Bêta : Grealyl que je remercie et sans qui ces textes ne seraient pas ce qu'ils sont
Note : merci à tous ceux et toutes celles qui ont pris le temps de laisser un message, ça m'a vraiment fait plaisir et ça m'a encouragé à écrire encore plus vite. J'espère avoir répondu à tout le monde.
Pour les reviews anonymes, je tiens à remercier hina-hyu, arwy, Yukimi, dadoumarine, Elodie Nina, adenoide, Ano, valrie, anonyme et Leira063. J'espère n'avoir oublié personne.
Encore une fois, je suis navrée pour les fautes qui peuvent rester. Elles seront passées entre les mailles de la triple correction.
On arrive à la moitié de la fiction. Pour tous ceux et celles qui m'ont demandé, Voldemort est mort, définitivement, il ne reviendra pas et les horcruxes n'existent pas.
Chapitre 8
Sirius regardait les jumeaux plongés dans le sommeil. Il ne parvenait pas à détacher ses yeux du spectacle touchant des deux garçons dormant dans le même lit.
Des larmes coulèrent le long de ses joues sans qu'il ne cherche à les retenir.
Dix ans. Cela faisait dix ans qu'il priait Merlin et espérait revoir Harry un jour. Et voilà, l'enfant était là, sous ses yeux, en vie, et Sirius ne parvenait toujours pas à y croire. Il avait envie de le prendre dans ses bras, de le serrer contre lui et de ne jamais le lâcher, mais il savait parfaitement que Harry ne serait pas à l'aise et que les contacts devaient le terrifier, alors il ne faisait rien, se contentant de caresser les cheveux de jais lorsque le petit garçon dormait.
Harry et Henry étaient à Sainte Mangouste depuis moins de quarante-huit heures et devaient sortir le lendemain, veille de Noël. Sirius se demandait où allait vivre son filleul. Normalement, la garde lui revenait mais il refusait de séparer encore une fois les garçons. La réponse lui paraissait donc évidente : Harry devait vivre avec Severus, tout simplement parce que le professeur de Potions avait une certaine habitude avec les enfants.
Le grincement de la porte de la chambre ne fit même pas sursauter Sirius. Rares étaient les personnes à venir. Pour l'instant, il n'y avait que Remus, Peter, Sirius, Severus et le médicomage. Dumbledore était revenu une fois, le matin-même pour prévenir que la presse s'était emparée de l'affaire et qu'il serait plus prudent pour les jumeaux qu'ils reviennent à Poudlard dès leur sortie de Sainte Mangouste.
Le couinement des chaussures et la démarche apprirent à Sirius qu'il s'agissait de Remus. Le jeune professeur de Défense Contre les Forces du Mal avait été mis au courant dès qu'il avait eu fini de se reposer, après une nuit de pleine lune éprouvante.
- Tu devrais rentrer te reposer Sirius, conseilla Remus.
- Non. J'ai peur que lorsque je reviendrai, il ne soit plus là.
- Rentre. Je reste là.
Sirius pesa le pour et le contre. Il allait refuser la proposition mais l'éclat ambré qu'il remarqua dans les iris marron de son ami l'en dissuada. Le loup en lui était encore bien présent. Il se leva, cédant la place à Remus et s'enveloppa dans sa lourde cape d'hiver qu'il avait posée sur ses genoux.
- Dis-moi, fit-il alors qu'il allait ouvrir la porte, tu me jures qu'avant hier, tu ignorais que Harry était Orion ?
D'abord interloqué, Remus ne répondit pas immédiatement.
- Je...
- Tu es capable de reconnaître quelqu'un rien qu'à son odeur.
Remus pinça les lèvres. Sirius avait raison, il avait des sens beaucoup développés que la normale, à cause de la créature magique interne qui l'habitait. Le professeur comprit sans peine ce que sous-entendait son meilleur ami.
- Sirius, fit-il doucement, sans se vexer de la remarque. Avant hier, avant qu'Albus ne vienne me prévenir, j'ignorais absolument que Harry était en réalité Orion. Tu penses bien que si j'avais eu, ne serait-ce qu'un doute là-dessus, vous auriez été au courant.
- Pourtant...
- Pourtant rien, répliqua Remus sans se départir de son calme. Oui, je suis capable de reconnaître quelqu'un à son odeur, comme tu l'as si bien dit. Mais je suis aussi capable de percevoir la peur ou la colère. Et la peur était la seule chose que je sentais chez Harry. Il la transpirait par tous les pores de sa peau.
- Désolé Remus, s'excusa sincèrement Sirius en baissant les yeux, gêné par l'accusation stupide qu'il venait de faire. Je n'aurais pas dû insinuer que...
- Je sais pourquoi tu as fait ça. Severus m'a posé la même question hier soir. Ça va, ce n'est pas grave. Vous êtes inquiets tous les deux et c'est normal.
