Titre: Hanshibou → Treizième angoisse
Auteur: Reiku E. Suzuki
Couple : Reituki
Genre : Amour, survival horror...
Disclaimer: The GazettE ne m'appartient pas encore, l'histoire provient tout droit de mon imagination tordu.
Commentaires:
Ça doit faire... un mois que ce chap est écrit^^' Comme le prochain. Désolé d'avoir mis autant de temps avant de le poster.
Début du chapitre
-Avoue-le!
-Quoi?
- T'es pas humain, je le sais? T'es quoi? Un vampire, un démon?
-…T'aurais pas lu Twilight par hasard?
-Si! Mais n'empêche, t'es pas humain. Avoue-le! Tu as fait un pacte avec Satan, ou je sais quoi d'autres!
-Ruki…
Sa phrase fut coupée par le prêtre qui poussa un hurlement de terreur. En entendant prononcer le nom de Satan dans la maison de Dieu, il ne put s'empêcher de venir nous faire taire. Heureusement pour nous, il ne nous jeta pas en dehors de l'église… Mais nous montra la direction du grenier, là où il ne pourrait plus nous entendre proférer des blasphèmes dans la maison du Seigneur. Je suivis le chemin à contrecœur, en jetant des regards noirs à Reita. Celui-ci me regardait d'un air moqueur, essayant de cacher le sourire qui lui montait aux lèvres. Ah, qu'est-ce qui m'empêchait de lui tordre le coup! On est dans une église…
Le prêtre nous claqua la porte du grenier, avant de redescendre vers ses prières. Je m'avançai d'un pas rageur dans la pièce, bien décidé à avoir mes explications auprès de Reita. Je me tournai face à lui, le visage sévère et les bras croisés. Il partit à rire. J'aurais du lui crier après, être plus en colère contre lui… mais je ne réussis pas. Je ne pus m'empêcher de sourire.
-Tu crois vraiment que je suis un démon? me demanda-t-il de sa voix moqueuse.
-Alors explique-moi ce que tu es!
-Après c'est dix ans passé ensemble, tu sais bien ce que je suis. Un simple humain. Tu pensais quand même pas que j'étais un gentil vampire? J'ai pas les yeux dorés, tu sais?
-Peut-être, mais on dirait que tu commences à mieux voir dans le noir que tu le monde, et tu restes toujours trop calme. Et il y a à peine deux minutes, quand les zombies attaquaient… et avec ta prière…
-Il y a à peine deux minutes, tu dormais, juste avant de te réveiller et de me traiter de démon. Et mes yeux… ça, je sais pas. Je n'ai pas d'explication rationnelle, mais ça a commencé avec l'attaque, apparemment. Et toi, on dirait que la douleur te fait plus rien, et je te traite pas de démon pour autant.
Comme réponse, je lui fis une grimace. Il fouilla dans une caisse pour en sortir de vieilles couvertures chaudes qui sentent la boule à mites. Il en étendit sur le sol, et s'enroula dans une autre avant de m'en tendre une. Nous étions encore mouillés, mais j'espérais que la chaleur nous réconforterait. Je ne voulais pas me changer; les seuls vêtements disponibles étaient des robes de prêtre, pour les discours de l'église. Reita grimaça en s'enroulant dans la couverture. J'avais oublié que nous ne nous étions pas soignés après l'attaque de corbeau. Enfin, moi ça ne me changeait rien, puisque je ne sentais pas la douleur. Comme il l'avait mentionné... je ne ressentais plus la douleur, c'était flippant. Mais j'imagine que pour lui, ça ne devait pas être agréable. Je pris donc une robe de prêtre et entrepris d'en déchirer des bandes. Allant à la fenêtre, j'en mouillai quelques unes pour nettoyer les plaies. Je revins ensuite vers Reita pour commencer à le soigner.
-Pourquoi tu ne te soignes pas en premier?
-Parce que je m'en fous.
-Aie! Vas-y doucement au moins!
-S'cuse.
