Bonjour les Louveteaux ! Comme promis pour rattraper mon oubli de la semaine dernière, voici l'avant dernier chapitre de cette histoire /o/ Un des plus gros
Au rendez-vous, une explication entre Scott et Stiles :) J'espère que ça vous plaira toujours !
On arrive doucement au bout de cette aventure, merci à tous pour vos réactions, certaines m'ont touchée, d'autres m'ont faite rire et certaines... je ne sais pas quoi en penser X)
A mardi prochain pour le dernier chapitre :D
Stiles et Derek étaient dans la camaro que le Loup avait récupéré, avec quelques affaires pour lui et l'humain. Ils avaient décidé ensemble d'aller voir Scott pour éclaircir la situation. Le problème de Talia Hale viendrait en second plan mais Stiles était bien trop énervé -et il avait un peu peur- pour se confronter à l'Alpha Hale aussi rapidement après leur affrontement. L'Étincelle n'avait pas raconté en détails tout ce qu'il s'était passé mais il en avait suffisamment dit pour que Derek comprenne que c'était grave. C'était aussi ce qui lui avait permis d'accepter aussi facilement leur voyage vers la meute McCall. Il ne voulait pas réfléchir aussi rapidement aux implications que les actes de son Alpha et les siens pouvaient avoir.
Le Loup tourna la tête pour voir l'humain. Ce dernier était silencieux, ce qui était plutôt rare. La tête tournée vers la vitre, il semblait être plongé dans ses pensées. Il se mordillait parfois la lèvre et fronçait les sourcils et Derek aurait voulu l'embrasser jusqu'à ce qu'il se détende et n'ait plus aucun problème. Il ne lui avait pas encore avoué qu'il était son compagnon. Leur situation était déjà bien assez compliquée. Et Derek en voulait pas influencer son choix de meute.
Il ne leur fallut qu'une bonne heure pour arriver à la maison Stilinski. Derek se gara devant le garage. Quand il coupa le moteur, Stiles se tourna vers lui, se passa la main sur la nuque et lui demanda, le regard un peu… inquiet ?
"- Est-ce qu'il y a du monde à la maison ?"
Le Loup se tourna vers la maison, ouvrit la fenêtre de sa voiture avant de déclarer :
"- Une seule personne. Pourquoi ?"
L'Étincelle renifla, d'un reniflement moqueur qui résonna un peu comme un sanglot :
"- Je n'avais pas envie de les confronter maintenant."
Cela sembla suffire au Loup de naissance qui hocha la tête avant de poser ses mains sur ses cuisses, dans l'attente. Il ne sortirait pas avant que Stiles ne soit prêt. Cependant, ce dernier sortit très rapidement de la voiture, sûrement soulagé de savoir qu'il n'y avait que son père dans la maison. Il sortit les clés de son sweat avant d'ouvrir la porte et de lancer son sac dans le couloir, répondant à une habitude ancienne.
"- Papa ?
- Salon."
La voix était grave, mature et respirait l'autorité. Derek suivait, clairement mal à l'aise. Le shérif était assis à la table du salon, une pile de dossiers devant lui, d'autres s'éparpillant un peu partout. On savait tout de suite de qui Stiles tenait son côté désordonné. Le shérif ne releva pas les yeux pour interroger son fils :
"- Alors ces vacances ?"
Stiles eut une grimace avant de répondre :
"- Mouvementées."
Toujours dans ses dossiers, le shérif releva un sourcil. Intrigué par le peu de conversation de son fils, pourtant intarissable, il le regarda avant que son regard ne soit attiré par Derek, posé contre l'encadrement de la porte. Son autre sourcil se releva également.
"- C'est ce que je vois"
Stiles rougit avant de battre des bras dans un désordre qui devait n'avoir de sens que pour lui.
"- Papa, arrête ! Ce n'est pas ce que tu crois. C'est… pire ?"
Comment expliquer simplement sa semaine de soi-disant vacances ? Il soupira et se pinça l'arrête du nez.
"- Papa, voici Derek, Derek, papa. Écoute, je lui fais visiter, on commande des pizzas et on te raconte ? On va rester un peu ici le temps de … gérer tout ça."
