Beta : Grealyl qui fait un travail formidable

Note : Tout d'abord, je vous souhaite une excellente année 2012 et beaucoup de bonheur. Ensuite, ce chapitre va mettre en lumière beaucoup de choses mais pas tout sinon, où serait le suspense ? Enfin, merci à vous tous et toutes qui lisez, laissez des messages ou non ou que vous mettiez en alert ou en favorite mon histoire, ça me touche énormément.

adenoide, je voulais te remercier pour tes reviews qui m'obligent à trouver une explication logique mais les réponses à tes questions ne seront pas dans ce chapitre.


Chapitre 5

Caché derrière un livre, Ron s'arrachait les cheveux en grognant et maudissant son meilleur ami qui les avait traîné lui et Neville à la bibliothèque – lieu qui commençait à lui donner des boutons – au lieu de profiter tranquillement de leur heure de temps libre avant le cours de Potions. Si le rouquin pestait tout bas, c'était parce qu'il était obligé de lire un livre passablement soporifique, bourré de termes scientifiques, parfaitement incompréhensibles. Henry ne savait pas ce qu'il cherchait, alors il prenait n'importe quel livre qui pouvait parler de maladies ou de symptômes correspondant à ce qu'il avait, et faisait de même avec ses amis, leur collant un manuscrit entre les mains.

- Henry, je ne sais pas si on trouvera quoique ce soit dans le..., Ron s'arrêta pour regarder un instant le titre : Recensement des Potions Universellement Reconnues, par Vladimir Barbant. Tu savais qu'il existait une Potion qui te faisait pousser les cheveux à l'intérieur de la tête ? Non mais vraiment, à quoi ça peut bien servir d'inventer un truc pareil ?

- Si on te demande, tu diras que tu ne sais pas, répondit Neville distraitement, imitant à la perfection sa grand-mère quand on lui posait une question à laquelle elle ne pouvait - ou plus souvent, ne voulait - pas apporter de réponse.

Henry était tellement absorbé par sa lecture qu'il ne remarqua même pas que son meilleur ami venait de lui parler. Ron referma le livre d'un claquement sec et le repoussa. Il se leva avec la ferme intention d'en prendre un autre, mais lequel choisir ? À eux trois, ils avaient parcouru tellement de bouquins que le garçon ne savait plus vraiment où chercher. Il se demandait pourquoi Hermione n'était pas là à les aider, après tout, elle était intelligente – même si Ron préférait se mordre la langue que d'affirmer ça tout haut – et savait parfaitement où chercher dans les nombreux rayons où elle passait le plus clair de son temps. Mais peut-être que Henry n'avait pas la moindre envie que tout le monde sache pour sa maladie, ce que Ron pouvait aisément comprendre.

L'enfant n'eut guère le temps de choisir parmi plusieurs volumes, car la cloche retentit, les prévenant ainsi qu'ils n'avaient que quelques minutes pour rejoindre leur classe avant le second son de cloche. Ils finissaient leur après-midi par une heure de Potions en commun avec les Serpentard et il ne valait mieux pas être en retard. Le professeur Rogue pouvait se montrer indulgent avec son filleul et les amis de ce dernier mais uniquement en dehors des cours. Durant ceux-ci, l'homme ne se gênait pas pour retirer des points, donner des heures de retenue et se montrer glacial et sarcastique même avec Henry. Pas de favoritisme, disait Severus tout en accordant injustement des points à sa propre maison.

Au moment où la seconde sonnerie retentit, les trois garçons venaient d'arriver, haletants d'avoir couru. Severus entra dans la salle de classe un instant plus tard, et plus un bruit de résonna dans la pièce. La température, déjà basse, semblait avoir chuté de quelques degrés. Le professeur, dans une grande envolée de cape, s'approcha du tableau noir et fit apparaître d'un coup de baguette les instructions à suivre pour la réalisation des potions.

- Avant de commencer, fit-il d'un ton doucereux que même les quelques élèves tout au fond de la classe entendirent nettement, vous allez vous mettre par binôme. Vous êtes un nombre impair, il n'y aura donc qu'un seul trinôme. Cela n'exclut pas un silence total durant ce cours ! Vous trouverez tous les ingrédients nécessaires sur vos paillasses ! Je vous laisse cinquante-cinq minutes, pas une de plus pour réaliser cette potion d'une simplicité affligeante que même les ignares que vous êtes devraient savoir réaliser. Au delà du délai, j'aurai le regret, et tous les élèves saisirent l'ironie du mot, de mettre un zéro. Commencez ! aboya le professeur.

Il fallut cinq minutes aux élèves pour trouver leur partenaire. Ron se mit d'office avec Hermione, espérant réussi enfin une potion. Henry s'installa à côté d'Orion afin de l'aider et, s'il y parvenait, de le connaître un peu mieux. Neville, quant à lui, se retrouva entre Seamus et Dean parce qu'il n'avait pas le choix, tous les autres groupes s'étant formés. Il eut comme consigne de ne toucher à rien, sa maladresse en Potions étant devenue presque aussi légendaire que sa cicatrice. Il semblait en effet capable de tout faire exploser rien qu'en s'approchant d'un chaudron.

