Salut, bonsoir.

Bonne lecture.

Bisous.

(Laissez des reviews svp ça me soigne les soirs de déprime.)

(Désolée je n'ai pas relu je suis trop fatiguée pour ça.)

(Mais qui fait attention aux fautes ? Qui se souvient de cette histoire même ?)

Je dédicace ce chapitre à tous ceux qui ont laissé une review, aimé ou suivi l'histoire. Je vous aime. Je les mérite pas. Pardonnez moi svp dieu vous le rendra.


Hermione écarta le parchemin d'un geste rageur. Elle était penché sur ce manuel idiot depuis plusieurs heures déjà, et les lettres commençaient à se brouiller sous son regard. Elle ne comprenait rien à ce qu'elle était en train de faire. Elle qui avait toujours été l'étudiante la plus brillante en cours, ne parvenait plus aujourd'hui, une décennie plus tard, à rédiger un simple cours pour de simples élèves de troisième année. Elle se sentit terriblement ridicule et dû retenir un gémissement de colère.

Non pas que quiconque aurait pu l'entendre. Mais elle se forçait, depuis qu'elle avait passé les grilles de Poudlard, et même lorsqu'elle était seule, de retrouver une attitude que l'on aurait – à peu près – pu qualifier de sociale. Elle savait que ses années de solitude l'avaient changé, et elle ne se souvenait plus exactement de comment il était juste de réagir face à d'autres êtres humains sensibles. Cependant, elle était à peu près convaincue que les gémissements de colère ne faisaient pas parti de l'attirail du sorcier raisonnable et bien élevé.

L'horloge de son bureau sonna sept heures. Bien, se promit-elle, si elle tenait encore une heure face à ces insupportables bouquins, elle s'autoriserait ensuite à prendre un verre pour se féliciter. Ce n'était certainement pas une démarche astucieuse, mais pour le moment, c'est ce qui fonctionnait le mieux sur elle, et il lui restait trop peu de temps pour boucler son programme du premier semestre pour ne pas se permettre des solutions radicales. Elle se replongea donc avec ardeur dans les petits gribouillis qui s'étalaient sur l'entièreté des pages.

Une heure plus tard, environ (un peu moins), elle releva finalement des yeux rougis de ses parchemins. Avec un air supérieur, l'air de quelqu'un fier d'avoir accompli son juste devoir, elle posa sa plume et ferma le petit pot d'encre pour ne pas prendre le risque de le faire tomber. Elle soupira. Enfin !

Se levant avec toute l'élégance dont elle était capable, bien peu de choses en somme, elle se dirigea vers le petit salon de son appartement, directement vers la commode sur laquelle étaient posés des verres de différentes tailles. Elle ouvrit brusquement la porte, et hésita un instant entre le vin et le whisky. Les deux savaient parfaitement comment la tenter. Mais elle opta finalement pour un fond de bouteille de Martini, qu'elle avait en sa possession depuis trop longtemps maintenant pour accepter qu'il croupisse encore dans le fond d'un placard. Elle s'en servi un grand verre, alla s'asseoir devant le feu de cheminée, dans un grand fauteuil moelleux, et accompagna cette digne récompense d'une cigarette qu'elle alluma du bout de sa baguette magique. Il lui sembla qu'il était tout de même bien pratique de n'avoir pas sans cesse à chercher son briquet.

Elle put enfin se détendre, et réfléchir plus posément à ce qui l'empêchait d'avancer correctement dans son travail.

Dans le fond, elle le savait très bien depuis qu'elle avait commencé à se repencher sur les cours administrés aux étudiants de Poudlard. En tant que professeur rattachée à Poudlard et donc, indirectement, au Ministère de la magie, elle n'avait guère le droit de choisir ce qu'elle souhaitait enseigner à toutes les têtes blondes qui lui passeraient sous le nez. Elle ne pouvait cependant s'empêcher de songer à la quantité d'idioties qu'on lui demandait d'enseigner. Elle qui avait, durant des années, chercher à comprendre les liens qui existaient entre magie et sciences, elle qui avait décortiqué toutes les implications, ou presque, des liens entre atomes et métamorphoses, entre génétique et pouvoir magique... Les livres n'avaient jamais rendu compte de tout ça, et Hermione s'en voulait d'apprendre à d'autres sorciers les bêtises qui aujourd'hui encore aveuglaient l'entièreté du monde magique. Bien sûr, peu auraient pu comprendre, et sûrement, aucun n'auraient voulu comprendre. Mais tout de même.

