Titre: Hanshibou → Cinquième angoisse angoisse

Auteur: Reiku E. Suzuki

Couple : Reituki

Genre : Amour, survival horror...

Disclaimer: The GazettE ne m'appartient pas encore, l'histoire provient tout droit de mon imagination tordu.

Commentaires:

Voilà un tout nouveau chapitre! Nécessaire pour la suite. Même si Rei n'y apparait pas... Bientôt bientôt^^

Début du chapitre

Je me réveillai au matin, surpris. D'abord, j'étais surpris de m'être endormi au beau milieu du chemin menant à la ville. Et puis, peu à peu, quand le souvenir des évènements de la nuit me revint en mémoire, je fus surpris d'être encore en vie. Ou bien n'était-ce que de la chance? Si j'avais véritablement de la chance, l'attaque de zombie ne serait qu'un rêve, qu'un horrible cauchemar. Si j'avais de la chance, je retrouverai les autres membres du groupe, souriant en apprenant ma frousse de la nuit dernière qui m'avait entraîné à dormir dehors. Peut-être Kai s'inquièterait-il de mon état de santé. Puis on irait tous en riant finir les tests de son avant le spectacle de ce soir.

Pourtant, je n'avais pas vraiment le goût de vérifier à l'hôtel si j'avais rêvé ou non. Le simple fait que je sois couché en travers du chemin m'en disait long sur la vérité de ce que j'avais vécu hier. Je restai pourtant coucher sur le dos un moment, indécis. Il est rare que je n'arrive pas à me décider, pourtant, aujourd'hui, je prenais le temps de plus ou moins réfléchir. Ce n'était pas une quelconque décision à la légère que je devais prendre, comme si je ferais mieux de mettre des gants de cuir noir ou un autre accession. Ma vie était en jeu! Et je ne voulais pas mourir.

Si je meurs... J'imagine que la liste des personnes qui me pleureraient serait incroyablement longue. En commençant par mes proches, mes amis, ma famille, mes collègues (s'ils sont encore en vie...). Et puis toute les personnes qui se font de l'argent sur mon dos ou sur la vente de nos cd, de nos billets de spectacle... Sans compter tous les fans... J'ai pas encore mis mon testament à jour. Je n'ai pas marqué si je voulais un enterrement privé ou public... Non, décidément, je peux pas mourir.

Mon estomac gargouilla. Il fallait que je trouve de quoi manger, et de l'aide aussi. Et pour ça, il n'y avait que la ville, puisque je ne voulais pas retourner à l'hôtel. Je me levai d'un coup pour repartir le plus vite possible, mais ce fut une mauvaise idée. La tête commença à me tourner, m'obligeant à rester à quatre pattes le temps que le sol arrête de bouger. Je finis de me relever, mais plus lentement. J'étais peut-être un peu faible à cause du manque de sommeil, ou de ma blessure. Je ressentais une douleur sourde en continue, donc dans un sens, c'était tolérable. Je ne devais pas m'arrêter à ça.

Jetant un dernier coup d'œil derrière moi, j'entrepris de terminer le bout de chemin qui me séparait de la ville. La forêt était plus silencieuse que d'habitude. Même si nous étions le matin, aucun oiseau ne chantait joyeusement de leur branche, aucun écureuil ne se promenait de branche en branche, rien. Toutefois, le silence était loin d'être complètement omniprésent.

Au loin, j'entendais des lamentations, que je devinais facilement être celles des zombies. De l'hôtel, sûrement… Quoique, plus je m'approchais de la ville, plus certaines des lamentations devenaient fortes. Et plus je commençais à m'inquiéter… Qu'est-ce que j'allais faire si je ne pouvais pas trouver de l'aide en ville? Qu'est-ce que j'allais faire si je me retrouvais complètement seul, sans espérer pouvoir compter sur quelqu'un? Pourquoi je suis pas aller réveiller Rei, ou Aoi? Avec eux, j'aurais été plus en sécurité et je serais moins en train de « freaker » que maintenant...

Je finis par sortir de la forêt, un peu en dehors de la ville. Une étrange odeur m'agressa les narines… un mélange de gaz, de brûler et de pourriture. Je n'eus pas longtemps à trouver la provenance de cette odeur inhabituelle : le centre urbain un peu en contrebas.