Les quarante-cinq minutes suivantes furent éprouvantes pour les nerfs des Gryffondor. La salle de classe était silencieuse, les deux maisons travaillaient dans le plus grand calme, à peine troublé par les ingrédients coupés, hachés ou pilés puis jetés dans le chaudron bouillonnant. Pendant ce temps, le professeur arpentait les allées entre les tables et inspectait les chaudrons sans dire un mot. Les élèves tremblaient à son approche et déglutissaient lorsque le coin droit de la lèvre supérieure de la terreur des cachots se tordait en un rictus de dégoût.

Ron suivait la recette à la lettre sous la houlette silencieuse de sa voisine qui l'enjoignait à faire très attention aux ingrédients, sous peine de se faire réprimander d'un coup de coude. Ainsi le rouquin hachait, pilait et coupait tandis que Hermione mesurait, incorporait et surveillait les ingrédients.

Soudain, une déflagration fit sursauter toute la classe et tous les visages se tournèrent vers l'origine du raffut : un chaudron venait d'exploser, répandant son contenu sur Neville, Dean et Seamus. Le professeur Rogue fondit sur eux comme un chasseur sur sa proie alors que des ricanements se firent entendre dans le coin des Serpentard.

- Eh bien, ça nous fera un zéro, constata le professeur avec un rictus de mépris. Les instructions n'étaient peut-être pas assez claires pour vos pauvres cerveaux : la queue de rat doit être ajoutée en dernier, pas avant la cardamome ! Evanesco !

Le liquide gluant qui recouvrait la paillasse ainsi que les trois pauvres élèves disparut, ne laissant qu'une odeur de brûlé.

- Pour les autres, il vous reste quatre minutes !

Les élèves se dépêchèrent de finir. Ron regarda soulagé Hermione mettre leur potion dans un flacon. Le liquide était de la même couleur que l'image du livre. C'était plutôt bon signe. Le rouquin jeta un regard rapide à Henry qui faisait de même avec un sourire. Le brun était très bon en Potions mais avec un parrain tel que le sien, le contraire aurait été un crime. La potion d'Orion et de Henry était donc parfaite.

Ron allait le féliciter quand il vit un objet non identifié tomber dans le chaudron. Il n'eut pas le temps de prévenir son meilleur ami, le contenu du récipient se mit à siffler dangereusement. Instinctivement, Orion et Henry reculèrent d'un pas mais ne purent faire davantage, bloqués par la paillasse de derrière. Ils n'eurent pas le temps de faire un pas sur le côté ou de se cacher sous la table. Une fumée épaisse et noire s'éleva tandis que la potion bouillonnait dangereusement.

Heureusement pour les deux garçons, Severus eut le réflexe de vider le chaudron d'un sort avant de se tourner vers ses élèves avec un air meurtrier dans le regard. Air qui fit trembler Orion et Henry.

Ron vit nettement le professeur fixer avec la plus grande attention son filleul ainsi que le partenaire de ce dernier. Sans doute pour vérifier que Henry n'avait rien et déterminer si l'un des deux était le coupable. Mais Henry ne flancha pas en regardant le professeur droit dans les yeux. Orion, quant à lui, tremblait de tous ses membres mais lui non plus ne lâcha pas l'homme des yeux.

- Ce sera un zéro, messieurs, fit Severus avec un rictus mauvais. Et vous resterez tous les deux à la fin du cours.

On entendit à nouveau les rires des Vert et Argent mais un regard de leur professeur les fit taire.

- Professeur, murmura Henry en tendant la main.

À l'intérieur, encore intacte, il y avait la petite fiole de potion que Henry avait réussi à sauver. L'homme considéra la petite bouteille puis la prit.

- Il semblerait que vous ayez de la chance messieurs, susurra-t-il d'un ton glacial. Le temps imparti est écoulé ! aboya-t-il aux autres élèves. Déposez vos potions sur mon bureau !

La cloche sonna quelque part dans le château, annonçant la fin de l'heure mais aussi la fin de la journée pour les Premières Années de Gryffondor. Ron poussa Neville dehors, annonça rapidement au passage à Henry qu'ils l'attendaient dehors et sortit pour se poster près de la porte.

- Tu sais qui a fait ça ? chuchota Neville alors que les autres se bousculaient pour atteindre plus rapidement la porte.

- Ma main au feu que c'est un petit blond arrogant et prétentieux qui a fait le coup.

Les deux compères acquiescèrent. La réponse semblait évidente. Quand ils virent Hermione sortir à son tour, poussée de toute part, Ron la prit par le bras et la tire hors de la bousculade.

- Merci, souffla la fillette en se mettant à l'abri.

