Beta : Grealyl que je remercie encore et toujours

Note : Pour les reviews anonymes, je tiens à remercier adenoide et asticot. Je tiens aussi à remercier tous ceux qui m'ont lu, laissé un message, mis en alerte, en favori,... J'espère avoir répondu à tout le monde.

La description des examens est en grande partie tirée du livre (pour les épreuves) tout comme le discours de Dumbledore à la fin du chapitre.

dédicace à ma p'tte ln : voilà dans ce chapitre, l'idée que tu m'as donné, j'espère que ça te conviendra comme explication. Merci ma belle.


Chapitre 14

Les mois défilèrent rapidement. Et avant que les élèves ne s'en rendent compte, juin était là et avec lui, les examens. Pour les Septième Année, ces examens – les ASPIC ou Accumulation de Sorcellerie Particulièrement Intensive et Contraignante – étaient très importants: ils allaient déterminer leur avenir. Les révisions étaient donc intenses et se faisaient dans le silence le plus total dans les salles communes. Tout élève pris à faire du bruit était puni. Il n'était pas rare qu'un « grand » pique une crise de nerfs et soit emmené à l'infirmerie.

Les Cinquième Année avaient eux aussi leurs examens, les BUSE ou Brevet Universelle de Sorcellerie Élémentaire à la fin du mois.

Henry et les autres Première Année, quant à eux, devaient réviser en vue de leur examen qui déciderait s'ils étaient aptes à passer en Deuxième Année.

Harry avait ses propres examens et il était nerveux. Il avait presque rattrapé son retard et pouvait prétendre à passer lui aussi en Deuxième Année mais il n'avait aucune confiance en lui et avait peur d'échouer. Henry tentait au mieux d'apaiser ses doutes mais en vain. L'enfant n'arrivait pas à faire entendre raison à son frère. Autant Harry lui faisait confiance, aveuglément, autant, il refusait de croire les autres et de croire en lui-même. Et il était plutôt borné.

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Harry grogna en voyant la tâche d'encre se former sur sa copie. Il avait déjà recommencé pas moins de trois fois la rédaction et commençait à en avoir ras le bol. Il était près de vingt-et-une heure et il était fatigué. Sa journée avait été longue et les professeurs canulant à répéter encore et toujours que les examens approchaient. Tout le monde était au courant, les élèves encore plus. Mais ça ne semblait pas arrêter les professeurs. Harry se surprit plus d'une fois à vouloir en étrangler plusieurs d'entre eux, Severus en tête puisque le parrain de Henry leur faisait la leçon dès qu'il les voyait. Mais Harry n'était pas le seul à avoir des pulsions meurtrières. Henry commençait à être exaspéré par le conduite de son frère, qui grommelait à tout bout de champ.

Et il n'était pas le seul. Ron et Neville avaient fui depuis longtemps et Henry se surprit à vouloir faire pareil. Hermione semblait plus patiente mais elle n'était pas loin d'exploser.

Un énième soupir sortit de la bouche de Harry suivit d'un grognement.

- Tu recommences, menaça Hermione en sifflant, et je te lance un sort de mutisme !

Connaissant parfaitement les capacités de son amie à réussir un sort et sachant qu'elle était tout à fait capable de mettre ses menaces à exécution, Harry préféra se taire et se concentrer sur ses devoirs en silence.

Trente minutes plus tard, il mit le point final sur sa feuille, finalement content de lui. Il laissa l'encre sécher avant de rouler son parchemin et de l'emmener avec ses affaires jusque dans son dortoir. Ne jamais rien laisser dans la salle commune était une règle que chacun appliquait scrupuleusement parce qu'il y avait toujours de petits plaisantins qui s'amusaient à barbouiller les copies d'encre ou encore piquer parchemins, plumes et encres.

Harry rangea soigneusement ses devoirs dans son sac et se prépara pour la nuit. Sans hésiter, une fois prêt, il grimpa dans le lit de Henry et s'allongea, éreinté. Il ne sentit pas son frère le rejoindre un peu plus tard.

