-C'est ici.

Fry nous fit entrer dans un petit bureau au troisième étage. Il avait passé tout le trajet à discuter avec Thomas sur comment il avait survécu et comment ils allaient faire à partir de maintenant. Les deux autres collègues s'étaient contenté d'écouter tandis Minho était resté en retrait tout le long en fermant la marche.

-Bon, j'imagine que vous devez quand même avoir faim ? demanda Fry une fois qu'on fut installé.

-T'imagine même pas vieux, sourit Thomas

Chuck nous tendit un paquet de galettes de riz, de l'eau et quelques amandes. Thomas se servie généreusement avant de m'en tendre aussi.

-Elles sont périmées vos galettes, dis-je en avisant la date de péremption

-On peut pas vraiment se permettre de faire la fine bouche pour l'instant.

-Pourquoi vous ne piochez pas dans les réserves de la caffet ?

-Parce que tout le monde a dû avoir la même idée Thomas, c'est du suicide d'y aller, soufflais-je

-Et pourtant il va bien falloir entrer.

Je me tournais vers Winston, un garçon de taille moyenne, le teint halé, les cheveux noirs. Il avait les yeux sombres et très creusés. Mais surtout l'air méfiant.

-Je sais qu'il va falloir trouver un moyen, dis-je doucement, mais en attendant on a aucun moyen d'entrer en toute sécurité ou même d'en ressortir.

-Et bien justement on a peut-être trouvé un moyen d'entrer et de sortir à notre guise.

Chuck nous expliqua dans les grandes lignes leur idée. Comme prévue la quasi-totalité des occupants du bâtiments c'était regroupé dans le réfectoire. Mais la filière agro-alimentaire des TRIALS avait revendiqué leur droit sur la nourriture et seul ceux qui acceptaient de les aider à se sortir vivant d'ici recevaient de la nourriture.

-Mais s'il y a seulement un petit groupe de personnes qui se charge de la nourriture on pourrait juste le faire basculer et se servir, contesta le brun.

-Oui bien sur dit comme ça, ça parait simple mais ils ont aussi revendiqué l'attentat à la bombe d'il y a quelques jours et comme personnes ne sait si c'est vrai on peut rien faire.

Je me renfrognais brusquement en pensant que c'était de mes amis qu'il désignait en parlant d'attentat.

-Ce ne sont pas eux qui ont fait tout exploser.

-On n'en sait rien Thomas…commença Fry.

-Si, Newt et moi on le sait, il marqua une pause, on sait qui a posé les bombes. Et c'est sûrement pas la filière agro.

Le silence retomba lourdement dans la salle. Je vis Thomas me jeter un regard, comme pour demander s'il pouvait leur dire.

-C'est des collègues à nous qui les ont fait exploser.

Tout le monde se retourna vers Minho. Il releva à peine les yeux pour savoir si on l'avait bien entendu. Et je ne sais pas pourquoi, mais savoir que Minho était sûrement au courant avant tout ça me serra un peu plus le cœur.

-Trois types enrôlés par le Bras Droit se sont proposés pour faire office de kamikaze, dit-il platement. Ils se sont postés à des endroits qu'ils pensaient stratégiques pour faire sauter la structure, et évidemment ça n'a pas marché.

Je toisais Minho. Je ne savais pas si je ressentais de la déception, de la colère ou de la tristesse. Ou peut-être juste un mélange des trois.

-Tu savais qu'ils allaient se faire sauter ? Et tu n'as rien fait ? m'énervais-je, Alby, Mary et même Ben, ton coéquipier putain ! On aurait trouvé un autre moyen tu le sais, et toi t'as laissé ça se faire !

-Oh c'est bon Newt, en matière de passivité on peut dire que t'es pas mal dans ton genre aussi, répliqua Minho

-Quoi ? Mais de quoi tu p…

-Que je sache tu m'as vu ce matin dans le couloir avec les trois autres là, au cinquième étage. Et t'as fait quoi pour venir me donner un coup de main ? Que dalle, alors la ramène pas !

-Newt, il parle de qui ton pote là ? demanda le brun

-De personne.

-Mais oui Newt dis-lui, renchéri l'asiatique, dis-lui que c'est ces potes que t'as vus ce matin. Et je parie que t'as dû lui dire un truc du genre « ouais mais si c'est des ennemis on va se faire tuer ».

-Ta gueule Minho ! Et oui j'ai pris des précautions parce que personne ici ne semble remarquer que tous les gens présents dans cette pièce vont crever et si ce n'est pas de la BRAISE se sera parce qu'un de nous n'aura pas fait ce qu'il fallait !

-La vérité c'est que t'as pas de couilles et que sauve tout le monde pour qu'on lui soit redevable et qu'on le protège. Mais j'imagine que ça aussi c'est l'une de tes précautions.

Tout le monde se tut. Plusieurs minutes de silence passèrent avant que Fry propose d'aller dormir et de reparler de tout ça demain. On s'exécuta tous d'un même mouvement pour finir par s'endormir éparpiller dans la petite pièce.


-Debout, on fait pas la grasse mat ici.