Les derniers élèves sortirent et la lourde porte en bois claqua dans leur dos. Le trio s'approcha de l'huis et chacun colla son oreille contre le panneau dans l'espoir de capter des bribes de conversation. Pour Ron et Neville, il ne faisait aucun doute que Severus allait tempêter. Hermione, par contre, s'inquiétait de la survie de ses camarades.

- On va avoir des points en moins, murmura Hermione, nerveuse, en se tortillant les mains. Tellement de points que je ne pourrai jamais tous les récupérer.

- Arrête de te lamenter, on ne perdra aucun point, assura Ron avant de recoller son oreille à la porte.

La porte s'ouvrit soudain quelques minutes plus tard sur Henry et Orion. Le premier arborait un air réjoui et le second paraissait désorienté. Neville, Ron et Hermione ne purent s'empêcher de leur sauter dessus afin d'avoir des explications.

- Serpentard va subir une perte de points considérable s'il s'avère que c'est eux qui ont fait le coup, avoua Henry à mi-voix.

Hermione fit un drôle de bruit qui ressemblait à s'y méprendre à un reniflement de dédain, comme si elle ne pouvait croire une telle chose mais elle ne dit rien. Le petit groupe se dirigea vers la salle commune des Gryffondor et se sépara. Orion rejoignit résolument la fillette, laissant les trois autres.

- Alors ? Il a dit quoi ? voulut savoir Ron en poussant Henry dans l'escalier menant à leur dortoir.

- Qui a dit quoi ? interrogea Henry en tentant tant bien que mal d'éviter de trébucher lamentablement en ratant une marche. Ron, arrête de pousser ! Je vais tomber !

- Mais non.

Et sans écouter davantage les véhémentes protestations de son ami, Ron continua de pousser Henry, ne cessant qu'une fois parvenus dans leur dortoir.

- Raconte, exigea Neville en s'installant sur le lit de Henry.

L'enfant s'installa à son tour sur son lit et soupira.

- Oncle Severus a juste dit que lorsqu'il découvrirait qui a lancé la fiole de venin de vipère, la maison du coupable risquait de voir son nombre de points frôler le zéro. Parce que c'était dangereux.

- À ce point ? s'étonna Neville.

- Oui. Oncle Severus nous a dit que si Orion ou moi avions laissé le feu allumé sous le chaudron, ça aurait explosé et il y aurait eu des blessés graves. La potion était en train de refroidir, c'est pour ça qu'il n'y a rien eu. Le venin de vipère réagit mal aux températures trop hautes. Il en restait probablement au fond de la fiole, c'est pour ça que ça a sifflé. C'est ce qu'Oncle Severus nous a expliqué.

L'aveu laissa sans voix Ron et Neville. Ils prirent conscience avec un certain soulagement que le pire avait été évité. L'art des Potions était une matière complexe qui ne permettait guère l'innovation et le mélange d'ingrédients lorsqu'on n'y connaissait rien, sous peine de provoquer des catastrophes parfois irréparables.

- Comment Severus sait que c'est du venin de vipère qui a été lancé ? releva Neville.

- Le venin de vipère était le seul ingrédient qui se trouvait dans une fiole. C'est ce qu'il a repêché dans le chaudron.

- Henry, je ne veux pas l'accuser, mais tu es certain que ce n'est pas Orion ? s'enquit doucement Neville. Une erreur est si vite arrivée. Un mauvais geste et...

- Non, ce n'est pas lui, assura Henry. On avait encore tous les ustensiles sur notre paillasse, fiole de venin compris. En revanche, ce n'est pas le cas de tous les groupes.

Il ne fallut pas plus de quelques secondes et du regard entendu de Henry pour que Ron et Neville comprennent comment Severus allait faire pour démasquer le coupable. Ils remercièrent Merlin d'avoir fait en sorte que Henry soit en très bons termes avec son parrain. Ça leur donnait droit à quelques avantages.

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Les vacances commençaient le lendemain après les cours et les élèves voyaient leur temps libre se réduire comme peau de chagrin. Les professeurs semblaient convaincus que des vacances sans devoirs n'étaient pas des vacances, aussi s'acharnaient-ils à distribuer dissertations à tour de bras sans prendre en considération les plaintes des pauvres étudiants.

Henry désespérait en voyant que ses recherches n'aboutissaient à rien et il se retrouvait avec des devoirs par dessus la tête, divisant encore son temps entre ses amis et ses recherches. Il en avait assez et savait parfaitement qu'il délaissait Ron et Neville pour s'enterrer sous des livres poussiéreux qui ne lui apportaient aucune réponse. Il referma l'ouvrage d'un claquement sec et le poussa sur le côté sous l'œil inquiet de Ron assis en face de lui.

- J'en ai marre, souffla Henry rageusement – ce qui était une première, lui qui fonçait dès qu'il le pouvait à la recherche d'un livre. J'arrive à rien ! On cherche depuis des semaines et sans résultat !

-On s'y prend peut-être mal, hasarda son meilleur ami. On cherche n'importe où et n'importe quoi.