Elle enrageait. Elle finit d'un trait son verre de martini, et décida que, finalement, un peu de vin rouge ne pouvait pas lui faire de mal.


Les sombres couloirs du vieux château moyenâgeux avaient toujours su remonter le moral de la Gryffondor. Pourtant, cette fois-ci, alors qu'elles les traversaient pour retourner à ses appartements après un interminable déjeuner en compagnie de quelques autres professeurs et de la Directrice de Poudlard, elle ne pu s'empêcher d'étouffer la longue plainte de douleur qui lui renversa les tripes. Alors qu'à l'instant même, elle songeait à d'heureux souvenirs qu'elle avait pu avoir dans cette école avec ses amis, elle eut soudain la sensation qu'elle ne s'extirperait jamais de cette tristesse qui, comme un terrible fardeau, la faisait ployer sous un poids qu'elle n'était pas capable de supporter.

Son ego avait tout fait pour la mener ici, et une fois les portes passées, une fois le premier pied posé dans le grand Hall, il avait finalement bien lâchement disparu pour la laisser seule face à ses vieux démons. Régulièrement, depuis qu'elle avait accepté de revenir à Poudlard, elle devait faire face à des fantômes qu'elle avait pris soin, jusqu'alors, d'enterrer sous d'épaisses couches de comme si de rien n'était, de comme si ce n'était pas si douloureux que cela. Mais ici, tout était trop présent, trop brut pour ignorer vraiment le fait qu'elle n'avait jamais correctement fait son deuil, jamais correctement cicatrisé.

Un os à rebriser pour le faire repousser correctement.

Elle n'était pas certaine d'en avoir la force.

Pourtant, chaque jour, chaque jour elle se disait qu'elle n'avait pas le choix. Qu'il fallait enfin quitter l'idiote période du déni dans laquelle elle s'était confortée comme une pauvresse pendant près de dix ans. Et faire face à la douloureuse brutalité du choc.

Le choc, elle le vivait, le ressentait par chaque foutu pore de sa peau, à chaque fois qu'elle tournait au détour d'un couloir, chaque fois qu'elle passait devant la porte d'une salle où elle avait eu cours, chaque fois qu'elle croisait un tableau, un fantôme, qu'elle avait croisé lors de sa scolarité, et que son cerveau, sa mémoire, sans qu'elle ne le sache à l'époque, avait imprimé vivacement au creux de son crâne. Car chaque fois qu'un sourire menaçait de poindre sur son visage, un sourire tendrement empreint de mélancolie, le souvenir de sa scolarité s'effaçait pour lui rappeler avec hargne le dernier jour de mai qu'elle avait passé à Poudlard. Et contre la porte de la salle de classe, elle voyait reposer le corps d'un ami. Et le tableau était recouvert du sang d'un inconnu. Et sur le sol, l'image, comme un gros plan à jamais inscrit en elle, des mains entrelacées de Lupin et de Tonks, le visage presque méconnaissable tant il ne se ressemblait pas dans la mort, de Fred, trempé des larmes de sa famille.

Ce jour-là, tout au fond d'elle-même, sans qu'elle ne s'en rende encore exactement compte, Hermione, croisant le regard de Ron, avait compris qu'elle ne saurait jamais parfaitement appartenir à ce monde. Parce que, malgré sept ans d'amitié, malgré tout ce qu'ils avaient partagé, malgré tout ce qu'ils avaient trouvé et perdu ensemble, c'était le regard de quelqu'un qui lui demandait de partir. Le regard de quelqu'un lui faisant comprendre qu'elle serait à jamais inutile, parce qu'elle ne pouvait pas comprendre.

A quel moment le monde sorcier avait-il basculé dans un tel narcissisme, dans une telle violence, et une telle haine des moldus, pour que même les sorciers les plus ouverts, les plus amis avec les nés-moldus, puissent croire qu'il y avait en eux un tel manque d'humanité qu'ils ne pouvaient comprendre la douleur de perdre un être cher ? A quel moment Ron pouvait-il inconsciemment la mépriser au point d'oublier qu'elle avait elle-même, neuf mois auparavant, effacé la mémoire de ses deux parents, et que jamais plus Jean et Peter Granger n'auraient souvenir de leur fille unique ?