-Je comprends pas vraiment, pour ma vision. Mais depuis l'attaque, c'est comme-ci mes yeux absorbait plus de lumière. Quand il faisait soleil, ou quand il y a trop de lumière, ça me fait d'énorme mal de tête. Mais quand il fait nuit ou sombre, apparemment je vois mieux que toi.
-Utile en tout cas… dans notre cas.
-Ouais… Explique-moi maintenant comment tu peux ne pas souffrir des coups de becs des corbeaux.
-Je sais pas, je sais plus. Au début de l'attaque, j'avais mal. Très mal, même. Mais la douleur c'est atténuée, et maintenant ça me fait plus mal du tout. C'est comme-ci mes nerfs oubliaient de transmettre le signal de la douleur à mon cerveau, je sais pas.
-Utile dans notre cas, mais dangereux pour toi.
-Je sais, mais je m'en fiche.
-J'imagine que ça veut dire que je devrai prendre soin de toi et t'avertir que tu es blessé…
-Apparemment. Voilà, j'ai fini. Je crois.
-Merci.
-Tu as une idée de pourquoi on a ça, maintenant?
-Je peux pas m'empêcher de penser à la compagnie pharmaceutique qui a payé cher pour nous faire venir ici... Tu te souviens, ce sont eux qui nous ont fournis nos bouteilles d'eau pour la pratique...
-Tu crois que ce serait un complot?
-C'est une idée ridicule, mais c'est possible. Une expérience flippante pour voir ce que fait leurs produits sur des humains, la majorité deviennent zombie et les autres subissent une espèce de mutation ou je sais pas quoi.
-Mais si c'est vrai, alors ils n'auront sans doute pas l'intention de nous laisser sortir de la ville en vie...
-Ruki, je te promets qu'on réussira à s'en sortir.
-S'il te plait, ne fais pas de promesse que tu ne pourras pas tenir.
Il commença à me soigner à son tour, alors qu'on continuait à deviser tranquillement en changeant radicalement de sujet, oubliant pour un moment la piètre situation dans laquelle nous étions fichus. On parla spectacle, musique, on se remémora de bons souvenirs, riant un peu nerveusement lorsque les souvenirs impliquaient nos amis défunts. On parla souvenir, mais pas projets. Comment prévoir le futur quand on est même pas sûr d'en avoir un? Bientôt, les quelques sujets auxquelles nous pensions furent épuisés. Et puis il avait terminés de me panser avec ce qui restait de la robe de prêtre. J'étouffai un bâillement.
-J'ai l'impression que ça fait des années que je n'ai pas dormi!
-Moi aussi, on ferait mieux de dormir un peu, nous sommes en sécurités ici, Ruki.
-En sécurité, oui, mais pour combien de temps?
-Probablement pas longtemps. Mais assez pour s'autoriser un peu de sommeil, tu crois pas?
Je me couchai sur le sol, m'enroulant encore plus dans ma couverture. Mes vêtements commençaient à sécher; ils seraient probablement complètement secs quand je me réveillerai. Reita m'imita et se coucha face à moi, son visage à seulement quelques centimètres du mien. Il ferma les yeux et son souffle se relaxa. Je rougis. Son visage endormi était celui d'un ange… Je croyais toujours qu'il faisait partie de la classe du surnaturel, malgré ses affirmations comme quoi il serait un simple humain. Mais peut-être pas un démon, après tout. Il pourrait tout aussi bien être un ange tombé du ciel. Après tout, il avait bien prié pour faire taire le carnage. J'étouffai un autre bâillement et fermai les yeux.
Je ne croyais pas rêvé de Reita un jour, pourtant, cette nuit-là (si nous étions bien la nuit… j'ai perdu la notion du temps…) il fut le centre même de mes songes oniriques. Il était toujours là, à quelques distances. Si loin et inaccessible. J'avais beau me rapprocher un maximum, il était toujours à la même distance, un sourire arrogant sur le visage. Et quand oh! miracle, je réussissais à me rapprocher, je tendais la main pour le toucher et il disparaissait avec un léger rire nerveux. Jusqu'à ce que je réussisse enfin à me réveiller.
