Chapitre 24
Koyama soupira en entendant le verrou de la salle de bain. Comment il allait faire pour retrouver Tegoshi maintenant ? Avec la position dans laquelle il les avait surprit sûr que son jeune kouhai s'était caché dans le premier trou qu'il trouverait…
Bon, une bonne douche s'imposait, après il aviserait…
Il se dirigea donc vers l'étage du dessous, connaissant l'endroit par cœur il savait qu'il pourrait trouver quatre salles de bains toutes différentes. Comme c'était, en temps normal, un onsen public il en fallait pour tous les gouts. Romantique, classe, gothique, lumineux, …
Keiichiro entra dans la première salle de bain qu'il croisa, une toute simple, juste ce qu'il lui fallait. Avec une douche et un bain carrelé.
Il se dénuda et se glissa sous la douche, se lavant en vitesse avant de se prélasser sous l'eau chaude. Il se demanda comment il allait réveiller son cher et tendre cadet… Sûrement comme la dernière fois… Sauf qu'il n'aura pas l'excuse de ne pas savoir que ce n'était pas ses lèvres qu'il devait embrasser… dommage, mine de rien ça lui avait plu…
Il resta encore cinq minutes sous la douche avant de sortir pour s'essuyer. Il prit un essuie en coton de l'armoire et retourna dans la salle où ils avaient tous dormis cette nuit.
Il sourit en voyant la vision qui s'offrait à lui : Shige était étendu sur son futon, les bras écartés, toujours endormi.
Koyama s'approcha sans un bruit, il savait bien que ce n'était pas en faisant du bruit qu'il allait réveiller son vis-à-vis mais sait-on jamais.
Il s'installa à genoux à côté de Shigeaki et passa tout doucement sa main sur sa joue. C'était une caresse aussi légère qu'une plume.
Il ne savait pas pourquoi il avait une irrésistible envie de parcourir tout le corps de Kato de cette manière. Son cœur s'emballa légèrement quand il descendit sa main jusque dans son cou, produisant des frissons et de la chair de poules aux endroits où il passait.
Le T-sirt large lui donnait un grand périmètre de toucher, mais trop restrein à son goût. Il glissa donc ses doigts sous le vêtement, caressant la clavicule, et sourit sous le frisson qu'eut le garçon.
Un endroit sensible ? Intéressant !
Il remonta sa main, repassant dans son cou, recaressant sa joue. Il prit ensuite le visage du bel endormi en coupe.
Pris d'une envie soudaine il déposa un doux baiser sur le front de Shige, très léger, il ne voulait plus tellement le réveiller maintenant.
Il glissa ses lèvres vers le coin de l'œil, descendant vers la pommette.
Shige était déjà aux portes du réveil un peu après que Koyama ai prit son visage en coupe, mais il ne voulait pas encore sortir de sa songerie, étant persuadé que les fines attentions qu'il recevait étaient le fruit de son imagination. Il laissa s'échapper un long soupir de bien-être alors qu'une douce sensation se posait sur son front.
Il fronça cependant les sourcils quand la sensation, qui était descendue jusqu'à sa pommette, continua son avancée vers la commissure de ses lèvres. Il ouvrit ses yeux d'un coup, se rendant compte qu'il ne rêvait pas et tomba dans les yeux railleurs et désireux de Koyama.
-Que… commença Shige mais il fût coupé par une paire de lèvres se posant sur les siennes.
Kato était tétanisé, certes, la sensation de la bouche de son sempai sur la sienne était tout à fait plaisante mais… Pourquoi ?
Keiichiro lui ne s'était pas posé plus de question que ça. Quand Shige avait ouvert ses yeux il n'avait pu s'empêcher de penser : je le veux. Donc sans plus réfléchir et laissant son instinct le guider il avait posé ses lèvres sur celles de son kouhai.
Et il ne regrettait rien ! De plus la sensation était plus que plaisante, grisante ! Il n'avait qu'une envie, se coller contre ce corps qui l'appelait et l'embrasser à pleine bouche.
