Bêta : Grealyl que je remercie énormément
Note : je remercie calimero et adenoide pour leur review. Je souhaiterai pouvoir remercier chacun et chacune d'entre vous, donc pour les anonymes, si vous pouviez laisser une adresse mail (en mettant des espaces sinon ff. net refusera de la marquer) à laquelle je peux vous répondre.
Encore une fois, navrée pour les fautes si vous en trouvez, elles sont passées entre les mailles du filet des yeux acérés de ma bêta et de mes nombreuses relectures.
Toutes les descriptions du Chemin de Traverse sont tirées de l'encyclopédie HP
Chapitre 9
Tout le monde dormait encore lorsque Harry se réveilla brutalement. Un court instant, il se crut encore dans les cachots. Mais le matelas confortable, la chaleur des draps et la présence de Henry à ses côtés lui rappelèrent où il se trouvait. Il était dans les appartements du professeur Rogue – Oncle Severus comme l'appelait Henry – dans un lit, avec son frère. Tout allait bien.
Incapable de se rendormir et encore moins de se lever avec son frère qui le prenait pour son doudou et son oreiller, Harry resta cloué sur le matelas sans oser bouger, par crainte de réveiller Henry, malgré sa vessie qui lui rappelait son existence. Même s'il avait l'autorisation du professeur, l'enfant hésitait toujours à utiliser ce qui ne lui appartenait pas. Il était partagé entre l'envie pressante d'aller aux toilettes et celle de rester sagement au fond de son lit à attendre que quelqu'un se lève et lui permette de filer soulager ses reins.
Il patienta longtemps mais personne ne se réveillait et il ignorait quelle heure il pouvait être. Il n'y avait pas de réveil dans la chambre, et de toute façon, il ne savait pas lire l'heure. Son envie devenait de plus en plus pressante. Il prit donc le parti de se servir sans permission des toilettes mais fallait-il encore se défaire de l'étreinte possessive de son frère.
L'accident fut évité de justesse et quand l'enfant revint dans le lit, transi de froid et ne sachant pas vraiment quoi faire tout seul, loin de son frère s'il restait debout, Henry ne se priva pas pour se coller contre lui.
Soulagé et bien au chaud, Harry ferma les yeux et se rendormit sans s'en rendre compte.
Ils furent tous les deux réveillés quelques heures plus tard par Severus qui les secouait doucement l'un et l'autre, leur rappelant qu'ils devaient aller sur le Chemin de Traverse. Il leur avait annoncé cela la veille, Henry avait été enchanté et Harry n'avait rien dit, se contentant de montrer qu'il avait entendu sans montrer son angoisse. Il avait peur de ce qu'il allait voir là-bas. Lotty lui parlait toujours de cet endroit comme d'un lieu effrayant, avec toujours trop de monde qui vous bousculait ou vous marchait dessus, qui criait. Le Chemin de Traverse était donc pour le petit garçon, le pire endroit au monde, après le manoir Donewood.
Sur les coups de neuf heures, fin prêts et chaudement habillés, les garçons se tinrent devant la cheminée, main dans la main, comme toujours. Ils eurent la surprise de voir Sirius débarquer dans le salon, habillé de pied en cape. L'homme leur annonça qu'il venait également. Severus apparut à son tour, comme à son habitude tout de noir vêtu.
Deux par deux, Severus et Henry puis Sirius et Harry, ils prirent un peu de poudre de cheminette et se retrouvèrent au Chaudron Baveur, un pub sorcier à la frontière entre les deux mondes. Tom le propriétaire, un homme édenté au crâne chauve qui fit presque peur à Harry, les salua derrière son comptoir.
Harry ne comprenait pas ce qu'ils faisaient là tous les quatre. Il ignorait que le pub avait un accès direct au Chemin de Traverse. Il le découvrit quand Severus les conduisit en dehors, dans une petite cour envahie par les poubelles. Au fond se dressait un imposant mur de briques. Le parrain de son frère tira sa baguette et tapota les briques. Un instant plus tard, une arche révéla une longue rue pavée qui disparaissait sous la neige, bordée de devantures,
- Bienvenue sur le Chemin de Traverse, Harry, lui souffla Henry avec un immense sourire.
Soudain la rue lui parut beaucoup plus accueillante. Sirius le prit par la main pendant que Severus faisait de même avec Henry.
Il faisait froid et les courants d'air s'insinuaient vicieusement dans les emmanchures et les replis des capes. La neige tombait en gros flocons et le vent soufflait. Ils devaient faire attention à ne pas glisser sur les pavés, aussi marchaient-ils lentement. Ils avaient le temps. Severus voulait passer avant tout par la banque afin de prendre un peu d'argent. Ils se dirigèrent donc vers un immense bâtiment d'un blanc immaculé.
À l'intérieur, dans un grand hall, deux doubles portes en argent ouvraient sur une imposante salle. Sur les panneaux on pouvait lire ces vers :
Entre ici étranger si tel est ton désir.
Mais à l'appât du gain, renonce à obéir,
Car celui qui veut prendre et ne veut pas gagner,
De sa cupidité, le prix devra payer.
Si tu veux t'emparer, en ce lieu souterrain,
D'un trésor convoité qui jamais ne fut tien,
Voleur, tu trouveras, en guise de richesse,
Le juste châtiment de ta folle hardiesse.