- Ce n'était pas une raison. On se connaît depuis près de vingt ans maintenant et je sais que jamais tu ne cacherais une telle nouvelle. Je n'aurais jamais...
- Sirius, arrête. Je comprends tout à fait. Tu n'as pas à t'excuser. J'aurais fait pareil. Maintenant file dormir, tu as une mine à faire pâlir de jalousie un Inferius et tu débites des âneries, conclut Remus en riant doucement pour ne pas réveiller les garçons.
Sirius ricana à son tour, serra brièvement l'épaule de son ami et sortit. Remus resta seul, assis sur sa chaise à contempler les jumeaux qui dormaient encore, lovés l'un contre l'autre, le pouce dans la bouche. Le professeur se leva soudain et s'approcha du lit. Ce que lui avait dit Sirius lui revint en mémoire.
Les deux garçons se ressemblaient tellement qu'il était presque impossible de les distinguer si on ne les connaissait pas bien. Severus s'embrouillait souvent entre les deux noms, très similaires – une idée de James sans aucun doute – mais confondait rarement les frères. Il n'était pas difficile de savoir qui était qui, il suffisait de regarder et surtout de les connaître. Là où Henry était remuant et plus vivant, Harry restait à sa place et semblait tendu en permanence, craignant qu'un coup ne tombe.
Pourtant, en les dévisageant avec attention, on pouvait découvrir des petites différences. Henry avait un grain de beauté sous l'œil alors que son frère n'en avait pas mais il possédait en revanche une petite cicatrice presque invisible à l'arcade sourcilière, vestige d'un accident de balais lorsqu'il était bébé et que ses parents étaient encore en vie. Leur odeur était elle-même sensiblement différente lorsqu'elle n'était pas teintée de peur chez Harry.
Remus retourna s'asseoir. Il jeta un Tempus d'un geste négligeant et le sort lui indiqua qu'il était près de dix-huit heures. Il avait passé une bonne partie de sa journée avec Peter à chercher comment Donewood avait pu remplacer Orion par Harry. Parce qu'Orion existait bel et bien. Il était né le 9 avril 1980 et il n'y avait aucune date de mort sur l'acte. Le professeur avait eu beau tourner et retourner ces informations, il n'en avait rien tiré. De toute manière, une enquête avait été ouverte et un procès devait avoir lieu dans quelques semaines. Il ne restait plus qu'à espérer que la vérité éclaterait à ce moment-là.
L'homme sortit de ses pensées en entendant un gémissement suivi d'un sanglot. Les quelques chandelles allumées permettaient d'avoir une luminosité suffisante pour voir tout ce qui se passait. L'un des jumeaux s'agitait furieusement entre ses draps. Remus se leva de nouveau tel un ressort mais avant qu'il n'atteigne le lit, il vit clairement l'autre se tourner dans son sommeil et enlacer son frère qui cessa gestes et bruits pour se rendormir paisiblement. Harry avait dû faire un cauchemar et Henry venait de le calmer en à peine quelques secondes.
Remus resta debout à les contempler. Ils avaient tous les deux le pouce dans la bouche. Severus n'avait pas réussi, malgré tous ses efforts et ses tentatives, à faire cesser cette mauvaise habitude à Henry.
Un autre Tempus lancé apprit à Remus qu'il était dix-huit heures dix. Il préféra laisser les garçons dormir même s'il était tôt. Ils avaient vraisemblablement bu une dose de Potion de Sommeil Sans Rêves.
Un peu plus tard, le médicomage entra dans la chambre pour vérifier l'état de ses patients. Il discuta ensuite quelques instants avec Remus avant de repartir visiter d'autres malades.
0o0
Le premier à se réveiller fut Henry. Alors qu'il sortait à peine des limbes du sommeil, la première chose qu'il fit fut de s'asseoir entre ses draps avant même d'ouvrir les yeux.
Henry avait l'impression d'avoir dormi des jours et que tout ce qui s'était passé n'était qu'un rêve. Pour se rassurer, il ouvrit les yeux et chercha machinalement ses lunettes avant de se tourner vers son frère qui dormait paisiblement à ses côtés. Depuis qu'il était là, il n'avait guère pu parler avec Harry. Il avait eu juste le temps de savoir pourquoi il était là, de monter dans le lit de Harry, voir son jumeau retrouver son vrai visage et on leur avait donné à tous les deux une Potion de Sommeil. Depuis, ils étaient sommés de se rendormir à chaque fois qu'ils émergeaient de leur profond sommeil. D'après le médicomage, c'était pour reposer leurs corps épuisés et apaiser un peu leur magie.
L'enfant eut presque envie de secouer doucement Harry afin de le réveiller mais il se rétracta aussitôt alors que, justement, son frère remuait à son tour. Les émeraudes apparurent lentement.
La ressemblance entre les deux était frappante et Henry trouva étrange de voir son frère agir, il avait l'impression de se regarder à travers un miroir.
Quand Harry s'assit également entre ses draps, Henry ne put s'empêcher de lui tendre ses lunettes que Severus avait ramené le matin-même, parfaitement adaptées à la vue de l'héritier Potter.
