Titre:Hanshibou → Troisième angoisse

Auteur: Reiku E. Suzuki

Couple : Reituki

Genre : Amour, survival horror...

Disclaimer: The GazettE ne m'appartient pas encore, l'histoire provient tout droit de mon imagination tordu.

Commentaires:

Bon, aller. On commence les déboires de Ruki^^ Donc, j'ai pas l'habitude de l'utiliser comme narrateur, et ça parait je crois, hein… enfin. J'ai hâte qu'il retrouve Rei et qu'on commence à s'amuser vraiment^^

Début du chapitre

Un cri résonna, déchirant le silence de la nuit. Je me relevai d'un bond, tremblant et en sueur. Je ne pouvais véritablement dire si le cri que j'avais entendu venait de mon cauchemar ou s'il avait véritablement eu lieu, et c'était ce qui m'avait réveillé. J'étais encore un peu perdu entre rêve et réalité, et j'avais l'impression d'avoir le cerveau remplis des brumes du sommeil. Je tournai la tête vers notre manager, seul personne avec qui j'acceptais de partager ma chambre, pour voir si quelque chose l'avait réveillé, lui aussi. Il dormait tranquillement. Poussant un soupir, j'allais me recoucher quand j'entendis de nouveau un cri à glacer le sang. Cette fois, j'étais certain de ne pas l'avoir rêvé. Il était bien trop fort et effrayant pour que je l'aie rêvé.

Je me dépêchai de courir à la fenêtre, ignorant la tuile froide sous mes pieds nus. Le cri venait bien de l'extérieur, non? Je n'avais pas l'impression qu'il venait de l'intérieur de l'hôtel... J'ouvris en grand la fenêtre et me mis à observer la cours. Je ne mis pas grand temps avant de découvrir un des gardiens du portail, qui reculait devant 4 individus. Il pointait une arme devant lui, comme s'il voulait leur faire peur ou les menacer de tirer. Vu la façon dont il reculait, ça n'avait pas trop l'air de marcher. Et les quatre autres personnes continuaient d'avancer, apparemment insensible à l'arme pointé sur eux. Qu'est-ce qu'ils voulaient?

Je frissonnai. De peur ou de froid? L'air de la nuit était frisquet et s'engouffrait dans la chambre, mais les quatre individus ne m'inspirait pas grande confiance non plus. Ils semblaient… bizarres. Bon, d'accord, c'est vrai que j'étais très loin et que je ne pouvais pas bien voir à cause de la distance et de l'obscurité, mais leur démarche me paraissait pour le moins anormal. C'était un peu comme s'ils n'arrivaient pas vraiment à tenir debout, qu'ils étaient toujours sur le point de trébucher. Peut-être qu'il s'agissait uniquement de quelques ivrognes, après tout.

Il y avait toutefois un autre fait étrange, mais je ne trouvai pas quoi… Attendez, les gardiens du portail de la cours ne sont pas censés être deux? Ou était passé le deuxième? Peut-être qu'ils réduisaient leur nombre pendant la nuit, mais je croyais être sûr du fait qu'ils étaient deux en tout temps. Je n'eus pas le temps de fouiller la cour du regard que je vis le gardien de nuit tombé sur le sol. Puis il se mit à quatre pattes en fouillant autour de lui. Peut-être avait-il échappé son arme… Le reste se passa très vite. Les individus se retrouvèrent à sa hauteur, et lui sautèrent littéralement dessus. Aux cris de douleur que l'homme poussa, j'étais surpris de ne voir aucun autre client de l'hôtel réveillés à regarder comme moi par la fenêtre. Je regardais quoi en fait? Un meurtre? Plutôt un acte délibéré de cannibalisme… Une chance pour moi que je me trouvais à bonne distance, parce que rien qu'à regarder de loin, j'en avais des hauts le cœur. Mais je n'arrivais même pas à crier. C'était comme si le son mourait dans ma gorge avant même que j'essaie de le laisser s'échapper. J'avais envie de vomir...