Là, John ferma son dossier. Si Stiles l'autorisait à manger des pizzas, c'est que l'heure était grave. Le shérif scruta intensément leur invité. Il espérait que ce Loup n'était pas à l'origine des problèmes de son fils où il allait avoir des problèmes. Bien sûr qu'il savait que c'était un Loup. Il était shérif et était très observateur. La façon de se tenir, de renifler l'air et de le goûter avec sa langue… il n'y avait aucun doute possible. Pourtant, il ne put pas lui poser la question car son fils l'avait déjà entraîner à l'étage pour poser leurs affaires. Le shérif prit le téléphone pour commander et, à peine avait-il dit quelques mots qu'il entendit son fils hurler depuis sa chambre :
"- VÉGÉTARIENNE POUR TOI !"
Ω
Quelques dizaines de minute plus tard, ils étaient tous trois attablés devant des pizzas, Stiles grognant quelque peu face au choix de son père. Ce dernier mâchait la part de sa pizza, carnée mais comportant tout de même quelques légumes pour ne pas se faire taper sur les doigts et être la diète pendant les quinze années à venir.
"- Alors ?"
Stiles déglutit, peu enclin à raconter ce qu'il s'était passé et se tourna vers Derek qui haussa les épaules. Ce n'était pas à lui d'informer son père, il était là pour le soutenir. Et accessoirement car ils étaient liés et ne pouvaient pas se permettre de se séparer plus de quelques heures pour le moment.
"- J'ai croisé Derek le premier soir où je suis arrivé là-bas et on s'est lié accidentellement. C'est un Loup-garou. Son Alpha a essayé de me tuer. Scott me parle plus depuis qu'il sait. Voilà."
Le jeune homme avait dit tout cela précipitamment : c'était plus facile pour lui et il avait l'espoir que son père ne comprenne pas. Malheureusement, il posa son couteau sur sa part de pizza et regarda son fils, le regard glacial :
"- Stiles. Son Alpha a quoi ?"
L'Étincelle se renfrogna, se tassant dans son fauteuil. Il grogna, fuyant le regard de son père. Derek s'était tendu, incapable de prévoir la réaction du Shérif.
"- Rien. Un accident, rien de plus.
- Derek ?
- Je n'étais pas là. Je l'aurais protégé."
Le shérif le fixa quelques instants avant de hocher la tête.
"- Bien. Nous en reparlerons Stiles. Nous n'allons pas gâcher nos pizzas. Derek, parle moi de toi."
Le repas se passa sans encombre majeure, Stiles monopolisant la plupart de la parole. Néanmoins, John comme Derek était habitué. Le shérif avait remarqué les regards que le Loup portait sur son fils. C'était plus qu'un simple lien. Stiles n'avait pas eu l'air de s'en rendre compte, ou ne voulait pas le voir mais il l'aimait, c'était certain. Aussi fort qu'un Loup puisse le faire.
Derek et Stiles étaient serrés l'un contre l'autre dans le lit une place du châtain mais cela ne les dérangeait pas. Ils se regardaient dans les yeux et, pour une fois, l'Étincelle était calme. Silencieuse. Le Loup caressa son visage où une légère griffure était visible. Il murmura, comme pour ne pas briser la magie de l'instant :
"- Désolé."
Le plus jeune remua, mal à l'aise.
"- Tu n'y es pour rien.
- J'aurais dû être là. Tu n'aurais pas dû être blessé.
- Ne t'en veux pas pour ça. Je crois que… Je ne sais même pas si elle y est pour quelque chose. Elle…"
Il soupira et se gratta la nuque, gêné.
"- Le feu a laissé des traces."
Il sentit le Loup se tendre à la mention de l'accident et lui caressa le dos, essayant de l'apaiser. Derek mit son museau dans le cou de l'hyperactif et prit de profondes inspirations pour se calmer.
"- Je… je sais."
