Merci à Cynthia, alias Yuirii et Asmy pour vos reviews! Il faudra créer un club sélect des auteurs de SessxRin!

Chapitre 6 : Prémonition

«Tu sais Rin, je ne m'en ferais pas trop! Si des youkais essaient de prendre possession du Shikon no Tama, je me ferai un plaisir de leur botter les fesses avec Hiraikotsu! », lança Sango à la rigolade.

«Et Miroku, est-ce que tu crois qu'il pourrait nous aider?»

«Pfff! Je ne compterais pas trop sur ce bon à rien! Depuis qu'il s'est débarrassé de sa malédiction, il n'est pas très utile en situation de combat. Il protégera Yuki pendant qu'on fait le boulot des hommes!»

Rin sourit à l'ex-exterminatrice de youkais. Sango était rapidement devenue une proche amie de la jeune fille. C'est elle qui l'a initié aux joies de la vie humaine. Rin avait découvert toute sorte de commodités qu'elle avait oubliées lors de ses nombreuses années de périples avec Sesshomaru. Eau chaude et savon à profusion, nourriture tellement plus savoureuse. Mais elle n'avait toujours pas cédé à la tentation de saké, boisson fortement prisée par Miroku et Inu-Yasha. Ils devenaient idiots très rapidement sous l'effet de cette substance, et Rin ne voulait pas perdre sa dignité comme ces deux zigotos. Sango lui avait aussi appris à avoir l'allure d'une femme. La jeune fille a troqué ses kimonos plutôt enfantins pour des tenues qui lui ont mérité une pluie d'éloges de la part de Miroku et Shippo. Rin embrassait finalement une identité féminine qu'elle n'avait nul autre choix que de négliger lorsqu'elle n'avait qu'une poignée de youkais mâles comme compagnie.

Les deux jeunes femmes étaient à la cuisine et lavaient la vaisselle utilisée pour le copieux repas qu'elles ont partagé avec Inu-Yasha, Miroku et Shippo. Les trois hommes étaient dans la pièce avoisinante et découvraient la joie de la paternité avec Yuki. Les deux femmes pouvaient donc discuter avec plus d'ouverture. Rin profitait de l'occasion pour partager ses angoisses avec Sango. Son rêve de Sesshomaru, qu'elle craignait prémonitoire, la visite de la jeune youkai qui les avait mis en garde contre d'éventuelles attaques. Toutes ces angoisses laissaient Sango bien songeuse. Rin partageait fréquemment des inquiétudes concernant Sesshomaru à sa nouvelle amie. Et même lorsqu'elle n'était pas inquiète, Rin parlait toujours de Sesshomaru et de sa vie à ses côtés. Elle lui racontait parfois des histoires cocasses concernant Jaken. Une autre fois, elle avait raconté la façon dont Sesshomaru avait si brutalement mutilé un youkai qui voulait faire de Rin son petit-déjeuner.

Sango n'avait vu le maître youkai qu'à de très rares occasions, il y a plusieurs années. Elle avait souvenir d'un youkai très taciturne, impassible, mais qui semblait tout de même posséder un minimum de compassion. Elle avait aussi entendu les nombreuses histoires d'Inu-Yasha, jamais très élogieuses. La vision de Rin était très différente, son attachement au seigneur youkai était évident. Selon les dires de Rin, elle lui devait sa vie. Cependant, Sango était persuadée que les choses étaient plus complexes. Rin justifie son départ par sa nature humaine et par le fait qu'elle craignait de devenir un fardeau trop lourd à porter pour Sesshomaru. Mais Sango était persuadé qu'il y avait d'autres raisons plus obscures qui justifiaient le geste à son amie.

«Dis-moi Rin, je...je me demandais... Tu nous as déjà expliqué les motifs qui t'ont poussé à quitter Sesshomaru, mais... n'y a-t-il pas une autre raison qui a justifié ton choix?»

Rin fut pris de court par Sango. Où voulait-elle en venir? Est-ce que quelque chose s'était produit entre elle et Sesshomaru? Ses joues devinrent brûlantes. Elle n'aimait pas la tournure de cette conversation.

«Je...non...il ne m'a rien fait de mal. Il était même plus attentionné qu'à l'habitude, parce qu'il savait que j'étais triste.»

«Il savait que tu allais partir.»

«Non...je ne crois pas...mais...il avait senti mes larmes, il savait que je n'allais pas bien. Il m'a ensuite regardé droit dans les yeux, il ne m'avait jamais regardé de cette façon avant ce jour. Et je crois que...quand il m'a donné sa fourrure, c'était beaucoup plus pour me réconforter que pour me réchauffer. Il m'a même laissé dormir près de lui lors de ma dernière nuit.»