J'avais besoin de parler à quelqu'un, de savoir que ce n'était pas qu'un rêve, ou plutôt, que ce n'était pas un cauchemar. J'aurais dû me pincer pour me réveiller, mais je n'avais pas vraiment envie d'avoir mal. Et ce rêve semblait si réel que j'avais l'impression que je ne me réveillerais pas qu'avec une petite pincette sur le bras.

Je secouai donc le manager du groupe violemment. Je ne me suis rendu compte qu'à ce moment-là que mes mains tremblaient, et que je n'arrivais absolument pas à maîtriser leur tremblement. J'avais peur, oui, mais de quoi au juste? J'hésitais encore à les traiter de cannibales. J'hésitais à donner aux noms à ces monstres que j'avais vus. Et peut-être que j'avais mal compris la scène, aussi... J'espérais que j'avais mal compris la scène. Ou que ce n'était qu'un rêve. Réveillez-moi quelqu'un.

-Qu'est-ce qui ya, marmonna un manager pas du tout réveillé.

-Aller, vite, réveille-toi! Je crois qu'un des gardiens c'est fait bouffer dehors!

-T'as sûrement fait un cauchemar, retourne te coucher, Ruki. Vous avez encore une grosse journée demain...

Sur ce, il se retourna dans son lit, remontant la couverte jusque sur ses épaules. Ah non, je n'allais pas le laisser se rendormir comme ça alors que je commençais véritablement à paniquer! Je lui enlevai sa couverture d'un coup sec. L'air froid dans la chambre le fit frissonner. Il accepta de s'assoir, visiblement de très mauvaise humeur.

-Pourquoi t'as ouvert la fenêtre?

-Pour mieux voir, qu'est-ce que tu crois! Aller, tu devrais voir. Le gars a arrêté de crier, mais il y a pas deux minutes, il criait de douleur… C'était atroce… Aller, regarde!

-J'imagine que si je le fais pas, tu me laisseras jamais tranquille...

À contrecœur, il finit par quitter la chaleur de son lit aller regarder par la fenêtre. Je jetai craintivement un coup d'œil par-dessus son épaule. Je craignais de ne revoir les quatre personnes… Je priai pour qu'ils aient finis leur ''repas''. Une simple dépouille, voir un tas d'os sanglant, me semblait moins dégueulasse que voir des hommes en bouffer un autre.

Pourtant, en regardant à l'extérieur, nous ne vîmes que le gardien de sécurité couché dans l'herbe. D'ailleurs, il se releva tant bien que mal, un peu comme si la tête lui tournait beaucoup trop.

-Il est saoul tu penses? En tout cas, il ne semble pas être en train de se faire dévorer.

-Mais! Je sais bien ce que j'ai vu non!

-T'as sûrement rêvé. Tu vois, il va bien le gardien. Et ça ne change rien. Demain vous avez une grosse journée. Tu sais que si tu laisses la fenêtre ouverte, tu auras de la misère à chanter demain. Maintenant retourne te coucher et laisse-moi dormir, s'il te plait...

Il ferma la fenêtre avant de retourner se coucher. Il me souhaita une bonne nuit puis se renfonça dans ses couvertures, chaudement installé et prêt à rattraper les quelques minutes de sommeil que je lui ai fait perdre. Il s'était même fait tout petit dans son lit, s'attendant peut-être à ce que je vienne me coller contre lui comme un enfant vient coller sa maman après avoir fait un cauchemar. Sauf que j'ai plus d'orgueil que ça. Et que j'étais persuadé maintenant que je n'avais pas rêvé!