À voir le soleil qui emplissait le grenier, nous devions être assez avancé dans la journée, et la pluie s'était terminé. Bonne nouvelle! Je m'assis et prit le temps de m'étirer. Mes vêtements étaient tout secs, autre bonne nouvelle. En fait, si je n'étais pas dans le grenier sur les couvertures inconfortables, j'aurais pu penser que rien de tout ça ne c'était passé, que ce n'était qu'un cauchemar. Tout semblait si silencieux à l'extérieur! Reita se retourna dans son sommeil. Je ne voulais pas le réveiller, s'il avait encore besoin de sommeil. Il fallait qu'il en profite. Qui sait combien de temps resterions-nous encore endormis? Qui sait si ce n'était pas là sa dernière grasse matinée? Sauf que là, pour l'instant, j'avais vraiment envie de trouver une salle de bain.
Je sortis silencieusement du grenier et descendis les marches. Le prêtre se retourna vers moi en me jetant un regard noir.
-Que veux-tu? Je n'ai rien à vous donner à manger.
-Merci, mais nous avons des provisions, mon père. J'aimerais seulement avoir accès à une salle de bain…
-Oui, bien sûr. Il y en a une dans le couloir, là, dit-il en me pointant une direction. Ensuite, tu retournes dans le grenier avec ton copain ou vous venez prier en silence. Ou vous pouvez toujours affronter les zombies si l'envie vous en prend.
-Merci, mon père.
Je pris la direction qu'il m'avait indiquée. Je n'eus aucune difficulté à trouvé l'endroit. En me regardant dans le miroir, j'eus beaucoup de difficulté à me reconnaître. J'étais sale, j'avais les yeux rougis et boursouflés, après avoir pleurés de si nombreuses fois. Malgré le sommeil, j'avais encore de grandes cernes et il me semblait que ma peau était encore plus pâle que d'habitude. On aurait pu facilement me prendre pour un vampire si seulement j'étais un peu plus beau et viril, comme Reita quoi.
Après le passage à la toilette, j'entrepris de me laver sommairement, au moins le visage, histoire d'avoir l'air un peu présentable. J'essayai aussi de me démêler les cheveux avec mes doigts, sans trop grand succès cependant. Malgré mes efforts pour redevenir un bel homme, il me semble que je restai toujours le même mec affreux que j'avais aperçu dans le miroir en entrant dans la salle de bain. Moi qui suit si digne et fier de mon apparence, habituellement...
En ressortant, je fis exactement ce que le père m'avait dit, soi remonter directement dans le grenier et ce, en silence. En entrant dans la pièce, je fus heureux de constater que Reita était réveillé. Assis sur ses couvertures, il avait ouvert son petit sac de provision et avait déjà commencé à manger. Je poussai un léger soupir quand je le vis de nouveau avec son bandeau sur le nez. Toutefois je ne dis rien, j'avais l'impression de retrouver mon Reita. Il plissait toutefois les yeux, et je devinais que la lumière devait lui faire mal à la tête...
-Bien dormi?
-Tu aurais pu me réveillé, tu sais?
Je haussai les épaules et vint m'asseoir à côté de lui. J'ouvris moi aussi mon sac de provision et commençai à manger. J'espérais que nous réussissions à fuir la ville avant d'être à cours de nourritures… mais en même temps, je craignais de quitter l'église. Au moins, ici, nous étions en simili sécurité.
-Alors, Reita, quels sont les plans de la journée?
-Je propose de rester se reposer à l'église, au moins l'avant-midi, peut-être même jusqu'au soir. Si ça n'en tenait qu'à moi, je prendrais le chemin de la ville une fois la nuit tombée… Mais on pourrait aussi attendre au matin. Je ne tiens pas à passer une nuit en ville.
-Entièrement d'accord.
Il devait avoir vu ma grimace lorsqu'il avait parlé de prendre la direction de la ville en pleine nuit. Pour moi, la nuit était plus menaçante que le jour. Simple trompe l'œil, je sais, puisque nous avons tous peur de ce que nous ne pouvons voir. N'empêche, je ne voulais pas risquer ma vie la nuit. Tant qu'à mourir, autant que se soit sous le soleil. Et je ne pouvais dire non à une journée de repos, même dans une église qui put l'encens et la boule à mite.