- Et qu'est-ce que tu proposes ? demanda Henry un peu plus froidement qu'il ne l'aurait voulu.

L'enfant retira ses lunettes et se frotta les yeux. Des cernes violettes étaient visibles et lui mangeaient les joues qui se creusaient doucement. Il dormait mal la nuit et son humeur commençait à s'en ressentir. Cela faisait plusieurs jours que ses nuits blanches duraient et il devenait de moins en moins fréquentable. À ses insomnies s'ajoutaient une perte d'appétit inexplicable, des maux de tête, des douleurs au ventre, une agressivité prononcée inhabituelle chez lui, et un désintérêt total pour les études et ses recherches. Le comportement inquiétant de Henry persistait depuis une bonne semaine et laissait perplexe Ron et Neville.

- Qu'on aille à l'infirmerie, fit Ron implacable, sentant que le moment de faire une crise d'autorité sur son ami était arrivé.

- Hein ? Mais...

- Et tu n'as pas ton mot à dire. Allez viens.

Ron ne lui laissa pas placer un mot, il rangea leurs affaires, mélangeant parchemins et plumes sans différencier les propriétaires, attrapa Henry par le bras et le tira sans ménagement à sa suite.

- Ron, pleurnicha Henry en tentant de se soustraire à la poigne du rouquin, je ne veux pas y aller.

- Mais je ne te demande pas ton avis Henry Potter. Tu viens avec moi sans discuter.

Henry demeura interdit devant le ton autoritaire de son ami et se laissa traîner dans son sillage. Ron n'arborait ce comportement que lorsqu'il estimait que Neville ou Henry devenaient insupportables. Ils finirent par arriver à l'infirmerie au grand dam du plus petit qui avait la sinistre impression qu'il y passait plus de temps que dans son propre dortoir.

- Allons bon, commença Poppy, les sourcils froncés et la mine sévère, en les voyant débarquer sans tambour ni trompette. J'espère pour vous que tout ce tapage a une excellente explication et qu'il y a un mort ou presque.

- C'est pour Henry, déglutit Ron.

Aussitôt Madame Pomfresh se tourna vers son patient et le regarda sous le nez d'un œil critique.

- Vous m'avez l'air épuisé, constata-t-elle, professionnelle. Qu'est-ce qu'il a ?

Après des années à soigner Henry, Poppy était parfaitement au courant que poser les questions directement à l'intéressé reviendrait à parler dans le vide. Henry préférait mentir que de dire comme il se sentait.

- Heu...

- Tout de suite, sinon, je fais appel au professeur Rogue qui se fera une joie de vous soumettre au Véritaserum !

- Il ne dort pas depuis près d'une semaine, mange à peine, et il se plaint qu'il a mal à la tête et au ventre, expliqua Ron très rapidement en évitant de regarder son ami.

- Ron ! s'exclama Henry, outré de voir qu'il était si facile de tirer les vers du nez de Ron quand on le menaçait de faire venir Severus.

- Ben quoi, se défendit Ron, la dernière potion que j'ai bu m'a rendu malade pendant trois jours.

Henry grogna une réponse incompréhensible pour le commun des mortels.

- Merci Monsieur Weasley. Vous pouvez nous laisser.

Le regard de pitié que lui lança Henry alors qu'il se dirigeait vers la porte fit pouffer Ron. Le petit brun aurait fait n'importe quoi, y compris supplier à genoux, pour ne pas rester ici et ses grands yeux verts larmoyants parvenaient en général à faire faire ce qu'il voulait aux autres. Mais à l'évidence, ils n'eurent aucun effet en cet instant puisque Ron prit la poudre d'escampette et laissa derrière lui son meilleur ami.

Ron prit une profonde inspiration, laissant l'air glacé s'engouffrer dans ses poumons jusqu'à l'en faire souffrir. Ça faisait du bien de prendre l'air. À ses côtés, Neville marchait précautionneusement dans la neige. Ils étaient tous les deux chaudement emmitouflés dans leur cape d'hiver et profitaient du peu de lumière qu'il restait pour s'aérer un peu.

- Finalement, tu restes ici à Noël ? voulut savoir Neville.

- Oui.

- La chance, geignit le Survivant. J'aurais donné tout ce que j'ai pour rester aussi. Mais non, je vais devoir passer quinze jours avec grand-mère.

Ron rigola en voyant l'expression de Neville. Son ami adorait sa grand-mère mais elle avait toujours cette tendance à le couver jusqu'à l'étouffer.

- Noël va être morbide cette année. Je te parie que grand-mère va vouloir qu'on reste tous les deux. J'imagine le repas, elle et moi, dans la grande salle-à-manger, assis l'un en face de l'autre, ne pouvant que hurler pour se faire entendre.

Une nouvelle fois, Ron éclata de dire. La salle-à-manger en question était immense et la table pouvait aisément contenir une vingtaine de personnes. Le garçon imaginait parfaitement la scène décrite par Neville même celui-ci exagérait.