S'il pouvait réussir à se rendormir, pas moi. Je sais ce que j'ai vu, et maintenant je sais que ce n'était pas un rêve. Je ne suis pas fou, non plus! Enfin si, un peu, mais qu'importe! Pour savoir véritablement ce qu'il en était, il me fallait aller voir à l'extérieur. D'accord, j'avais peur et ça me fichait la frousse, mais j'avais besoin de savoir la vérité avant de pouvoir me rendormir. Et puis je suis un homme, je n'ai pas à craindre un quelconque danger... Pas même 4 espèces de monstres cannibales qui ne finissent pas leur repas.

Je m'habillai en vitesse. Autant pour ne pas me retrouver dehors en pyjama que pour retarder le moment où je franchirai les portes de ma chambre. Est-ce que je devrais apporter une arme quelconque? Je ne savais pas me servir d'arme, et même un bâton je doute que ce soit très efficace contre quatre personnes. Et en plus, je n'avais rien dans ma chambre qui pourrait me servir d'arme. De toute façon, je n'allais pas me battre contre eux. J'allais voir le gardien et lui demander des explications. Lui était armé. Donc je n'avais rien à craindre.

-Tu comptes faire quoi à t'habiller comme ça?

-Ben, allez voir dehors, qu'est-ce que tu crois?

-Puisque je te dis que ça ne doit être qu'un rêve. Et que tu dois retourner te coucher.

-Tu trouves pas ça bizarre que le gardien soit couché dans l'herbe et qu'il se relève comme s'il avait bu?

-Qui te dit qu'il ne revient pas d'une grosse brosse? En tout cas, il n'avait pas l'air de quelqu'un en train de se faire bouffer.

-Je sais ce que j'ai vu.

-Je sais, je sais… Mais avoue qu'à ma place, tu aurais de la misère à y croire.

Je lui jetai un regard noir avant d'ouvrir la porte et de m'enfuir dans le corridor. La peur avait laissé sa place à la colère. Je ne suis pas fou. Et j'allais lui prouver, à ce manager. J'allais lui prouver que j'avais véritablement vu un gars en train de se faire bouffer par des espèces d'humains… Douce nuit en perspective. Un frisson me passa de nouveau dans le dos.

Nerveux, je me mis à essuyer mes mains sur mon jeans pour me faire quelque chose à faire. Le trajet de me chambre jusqu'au hall me parut bien long… Et au fur et à mesure que j'avançais, je commençais à sentir la peur me prendre aux tripes de nouveau, alors que la colère disparaissait peu à peu. Après tout, peut-être que le manager avait raison, que ce n'était qu'un rêve… Et maintenant, j'espérais que ce soit lui qui ait raison, mais je m'étais trop avancé pour reculer. Il me fallait au moins me rendre jusqu'au hall. Pas besoin d'aller jusqu'à l'extérieur. Dans le hall, je pourrai voir de plus proche ce qui se passait dans le jardin. Je descendis les marches une à une, attentif aux moindres petits bruits qui pourraient me signaler… l'arrivé des cannibales.

Je posai enfin le premier pied dans le hall d'entrée. Tout me semblait calme, quoique bien sombre… Mais tout était parfaitement normal. Il ne manquait que les gardiens, habituellement en train de faire leur ronde dans les couloirs, escaliers, et autres pièces de l'hôtel. Il n'y avait personne d'autres non plus, pas de fêtard qui serait resté trop tard à l'extérieur. J'avais entendu dire qu'il y avait un couvre-feu dans cette ville... À cette heure-là, tout devait être fermé. Même Uruha et Aoi devait être remonté du bar et devait dormir à point fermé dans leur chambre. L'hôtel était complètement silencieux. À part moi, il n'y avait pas âme qui vivent.

Normal, non? On est la nuit, il est tard, et chaque personne devait avoir beaucoup à faire le lendemain. Je devrais écouter le manager et aller me recoucher. De toute façon, j'avais sûrement rêvé. Et les gardiens ont bien le droit de faire la fête et de se saouler s'ils le veulent. Moi, je n'avais rien à voir là-dedans. Après avoir fait un petit tour du hall pour m'assurer une dernière fois qu'il n'y avait rien d'anormal, je commençais à remonter les escaliers pour me rendre dans ma chambre. J'avais bien besoin de dormir si je voulais pouvoir donner un bon show demain….