Ils semblaient tous les deux gênés et, ne sachant pas quoi dire, ils préféraient garder le silence. Harry fuyait le regard de son jumeau et Henry aurait bien voulu entamer la conversation mais il n'avait la moindre idée du sujet à aborder. C'était stupide mais il n'avait jamais été doué pour discuter avec quelqu'un qu'il ne connaissait pas. Parler avec Ron et Neville était simple, ils étaient amis depuis des années. Avec Hermione, c'était toujours la jeune fille qui commençait. Et lorsque Harry s'appelait encore Orion, ils s'adressaient à peine la parole. Et l'enfant se voyait mal dire « ça va ? », ça lui paraissait débile.
Heureusement pour lui, il n'eut pas à chercher longtemps, la porte de leur chambre s'ouvrit sur Severus. La présence de l'homme fit bondir Harry et le pétrifia de terreur. Henry ne put que prendre sa main dans la sienne pour le rassurer et ça fonctionna.
Severus posa un petit sac sur le lit inoccupé et ne put s'empêcher de se retourner vers son filleul pour le prendre dans ses bras, sous les yeux stupéfaits de Harry. Ce dernier avait toujours pensé que son professeur de Potions était incapable du moindre sentiment et qu'il prenait un plaisir non dissimulé à houspiller les élèves, à les ridiculiser et à leur retirer des points. Il oubliait les rares fois où l'homme s'était adressé à lui avec douceur et gentillesse. Alors le voir sourire en serrant Henry contre lui était étrange et au fond de lui, Harry ressentit quelque chose qu'il ne put nommer, comme un pincement au cœur. Lui n'avait jamais vécu cela, d'aussi loin que remontaient ses souvenirs. Jamais personne ne l'avait pris dans ses bras.
Le professeur reposa Henry et contourna le lit afin de s'approcher de Harry. Le petit garçon le regarder venir avec de grands yeux effrayés, inquiet de savoir ce qu'on allait lui faire. Involontairement, il recula contre la tête de lit et se recroquevilla autant qu'il put, dans l'attente d'un coup. Mais la terreur des cachots ne le frappa pas, il se contenta de poser sa main sur sa tête et de caresser doucement les mèches emmêlées.
- Tu te souviens de l'histoire que je t'ai raconté dimanche ?
Harry hocha lentement la tête sas bouger d'un pouce. Oui, il s'en rappelait parfaitement mais il avait toujours l'impression que ce n'étaient que des mensonges, que son père allait débarquer et le reprendre et que l'enfer allait recommencer. Là, il était certain que son professeur allait lui annoncer que tout ça n'avait été qu'une blague.
- Tout à l'heure, le médicomage va venir vous examiner toi et Henry afin de voir s'il doit vous garder un peu plus longtemps ou vous laisser partir.
Ça y était. Son professeur allait lui asséner la terrible vérité. Harry se tendit encore davantage. Son cœur se serra et ses yeux se remplirent de larmes. Il n'avait pas envie de partir, il ne voulait pas rentrer chez son père et être puni encore et encore. Il voulait retourner à Poudlard, pas comme élève puisqu'il n'était qu'un idiot mais peut-être que le directeur trouverait une place pour lui comme domestique.
Les larmes débordèrent et coulèrent le long de ses joues. Harry ne voulait pas pleurer, pas devant tout le monde. Seuls les bébés pleuraient, pas les grands garçons. Mais il ne parvint pas à se retenir.
Deux bras le soulevèrent du lit et il se retrouva plaqué contre un torse large. Alors Harry se laissa aller à sangloter pendant qu'une main faisait des cercles apaisants dans son dos. La voix basse de son professeur lui expliqua qu'ils partiraient tous les trois pour Poudlard et que Harry ne retournerait pas chez l'homme qui l'avait mis dans cet état, plus jamais. Il lui murmura à l'oreille que tout irait bien et qu'à partir de maintenant, il serait en sécurité.
Harry le crut sur parole. Parce que, pour une fois, il avait envie de croire quelqu'un mais aussi parce que la terreur des cachots venait de se montrer gentil avec lui. Un peu comme Hermione. Cela dit, la fillette ne l'avait jamais pris dans ses bras, elle s'était contentée de lui tapoter affectueusement l'épaule.
0o0
Le trajet par poudre de cheminette fut, comme d'habitude, un lamentable échec. L'enfant n'arrivait pas à atterrir debout, il se retrouvait nez à nez avec le sol, à chaque fois. Et cette fois-ci ne fit pas exception. Heureusement pour lui, Peter était présent et l'avait aidé en riant à dégager l'âtre afin de laisser passer Severus, accompagné de Harry.
Henry parut soulagé en voyant qu'il n'était pas le seul à avoir des difficultés. Il fallut la poigne solide de son parrain pour que Harry ne tombe pas à son tour.