Les mots étaient hésitants. Bien sûr qu'il avait remarqué les changements depuis le feu. Mais c'était plus simple de fermer les yeux. Il ne savait pas que c'était à ce point. Et il aurait voulu ne jamais le savoir. Mais elle avait voulu enfermer Stiles dans la meute, ne lui laissant aucun échappatoire. Elle aurait pu le tuer "pour le bien de la meute". Et même si son côté surprotecteur avait arrangé le côté asocial et casanier de Derek, il se rendait compte d'à quel point sa meute était isolée. Elle aurait dû être agrandie, ou au moins se rapprocher de meutes extérieures. Mais cela faisait bien longtemps qu'ils ne savaient plus ce qui se passait en dehors de leurs frontières. Il faudrait s'en occuper à son retour… Mais pour le moment, lui et Stiles avaient mieux à faire…
Le Loup bascula Stiles sous lui avant de le fixer de la manière la plus sensuelle qui soit. Il vit les rougeurs s'installer chez l'hyperactif, commençant par son cou avant de dévorer son visage et se répandre sur ses oreilles. Il agrippa les épaules du Loup avec un gémissement qui le fit sourire. Le corps de l'Étincelle était tendu, voulant désespérément toucher celui du Bêta Hale. Le Loup sourit encore plus et embrassa l'hyperactif d'un baiser passionné, faisant passer tout son amour pour cet humain hors normes qu'il avait eu la chance de rencontrer.
Depuis leur lien, ils n'avaient pas eu beaucoup de relations, s'arrêtant souvent à des caresses impudiques et des baisers enflammés. Derek ne voulait pas forcer Stiles, ni lui imposer son choix. Mais cette fois, ils retrouvèrent la magie de leur première fois, la passion de leur union et les gémissements excitants de leurs retrouvailles résonnèrent à nouveau à leurs oreilles.
Le lendemain matin, le Shérif était attablé à la table de la cuisine quand les garçons descendirent, tous les deux grognons par leur réveil. Ce spectacle le fit sourire et l'attendrit. Il était tellement content pour son fils, tellement heureux. Mais il savait aussi qu'il n'avait pas choisi un monde facile. Après un chocolat chaud et un café pour les amoureux qui finirent de les réveiller, le Shérif replia son journal.
"- Quel est le programme ?"
Stiles fronça les sourcils, indécis. Il ne s'était pas encore décidé. Soit il allait voir Scott dès maintenant et ce serait difficile, soit il allait le voir après et ce serait difficile. Il soupira avant de se décider sur un coup de tête, comme souvent pour les décisions non-vitales :
"- Deaton. Scott après. Et après on avisera mais faut qu'on revoit Talia Hale."
John ouvrit la bouche pour parler mais il se fit aussitôt arrêter par son fils :
"- Je m'en occupe. Je suis majeur et vacciné et je sais me défendre. Regarde, j'ai rien après un combat contre une Alpha, fais moi confiance. Et puis… Derek est là."
Celui-ci redressa vaguement la tête et acquiesça mollement. Il n'était pas vraiment du matin.
Ω
"- Hmm, je vois. Cela devait arriver.
- Comment cela ?
- C'était écrit.
- Okaaaay."
Stiles soupira et Derek cacha son demi-sourire en tournant la tête. Deaton était un druide qui posait plus de questions qu'il n'aidait à en résoudre. Après avoir expliqué la situation, ce dernier s'était contenté de répondre ça. Toutefois, l'Étincelle ne chercha pas plus loin, habitué à ses frasques énigmatiques. Ce dernier reprit, imperturbable :
"- Je vais contacter ma sœur, Marine, elle est druide également, elle pourra continuer votre formation à Beacon Hills et je vous superviserai de loin si vous le souhaitez."
Stiles se mit à faire les cent pas et se gratta la nuque, gêné.
"- Je n'ai pas encore décidé de ce que j'allais faire en fait."
Deaton, pour la première fois depuis longtemps, exprima son opinion par un haussement de sourcils :
"- Je vois."
Le Loup, comme souvent depuis qu'ils étaient arrivés dans cette ville, se tendit. Il voulait que Stiles reste, il était son compagnon, il ne survivrait pas à leur éloignement. Il souhaitait vivre ensemble. Mais ce n'était ni le lieu, ni le moment pour en débattre. Ils se contentèrent de remercier Deaton, prendre les coordonnées de Marine et retourner dans la camaro. Stiles était plongé dans ses pensées et il ne réagit pas tout de suite à l'absence de démarrage de la voiture. Il se tourna vers le Loup et demanda :
"- Derek ?
- Je veux que tu restes… À Beacon Hills. Avec moi. Je… Pff… Je veux que tu restes avec moi dans la meute."