J'ouvris difficilement les yeux. Winston se tenait au-dessus de moi, les autres s'était installé autour du bureau.

-On fait une réunion de famille dès le matin ?

-Grouilles-toi au lieu de dire des conneries. Railla Thomas.

-Eh on a dit qu'on se la jouait calme.

-Et bien c'est mal parti visiblement, dis-je en me relevant.

La table était recouverte de câbles, tous relié à un ordinateur central qui affichait différent endroit du bâtiment.

-Des caméras…c'est pour ça que vous étiez dans les étages hier. Vous reliez les caméras. Mais comment ? m'exclamais-je

-Et ben là et tout le problème, on les relie manuellement à l'aide des câbles. Mais en plus du fait que se soit long et pas forcément efficace ou solide on manque de matériel, expliqua le plus jeune.

-Et vous avez relié des caméras du réfectoire j'imagine.

-Oui, mais on n'a pas réussi à couvrir toute la salle. Enfin surtout je pense qu'on n'est pas les seuls à avoir eu cette idée et que certaines caméras ne sont tout simplement pas accessible.

-Et donc en quoi ça nous avance d'avoir tout ça ?

-On sait comment entrer. Si tout le monde s'est regroupé dans la caffet c'est pas seulement pour avoir à bouffer mais c'est surtout pour faire partit d'une communauté.

-L'union fait la force, c'est ça ? souffla Thomas

-Oui et les quelques-uns qui décident de faire bande à part ne tiennent pas longtemps en général. On a déjà travaillé sur tout ça Thomas, on sait que pour survivre il faut être plusieurs.

-Mais alors pourquoi on ne s'y est pas rendu dès le début ? demanda-t-il

Fry jeta un regard à ces deux collègues avant de se tourner vers Minho et moi. Evidemment, c'était notre faute. Nous on visait un but contraire au leur et ce depuis le début. Qui accepterait de protéger deux résistant qui on fait foirer plus d'un des projets de WICKED ?

-On est pas obligé de tous y aller.

-Comment ça ? lança Chuck, on vient de te dire qu'on doit rester avec la majorité si on veut survivre. Et on ne peut pas si on y va avec ces deux-là, finit-il en chuchotant.

Le fait de voir Thomas hésiter sur la décision de Chuck me tordit l'estomac.

-Mais Thomas, tu disais y a deux minutes que t'avais une autre idée comme quoi on n'était pas tous obligé d'y aller, suppliais-je presque.

-Oui mais…Newt ne nous en veux pas, mais je veux vraiment pas mourir juste parce que j'ai essayé de sauver deux résistants. Jusqu'à hier on se serait juste entretué et…

-Mais Thomas…

-Et ne nous fais pas regretter de ne pas l'avoir fait Newt, répliqua Winston.

Je baissais les yeux. C'était horrible ce sentiment, cette sensation de dépendre de quelqu'un qui ne veux pas de vous.

-Ok vous les rejoignez et après ? lança Minho, dans toute cette communauté comme vous dites y a des Immunes et des infectés, et plus on approchera de la phase finale de ce TRIALS et plus il y aura une marge entre les deux. Si vous les rejoigniez est-ce que vous avez la certitude que personne ne se retournera contre vous pour avoir le sérum ? Sachant que les Immunes sont en infériorité c'est comme se placer dans une cage qui se referme petit à petit jusqu'à se qu'on vous prenne votre sérum.

Tout le monde fut bouche-bée. Je crois que je ne remercierai jamais assez Minho et ces raisonnements. Je me retourné vers Thomas qui sembla à la fois confus et désemparé alors qu'un sourire se faisait doucement sa place sur mes lèvres.

-Il a pas tort, mais qui nous dis que vous nous ferez pas le même coup ? dit Chuck sur la défensive.

-Parce que je suis moi-même immunisé, avoua Minho.


Un silence avait suivi la déclaration de Minho avant qu'il ne relance Thomas sur sa première idée. Il reprit avec un peu de difficultés puis nous expliqua clairement son plan : deux d'entre nous pouvaient se rendre dans le réfectoire en disant vouloir se joindre au groupe pour tenter de survivre. Deux autres resteraient derrière les caméras pour intervenir en cas de problème et vérifier que personne ne viendrait détruire leur matériel, rappelant au passage que personne n'avait monté la garde hier.

Et enfin deux autres resteraient posté en renfort et interviendront sous les ordres des deux derrières l'ordinateur.

-Très bien, donc maintenant il ne reste plus qu'à savoir qui fait quoi.

-Fry, Winston, c'est vous qui géreraient l'ordi, vu que c'est vous qui avaient tout construit vous êtes les mieux placé pour savoir comment ça marche, indiqua-t-il, Newt et Minho, désolé mais vous, vous devrez rester en retrait. Si quelqu'un vous reconnait comme étant des résistant vous êtes mort.

-Et du coup c'est toi et Chuck qui y allait, en déduis-je.

-Chuck connaît quelqu'un qui travaille directement dans les stocks de nourritures, donc normalement on pourrait en avoir plus pour vous en rapporter, conclu Thomas.