Le lendemain et les autres jours furent également consacrés aux révisions après les cours. Hermione obligeait ses amis à travailler jusqu'à connaître le programme jusque sur le bout des doigts. Harry et Henry se servaient l'un de l'autre pour réciter leurs cours, essayant de les retenir.

Le retard de Harry était presque comblé, les professeurs faisaient en sorte que l'enfant revoie les cours que les autres avaient déjà vu, en parallèle de son apprentissage. Il apprenait vite, parce qu'il était motivé mais aussi grâce à son jumeau, qui lui faisait réciter ses leçons, en plus de son travail normal. Les révisions de son frère étaient un bon moyen pour Harry de connaître les cours de Première Année.

Mais Harry avait un atout que Henry ne possédait pas. Il avait une mémoire photographique qu'il avait développée durant son enfance au manoir Donewood. Balthazar avait horreur du changement, du désordre et de n'avoir aucun contrôle, aussi ne pouvait-il s'empêcher de vérifier que chaque chose était à sa place, au centimètre près, se chargeant lui-même de punir l'incapable qui osait changer quoique ce soit. Ainsi, pour éviter toute correction, les elfes et l'enfant vérifiaient et mémorisaient scrupuleusement l'endroit où était posé l'objet avant de le reposer à l'endroit exact où il l'avait trouvé. Au fur et à mesure des années, Harry avait appris, grâce à Lotty, à rapidement enregistrer les détails d'un simple coup d'œil, évitant ainsi les punitions. En effet, l'elfe lui avait enseigné, non seulement à parler – un vocabulaire basique, un tout petit peu plus développé que le phrasé des elfes de maison qui parlaient d'eux à la troisième personne – mais également à améliorer sa mémoire.

Maintenant, cette mémoire lui permettait de retenir d'un seul coup d'œil ce qu'il lisait ou voyait, le faisant ainsi progresser rapidement. Sans cela, il aurait été incapable d'arriver là où il en était dans ses études. Il devait également une partie de sa réussite à Hermione qui l'avait considérablement aidé dans les premiers mois à Poudlard en lui apprenant à lire et à écrire – même si Severus le lui avait vraiment enseigné – et à Henry qui lui récitait ses cours.

Cependant, cette capacité ne l'aidait en rien à avoir confiance en lui. Pour le moment, il ignorait encore comment allaient se dérouler ses examens et s'il devrait en passer d'autres afin de voir s'il était apte à rentrer en Deuxième Année ou non. Il espérait pouvoir y parvenir mais en doutait.

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Lorsque Henry ouvrit les yeux, bien avant le réveil de Seamus, son estomac se noua.

Examens. C'était aujourd'hui.

À ses cotés, Harry dormait comme un bienheureux, insouciant petit garçon encore au pays des rêves, le nez dans l'oreiller et le pouce dans la bouche.

L'enfant regarda le réveil magique posé sur la table de chevet, avec des chiffres assez grands et lumineux pour que les garçons puissent lire l'heure sans lunettes, et soupira en constant qu'il était à peine trois heures du matin.

Il se laissa tomber sur l'oreiller, se tourna sur le ventre et s'endormit.

Le réveil bruyant de Seamus bipa mais ça ne dura que quelques secondes avant que l'objet ne chute sur la pierre et rende l'âme – allez savoir comment. Malheureusement, ces quelques secondes avaient suffi à réveiller tout le dortoir.

L'un après l'autre, les garçons s'éveillèrent. Les plus rapides filèrent prendre leur douche. Comme tous les matins, il s'agissait des jumeaux qui piquaient la place aux autres, passant sous le nez de Dean et Seamus qui, comme d'habitude, se chamaillaient pour savoir qui occuperait la place le premier.

Quinze minutes plus tard, Harry et Henry étaient fin prêts. Ron dormait encore, ronflant comme un sonneur, et Neville se frottait les yeux en essayant de se réveiller. Seamus arriva à se glisser avant Dean dans la salle de bain, se faisant insulter au passage.