Il avait dit cette phrase précipitamment, comme si elle lui brûlait la langue. Stiles soupira et gigota sur son siège, mal à l'aise. Il n'avait pas envie d'avoir cette conversation même s'il savait qu'ils devaient l'avoir. Et avant d'affronter Scott si possible.
"- Je… Je sais pas. On se connaît à peine ! Je t'adore, vraiment mais… est-ce qu'on est vraiment fait l'un pour l'autre ? Et puis… mon père… Scott, ma meute… je les laisse ici ? Je ressasse ce problème depuis que je sais pour le lien mais… il n'y a pas de bonnes solutions. Je sais que c'est pas loin. Mais je tourne carrément une page de ma vie. Et puis… ta famille m'acceptera vraiment ? En tant que ton petit-ami ou parce que je suis un atout profitable pour ta meute ?
- Stiles, je…
- Non Derek, ne nies pas, tu sais que j'ai raison. Je ne pourrais jamais être sûr de ça après tout ! Ni que tu me veuilles moi et pas le lien ! Tu m'as jamais dit que…"
Derek frappa le volant, énervé par les propos du plus jeune. Ses griffes étaient sorties, et ses yeux brillaient d'un bleu électrique.
"- Je t'aime bordel ! Tu es mon compagnon et je m'en fous de ce que tu es. Tu pourrais être un Darach que je te suivrais merde !"
Stiles resta bouche bée et Derek aurait pu trouver ça comique s'il n'était pas aussi blessé. Pensait-il vraiment que le Loup ne le voyait pas lui, pour ce qu'il était réellement ? Il respira profondément, essayant de se calmer avant de démarrer la voiture, ne laissant pas le loisir de répondre à l'humain. Il conduisit sèchement jusqu'à chez Scott, guidé par les indications floues de l'humain, sous le choc.
Ils arrivèrent devant la demeure McCall et Derek n'avait toujours pas décoléré. Les sourcils froncés, il donnait l'impression de venir en découdre, ce qui n'allait pas arranger leurs affaires. Stiles soupira de nouveau et entra sans frapper, comme à son habitude. Il espérait qu'il n'y aurait que son Alpha mais il déchanta vite. La meute presque au complet était dans le salon, occupé à regarder un film. Des restes de nourriture et de boissons apprirent à Stiles qu'ils avaient sûrement dormi là.
Les Loups se tendirent en sentant l'odeur d'un inconnu sur leur territoire et Scott se redressa pour paraître plus intimidant qu'il ne l'était réellement. Derek renifla intérieurement. Un gamin. Stiles ne savait pas où se mettre. Il choisit l'humour, comme souvent :
"- Salut.. Je suis rentré ?"
Scott fronça les sourcils et ses yeux luirent de rouge. Il dégagea une odeur de colère et de déception qui poussa Derek à se mettre légèrement devant l'hyperactif, pour le protéger. L'Alpha McCall commença les hostilités :
"- Rentré ? En portant l'odeur d'une autre meute ? En coupant le lien ? En ayant fui ? En ne répondant plus à aucun de nos messages ? En te liant à un parfait inconnu ? C'est ça que tu appelles être rentré Stiles ?"
Ce dernier fit un pas en arrière. Il s'attendait à de la colère, à de la déception même mais une telle violence ? Jamais. Scott était un Alpha doux mais ferme quand il le fallait. Pourtant, l'Étincelle ne l'avait jamais vu comme ça. Les Bêtas avaient la tête baissée par le pouvoir qui émanait de Scott ou pour ne pas voir l'affrontement, il n'aurait pas su le dire. Finalement, il se reprit et la colère explosa dans son esprit, ravageant ses pensées :
"- J'avais besoin de prendre du temps pour moi !
- On avait besoin de toi ici Stiles, tu nous as trahi !
- Vous avez toujours besoin de moi ! Tu n'es pas capable de comprendre que j'avais besoin de vacances ? De souffler ? Je m'occupe de sauver vos fesses poilues, de préparer les plans, de prendre en charge les rencontres inter-meutes, de protéger le territoire par des sorts, de vous soigner ! Est-ce que tu peux juste comprendre que j'étais fatigué de tout ça ?!
