Beta : Grealyl que je remercie
Note : Pour les reviews anonymes, je tiens à remercier adenoide et asticot. Je tiens aussi à remercier tous ceux qui m'ont lu, laissé un message, mis en alerte, en favori,... J'espère avoir répondu à tout le monde.
Chapitre 15
Les jumeaux Potter avaient laissé leurs malles dans le dortoir, un elfe de maison de Poudlard était chargé d'acheminer les bagages à destination, à savoir chez Severus. Les garçons purent donc se rendre dans les cachots, habillés simplement d'un pantalon de toile et d'une chemisette.
Lorsqu'ils frappèrent à la porte des appartements privés du professeur, il n'était pas encore quinze heures. Le parrain de Henry leur avait demandé de venir un peu plus tôt.
Sachant pertinemment que personne n'était là pour voir son image de papa-poule et ainsi balayer dix ans de réputation de terreur des cachots – même si sa réputation d'être sans cœur était fichue puisque tout le collège ou presque savait qu'il était le parrain et le tuteur de Henry – Severus prit les garçons dans ses bras avant de leur désigner le canapé.
- Sirius va venir vivre avec nous, déclara-t-il de but en blanc.
Les jumeaux se regardèrent, perplexes. Non pas qu'ils refusaient que Sirius vienne, loin de là mais ils avaient cru, enfin Henry avait cru que Sirius viendrait plus tard passer quelques jours. Pas venir vivre chez eux.
- Définitivement ? s'enquit Henry avec un grand sourire.
- Jusqu'à ce que vous soyez assez grands pour vous séparer plus de quelques jours.
- Je ne comprends pas, avoua Harry sans honte.
À ses côtés, Henry était tout aussi perdu. Il n'avait pas été prévu qu'ils se séparent. Severus soupira. Bien sûr qu'ils ne comprenaient pas puisqu'ils ignoraient tout de l'arrangement pris entre les deux professeurs.
- Je m'en doute un peu. Comme vous le savez, il était prévu que je sois votre tuteur mais que Sirius et moi allions nous partager votre garde pour ne pas déposséder entièrement Sirius de ses droits.
Ça oui, les jumeaux le savaient bien qu'au début, ils avaient trouvé cela injuste que l'un des deux soit clairement lésé. Mais lorsque Sirius leur avait expliqué sérieusement qu'il était préférable que Severus les éduque tout les deux parce qu'il avait l'habitude, ils avaient accepté, de mauvaise grâce il faut bien l'avouer, mais ils n'avaient vraiment eu le choix.
- Cependant, quelque chose a changé, poursuivit Severus. Quand nous avons voulu officialiser mon droit de tutelle sur vous deux après le procès, le ministère a décrété que c'était hors de question. Albus nous a prévenu que notre demande avait été rejetée courant mars. En fait, un parrain peut être déchu de ses droits si, et seulement si il est déclaré inapte par le ministère ou est décédé. Ce qui n'est pas le cas de Sirius. Il a donc la garde pleine et entière de Harry et en dehors de Poudlard, c'est à lui que revient la garde de Harry. La garde alternée est impossible.
Le regard effrayé des garçons n'échappa pas à Severus. Il comprenait parfaitement qu'ils refusaient de se séparer. De toute manière, c'était impossible et rigoureusement hors de question.
- Comme vous séparer est hors de question, Sirius et moi avons décidé, d'un commun accord, que nous allions vivre tous les quatre sous le même toit. Et la maison familiale des Black étant hors de question, c'est sur ma maison que le choix s'est porté. Enfin, j'ai exigé que Sirius vienne plutôt qu'aller vivre Square Grimmaurd.
- Heureusement, grommela Henry en frissonnant.
Harry fixa son frère et Severus sans comprendre. Qu'avait donc la maison des Black pour être si effrayante ?
- Qu'est-ce qui ne va pas là-bas ?