Elle n'avait pas compris, alors. Mais aujourd'hui, alors qu'elle déambulait dans les couloirs tristes et mornes du froid château de Poudlard, elle réalisa, elle comprit ce qui l'avait ignoblement blessée, alors. Elle s'arrêta, comme figée par la réalisation qui venait de s'imposer à elle. Discrète, elle regarda autour d'elle, vérifiant que personne n'avait emprunté le même chemin, et elle sortit une petite flasque en métal de la poche intérieure de sa cape, pour en dévisser le bouchon et en boire une rapide gorgée.

Elle comprit bien intérieurement ce qui venait de se passer, tandis que le liquide glaciale descendait le long de son œsophage. Elle était passée de la phase deux à la phase trois.

Elle était passée du choc à la colère. Et la colère commençait déjà à la dévorer toute entière.


Le parc du château était plus calme qu'elle ne l'avait jamais connu, vide de tout élève, et sous ce chaud soleil d'août, Hermione parvenait à trouver un peu de l'apaisement qui l'avait quittée ces derniers jours. Elle avait entrepris dans la matinée de ranger son bureau, ayant fini de rédiger les cours jusqu'à décembre pour ses sept années, et avait alors décidé qu'un peu de pratique ne pourrait pas lui faire de mal. Après tout, elle avait presque quitté le monde magique pendant trois ans, et elle ne voulait pas perdre la face dès le premier jour de cours en se révélant incapable de réussir un sort basique de quatrième année.

Elle s'était donc écrit une liste mentale des sorts qu'elle aurait à enseigner au cours des neuf mois à venir, et avait décidé que la semaine qui lui restait avant la rentrée servirait à cela : s'assurer qu'elle avait encore en Métamorphose les talent qu'elle avait toujours eu.

Mais aussi, et même si cela, elle ne se l'avouait pas, se changer les esprits à l'idée que tous les professeurs allaient faire leur retour dans le château d'ici quelques jours, et ce que cela impliquait. Bien sûr, quelques uns passaient leurs vacances à Poudlard, et elle avait déjà dû sociabiliser quelque peu. Mais elle ne connaissait pas la plupart d'entre eux, et pouvait se permettre de ne pas leur offrir beaucoup plus qu'un simple semblant d'intérêt, dont ils se satisfaisaient tout à fait, peu enclin à perdre leur temps avec une sorcière qui s'évertuait à être d'aussi mauvais humeur humeur, et donc d'aussi mauvaise compagnie, du matin au soir.

Non, cela, elle s'en moquait bien. Ce qui avait commencé à la faire paniquer, c'est lorsqu'elle avait réalisé que parmi ses collègues, en tant que directeur de Gryffondor, et Professeur de Botanique, il y aurait Neville Longdubat, et qu'elle n'était pas bien certaine de pouvoir vivre jour après jour en devant inlassablement supporter la bienveillance de son vieil ami. Car elle savait très bien que Neville ne lui tiendrait jamais rigueur de son éloignement. Et ce n'est pas ce dont elle avait besoin en ce moment.

Elle ricana en songeant à ces stupides étapes du deuil qui se déroulaient dans sa tête.

Pour le moment, elle avait besoin d'être en colère. Et elle aurait très facilement pu l'être face à un Harry Potter ou encore un Ron Weasley. Mais elle ne voyait pas comment l'être sans être tout à fait indécente face au caractère profondément bon de Neville. Et le seul plan qu'elle était parvenue à mettre en place, jusque là, pour s'éviter tout cela, c'était de l'ignorer, purement et simplement. Ce qui n'était ps exactement la preuve de gentillesse dont elle voulait malgré tout faire preuve à son égard.

Elle souffla, alors qu'un rayon blanc sortait de sa baguette, transformant l'extrémité de son bras en une patte d'ours assez impressionnante. Elle réglerait ce problème plus tard, après tout. Pour le moment, elle devait porter toute son attention à sa métamorphose, si elle ne voulait pas passer le reste de sa vie à devoir gérer ce concentré de pilosité qui, elle se l'avoue à elle-même, ne mettait pas vraiment en avant son charme naturel.

