Titre: Hanshibou → Onzième angoisse
Auteur: Reiku E. Suzuki
Couple : Reituki
Genre : Amour, survival horror...
Disclaimer: The GazettE ne m'appartient pas encore, l'histoire provient tout droit de mon imagination tordu.
Commentaires:
Bon, maintenant, utilisons Ruwa pour la beauté de l'histoire *siffle*
Début du chapitre
Dehors, les nuages commencèrent à déverser leur gouttes d'eau, d'abord lentement, puis de plus en plus vite. La pluie réduisait notre visibilité, et plaquait nos vêtements et nos cheveux sur notre corps. Bien vite, je fus transi de froid. La pluie était froide et cruelle dans ce début de printemps. Pourtant, pas une seconde ne me vint à l'esprit l'idée de retourner dans l'hôtel. Nous avions beau ne pas être plus en sécurité dehors qu'à l'extérieur, nous nous approchions quand même de notre chance de fuir, et la simple idée d'une sécurité totale et complète un jour plus ou moins proche me faisait défier la pluie et le froid qui s'engouffrait maintenant jusqu'à mes os.
Par pur réflexe, j'enroulai mes mains autour de mon ventre comme pour retenir la chaleur de mon corps, sans succès. Je vis que Uruha et Reita avait fait de même. Tous les deux devaient avoir aussi froid que moi, mais aucune des trois ne parla. Aucun ne voulait briser le silence, et avec la pluie, tous les sons semblaient étouffés, de toute façon. Même les lamentations des zombies baissèrent de volume, comme s'ils étaient plus lointains. Personnellement, je n'allais pas m'en plaindre.
J'avais toutefois l'impression que nous n'avancions presque pas, malgré que maintenant, on courait. On courait vers où, d'ailleurs? Aucun de nous trois n'auraient pu le dire, j'imagine. Fuir l'hôtel, et nous donner l'illusion de fuir tout danger du même coup. Chercher un abri ailleurs, dans cette ville infestée de zombie qu'on ne connaissait pas. Fuir la mort de Kai, notre leader, et celle de notre manage. Fuir…
Un cri étranglé nous figea dans notre course. D'ailleurs, courir ne servait plus à rien puisque nous étions trempés. Nous tendîmes l'oreille pour percevoir de nouveau le bruit.
-Ça vient de par-là, nous pointa Reita. Une silhouette agenouillée dans l'herbe.
-Comment tu vois ça?
Il haussa les épaules. Il n'y avait pas assez de lumière pour que je remarque la silhouette se découper sur le sol déjà noir. Nous dûmes approchés de quelques pas pour qu'Uruha et moi puissions voir ce que Rei voyait déjà depuis un moment. Comment pouvait-il voir aussi bien de nuit? Il n'aurait pas une espèce de capacité spéciale dont il ne nous aurait jamais parlé? On dit que les vampires peuvent voir dans le noir, puisqu'ils vivent la nuit. J'imagine que les démons ça doit être la même chose. Je n'arrivais pas encore à me décider entre les deux… Si ça se trouve, il est une sauterelle démoniaque de l'Apocalypse…
La silhouette sembla se tordre de douleur devant nous, a encore quelques mètres.
J'avais beau être angoissé un max, j'avais beau savoir que j'étais qu'un poids pour Rei et Ruki parce que je servais à absolument rien, la silhouette qu'avait vu mon meilleur ami me rendait curieux. Je ne voulais pas chercher de quoi il retournait, j'avais bien trop peur. Sans alcool, je servais à rien. J'étais qu'une fillette effrayée et faible. J'ai beau me donner de grands airs sur scène, maintenant… tout ça, c'était trop pour moi. Je savais que si je me laissais aller, mon imagination, couplé à mon angoisse, allait me faire voir n'importe quoi et je finirais fou. Ou mort. Mort était plus juste dans mon cas. Je n'en pouvais plus, peut-être comme cette silhouette à l'agonie.