- J'aurais préféré aller chez tes parents, avoua Neville dans un soupir.

- De toute manière, ça n'aurait pas été possible. Percy, Fred, George et moi restons au château. Papa et Maman vont en Roumanie voir Charlie et ils emmènent Ginny avec eux. Enfin bon, je ne compte pas passer mes vacances à garder mes distances avec Henry sinon, je suis bon pour passer mon temps à travailler. Percy restera plongé dans ses cours et les jumeaux, je ne préfère même pas penser à ce qu'ils feront de leurs vacances. Sans doute imaginer des blagues à faire et dans ce cas-là je n'ai pas envie de servir de cobaye, je l'ai suffisamment fait quand j'étais petit.

- Dis, fit Neville soudain pensif, je pensais à quelque chose quand tu parlais des jumeaux. Henry, il ne t'a jamais dit qu'il pensait que Harry était en vie ?

- Non.

- Il me l'a dit le soir de Halloween. J'avais l'impression qu'il en était convaincu. C'est possible tu crois ? Je veux dire, le corps de Harry n'a jamais été retrouvé.

- Ben, avant j'aurais dit que...

Il n'acheva pas sa phrase, son cerveau se mit à tourner à plein régime – fait rare s'il en est.

- Mais oui, bien sûr ! s'exclama-t-il en se frappant le front du place de la main, inquiétant Neville. Pourquoi je n'y ai pas pensé avant ? C'était l'évidence même pourtant !

- Ron ? Tu peux m'expliquer ?

- Il faut que j'aille à la bibliothèque, fut la seule réponse qu'il eut.

L'incongruité de cette phrase choqua presque Neville. Ron et bibliothèque étaient deux termes qui se repoussaient et là, son ami lui déclarait qu'il devait y aller, de son plein gré alors que d'habitude il fallait l'y traîner. Quelque chose ne tournait pas rond.

Ron ne laissa pas le temps à Neville de dire quelque chose, il l'attrapa par la main et le força à le suivre en courant jusqu'au château.

Leur entrée à la bibliothèque fut fracassante. Ron enfonça presque les portes qui s'écrasèrent contre les murs et Madame Pince, la bibliothécaire, bondit de son bureau et leur siffla de partir. D'habitude, les élèves évitaient de la contrarier et obéissaient mais Ron ne semblait même pas avoir entendu l'ordre. Il regarda brièvement les sections avant de s'engager dans les rayons traitant de la biologie. Ses lèvres remuaient alors qu'il lisait les titres. Son ami le laissa faire, interloqué, se demandant quelle mouche avait bien pu le piquer. Neville sentit la poigne autour de son bras se relâcher tandis que Ron attrapait un livre épais.

- Qu'est-ce que c'est ? demanda dans un murmure le petit brun en s'approchant.

- Gémellité sorcière, par Pollux Castor Geminorum, expliqua Ron hésitant entre parler normalement et à voix basse, la voix hachée par l'excitation et les mains tournant rapidement les pages. Henry avait pris ce livre mais il n'a pas eu le temps de le lire. Je suis certain que là-dedans, il y a toutes les réponses qu'on cherche.

- Comment ça ? Ça parle de quoi ? Ça veut dire quoi gémellité ?

- Ça veut dire jumeaux. Je ne sais pas pourquoi je n'y ai pas pensé avant, c'était sous mon nez depuis des années.

- Ron, je ne vois pas en quoi ce bouquin va nous aider. Et comment ça c'était sous ton nez ?

- Écoute, rappelle-toi toutes les fois que Henry a fini à l'infirmerie, le corps roué de coup alors que personne ne l'avait touché. Eh bien, pour Fred et George, ça a été plus ou moins la même chose. Je me souviens que Fred avait attrapé la dragoncelle quand il avait six ans. Pour éviter que George, Ginny et moi, on ne l'attrape à notre tour, Papa et Maman nous ont envoyé chez ma grande-tante Tessy. Tu sais ce qu'il s'est passé ?

Neville secoua la tête, pas certain de tout bien comprendre et encore sous le choc de voir Ron dans cet état. On oubliait trop souvent que le jeune Weasley n'était pas si stupide qu'il le laissait croire, il était parfaitement capable de réfléchir et apprenait plus vite qu'il ne le montrait.

- George a passé les quinze jours chez ma grande-tante avec tous les symptômes de la dragoncelle, sans l'avoir. Un autre exemple, Fred avait huit ans. Il est monté sur un des balais rangés dans la remise, alors qu'il n'avait pas le droit d'y toucher. George était puni et devait aider Maman dans la cuisine. Je m'en souviendrais toujours parce que j'étais à côté d'eux. C'était le soir et on allait bientôt passer à table. George s'est mis à crier en se tenant le bras. Il venait de se casser le bras sans rien se faire. Quand on a retrouvé Fred, il avait aussi le bras cassé. Le même bras et la fracture était au même endroit.

- Tu veux dire que George a ressenti ce que Fred ressentait ?