Severus lâcha sa main, puis dépoussiéra les deux enfants d'un coup de baguette magique.
- Qu'est-ce que tu fais là ? demanda-t-il à Peter, assez surpris de la présence de l'assistant.
- Albus tient à vous voir toi et les garçons dans son bureau un fois que vous serez... installés.
- Et il t'a dit pourquoi ?
- Non et le jour où il me dira ce qu'il pense n'est pas encore arrivé. J'ai transmis le message, je m'en vais. Au fait, fit Peter au moment où il allait quitter les cachots, Sirius me charge de te dire qu'il passera plus tard.
Et il partit.
- Henry, commença Severus, tu fais visiter l'appartement à Harry ?
L'enfant acquiesça. Il prit la main de son frère dans la sienne et l'entraîna à sa suite. Il lui montra le salon, la petite cuisine, la chambre de Severus, la salle de bain et enfin, la chambre de Henry.
En entrant dans la pièce aux dimensions honorables, Harry nota la présence d'un seul lit. La chambre était dans les tons neutres et était accueillante. Le petit garçon s'y sentit immédiatement bien même s'il ne savait pas où il allait dormir. Mais pour l'instant, il jugea que ça n'avait aucune importance, il trouverait bien un endroit plus tard ou on lui en donnera un. Peut-être sur le tapis qui paraissait épais et confortable.
Les garçons ne se rendirent pas compte qu'ils ne s'étaient pas détachés l'un de l'autre.
- Normalement, on devrait être dans la tour des Gryffondor pour les vacances mais... enfin... c'est là que je dormais quand...
Henry n'acheva pas sa phrase. Il n'arrivait pas à expliquer quelque chose de simple à son propre frère sans bégayer bêtement. C'était stupide, il le savait.
- Je pense qu'Oncle Severus va faire rajouter un lit, bafouilla-t-il.
Pour la première fois, Harry le regarda, les sourcils froncés par l'incompréhension et une lueur d'espoir brillait dans les émeraudes. Mais Henry interpréta l'expression d'une autre manière.
- Tu ne veux pas dormir ici ? murmura-t-il, un peu déçu.
Au lieu de répondre, Harry sursauta en entendant Severus entrer. Il lâcha son frère et se recula à l'autre bout de la chambre avant de se rendre compte de son geste. Personne ne s'approcha pour lui crier dessus ou le frapper mais ça ne l'empêcha pas de rester sur ses gardes et il préférait rester loin d'une potentielle main ou d'un pied.
- Harry, fit Severus de sa place, la chambre te plaît ?
- Il va dormir ici, hein ? interrogea Henry plein d'espoir.
- Bien sûr, tu veux qu'il dorme où ? Je demanderai à Albus de faire mettre un nouveau lit avant ce soir.
De là où il se trouvait, Harry crut avoir mal entendu. Certes, Henry l'avait déjà dit mais son professeur venait de le confirmer. Il allait avoir un lit. Son lit. Comme à Poudlard, même s'il y avait peu dormi.
L'enfant n'avait pas encore fait le rapprochement entre les appartements du professeur et l'école. Il ignorait qu'il était dans l'enceinte du collège.
Un lit pour lui. Son cœur se mit à battre plus fort, menaçant de sortir de sa poitrine. Il sentit les larmes monter une nouvelle fois, il tenta de les contenir mais elles se déversèrent le long de ses joues. Cette fois, ce fut Henry qui s'approcha. L'héritier Potter ne se tendit pas quand son jumeau le serra dans ses bras. Il lui faisait confiance, son instinct lui soufflait que Henry ne lui ferait jamais de mal.
Avec douceur, Henry sécha les joues humides de son frère et lui prit la main.
Severus eut un petit sourire et remercia mentalement Henry. Il se fit la remarque que son filleul avait grandi, non pas en taille mais en maturité depuis qu'il était à Poudlard. Dès qu'il voyait son parrain, il ne lui sautait plus dessus comme avant. Et maintenant, c'était lui qui se chargeait d'apaiser son frère.
- Le directeur veut nous voir, fit le responsable de la maison Serpentard.
Après avoir traversé les couloirs vides de l'école, ils se retrouvèrent au pied de la gargouille gardant le bureau directorial. Severus prononça le mot de passe qui fit pouffer Henry et ils montèrent l'escalier. Harry était nerveux. Il s'inquiétait un peu de l'entrevue et il ne put s'empêcher de serrer un peu plus la main de son frère.
Severus frappa un coup contre la porte en bois et attendit l'autorisation pour entrer. Albus Dumbledore était assis derrière son immense bureau couvert d'objets étranges. Le directeur était aujourd'hui habillé d'une simple robe bleu pâle.
- Severus ! s'exclama-t-il avec un immense sourire, ses yeux bleus pétillant derrière ses lunettes en forme de demi-lune. Harry, Henry. Je suis ravi de vous voir en bonne forme tous les deux.
- Bonjour Monsieur, marmotta Henry en rougissant.
