'en sortant qu'en de rares occasions comme son anniversaire – qu'il fêtait le même jour que Henry – celui de Ron, Noël. Augusta l'autorisait à passer quelques jours en été chez les Weasley.

Lorsqu'il avait reçu sa lettre, sa grand-mère avait failli refuser qu'il aille à Poudlard. Neville ignorait que le directeur avait persuadé Augusta que l'école était protégée et que l'enfant ne risquait rien. La rentrée fut attendue avec une impatience grandissante lorsque Neville sut qu'il se rendrait dans le collège de sorcellerie le plus prestigieux d'Europe pour suivre les cours de magie avec ses amis et entouré d'autres élèves.

Mais, actuellement, Neville ne se préoccupait ni de ses études ni de ses amis, il ne pensait qu'à la retenue qu'il venait de faire. Il savait que les parents étaient au courant de chaque heure de colle que leur rejeton avait eu et le garçon redoutait la réaction de sa charmante et douce grand-mère. Avec un peu de chance, il s'en tirerait sans trop de dommages. Augusta pouvait être terrible lorsqu'elle se mettait en colère et il était hors de question qu'il en fasse une nouvelle fois l'expérience s'il pouvait l'éviter.

Cela dit, il était tellement furieux qu'il occulta totalement Augusta de ses pensées, préférant imaginer Orion Donewood entre ses mains et les tortures qu'il pourrait lui faire subir.

D'ordinaire, lorsqu'il était furieux, l'enfant criait mais n'en venait jamais aux mains et les tortures mentales qu'il imaginait le demeuraient car Neville était incapable de faire volontairement mal à un de ses pairs. Mais ça ne l'empêchait pas de tempêter contre le petit blond et d'avoir des envies de meurtre à son encontre, oblitérant toute autre pensée.

Une fois parvenu à la salle commune, Neville passa devant Ron et Henry, sans même les voir et monta directement au dortoir en soufflant comme un bœuf, pour redescendre un peu plus tard, sans s'être calmé. Ça semblait même être encore pire.

- Il est où Orion ? cracha-t-il à Ron.

Le rouquin comprit sans peine que lui indiquer l'endroit où se trouvait le blond reviendrait à signer l'arrêt de mort de ce dernier.

- Je crois que tu devrais te calmer, suggéra-t-il.

- Me calmer ? ! commença à crier Neville, presque hystérique, attirant sur lui le regard intrigué des élèves encore présents malgré l'heure tardive. Comment tu veux que je me calme ? J'ai les mains qui puent, j'ai mal au dos parce que Rusard m'a fait récurer, tout seul, les toilettes du cinquième étage à la main avec un truc que je veux même pas identifier et tu me demandes de me calmer ? !

Neville prit une profonde inspiration. Ron crut un instant que son ami tentait de se détendre mais lorsque ce dernier darda sur lui un regard noir, furieux, le rouquin sut que la tempête était loin d'être finie. Mais Ron ne s'en faisait pas et ne paraissait même pas inquiet pour sa propre vie, contrairement à Henry qui, étrangement, avait rentré sa tête dans ses épaules et se tassait sur sa chaise dans l'espoir vain de se faire oublier alors qu'il n'y était pour rien.

- Moi, reprit Neville glacial, je me tape le sale boulot avec Rusard qui ne rêve que de remettre au goût du jour les punitions corporelles et tu sais où était Orion? !

- Non.

- Moi non plus mais pas avec moi ! C'est lui qui fait les conneries et c'est moi qui me tape Rusard !

- C'est pas de bol, dit Ron presque amusé.

- Si c'est pour dire ça, tu peux te la fermer ! Alors, il est où le petit blond ?

- Il n'est pas là-haut ? tenta Ron en sachant parfaitement qu'Orion ne s'y trouvait pas.

- Non ! Si c'était le cas je...

Neville n'eut pas le temps ni le loisir d'achever sa diatribe, il s'effondra par terre en ronflant comme un sonneur. Derrière lui se tenait Hermione, baguette tendue et parfaitement calme comme si jeter un sort de Sommeil à quelqu'un était tout à fait normal. À ses côtés, tremblant, la principale cause des cris du Survivant.

- Merci, souffla Ron, soudain impressionné par ce petit bout de femme qui lui rappelait sa mère lorsqu'elle était en colère.

- Je ne l'ai pas fait pour toi ni pour Henry mais pour mes pauvres oreilles et celles d'Orion qui n'a pas très envie de savoir ce qui allait advenir de lui.