- Et tu n'aurais pas pu nous le dire au lieu de fuir la meute et de couper les liens ?"
La tension entre les deux était importante et les rancœurs refaisaient surface. Chacun voulait que l'autre s'excuse, sans pouvoir se remettre en question. Stiles ricana méchamment avant de répondre :
"- C'est sûr qu'avec tes super-sens de garou et ton statut d'Alpha, tu n'aurais pas pu t'en rendre compte, c'était bien trop compliqué de voir que vous m'en demandiez trop."
Scott contracta les poings. Il n'avait jamais aimé qu'on remette en cause ses capacités lupines, même venant de Stiles.
"- Stiles, tu sais que j'ai raison. Tu as fui, tu t'es lié et la seule nouvelle qu'on a eu, c'était un coup de téléphone. On s'est tous demandé ce que tu devenais et on a senti que les liens s'étioler sans que tu ne reviennes ! Comment tu veux qu'on réagisse à ça ?!
- Ça va, tu ne t'es pas trop foulé pour me chercher, n'est-ce pas ? Ni pour m'aider quand j'avais besoin de toi ! J'ai voulu te demander de venir pour le rituel de déliaison mais tu as préféré rester ici plutôt que… et… Attends, je n'ai pas demandé à ce que les liens se brisent ! Je… Merde Scott !"
Ce dernier ne répondit pas mais son attitude parlait pour lui. Les bras croisés, le regard dur, il toisait Stiles de toute sa hauteur. Il affichait son comportement d'Alpha et l'Étincelle savait qu'il était plus buté que jamais dans ces circonstances. Il soupira pour faire baisser la pression et appuya ses yeux avec ses poings. Cela n'aurait pas dû se passer comme ça ! Ils étaient presque frères… Mais ce que Scott venait de dire était révélateur. Il avait senti la détresse de Stiles, avait senti les liens se déliter, avait senti qu'un problème arrivait pour lui mais il était resté avec sa meute. Il ne valait même pas la peine que son Alpha se déplace pour lui. Soupirant, il reprit, la voix désormais plus brisé que coléreuse :
"- Bon. J'ai compris."
Il tendit la main vers Derek, le visage impassible avant de continuer :
"- Scott, voici Derek, mon compagnon. Derek, Scott, l'Alpha de la meute McCall."
Derek croisa les bras sur son torse et se redressa fièrement. Même s'il n'appréciait pas les circonstances de cette présentation, Stiles l'avait présenté comme son compagnon. Il était sûr que, sous sa forme lupine, il aurait remué la queue et jappé de fierté. Pour autant, il ne tendrait pas la main à cet Alpha qui avait osé parler de la sorte à son compagnon. Il ne ferait pas cet effort. De toute façon, l'idiot en face de lui avait les bras le long du corps et la bouche ouverte, abasourdi. Le Loup Hale pouvait presque jurer que sa langue sortait, comme un chiot mais c'était peut être lié à son impression négative vis-à-vis de celui-ci. Derek vit Stiles serrer les poings avant de se détourner. Les Bêtas avaient l'air aussi figés que leur Alpha, ce qui rendait un ensemble assez grotesque de l'avis du Loup noir.
Ils retournèrent dans la camaro sans qu'aucun membre de la meute McCall ne daigne intervenir, entamant encore plus le moral de l'Étincelle. Ce dernier puait la déception, la colère et l'abattement. Comment pouvaient-ils ne pas se rendre compte de sa souffrance ? La camaro démarra et ils se retrouvèrent rapidement devant la maison du Shérif. Stiles sortit de la voiture sans un mot, silencieux comme durant le trajet. Le Loup se précipita sur lui, l'enfermant dans une étreinte qu'il voulait réconfortante. Son nez enfouit dans le creux de son cou, il chuchota :
"- Moi je serais venu te chercher. Je me serais battu pour toi. Je me battrais pour toi, Stiles."
Derek sentit les mains tremblantes de Stiles dans son dos, entendit son souffle hachuré contre son torse, huma l'odeur salé des larmes qui se refusaient à couler et discerna des mots murmurés :
"- Derek… Mien… Compagnon."