Henry rangea consciencieusement dans son sac de cours parchemins vierges, plumes, plumes de rechange et encre en faisant particulièrement attention à ce que les encriers soient fermés et rangés de façon à ne pas bouger pour ne pas se casser. Il vérifia ensuite son uniforme et noua sa cravate, jetant un rapide coup d'œil à Harry. Son frère semblait presque détendu et c'était presque anormal. D'habitude, à chaque examen, Harry était plus stressé que Henry et là, c'était l'inverse. Cela dit, en regardant avec attention, l'enfant découvrit que les mains de Harry tremblaient et étaient incapables de nouer correctement le nœud de cravate. Il était obligé de s'y reprendre à plusieurs fois. Préoccupé par sa propre cravate, Henry le laissa se débrouiller.

Un peu plus tard, occupés à grignoter le contenu de leur assiette, l'estomac noué par l'appréhension, les jumeaux ne virent pas Ron s'affaler à table et commencer à remplir son assiette. En revanche - et à leur grand malheur - ils entendaient parfaitement Hermione ressasser inlassablement des dates, des sorts, des ingrédients, des personnages célèbres et autre, si bien qu'avant la fin du petit-déjeuner, Henry quitta la table, rapidement suivi par son frère et quasiment l'ensemble des Gryffondor.

Les jumeaux se laissèrent glisser le long d'un mur à quelques pas de la grande salle.

- Elle était obligée de parler encore et encore ? demanda Henry sans vraiment attendre de réponse. Elle a retenu tout le programme. Je ne sais pas la moitié de ce qu'elle sait.

Henry pleurait presque. Il savait que Hermione était meilleure que lui, mais il était inquiet. La fillette savait tout sur le bout des doigts alors que lui – après avoir travaillé comme un forcené – n'en savait pas autant. Allait-il échouer ? La panique, déjà présente, monta encore d'un cran.

Finalement, les garçons prirent la direction de la salle d'examen. Ils étaient les seconds. La première était Pansy Parkinson. C'était une fille de Serpentard au visage dur, dont la tête ressemblait à celle d'un pékinois. Pourtant, là, elle semblait triste. Et aucun élève de sa maison n'était là alors que les Vert-et-argent étaient connus pour se déplacer en bande. Les jumeaux ignoraient que les Serpentard l'avaient mise au ban de leur maison.

Quand elle entendit les garçons s'approcher, elle leva les yeux et tomba sur les coupables qui avaient fait d'elle une paria dans sa propre maison. Son regard froid les dissuada d'approcher.

Henry s'installa par terre, près de la porte, rejoint par Harry.

Ils patientèrent en silence, les yeux fixés sur l'horloge. Ils furent bientôt rejoints par les autres élèves, toutes maisons confondues. Ils commençaient par la métamorphose. La théorie d'abord puis la pratique ensuite.

Il était neuf heures moins deux lorsque le professeur McGonagall ouvrit la porte. Les élèves entrèrent en silence et s'installèrent.

- Vous avez une heure trente pour votre dissertation. À dix heures quarante-cinq, vous passerez un par un devant moi pour la partie pratique. À partir de maintenant, je ne veux plus entendre un bruit, prévint le professeur. Commencez !

Sur chaque table, des parchemins avaient été posés, retournés, ainsi que de nouvelles plumes enchantées pour ne pas tricher. Les élèves tournèrent leur copie. On pouvait entendre des soupirs, restait à savoir si c'était des soupirs de soulagement ou d'inquiétude face aux questions.

Henry parcourut rapidement le parchemin, se détendant au fur et à mesure. Il avait assez étudié. Plume en main, il commença à répondre, s'appliquant dans ses réponses.

À ses côtés, Harry faisait de même. Les questions étaient plus simples que celle de Henry mais elles correspondaient à ce que Harry avait étudié pendant l'année.

L'heure et demi passa rapidement.

- Posez vos plumes. L'examen est fini. Vous avez quinze minutes de pause. J'appellerai ensuite chacun d'entre vous par ordre alphabétique.

Les élèves sortirent, en partie soulagés que ça soit fini. Harry refusa de dire comment il sentait ses résultats, tout comme Henry. Hermione, quant à elle, débitait au mot près ce qu'elle avait écrit. Ron et Neville pâlissaient au fur et à mesure qu'ils écoutaient ses réponses. À croire qu'elle avait régurgité le livre entier de métamorphose.