Hermione se tourna soudain vers Orion alors celui-ci tirait doucement sur sa manche pour capter son attention. Ron constata pour la première fois que Orion devait sensiblement la même taille que Henry et ils avaient tous les deux le même gabarit : celui d'un enfant de six ans. C'était étrange. Mais la relation entre le blond et la brunette était peut-être encore plus étrange : Orion regardait Hermione avec un air qui ressemblait fort à de l'adoration – du moins quand il n'était pas terrifié.

Sans paraître se rendre compte qu'elle était dévisagée, Hermione poussa gentiment Orion jusqu'au pied de l'escalier menant au dortoir des garçons et l'enjoignit à monter puis disparut vers celui des filles.

- Hermione Granger est bizarre et impressionnante, constata Ron sans quitter des yeux les marches par lesquelles Hermione avait disparu. Rappelle-moi de ne jamais la chercher.

Henry acquiesça, incapable de dire un mot.

- Viens m'aider à monter Neville, fit Ron. On va le mettre au lit.

C'était plus facile à dire qu'à faire. Neville pesait son poids et Ron était obligé de le porter quasiment tout seul, vue la taille de Henry. Ils le mirent au lit sans prendre le temps de lui passer son pyjama – s'il existait un sort pour le faire à leur place, ils ne le connaissaient pas. Henry, d'âme charitable, lui retira tout de même ses chaussures avant de rabattre les couvertures.

0o0

- Tu es un crétin ! Un abruti ! hurlait Hermione à travers la salle commune étrangement déserte – tous les élèves présents avaient préféré fuir.

La fillette avait beau ne pas être très grande, elle avait du coffre. Il était dix heures du matin et depuis près d'un quart d'heure, elle beuglait sur Neville qui se faisait tout petit. Elle était pire qu'Augusta Londubat, et ce n'était pas peu dire car le Survivant trouvait sa grand-mère dangereuse lorsqu'elle était en colère.

Ron, Henry et Orion assistaient à la scène, assez en retrait au cas où des sorts fuseraient. Les deux premiers avaient entraîné le troisième avec eux.

On était samedi, Henry s'était levé tôt, habitué à ne pas traîner au lit, pour profiter du week-end pour avancer dans ses recherches. Il avait réveillé ses amis vers neuf heures, leur laissant le temps de se lever et de s'habiller. Ils allaient quitter la salle commune quand Hermione leur avait sauté dessus, puis avait alpagué le Survivant afin de lui dire ses quatre vérités. Et, à l'évidence, elle n'était pas prête de finir.

Le rouquin amorça un pas vers eux pour les séparer – il avait faim tout de même, c'était le seul à ne pas avoir petit-déjeuner, si on exceptait Neville – mais Henry le ramena vers lui.

Neville n'en menait pas large de son côté. Il encaissait sans broncher : oui, Hermione avait raison, sa colère de la veille était puérile, les professeurs avaient sans aucun doute leurs raisons d'avoir confié Orion à l'un d'eux, ça ne le regardait pas, et s'il avait été plus patient avec son partenaire de Botanique au lieu de lui hurler dessus comme il l'avait fait, rien de tout ça ne serait arrivé. Après tout, Orion avait ses problèmes et il faisait de son mieux. Le brun aurait pu rétorquer qu'il s'en fichait, que lui aussi avait ses problèmes mais il avait peur de la réaction de la furie qu'était devenue sa camarade.

Neville ne mettait jamais en avant son statut de Survivant. Sa grand-mère lui avait répété qu'il ne devait rien considérer comme acquis et que ce n'était pas parce qu'il avait tué Voldemort et avait survécu au sortilège de Mort que ça lui donnait le droit de faire tout ce qu'il avait envie. Lorsqu'il était petit, à chaque fois qu'il dépassait les bornes et qu'il se montrait trop gâté et exigeant, elle lui disait qu'il ressemblait au jeune Malefoy. Neville frissonnait à coup sûr, n'ayant aucune envie d'être comparé à ce gamin pourri-gâté qu'il avait souvent vu pendant des réceptions faire caprice sur caprice.

Finalement, après vingt minutes supplémentaires, Hermione se tut, foudroya Neville du regard et quitta la salle commune, emmenant au passage Orion qui la suivit docilement.

- La prochaine fois que je veux critiquer Hermione ou Orion, rappelez-moi ce moment, fit Neville livide et tremblant de tout son corps.

À partir de ce jour et après que Neville se fut excusé auprès d'Orion, les relations entre le trio et le duo s'améliorèrent grandement. Hermione cessa de voir les trois amis comme des flemmards, et ce dès lors qu'elle aperçut Henry s'enterrer sous des dizaines de lourds volumes avec ses deux compères, le nez plongé dans des ouvrages poussiéreux. Ron fit lui aussi un effort, cessant de comparer la fillette à un rat de bibliothèque et le petit blond à une souris.