Malgré la tristesse de la situation, le Loup ne put que se réjouir. Il ne savait pas si c'était son intervention, le fait de voir la meute le rejeter ainsi ou autre chose, mais Stiles avait accepté que leur union était plus qu'un lien Loup-Étincelle. Ils se détachèrent et Derek posa ses lèvres sur celles de son compagnon, douce présence qui ne se voulait pas invasive. Juste pour lui signifier qu'il était là. Stiles inspira fortement avant de dire :
"- Attends moi là."
Le Loup ne bougea plus, se demandant ce que son Étincelle lui réservait. Il l'entendit monter à l'étage, farfouiller dans les tiroirs, entraînant des bruits de froissement de tissu. Il ne comprit pas l'intérêt qu'avait Stiles de se changer mais quand ce dernier revint, il était habillé d'un jean slim noir, d'une chemise blanche et une veste cintrée noire venait compléter l'ensemble. Ses baskets avaient été remplacés par des chaussures de ville. Derek leva un sourcil mais ne posa pas de questions. Ils montèrent dans la voiture et il laissa le plus jeune le guider. Ce n'est qu'une fois devant le cimetière qu'il comprit.
"- Ma mère adorait m'acheter plein de fringues chics. Je les abîmais toujours rapidement à cause de mon hyperactivité, j'avais tendance à courir partout, monter dans les arbres… Maintenant, c'est devenu une habitude. Un rituel en quelque sorte. Je me sens plus proche d'elle comme ça. Même si c'est sûrement inutile hein…"
Il eut un rire nerveux. Il allait toujours au cimetière seul, même Scott ne l'accompagnait pas. Mais il avait eu le temps de réfléchir depuis la création de son lien et les différents événements qui avaient suivi. Il avait cherché à se voiler la face, à rester maître de ce qu'il ne pouvait saisir. Il devait ouvrir les yeux maintenant. Se prendre une claque par Scott l'avait aidé. Tout comme l'affrontement avec Talia. Bien sûr qu'ils étaient compagnons. Maintenant qu'il réfléchissait, c'était évident. Le tiraillement, bien supérieur à ce qu'il n'avait jamais ressenti, les liens de sa meute initiale qui disparaissaient peu à peu sans que cela ne l'affecte plus que ça. Ça n'aurait jamais dû être aussi rapide. Cette pensée le laissa heureux et glacé à la fois. C'était terrifiant d'intensité. Cela expliquait le sentiment de n'avoir jamais été totalement intégré à la meute McCall, sa solitude permanente. Il comprenait pourquoi il se sentait autant en sécurité avec Derek et cet attachement rapide qui l'effrayait et le fascinait à la fois.
Sortant de ses pensées, il fit un signe au Loup et ils se dirigèrent ensemble vers l'allée où reposait sa mère. Il connaissait le chemin par cœur, il y allait souvent. Longtemps, il avait été le seul à venir ici. Ça avait été trop dur pour son père qui avait perdu sa femme, la mère de son enfant mais surtout, l'amour de sa vie. Pendant longtemps, l'Étincelle était venu pour donner des nouvelles de son père à Claudia, avait nettoyé sa tombe, apporté des fleurs… Puis, progressivement, son père était revenu vers elle, sortant de ses démons. Il n'y allait pas souvent mais Stiles ne pouvait l'en blâmer. Le lieu était sinistre, calme, silencieux, le rendant presque effrayant. Cela ne représentait pas du tout ce qu'avait été Claudia, mère aimante et pétillante.
Arrivés devant la tombe, ils entreprirent de la nettoyer avec le nécessaire qu'ils avaient pris sur le chemin. Stiles aurait pu utiliser ses pouvoirs mais ça aurait été trop facile. Presque une insulte à sa mémoire. Néanmoins, il créa un bouquet de fleurs :
"- Tiens maman, je sais que c'est pas la saison mais tu les adores."
C'était des plantes rustiques, de couleurs vives dont la floraison ne durait jamais que quelques jours. Claudia les avait toujours aimé, lui répétant que leur vie était courte mais toujours éclatante. Comme la sienne… Il déposa les gaillardes sur le marbre froid avant de continuer :
"- Tu sais, j'ai rencontré mon compagnon. Eh ouais, moi aussi j'y aurais pas cru, tu sais combien je peux être insupportable, ahah. Alors, je suis venu avec lui. Derek, je te présente ma mère, Claudia. Maman, voici Derek."