Une sorte de mise en garde. Deux gobelins tout de rouge vêtus gardaient les portes. Harry ne put s'empêcher de se serrer contre Sirius lorsqu'il regarda attentivement les créatures toutes petites au teint gris, aux longs doigts et aux grands pieds. Mine de rien, elles n'avaient pas l'air rassurant. Sirius lui serra la main et lui expliqua que les gobelins étaient très intelligents et que beaucoup de sorciers les considéraient injustement comme leur étant inférieurs.
- Il ne faut jamais sous-estimer un gobelin, jamais.
Et Harry le crut sur parole alors qu'ils pénétraient dans l'immense salle. Deux rangées de comptoirs s'alignaient de part et d'autre d'une allée centrale. Derrière chacun d'eux se trouvait un gobelin. Sirius s'approcha de l'un d'eux qui consultait une longue liste pleine de chiffres et attendit patiemment que la créature daigne lui accorder un peu d'attention. Quand, enfin, les grands yeux noirs de la créature se tournèrent vers le sorcier, celui-ci expliqua qu'il venait prendre de l'argent dans son coffre.
- Coffre des Black ? demanda le gobelin en prenant un formulaire.
- C'est cela. Et Messieurs Harry et Henry Potter souhaitent également retirer de l'argent. Coffre des Potter. Harry, va voir Severus et demande-lui la clé, s'il te plaît. Et ramène Henry.
Harry n'eut pas le temps de faire un pas en direction de son frère, celui-ci le retrouva et tendit la clé à Sirius qui la donna ensuite au gobelin.
- Sorcek va vous accompagner, fit le banquier alors qu'un de ses collègues apparut.
Le petit groupe suivit le gobelin. Ils passèrent une porte qui les mena directement à une immense galerie à peine éclairée par des torches. Là, un petit chariot posé sur des rails les attendait. Sirius aida les garçons à monter avant de les rejoindre. Sorcek s'installa à son tour et le wagonnet partit. Ils traversèrent des couloirs, tournèrent souvent. La vitesse grisait les jumeaux qui passèrent leur temps à sourire alors que leur professeur se cramponnait. Lui aussi, la première fois qu'il était venu ici avec son père, il avait adoré mais maintenant, avec vingt ans de plus et une visite dans un parc d'attraction moldu qui lui avait offert la frayeur de sa vie, il avait l'impression que son estomac allait rendre son petit-déjeuner. C'était effroyable.
Heureusement, l'engin de malheur s'arrêta enfin devant une porte. Le gobelin en descendit tout comme les autres occupants du véhicule.
- Coffre six cent quatre-vingt-sept. Coffre des Potter.
Sorcek tira la clé de son veston et ouvrit la porte.
Pour Harry, la notion d'argent était vague, voire totalement dénuée de sens. Il savait tout juste qu'il existait les noises de bronze, les mornilles d'argent et les gallions d'or mais il ignorait combien il y avait de mornilles dans un gallion et de noises dans une mornille. Pourtant, en voyant le tas d'or assez conséquent, il était certain qu'il y avait là beaucoup d'argent.
Sirius sortit deux bourses en cuir d'un rouge vif et compta les pièces qu'il y glissa dedans avant de les remettre dans la poche de sa cape.
Ils reprirent le chariot et s'enfoncèrent encore plus profondément dans les entrailles de la terre, car ils ne pouvaient qu'être sous terre. Un peu plus tard, après un trajet qui parut durer des heures au pauvre Sirius, ils s'arrêtèrent.
- Coffre sept cent onze. Coffre des Black.
Là encore, la quantité d'or était impressionnante. Sirius se dépêcha de remplir sa bourse en cuir noir.
La remontée se fit plus rapidement que la descente, du moins pour les garçons. Pour Sirius, ce fut l'enfer. Il tituba une fois hors du wagonnet et dût s'adosser un moment contre le mur, livide. Plus jamais il ne monterait plus jamais dans ces engins, il s'en faisait la promesse ! C'était la dernière fois qu'il y mettait les pieds.
Ils rejoignirent Severus qui n'avait pas l'air en meilleure forme. Les deux hommes ne se concertèrent pas une seule seconde avant de prendre les garçons par la main et de filer en direction du Chaudron Baveur afin de prendre un petit remontant avant de retourner faire les boutiques.
Il faisait bien chaud au pub. Ils retirèrent leur cape d'hiver une fois installés. Sirius et Severus, encore un peu blancs, commandèrent des bièraubeurres et des chocolats chauds. Sirius râla qu'il aurait préféré du whisky Pur Feu mais lorsque Henry eut la bonne idée de demander s'il pouvait en boire aussi, le professeur de Duel estima que Severus avait fait un excellent choix. Les enfants burent donc leur grande tasse de chocolat pendant que leurs parrains dégustaient leur chope de bièraubeurre idéalement tiède.
Une bonne heure plus tard, ils entraient chez Ollivander. C'était la boutique la plus au fond de la rue. On pouvait lire au-dessus de la porte en lettres écaillées par le temps : Ollivander - fabricants de baguettes magiques depuis 382 avant J.C. Derrière la vitre, une simple baguette couverte de poussière était posée sur un coussin pourpre un peu râpé.