On ne pouvait pas dire qu'ils étaient devenus les meilleurs amis du monde, mais ils se supportaient et se retrouvaient régulièrement à la bibliothèque pour travailler.

0o0

Les semaines défilèrent. Henry se retrouva à l'infirmerie par deux fois à cause d'un maléfice reçu en cours de Défense Contre les Forces du Mal. Remus l'envoya voir Mme Pomfresh avec trois autres élèves. Pour les Potions, Henry ne savait toujours pas quoi penser de son parrain même s'il commençait à s'habituer à l'attitude froide et revêche de Severus envers les Gryffondor et à sa partialité flagrante en faveur des élèves de Serpentard.

Henry se surprit, au fur et à mesure des jours qui s'écoulaient et du temps passé avec Orion, à regarder à la dérobée l'enfant. Ce gamin l'intriguait plus qu'il ne l'aurait pensé au début et il était incapable de dire qui était vraiment Orion. Au début, il passait pour un garçon timide et réservé, ce qui paraissait normal, étant donné qu'il ne connaissait personne. Mais, quand on avait cherché à l'intégrer, il était demeuré à part, s'enfermant dans le silence. Même les professeurs avaient cessé de l'interroger, puisqu'il se contentait de rougir, l'air apeuré. Quoiqu'il en soit, que ce soit à cause de ce côté mystérieux ou parce qu'Henry se retrouvait en Orion, le jeune Potter s'interrogeait chaque jour davantage sur son camarade.

En cherchant ainsi des informations sur Orion, Henry constata qu'il était en effet très solitaire, n'adressant la parole à personne, sauf peut-être à Hermione. Il ne se mélangeait aux autres que lorsque la fillette l'y poussait et restait collé à elle, comme recherchant sa protection. Il semblait tout faire en fonction de Hermione et paraissait chercher son approbation pour tout.

Conscients de cette curiosité étrange, Ron et Neville avaient cherché à savoir pourquoi Henry tenait tellement à connaître Orion mais leur ami fut incapable de leur répondre parce que lui-même ne savait pas. Il avait beau chercher une explication logique à son comportement, aucune ne lui venait à l'esprit. Il était sûr d'une chose, Orion l'attirait mais sans aucune raison.

Cette constatation le troubla quand il en prit conscience mais cela n'amoindrit en rien sa curiosité.

Henry avait tenté de se renseigner sur son camarade auprès de Hermione mais la fillette n'avait rien pu - ou voulu - lui dire. L'enfant s'était alors tourné vers la bibliothèque mais les livres ne lui fournissaient que des dates et un arbre généalogique. Apparemment, Orion serait issu d'une famille composée uniquement de sorciers. Un Sang-Pur comme on les appelait. C'étaient les seules informations que Henry avait pu récolter et il en vint à se demander qui serait le plus apte à répondre à ses questions.

Et puis, la réponse s'imposa d'elle-même : Sirius. Sous son attitude parfois enfantine se cachait un homme très intelligent qui avait une palette de connaissances assez large sur maints sujets dont l'aristocratie. Ses parents étaient de la noblesse anglaise et il avait baigné là-dedans. Le passé de chacun de ses oncles et de son parrain était quelque chose que Henry ignorait et il n'avait jamais osé leur poser de questions. Néanmoins, l'homme pourrait le renseigner.

Henry soupira. On était samedi. Ron et Neville l'avaient laissé tomber pour aller faire une bataille de boules de neige dans le parc tout blanc. Décembre commençait juste et avec lui, la neige. D'habitude, Henry n'était pas contre mais ils en avaient déjà fait deux durant la journée et il n'avait pas envie de remettre ça une troisième fois. Il préférait largement prendre un thé bien au chaud.

Quand le garçon frappa à la porte, il espérait que son oncle soit présent. Il n'avait pas eu l'idée de le prévenir de sa visite. Sirius apparut, étonné de le voir là, mais le convia à entrer.

- Que me vaut le plaisir de ta visite ? s'enquit Sirius en collant à son neveux une tasse de thé brûlante entre les mains. Je pensais qu'un gamin de ton âge irait faire des batailles de boules de neige.

- Déjà fait. Désolé de te déranger Oncle Sirius, fit Henry d'un ton hésitant, mais j'avais une question à te poser.