L'enfant connaissait le directeur depuis des années mais il ne parvenait pas à cesser d'être intimidé face au vieil homme.
- Bien, soupira Severus en prenant place, comme les deux garçons, sur une des chaises devant le bureau. Albus, quelle est la raison de notre présence ici ? Alors que nous venons à peine de rentrer de Sainte Mangouste.
- C'est à propos de Harry.
Le concerné se raidit sur sa chaise. Il se sentit soudain mal et aurait donné tout ce qu'il possédait pour disparaître.
- Pour une fois, Albus, venez en au fait.
- Harry n'a pas les résultats suffisants pour pouvoir continuer l'année. Mais ce n'est pas une nouvelle pour vous Severus. J'avais mis Balthazar au courant il y a quelques semaines.
Henry regarda avec effroi son parrain hocher la tête. Harry n'allait pas reprendre les cours à la rentrée de janvier ? Il se tourna vers Harry qui parut honteux mais nullement surpris.
- Mais, commença-t-il.
- Plus tard, Henry, l'interrompit Severus. Mais Albus, maintenant que Harry est sous ma tutelle, je ne peux pas le laisser tout seul dans mes appartements.
- C'est justement cela que je voulais voir avec vous. Il est naturellement hors de question que Harry reste tout seul dans vos appartements. Je vous aurais bien proposé un elfe de maison mais je doute que séparer les garçons aussi tôt soit une excellente idée.
- En effet. Le médicomage l'a proscrit. Le lien entre eux est assez instable, et il risque de le demeurer encore un bon moment.
- C'est bien ce qu'il me semblait. Donc, j'ai envisagé l'idée suivante : nous faisons passer des tests à Harry afin de voir ses lacunes et ses connaissances et les professeurs se chargeront de son enseignement pendant leurs cours.
- Laissez-moi résumer : pendant que Henry suivra le programme de Première Année, Harry comblera ses lacunes pendant les cours ?
- C'est tout à fait ça. C'est la meilleure solution que j'ai trouvé.
- Et avant de nous en parler, les autres professeurs sont au courant ?
- Bien évidemment. Je leur en ai parlé hier.
- Sans moi ? s'étonna Severus, un peu vexé par ce manque d'attention.
- Vous étiez à Sainte-Mangouste. Remus a parlé pour vous. Qu'en dites-vous ?
- C'est à Harry qu'il faut le demander Albus. Après tout, vous l'avez convié à venir.
- Pardonne-moi mon garçon, s'excusa Dumbledore en plongeant ses yeux bleus dans ceux de l'enfant. Severus a raison, tu as voix au chapitre. Qu'en penses-tu ?
Harry trembla, ne sachant quelle réponse donner. Que devait-il dire ? Il n'avait pas vraiment suivi la conversation et était perdu. Il se tourna vers Henry, cherchant de l'aide vers son frère, la seule personne en qui il avait confiance. Lorsque son jumeau hocha la tête, il l'imita. Il ne savait pas pourquoi il disait oui mais il avait foi en Henry.
- Alors c'est réglé, jubila Dumbledore en sautillant presque sur sa chaise comme un gamin. Harry, je veux vous voir lundi matin dans la salle des professeurs à disons, neuf heures.
L'enfant acquiesça, toujours un peu angoissé. Il espérait que quelqu'un lui expliquerait. Peut-être Henry. Plus tard.
- Il y sera, assura Severus. C'est tout ?
- Je crois que oui, répondit Dumbledore joyeusement. Messieurs, je vous souhaite une excellente journée.
Severus se leva, lançant le signal du départ. Les jumeaux l'imitèrent et le précédèrent dans le couloir.
- Ah, oui, j'allais oublier, fit Severus à Dumbledore. J'aurais besoin d'un lit supplémentaire dans mes appartements, pour Harry.
- Bien entendu. Je fais le nécessaire. Je peux compter sur votre présence ainsi que celle des garçon au déjeuner ?
- Non, demain peut-être mais, pour aujourd'hui, je préfère que les garçons ne soient pas trop bousculés.
- Je comprends. Bonne journée
- Bonne journée Albus.
Et il ferma la porte du bureau dans son dos pour rejoindre les garçons qui l'attendaient au pied de l'escalier.
0o0
Noël.
Normalement chaque enfant recevait un ou plusieurs cadeaux. Harry, lui ne se souvenait pas en avoir déjà eu un seul et il ne s'attendait pas à ce qu'on pense à lui. Il se trouvait déjà suffisamment gâté depuis la veille, depuis sa sortie de Sainte Mangouste. Alors, lorsqu'il se réveilla, secoué par Henry et qu'il se retrouva être traîné par son frère à travers les appartements, en pyjama, il ne pensa pas un seul instant à ce qu'il allait trouver. Sirius remplaça Henry et serra son filleul contre lui. L'enfant se raidit mais voyant que rien ne lui arrivait, il se laissa un peu aller à l'étreinte. L'homme le poussa ensuite doucement vers le petit sapin installé dans le salon, près de la cheminée allumée. Sous les branches, des cadeaux avaient été empilés en plusieurs tas distincts.