Henry n'y était venu qu'une seule fois, il venait tout juste de recevoir sa lettre et Severus avait décidé qu'ils iraient faire leurs courses le jour-même afin d'en être débarrassés. L'enfant se remémorait parfaitement sa rencontre avec Monsieur Ollivander, un vieil homme assez étrange aux yeux brillants, qui disait se souvenir de chaque baguette qu'il avait vendu. Et c'était probablement vrai puisqu'il n'avait pas eu l'air d'hésiter en donnant la composition et la taille de la baguette magique du professeur, tout comme il en avait fait de même pour les parents défunts du garçon.
- Monsieur... Messieurs Potter, pardonnez-moi. Je m'étonnais aussi de vous voir arriver sitôt après avoir acheté une baguette.
Le vieil homme ne semblait même pas surpris de voir Harry devant lui. Mais peut-être l'avait-il appris par les journaux.
- Professeur Black. Professeur Rogue.
Et il disparut au fond de son magasin sombre et poussiéreux pour réapparaître avec un mètre ruban. Il se mit à tourner autour de Harry pendant que le mètre ruban prenait des mesures. L'enfant était figé et se laissait faire, effrayé.
- Vous tenez votre plume de quelle main ?
L'enfant montra sa main droite. Le ruban mesura la distance entre son poignet et son coude puis entre son coude et son aisselle, puis sa taille, son tour de tête et d'autres mesures. Il allait prendre sa pointure lorsque Ollivander le fit cesser et fila dans le fond de sa boutique, revenant avec plusieurs boîtes assez étroites et longues. Il en ouvrit une et la présenta au garçon.
- Bois de saule, vingt-deux centimètres neuf, flexible. Idéale pour la Métamorphose.
Après un regard vers son frère, Harry prit la baguette entre ses doigts mais elle lui fut aussitôt retiré.
- Non. Essayons celle-ci. Acajou, vingt-six centimètres deux. Souple. Parfaite pour les Sortilèges.
À nouveau, aussitôt en main, aussitôt reprise. Une troisième baguette lui fut présentée.
- Bois de rose, vingt-cinq centimètres sept, flexible et rapide.
Si avec les autres baguettes, Harry n'avait rien ressenti, avec celle-là, il perçut quelque chose entre ses doigts. Il la leva au-dessus de sa tête, puis l'abaissa en la faisant siffler dans l'air. Une gerbe d'étincelles colorées jaillit alors de l'extrémité de la baguette. Ollivander souriait.
- Vous êtes très proches tous les deux, fit le propriétaire en regardant les jumeaux. Votre magie est similaire. Chaque baguette de chez Ollivander renferme des substances magiques très puissantes. Nous utilisons du poil de licorne, des plumes de phénix ou des ventricules de cœur de dragon. Et de même qu'on ne trouve pas deux licornes, deux dragons ou deux phénix exactement semblable, il n'existe pas deux baguette de chez Ollivander qui soient identiques. Mais il se peut qu'elles soient proches, comme des sœurs. La baguette qui vous a choisi – car c'est la baguette qui choisit le sorcier et non le contraire – est fortement similaire à celle de votre frère. Bois de chêne, vingt-sept centimètres cinq, souple. Figurez-vous que ces deux baguettes contiennent un poil de licorne, qui provient du même animal.
Les garçons digérèrent la nouvelle tandis que Harry serrait dans sa main sa nouvelle baguette, la sienne et non celle d'un illustre inconnu qu'on lui avait mis entre les mains.
- Je me souviens de chaque baguette que j'ai vendu, Messieurs. Chacune d'entre elles. Et il m'a rarement été donné de constater chez des jumeaux, une telle ressemblance dans le choix de la substance magique. C'est la troisième fois que je vois ça.
Severus paya les sept gallions que coûtait la baguette et ils sortirent. Tandis qu'ils passaient près de la boutique de Pirouette et Badin, qui vendait des farces et attrapes, Henry ne put s'empêcher de regarder la vitrine, fasciné par tous les produits qu'il voyait. Son parrain n'avait jamais voulu de ces choses dans ses appartements, sous prétexte que ça n'avait pas sa place, que c'était inutile et humiliant pour la victime. Jusque là, l'enfant n'en avait jamais eu, pas même par ses oncles, mais depuis qu'il était élève à Poudlard, il voyait des élèves s'en servir et pas forcément contre autrui.
- Tu oublies tout de suite, Henry. Il est hors de question qu'on mette ne serait-ce qu'un pied à l'intérieur !
Sirius aurait voulu rétorquer que c'était de l'âge du garçon mais il n'en fit rien, parce que, d'un, contredire un adulte devant un enfant n'était pas une très bonne idée et de deux, parce que Severus avait été catégorique et qu'il serait bien capable du pire si jamais son ami osait faire le contraire.
- Et puis nous avons autre chose à faire, ajouta-t-il, abondant ainsi dans le sens de Severus. Tu ne devais pas aller chez chez l'apothicaire ?
- Si.
- Non, chouina Henry, déjà dégoûté par les ingrédients et l'odeur alors qu'ils étaient encore loin.
- Je ne te demande pas ton avis, jeune homme. Nous devons passer également chez Fleury et Bott, ensuite chez Scribbulus, chez Madame Guipure, au Royaume des Hiboux. Et si Henry est sage, nous irons chez Florian Fortarôme.
- Pourquoi moi, je...
- Le moi est haïssable, Henry, répliqua Severus. Et entre toi et Harry, pour l'instant le plus sage est sans conteste ton frère.