Il caressa la lèvre inférieure du garçon étendu avec sa langue, demandant la permission d'entrer.
Permission refusée, Shige resserra ses lèvres, empêchant toute introduction. Koyama se recula le regardant avec effarement. Sous le regard complètement perdu et les joues rouge de son vis-à-vis il éclata de rire.
Kato, lui ne rigolait pas, il fronça les sourcils et se mit en position assise, alors que Koyama s'était écroulé par terre, se serrant le ventre tellement il riait.
-Vous jouez à quoi sempai ? siffla-t-il.
- À… à… à rien… tenta-t-il de dire tant bien que mal, toujours pris dans son fou-rire.
- À rien ? s'outra Kato. Vous m'avez embrassé !
-Arrête de me vouvoyez déjà, laça Keiichiro qui avait réussi à calmer ses éclats. Ensuite, ben j'avais envie de t'embrasser et je l'ai fait !
Il lui envoya un gigantesque sourire alors que Shige ouvrait et fermait sa bouche à la mode des poissons.
Il fixa ensuite son regard sur son sempai qui attendait tranquillement son jugement.
Shige baissa la tête, se plongeant dans ses idées. Il avait envie… c'était quoi ce bordel ? Sur le coup il avait envie de le trucider, est-ce qu'il allait le faire ?
Tiens… idée intéressante. Il releva sa tête, fixant ses yeux dans ceux de Koyama.
-Donc… si je suis votre… ta logique, se reprit-il, si je veux t'assommer… je le fais ?
Koyama esquissa un grand sourire, il se doutait un peu de ce que lui répondrait son cher et tendre kouhai, il avait eût le temps de l'observer et de plus ou moins bien anticiper ses réactions.
-Seulement si tu me laisses t'embrasser comme je le souhaite ! lui répliqua Koyama.
-Qu'est ce que… quoi ?
-Ben oui, je te laisse m'assommer si tu me laisses t'embrasser !
-A quoi ça va te servir ? s'exclama Kato.
-A pleiiiiiiin de choses !
-Comment ?
-Te faire éprouver des sensations vraiment sympathiques ! lui répondit Keiichiro avec un regard lubrique.
-N'importe quoi ! répliqua Shigeaki.
-Oh si si, je t'assure, susurra son sempai.
Koyama se rapprocha félinement de son kouhai, s'installant confortablement de sorte à ce que sa bouche soit à côté de l'oreille de Kato, qui ne bougeait pas, tétanisé sur le coup.
Koyama commença son explication, faisant bien attention à ce que son souffle frôle Shige. Shigeaki frissonna en sentant le souffle de Keiichiro sur son oreille et à la base de son cou, il déglutit en entendant les paroles de son aîné :
-D'abord, je me rapprocherais tout doucement de toi, rapprochant mon visage du tien, vraiment lentement, pour que tu puisses appréhender la suite. Tu seras tellement anxieux que tu ne bougeras pas d'un pouce, me laissant faire tout ce que je veux. Alors que je me rapprocherais de plus en plus, tu déglutiras, et c'est à ce moment là que je poserais mes lèvres sur les tiennes. Tout doucement, un simple frôlement, je ne voudrais pas te faire fuir. Ensuite, je commencerais à mouvoir ma bouche, t'obligeant à suivre le rythme. Tu fermeras les yeux, envahis par plein de sensations qui te créeront des papillons dans le ventre. Ensuite j'essayerai d'approfondir notre baiser, glissant la langue sur tes lèvres que tu ouvriras automatiquement…
Shige avait fermé les yeux, s'imaginant très bien ce que son sempai lui racontait d'une voix sensuelle. Bien sûr, Koyama ne s'arrêta pas là.
