Titre: Hanshibou → Douzième angoisse

Auteur: Reiku E. Suzuki

Couple : Reituki

Genre : Amour, survival horror...

Disclaimer: The GazettE ne m'appartient pas encore, l'histoire provient tout droit de mon imagination tordu.

Commentaires:

J'adore les cimetières, vous savez? ^^ C'est si calme, si paisible. Les corbeaux aussi. SI gentils, si agréable...

Début du chapitre

Aussi étrange que cela pussent paraître, Reita avait raison. Il n'y avait aucun zombie, aucun mort en train de sortir de leur tombe, aucun signe d'une présence quelconque, qu'elle soit humaine ou à moitié morte. J'en fus soulagé, mais j'avais quand même peur, et je tenais fermement sa main dans la mienne. Un bruit résonna derrière nous. Avec un cri étouffai, je me collai contre Reita, dans un pur réflexe. Je l'entendis rire légèrement, mais je ne répliquai pas. Il n'y avait rien de drôle, aurais-je voulu lui répondre, mais j'étais trop occupée à avoir peur. Je restai toutefois collé contre lui, comme une fille aurait collé un coussin ou son amoureux pendant un film d'horreur. J'étais vraiment en train de me comparer à une fille?

J'avais l'impression qu'on faisait que tourner en rond. Les pierres tombales étaient toutes pareilles, le paysage morne et brumeux restait le même. J'avais hâte de quitter cet endroit maudit pour atteindre l'église et la protection de ses murs de pierre. Je frémis en entendant croasser des corbeaux. Ce n'était pas un croassement habituel, on aurait dit que les corbeaux étaient fous, comme enivrés par quelque chose… je ne sais pas. Mais ils n'étaient pas normaux. Et ça me faisait peur.

Je ne savais pas où était les maudits oiseaux noirs. Je ne les voyais même pas. Et avec les sons étouffés par le brouillard et répercutés sur les pierres tombales, je ne pouvais pas être certain de leur provenance. Je me collai un peu plus contre Reita, si c'est possible. Il dut d'ailleurs le remarquer.

-Tant fais pas, Ruki, ce ne sont que des corbeaux.

-Je sais… mais tu les as entendus?

-Oui. Ils sont peut-être fou, mais depuis quand les corbeaux attaqueraient-ils les humains?

-Depuis qu'ils sont devenus des zombies, eux aussi.

-Tu crois que les morts-vivants seraient assez rapide pour attraper un corbeau et le bouffé? Pas moi.

-Mais…

-T'inquiète, ça vas aller, je te dis! Mais on ferait bien de faire silence, quand même…

-Et après tu dis que ça vas aller…

-Simple mesure de prévention.

Nous retombâmes dans le silence, par simple mesure de prévention… Plus nous continuons d'avancer, plus j'avais l'impression que les corbeaux étaient proches. Je me forçai à penser à autre chose, à détourner mes pensées des affreux croassements. Tiens, ceux-ci enterraient les lamentations des zombies qu'on entendait encore en sourdine. À bien y réfléchir, je crois que je préfère les lamentations que les croassements. Au moins, les zombies sont plus ou moins morts, alors que les corbeaux sont vivants… donc plus rapide et dangereux. Mais je suis stupide… depuis quand les corbeaux s'attaqueraient-ils à un être humain? Ce sont des oiseaux! Des oiseaux de malheurs, d'accord, mais des oiseaux quand même! Et je les voyais mal en train de s'attaquer à un humain. Ce ne sont pas des prédateurs, tout de même…

Bon, je pensais encore trop aux corbeaux… Changement de pensée : hop! Tiens, je n'avais pas remarqué l'immense silhouette noire qui commençait peu à peu à se détacher devant nous. C'était beaucoup trop gros pour être un caveau familial. Il n'y avait aucun doute possible : c'était l'église. Nous étions presque arrivés, enfin ! J'allais courir dans cette direction, quand Reita se figea et me força à faire de même.

-Quoi?

-Chut!

Son regard était sérieux, alarmé, sa voix pressante. Qu'est-ce que… Nous avançâmes encore de quelques pas, puis je vis ce qu'il avait vu encore une fois avant moi. Les corbeaux. Sur le coup, je ne voyais que des corbeaux en train de s'affairer sur le sol, à se battre, à se donner des coups de becs comme pour avoir la meilleure femelle ou la meilleur partie de la viande. En y regardant d'un peu plus proche, je vis que le deuxième choix était véritable. Les corbeaux faisaient leur tâche de charognards en se battant pour de la viande qui traînait dans le cimetière. Je ne voulais pas savoir d'où venait cette viande, mais quand j'ai vu un corbeau s'envolé, un œil humain dans le bec… Je ne pus m'empêcher de deviner.