Les quinze minutes passèrent rapidement. Peut-être trop pour la pauvre Hannah Abbot, première de la liste.

- Mademoiselle Abbot, fit le professeur impitoyablement. Les autres, mettez-vous par ordre.

La fillette respira profondément et entra à la suite de McGonagall dans la salle. La porte se referma. Et malgré les quelques élèves qui collèrent leur oreille contre l'huis, personne ne sut ce qu'il se passait. Hannah en ressortit quelques minutes plus tard, rouge mais soulagée. On eu beau lui demander ce qu'elle avait dû faire, elle garda le silence. Mais apparemment, ça s'était bien passé.

- Mademoiselle Aguerby.

Samantha chercha du soutient chez ses camarades de maison avant d'y aller. Quand elle sortit, elle donnait l'impression qu'elle allait fondre en larmes.

La liste continua. Hermione était passée, radieuse, de même que Neville qui était ressorti plus serein qu'il n'était entré. Ils en étaient à P. Parvati, qui attendait de passer en se rongeant les ongles. Sa sœur était dans la salle. La tension montait d'un cran à chaque élève qui sortait. Personne, sauf ceux qui étaient passés, ne savait ce qu'il se passait et chacun imaginait le pire.

Ce fut enfin le tour de Harry. Il entra tremblant et ne put s'empêcher de couiner en entendant la porte se refermer dans son dos.

- Tout va bien se passer Monsieur Potter, fit la femme d'un ton rassurant en s'installant à son bureau. Sortez votre baguette.

Harry s'exécuta, non sans s'y reprendre à plusieurs fois car ses mains tremblaient tellement qu'il eut du mal à tirer la baguette de sa poche. Il essuya ses paumes moites sur le tissus de son pantalon d'uniforme.

- Je veux voir ce dont vous êtes capable, expliqua McGonagall. Vous allez me transformer cette allumette en aiguille. Détendez-vous, tout va bien se passer.

Harry prit une profonde inspiration pour se calmer et pointa sa baguette sur l'allumette. Il énonça le sort. McGonagall testa la métamorphose sans un mot. Croyant que l'examen était fini, l'enfant rangea sa baguette mais sa professeur lui fit signe qu'il devait rester.

- Maintenant, vous allez me transformer cette souris en tabatière.

Harry fixa l'animal figé que McGonagall venait de déposer sur le bureau. Cette métamorphose était plus ardue pour le petit garçon. Si la première, il l'avait déjà vu en début d'année, la seconde était plus récente. Ils l'avaient étudié dans le courant du dernier trimestre. Enfin, les autres élèves, lui s'était contenté d'écouter le cours tout en faisant ses propres exercices. Allait-il réussir ? Il en doutait fortement. Pas un seul instant, il se demanda pourquoi McGonagall lui avait imposé cet exercice qui n'était clairement pas de son niveau.

- Vous êtes prêt ?

À nouveau, Harry pointa le bout de sa baguette sur l'animal cette fois-ci et énonça la formule. Mais contrairement à l'allumette devenue aiguille, la tabatière avait encore ses moustaches, une queue et quelques poils. Lorsqu'il risqua un regard vers son professeur, il vit les lèvres se pincer. Ce n'était pas bon signe.

McGonagall laissa partir son élève qui avait envie de pleurer. Il avait échoué et se sentait misérable.

- Monsieur Henry Potter, appela le professeur.

Henry jeta un rapide coup d'œil à Harry. Il aurait voulu le rejoindre pour le consoler mais Minerva lui fit signe d'entrer.

- Plus vite vous ferez votre métamorphose, plus vite vous pourrez rejoindre votre frère. Sortez votre baguette et transformez-moi cette souris en tabatière.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Henry réalisa la métamorphose avec un certain brio et on ne voyait pas qu'il s'agissait d'une souris au départ. Le garçon se sentait assez fier de lui. Il avait révisé ses sorts jusqu'à les maîtriser et ça avait payé.

- Vous pouvez y aller.

Henry ne se le fit pas répéter deux fois. Il récupéra son sac, rangea sa baguette et dix secondes plus tard, il courait à travers les couloirs afin de rejoindre son frère qui, il l'espérait, devait se trouver dans la salle commune des Gryffondor.