- Exactement.

- Comment c'est possible ?

Comme seule réponse, Ron se contenta de tourner encore les pages avant de trouver enfin ce qu'il cherchait :

-C'est là, le lien des jumeaux. «Chez les jumeaux issus de parents sorciers », lut-il, « il a été prouvé qu'il existe un lien entre les deux individus. Ce lien se créé dès la conception des jumeaux dans le ventre de leur mère mais il ne se développe qu'après la naissance. Les premiers signes sont visibles dès les premiers jours, se traduisant en général par des pleurs qui ne s'apaisent qu'en présence de l'autre. Durant la première année des jumeaux, il sera difficile voire même impossible de les séparer. »

« Par la suite, ce lien si fort entre les jumeaux va revêtir une autre forme. On parle alors de lien magique. Il a été prouvé que, dès lors que la magie instinctive de l'enfant apparaît, celui-ci est lié à son jumeau d'une manière particulière. En effet, des études ont montré que si l'un des deux est exposé à une source de danger, il se chargera de prévenir l'autre en lui faisant ressentir ce qu'il ressent lui-même. La magie serait responsable de cet état de fait. Cependant, il est à noter que ce lien semble avoir un sens. Ainsi, seuls un des deux enfants, nommé le « receveur », ressent les mêmes sensations que son jumeau, le « donneur ». Nous parlons ici de magie instinctive qui ne fuse que lorsqu'elle estime que le corps de son propriétaire a besoin d'aide. Elle peut surgir à tout moment. »

Ron se tut quelques secondes afin de laisser le cerveau de Neville assimiler ce qu'il venait de lire.

- « Dans la société », reprit l'enfant, « il est fort rare de séparer des jumeaux mais lorsque c'est le cas, le lien qui les unit prendra une autre forme. Si les jumeaux ont été séparé dès la naissance, le lien n'a pas eu le temps de se développer mais il existe, bien qu'étant assez faible, n'engendrant aucune conséquence pour l'un comme pour l'autre à vivre leur vie séparément. Si les jumeaux ont été séparés avant leur première année, les conséquences pourraient être dramatiques si cette séparation s'étendait à plusieurs jours. Dans le cas où les jumeaux seraient séparés après la création du lien magique, le receveur serait fortement soumis à un besoin impérieux et inconscient de retrouver son frère et subirait les conséquences du lien magique dans le cas où ce-dernier serait amené à s'en servir instinctivement. »

« Dans le cas où la paire se retrouverait ou serait en présence l'une de l'autre sans savoir qu'ils sont des mêmes parents, il est utile de voir le receveur agir. Son instinct le poussera à se rapprocher de l'autre. »

Ron referma le livre et regarda son ami fixer un point imaginaire, les sourcils froncés. Tout prenait un sens enfin de compte.

- Alors ? Tu me crois ?

Incapable de prononcer le moindre mot, Neville hocha la tête. Henry avait raison depuis le début : Harry était en vie.

Sans se concerter, les garçons coururent hors de la bibliothèque, le livre sous le bras sous les hurlements de Madame Pince qui les traitait de tous les noms – et voleurs n'était pas le pire – puis à travers les couloirs, ne s'arrêtant même pas dans les escaliers. Ils stoppèrent leur course effrénée devant les portes des appartements du professeur Rogue. Ron frappa comme un dément contre le panneau de bois tout en appelant Severus dans un hurlement.

- Tiens-tiens, fit une voix traînante accompagnée de ricanements gras.

Neville leva la tête tandis que Ron arrêtait de hurler et de frapper pour voir s'approcher Drago Malefoy, accompagné de ses acolytes, Vincent Crabbe et Grégory Goyle.

- Que font deux crétins de Gryffondor dans les cachots ? s'enquit Drago avec un sourire sadique aux lèvres. On vous entend beugler de loin. Aucune discrétion. Mais après tout, ce n'est guère étonnant, les Gryffondor n'ont aucune manière.

Neville se fit violence pour montrer un peu de maturité et agrippa Ron par sa robe de sorcier afin de prévenir tout débordement et lui faire comprendre qu'il valait mieux se taire que de réagir impulsivement, pour éviter que la discussion tourne au règlement de compte.

- Nous cherchions le professeur Rogue, dit Neville aussi calmement qu'il put – il avait autre chose à faire en cet instant que se battre contre Malefoy – alors si tu sais où il se trouve, dis-le nous. Sinon, on s'en va.

Crabbe et Goyle se mirent à rire, un rire mauvais qui n'augurait rien de bon. Neville recula d'un pas, entraînant Ron dans son geste. Non, il n'avait aucune envie de se battre aujourd'hui mais il sentait que ce n'était pas l'avis des deux colosses, que rien n'arrêterait, sauf peut-être un professeur mais encore faudrait-il que l'un d'eux descende dans les cachots et vienne dans ce couloir-ci. Seul le professeur Rogue aurait pu les aider mais il ne fallait pas s'attendre de sa part une grande mansuétude lorsque Henry n'était pas là.