- Madame Black, expliqua Severus. Le portrait de la mère de Sirius. Je n'ai jamais entendu une femme hurler et jurer de cette manière. Et la maison n'est guère habitable.
- À chaque fois que j'y allais, je restais avec Oncle Sirius parce que j'avais la trouille de la maison.
Il n'y était allé que deux fois et n'était pas resté plus d'une journée en tout et pour tout. La maison n'était guère accueillante. Sirius avait tenté d'y faire des travaux mais la tâche était titanesque. Il valait mieux raser la baraque. Mais il n'y avait pas que cela. Les Black étaient de grands collectionneurs d'objets étranges et surtout d'artefacts teintés de magie noire. Il y en avait partout et Sirius, malgré toutes ses précautions, ses mises en garde, ses rangements et ses tris, n'avait pas pu empêcher Henry d'en trouver un et de commencer à jouer avec. L'enfant avait huit ans. Heureusement pour eux, Sirius ne laissait jamais son neveu seul dans une pièce et était intervenu à temps pour lui retirer l'objet des mains. Depuis, Henry n'y avait plus jamais mis les pieds, pour son plus grand bonheur.
Il était quinze heures cinquante lorsque Sirius entra dans les appartements du professeur de Potions. Severus le prévint d'emblée qu'il venait de mettre les jumeaux au courant.
À quinze heures cinquante-neuf, Severus prit la main de Harry pendant que Sirius faisait de même avec Henry et, après avoir annoncé avec la poudre de cheminette leur destination, ils arrivèrent dans un salon aux dimensions honorables. Moins de quinze secondes plus tard, Henry avait pris son frère par le bras et le traînait à sa suite à travers toute la maison avant de débarquer dans la cuisine pour goûter.
0o0
Le 1er septembre approchait. Il restait encore quelques heures avant le départ du Poudlard Express.
La pluie tombait sans discontinuer depuis la veille. Sirius regarda par la fenêtre du salon, les gouttes se déverser sur les vitres, avant de se tourner vers Severus, plongé dans son exemplaire du Potionniste. Dehors, Big-Ben sonnait dix-neuf heures. Un hurlement fit lever la tête des deux professeurs qui, entraînés pour réagir au quart de tour, filèrent voir ce qu'il se passait, baguette au poing et les sens en alerte.
Ils découvrirent Henry fouillant frénétiquement dans ses malles béantes. La plupart de ses vêtements étaient par terre, certains avaient même fini leur course sur la commode.
- Je peux savoir ce qu'il s'est passé ici ? s'étonna Sirius. On dirait qu'une tornade a pris naissance dans ta chambre.
- Il me semblait avoir dit que les malles devaient être bouclées pour le dîner, rappela Severus les sourcils froncés.
Le regard que Henry leur lança n'avait rien de très rassurant, un peu trop sombre. Visiblement, l'enfant était furieux. Restait à savoir contre qui.
- Je cherche quelque chose. Je suis sûr que Harry m'a caché ma cravate ! HARRY! beugla l'enfant de toute la force de ses poumons.
Sirius se retint de rire et Severus dût se mordre férocement les joues pour ne pas sourire et rester impassible.
Un petit bout d'homme fit son apparition dans sa chambre, un peu surpris d'avoir été appelé aussi bruyamment. Quand il vit son jumeau le fusiller littéralement du regard, Harry eut l'envie de prendre la poudre d'escampette et de retourner là d'où il venait. Il ne savait pas du tout ce qu'il avait fait mais ça n'avait rien de très rassurant. Surtout que Henry soufflait comme un dragon fou de rage. Sirius et Severus prirent le parti de s'éclipser. Ils pourraient toujours intervenir dans le cas où les enfants en viendraient aux mains, mais, jusque là, ça n'était pas arrivé et les adultes espéraient que ça viendrait le plus tard possible. Les jumeaux avaient encore besoin l'un de l'autre.