Le garçon grogna pour la forme mais quand il vit son frère se tasser, gêné par la remarque de Severus, il le rassura en lui prenant la main. Personne ne lui en voulait et le professeur avait raison, Harry était infiniment plus sage que Henry.
Cela dit, la journée promettait d'être longue.
Devant la boutique de Slug et Jiggers, Sirius, Henry et Harry ne purent s'empêcher de froncer le nez à l'odeur épouvantable d'œuf pourri et de choux rances qui en sortait. De tout le Chemin de Traverse, l'apothicaire était le magasin que Henry détestait le plus. Il avait envie de vomir dès qu'il voyait les yeux de rats flotter dans une substance jaunâtre ou encore en découvrant tous les bocaux transparents contenant des ingrédients peu ragoutants. Il savait que Severus avait les yeux qui brillaient. Pas besoin de le regarder. Il était dans son élément. Il suffisait de le voir évaluer chaque ingrédient qu'il voulait avec un œil acéré. L'apothicaire savait parfaitement qui était l'homme et sa réputation. Il était hors de question d'arnaquer le plus grand maître des Potions de Grande Bretagne.
- Votre gingembre, il ne m'a pas l'air frais, constata Severus en tâtant la racine.
- Le plus récent date de la semaine dernière, s'excusa l'homme en accourant. Mais nous en aurons du meilleur dès lundi.
Severus reposa l'ingrédient, sortit une liste de sa poche et commença à énoncer à haute voix ce qu'il lui fallait. Aussitôt l'apothicaire se mit en quatre pour le satisfaire et à chaque fois, prenait les plus beaux ingrédients – il ne manquerait plus que l'illustre professeur se mette en tête de l'empoisonner.
Le dit professeur paya la somme demandée, que Henry jugea exorbitante. Ils passèrent devant la ménagerie magique et lorsque Henry fit les yeux doux à son parrain afin d'y entrer, Severus abdiqua.
Pour Harry, l'endroit était un concert de piaillements, de miaulements, de croassements tous plus assourdissants les uns que les autres du fait de toutes les cages. À l'intérieur, l'enfant pouvait voir des animaux de toute sorte et de toute race comme des chats de toutes les couleurs, des crapauds violets, des tortues dont la carapace était incrustée de pierres précieuses, d'énormes crapauds violets, des escargots oranges venimeux, un gros lièvre blanc qui se transforme sans cesse en chapeau haut de forme dans un crac sonore, toute une cage de corbeaux jacasseurs, un panier de petites créatures à fourrure qui faisaient curieusement envies au petit garçon.
- Ce sont des Boursoufs, lui expliqua Henry, fasciné lui aussi par les petite bestioles toutes rondes et duveteuses. Je n'ai jamais eu le droit d'en avoir.
- Henry, tu as été incapable de garder en vie un simple poisson rouge, rétorqua Severus qui se trouvait juste à côté. Et puis tu as Helga.
Henry grogna une nouvelle fois, en croisant les bras alors que Harry ne put s'empêcher d'éclater de rire. Un rire clair qui ne dura quelques secondes avant que l'enfant se taise, rouge de s'être laissé aller, d'avoir dérangé les clients qui le regardaient même s'ils n'étaient pas nombreux, quatre s'il se comptait lui.
Les garçons regardèrent les animaux pendant que Severus faisait ses achats. Sirius n'achetait rien et Henry pouvait assurer que s'il était là, c'était pour profiter de Harry.
Le fait que Severus soit devenu le tuteur de Harry n'était pas encore officiel mais c'était sur la bonne voie, ce qui voulait dire que Sirius se retrouverait presque dépossédé de ses droits de parrain aux yeux de la loi sorcière. Le professeur de Potions avait répliqué en ricanant que les deux parrains se partageraient la garde des enfants, comme chez les enfants moldus dont les parents venaient de divorcer. Son ami avait trouvé que c'était une bonne idée et Dumbledore avait approuvé mais que ça ne pourrait se faire qu'après le procès fixé à la fin du mois de janvier.
En sortant, ils remontèrent la rue qui commençait juste à se remplir de passants, en direction du Chaudron Baveur. Il passèrent devant la banque et ne s'arrêtèrent qu'une fois devant la boutique de Madame Guipure. C'était une petite femme replète et souriante. Severus laissa les garçons aux bons soins de Sirius tandis qu'il se dirigeait vers la boutique d'à-côté, la librairie Fleury et Bott.
La propriétaire du magasin de prêt-à-porter s'empressa de servir ses premiers clients de la journée.
- C'est pour quoi, messieurs ?
- Pour celui-ci, répondit Sirius en poussant doucement un Harry mort de peur dont les jambes flageolaient. Il a besoin d'un uniforme scolaire adapté à sa taille.
Il omit de préciser que celui qu'il avait vu sur l'enfant lors des rares fois au collège lorsque Harry n'était encore qu'Orion, l'avait fait trembler. L'uniforme n'était pas du tout adapté à la taille du petit garçon, bien trop frêle pour son âge.
- Viens-là mon garçon, fit le petit bout de femme en aidant Harry à monter sur le tabouret.
