Bureau Suprême du Syndicat des Bibliothécaires Magiques
Bibliothèque de Poudlard
Première étage droite
À Poudlard,
Le 13 du mois d'octobre de l'année 1978,
Quatre jours sans nouvelles, mon fringant vison, je défaillais d'inquiétude et, j'ai honte de te l'avouer de jalousie.
J'imaginais toutes ces petites péronnelles qui chaque jour te rendent visite pour que tu les punisses et je les voyais, dociles, consentantes, aguicheuses forcément, séduites par ta virilité manifeste et droite, prêtes à n'importe quoi pour obtenir tes faveurs, et je me désespérais en me contemplant dans le miroir.
Ta lettre m'a ravie, mon taureau rutilant, et tu ne sais quelle joie a étreint mon corps et mon cœur, quelle fut la profondeur de mon bonheur en découvrant ces mots de ta main chérie.
Je suis la fleur de ton arrosoir, et seul toi à le droit de la cueillir, à l'infini, avec rudesse ou délicatesse comme il te conviendra le mieux.
Les gens sont si méchants, mon étalon puissant, et si envieux. Minerva s'est promenée plusieurs fois dans le couloir, comme si elle me guettait et plusieurs fois, je l'ai vu sortir alors que je ne l'avais pas vu rentrer ! Je crois qu'un grand pouvoir mauvais est à l'œuvre.
Pourtant, je crois que ces jeunes gens que vous avez surpris dans le placard ne complotaient pas contre toi ou notre bonheur mais s'adonnaient plutôt au péché de luxure dans l'intimité relative qu'ils pouvaient trouver.
Est-ce qu'ils étaient nus ? En sueur ? Qui étaient-ils ? Les as-tu bien punis ?
Je passerai autant de fois que tu le désires mes doigts sur ton plumeau droit et ferme, je le bénirai d'un baiser en souhaitant qu'il s'épanouisse dans ma main dans toute la splendeur blanche de ton désir exaucé.
J'aime tes poèmes, mon diamant dur et infatigable, j'aime imaginer tes mains puissantes manœuvrant ta plume jusqu'à lui faire cracher l'encre qui écrit sur le parchemin de la vie l'étendue de tes sentiments pour moi. Mes yeux ne sont là que pour que tu puisses t'y plonger, que tu puisses pénétrer dans mon être et t'introduire jusqu'au fond de mes pensées.
Ô mon Auroch viril, malgré la peine que cela me cause, je me dois de revenir sur ces quatre tristes et terribles journées d'absence où j'ai cru que tu me délaissais pour aller te vautrer dans le stupre en compagnie de jeunes péronnelles qui, si elles ont pour elles le privilège de la jeunesse, la beauté et l'expérience, n'ont pas, je te le jure, celui de la dévotion et de l'enthousiasme. J'envisageais de risquer un suicide en te rejoignant dans tes appartements malgré la présence de ta bienheureuse chatte quand j'appris que tu avais en fait un stagiaire. Je suppose que c'est lui qui t'a éloigné de moi.
Rassure-moi, mon loup dévoreur de cœur, ce stagiaire, c'est un garçon n'est-ce pas ? Et toi qui semble tant vouloir goûter au fruit défendu qui selon les légendes moldus perdirent nos ancêtres, jure-moi que tu ne veux mordre qu'au mien et certainement pas à celui de cet homme qui a le privilège de t'accompagner à chaque instant du jour et de la nuit, de pouvoir poser sur ta silhouette massive un regard intense, sans pudeur et sans témoin ?
Je tremble d'impatience, mon chat câlin, je t'en supplie, rassure-moi et n'oublie pas que je reste
Toute à toi,
I.P.