Des pas résonnèrent sur les dalles de pierre à quelques mètres d'eux, se rapprochant. Drago, qui avait tiré sa baguette lorsqu'il avait vu les deux Gryffondor, la rangea dans la poche de sa robe par mesure de précaution, afin de ne pas être pris en flagrant délit de menaces. Ron et Neville attendirent. Il avait de grandes chances pour que ce soit le professeur Rogue mais cela pouvait aussi être un élève ou un autre professeur. Ils ne savaient pas s'ils devaient s'inquiéter s'il s'agissait du directeur des Vert-et-Argent ou bien se sentir soulagés. Après tout, trois Serpentard étaient là et la lutte entre les Lions et les Serpents n'était inconnue de personne. S'il s'agissait bien de Severus, quelle maison avantagerait-il ? Sans Henry, nul doute qu'il s'agirait des Serpentard.

Drago, comme Vincent et Grégory, eut un sourire que n'importe qui aurait qualifié de méchant en voyant apparaître au détour du couloir le Maître des Potions. Ce dernier s'approcha d'eux, la mine sévère.

- Que faites-vous là ? demanda-t-il d'une voix doucereuse, en totale contradiction avec son air froid.

Les élèves déglutirent. Chacun devait avoir une excellente raison pour justifier sa présence en ces lieux sous peine de voir le nombre de points de sa maison décroître. Même les Serpentard n'en menaient pas large, ils avaient déjà subi une perte de points considérable, suite à l'incident en Potion de la semaine précédente – celle qui avait failli coûter un long séjour à l'infirmerie pour Henry et Orion – ils ne pouvaient pas se permettre d'en perdre encore davantage.

- Alors ? claqua Severus, faisant sursauter ses étudiants.

- Vas-y, chuchota Neville, la gorge sèche, à l'oreille de Ron.

- Non ! Répliqua l'enfant dans un murmure, angoissé. Vas-y d'abord.

- Ce n'est pas moi qui aie le livre.

- Monsieur Weasley ? s'enquit Severus. Quelque chose à avouer peut-être ?

Ron rosit, imité par Neville, lorsqu'ils se rendirent compte que leur petite dispute n'était pas passée inaperçue. L'enfant montra le livre qu'il avait caché sous sa robe et le tendit à Severus. Ce dernier le lui arracha des mains, le contempla l'espace d'une seconde sans savoir si le garçon se moquait de lui ou s'il était sérieux. Neville se racla la gorge lorsqu'il vit le regard sombre du directeur des Serpentard se durcir.

- En fait, professeur, bégaya-t-il, Ron et moi souhaitions vous parler.

Severus fixa un court instant Neville, puis Ron et enfin le trio qui les regardait avec des yeux ronds. L'absurdité de la phrase du Survivant avait laissé stupéfait Malefoy et ses comparses. Des Gryffondor voulaient parler avec la personne qui les terrorisait. C'était invraisemblable.

- Messieurs Malefoy, Crabbe et Goyle, si vous n'avez rien à faire ici, veuillez déguerpir !

Le ton froid et implacable de Severus les fit fuir, ne laissant dans le couloir que Ron et Neville. Le visage dur du professeur devint plus serein, voire légèrement inquiet lorsqu'il s'aperçut que Henry n'était pas là. Il les poussa à l'intérieur de ses appartements, referma la porte à l'aide de plusieurs sorts et convia ses invités à s'asseoir. Il en fit de même, le livre que Ron lui avait remis, était posé sur ses genoux.

- Bien, fit-il calmement, l'un de vous deux va m'expliquer ce qu'est ce livre.

- Gémellité sorcière, marmonna Ron pour qui la réponse semblait tellement évidente puisque le titre de l'exemplaire était noté sur la couverture.

- En effet, merci Monsieur Weasley pour cet éclaircissement ! rétorqua Severus, sarcastique. J'avais lu le titre. Pourquoi ai-je ce livre entre les mains ?

Neville regarda Ron et d'un commun accord, le petit brun prit l'initiative de raconter l'histoire.

- Ron a...

- Avant, où est Henry ? demanda Severus, se rappelant soudain que Henry n'était pas présent.

- À l'infirmerie. Il va bien, se hâta de dire Ron en voyant les obsidiennes briller de fureur. On trouvait qu'il était fatigué.

Severus se détendit et reporta son attention sur le livre. Neville rassembla ses idées avant de se lancer.

- Ron a trouvé ce qu'avait Henry.

Le visage impassible de leur professeur blanchit significativement, ses yeux noirs menacèrent de sortir de leur orbite et son cœur battait la chamade. Ce furent les seuls signe qui trahirent la surprise de Severus. Ce dernier était stupéfait – et le terme était faible. Lui qui avait passé dix ans de sa vie à faire des recherches sur la maladie de son filleul, il n'avait jamais rien trouvé, que ce soient dans les mauvais sorts, les malédictions, les potions, les maladies moldues,... Et, il semblerait que les meilleurs amis de Henry aient trouvé. Le professeur tenta de retrouver son calme et de ne pas espérer trop vite. Il se concentra sur sa respiration un instant, les yeux clos avant de regarder Neville.