Après s'être restauré, nous passâmes la majeure partie du reste de l'avant-midi à parler calmement, parlant principalement des membres du staff, un peu mélancolique en sachant que ce temps-là était fini. Si nous avions la chance de retourner sur la scène un jour, se serait avec d'autres personnes, d'autres musiciens… Entre nos discussions pas très enthousiasme, il y avait de longues périodes de silence, aucun de nous deux n'ayant d'autres sujets à aborder.
Un sujet me trottait dans la tête : le futur. Mais je refusais d'en parler. Il était trop fragile, trop incertain. Nous ne savions pas si notre futur se terminerait dans quelques heures, et nous n'osions espérer quelques années, voir même quelques jours. Un autre de nos moment de silence fut toutefois interrompus par un bruit que j'avais espérer ne plus entendre de ma vie. Les lamentations des zombies qui revenaient…
-Oh merde…
-Chut… Avec un peu de chance, ils ne se rendront pas jusqu'ici et prendront un autre chemin.
-Avec un peu de chance, cette ville n'aurait pas été attaqué par des zombies!
-Pessimiste.
Pessimiste, oui, je sais. Et j'avais raison, car les zombies se rapprochèrent peu à peu de l'église, jusqu'à immanquable frapper dans les portes jusqu'à les défoncer. Les bruits m'étaient insupportables. Reita me prit dans ses bras pour me réconforter. Le geste était chaleureux, mais il n'empêchait pas les bruits de se faire entendre. Malgré ses caresses réconfortantes dans mon dos et mes cheveux, je n'arrivais pas à me calmer. J'étais loin de l'hystérie toutefois, je commençais à m'habituer aux morts-vivants… mais je ne les appréciais pas pour autant! Immanquablement, la porte finit par défoncer. Reita me força à rester assis, alors que j'aurais très bien pris mes jambes à mon coup. Je lui jetai un regard noir.
-Vite! On devrait s'enfuir avant qu'ils ne montent jusqu'ici!
-Ils n'ont aucunes raisons de monter. Selon moi, ils resteront en bas, boufferont le prêtre et finiront par s'en aller.
-Comment peux-tu dire des choses pareilles aussi calmement!
-Tu vas pas recommencer avec ton surnaturel… Je suis simplement réaliste.
-Ouais, c'est ça…
Très vite, les cris du prêtre se joignirent à la mélopée des lamentations. Instinctivement, je commençai une prière pour le saint homme, priant pour son ascension au royaume des cieux. Je ne comptai pas les longues minutes que durèrent ses cris, jusqu'à ce qu'ils s'éteignent pour se transformer à leur tour en lamentation. Il ne restait qu'à espérer que Reita avait vu juste en ce qui concernait la suite. Les zombies pouvaient très bien repartir comme-ci de rien était, tout gentiment… Je ne pouvais toutefois m'empêcher d'imaginer leurs pas lourds dans les escaliers, leurs coups frappés à la porte du grenier…
Je caché mon visage dans l'épaule de Rei, en priant pour ne plus rien entendre. S'il fut surpris au début, il ne dit pas un mot et continua à me caresser doucement les cheveux et le dos, en silence. En d'autres lieux et moments, j'aurais pu être bien, mais ce n'était qu'une attente angoissante et effrayante. Au bout d'un certain temps, les lamentations des zombies se transformèrent, puis se turent un à un. Dans le silence, je pus entendre distinctement des craquements, de minis explosions. Je me dégageai pour regarder Reita avec un air affolé.
-Rei?
-Les zombies ont dû faire tomber les cierges, qui auront fait prendre feu à la nappe de l'autel.
-L'église est en train de brûler?
-Oui…
-Qu'est-ce que t'attend pour te bouger de là. Vite, il faut sortir d'ici avant de se faire cramer. Je n'ai pas survécu à des zombies pour mourir dans un bête incendie.
Fin du chapitre
Oui. Je suis pyromane. Vous pouvez facilement le deviner avec les coktails molotov de Rei, l'église en feu maintenant, et... je vous spoilerai pas. Mais on en a pas fini avec le feu *_*