C'était un cadavre, qu'ils dévoraient. Un cadavre tout ce qu'il y a de plus humains, même pas transformé en zombie ni rien. J'eus un violent haut-le-cœur, mais j réussis à ne pas vomir en me détournant de la scène et en bouchant mon nez. Malheureusement, je ne pouvais pas boucher aussi mes oreilles, et les croassements fous rappelaient à ma mémoire la scène que j'avais pourtant vue qu'une dizaine de seconde.

D'une légère pression sur ma main, Reita me fit comprendre que nous devions continuer. Je plongeai mon regard dans le sien. Il était tranquille, même pas affolé ou dégoûté. La scène qui se déroulait à côté de nous pourrait tout aussi bien être un vieux monsieur sur un banc en train de lire son journal que le regard de Reita aurait été aussi indifférent. Un tel calme en cet instant était impossible. Pour un humain en tout cas, c'était impossible.

Mais en ce moment, je ne pouvais que le remercier d'être aussi impassible. Je pris de la force dans son regard, pour pouvoir continuer et au moins me rendre jusqu'à l'église, en sécurité, avant de craquer pour une autre fois. Je voulais dormir aussi. J'avais besoin de dormir. Un petit coin de mon esprit me disait que si je m'endormais, quand je me réveillerais tout serait normal. Quoique j'avais vécu tant de chose qu'il me semblait impossible que tout ça ne soit qu'un cauchemar, sinon je me serais réveillé bien avant ça, n'est-ce pas?

Nous avancions lentement vers l'église le plus silencieusement possible. Tous les deux nous sentions que si on faisait le moindre bruit, le moindre geste trop brusque, nous attirions l'attention des corbeaux. Et alors, qui sait ce qu'ils pourraient faire? Je ne voulais pas savoir, je ne voulais pas y penser et je ne voulais pas essayer de deviner. Je fermai les yeux et reprit mon souffle en même temps, en une grande respiration. C'est à ce moment-là que je posai le pied sur une branche qui traînait sur le sol. J'entendis le crack très distinctement lorsqu'elle se brisa sous mon poids. Je grimaçai en espérant que les corbeaux n'aient rien entendu. J'ouvris les yeux en me tournant vers eux. Le silence était si épais, si troublant après le bruyant brouhaha des corbeaux que c'en était impossible. Ils nous fixaient de leurs yeux noirs, du sang coulant de leur bec. Un frisson me parcourut l'échine. J'aurais préféré me battre contre une armée de zombie que contre une armée de corbeaux…

Jusqu'à maintenant, j'avais foncé tête première, sans vraiment prendre les risques en considération. Parce que les risques, je m'en fichais maintenant. Qu'est-ce que je risquerais? Quelques blessures, c'est tout. Depuis le début de cet histoire, j'avais finis par apprendre à vivre avec la douleur, alors je n'ai pas peur de me battre et de me donner à fond. Mais contre des corbeaux… ça me foutait la chienne. Peut-être parce que je venais justement de les voir bouffer un cadavre humain… Étaient-ils la version zombie des corbeaux normaux? Ou bien ce n'était que le goût du sang qui les avait rendus aussi fou…

-Ok, Ruki. On va reculer lentement, sans geste brusque…

-Silencieusement…

Nos chuchotements attirèrent quelques regards curieux des corbeaux. Certains penchaient la tête, comme pour se demander si nous serions un meilleur repas que le cadavre. Ils semblaient bien trop intelligents pour de simples bêtes. À moins que je n'ai jamais remarqué à quel point les corbeaux sont des bêtes intelligentes.

Ne pouvant rester là à attendre que les corbeaux se désintéressent de nous, nous continuâmes à avancer. Ou plutôt à reculer, pour être exacte. Nous regardions toujours les corbeaux, tout en reculant le plus silencieusement possible et le plus doucement possible. Ne pas les effrayer, ne pas les intéresser… Sortir du cimetière et disparaître dans l'église, là où ils ne pourraient pas nous rejoindre. Mais regarder des corbeaux en reculant empêche de regarder aussi où on marche, et vers où on se dirige. Nous n'avions pas fait quatre pas que Reita s'enfargeait dans je ne sais quel pierre et tombait lourdement sur le sol. Ce fut le signal du départ pour les corbeaux.

Toutes les bestioles se lancèrent dans notre direction en mettant fin au silence avec le retour de leurs croassements fous. Avec en plus le bruit de leurs battements d'ailes affolés, je ne sais pas si je criai assez fort pour que Reita m'entende. Il était difficile de voir quelque chose, à cause de toutes ses plumes noirs qui emplissaient mon champ de vision.