Elle était en train de lancer la contre-sort lorsqu'un craquement désagréable heurta son oreille, la faisant se retourner à la recherche de l'origine de ce bruit. La peur lui était monté en quelques instants, avant qu'elle ne réalise qu'il ne s'agissait sûrement que d'un petit animal dans un buisson. Elle soupira de soulagement, avant de réaliser ce à quoi son inattention avait mené. Ce qui n'était jusque là qu'une patte d'ours à la place de sa main, commençait à remonter le long de son bras. Ses fins poils humains s'épaississaient, s'allongeaient et son bras se musclaient sans qu'elle ne puisse rien n'y faire. Elle avait beau réfléchir à toute vitesse, l'incompréhension avait bloqué toute les capacités réflexives de la sorcière surdouée – mais peut-être pas tant que ça.

C'est un rire sinistre, méchant, qui la ramena à la réalité, et il ne lui fallu pas plus d'une seconde pour murmurer une formule qui permis d'arrêter l'avancée de sa transformation. A temps pour que son épaule soit encore indemne. Elle n'osa pas relever la tête, sachant très bien qui venait de la surprendre dans cette posture gênante. Si elle voulait affronter le sarcasme du désagréable maître des potions, il valait mieux pour elle qu'elle se charge avant de reprendre tout à fait forme humaine. Elle lâcha donc machinalement un second sort, qui lui rendit son bras telle qu'il était avant qu'elle ne fasse sa terrible erreur, quoique peut-être un peu plus poilu ? Elle n'aurait su le dire.

Enfin, elle releva la tête, et ne fut absolument pas surprise de découvrir Severus Snape, cauchemar vivant de son état, qui la regardait avec un rictus méchant, dans sa posture digne de toujours. Il fallut beaucoup d'efforts à la sorcière pour se tenir droite elle aussi, écroulée sous le poids de la honte qu'elle venait de subir.

Il la fixa quelques secondes encore avant de lâcher, méprisant :

« Vous aviez raison, pour une fois. Vous auriez eu mieux fait de rester dans votre monde. »

La pique la blessa si violemment qu'elle ne chercha même pas à répondre. Elle n'en avait pas la force. Elle cligna juste des yeux, comme pour faire disparaître ce qui venait de se passer, réuni toutes ses forces pour simplement tenir debout et ne pas se mettre à pleurer devant lui. Elle était beaucoup trop à fleur de peau, ces derniers jours.

Presque déçu de n'obtenir aucune réaction, bien qu'il n'en laissa rien paraître, Snape se retourna dans une envolée ridicule de cape selon la sorcière, et disparut derrière une des serres de botanique, où il se rendait sûrement lorsqu'il avait aperçu la sorcière en mauvaise posture. Hermione attendit qu'il ait totalement disparu, pour s'affaler lourdement dans l'herbe, de longues minutes durant. Elle finit par se relever, avant que quelqu'un d'autre ne la surprenne dans ce triste état, afin de rejoindre ses appartements, portée par l'idée qu'un bon verre ne pourrait, en ces temps de forte déprime, que lui faire le plus grand bien.


La Grande Salle était exceptionnellement calme. Hermione savait que cet état de grâce ne saurait durer, mais elle savourait à pleins poumons les derniers instants de calme qu'elle pouvait apprécier en ces lieux, et ce jusqu'à la fin de l'année scolaire. Minerva avait tenu à la prévenir personnellement : à partir du moment où les hurlements des gamins auraient commencé, ils n'auraient alors de cesse jusqu'au trente juin suivant, date à laquelle le Professeur Granger pourrait alors rendre sa cape d'enseignante pour deux savoureux mois de répit. Elle qui n'avait jamais vraiment apprécié les vacances à leur juste valeur dans sa tendre jeunesse, elle sentait bien qu'elle en avait déjà besoin, alors que les étudiants n'avaient pas encore passé la porte de la salle de banquet.

Elle se redressa cependant, soucieuse de l'apparence qu'elle avait, et de la première impression qu'elle pouvait bien donner à tous, ici.

Le brouhaha commença à se faire entendre, en fond. Comme un frémissement d'abord, puis un bourdonnement, et enfin une terrible cacophonie. La soirée allait être un véritable enfer, elle le savait déjà. A sa droite, comme conscient de sa situation, et comme s'il était un sorcier attentionné, Severus attrapa la bouteille de Whisky-pur-feu posée devant lui, et lui en servit une longue rasade, qu'elle entama sans hésiter. Elle en aurait certainement besoin pour tenir le coup.