J'acquiesça de même que les autres. C'était un bon plan qui en plus permettrait de ramener des infos sur le TRIALS, si tant est qu'il y est des infos à récolter.

-Bon s'il n'y a aucune objection à ce plan je propose qu'on mange un peu puis qu'on voit quand on agit et régler deux trois trucs pour être sûre qu'on ne perde personne en route, finit Fry.

On finit rapidement les quelques galettes et le peu d'eau qu'il nous restait. On consacra le reste de l'après-midi à peaufiner notre projet, à arranger les caméras. En farfouillant dans d'autres bureaux Chuck trouva un jeu de carte et deux montres qu'il donna à Thomas.

-Tient prends-en une aussi, me tendis le petit brun, on en aura besoin pour la suite si on veut se repérer.

-Tu ne confondrais pas avec un boussole par hasard ? ricanais-je

-La notion du temps c'est ce qu'on perd en premier quand on devient fou, alors autant se préparer.

Je le remercie d'un signe de la tête avant d'accrocher le bracelet à mon poignet. Une grosse montre en métal, l'attache était finement travaillée et il y avait même les jours de marqué dans le cadran : le 31 janvier 3034. Le soir arrive lentement, les réserves étant finit on décide de se coucher le plus tôt possible pour demain. Fry étant la lumière dans la pièce et le calme retombe doucement.


Je rêvais. J'étais sur une plage, les vagues venaient lécher le rivage lentement, le vent sifflait dans mes oreilles et emmêlait mes cheveux blonds, le soleil inondait la terre de sable. Aucune violence, aucune peur, aucun regret, je me sentais juste léger. La sérénité et…

-Putain Minho arrête de bouger, chuchotais-je brusquement.

-Ouais c'est bon ça va, calme-toi, j'arrive juste pas à dormir.

-Oui ben moi j'y arrive plus, grognais-je.

Je me retournais sur le côté tentant de reprendre mon rêve là où je l'avais arrêté. Je sentais Minho qui continuait de gesticuler dans mon dos avant qu'il ne se pose finalement. Mais après plusieurs minutes je me rendis à l'évidence, j'étais bien réveillé et bien trop frustré pour me rendormir.

-Minho ?

-Mmh, quoi ?

Je ne savais pas quoi demander.

-Tu…tu vas bien ?

-Hein, c'est quoi cette question ? s'exclama-t-il.

-Je sais pas, c'était…juste comme ça. bégaie-je

Il y eu un instant de silence et inconsciemment, j'aurai voulu qu'on en reste là :

-Tu sais, ils n'ont pas souffert. Le souffle de l'explosion les a tués sur le coup.

Je ravalais difficilement ma salive.

-« la mort commence vraiment à partir du moment où la victime sait qu'elle va y passer », soufflais-je amère.

Minho se rembrunit immédiatement. C'est ce qu'il avait dit à Thomas quand il avait voulu le transplater. Ça avait dû être la même chose pour Alby et les autres quand ils ont su qu'ils allaient mourir.

-J'aurai dût être avec eux à ce moment-là.

-Hein ? Non c'est pas se que je voulais dire, mais je…

- Non mais moi aussi on m'a demandé de me faire sauter.

Mon cœur rata un battement.

-Je suis allé voir Vince pour faire partit de ce groupe. Je t'ais vu quand tu t'es glissé sous le store à la dernière seconde pour aller à l'intérieur, et j'ai demandé à Vince de me faire entrer avec l'autre groupe pour avoir du renfort. On est rentré comme toi au dernier moment et on est allait se placer. Sauf moi, j'avais désactivé mon gilet et je suis partie te chercher. Je voulais juste qu'on se barre vivant d'ici, c'est pour ça que je voulais transplater Thomas aussi.

Je l'avais écouté en silence. Sa voix avait tremblé tout le long. Et moi je me répétais que si je n'étais pas rentré dans ce bâtiment on serait encore au quartier général en sécurité et en parfaite quiétude.

-Comment ils étaient avant de… enfin juste avant quoi ?

-Ils semblaient sereins Newt.

-Même Ben? Avant il était effrayé juste à l'idée de quitter le QG, on avait dû le tirer par la peau des fesses pour qu'il vienne faire une partie de fléchette une fois.

-Ouais j'm'en souviens, pouffa Minho, au final il a quand-même perdu.

On sourie tout les deux en repensant au temps qu'on avait passé avec nos amis.

-Oui même Ben était serein, mentit-il.


Salut à tous, je passe en coup de vent entre deux vacances pour vous poster ce chapitre débordant de Minewt (oui je sais y en a pas tant que ça). Je m'excuse vraiment du délai entre chaque chapitres et je vais essayer de reprendre un rythme normal, mais pour la suite (qui sera bien plus chargée en action) il va falloir encore patienter.

Sinon, merci pour ta review Jubii cela m'a fait très plaisir de voir que tu aimais mon histoire et si tu trouve que le début a était lent ne t'en fait pas y a plein de renversement de situation en stock.

Sinon bonne journée à vous.