Mon coeur cessât de battre quand je l'entendis crier, tout proche de moi, mais pourtant si loin… Je commençai à battre des mains un peu n'importe comment pour dégager les corbeaux. Inutile de sortir mon pistolet, je ne serais pas capable de bien viser et je perdrais des balles pour rien. Hors je ne pouvais pas me permettre de gaspiller de précieuses munitions. Au cas où on réussissait à s'enfuir des corbeaux…

Je réussi toutefois à me frayer un chemin parmi la marre de corbeau jusqu'à atteindre mon compagnon. Il était recroquevillé sur le sol, en essayant de se protéger la tête des attaques des bestioles folles. J'essuyai d'un geste la sueur de mon front. Je ne comprenais pas pourquoi j'avais chaud, puisque physiquement j'avais froid. Jetant un œil à ma main, je vis la couleur rouge, distinctives du sang. Super…

-Reita! Relève-toi ! Faut pas rester là!

Je n'entendis pas sa réponse, perdue dans le brouhaha de l'attaque. Je l'attrapai par le bras et le forçai à se relever. Nous devions réussir à atteindre l'église, sinon les corbeaux n'hésiteraient pas à nous manger morceaux par morceaux. Cette fois, c'était moi qui menais la course folle. Mon compagnon était bien trop occupé à se protéger la tête et le visage. Cette course m'étais douloureuse, mais pas physiquement. Je savais, bien sûr, que j'étais moi aussi attaqué par les corbeaux, qu'ils me donnaient des coups de becs et m'arrachaient des bouts de chairs, ou du moi essayaient. Mais ça ne me faisait plus mal. J'avais mal pour Reita. Je ne pouvais rien faire pour l'aider, je ne pouvais dire nulle parole réconfortante, ni rien. La seule chose que je pouvais faire c'était l'entraîner à l'abri de l'église, mais celle-ci me paraissait incroyablement loin, alors que nous peinions à avancer sous les attaques répétés des corbeaux.

Je ne pourrais dire combien de temps nous mîmes pour finir de traverser le cimetière. Il me sembla pourtant que c'était des heures et des heures. Entre courir et se protéger, nous n'avions pas le réflexe de regarder où nous mettions les pieds. Je ne compte plus le nombre de fois où nous sommes tombés, et où je me relevais et forçait Reita à faire de même. Je suis certain que si je n'avais pas été là, il serait resté couché sur le sol à se protéger et aurait fini par mourir sous les attaques répétées des corbeaux. En ce moment, il semblait très… humain. Très vulnérable, aussi. Je n'arrivais même plus à l'imaginer vampire ou démon, tellement il semblait fragile et près à se briser d'un instant à l'autre. Comme quoi la douleur et la panique peuvent transformer un homme.

Je ne remarquai même pas que nous avions franchis les grilles du cimetière. Enfin, je remarquai qu'il n'y avait plus de pierres tombales de chaque côté de notre chemin. Je fonçai littéralement sur le mur de l'église. Au moins, c'était déjà ça de trouver. Il nous fallait maintenant trouver la porte, l'ouvrir et rentrer sans qu'aucun corbeau ne rentre à leur tour. En tâtonnant le long du mur, je finis par trouver la lourde porte de bois. J'essayai d'ouvrir la porte… sans succès.

-Ruki, qu'est-ce que t'attends, ouvre!

-Je peux pas, c'est barré!

Je vis son visage pâlir instantanément. J'imagine que le mien devait être aussi pâle. Nous allions mourir… comme ça? Bêtement bouffé par des corbeaux? Non, je n'allais pas laisser faire ça?

- Dieu, je sais pas si t'existe, mais si c'est le cas, tu ne peux pas nous faire crever juste devant la porte de ton église. On a jamais rien fait de mal, et on jure de se repentir si tu nous ouvre cette putain de porte…

Apparemment, Dieu existe puisque que la porte de l'église s'ouvrit. J'allais pousser un soupir de soulagement quand je tombai nez à nez avec une carabine à plomb. Je l'entendis tirer à plusieurs reprises, mais j'avais les oreilles déjà en sourdines par les bruits des corbeaux. Aucun corbeau ne tomba sur le sol, à croire que le chasseur était mauvais tireur. Ou bien qu'il visait autre chose…

-Satanés oiseaux de malheur! Entrez vite, malheureux, je ne peux pas les effrayer très longtemps…

Nous ne nous le fîmes pas répétés. À peine le prêtre avait-il terminé sa phrase que Reita et moi nous précipitions à l'intérieur. Le vieux prêtre referma précipitamment la porte derrière nous, à l'aide de plusieurs serrures et verrous. Puis il pointa de nouveau son fusil dans notre direction.