Pendant qu'elle prenait des mesures et qu'elle les notait soigneusement dans un calepin, elle ne posa pas une seule question. Il était pourtant inhabituel de voir un élève se faire faire un nouvel uniforme si rapidement après la rentrée. Sirius pensa rapidement que ce devait être à cause de l'article dans la presse parut en début de semaine et chaque jour, la famille Potter faisait la Une. Le journaliste mettait en avant l'incompétence du ministère, l'aveuglement de Fudge qui s'entourait d'anciens Mangemorts : Lucius Malefoy et Balthazar Donewood en étaient deux parfaits exemples même si pour le second, son allégeance à Voldemort ne fut nullement prouvée puisqu'il ne portait pas la marque, il n'avait fait que s'occuper de remplir les caisses du Seigneur des Ténèbres.
Sirius contempla son filleul, debout sur son tabouret, les bras écartés et mal à l'aise alors que Madame Guipure plantait des épingles dans le tissus.
- Voilà, c'est terminé. Tu peux descendre. Je fais le trousseau complet ?
Sirius hocha la tête.
Ils rejoignirent Severus chez Fleury et Bott. Le professeur était plongé dans un livre de Potions et ne paraissait pas vouloir en décoller. Il ne s'aperçut pas que Sirius se tenait devant lui. Il fallut que l'homme referme le livre pour qu'il s'en rende compte.
- Vous avez été rapides.
- Ce livre doit être absolument passionnant pour que tu oublies toute notion du temps. Ça fait une heure que nous nous sommes séparés.
- Non, ce livre est un ramassis d'inepties ! Une heure ? ! s'étonna Severus quand les mots de Sirius pénétrèrent son cerveau. Et les garçons sont où ?
- Derrière toi. Nous devrons repasser chez Madame Guipure dans une heure.
- Bien. Je vais chercher les livres dont Harry aura besoin.
Et il disparut entre les rayonnages, laissant en plan un Sirius étonné. À l'évidence, il n'avait pas prévu que Severus se plonge directement dans un ouvrage de potions. Il se tourna vers les garçons, plongés dans un livre de Quidditch. Apparemment, Henry montrait à son frère la coupe du monde qui avait eu lieu dans le courant de l'été. Le jeune Potter ne montait pas sur un balais à cause de sa frêle constitution mais il adorait le sport préféré des sorciers. Il connaissait toutes les feintes sur le bout des doigts, toutes les équipes ou presque, dont sa préférée était les Canons de Chudley, comme celle de Ron. Il n'avait pas pu s'y rendre, c'était prévu mais il était resté alité durant deux jours.
- On y va ! ordonna Severus en revenant les mains vides.
Sirius allait répliquer mais il avisa le regard noir et ravala sa diatribe. Mais alors qu'ils allaient partir, ils virent entrer dans la boutique Lucius Malefoy. Severus grogna, mécontent de ne pas avoir pu sortir avant.
- Quelle surprise ! s'exclama l'aristocrate en les apercevant. Lord Black. Maître Rogue. Messieurs Potter.
Chacun nota l'utilisation des titres de chacun dans l'ordre de préséance. Faites confiance à Lucius Malefoy pour se conformer strictement aux règles de politesses
- Lord Malefoy, répliquèrent Sirius et Severus.
Henry salua comme il se devait, non sans rougir et se sentir mal à l'aise, l'homme en face de lui. Harry, quant à lui restait tétanisé par la canne au pommeau à tête de serpent qu'utilisait Malefoy et qui tapait le sol en rythme. Il n'avait qu'une envie, c'était s'enfuir à toutes jambes et c'est ce qu'il fit, sans réfléchir, persuadé que le grand blond allait s'en servir contre lui d'un instant à l'autre. Il bouscula sans ménagement Henry et Sirius et traça jusqu'à la sortie.
Il n'entendit pas Severus lui courir après en criant son nom à travers la rue. Il ne savait pas où il allait mais ça n'avait pas d'importance, tout ce qu'il voulait c'était mettre le plus d'espace entre lui et la canne. Il n'entendait plus rien, il ne voyait plus rien. Il ne se rendait pas compte qu'il percutait des passants outrés, qu'il trébuchait à chaque pas ou presque sur les pavés, manquant de s'étaler.
Quand il sentit une main l'attraper, il ne put s'empêcher de hurler de terreur, persuadé qu'on allait lui faire du mal. Il eut beau se débattre comme un beau diable, on ne le lâcha pas, au contraire. Son souffle se bloqua alors qu'il se retrouvait comprimé contre une large poitrine. Ses cris se transformèrent en gémissements entrecoupés de sanglots et de suppliques rendues incompréhensibles par les larmes.
Harry ne savait pas que c'était Severus qui venait de le récupérer, le tenant fermement serré dans ses bras et lui caressant le dos pour l'apaiser tout en lui parlant, que les hurlements qu'il avait poussés avaient ameuté les passants et les commerçant.
Peu à peu, l'enfant se calma, les pleurs cessèrent et il put enfin entendre les mots que Severus – parce que c'était lui – lui murmurait à l'oreille. L'homme lui assurait que personne ne lui ferait de mal, tant que Sirius et lui pourraient l'empêcher.
Severus voulut hurler aux curieux de dégager, que le spectacle était fini et se retint de sortir sa baguette pour leur jeter un sort. Harry était suffisamment mort de peur comme ça, inutile d'en rajouter. Le professeur maudit Lucius et son allure d'aristocrate imbu de sa personne et respectueux des apparences qui tenait absolument à se déplacer avec une canne. Il n'était pas difficile de savoir ce qui avait bien pu mettre l'enfant dans cet état. Balthazar Donewood était lui aussi réputé pour marcher avec une canne, avant qu'il ne sombre dans la folie et ne se mure dans son manoir. La canne était forcément synonyme de mauvais souvenirs.