C'était un paysage assez étrange qui se présentait à mes yeux. Bien loin de ce que l'on serait en droit de s'attendre d'une ville venant de se faire attaquer par des zombies. Le soleil éclairait les fleurs aux fenêtres, les maisons semblaient accueillantes, et belles. J'aurais pu me croire dans la même ville que j'avais traversé hier, à pied avec Reita, si ce n'était les voitures aux vitres brisées, les nombreux incendies un peu partout, suites à des accidents de voiture, ou autre… les portes des maisons ouvertes, les pentures parfois arrachées, ou d'autres simplement défoncés… Sans oublier l'odeur, ni les lamentations qui semblaient provenir de la ville elle-même. Où étais les gros nuages noirs, les araignées, les cadavres, les éclairs et le tonnerre qui accompagne habituellement les films d'horreur? J'aurais presque pu croire que ce n'était qu'une ville fantôme, abandonnée par ses habitants. Dans un sens, ça me faisait encore plus peur...

Je ne sais pas ce qui me poussa à entrer dans la ville. Peut-être que c'était parce que je n'avais aucun autre endroit où aller. L'hôtel étant lui aussi attaquer, la ville la plus proche étant inaccessible à pied… Et la forêt ne me semblait pas plus sécuritaire… Ok, peut-être que le jour, la forêt serait un endroit agréable, mais je ne voulais pas me retrouver coincé là pendant la nuit. Et puis, j'avais faim. Et en forêt, tout le monde sait qu'il n'y a rien à manger, du moins pour quelqu'un qui n'a jamais pris de cours de survie. Comme moi. J'aurais peut-être du rentrer dans les scouts, gamins... Trop tard. Je ne sais que chasser le hamburger dans un centre d'achat.

Enfin, en entrant lentement dans la ville, je comptais dans ma tête mes chances de rester en vie. Je ne mis pas longtemps à voir que mes chances faisaient un peu pitié. Seul. Sans arme. Sans capacité de survie naturel. Entouré de zombie. Mince possibilité de s'enfuir. Je vais arrêter là, je me décourage moi-même...

Mais je ne veux pas mourir!

Je pourrais peut-être retourné à l'hôtel, puisque je pourrais peut-être y retrouver les autres. J'avais beau pouvoir y recroiser les autres, je n'avais pas vraiment envie d'y retourner. Toute tentative me paraissait désespérée. Était-il seulement possible de s'en sortir? Je ne savais même pas si quelqu'un en dehors de la ville était au courant de ce qui se passait ici. J'avais même pas pris mon cellulaire en sortant de ma chambre. Et je ne sais pas si quelqu'un de l'extérieur pourrait y croire. Personnellement, si on m'appelait pour me dire qu'une ville avait été attaquée par des morts-vivants, je crois que je serais parti à rire en me disant que c'est une bonne blague.

Je me retrouvai dans des sombres ruelles de la ville. Au détour d'une ruelle, je croisai deux morts-vivants qui se tournèrent vers moi dès qu'ils sentirent ma présence. Ils étaient aussi affreux que ceux que j'avais vus pendant la nuit, mais j'eus moins peur, cette fois. Peut-être parce que j'avais compris que j'allais finir par mourir, même si c'était bien la dernière chose que je voulais. Que j'allais mourir tué par un de ces cadavres qui marchent…

Trois coups de feu résonna pas très loin de moi. Les deux zombies s'effondrèrent sur le sol. J'eus au moins le plaisir de savoir qu'ils pouvaient mourir d'une façon normale tant qu'ils étaient touchés à la tête.

-Eh, l'étranger, vous êtes mieux de pas rester là.

-Je sais. Vous avez l'idée d'un endroit sécuritaire où aller?

-Restez avec moi pour le moment.

Je m'approchai de l'homme, trop heureux de voir un être humain en chair, en os et bien en vie. J'étais tout aussi heureux d'avoir pris quelque cours avancé en anglais... Enfin. C'était un policier d'âge mûr, et au vue de ses vêtements et des blessures qu'il portait, il avait du se battre contre plusieurs zombies. Il avait l'air fatigué, sale, et vachement amoché. À bien y repenser, je devais lui ressembler un peu, moi aussi. Face à lui, je lui serrai la main qu'il me tendit.

-Matt.

-Ruki.

-Bien Ruki, vous avez une arme?

-Non, je crois bien avoir perdu les ciseaux que j'avais utilisés…

-Ok… on essaiera de te trouver quelque chose. Suivez-moi, l'étranger. Il y a une pharmacie pas très loin. Votre bras à besoin d'être soigné, je crois.