Finalement, Harry n'était pas loin de la salle de Métamorphose. Il s'était laissé tomber par terre au beau milieu d'un couloir désert, les genoux remontés et le menton et la tête dans les bras. Il ne fallait pas être intelligent pour voir que quelque chose n'allait pas.

- Harry ? appela Henry sans crier, sa voix résonnant à travers le couloir.

L'enfant se tourna et montra son air déprimé. Henry le rejoignit rapidement et lui prit la main en se mettant à sa hauteur.

- Qu'est-ce qui s'est passé ?

Au moment où la question franchissait ses lèvres, Henry sut que c'était stupide de la poser. Ça se voyait. Harry avait cet air après un contrôle quand il était certain d'avoir échoué, ce qui était rarement le cas puisque à chaque fois, l'enfant avait d'excellentes notes.

- Elle t'a demandé quoi ?

- De métamorphoser une allumette en aiguille.

- Et tu as réussi ?

- Je crois.

- Alors pourquoi tu as l'air aussi déprimé ?

- Parce qu'elle m'a aussi demandé de transformer une souris en tabatière. Et elle a pincé les lèvres quand elle a vu ma tabatière.

Les épaules de Harry s'affaissèrent. Son frère savait pertinemment que tenter de lui remonter le moral serait peine perdue, Harry n'écouterait rien, se fermerait, s'apitoierait sur son sort et sur le fait qu'il était stupide. La première fois que Harry avait fait cela après un devoir, il s'était presque mutilé quand Henry avait essayé de le rassurer. Poppy, après avoir vu son patient, en avait conclu que Harry reproduisait le schéma d'un elfe de maison, à savoir se punir lui-même pour son incompétence.

Il n'y avait que les résultats qui rendraient ou non le sourire à Harry. Pourtant, Henry était convaincu que son jumeau avait réussi et que la dernière métamorphose était juste pour savoir à quel niveau il était. Mais Henry préféra se taire, se contentant de serrer la main dans la sienne. Heureusement pour eux, Hermione n'était pas là. Tellement excitée par les examens, elle en oublierait presque la panique des autres et débitait sans cesse ce qu'elle avait écrit.

Quelque part dans le château, la cloche sonna l'heure du repas. Il était midi et les épreuves de l'après-midi recommençaient à treize heures. Les jumeaux avaient passé trente minutes tous les deux, sans voir que les élèves de Première Année qui étaient passés après eux, rejoignaient la Grande Salle un à un.

- On va manger ? proposa Henry.

- Je n'ai pas faim et je ne veux pas voir Hermione.

Dans un sens, Henry comprenait parfaitement, lui non plus n'avait pas vraiment faim et ne voulait pas voir Hermione, sous aucun prétexte. Il n'avait pas envie de l'entendre parler du prochain examen et de savoir sur quoi ça porterait ou de l'entendre réciter mot pour mot ses livres de cours.

Pourtant, s'ils n'allaient pas manger et s'ils ne faisaient pas acte de présence dans la Grande Salle, ils risquaient tous les deux de se faire incendier par Severus ou Poppy. Et ça, ni Henry ni Harry n'en avaient envie.

Ils s'installèrent assez loin du groupe, rien qu'à voir le visage verdâtre de Ron, Hermione parlait encore de ses connaissances. Les jumeaux picorèrent plus qu'ils ne mangèrent et quittèrent la table à peine dix minutes après s'être assis. Les mets délicieux et appétissants ne passaient pas et semblaient fait de carton ou de papier.

Les examens défilèrent. Durant celui de Sortilèges, après l'examen théorique, les élèves, furent, comme pour la métamorphose, appelés un par un dans la salle, par Flitwick qui leur demanda à chacun de faire danser un ananas sur une table. Si Henry avait réussi, Harry, lui, était seulement parvenu à faire vaguement bouger le fruit. Celui-ci s'était mis à tanguer. En revanche, il avait réussi le sortilège de lévitation que le minuscule professeur avait également exigé.