-Je pourrais donc envahir ta bouche, je commencerais par visiter les lieux, sans te presser, doucement, amoureusement, je caresserais ton palais, faisant exprès d'éviter ta langue, te faisant languir. Je voudrais que ce soit toi qui se fassent rencontrer nos langues, et c'est ce que tu feras, impatient. Au début je te laisserais mener la dance, car ta timidité et ta retenue me feront craquer. Tu seras hésitant, tu n'oseras pas grand-chose. Mais au bout d'un moment j'imposerais ma domination, posant une main dans ta nuque et l'autre dans le bas de ton dos, te rapprochant de moi, approfondissant notre échange. Je ferais danser nos langues ensemble, dans une valse qu'elles seules pourront connaître et tu gémiras…
Il laissa passer un soupir de la barrière de ses lèvres, ce que lui racontait son aîné était tout bonnement… excitant. Il sentait peu à peu une chaleur envahir son corps.
Koyama sourit en entendant ce soupir, lui aussi commençait à avoir chaud, et continua :
-Je serais grisé par ce son et j'en voudrais plus. Je me décollerais alors de tes lèvres, te faisant grogner de frustration, pour m'attaquer à ton cou, que je dévorerais littéralement. Je commencerais par poser des centaines de baisers le long de cette gorge qui me tentera trop, ensuite je prendrais un morceau de peau entre mes dents, mordillant légèrement avant de commencer une succion, te laissant un magnifique suçon. Durant ce temps je t'aurais basculé sur le lit, t'allongeant totalement alors que je m'installerais à califourchon sur toi.
Sans s'en rendre compte, Koyama avait suivit ses dires et força Shige à s'allonger, plongeant son visage dans son cou, sous les gémissements de plus en plus fréquents du garçon sous lui.
Il continua tout de même son monologue d'une voix rauque :
-La torture commencerait alors, impatient, je t'enlèverais ton T-shirt et recommencerais mes baisers. Je glisserais alors de ta gorge à ta poitrine, tandis que je te caresserais les flancs. Arrivé à l'un de tes tétons, je le taquinerais avec ma langue, avant de le mordiller, te produisant à coup sûr un gémissement de plaisir.
Il arrêta là son monologue, embrassant le cou de Kato qui gémit un peu plus fort, glissant ensuite ses mains sous le T-shirt large, commençant à caresser le poitrail de Shige.
Kato, malgré le plaisir plus qu'évident qu'il ressentait, le repoussa, se rassoyant, le souffle court et les joues cramoisie.
Koyama n'était pas en reste, lui aussi était essoufflé et désireux. Il lorgna le corps de son kouhai avant de fixer son regard sur une partie plus au sud et d'esquisser un énorme sourire fier.
Shige baissa son regard, tombant sur ce qui intéressait tant son sempai. Il rougit encore plus, cachant du mieux qu'il pouvait sa partie intime qui s'était réveillée sans qu'il n'eût rien senti.
-Euh… je… c'est… comment dire… bafouilla-t-il.
Koyama lui sourit alors doucement, lui prenant la main et la posant sur sa propre érection.
-T'inquiète, tu n'es pas le seul.
Shige retira vivement sa main, comme si il s'était brulé, provoquant un ricanement moqueur de Koyama. Il allait répliquer quelque chose quand Masuda entra dans la pièce.
-Koya… commença-t-il avant de se taire.
Il eût un sourire railleur avant de lancer d'une voix taquine :
-Chacun à son tour, ne ?
-Sauf que tu n'interromps rien du tout, lui lança Koyama, faussement contrit.
Masuda lui lança un regard interrogateur.
-Quoi qu'il en soit, reprit Koyama, je vais me reprendre une douche ! Froide, sauf si tu me rejoins mon cœur, lança-t-il à Shige avec un clin d'œil.
Il posa ensuite un léger baiser sur ses lèvres avant de sortir de la pièce, laissant les deux garçons seuls. Masuda lança un regard moqueur à Shige qui était complètement perdu.
-A quoi il joue ? demanda Shige pour lui-même.
-Je pense qu'il t'aime bien, lui répondit Masuda.