- Oui ? fit Harry aussi naturellement que possible, après tout il n'avait rien fait, enfin rien dont il se souvenait.
- Je suis sûr que c'est toi qui m'a pris ma cravate ! Elle est où ? !
- Ta cravate ? Laquelle ?
- Celle de mon uniforme, espèce de crétin ! brailla Henry.
- Mais je n'y ai pas touché !
- Elle était sur mon lit ! Et elle n'y est plus ! Quelqu'un y a forcément touché !
Harry jeta un rapide coup d'œil à la pièce dévastée, puis il se souvint que Henry pouvait se montrer affreusement distrait, il lui arrivait de prendre un objet et de le chercher ensuite alors qu'il était sur ses genoux ou dans sa main. L'héritier Potter darda donc un regard sur son frère.
- Essaie autour de ton cou.
Henry s'exécuta et tâta son col. Sous ses doigts, il trouva la cravate fugueuse et rougit, faisant rire Harry.
En deux mois, l'enfant avait changé. Il était plus vif et moins enclin au repliement sur soi. Il tolérait les accolades pour peu qu'on ne le prenne pas par surprise et il lui était arrivé plus d'une fois pendant les vacances de se disputer sur des sujets futiles – comme la disparition des cravates – avec Henry.
Harry retourna dans la bibliothèque afin de finir la lecture de son roman. Il pensait pouvoir en voir le bout mais Sirius vint le chercher pour l'informer qu'ils allaient passer à table. À croire que le monde entier se liguait contre lui.
- J'arrive.
Il referma son livre et le posa sur une étagère avec la ferme intention de le finir avant d'aller se coucher.
Au moment de se mettre au lit, sans avoir achevé son livre, Harry repensa à ses vacances. Il avait passé deux mois merveilleux. Durant le premier mois, ils partageaient lui et Henry, leurs journées entre leurs devoirs scolaires et les jeux. Severus avait été intransigeant, les garçons devaient étudier au moins deux heures le matin. Harry, lui travaillait deux heures de plus afin de combler les lacunes qu'il avait encore dans certaines matières afin de ne pas être en retard dès la rentrée. Et durant le second, ils avaient passé quelques jours chez les Weasley, sans Neville ni Hermione.
Pour la première fois de sa vie, Harry avait fêté son anniversaire. Henry lui avait confié que, d'ordinaire, il le fêtait avec Neville, né le même jour qu'eux mais, cette année, ça n'avait pas pu se faire. Ron n'avait pas pu non plus venir, de même que Hermione. Neville, quant à lui, était resté chez sa grand-mère parce que, d'après lui, il avait été puni. Il avait soi-disant fait exploser toutes les vitres du manoir et une bonne partie des murs. Augusta avait refusé de lever la punition, à la grande fureur de son petit-fils et malgré les suppliques de Henry. Résultat, les Potter étaient restés en famille, avec leurs parrains respectifs, Remus et Peter. Ça avait été une belle journée, le temps avait même été de la partie, il avait fait beau et chaud.
Sinon, autre fait important, les garçons avaient grandi. Ils avaient pris près de dix centimètres et pas moins de onze kilos. Cela dit, ils avaient été aidés en grande partie par une potion de croissance fournie par Severus qui avait bien compris que ses neveux voulaient tenter d'entrer dans l'équipe de Quidditch à la rentrée, même si lui n'était pas du tout pour. Et pour les repas, le professeur de Potions était également un cuisinier hors pair qui refusait catégoriquement que ses convives ne finissent pas leur assiette et se contentent de picorer tels des moineaux.
Lorsque Henry le rejoignit, il lui sourit.
- Prêt pour demain ?
- Oui.
0o0
Sirius battit le rappel et sourit en entendant deux pachydermes dévaler l'escalier en courant. Harry et Henry se présentèrent devant lui, prêts. En les voyant, Severus se retint de leur demander d'aller se coiffer. Il savait parfaitement qu'ils avaient fait leur possible mais que dompter les mèches rebelles était impossible. Il se contenta de faire descendre les malles bouclées pendant que Sirius vérifiait que les cages de Helga et Hedwige étaient bien fermées.