Le lendemain, ils continuèrent avec Potions. Tous les élèves tremblaient, Harry et Henry compris, pendant qu'ils réalisaient chacun de leur côté une potion d'amnésie. Même Harry devait la réaliser. Le soir, à minuit, ils montèrent au sommet de la plus haute tour pour leur examen d'astronomie.

Le mercredi, ils eurent Histoire de la Magie. Un contrôle d'une heure pendant laquelle ils durent répondre à des questions concernant de vieux sorciers un peu fous, inventeurs de chaudron dont le contenu tournait tout seul. Et puis, ils eurent Botanique dans la foulée. Ils durent s'occuper d'une bouture de Filet du Diable.

Le jeudi matin fut consacré à l'épreuve de Défense contre les Forces du Mal. Même si Remus était professeur, et que les jumeaux le connaissaient, il était aussi intransigeant avec eux qu'avec les autres Première Année.

Lorsque Remus leur annonça qu'ils étaient libres, les élèves ne purent s'empêcher de pousser des acclamations de joie. Ils avaient une semaine de vacances avant les résultats et comptaient bien en profiter.

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La fin de l'année était proche. Il ne restait que quinze jours. Mais, au lieu d'en profiter pleinement, les élèves commençaient à attendre, angoissés, leurs résultats prévus pour dans quelques heures. Les salles communes étaient toujours soumises aux règles du silence car pour les Cinquième et Septième Années, les BUSEs et les ASPICs n'étaient pas encore finis. S'ils voulaient faire du bruit, les autres années devaient aller dehors et le temps radieux qu'il faisait les y incitait.

Le petit groupe composé de Ron, Neville, les jumeaux et Hermione, profitait pleinement du soleil, assis au bord du lac. Ron avait amené son jeu d'échec et jouait contre Henry. Hermione, Harry et Neville discutaient botanique. Harry écoutait d'une oreille distraite tout en jetant régulièrement des coups d'œil sur le plateau de jeu. Son frère perdait encore, mais gagner contre Ron était presque impossible.

Si les élèves se prélassaient, les professeurs, eux, discutaient, comme chaque année, de tel ou tel élève afin de savoir si ses résultats étaient satisfaisant pour passer ou ne l'étaient pas assez, dans ce cas, l'élève en question devait redoubler son année.

Ils avaient commencé par les Sixième Année et terminaient en ce moment les Deuxième Année. Il ne leur restait que les Première Année. Jusque là, ils étaient tous tombés d'accord et n'avaient eu à programmer aucun redoublement. Maintenant, les choses se corsaient. Dans la grille de résultats que tenait Minerva McGonagall et que personne n'avait encore vu, pas même la professeur de Métamorphose, trois élèves dont deux en particulier, étaient susceptible de devoir rester en Première Année. Le troisième, c'était moins sûr et il avait de bonnes chances de passer.

- Bien, commençons. Abbot Hannah, fit la directrice-adjointe en consultant la grille de notes. D'après ses résultats, elle passe. L'un de vous est-il contre cette décision ?

Personne ne se manifesta et la professeur de Métamorphose cocha sur un second parchemin listant les élèves qui passaient dans la classe supérieure ou non. La jeune Abbot allait donc entrer en Deuxième Année à partir de septembre.

Ils passèrent en revue les élèves un à un jusqu'à arriver à Potter, Harry.

- Ses résultats sont moyens. Il n'a pas tout à fait le niveau pour entrer en Deuxième Année mais il a celui d'un élève de Première Année. Si nous avons fait passer Messieurs Crabbe et Goyle, je pense que nous pouvons faire passer Monsieur Potter. S'il travaille un peu cet été, il sera au point pour la rentrée. L'un de vous conteste le passage ?

Aucune main ne se leva. Tout le monde était d'accord avec Minerva. Refuser alors que chacun avait mis volontairement Harry en difficulté en lui faisant passer deux tests sur la partie pratique – un pour tester ce que l'enfant avait retenu lors des cours particuliers et l'autre pour avoir une idée de ses connaissances en temps qu'élève de Première Année – non pas pour le faire redoubler mais pour évaluer son véritable niveau, n'aurait pas été professionnel. Si Harry avait le niveau, alors autant le laisser passer dans la classe supérieure. Ils passèrent au suivant. Henry fut bien entendu accepté également, avec des résultats plutôt bons, comme à son habitude.