Le Loup aurait pu se sentir bête de parler à une pierre mais non. Le moment était intense, solennel. Il se sentait même un peu gauche, comme s'il pouvait faire rater cette rencontre. Il toussota pour s'éclaircir la voix :
"- Je suis ravi de vous connaître, Claudia."
Stiles eut un petit rire :
"- Elle t'aurait sûrement grondé pour que tu la tutoies. Elle n'était pas à cheval sur les principes. … Elle t'aurait adoré."
Cette révélation leur serra la gorge à tous les deux. Cela leur rappelait tout ce qu'ils auraient pu avoir si elle avait été encore vivante. Ils restèrent encore quelques minutes, parlant de ce qu'aurait pu être leur rencontre, leur vie si tout avait été différent. Si les personnes ne tombaient pas malade. Si le feu ne ravageait pas des familles.
Enfin, ils rentrèrent à la demeure familiale Stilinski. Derek sortit de la voiture et s'arrêta, les sens aux aguets. Stiles se figea et se prépara à utiliser son pouvoir. Il chuchota, de peur d'attirer l'attention du potentiel ennemi :
"- Derek ?"
Le Loup claqua la porte de sa voiture, visiblement énervé avant de grogner :
"- Scott est là."
Loin de le détendre, l'information fit marmonner Stiles entre ses dents. Il n'avait vraiment pas envie de le voir maintenant. Pourtant, il s'approcha de la porte et l'ouvrit. Scott l'attendait à l'intérieur, assis sur le canapé. C'était une habitude qu'ils avaient pris quand ils étaient adolescents pour se retrouver tous les deux autour d'un jeu vidéo, d'une série, de curly fries et de multitudes de bonbons et autres sucreries en tous genres. Puis, les responsabilités de l'un comme de l'autre avaient ralenti ces habitudes avant de ne plus jamais en faire. Stiles se tourna d'abord vers Derek pour lui demander :
"- Tu vas chercher le déjeuner ?"
Le Loup grimaça. Il n'avait vraiment pas envie de laisser Stiles avec un Alpha, sans pouvoir le protéger. Il n'avait que trop en tête la dernière fois qu'il avait une telle chose se produire. Il réfléchit, ouvrit la bouche, se rétracta en voyant son compagnon froncer les sourcils puis abandonna en soupirant :
"- Curly fries ?"
Stiles le frappa gentiment dans le bras :
"- Tu me connais trop bien."
Ils se sourirent avant de s'embrasser et Derek partit. L'Étincelle durcit alors son visage, prêt pour un deuxième round. Être allé voir sa mère ne l'avait que partiellement calmé et il en voulait toujours à Scott pour son comportement. Il attaqua le premier, le bras croisés, debout devant l'Alpha :
"- Tu es venu t'excuser j'espère ?"
Scott eut un visage d'incompréhension avant de froncer à son tour les sourcils. Il se redressa également, son Loup grognant d'être ainsi dominé par un membre extérieur de la meute :
"- Je suis venu chercher des explications, Stiles."
Ce dernier renifla, moqueur :
"- Celles que tu n'as pas voulu écouter tu veux dire ?
- Stiles… ne commence pas."
Des dizaines de remarques acerbes se bousculèrent dans le cerveau de l'hyperactif mais il se mordit la langue pour les refouler. Enfin, il écarta les bras, incapable de maintenir aussi longtemps une position statique :
"- Qu'est-ce que tu veux savoir ?
- Mais tout Stiles ! Pourquoi as-tu quitté la meute ? Pourquoi est-ce que tu n'es pas rentré dès que tu as su pour le lien ?"
Le questionné soupira, se passant la main dans les cheveux.
"- J'avais besoin de m'éloigner mais jamais je n'aurais pensé que tout ça serait arrivé."
Il fit un geste ample du bras, désignant tout et rien à la fois :
"- Je ne pouvais pas rentrer. Je… Je ne sais pas ! Je ne pouvais pas, tu comprends ? Il y avait le lien et…
- Tu ne voulais pas ou tu ne pouvais pas ?"