Harry ouvrit de grands yeux en voyant son parrain lui tendre un paquet venant d'un tas assez conséquent. Il se dit que c'était une erreur, ce ne pouvait pas être pour lui. Pourtant, Sirius sembla insister et lui mit le cadeau entre les mains avec un sourire encourageant.
Lentement, Harry se posa par terre sur le tapis et ouvrit son cadeau – le premier, un moment unique qu'il voulait savourer – avec délicatesse, en essayant de ne pas déchirer le papier. À ses côtés, Henry ne prenait pas cette peine, il arrachait des morceaux de papier sans le moindre remord afin d'arriver plus vite à la surprise avant de remercier chaleureusement celui qui venait de la lui offrir.
Harry découvrit sous le papier rouge une boite en bois. Pensant qu'il s'agissait du cadeau, l'enfant remercia Sirius d'un léger sourire. Il se vexa lorsque son parrain rigola. Ce dernier lui dit d'ouvrir le couvercle. Le petit brun s'exécuta maladroitement et découvrit une dizaine de minuscules malles rangées à l'intérieur.
- Tout à l'heure, je leur redonnerai leur taille initiale, lui dit Sirius. Ce sont des vêtements.
Sur le coup, Harry ne sut quoi dire. Des vêtements ? Chez l'homme qui l'avait plus ou moins élevé, il n'était vêtu qu'un drap dans lequel on avait taillé un semblant d'habit. À Poudlard, il avait son uniforme dont il prenait le plus grand soin ainsi qu'un ensemble pour les week-end qu'il veillait à garder propre et en excellent état en permanence, jusqu'à ce que Lotty vienne le récupérer à la gare. Maintenant, il ne lui restait plus que son uniforme qu'il ne remettrait jamais, l'autre n'était plus que lambeaux. Et là, on lui offrait des vêtements. Il avait compté pas moins de six boîtes, peut-être qu'il y en avait plus, et il se disait que dans chacune d'elles se trouvait peut-être une tenue. Ça faisait beaucoup pour lui.
À peine remis de sa surprise, Henry lui donna un second paquet, plus gros. Encore une fois, Harry défit le papier en essayant de ne rien déchirer mais il n'y parvint pas totalement. Là, il ne sut quoi penser. Sous ses yeux se tenait une peluche en forme de cerf. S'il y avait un message caché, le petit garçon passa totalement à côté. Remus lui expliqua que ça avait un rapport avec son père mais qu'il comprendrait plus tard. Henry lui souffla qu'il avait la même et qu'il ignorait toujours sa signification.
Il restait deux cadeaux pour lui, qui venaient de Peter : un jeu de constructions qui enchanta Henry et des livres traitant de plusieurs sujets. Severus s'excusa de ne rien avoir laissé sous le sapin mais il lui dit qu'il les aurait dans le courant de la semaine. Nullement vexé, l'enfant laissa fleurir sur son visage un sourire timide.
Henry fut lui aussi gâté : des livres de la part de Remus et Peter un Rapeltout de la part de Sirius, il s'agissait d'une boule de verre de la taille d'une grosse bille et lorsque son nouveau propriétaire prit l'objet en main, la fumée blanchâtre qui emplissait l'artefact, se teinta de rouge, signe que Henry avait oublié quelque chose mais il fut incapable de se rappeler ce que c'était et de la part de son tuteur et parrain, il reçut un nécessaire de dessin contenant papier, pinceaux, peinture et bien sûr crayons. Severus lui expliqua non sans un sourire que maintenant que ses recherches étaient finies, il allait peut-être pouvoir se remettre au dessin.
Il restait un dernier paquet sous le sapin, paquet que Sirius prit et tendit aux garçons.
- C'est pour vous deux.
- Si c'est que je pense, fit Severus intransigeant, c'est hors de question !
- Remus, Peter et moi, reprit Sirius, soudainement atteint de surdité, voulions vous l'offrir. Elle appartenait à James et je suis certain... nous sommes certains que c'est ce qu'il aurait voulu.
Il donna le paquet aux garçons émus. Ils défirent religieusement le papier et un morceau de tissus s'en échappa. Harry le toucha précautionneusement, c'était fluide, comme de l'eau. Henry le prit, se leva afin de voir ce que c'était. On aurait une cape.
- Mets-la sur tes épaules, conseilla Peter.
L'enfant s'exécuta et regarda l'assemblée. Seul Harry le fixait éberlué. Alors il baissa les yeux sur son corps. Il avait disparu !
- C'est une cape d'invisibilité ? s'étonna Henry, surpris. Il paraît qu'il en existe peu.
- Ce sont des objets très rares, confirma Sirius. Et c'est celle de James. Il la tenait de son père qui la tenait de son père et ainsi de suite. C'est une sorte de tradition familiale de recevoir cette cape en Première Année. Faites-en bon usage.