Il était essoufflé et semblait fiévreux. Il semblait aussi beaucoup souffrir. J'avoue aussi que ses blessures semblaient plus grave et plus douloureuse que la mienne. Je m'étais accroché contre un coin de comptoir. Il avait été mordu et griffé par des morts-vivants. Ses blessures commençaient à s'infecter et à pourrir, en plus. Sans soin, il n'en aurait sans doute pas pour longtemps...

Nous arrivâmes rapidement à la pharmacie. C'était une petit boutique qui vendait diverses choses, en majorité des médicaments et des produits d'hygiène. Il s'assit à l'entré, pas loin de la porte vitré, histoire de surveiller si des zombies ne s'approchaient pas trop près. Je m'enfonçai dans les allées afin d'y rechercher de quoi soigner nos blessures.

La pharmacie était silencieuse, signe qu'il n'y avait là aucun mort-vivant, heureusement. Je me sentis plus ou moins en sécurité, en tout cas plus que ce que je ne me le serait cru dans une attaque de morts-vivants. Mais je savais que se sentiment de plus ou moins sécurité serait éphémère, et qu'il me fallait en profiter un maximum avant de repartir à l'assaut du danger. Ou alors ce serait le danger qui viendrait à moi… J'aime mieux ne pas y penser, pas maintenant. Je devais me concentrer sur ma ''mission''.

Je me promenai dans les allées. Je ramassai bandages, désinfectant, et nourriture surtout, avant de retourner vers Matt. Je pensai aussi prendre quelques linges humides pour me nettoyer un peu, mais en repensant au fait que j'allais sans doute pas rester tout propre très longtemps, j'abandonnai l'idée. Et puis, peut-être que les zombies aiment moins la chair sale que la char propre puisque après tout, ils ne se dévorent pas entre eux...

Le policier avait fermé les yeux, et semblait somnoler. Je ne voulus pas le déranger, aussi m'assis-je silencieusement à côté de lui et entrepris de nettoyer la blessure à mon avant-bras avant de me panser du mieux que je le pouvais. N'importe qui aurait fait du bien meilleur travail, mais malheureusement, je n'avais personne à qui demander pour me donner un coup de main.

-Eh, l'étranger, j'ai quelque chose à vous dire, approche.

Je lui obéis, curieux et nerveux à la fois.

-Tenez, prenez mon pistolet.

-Pourquoi, demandai-je en le prenant. Il est assez lourd.

-Vous savez vous en servir?

-C'est interdit dans mon pays.

-Je vais vous apprendre alors. Contre les zombies, c'est plus efficace qu'une paire de ciseau.

-J'avoue. C'est pas compliqué au moins? Parce que, voyez-vous, je crois pas que…

Il sourit en m'affirmant qu'un gamin de trois ans pourrait apprendre à s'en servir. Il me montra comment débloquer le garde de sécurité, comment charger le pistolet, changer le chargeur, comment bien le tenir… et comment tirer. Bien qu'il ne me montra pas d'exemple, et qu'il ne me fit pas pratiqué. Il ne lui restait qu'une seule munition, nous n'allions pas la gaspiller en bêtes exemples ou pratiques.

-Vous savez, Ruki, vous apprenez vite pour quelqu'un qui semblait pas si sûr.

-Si ça permet de sauver ma peau, je vois pas pourquoi je ne ferais pas mon possible pour apprendre.

-Vous voulez passer à la pratique, me demanda-t-il avec un léger sourire triste.

-Je ne suis pas sûr de vouloir… Je n'ai pas hâte de me trouver de nouveau devant des zombies. Bon, et si on commençait à soigner vos blessures? Vous m'avez l'air un peu souffrant…

-Ruki, c'est inutile. Les morts-vivants sont si nombreux parce que ceux qu'ils tuent deviennent à leur tour des morts-vivants… Et ceux qui survivent souffrent en devenant des morts-vivants…

Je commençais à comprendre ce qu'il voulait me dire, pourquoi il semblait tant souffrir, pourquoi il m'avait appris à tirer, et pourquoi il souriait tristement… L'horreur se peignit peu à peu sur mon visage. Je ne voulais pas mourir, non. Mais ça, ça me semblait encore plus horrible.