Severus était ravi des résultats des jumeaux tout comme Sirius. Certes, Harry allait devoir rattraper son retard mais rien n'était insurmontable.

Une bonne heure plus tard, Minerva allait afficher les listes dans le hall. Seuls les Cinquième et Septième Années recevraient leurs résultats par hibou courant juillet.

À dix-huit heures, il y eut une ruée vers les listes afin de voir dans quelle colonne était son nom.

Absolument pas pressé de savoir, Harry restait en retrait, attendant qu'il y ait moins de monde pour voir son échec. Henry, lui, avait tenté de traverser la marée humaine mais sa taille faisait qu'on le remarquait à peine et on l'écrasait sans vergogne ou alors il se faisait éjecter purement et simplement. Alors, préférant rester en vie et entier, le petit garçon resta auprès de son frère.

Peu à peu, la foule se dispersa et les jumeaux purent enfin s'approcher pour regarder les résultats.

Par réflexe, Harry commença par la colonne des redoublants avant de voir qu'elle était vide. Stupéfait de ne pas y lire son nom, il regarda dans celle des admis à passer dans la classe supérieure et son cœur fit un bond dans sa poitrine. Sur son visage, se dessina un grand sourire.

- Tu vois qu'il ne fallait pas stresser comme ça, lui souffla Henry.

Sur ce coup-là, Harry fut totalement d'accord avec son frère.

Dans la salle commune, ils retrouvèrent Hermione, Ron et Neville qui avaient été admis eux aussi. Afin de le féliciter, le jeune Weasley se permit d'étreindre rapidement Harry qui, fait assez surprenant, se laissa faire avec un relatif plaisir.

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L'année se terminait. Le lendemain, les élèves rentreraient chez eux. Mais avant, il restait encore le banquet de fin d'année. C'était l'occasion de décerner la Coupe des Quatre Maisons à celle qui aura rapporté le plus de points. Pour l'instant, la maison Serdaigle était en tête, talonnée par Gryffondor et Poufsouffle. Serpentard était loin derrière. Apparemment, ils n'avaient jamais pu rattraper tous les points perdus.

Severus avait fini de manger et leva les yeux au plafond afin de ne pas voir les deux bannières bleues et bronze des Serdaigle qui ornaient la Grande Salle, quoiqu'il préférait encore celles-là à celles rouge et or des Gryffondor. Le rouge avait tendance à l'énerver et lui donner envie de vomir. Et dire que ses neveux s'y trouvaient. Mais ce n'était guère surprenant. Pour aucun des deux.

Un coup de coude discret mais fort douloureux dans les côtes, lui fit tourner la tête vers Sirius qui était encore un parfait exemple de la maison des Lions. Severus se fit la réflexion qu'il était entouré de Lions. Ses neveux, les amis de ses neveux, la famille des amis de ses neveux, ses propres amis. Même son directeur devait être un Gryffondor, cela dit, ça restait à prouver. Albus avait le don de manipuler les gens et à leur faire faire exactement le contraire de ce qu'ils ne voulaient pas. Après dix ans, Severus ne savait toujours pas comment le vieux directeur faisait. Mais il avait toutes les qualités d'un Serpentard, ce vieux fou.

- Sirius, maugréa Severus qui sentait une migraine pointer doucement le bout de son nez à cause du vacarme ambiant. Que veux-tu ?

- Arrête de soupirer et pester à tout va ! C'est la fin de l'année.

- Si c'est juste pour me faire cette remarque que tu m'as dérangé, je crois que tu vas devoir retourner Square Grimmaurd pour les vacances ! répliqua Severus, sarcastique.

Ça y est, la migraine était là et il n'avait pas de potion à portée de main. Que Merlin lui vienne en aide !

- Penses-tu que j'aurai osé te déranger pour ça ?

- À une époque, ça ne t'aurait pas gêné.

- Severus, j'ai grandi. Il serait temps que tu le remarques ! Enfin bref. Vous partez quand avec les garçons ?