Stiles prit ses cheveux à pleines mains, mal à l'aise. Il n'était pas sûr de savoir où cette discussion aboutirait. Il se mit à réfléchir. Pourquoi n'avait-il pas demandé à Derek de partir avec lui pour venir ici ? Après tout, ça n'aurait rien changé si ce n'est que Talia lui aurait peut être interdit et finalement...
"- Réponds Stiles !
- Mais j'en sais rien, okay ?! Je sais pas moi ! J'avais besoin de partir, je suis parti, je me suis lié sans le vouloir et je me retrouve maintenant avec des liens de meute que je n'ai pas demandé et un compagnon que je connais depuis quelques jours à peine ! Comment tu veux que ça soit pas le bordel dans ma tête, Scott ?!"
Ce dernier ne répondit pas et l'Étincelle ne savait pas si c'était pour respecter son énervement ou car il n'en avait rien à faire. Cette pensée lui serra le coeur et il s'en voulut de l'avoir envisagé. Scott se tenait droit, imperturbable aux tourments intérieurs de son ancien Bêta. Il enchaîna :
"- Et tu n'as pas senti les liens de meute se défaire ?"
L'hyperactif grimaça, tant pour la question que pour le ton que Scott avait utilisé pour la poser :
"- Mais non ! Je… j'étais perdu, je pensais qu'à enlever ce foutu lien et j'ai foncé tête baissée sans rien écouter, ni moi, ni Derek, ni la meute, ni le lien. Tu sais à quel point je peux être buté. Et puis, on a du partir et tout c'est enchaîné et… voilà."
De voir Stiles aussi perdu et de n'avoir pas entendu un seul mensonge dans ses paroles dérida un peu l'Alpha qui soupira et retrouva son visage habituel de jeune chiot :
"- Ils se sont senti trahis tu sais. On imaginait que tu étais parti pour toujours. Je pensais que tu m'en aurais parlé."
Stiles fit un pas en avant et répondit, sur un ton presque suppliant :
"- Scott, je…"
Mais ce dernier se détourna et changea complètement de sujet, regardant par la fenêtre :
"- Est-ce que tu l'aimes au moins ?"
L'Étincelle prit le temps de la réflexion avant de sourire comme il ne l'avait pas fait depuis un long moment :
"- C'est mon compagnon mec, bien sûr que oui."
Scott se tourna vers lui et eut un sourire un peu idiot :
"- T'as toujours aimé les barbus faut dire."
L'hyperactif lui mit un coup de poing dans l'épaule avant de rire :
"- T'es bête."
L'Alpha se tourna vers la fenêtre dans un réflexe purement lupin que Stiles avait appris à déchiffrer. Scott enfila sa veste qu'il avait posé sur le dossier du canapé avant de se tourner vers son meilleur ami et de le regarder intensément, pour la première fois depuis le début de la conversation :
"- Tu seras toujours le bienvenu dans la meute, tu sais."
Stiles ne répondit pas, la gorge serrée. Leur conversation avait un goût d'inachevé. Ils n'avaient pas pu tout se dire, garderaient sûrement des rancoeurs l'un envers l'autre mais ils restaient frères de cœur envers et contre tout. Ils se serrèrent l'un contre l'autre dans un câlin fraternel au moment où Derek arrivait, les bras chargés de sacs d'où une odeur alléchante se dégageait. Ce dernier les déposa sur la table basse et se tourna vers l'Alpha :
"- Tu veux rester ?"
Stiles fit les yeux ronds. Jamais il n'aurait pensé que Derek aurait un tel geste d'amitié envers le Loup qu'il avait l'air de ne pas apprécier et il fut touché. Pourtant, Scott secoua la tête et dit, tout en ouvrant la porte d'entrée :
"- Réunion de meute."
A ces mots, l'Étincelle se rembrunit :
"- Hey Scotty. Dis leur que je suis désolé, okay ?"
L'Alpha hocha la tête avant de partir à pied vers son domicile. Stiles ferma la porte, une sensation douce amère dans la poitrine. Il sourit en voyant le festin que le Loup avait acheté et s'installa sans douceur sur le tapis. Derek poussa deux boîtes devant lui :
"- Prends sa part."
L'Étincelle ouvrit et sourit, des étoiles dans les yeux. Des curly fries recouverts de cheddar fondu.
Son compagnon était le meilleur.
N'oubliez pas que les reviews sont le salaire de l'auteur !