Henry se rendit compte en cet instant que ce qu'il allait entendre n'allait pas forcément lui plaire et risquerait de lui donner une autre vision, plus négative d'Orion. Ou inversement.

- J'aurais dû m'en douter. Tu es passé mercredi. C'était trop étrange que tu viennes deux fois dans la semaine. Tu avais forcément quelque chose à me demander. Alors, laisse-moi deviner. Nous n'avons aucun cours ensemble, donc tu n'es pas là pour ça. Pas non plus pour faire des blagues. Quoiqu'en dise ton parrain, tu n'es pas aussi farceur qu'il le prétend. Je ne sais pas si dans ce domaine, on peut dire qu'il t'a bien éduqué et de toute manière, s'il te prenait en train d'en faire une, il me tiendrait pour responsable. Faire ton éducation sexuelle, ce n'est pas à moi et t'es peut-être encore un peu jeune pour savoir ce genre de choses, fit-il en voyant la grimace de dégoût de Henry. En fait, je ne vois pas.

- C'est à propos des grandes familles anglaises, avoua Henry.

- Lesquelles ? demanda Sirius, plutôt étonné par la question à laquelle il ne s'attendait pas du tout.

- Les Donewood.

- Pourquoi eux plus particulièrement ? Excuse ma question stupide, se reprit-il, j'avais oublié que tu avais Orion Donewood dans ta maison. Qu'est-ce que tu veux savoir ?

- Qui ils sont. Je sais que ce sont des Sangs-Purs et...

- Tu ferais bien de rayer ce mot de ton vocabulaire Henry, déclara Sirius, mortellement sérieux. Parce qu'il est hors de question que je t'entende parler également de Sang-Mêlé et de Sang-de-Bourbe !

- Ça ne me viendrait pas à l'idée de faire une chose pareille, se défendit Henry, outré qu'on puisse lui prêter de telles intentions alors que sa propre mère était née moldue, en d'autres termes moins polis : une Sang-de-Bourbe. Mais si tu y tiens, ce terme ne sortira plus de ma bouche. Je disais donc que ce sont des sorciers qui n'ont pas de sang moldu...

- Ils en ont, comme dans chaque vieille famille. Il y a toujours un descendant qui refuse de se plier aux traditions d'épouser un ou une fille de l'aristocratie et épouse une personne de naissance moins importante – ne va pas croire que je suis une de ces personnes qui pense que je suis au-dessus des autres simplement parce que j'ai de l'argent et que mon nom signifie quelque chose. Seulement, ces écarts de conduite, si je puis les appeler de la sorte, sont censurés et personne n'est au courant. Ils sont déshérités ou tués, dans le pire des cas. Ce n'est pas le cas partout et heureusement. Pour les Donewood, c'est une famille de cinglés. Deamon Donewood, le grand-père d'Orion, était l'une des plus grandes fortunes d'Angleterre. Il était aussi riche que Lucius Malefoy. Il a fini par devenir fou et paranoïaque et s'est suicidé. Son fils, Balthazar, a hérité de la fortune mais l'a dilapidé en finançant les projets de Voldemort. Aujourd'hui, sa famille est ruinée et lui est aussi fou que son père.

- Comment tu sais ça ?

- Aphrodite Donewood, sa femme, était une Black. C'était ma cousine au troisième degré. Probablement l'un des membres de ma famille avec qui je m'entendais le mieux, fit Sirius avec une pointe de nostalgie dans la voix.

- Ah bon ? s'étonna Henry.

C'était la première fois que Henry entendait parler de la famille de Sirius, lui qui gardait le silence sur son passé et ses parents.

- Oui. Mais quand elle a épousé Balthazar, on s'est éloigné. Elle est morte, il y a une dizaine d'années. Dépression. Vu la famille qu'il a, Orion risque fort de devenir comme son père et son grand-père. Surtout qu'il a l'air assez renfermé. Voilà, c'est tout ce que je peux te dire des Donewood. Je n'ai pas dû t'apporter grand-chose, je le crains.

- Si. Merci beaucoup.

Au lieu de partir directement, ce qui n'aurait pas été poli, Henry préféra rester au chaud et en compagnie de son oncle afin de discuter.

Une bonne heure plus tard, Henry se décida finalement à retourner à ses livres. Sirius ne chercha même pas à l'en dissuader. Henry était borné, comme son père James pouvait l'être, et il avait été éduqué par un être tout aussi borné, voire plus, que lui. Lui faire changer d'avis était assez difficile, surtout lorsque ce qu'il devait faire était important à ses yeux.