Sango fixa Rin d'un regard perçant. Elle n'avait jamais osé révéler ce genre de détails en présence d'Inu-Yasha, Miroku ou Shippo. Elle avait toujours décrit Sesshomaru comme un compagnon vaillant, un gardien tranquille, sage...mais distant.

«Et c'était la première fois qu'il agissait de la sorte avec toi?»

«Oui...il avait toujours été distant, mais je sentais que j'en devenais de plus en plus proche...»

«Que veux-tu dire?»

«Et bien, quand j'étais gamine, il ne m'adressait que très rarement la parole. Au début, c'est surtout Jaken ou Gladis qui m'ont parlé de lui...»

«Gladis?»

«Oui, c'est la servante principale de son castel...dans les terres de l'Ouest. J'y suis allée quelques fois, c'est une youkai très charmante, c'était presque comme une mère pour moi. Ça ne se voit pas en apparence, mais je sais qu'elle est très vieille, elle m'a souvent parlé de la jeunesse de Sesshomaru au château et de ses parents, mais aussi de ses devoirs, et de ses responsabilités. Ces discussions avec elle ont piqué ma curiosité…Je me suis mise à poser plusieurs questions à Sesshomaru, plus précise, au sujet de ses terres, de son rôle. Il était un peu plus bavard lorsque j'abordais ce genre de sujet. Voyant que je disposais d'une forme de curiosité quelconque, il m'a expliqué et appris beaucoup de choses, au sujet de ses ancêtres et de sa lignée. On parlait surtout à la belle étoile, lorsque Jaken et Ah-Un dormaient. Je me rappelle...je feignais l'insomnie afin d'avoir un prétexte pour lui parler. Il a toujours été beaucoup plus bavard la nuit, raconta Rin, la mine rêveuse. Mais Sesshomaru ne communique pas beaucoup à travers les mots. Lorsqu'on discute, ce qu'il ne dit pas est souvent tout aussi intéressant que ce qu'il dit, j'ai beaucoup appris sur lui grâce à ses silences ou à ses sourires furtifs…

Sango regarda Rin de façon incrédule.

«Les sourires, c'est surtout lorsque je jouais des tours à Jaken. Sesshomaru et moi, on a une belle complicité en la matière», répondit Rin avec un sourire espiègle.

«De la façon dont tu en parles, il y avait une réelle harmonie entre vous, est-ce que c'était comme une sorte de père pour toi?»

«Non, pas du tout. Il n'est ni comme un père, ni comme un frère. Il est beaucoup trop distant pour ça. La plupart du temps, je devais me débrouiller toute seule pour me nourrir ou pour survivre. Il s'occupait de moi uniquement lorsque ma vie était en danger. Et lorsqu'il me parlait, ce n'était jamais comme si on était des proches. C'était plus comme des conseils d'un maître à un disciple...Non, Sesshomaru-sama ne s'est jamais comporté comme de la famille, je le voyais plutôt comme un ange gardien.»

«Et il te manque toujours?»

Rin jeta un regard furtif à Sango, pourquoi voulait-elle connaître tous ces détails? Que cherchait-elle à comprendre? Quelle différence cela pouvait avoir, qu'elle s'ennuie ou non du seigneur youkai?

«Oui, il me manque», lança finalement Rin, avec un ton de défaite.

«Tu regrettes de l'avoir quitté?»

«Non...je...je ne suis qu'une humaine, je ne pouvais pas rester. Je ne suis pas digne de lui...C'est mieux ainsi...»

«Digne de lui? Ne crois-tu pas qu'il t'aurait abandonné il y a déjà plusieurs années…s'il avait jugé que tu ne méritais pas sa compagnie?»

Rin resta silencieuse. Elle était nerveuse, elle n'aimait pas partager ses problèmes. Sesshomaru l'avait toujours incité à se débrouiller toute seule. Cette façon de se confier était devenue si peu naturelle à ses yeux...c'était beaucoup trop...humain?

«Rin, je suis désolée, je ne voulais pas t'embêter. Je voulais seulement comprendre pourquoi tu l'admires tant et pourquoi tu te fais tant de souci avec cette histoire de youkais sur les terres de l'Ouest», répondit Sango, un sourire mélancolique aux lèvres.

«Rin...» Sango mit sa main sur l'épaule à la jeune femme. «Tu es amoureuse de lui, n'est-ce pas? C'est pour cette raison que tu l'as quitté?»