Il était dix heures quarante-cinq quand ils arrivèrent à la gare de King Cross et passèrent la barrière entre les voies 9 et 10, les menant voie 9 ¾.
Le Poudlard Express était là, sa locomotive d'un rouge vif crachait des panaches de fumée. Les élèves et les parents se pressaient sur le quai, les premiers pour se trouver une bonne place avant que le train ne soit bondé et les seconds, pour vérifier que leur douce progéniture n'avait rien oublié et ne tenterait pas de partir sans dire au revoir.
Les jumeaux montèrent dans un wagon afin d'y déposer leurs affaires, aidés par Sirius et ressortirent, voir si Ron, Neville ou Hermione n'étaient pas là. Ils aperçurent une masse de cheveux roux arriver à travers la foule et Henry sut que l'un de ses meilleurs amis était là.
Ron apparut, le sourire aux lèvres. Il avait à peine grandi durant l'été mais restait toujours plus grand que les Potter. Il les salua d'une tape amicale sur l'épaule. Madame Weasley les serra l'un après l'autre contre elle, à leur en broyer les os. Henry eut une impression de déjà-vu. L'année précédente et à chaque fois qu'elle le voyait, Molly Weasley lui avait fait ce qu'il appelait un gros câlin maternel. Même si elle manquait l'étouffer à chaque fois, Henry ne se dérobait jamais, ravi de connaître l'étreinte d'une maman. Harry se laissait faire également, avec, à chaque fois, un sourire aux lèvres et les larmes aux yeux.
À dix-heures cinquante-neuf, le train siffla. Le moment du départ était proche. Henry fonça dans les bras de son parrain, quémandant une dernière étreinte avant de monter, tandis que Sirius serrait Harry qui pleurait à chaudes larmes sans bien savoir pourquoi.
- Le moment des adieux est une douce tristesse, fit Severus en serrant à son tour brièvement Harry contre lui.
- Qui a dit ça ? demanda l'enfant en s'essuyant les yeux.
- William Shakespeare.
- Eh bien, il a raison.
Severus pouffa.
- On se voit au banquet ce soir, idiot.
Et il poussa doucement son neveu vers le train. Henry était déjà monté et attendait son frère. Oui, ils se reverraient à Poudlard mais pour Harry, ça ne sera pas pareil.
Le train s'ébranla. Les parents agitaient les mains en guise d'au revoir, les plus jeunes qui n'étaient pas en âge d'aller à Poudlard courraient le long du quai derrière le train en riant et pleurant à la fois.
Severus et Sirius, eux, ne firent que regarder le train partir avant de reprendre le passage qui les conduirait dans le monde moldu.
Sirius sentit plus qu'il ne vit, une fiente de pigeon tomber sur sa manche de pull, tâche blanchâtre sur la laine noire. Parfaitement inesthétique. Il soupira de désespoir en se demandant ce qu'il avait fait à Merlin pour ça.
- Il y a vraiment quelque chose de pourri au royaume de Merlin.
FIN
Voilà, c'était le dernier chapitre de cette fiction. La suite est commencée. Il ne s'agit pas de la rentrée en Deuxième Année mais en Septième Année.
Merci à vous tous et à vous toutes d'avoir suivi cette fiction. D'avoir laissé des reviews, grâce à vous, j'ai dépassé la barre des 100 et je ne pensais pas y arriver un jour quand j'ai posté le premier chapitre. Cette fiction a été un défi que je me suis imposée : es-tu capable d'écrire pour un public et de te soumettre à son jugement ? Pas facile quand on n'a pas confiance en soi mais je l'ai fait et j'en suis fière mais c'est grâce à vous.
Nanola