Peut-être était-ce à cause de l'éducation assez stricte de Severus mais Henry ressemblait beaucoup à sa mère. Il avait cette même envie de connaissances. Sirius le prit dans ses bras et le serra fort.

Henry soupira en pensant à la quantité de livres qu'il allait peut-être encore devoir lire avant de trouver une réponse. Son intention première était d'aller à la bibliothèque en passant par le dortoir des Premières Années de Gryffondor pour récupérer de quoi écrire. En entrant dans la pièce ronde, il tomba sur Orion, profondément endormi dans son lit. Par terre, trônaient une dizaine de parchemins et un livre. Poussé par la curiosité qui l'animait à chaque fois qu'il voyait son camarade, le brun ne put s'empêcher de les ramasser et les regarder rapidement.

Pas une seule fois, Henry ne se fit la réflexion que ça ne le regardait pas et qu'il devrait lâcher ce qu'il tenait. À première vue, cela ressemblait à des lignes d'écriture. Un coup d'œil sur le livre lui apprit qu'il s'agissait d'un exemplaire d'Easius Abécédaire : apprendre à lire en vingt-six leçons.

La vérité s'imposa à Henry comme une gifle. Orion ne savait ni lire ni écrire. Cette découverte le laissa abasourdi et il ne put s'empêcher de fixer son camarade de chambrée roulé en boule au milieu du matelas sans savoir quoi penser. Il resta figé quelques minutes, sans bouger. Aujourd'hui, à onze ans, lire lui semblait aussi normal que parler ou respirer et il avait du mal à imaginer qu'une personne de son âge en soit incapable. Quel parent pourrait envoyer son enfant dans une école sans lui apprendre les bases ? Ne pas savoir lire ni écrire devait être handicapant. Henry se souvenait à peine des années qui avaient précédé son apprentissage. C'était Molly Weasley, la mère de Ron, qui le leur avait enseigné et Severus l'encourageait, le soir, à lire l'histoire qu'il avait choisi, le laissant buter sur les mots et se corriger seul.

Lorsque le parchemin lui échappa des mains, Henry sortit de ses pensées et décida de garder sa découverte pour lui. Après tout, Orion avait gardé ça secret depuis le début et n'en avait parlé à personne, sauf peut-être Hermione, il valait mieux que ça ne se sache pas. Qui sait qui pourrait utiliser ça. Non pas qu'il ne fasse pas confiance à Ron ou Neville mais il n'était pas certain qu'Orion le prenne bien si d'autres personnes étaient au courant.

L'enfant replaça doucement les feuillets et le livre sur le lit et ferma les rideaux, conférant à Orion une certaine intimité.

Au moment où il prit ses propres affaires, Henry ne put s'empêcher de repenser à Orion et son handicap.

Si le jeune Potter s'était juré de rien dire à personne, pas même au concerné, il parvint à se trahir lamentablement dès le lendemain alors qu'il travaillait avec Hermione et Orion. Ce dernier tentait d'épeler un mot sans y parvenir. Un mot simple mais dont il parvenait à inverser les lettres : aconit. Henry n'était pas censé écouter, plongé qu'il était dans la lecture d'un énième livre traitant des maladies rares, mais il voulait entendre la voix d'Orion qui ne lui parvenait que sous forme de chuchotements. Lorsque le blond se trompa une dixième fois, son camarade ne put s'empêcher d'intervenir bêtement et d'oublier sa promesse personnelle. Quand il répéta le mot, lentement et en détachant chaque syllabe, les deux autres ne purent s'empêcher de le regarder avec des yeux ronds. Ses joues virèrent instantanément au rouge alors qu'il se rendit compte de l'erreur commise et il se replongea dans son livre en espérant se faire oublier.

Hermione changea de chaise afin de rapprocher de lui alors qu'Orion le considérait avec des yeux exorbités dans lesquels on pouvait lire une certaine terreur que son secret soit découvert.

- Tu sais quelque chose ? siffla-t-elle suffisamment bas pour que seul Henry l'entende.

- Je pense oui, murmura Henry avec un tremblement dans la voix, effrayé par la fillette qui avait empoigné son pull et qui, par son seul regard, semblait déterminée à lui faire cracher le morceau.

- Et qu'est-ce que c'est ? !

Hermione tendit l'oreille, faisant ainsi comprendre à Henry qu'il devait lui dire ce qu'il savait dans le creux du pavillon.

- C'est Orion. Il ne sait pas lire.

- Comment tu le sais ? ! l'agressa-t-elle.