- Demain. Pourquoi ?

- Ça te dérange si je pars en même temps que vous ?

Oui, ça le dérangeait mais Severus n'osa pas le dire. Mine de rien, l'amitié de Sirius lui était importante, autant que celle de Remus et Peter. Ce n'était pas qu'il refusait la présence du parrain de Harry, il avait même proposé à Sirius de venir s'installer chez lui, pour que l'héritier des Black puisse remplir son rôle de parrain et de tuteur, mais Severus aurait préféré passer quelques jours juste en compagnie des garçons afin de pouvoir souffler. Juste un jour ou deux, peut-être trois. Parce que le professeur de Duel était un rien exubérant quand il s'y mettait et il était vite fatiguant.

- Non.

- Menteur.

Severus esquissa un sourire imperceptible.

- Nous partons à seize heures précises. Tâche d'être à l'heure pour une fois sinon tu restes là ou tu vas Square Grimmaurd.

- Seize heures. C'est noté.

Sirius était conscient que Severus ne partirait pas sans lui mais, qui sait, le glacial professeur de Potions était bien capable de mettre ses menaces à exécution.

- Les garçons sont au courant ?

- Non, je leur dirai demain.

Un tintement cristallin résonna dans la Grande Salle, faisant taire toutes les conversations. Pour un peu, Severus aurait embrassé Minerva s'il n'avait pas une réputation à tenir et s'il n'y avait pas tous ces élèves et ces professeurs.

Dumbledore se leva de son fauteuil, un sourire bonhomme sur les lèvres. Le connaissant, Severus était certain que le directeur allait enfin décerner la coupe bien que tous sachent déjà qui était le vainqueur.

- Une autre année s'achève. Vos têtes sont un peu plus remplies qu'à votre arrivée et vous avez toutes les vacances pour tout oublier. Trêve de bavardages. Le moment est venu de décerner la Coupe des Quatre Maisons. Le décompte des points nous donne le résultat suivant : en quatrième place, Serpentard avec deux-cent trente-huit points. En troisième place, Poufsouffle, avec trois cent quatre-vingt-sept points. En deuxième place, Gryffondor, avec quatre cent trente-huit points. Et enfin, à la première place Serdaigle, avec quatre-cent soixante-seize points.

Dans la salle résonna un tonnerre d'applaudissements. Le minuscule professeur Flitwick, directeur de Serdaigle était tout content, à tel point qu'il sautillait sur sa chaise. On voyait bien que Severus était fort insatisfait quand il serra la main de l'actuel détenteur de la coupe, mais Serpentard avait mérité sa place en dernière position. On ne touchait pas à Harry et Henry Potter sans en assumer les conséquences. Maintenant Severus était sûr que le message était passé et il n'hésiterait pas à retirer encore des points si les Serpents décidaient d'outrepasser les ordres de leur directeur.

Dumbledore se rassit, sonnant ainsi la fin du repas. Tous les élèves se levèrent pour rejoindre leur salle commune ou partir se coucher. Les procrastinateurs firent leur valise au tout dernier moment.

Harry et Henry finirent de se préparer pour la nuit. Leur dernière nuit à Poudlard. Ni l'un ni l'autre n'avait vraiment envie de partir mais Henry voulait retrouver sa chambre chez lui, dans la petite maison que Severus avait achetée voilà dix ans, au cœur du Londres moldu. Henry avait envie de changer d'air même s'il savait que Poudlard lui manquerait pendant les deux mois où ils seraient absents.

Harry, quant à lui, bien qu'il sache qu'il allait vivre chez Severus avec Henry, était inquiet à l'idée de quitter Poudlard. C'était devenu, comme pour beaucoup d'élèves, sa maison. Il s'y sentait bien et tous ses souvenirs heureux étaient ici. D'un autre côté, il avait envie d'aller à Londres car Henry ne cessait d'en parler avec exaltation.

Les garçons se couchèrent sans se douter que le lendemain, une surprise les attendrait.


À suivre


Je posterai le dernier, j'espère, jeudi 22 mars. Ce ne sera pas un épilogue vu qu'il y a une suite.