Elle se roulait maintenant sur le sol, en proie à des souffrances horribles Dans un certain sens, j'avais le goût de l'aider et d'en terminer avec ses souffrances. Seulement je n'en aurai jamais la force, ni le courage. Ruki, lui, devrait en être capable. Mentalement, il devait sans doute être le plus fort d'entre nous. Mais je n'oserais jamais lui demander. C'était déjà beaucoup qu'ils acceptent de rester avec moi, alors que Reita semblait croire que je les dérangeais… Je ne pouvais pas lui en vouloir, c'était la vérité. Depuis que je traîne avec lui, il m'a toujours traité de pleurnicheur. Et c'est encore ce que je suis. Je les ralentis, c'est sûr. Je vois pas pourquoi ils me gardent encore avec eux… En souvenir d'une longue amitié? C'est ridicule.
Soudain, d'un seul coup, la silhouette se releva. Il faisait juste assez clair pour découper parfaitement sa silhouette dans la pluie. Son corps parfait, ses cheveux en ce moment noire de jais quoique plus emmêlée que d'habitude, ses traits fier et fort que j'arrivais à deviner, malgré les mètres qui nous séparaient encore…
-Aoi!
J'avais refusé de penser à lui. Depuis que je m'étais fait attaquer par des morts-vivants et que j'avais trouvé refuge dans le frigidaire, je m'étais refusé à penser à lui. Il y avait trop de chance qu'il soit mort, trop de chance qu'il se soit fait tuer par les zombies que je savais que si je pensais à lui, j'allais finir par craquer et me laisser mourir. Lorsque j'avais été sauvé par les deux autres, j'avais eu un instant l'espoir que peut-être que lui aussi, s'en était sorti. Je l'avais laissé dans notre chambre quand j'étais partie en quête de nourriture… Peut-être…
Je n'avais aucune idée de comment il avait pu réussir à survivre jusqu'à maintenant, pourtant. Peut-être qu'il avait décidé de se jeter par la fenêtre de notre chambre pour fuir tous les zombies dans l'hôtel. Je ne pensai pas à relever la tête pour vérifier les fenêtres, j'étais trop obnubilé par sa vision. Il était encore vivant, ma douce moitié, mon cœur, l'homme qui garde mon cœur précieusement entre mes mains…
Je voulus courir vers lui, le rejoindre, l'aider, lui dire que tout allait bien, que nous allions nous en sortir… Des bras me retinrent. Sans réfléchir, je me retournai violement pour frapper Reita en pleine poitrine. Je ne vérifiai pas si je lui avais fait mal. Il m'avait lâché, c'était ça l'essentiel. Je pus courir vers Aoi, vers mon amoureux. Rien n'y personne ne pourrait m'empêcher de rejoindre l'homme que j'aime.
-Non, Uruha, reviens! C'est dangereux!
J'avais beau lui crier de revenir, rien n'y faisait. C'était comme s'il était sourd, et qu'il ne m'entendait pas du tout. J'étais partagé entre le désir de courir après lui pour le rattraper ou vérifier l'état de Reita. Après avoir encaissé le coup, il était tombé au sol. Uruha n'y était définitivement pas aller de main morte…
-Laisse-le, il est trop tard pour lui, maintenant.
-Mais il…
-Il a choisi sa mort…
Reita se relevait péniblement, encore le souffle court. Uruha avait du vraiment frapper fort, ou bien c'était le manque de sommeil. Rassurer sur son sort, je me tournai vers Uruha. Il venait de rejoindre le deuxième guitariste du groupe, son amoureux de toujours. Je le vis le prendre dans ses bras, alors que Aoi ne semblait même pas réagir. Je ne voyais pas très bien, mais je crus voir des larmes aux yeux d'Uruha, et un léger sourire se dessiner sur le profil du noir. Et pourtant, les cris de douleurs qu'il avait poussées plus tôt ne faisaient aucun doute sur ce qu'il était devenu maintenant.
Je ne pus réussir à détourner le regard lorsque je vis Aoi mordre dans le coup d'Uruha. De toute façon, même en fermant les yeux, j'aurais compris la scène rien qu'aux cris que laissa échapper le guitariste.
Reita me prit la main et m'attira dans ses bras. Ce n'est qu'à ce moment-là que je compris que mes larmes s'étaient remises à couler le long de mes joues. Je commençais aussi à sangloter. Je me collai contre lui alors qu'il me caressait le dos et les cheveux en signe de réconfort. Je ne sus dire combien de temps ce moment dura, mais certainement pas très longtemps. Nous devions nous enfuir avant que les deux zombies ne nous pourchassent. Nos anciens amis… Bien que nous ayons des armes pour les tuer, je ne voulais pas faire mourir ainsi la preuve physique d'un amour inconditionnel… Uruha avait peut-être été un trouillard, à la fin de sa vie il aura toutefois fait preuve d'immensément de courage afin de rester unis avec l'homme qu'il aime.