Les cris s'atténuèrent cependant lorsque Filius Flitwick entra, accompagné de la nouvelle promotion de première année. Hermione profita de cela pour remplir son verre à nouveau, et celui de son voisin en prime, sans même lui demander s'il en voulait aussi. Ne pas se resservir seule la rassurait sur sa consommation d'alcool. Un geste qu'elle ne regretta pas quand elle le vit porter le verre à ses lèvres, sans hésitation. Elle eu un sourire amusée, songeant à toutes ces années où elle avait certainement été, pour lui, le déclencheur de cette alcoolémie précoce. Non pas qu'elle soit fière d'elle, bien sûr. Mais elle ne pouvait s'empêcher de ressentir un petit sentiment de satisfaction à l'idée d'avoir été l'élément insupportable de l'année, avec Harry, aux yeux du terrible professeur de potions.

La soirée passa sans encombre, au rythme de la nourriture, autant que des verres remplis, et vidés, et remplis. Hermione n'eut pas à se donner particulièrement en spectacle, si ce n'est quand la Directrice la présenta comme nouvelle enseignante de Métamorphose, et qu'elle gratifia les futurs élèves de ses classes d'un vague hochement de tête, distant, presque imperceptible. Cela mis à part...

Hermione frotta ses deux mains l'une contre l'autre, un peu étourdie. Les jeunes sorciers commençaient déjà à se lever, et elle se rendit compte à ce moment seulement qu'elle n'avait plus aucune notion du temps. Le repas tait passé à une vitesse folle, et terriblement lentement. La bouche sèche, elle se leva en même temps que les autres professeurs afin de rejoindre – enfin – ses appartements.

Le confort de son salon lui sembla être la chose la plus douce qu'elle n'ait jamais expérimenté, en cette éprouvante soirée.

Elle se dirigea immédiatement vers le petit guéridon qui bordait sa fenêtre, et attrapa une petite flasque en métal vulgaire, dont elle vida, sans hésiter, le contenu dans un verre qui traînait par là. Et ainsi, devant le feu de cheminée qui ronflait allègrement, et sur lequel elle cala sa respiration, inconsciemment, elle termina tranquillement sa soirée, sachant qu'elle regretterait le lendemain les excès du soir.


Lorsque Hermione se réveilla pour son premier jour de cours, un mal de crâne terrible vrilla entre ses tempes. Et elle savait bien que rien ne la sauverait de ses erreurs de la veille.


Particulièrement exténuée à la fin de cette première journée de cours, avec des élèves braillards, capricieux, et tristement incompétents, Hermione alluma la cheminée de son appartement d'un mouvement brusque de baguette, avant d'attraper une bouteille transparente, dont elle se versa un fond de verre, avant de se diriger vers sa chambre. Elle se changea rapidement, rejoignant le confort agréable de son pyjama moldu, qu'elle rêvait désormais de ne plus jamais quitter. Elle s'installa dans le creux de son lit, sans même trouver le courage de passer par la salle de bain. Elle verrait cela le lendemain matin. Si elle ne se levait pas trop tard.


Les hurlements des gamins résonnaient encore à ses oreilles quand Hermione pénétra enfin dans son appartement, après huit heures de cours, et pour unique pause celle (trop courte, bien sûr) du midi, où son seul réconfort avait été le fond de verre de rouge qu'elle était parvenue à récupérer alors que tous ses collègues s'étaient avant elle servi un verre. Elle soupira, lasse. Se demanda un instant pourquoi elle avait accepté ce travail. Puis se servit un Scotch, songeant qu'elle se poserait véritablement cette question le lendemain, lorsque son esprit serait moins embrumé pour y songer tout à fait.


A peine la porte passée, Hermione se servit un verre.


Un verre. Et une larme coula le long de sa joue. Malgré des années à vivre dans son appartement miteux, sans recevoir la visite de personne, Hermione ne s'était jamais sentie aussi seule.


Le mois d'octobre avait tiré ses robes, doucement, sûrement, sans que personne n'y prenne vraiment garde. La douce rosée du matin avait été remplacée par une brume épaisse, et parfois même quelques averses, qui n'étaient pas sans rappeler l'hiver rigoureux qui déjà semblait vouloir se faire remarquer. La sorcière enfila une cape épaisse, une grande écharpe, et fourra sa baguette dans le fond de sa poche avant de se diriger vers la sortie de ses appartements. Les couloirs de Poudlard étaient déjà silencieux. Tous les élèves de troisième année et plus devaient déjà être dans le parc du château, quand les plus jeunes, rageurs, devaient ronger leur frein dans leur salle commune. Le silence planait, et Hermione apprécia cette instant comme il se devait.