L'enfant dans ses bras, Severus allait reprendre la direction de Fleury et Bott avant de se raviser. Si Malefoy s'y trouvait toujours, Harry recommencerait.
Heureusement pour lui, Sirius et Henry n'étaient pas loin. Les badauds se dispersèrent. Il n'y avait plus qu'à espérer que ça ne serait pas dans le journal le lendemain.
0o0
Poppy Pomfresh, également appelée Pompom par Dumbledore ou le « dragon » par Henry, poussa un soupir résigné quand elle vit entrer dans son domaine les jumeaux Potter accompagnés de leur parrain respectif. Elle fit signe aux professeurs de déposer leur fardeau sur les lits et disparut dans sa réserve en marmonnant des imprécations contre les tuteurs inconscients.
Quand elle revint, elle constata la présence des garçons dans le même lit mais elle ne dit rien.
- Il me semble que le médicomage avait été clair Messieurs, fit-elle en revanche à Sirius et Severus qui eurent le bon sens de paraître repentants, pas de sorties avant que Harry ne se soit totalement remis. Il vous paraît remis ?
Elle pointa la forme tremblante roulée en boule au milieu du lit. Apparemment, elle avait reçu des instructions de la part du médicomage qui s'était occupé des garçons.
- Poppy, commença Severus d'une voix qu'il voulait assurée...
La femme leva un doigt lui intimant de se taire pendant qu'elle faisait boire une potion calmante aux garçons. Henry ingurgita la sienne sans broncher, il en avait bu suffisamment pour savoir ce que c'était. Harry refusa. Il restait prostré tout contre son frère et se tendait dès qu'on l'approchait d'un peu trop près. Même Severus ne put le toucher. Poppy ne vit pas d'autre solution que lui expédier magiquement le contenu de la fiole directement dans l'estomac. Elle fit de même avec une potion de sommeil sans rêve et attendit que les enfants tombent endormis.
Elle ausculta ses patients avant de se tourner vers les professeurs.
- Que s'est-il passé pour qu'il soit dans cet état ?
- Nous avons rencontré Lucius Malefoy, répondit Sirius honnêtement.
- Il avait l'air de connaître Harry ?
- Non, pas du tout ou alors il le cachait très bien, fit Severus. Je pense que ce qui a terrorisé Harry, c'est la canne. Il a dû croire que Lucius allait le frapper. Il s'est enfui dans la rue et quand je l'ai rattrapé, il s'est mis à hurler et à supplier.
L'aveu attrista Poppy. En plus d'être infirmière, elle avait suivi un cursus en psychologie pédiatrique afin d'aider les élèves s'ils avaient des problèmes. Elle avait soigné de nombreux enfants battus, et elle ressentait à chaque fois la même émotion quand elle les voyait apeurés par un objet qui semblait anodin.
- Ce n'est guère étonnant après tout ce qu'il a vécu, dit-elle après un moment. Il a été battu, torturé et probablement considéré comme un moins que rien par Donewood. Qu'il soit effrayé par une canne n'est pas surprenant, surtout si celui qui se disait être son père s'en servait sur lui.
- C'est ce que je me suis dit aussi.
- Henry a l'air de lui être bénéfique. Il semble avoir la confiance de Harry.
- C'est le cas. On ne les voit jamais l'un sans l'autre, le lien stabilise beaucoup la situation.
Severus avait dit ça mais il savait que Poppy était au courant de tout ou presque. Ce n'était donc pas la peine qu'il se fatigue à répéter ce que le médicomage lui avait expliquer et les mises en garde qu'il lui avait faites.
- On va les laisser se reposer, conclut Poppy.
Severus avisa la fiole encore présente et calcula rapidement que vu la quantité ingurgitée, le poids et la morphologie des garçons, ils en avaient pour près de quatre heures. Il hésita un court instant mais il lui restait des choses à faire sur le Chemin de Traverse et il n'avait pas envie de laisser les jumeaux tout seuls. Poppy coupa court à ses réflexion en les mettant lui et Sirius dehors.
0o0
Ron était morose depuis le début des vacances. Il était tout seul et ça le rendait triste. Normalement, il aurait dû passer les quinze jours de liberté avec Henry mais depuis le retour de Harry, son meilleur ami restait chez son parrain. Tandis que lui était dans la tour Gryffondor, préférant la salle commune à un dortoir vide dans lequel broyer du noir. Il évitait ses frères qui pourraient se mettre en tête de se servir de lui comme cobaye et Percy était constamment plongé dans des livres poussiéreux et ennuyants.
Son seul réconfort était les lettres de Neville qui lui écrivait tous les deux jours lui racontant ses vacances chez sa grand-mère. Son meilleur ami avait l'air de s'ennuyer autant que lui.
Pour passer le temps, Ron s'était attelé à son travail scolaire. Il avait achevé sa dissertation de Métamorphose, celle de Défense et travaillait sur celle de Potions. Cette matière était loin d'être sa préférée. Il lui restait Histoire de la Magie, Astronomie, Botanique et Sortilèges. Seule l'Histoire de la Magie risquait de lui prendre du temps, pour les autres, il fallait remplir une carte du ciel, apprendre les différentes plantes apprises durant les cours et les moyens de récolter leur essence ou de s'en occuper et revoir tous les sortilèges appris.