Après ce qui me sembla que deux ou trois secondes, Reita me tira en sens opposé des zombies. Mes larmes continuaient de couler, mais mes sanglots s'étaient tus. Heureusement pour nous, le zombie prenait son temps pour manger, et il ne semblait pas près d'avoir fini. Nous nous enfuîmes donc sous la pluie avec en arrière-plan la douce mélodie des cris de douleur de celui qui était encore notre compagnon il n'y a pas si longtemps…
On arrêta de courir lorsque les cris se turent. De nouveau, autour de nous il n'y avait que le silence de la pluie, et le bruit de nos souffles qui s'apaiserait dans pas longtemps. Je me rendis compte que j'avais fini de pleurer. La course m'avait changé les idées, m'empêcher de repenser à tout ce que j'avais vécu en 24h et tout ce qui me restait à vivre avant de pouvoir m'en sortir. Car ça n'allait pas se terminer comme ça, non? J'espérais seulement que la suite soit plus facile que le début, mais je doutais qu'une telle prière fut exaucée. D'ailleurs, si Dieu existait, il ne laisserait pas des morts-vivants nous attaquer et nous bouffer.
-Ça va, tu vas tenir le coup? me demanda Reita.
-Oui, oui, t'inquiète.
-Bon… Tu as une idée où on pourrait passer la nuit?
-À l'église?
J'avais laissé échapper l'idée. Je n'y pensais pas vraiment… mais Reita me dévisagea d'un air bizarre avant de partir à rire. Il ne rit pas longtemps, mais ce fut assez pour que je le dévisage à mon tour. Un étrange sourire resta flotté sur ses lèvres.
-Tu penses que les zombies ne s'attaquent pas aux églises?
-Je ne sais pas! Mais une chose certaine, on pourra se repentir, se faire pardonner nos pêchés et prier Dieu qu'il nous vienne en aide!
-Depuis quand tu es croyant?
-Depuis demain.
-Quoi?
-Si on s'en sort, je promets d'aller à l'église tous les dimanches.
-Heureux de voir que tu gardes le sens de l'humour malgré notre situation précaire.
- Je ne vois pas pourquoi il faudrait faire une face d'enterrement. Si ça se trouve, personne ne viendra pour nous enterrer, de toute façon.
-Le pessimiste te va mal, Ruki. Tu devrais me laisser ce rôle.
-Toi tu n'es pas pessimiste, tu es juste trop terre à terre et sans émotion aucune.
Un silence s'installa entre nous deux. Nous marchions vers nulle part, tête baissée. J'étais tout mouillé et je commençais à avoir froid. J'étais assez découragé aussi, il fallait me l'avouer. La pluie rend plus sombre, j'en avais là un parfait exemple. Avec la fatigue accumulée en plus, il était normal que je sois négatif. Sans compter la mort de presque tous ceux qui m'étaient le plus cher. Je ne vois pas comment j'arrivais encore à continuer.
-L'église est une bonne idée, dit-il, simplement.
-Quoi? m'exclamais-je, surpris.
Si je m'étais attendu à ce qu'il accepte une de mes idées… Qui n'était même pas bonne, en plus! J'avais en tête le lieu sacré juste parce que j'étais tombé par hasard sur la bible un peu plus tôt, du coup j'avais la religion en tête. L'église n'était pas si loin, selon le plan que j'avais vu de la ville en arrivant, et elle serait sec. Et je ne pouvais m'empêcher d'espérer que les zombies ne s'approchent pas de ce Saint lieu. Un espoir idiot, mais un espoir quand même.
-Bon, alors allons-y, laissai-je tomber d'une voix morne.
-Quel enthousiasme!
-La ferme.
Il était rare que je ne sois pas d'humeur à parler, mais en ce moment c'était le cas. Heureusement, Reita sembla le comprendre, puisqu'il ne rajouta rien. Je pus donc me perdre tout à loisir dans mes pensées, tandis qu'on s'avançait d'un pas lent en direction de l'église. Elle était construite en dehors de la ville, pas très loin de l'hôtel. J'avais demandé pourquoi elle n'était pas à l'intérieur de la ville, et un guide m'avait tout expliqué.