-Ok, les jeunes, vous allez être gentil, c'est d'accord?

-Oui, mon père, répondit Reita d'une voix amorphe.

-Bien, est-ce que l'un de vous c'est fait mordre?

-Par un corbeau ou un zombie? m'exclamais-je d'un ton sarcastique, voir hystérique. Aucun de nous deux n'est assez con pour ce faire mordre par un mort-vivant.

-Calme-toi, mon fils. Ce n'est qu'une simple précaution de ma part. Vous avez le droit de rester dans l'église, mais en silence. Sinon vous allez déranger mes prières.

Il baissa son fusil et se détourna complètement de nous. Le vieux père retourna devant son autel, tous les cierges allumés, et s'agenouilla devant. Prier… N'y avait-il que ça à faire pour survivre? J'en doutais. Ça paraissait si futile… Reita me prit la main et m'attira vers un des bancs de l'église. Nous nous y assîmes en silence, respectant les volontés du prêtre, un peu comme-ci c'était ses dernières. Rei s'accota au banc et ferma les yeux. Nous restâmes là un bon moment, si bien que je me demandais s'il ne s'était pas endormi. Mais je ne pouvais pas dormir tout de suite. Il fallait d'abord s'occuper des blessures que les corbeaux nous ont faites.

-Heu, Rei… ça va?

-Oui…

Je ne fus pas dupe. Ça voix était faible, presque juste un souffle. Non, ça n'allait pas. Ça ne pouvait pas aller, tout simplement. J'allais commencer à lui parler, à lui dire tel ou tel truc, je ne sais pas moi… n'importe quoi! Mais je n'eus pas le temps de rajouter une seule parole. Dehors, tout semblait s'agité. Les lamentations des zombies devinrent de plus en plus fortes, les corbeaux recommencèrent leurs croassements fous, de plus en plus forts. Leur battement d'ailes était si bruyant qu'on pourrait estimer leur nombre à mille. Bientôt vint les attaques de corbeaux directement contre l'église. Contre les vitraux, surtout, comme si les oiseaux espéraient les détruire pour venir finir de dévorer leurs proies échappées.

Je ne pus m'empêcher de crier quand j'entendis des coups donnés sur la porte par laquelle nous étions entrés. Des coups lents, des coups de zombies. Je savais maintenant qu'il ne fallait pas ouvrir la porte… mais ils allaient frapper jusqu'à la défoncé! Puis l'instant d'après, ils ne frappaient pas seulement à une porte, mais à toutes les portes de l'église. Les corbeaux et les zombies étaient partout autour, nous étions encerclé, pris au pièges!

Comme-ci ce n'était pas assez, le vent commença à souffler, fouettant à son tour les murs de l'église et ajoutant à la musique d'horreur un arrière-fond … dramatique. Je crois que je perdis tout espoir. Il était impossible de s'en sortir vivant. À moins que ce ne soit que mon imagination qui me joue des tours. Je priai pour que ce défoulement d'horreur ne soit que mon imagination…

Reita semblait avoir repris un peu, puisqu'il était aussi calme que d'habitude, comme-ci tout ça ne le dérangeait pas le moins du monde. Il réussit même à me sourire faiblement, ce que je trouvais quasiment déplacé en ce moment mais qui me remplit d'espoir du même coup. Un espoir fou et impossible, mais un espoir tout de même. Il s'agenouilla devant le banc, exactement comme on fait quand on prit. Je le vis mettre ses mains l'une contre l'autre, et fermé les yeux. Prier. N'y avait-il que ça à faire pour survivre? J'en doutais. Ça paraissait si futile… mais Rei ne semblait pas partagé mon avis.

Progressivement, tout à l'extérieur redevint calme. Le vent cessât de fouetter les mus de l'église, les corbeaux arrêtèrent leurs attaques répétés contre les vitraux, bien que leurs croassement mis un certain temps avant de s'éteindre. Les zombies arrêtèrent eux aussi de cogner pour défoncer les portes, et semblèrent même s'éloigné, puisque leur lamentations devint de plus en plus faibles, au fur et à mesure qu'ils s'éloignaient. Lorsque tout fut complètement silencieux, Rei ouvrit les yeux et reprit sa place originale à côté de moi, sur le banc. Son sourire était amusé, mais il y avait quelque chose d'étrange au fond de ses yeux, comme s'ils ne semblaient pas comprendre ce qu'il venait de se passer. De mon côté, je devais avoir les yeux ronds comme des billes, sans oublier la bouche grande ouverte. C'était impossible!

Fin du chapitre

J'ai trop jouer à resident evil, moi u.u Mais le cou des corbeaux dans le cimetière était un incontournable, voyons 3