À la voir, on aurait dit que c'était son propre secret qui venait d'être découvert. Elle semblait vouloir défendre bec et ongles Orion, comme une grande sœur le ferait. Malgré ses frissons, Henry trouva le courage de se rebeller mais tenta de ne pas énerver davantage Hermione.

- On dirait que c'est toi que j'ai offensé, fit-il le plus doucement qu'il put, avec un tremblement dans la voix.

Étrangement, Hermione se radoucit. Elle regarda Orion qui ne cessait de les fixer, inquiet. D'un signe de tête de la brunette, il se rapprocha à son tour. La fillette se pencha vers lui et lui expliqua tout dans l'oreille. Au fur et à mesure qu'elle parlait, le visage de l'enfant se décomposait, ses grands yeux clairs trahissant son inquiétude et Henry fut surprit de les voir se remplir de larmes.

Ni Hermione ni Henry ne furent étonnés de le voir détaler en courant et aucun des deux ne chercha à le retenir.

- Comment tu l'as su ? murmura une nouvelle fois Hermione.

- J'ai vu dans le dortoir des parchemins, expliqua Henry assez troublé par le regard blessé d'Orion avant qu'il ne parte. On voyait des lignes d'écriture comme quand on apprend à écrire. Et puis, j'ai vu le livre de Easius Abécédaire. Ce n'était pas bien difficile à comprendre.

- Qui le sait ?

- Personne, la rassura l'enfant, bégayant devant celle qu'il savait maintenant être très effrayante quand elle le souhaitait.

- Tant mieux.

Et elle le planta là. Cependant, Henry se hâta de ranger ses affaires dans son sac et courut la rejoindre. Leur relation s'était peut-être améliorée mais visiblement pas au point de se voir confier des secrets.

- Pourquoi tu n'es pas avec tes amis ? ! soupira-t-elle en le voyant trottiner à ses côtés.

- Neville est en retenue avec Onc... le professeur Rogue et Ron tente de s'avancer en Défense.

Henry se mordit la langue. Il avait failli se trahir en prononçant par habitude « Oncle Severus » et il se dit que c'était une chance qu'il ait eu la présence d'esprit de s'arrêter à temps. Non pas que sa relation avec Severus soit un secret mais l'homme préférait que cela ne s'ébruite pas. Les Serpentard le savaient mais aucun n'en parlerait sous peine de voir sa vie s'écourter rapidement. Le reste des étudiants était normalement au courant de rien et il était préférable que ça continu.

- En retenue ? Un samedi matin ?

- Oui, Onc... le professeur Rogue l'a voulu parce que c'est le seul moment où il est disponible dans la semaine.

- C'est la seconde fois que tu butes sur le titre du professeur, remarqua Hermione.

Henry soupira et se demanda ce que la fillette faisait à Gryffondor au lieu de Serdaigle. Elle était observatrice, perspicace et semblait réfléchir avant d'agir.

L'enfant ne tarda pas à comprendre pourquoi quand il vit un groupe d'élèves rassemblé au beau milieu du couloir à une centaine de mètres de la bibliothèque. De là où ils se trouvaient, les deux Premières Années entendirent clairement les clameurs. Il se rapprochèrent et purent voir Orion, au milieu du cercle formé par des élèves plus âgés. Le gamin était terrorisé et cherchait frénétiquement une issue. Face à lui se dressait un jeune homme, sans doute en Sixième Année, qui se plaisait à le malmener. On entendait les insultes proférées à l'encontre du plus jeune.

Henry regardait la scène, choqué tandis que Hermione courait déjà vers eux, baguette tirée, certainement un sort sur le bout des lèvres. S'il avait été là, Severus saurait dit qu'il s'agissait d'une réaction digne d'un Gryffondor. Foncer tête baissée dans les ennuis. L'illustration parfaite du contraire de la phrase « réfléchir avant d'agir ».

Leurs assaillants étaient pas moins d'une demi-douzaine, tous grands et costauds et que des garçons, trois Serpentard, deux Gryffondor et un Serdaigle. Henry hésita, pesant rapidement le pour et le contre, avant de suivre l'exemple de Hermione, sans réfléchir plus que cela, oubliant qu'il n'était qu'un gamin petit et maigrichon et que tous les deux ne connaissaient que quelques sorts appris pendant les cours de Défense Contre les Force du Mal.

Henry reçut finalement un sort qui l'envoya contre un mur et l'assomma, rapidement suivi par Hermione.