Lorsque la ville a été créé, au début ce n'était qu'un tout petit village de loyaliste américains qui avaient décidé de vivre en tant que nomade dans le coin. Ils vivaient de chasse et de pêche, de cueillette, comme l'ancien mode de vie. En arrivant au pied des montagnes, ils décidèrent de s'y installer au moins pour l'hiver. Ce qui devint un petit campement temporaire devint finalement un petit village. La vie s'organisait peu à peu et bientôt, de nouveaux colons vinrent s'installer à ce qui allait devenir Racoon City. La vie y était assez dure, mais plaisante.
Jusqu'à ce qu'un prêtre arrive dans ce petit village paumé, loin de tout, y compris des règles de la religion. Les habitants virent d'un mauvais œil l'arrivée d'un prêtre, aussi décidèrent-ils de le rejeter du village. Le prêtre ne se laissa toutefois pas abattre, et décida de construire son église en pleine forêt. Les hommes du village ne purent rechigner à un petit profit de plus, aussi acceptèrent-ils de construire l'église. C'était dans les années de la construction du train. L'arrivé du chemin de fer facilita la construction de l'église, mais une fois terminée, celle-ci ne fut jamais pleine a craqué. À peu près personne n'allait à la messe, presque personne ne payait la dîme, et la religion perdait de plus en plus de pouvoir dans cette ville, surtout quand la grande compagnie pharmaceutique vint s'y installer. Le bâtiment fut presque laissé à l'abandon, si ce n'est le vieux prêtre, et son remplaçant à la mort du dernier, qui s'occupa de l'église et l'empêcha de tomber en ruine.
Nous avancions maintenant sur le petit chemin de terre. Enfin, nous croyions que c'était le chemin. Si peu de monde l'avait emprunté qu'il était à peine marqué sur le sol. La forêt n'avait aucune misère à récupérer le sol sur le chemin. De l'herbe et des fleurs poussaient çà et là, des racines passaient à d'autres places. Ce devait être toutefois le bon chemin puisque nous finîmes par atteindre le cimetière. Le seul cimetière de la ville, construit dans la cour de l'église. En fait, c'était l'église qui s'était construite à côté du cimetière.
Dès que j'aperçu les premières tombes, je me figeai. Reita se retourna vers moi avec un regard interrogateur.
-Tu ne veux quand même pas qu'on traverse le cimetière? demandai-je d'une voix blanche.
-Pourquoi pas? Faire le tour serait assez long…
-Je sais, mais c'est un cimetière! Là où les morts sont enterrés. Et qu'est-ce que des zombies?
-Des morts-vivants. Je suis pas idiot, Ruki. C'est toi qui es idiot. Les morts du cimetière sont mort et bien mort, ils ne se relèveront pas pour venir nous dévorez. D'ailleurs tu l'as bien vu, les zombies ne s'intéresse pas aux cadavres.
-Je… N'empêche, cet endroit me fous la trouille. On devrait s'éloigner, faire le tour… ou bien se diriger immédiatement vers la ville. Allez, tu viens, Reita?
-Espèce de trouillard! C'est pas parce que dans les films, les cimetières sont les endroits les plus effrayants que c'est obligatoirement la même chose dans la réalité.
-Je n'ai peur de rien! Mais on ferait vraiment mieux de trouver un autre chemin… Je dois commencer une allergie aux zombies.
-Ruki, murmura-t-il en soupirant, je laisserai rien t'arriver, ok? Je te jure qu'on ne se fera pas attaquer par un seul zombie tant qu'on sera dans le cimetière.
Il reprit ma main et m'entraîna doucement dans le cimetière. Je ne remarquai qu'à ce moment-là que la pluie avait arrêté de tomber, mais j'étais si mouillé que ça ne faisait pas grande différence. Il restait une petite bruine et les nuages étaient si bas qu'on ne voyait pas grand-chose dans la faible lueur de l'aube. Je crois même que Reita voyait aussi mal que moi, mais je n'en suis pas certain. Il faudra que je finisse par lui poser certaines questions, sinon je n'en aurai jamais les réponses… Enfin, commençons par sortir vivant de ce cimetière…
Fin du chapitre
Bon, voilà, on est débarrasser des emmerdeurs. Le Reituki peut commencer ^_^