Ron étouffa un bâillement et se frotta les yeux. Il s'ennuyait même lorsqu'il travaillait. Il n'avait jamais été un bosseur, surtout quand ça ne l'intéressait pas. Il préférait la pratique à la théorie, il retenait mieux.
Une cavalcade et des hurlements dans son dos lui firent lever la tête et il découvrit Fred et George débouler des escaliers menant aux dortoirs, un livre à la main, suivi par Percy qui jurait, fou de rage. Rien d'anormal en somme alors Ron retourna à sa composition. Il entendit vaguement son grand frère incendier les deux autres. Apparemment il avait réussi à les arrêter avant qu'ils ne disparaissent avec son bien. Et puis, le silence revint à nouveau.
Ron bondit sur sa chaise quand il vit toutes ses affaires disparaître d'un seul coup. En levant les yeux, il tomba sur les visages identiques de ses frères. Il soupira.
- Rendez-moi ça, fit-il, las.
- Ronnie est fatigué, ricana Fred. Il faut dormir la nuit.
- Fichez-moi la paix !
- Petit bébé s'énerve, on devrait peut-être le laisser.
L'enfant le savait, ses frères ne le laisseraient jamais en paix, pas tant qu'ils n'auraient pas trouvé une autre victime. Il soupira à nouveau, franchement énervé. D'accord, il s'ennuyait mais pas à ce point. Ron se leva, abandonnant son travail à la merci des jumeaux et allait quitter la salle commune pour un endroit plus calme.
Son attitude fit cesser les jumeaux. Leur petit frère était rarement dans cet état. George le rejoignit rapidement et passa son bras autour des épaules du plus jeune mais Ron se dégagea.
- Je ne suis pas d'humeur ! Vous comprenez ça ! Alors foutez-moi la paix !
- Ron, dit George très sérieusement, assis !
Si Fred avait dit la même chose, Ron n'aurait sans doute pas obéit. Mais il s'agissait de George et ce dernier était toujours le premier à cesser leurs pitreries.
- Ronnie, écoute, on sait que depuis que Harry est revenu, tu ne vas pas fort. Mais, une fois que leur lien se sera apaisé, ça ira mieux.
- Je sais.
- Non, tu ne sais pas. Ce sont des jumeaux, ils ont besoin l'un de l'autre.
- Je sais, George ! J'ai lu ce foutu bouquin ! Je sais tout ou presque sur le lien !
- Les livres, ça ne dit pas tout, Ron. Je ne sais pas ce qui est arrivé à Harry mais vu comment il était à Noël, ça ne devait pas être beau. Des jumeaux séparés tôt ont besoin de l'un de l'autre. Et je n'ai pas eu besoin de lire un bouquin pour savoir ça ! Tu peux nous croire, nous avons vécu ce qu'ils vivent !
- J'en doute.
Des enfants Weasley, Ron était le seul à savoir vraiment ce que Henry avait vécu.
- Peut-être pas, admit Fred, mais quand j'ai eu la dragoncelle, enfin après, George et moi sommes restés près d'une semaine collés l'un à l'autre.
Ron s'en souvenait comme si c'était hier.
- Je m'en souviens, dit-il d'un ton morne.
- Allez, crache le morceau, exigea Fred.
- Il n'y a rien à dire. Je travaille, Neville et Henry sont ailleurs donc...
- Donc tu t'ennuies.
Ron allait dire oui mais il se rendit compte que ce n'était pas ça qui le préoccupait et le poussait à rester seul. Il se fichait un peu que les Potter soient si proches, c'était normal, ils étaient frères et venaient tout juste de se retrouver après dix ans, ils devaient apprendre à se connaître. En réalité, ce qui gênait le garçon, c'était qu'il ne se soit rendu compte qu'il y a peu que Harry était en vie alors qu'il vivait avec des jumeaux depuis des années. Il aurait dû le savoir.
- Non.
- Alors qu'est-ce qui t'arrive ? demanda Fred.
- La dernière que tu étais si abattu..., continua George.
- C'est le jour où Bill a fini...
- La part de tarte que tu convoitais.
Malgré lui, Ron pouffa. Ses frères avaient repris leur parlé habituel, finir les phrases de l'autre. Mais l'allusion le fit sourire également.
- Ce n'est pas à cause de la nourriture. C'est autre chose. Quelque chose que j'aurais dû deviner bien avant.
- Deviner quoi ? s'étonna Fred.
- Harry. C'est à propos de Harry
- George, tu comprends de quoi il parle ?
- Non, je croyais que toi, tu savais. Ronnie, de quoi tu parles ?
- De rien. De rien du tout, oubliez. Je... Je crois que je vais aller voir Madame Pomfresh. Migraine.
Avant de laisser l'occasion à ses frères de répliquer, il disparut de la salle commune et courait à perdre haleine dans les couloirs. Il avait menti, l'infirmerie n'était pas sa destination. Il voulait aller voir Henry et le seul endroit où son ami pouvait se trouver était chez Rogue.
Il ne vit qu'au dernier moment l'obstacle qui se dressait devant lui et le percuta de plein fouet. Le choc fut brutal, il eut l'impression de rentrer dans un mur. Son postérieur rencontra le sol de pierre avec brutalité.
- Mes fesses, geignit-il.