Henry, encore sous le choc de tenir entre ses mains un objet qui avait appartenu à son père, ne savait pas vraiment quoi dire. Il bégaya des remerciements et replia la cape soigneusement.
Lorsque les garçons pénétrèrent dans la Grande Salle pour le déjeuner de Noël un peu plus tard, ils furent accueilli par Ron qui leur sauta littéralement dessus en leur hurlant « Joyeux Noël ». Pour l'occasion, la Grande Salle de Poudlard s'était parée de guirlandes, de boules, de neige éternelle, de sapins et de sculptures de glace.
Harry se sentit à la fois fou de joie et mort de peur. Il fêtait Noël pour la première fois de sa vie et pour l'instant, ce jour était l'un des plus beaux de sa vie. Mais il était terrifié à l'idée d'être oublié par Henry lorsque celui-ci retrouverait ses amis. Il sentait qu'il avait inexorablement besoin de se sentir près de son frère et ressentait une certaine angoisse lorsqu'ils étaient séparés de plusieurs mètres. Il ne s'expliquait pas ce besoin qu'il avait toujours plus ou moins perçu lorsqu'il était encore Orion Donewood.
Lorsque Ron leur sauta dessus, Harry ne put s'empêcher de reculer, effrayé par cet accès de joie qu'il était certain de ne pas mériter. Le roux connaissait Orion et le méprisait, il allait donc en faire de même quand il saurait que Harry et Orion étaient la même personne. Pourtant le jeune Weasley se tourna vers lui, un grand sourire aux lèvres et lui serra la main.
- Je suis ravi de te voir en si bonne forme.
À l'entendre, Harry crut que Ron savait mais il était certain de se tromper, ça ne serait pas la première fois.
- Vendredi, tu paraissais fatigué.
Là, Harry en était certain, Ron le confondait avec Henry. Après tout, c'était possible, ils étaient l'un à côté de l'autre.
- Allez, viens, fit Ron en l'entraînant à sa suite vers l'unique table installée au milieu de la Grande Salle.
Il y avait peu d'élèves qui restaient à Poudlard durant les vacances et les Gryffondor étaient de loin les plus nombreux. Les cinq tables avaient donc été rassemblées en une seule, réunissant élèves et professeurs dans une atmosphère conviviale. Harry oublia un peu sa peur alors que Ron et Henry le tiraient vers tout le monde. Il vit la plupart des professeurs qu'il avait eu durant le premier trimestre et d'autres qu'il ne connaissait pas mais beaucoup lui sourirent lui adressèrent quelques mots gentils.
Dumbledore choisit une place à la table, invitant les autres convives à faire de même. Et une fois les professeurs et les élèves installés, il se leva de sa chaise et se racla la gorge. Les conversations cessèrent et tous les visages se tournèrent vers lui.
- Joyeux Noël, commença-t-il avec emphase, éblouissant tout le monde avec sa robe d'un jaune canari des plus voyant, jurant avec les caches-oreilles rose fushia qu'il portait et le chapeau de sorcier d'un joli rouge sang posé sur le sommet de sa tête.
Chacun attendit la suite mais il se contenta de se rasseoir. La nourriture, plus appétissante qu'à l'ordinaire, apparut sur la table. Severus, placé à côté de Harry, le servit en faisant attention à la quantité et au contenu, il vérifia que Henry mangeait bien lui aussi mais à l'évidence, Remus y veillait, l'obligeant à prendre des légumes.
Harry ne regardait personne, les yeux vissés sur son assiette qu'il vidait le plus rapidement possible par peur qu'on la lui retire. Plusieurs fois Severus lui rappela que personne n'allait le priver de nourriture, alors il devait manger plus lentement sinon, il allait s'étouffer.
L'enfant finit par regarder son frère occupé à rire des grimaces et pitreries de Ron assis entre eux. Mais le petit jeu cessa rapidement lorsque Severus tendit le bras et frappa, à défaut de pouvoir atteindre son filleul, le jeune Weasley à l'arrière de la tête, une légère tape peu douloureuse. Les garçons comprirent le message et s'amusèrent plus calmement. Harry ressentit une pointe de jalousie en constatant qu'il était mis de côté, il tenta de se rassurer en se disant que ce n'était rien, qu'il n'avait besoin de personne mais ça ne fonctionna pas. Il avait envie de pleurer parce qu'il avait besoin de son frère et celui-ci préférait Ron à lui. La preuve, il avait laissé son meilleur ami s'installer entre eux.
S'il réfléchissait vraiment à ce qu'il venait de penser, Harry saurait qu'il n'était pas objectif mais il avait tellement peur que son frère – la seule personne qui avait l'air de le comprendre un peu – ne se lasse de lui parce qu'il n'était pas comme Ron, qu'il était trop peureux et stupide. Et il avait l'impression que ça avait commencé.