La Directrice de l'école était venue la voir en personne, quelques jours auparavant, afin de lui annoncer qu'elle serait charger de surveiller la sortie au village magique qui bordait Poudlard, et Hermione n'avait pas trouvé la force de lui dire non. Elle avait toujours apprécié Pré-au-Lard étant jeune, et savait bien que si trop peu d'enseignants se révélaient aptes à surveiller la sortie, celle-ci serait annuler. Malgré la difficulté de son travail, et le peu d'entrain qu'elle trouvait à enseigner à sept générations d'ignares, elle n'avait pu s'empêcher, les semaines allant, de leur témoigner un minimum d'affection, et les priver de cette sortie qui leur tenait à cœur ne lui semblait pas le meilleur moyen de mettre cela en pratique. Elle soupira donc, énervée de son trop plein de bon cœur, et se mit en marche en direction des grilles du château. De là, elle rejoint rapidement le village sorcier, où elle commença à déambuler dans les rues.

Les premiers élèves, les plus motivés, avaient dû arriver quelques instants avant elle, mais elle ne s'en voulu pas de son retard. Elle se contenta, les quelques heures que durait la sortie, de déambuler dans les allées, les rues, les ruelles, à la recherche du moindre comportement suspect, convaincue déjà d'avance cependant que rien de tout cela n'arriverait. La guerre ne l'avait pas rendue plus paranoïaque que ça, et elle savait que le pire qu'elle pourrait trouver dans tout cela serait le visage d'un élève dont l'autorisation n'était pas signée. Ce ne fut pas le cas. Elle en soupira de soulagement. Elle n'aurait pas eu à cœur d'être la tortionnaire d'un quelconque étudiant.

Elle était trop aimable pour ça.

Ou trop amorphe.

L'après-midi défila doucement, sans qu'aucun bouleversement ne vienne troubler la quiétude de la sortie scolaire. Et lorsqu'enfin le soleil commença à se coucher, et que les étudiants, hâtés par le couvre-feu qui leur était imposé, commencèrent à se diriger vers le château, Hermione hésita un instant à les accompagner, avant de finalement se diriger vers les ruelles obscures du village, jusqu'à tomber sur une vieille taverne qu'elle avait jadis bien connu. L'odeur de chèvre, des années plus tard, débordait encore sur la rue sur laquelle donnait la vitrine. Nostalgique, la sorcière ne put retenir un sourire, et elle n'hésita pas un instant de plus avant de pénétrer dans la Tête de Sanglier. Abelforth avait cessé de gérer le service quelques mois auparavant, mais sa présence était toujours palpable, dans le moindre détail.

Sans faire un bruit, Hermione fit signe au barman qui lui répondit d'un hochement de tête, avant d'aller s'asseoir sur une chaise haute accolée à un tonneau, qui lui servirait de table pour la soirée. Elle n'eut pas le temps d'ôter son manteau, la chaleur des lieux étant insupportable avec un tel attirail, que déjà une pinte de bière à la propreté douteuse voletait vers elle, se posant brusquement sur le bois. Quelques centilitres se renversèrent sur la table, mais elle n'en tint pas rigueur au jeune homme qui gérait la salle. C'était le prix à payer pour une consommation bon marché, et surtout, un peu de calme.

La soirée était déjà bien entamée lorsque, d'un mouvement mou du bras, elle commanda son troisième verre, avant de s'allumer une cigarette, au mépris de toute loi, moldue ou sorcière. Elle savait parfaitement qu'ici, personne ne lui en tiendrait rigueur. Plus même. Elle savait parfaitement qu'ici, personne n'y porterait même la moindre attention.

Elle attrapa la anse de la chope pour la porter à ses lèvres lorsque la porte de la taverne s'ouvrit en grinçant, augmentant considérablement le nombre de visiteurs ce soir-là. En effet, un homme passa la porte. Hermione lança un regard furtif vers la porte, et rassembla tout son self-contrôle pour ne pas laisser échapper la moindre réaction.

Faire comme si tout était normal.

Faire comme si Severus Snape ne venait pas de passer la porte, et surtout, faire comme s'il ne se dirigeait pas tout droit vers elle.