- C'est à dire ?

Neville fit un signe de tête à Ron, assez embêté.

- J'aurais dû y penser avant. La réponse était sous mon nez depuis des années et c'est Neville qui m'y a fait penser. Alors on est...

- Merlin et les fondateurs réunis ! tempêta Severus qui sentait l'impatience le tarauder alors que Ron balbutiait des explications dont il se fichait pour l'instant. Faut-il que je vous arrache les mots ? Tu as trouvé quoi ? !

- Que Harry était responsable de tout ce qui est arrivé d'étrange à Henry, lâcha Ron très vite.

Normalement, Severus n'était jamais à court de mots ni de remarques et gardait à tout instant, un air impassible, même lorsque la fureur s'emparait de lui. Il fallait le connaître pour être capable de dire ce qu'il ressentait. Pourtant, en cet instant, il semblait totalement perdu et tout son être le montrait :

- Hein ? fut le seul mot que le professeur de Potions arriva à articuler.

- Harry est en vie, répéta Ron, les sourcils froncés par cette réaction à laquelle il ne s'attendait pas.

Severus ne dit rien, pas plus que Ron ou Neville. Lentement, comme si les mots pénétraient enfin son cerveau, le professeur baissa les yeux sur le livre toujours posé sur ses genoux. La présence du bouquin s'expliquait maintenant.

- C'est..., c'est impossible, bégaya-t-il d'une voix blanche. Harry est mort.

Personne n'avait jamais retrouvé le corps de l'enfant, alors il avait été déclaré mort. Ron et Neville auraient voulu le lui dire mais ils sentaient inconsciemment que ce n'était pas le moment.

Les garçons ne se rendaient pas compte du choc que leur découverte avait engendrée, ils n'avaient jamais connu les Potter, juste Henry. Harry n'était pour eux qu'un prénom qui rendait triste Henry lorsqu'on en parlait mais il n'en avait aucun souvenir, tout comme il ne se rappelait pas de ses parents.

Pour Severus, c'était un peu différent, il avait été anéanti, dix ans auparavant, par la mort de ses amis mais avait gardé espoir de revoir Harry. Et puis, deux mois plus tard, le Ministère avait décrété que l'enfant était décédé, réduisant leurs espoirs à néant. La nouvelle avait eu l'effet d'une claque pour Sirius, plus encore que pour Severus, Remus ou Peter. L'ancien Auror avait sombré dans la dépression et avait mis du temps avec de remonter la pente.

Tous ces détails, les enfants les ignoraient parce qu'on ne leur avait jamais raconté. C'est pour ça qu'ils restèrent interdits en voyant Severus, bouleversé par la nouvelle, pleurer sans honte.

Finalement, après plusieurs minutes, Severus parut reprendre son emprise sur lui-même, il sécha ses larmes et replaça sur son visage son masque d'impassibilité.

- Comment pouvez-vous affirmer qu'il s'agit de Harry et non d'autre chose ?

La question déstabilisa un instant les enfants mais Ron, plus au fait du lien gémellaire que Neville, et dont le cerveau tournait à plein régime, expliqua sa théorie. Pour lui, il n'y avait plus aucun doute possible. Harry était bel et bien vivant. Et pour appuyer ses dires, il montra à Severus leur découverte, lui plaquant le livre sous le nez.

- Comment l'idée t'est-elle venue ? demanda l'homme après un temps de silence.

- C'est Neville qui m'a raconté qu'un jour, Henry lui avait dit qu'il pensait que Harry était en vie. Je ne sais pas pourquoi, ça m'a fait pensé à Fred et George. George agissait souvent bizarrement quand il était séparé de Fred. Maman disait que c'était normal, ils étaient jumeaux. Et puis, je me suis souvenu que Henry avait pris un livre, ce livre, fit-il en pointant l'exemplaire que Severus tenait entre ses mains. Je l'ai lu avec Neville. Vous pensez qu'on a raison ? Finit le jeune garçon, soudainement hésitant.

- Oui, je... Enfin, c'est possible. Je... Je n'arrive pas à y croire. Vous en avez parlé à quelqu'un ? s'exclama-t-il soudain.

- Non.

- Bien. Pendant que je vais à l'infirmerie, fit Severus en se levant, vous allez chercher Sirius, Remus et Peter. Vous les ramenez là bas. Je prendrai au passage le professeur Dumbledore. Filez maintenant.

- Mais...

Severus les mit à la porte sans plus d'explication. Les garçons se regardèrent interdits avant de se mettre en route pour leur mission. Le comportement du parrain de leur meilleur ami était étrange mais peut-être était-ce dû à l'excitation de la découverte.

Une bonne demi-heure plus tard, ils étaient tous à l'infirmerie.


À suivre