Il était loin de se douter que Henry aurait préféré se retrouver assis à ses côtés et qu'il était presque inquiet de ne pas être tout près de son frère. Ron n'avait pas voulu se retrouver là, il n'avait pas vraiment eu le choix à vrai dire et changer de place au beau milieu du repas n'aurait sans doute pas été bien vu. Alors le jeune Weasley faisait son possible pour dérider son meilleur ami. Il aurait bien voulu faire de même avec Harry mais la légère tape à l'arrière de sa tête l'en avait dissuadé et il avait un peu peur de la réaction du petit brun. La seule pensée qu'il avait en le regardant c'était l'impression que l'enfant allait s'enfuir en courant. Ou fondre en larmes, ce qu'il semblait être sur le point de faire maintenant. Plusieurs fois au cours du repas, Fred et George, loin d'être aveugles et complètement stupides, lui avaient fait des signes et, lorsque le fromage arriva, il finit par comprendre ce dont il s'agissait et que ça devenait urgent.
- Change de place avec moi, murmura Ron à Henry.
- Quoi ?
- Change de place avec moi.
Henry hésita une seconde. Il aurait pu regarder la tablée mais il se contenta de fixer Harry qui paraissait au bord des larmes. Et lui n'en était pas loin mais il ignorait s'il s'agissait de ses propres sentiments ou ceux que son frère envoyaient par le lien, l'appelant à l'aide. Ron lui fit un signe et se leva. Aussitôt assis près de son frère, Henry se sentit beaucoup mieux et il fut pleinement rassuré en touchant la main de Harry.
Quand le médicomage, un spécialiste dans les relations gémellaires, leur avait dit qu'ils devaient rester en contact le plus souvent possible afin d'apaiser leur magie, jamais Henry n'aurait imaginé que la moindre séparation de plus d'un mètre provoquerait un tel malaise. Pourtant, le matin-même, il n'avait rien senti de pareil. Ils n'étaient probablement pas restés loin l'un de l'autre assez longtemps pour s'en rendre compte. Et là, ça faisait une bonne heure qu'ils n'étaient pas proches.
Ron échangea leurs couverts et si quiconque s'en rendit compte, personne n'en souffla mot.
L'estomac plein et le cerveau engourdi par toute cette nourriture, Henry eut envie d'aller faire un tour dans le parc et surtout de s'aérer l'esprit, ce qu'il n'avait guère pu faire depuis le samedi précédent. Alors qu'il allait soumettre son idée à Harry, Fred, George et Ron apparurent. Si la présence du troisième ne le dérangeait pas le moins du monde, les jumeaux, quant à eux pouvaient se montrer lourds et agaçants.
- On a demandé à Dumbledore si on pouvait faire un peu de Quidditch, fit Fred – ou était-ce George – vous venez ?
Ron lui lança un air de supplique que Henry connaissait bien. Son meilleur ami n'avait aucune envie de jouer avec ses frères.
- Non, merci.
- Tu es sûr ?
- Oui George, certain.
- Tant pis.
Et ils s'éclipsèrent, laissant les trois enfants entre eux. Ron soupira de soulagement. Il adorait ses frères mais il les trouvait souvent trop remuants. Beaucoup trop remuants.
- Merci. Pour un peu, je me serais mis à genoux et je t'aurais baisé les pieds mais il neige et il fait trop froid.
Henry ne put s'empêcher d'éclater de rire.
0o0
Harry se glissa sous ses draps avec un certain bonheur. Il était épuisé, littéralement, et dormait debout depuis près d'une heure. Son premier Noël s'était bien passé. Henry était resté avec lui, tout comme Ron qui semblait l'apprécier mais l'enfant était convaincu que si le meilleur ami de son frère appréciait Harry Potter, c'était uniquement parce qu'il ignorait que celui-ci s'appelait avant Orion.
Quelques minutes plus tard, Henry débarquait à son tour dans la chambre, en pyjama et en se frottant les yeux, lui aussi fatigué.
Il y avait deux lits dans la pièce mais les garçons n'en utilisaient qu'un depuis la veille, depuis que Henry avait rejoint Harry au beau milieu de la nuit parce qu'il se sentait mal et qu'ils avaient découvert qu'ils dormaient beaucoup mieux ensemble. Severus, lorsqu'il l'avait remarqué, s'était contenté de hausser les épaules et d'agrandir le lit.
Henry s'allongea à côté de son frère et lui prit la main dans un geste inconscient et irrépressible un peu comme un moyen de se persuader que Harry était bien là. Il n'arrivait toujours pas à y croire.
Severus passa la tête dans la chambre des garçons et sourit en les voyant dormir l'un contre l'autre. Il n'avait pas envie de leur dire de dormir séparément, certain que ça n'aiderait en rien l'apaisement de leur magie. Il s'était juste contenté juste d'agrandir un peu le lit afin qu'ils soient confortablement installés.
Avant de partir, il jeta par habitude un sort d'alerte afin d'être prévenu au moindre problème.
À suivre