Un bruit trancha soudain dans le silence de l'hôtel. D'abord un bruit sourd, tout seul, unique. Comme un coup frappé sur un morceau de bois. Surpris, je me retournai, et me remis à écouter le silence, dans l'espoir d'entendre à nouveau le son. Ou plutôt dans l'espoir de l'avoir rêvé... Et avec un peu de chance, ce ne serait rien. Qu'un son sans conséquence. Un autre son. Plus fort cette fois. Et tout de suite après, plusieurs. Des coups lents, forts et faibles en même temps. Je pus définir leur provenance. La porte. Quelqu'un souhaitait entrer à l'intérieur. La porte était-elle barrée à cause du couvre-feu? Alors ce ne devait être que des fêtards qui avaient oublié de rentrer, et qui maintenant se retrouvaient coincé à l'extérieur de l'hôtel.

Je m'avançai vers la porte en étouffant un bâillement. Une fois que j'aurai ouvert, je retournerai dans ma chambre. Qu'est-ce qu'on allait faire demain matin? Uruha allait sans doute se perdre de mots de tête, Reita ne cessera de me demander d'aller ici et là... tout comme Kai. Tout ça avant de faire les autres répets, puis le show. Oui, dur journée demain. Autant retourner me coucher le plus tôt possible pour recouvrir un peu du sommeil perdu.

Je tournai à peine la poignée de la porte qu'on la poussa pour l'ouvrir en grand. J'entendis une étrange lamentation, sombre et rauque, avant de comprendre ce que je voyais. Je ne pus retenir le cri qui sortit de ma gorge, avant de m'enfuir à toute jambe le plus loin possible de la porte. Je me réfugiai dans un bureau de secrétariat-réception, un peu en écart du hall, et m'embarrer à l'intérieur.

Je m'assis contre la porte, tremblant de peur. Je n'avais pas rêvé! Et non, ce n'était pas des cannibales. C'était autre chose, pire… Il ressemblait plus à des cadavres en décomposition avancés qu'à des êtres humains… Je n'avais pas besoin de fermer les yeux pour revoir les visages hideux des cinq monstres. Leurs yeux blancs et vides, vitreux, leur bouche ouverte sur leurs éternelles lamentations sourdes, leur peau blanchâtre, d'allure presque aussi granuleuse que la céramique… C'était bel et bien des cadavres, qui bougeaient, marchaient, et… mangeaient. Le mot me vient immédiatement à l'esprit : zombie. Mais c'était impossible! De tels monstres n'existent pas! C'était peut-être que des cosplay... mais qui irait jusqu'à ajouter l'odeur de putréfaction. Et qui se cosplayerait en pleine nuit?

Un coup fut frappé contre la porte du bureau. Je poussai un cri de surprise et de peur. Au moins un de ces monstres m'avaient pris comme proie pour son petit déjeuner! Je suis bien trop jeune pour mourir! Je ne veux pas me faire bouffer comme le gardien de sécurité à l'extérieur… J'ai encore un show à donner demain! Et puis, je suis trop petit, je ne dois pas avoir assez de graisse. Et je suis pas comestible... je crois pas être très comestible.

Fin du chapitre

Je me suis toujours dit… Mais merde, pourquoi Ruki va ouvrir la porte, espèce d'imbécile . Grâce à lui, tous les chers clients de l'hôtel, endormis, vont avoir affaire avec les zombies… Bravo. Ce qu'il aurait dû faire, c'est aller se cacher sous la couette avec Rei 3 Tant pis pour Kai. (Parce que je considère Aoi et Uruha dans la même chambre, Rei et Kai, et Ruki et le manager sans nom.)