Le samedi matin, les couloirs étaient déserts, d'autant plus lorsqu'on s'approchait de la bibliothèque. Pourtant, Sirius apparut au détour d'un corridor, paré à l'attaque et à se défendre, baguette tirée dans une main et parchemin dans l'autre. Il pétrifia les six gaillards et leur lança un regard lourd de reproche avant de voir Henry et Hermione inconscients et le pauvre Orion être tenu en joug par un Serdaigle figé, sa baguette inutile entre ses doigts.

- Lâchez cette baguette, Monsieur Didjes, tonna-t-il en libérant le Serdaigle.

Il en fit de même pour les cinq autres qui déglutirent en voyant ses yeux gris s'assombrir sous la colère. Sa présence n'augurait rien de bon pour eux. Le professeur Black pouvait être redoutable. Il était après tout professeur de Duel et un ancien Auror, il était parfaitement capable de les réduire tous les six en charpie si l'envie lui en prenait.

- Six élèves de Sixième Année contre trois Première Année dont un désarmé ! constata Sirius, les dents serrés, tentant vaillamment de contenir sa colère. Je n'ai jamais vu ça de toute ma carrière ! Croyez bien que le Directeur sera informé, de même que vos directeurs de Maison. Pour l'heure, je retire cinquante points à chacun ! Et vous gagnez un mois de retenue ! Maintenant, filez !

Sirius aurait pu les envoyer voir Dumbledore mais pour ça, il aurait dû les accompagner afin d'expliquer leur présence et il avait autre chose de plus urgent à faire. Après avoir pris une profonde inspiration censée le calmer, il fit signe à Orion de se détendre tandis qu'il regardait Henry et Hermione. Severus n'allait pas être content quand il allait savoir ça. D'un geste de baguette, le professeur de Duel immobilisa les deux corps et les fit léviter. Puis, il se dirigea vers l'infirmerie, accompagné du petit blond qui trottinait à ses côtés, l'air inquiet.

Sirius posa à peine un pied dans l'antre de Poppy qu'il se retrouva dehors, seul, les doubles portes claquant dans son dos et l'ordre de trouver Severus résonnant à ses oreilles. Au moins c'était clair, c'était à lui que revenait la tâche de prévenir le parrain de Henry et il en tremblait d'avance. Il aurait préféré que Madame Pomfresh envoie Ron ou Neville, les deux garçons ne risquaient rien, mais lui, il pouvait à tout moment se faire arracher la tête.

Prenant son courage à deux mains, sa colère remplacée par une certaine anxiété, Sirius prit la direction des cachots en essayant de convaincre son corps de cesser de trembler. Il était professeur de Duel, ancien Auror et un ex Gryffondor que diable ! Il n'allait pas à avoir peur d'un simple professeur de Potions. Qui se trouvait être aussi un ancien Serpentard, ex Mangemort, duelliste hors pair et parrain protecteur. Autant dire, un adversaire redoutable qu'il valait mieux se mettre dans la poche et éviter de contrarier.

Lorsque Sirius frappa contre le panneau de bois, il se força au calme. Oui, Severus pouvait le tuer mais l'ancien Gryffondor n'y était pour rien. Il n'avait rien à se reprocher. C'est ce qu'il tenta de se répéter encore et encore.

La porte demeura close et aucun bruit ne lui parvenait de l'autre côté. Sirius frappa une nouvelle fois, sans réponse. D'habitude, Severus était chez lui. Mais il fallait croire que ce matin, ce n'était pas le cas. Résigné, Sirius tira de sa poche un parchemin vierge, pointa dessus sa baguette.

- Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises, récita-t-il.

Sur le parchemin, des lignes se croisaient, se rejoignaient et s'étendaient comme une toile d'araignée. En haut, on pouvait lire :

« Messieurs Lunard, Queudver, Patmol et Cornedrue, spécialistes en assistance aux Maniganceurs de Mauvais Coups, sont fiers de vous présenter la CARTE DU MARAUDEUR. »

Sirius déplia la carte qui représentait maintenant un plan détaillé du château. De minuscules points bougeaient, surmontés d'une étiquette. Le professeur de Duel observa avec attention le parchemin, cherchant l'étiquette portant le nom Severus Rogue. Il la trouva finalement dans la salle de Potions, accompagnée de celle de Neville. Apparemment, Neville était en retenue. Il n'y avait plus qu'à espérer que Severus soit de relativement bonne humeur sinon Sirius pouvait immédiatement dire adieu à sa vie.

L'homme replia le parchemin et le rangea dans ses robes. Il se dirigea vers la classe de Potions. Quelques minutes plus tard, il frappait contre la lourde porte. Un « entrez » lui parvint, étouffé par l'épaisseur de bois.