-Je vois que vous avez compris… Tant mieux, j'avais peur de le prononcer à voix haute. Maintenant, Ruki, s'il vous plaît… pouvez-vous accomplir quelque chose pour moi?

-Tout ce que vous voulez. Vous m'avez tant aidé, si je peux faire quelque chose en retour pour vous, je le ferai.

-Je ne veux pas devenir comme eux Ruki, s'il vous plaît… utilisez la dernière balle pour m'empêcher de devenir zombie. Ensuite, vous garderez mon pistolet, et j'ai un couteau dans son étui. Ça vous fera des armes. Et vous trouverez un moyen de survivre. S'il vous plaît…

-Je… Je ne peux pas faire ça!

Il me demandait littéralement de le tuer! Je ne pouvais décidément pas le faire, à moins qu'on me menace moi-même. Et même là… Bon, c'est vrai, j'ai déjà tué, mais il ne s'agissait que d'un zombie, un cadavre, et c'était un acte de pur défense! Je n'avais pas fait exprès! Là, c'était l'inverse, il me demandait de tuer de sang froid. Je comprends pourquoi les armes sont interdites au Japon... Elles permettent de faire des choses véritablement horribles.

-Je comprends vos réticences, mais comprenez-moi. Il n'existe aucun moyen d'enrayer le processus qui nous rend zombie. Ou du moins, nous n'en connaissons encore aucun pour le moment. Je ne veux pas mourir, tu sais? Mais je ne veux pas devenir zombie et tuer d'autres personnes par la suite. Je ne veux pas devenir un monstre. Vous, vous avez encore une chance de vous en sortir. Pas moi. S'il vous plait, Ruki, faites-le.

-Je ne peux pas…

Ma voix était tremblante, cassée. J'avais l'impression de ne plus contrôler mes gestes, d'être complètement déconnecté de mon corps. Et pourtant, je vis clairement mes mains se lever, portant le pistolet exactement comme il me l'avait appris. J'enlevai la garde. Le policier poussa un soupir. Il savait que je le ferais, et il avait raison. J'allais sûrement m'en vouloir et le regretter toute ma vie, mais j'avais comme principe de toujours respecter les dernières volontés. Je n'avais pas encore eu à respecter ce principe… j'ai toujours été égoïste, croyant toujours que la mort ne s'approcherait jamais de moi. Ce n'est qu'aujourd'hui que je me rends compte à quel point j'ai été stupide.

J'entendis à peine le coup de feu qui résonna pourtant dans toute la place. Je n'entendis pas non plus les dernières paroles du brave policier qui avait réussis à survivre jusqu'ici. Mais je pus voir ses lèvres bouger une dernière fois avant de s'éterniser sur un éphémère sourire. Puis son corps sembla se ramollir, jusqu'à former plus qu'un tas informe sur le plancher de la pharmacie.

Cette scène restera graver à tout jamais dans ma mémoire. Si je m'en sors vivant, je devrai l'écrire en parole...

J'avais l'impression de ne plus contrôler mon corps maintenant. Je me vis me pencher, prendre l'étui de son pistolet pour le glisser à ma ceinture, et y ranger l'arme désormais inutile, vide de toute munition. Puis, je n'eus pas à fouiller beaucoup avant de trouver le couteau dont il m'avait parlé, un couteau de chasse bien aiguisé et équilibré, facilement maniable et pas trop lourd. En fouillant un peu plus, je trouvai du poivre de Cayenne, que je ramassai machinalement, doutant que ce ne me fut utile contre des zombies.

J'aurais peut-être du lui rendre hommage avant de partir. Lui creuser une petite tombe ou encore l'immoler. Faire quelque chose pour que son esprit puisse rejoindre tranquillement le ciel. Mais je ne suis pas un bon chrétien, et j'avais hâte de m'enfuir de la pharmacie, Je me sentais de nouveau nauséeux et je n'avais qu'une envie : retourner dans un endroit plus ou moins sécuritaire, dans lequel je pourrais retrouver un peu de familiarité. Et il n'existait qu'une place qui avait ce mérite : l'hôtel. Bien que je doute de pouvoir encore le classé comme endroit sécuritaire… J'espérais, toutefois, que ce fut encore possible… Sinon je pourrais fort bien me sentir coupable de la mort de mes frères et collègues, ce que je n'avais nul envie.

Fin du chapitre

Ah, j'ai trop hâte au prochain chapitre. Un des bouts ÉPIQUE de cette série. Selon moi XD