- Ron ! Je suis désolé, gronda une voix grave et sonore.
L'enfant leva les yeux et vit la personne dans laquelle il était rentré. C'était Hagrid et évidemment le géant n'avait rien senti du choc. Le garde-chasse l'aida à se remettre debout. Ron se frotta le postérieur plutôt douloureux. Maintenant, c'était sûr, il avait vraiment besoin d'aller à l'infirmerie, son coccyx lui faisait un mal de chien et se rappela à lui lorsqu'il fit un pas. Et après réflexion, sa tête aussi était douloureuse.
Hagrid l'aida à se déplacer en voyant la grimace de douleur sur son visage, c'est à peine s'il ne le portait pas.
- Allons bon, que vous est-il arrivé à vous ? s'étonna Poppy en les voyant débarquer, l'un en boitant et l'autre en le soutenant.
- Je suis tombé, maugréa Ron, mais ça va mieux.
Bien évidemment, il mentait, ça n'allait pas mieux mais finalement, il n'avait aucune envie de rester ici, pas en temps que malade.
- Mais bien entendu, monsieur Weasley. Asseyez-vous.
- Mais puisque...
- Mais rien du tout, assis ! Et ne bougez pas.
Elle tira un paravent autour du lit sans prendre en compte les grognements de son nouveau patient.
- Il me semble vous avoir demandé de vous asseoir. Où avez-vous mal ? s'enquit la femme d'un ton professionnel.
- Nulle part ?
- Ça m'a tout l'air d'une question. Et que faites vous encore debout ?
- Heu...
- Je vois. Allongez-vous sur le ventre !
- J'ai juste mal à la tête.
- Tout de suite ! ordonna-t-elle d'un ton qui ne souffrait d'aucune réplique.
Finalement, Ron s'en tira avec une potion contre la douleur. Son coccyx était entier, c'était le plus important. Alors qu'il allait quitter l'infirmerie, en meilleure forme que lorsqu'il était entré, il capta des voix, des chuchotis qui venaient de derrière un autre paravent tiré autour d'un lit. Et ces voix, il les connaissait, il en était presque certain. C'était Henry.
Poussé par sa curiosité, il s'approcha mais un raclement de gorge fort peu discret le fit sursauter. Madame Pomfresh était derrière lui et elle le toisait, les bras croisés. Comment avait-il pu l'oublier ? Ron eut la décence de se montrer un peu honteux et puis il sourit franchement quand elle lui donna l'autorisation d'aller voir. Donc, il avait raison.
Ils étaient en pleine discussion, Ron assis sur une chaise et les jumeaux dans le lit, blotti l'un contre l'autre, quand Severus débarqua sans tambours ni trompettes avec un paquet recouvert d'un tissus entre les mains. Le professeur paraissait fautif, comme s'il venait de faire une bêtise.
- Ron ! s'exclama-t-il en se rendant compte de la présence du troisième enfant. Je ne pensais pas que... peu importe.
C'était incroyable la différence qu'il y avait entre le professeur de Potions aigri et aussi aimable qu'un iceberg durant les cours et le parrain de Henry dans le cercle restreint de la famille et des amis proches. Pour un peu, on pouvait le penser schizophrène.
- Harry, j'ai un cadeau pour toi.
À l'appel de son prénom, l'enfant leva juste les yeux, signe qu'il avait entendu mais il ne bougea pas. Il faisait l'effet d'un chaton apeuré qui venait se blottir dans les bras de son maître pour être rassuré.
Severus posa le paquet sur le lit et retira la couverture. Il s'agissait d'une cage dans laquelle se trouvait une superbe chouette blanche. Le directeur des Serpentard sourit en voyant le petit garçon quitter l'étreinte rassurante de Henry pour s'approcher un peu plus de l'animal qui le fixait de ses grands yeux ambrés.
- C'est la tienne. Je voulais juste que vous fassiez connaissance avant de l'envoyer à la volière. Je vais vous laisser. Ron, tu viens !
Le ton ne souffrait d'aucune négociation. La couverture fut reposée sur la cage et Severus reprit le paquet. Il partit ensuite avec Ron à sa suite, vérifiant au préalable que personne ne rôdait près du paravent.
- Je crois que Oncle Severus ne voulait pas être vu avec un animal ici. La dernière fois qu'il a fait ça, c'était quand il m'a acheté Helga. C'est ma chouette. J'étais ici. Poppy, quand elle a vu ça, s'est mise à hurler qu'elle ne voulait pas d'animaux. Oncle Severus était tout rouge et il a filé. C'était drôle.
À ce souvenir, Henry rigola rapidement imité par Harry.
- Tu sais comment tu vas l'appeler ? Ta chouette, je veux dire ?
- Non, fut la réponse claire quoique légèrement éraillée de son frère.
À suivre
Petit sondage : malgré ce chapitre, voulez-vous voir Sirius habiter chez Severus ? Tout en sachant qu'ils ne seront pas en couple l'un avec l'autre (peut-être plus tard), que j'entame le 13 et qu'il ne reste après le 13, encore 1-2 chapitres, peut-être 3, épilogue compris. J'ai en tête une suite à l'histoire (enfin si on peut appeler ça une suite, il y aura juste les mêmes personnages), donc avec qui souhaitez-vous voir Sirius, Remus, Peter et Severus ? Pour les jeunes, je sais déjà.