Severus était assis à son bureau et corrigeait des copies – les barbouillait allègrement de rouge plus exactement – tandis que Neville se trouvait dans un coin de la salle, à genoux et récurait le sol.

- Que, commença Severus en fronçant les sourcils lorsqu'il découvrit l'identité du visiteur.

- Avant toute chose, le coupa Sirius soulagé que son collègue et ami soit à peu près détendu, tu vas me promettre de ne pas t'énerver.

Devant la mine sérieuse de son collègue, Severus chercha les raisons possibles qui pourraient le contraindre à s'énerver. Henry était en tête de liste. Et là, il pouvait promettre ce qu'il voulait, si son filleul était blessé, l'homme serait incapable de garder son calme. Il le répéta à Sirius qui se contenta de tendre la main.

- Ta baguette alors, exigea Sirius. Neville, tu peux partir. Je te conseille de le faire tout de suite et de courir.

L'enfant ne se fit pas prier. Il rassembla ses affaires et quitta la salle de cours en moins de temps qu'il n'en faut pour dire Quidditch.

- Cela concerne Henry, n'est-ce pas, affirma Severus en donnant finalement sa baguette à Sirius.

Ce dernier attendit d'avoir mis l'item en lieu sûr pour répondre.

- Oui. Il est à l'infirmerie. Pour l'heure, j'ignore s'il va bien, Poppy m'a mis dehors avec l'ordre de te ramener.

- Que s'est-il passé ? demanda Severus, plus inquiet qu'en colère.

- Quand je suis arrivé, Donewood était au milieu d'une bande de Sixièmes Années qui avait sans doute décidé de se défouler sur lui. La petite Granger et Henry étaient inconscients. J'en ai déduit qu'ils avaient tenté d'aider Donewood.

Severus avait beau maîtriser ses émotions à tout instant de la journée, son visage ordinairement impénétrable était alors déformé par la rage. Sirius se félicita d'avoir récupérer la baguette. Cela n'allait, malgré tout, pas empêcher l'ancien Mangemort de se servir de ses mains ou d'utiliser la magie sans baguette.

Lorsque son collègue lui saisit le bras, Sirius ne put empêcher un couinement de douleur de s'échapper de sa bouche. Un « chochotte » venant de son tortionnaire lui parvint. Fort heureusement pour le bras malmené, la pression diminua pour enfin disparaître, ne laissant qu'une douleur aiguë là où les doigts fins du Maître des Potions avaient serré.

Sirius et Severus traversèrent le château au pas de course, le premier essayant de rester à même hauteur que le second. Leur arrivée à l'infirmerie se fit dans un vacarme épouvantable : les portes claquèrent contre les murs, manquant de se déliter sous le choc.

- Professeur Rogue, s'emporta Poppy en surgissant de derrière un paravent au fond de la pièce, combien de fois faudra-t-il que je vous le dise ? Il s'agit d'une infirmerie ! Il y a donc des patients et certains ont besoin de silence ! Monsieur Donewood, voudriez-vous retourner au lit ? !

Ce fut à ce moment-là que les deux professeurs virent Orion, debout près de la porte grande ouverte. L'enfant était sur le point de s'enfuir et sa petite taille lui avait permis de passer inaperçu. Il obéit néanmoins à l'ordre tandis que Poppy disparaissait derrière la séparation en grommelant.

Severus contemplait attentivement son filleul docilement allongé sur le lit, fixant le plafond, l'air absent, sans paraître remarquer la présence du professeur à ses côtés.

- Monsieur Donewood, claqua Poppy, son cri résonnant à travers la salle. La prochaine fois que je vous trouve hors de votre lit, je vous force à boire une Potion de Sommeil !

Severus ricana, il était évident pour lui qu'Orion avait tenté une nouvelle fois de s'enfuir. Le gamin n'était pas le premier et ne serait pas le dernier à essayer mais Madame Pomfresh semblait avoir l'œil partout et les fuites étaient très rares.

À partir de ce jour, Henry considéra Hermione comme une amie. Ron et Neville l'acceptèrent également assez bien malgré les fréquentes disputes entre le rouquin et la brunette. Pour Orion, en revanche, il était difficile de se prononcer puisque l'enfant ne disait toujours rien et fuyait systématiquement si son amie n'était pas là.

Le trio devint donc un petit groupe de cinq et quinze jours avant les vacances de Noël, on ne les voyait que rarement les uns sans les autres.


À suivre


Note : je voulais remercier tous ceux et celles qui lisent cette fiction ainsi que ceux et celles qui me laissent des reviews, ça me touche vraiment. Je reste ouverte à toute critique positive ou négative (surtout négative).