Irma Pince, est maniée par la fabuleuse Griseldis ( u/1850010/Griseldis), qui tout en finesse, révèle les douces qualités et la vertu sans limite du personnage
Bureau Suprême du Syndicat des Bibliothécaires Magiques
Bibliothèque de Poudlard
Première étage droite
À Poudlard,
le 7 du mois d'octobre de l'année 1978,
Mon bel Auroch fantasque,
Votre douce lettre m'a remplie d'émoi, faisant palpiter en mon sein mon cœur tendre, dévoué et tout à vous. Grand fou, qui croirait que derrière ces sourcils touffus et ce regard qui semble si acerbe se cachent les élans lyriques d'un poète ?
Je frémis de désir lorsque je pense à vous, vous le savez, ô mon âme, mais je ne peux accepter l'idée que vous veniez chez moi. Je regardais le couloir par la fenêtre de ma chambre et je suis sûre que Minerva observe. Je suis sûre qu'elle est jalouse de mon poste important au sein de l'établissement, elle n'a jamais digéré le fait que moi, du sang neuf et frais, soit bibliothécaire. C'est une vieille fille sans vie en dehors de son travail, et elle entretient même des bégonias ! Des bégonias, mon schnouboudou ! C'est d'un mauvais goût…
Je ne suis pas encore prête faire éclater notre liaison au grand jour. J'aime l'ombre douce dans laquelle elle s'épanouit, je la trouve plus délicieuse et savoureuse de savoir que seuls nous en sommes les dépositaires. Ce précieux secret, je ne me sens pas encore prête à le partager avec le monde, si laid et mesquin. Ça lui donne un air d'aventure, brûlante et romanesque !
Quant à entrer dans votre intimité, vous savez bien que c'est impossible ! Hélas, quoi qu'admirant votre soyeuse et adorable chatte, vous savez que je suis férocement allergique. Je serais prête à mourir au nom de votre amour mais pas étouffée dans mes fluides et mes glaires. C'est de mauvais goût.
Je vois bien que vous tentez de m'attirer dans votre bureau, et je ne suis pas contre, notamment pour découvrir ces belles chaînes bien luisantes d'un astiquage permanent, qui m'ont tant faite rêver. Ton Irma sensuelle se réveille alors lorsqu'elle pense à vos bras musclés et puissants l'enlevant et la réduisant à votre simple jouet ! Ô râle de passion, d'anticipation qui me traverse !
Serait-ce bien approprié, néanmoins, pour notre premier sacrifice sur l'autel immaculé d'Aphrodite ?.. Ses pétales de roses ne pâtiraient-ils pas d'un tel écart ? La pureté de l'amour romantique n'en serait-elle pas pourfendue de toutes parts ?
Ah, mon cher amourichou des bois jolis, nous devons continuer à rechercher le temple idéal où pourra s'épanouir dans toute sa gloire inaugurale la volupté qui nous embrase.
Pardonnez-moi de vous envoyer cette lettre par hibou, j'espère ne pas avoir interrompu vos importantes tâches. Voulez-vous qu'à l'avenir je les laisse là où j'ai la joie absolue de trouver vos mots adorables qui illuminent mes jours et mes nuits de votre chaleur ?
Toute à vous,
I.P.