Les yeux de la jeune femme s'emplirent de larmes. Elle voulait garder son amour pour Sesshomaru secret. Elle avait tant de misère à l'oublier, qu'elle craignait que le simple fait de faire de tels aveux allait la replonger dans un profond état de torpeur.

«Rin...tu peux me parler, je ne le dirai pas à Inu-Yasha, ni à personne d'autre».

«Je suis humaine Sango, je suis mortelle. Jaken m'a toujours dit que Sesshomaru déteste les humains. Pourtant, il appréciait ma compagnie. Particulièrement au cours des dernières années. Plus il me voyait grandir, plus il me laissait discuter avec lui, de tout et de rien. Je parlais, et en échange, j'avais quelques mots de sa part, toujours très sage, une fois de temps en temps. Ces moments étaient si précieux...»

«Une compagnie autre que le crapaud devait sûrement être rafraichissante pour un youkai solitaire comme Sesshomaru», répondit Sango, l'air songeuse.

«Malheureusement, je me suis rendue compte que plus je gagnais en maturité, plus mes attentes envers lui devenaient grandes. Je ne supportais plus de n'être qu'une gamine tolérable à ses côtés. Mais je savais que je ne pouvais pas aspirer à mieux. Car je ne suis pas une youkai, et je ne le serai jamais...», répondit Rin, en ravalant ses larmes.

«Je suis désolée, je ne voulais pas te rappeler tout ça et te faire de la peine»

«Ça va aller, c'est derrière moi tout ça. Au moins maintenant, j'ai une vocation, répondit Rin avec un pâle sourire en jetant un œil au Shikon no Tama. Mais je dois avouer que parfois je doute, il me manque tellement»

«Ne t'inquiète pas Rin. Le destin veille sur nous. Rappelle-toi la prémonition d'Inu-Yasha et la vitesse à laquelle tu es soudainement arrivée au village. Si tu as fait une erreur, le destin ne tardera pas à te remettre sur le droit chemin», répondit Sango, la mine rassurante.

La salle besogne terminée, les deux femmes sont allées rejoindre le reste de la troupe, affairé à changer la couche de Yuki, une tâche plus effrayante que d'affronter Naraku, selon les dires d'Inu-Yasha. Sango est restée discrète pendant la soirée. Elle avait une mauvaise impression. Elle espérait sincèrement que la prophétie annoncée par la youkai féline s'avèrerait fausse, car ni Inu-Yasha ni Rin ne semblaient prendre cette menace au sérieux. Sango ignorait que ses angoisses deviendraient une terrible prémonition.

«YOUKAI! YOUKAIIIIIIII! À L'AIDE!»

Des hurlements d'effroi tirèrent l'apprenti miko d'un profond sommeil. Mais ce sont les cris stridents de Yuki qui la ramenèrent à la réalité. À peine avait-elle attrapé le Shikon no Tama qu'elle entendit plusieurs individus entrer dans la demeure.

«Rin! Où est Rin!», s'écria une voix qu'elle reconnu comme celle de Shippo.

Une bombe blanche et rouge attrapa la jeune femme par le poignet et la tira de la pièce.

«Inu-Yasha! Laisse-moi, je suis réveillée maintenant!», s'exclama Rin, encore sous le choc d'un réveil aussi brutal.

«Il faut la protéger! Ils doivent la chercher partout!», s'exclama Inu-Yasha, qui avait complètement ignoré son interlocutrice alors qu'ils rejoignirent le reste de la troupe.

Shippo et Sango étaient déjà prêts à se battre. Miroku était en retrait et essayait de calmer la pauvre Yuki, terrorisée par les hurlements inhumains qui venaient de l'extérieur. Inu-Yasha lança à Rin son arc et sa dague, qu'elle n'avait jusqu'à ce jour utilisés que durant ses entrainements.

«Sango! Shippo! Protégez Rin et Yuki! Je prends les devants et je sors ces salopards du village», s'exclama le hanyou, Testusaiga dégainée, prêt à créer un massacre.

«Mais Inu-Yasha! Tu ne peux pas y arriver seul! J'y vais avec toi», s'exclama Shippo, un long sabre à la main. Le jeune youkai maîtrisait maintenant l'art de manier l'épée à une vitesse rarement égalée.

Shippo s'élança aussi hors de la pièce.

Sango jeta un regard inquiet à Rin alors que cette dernière attachait la ceinture de sa dague à sa taille et qu'elle sortait nerveusement une flèche de son carquois.

«Prépare-toi Rin. Ils seront attirés par le Shikon no tama», avertit Sango.

Le groupe entendit Inu-Yasha abattre son attaque Baryuka sur une série d'ennemis. De longues minutes s'écoulèrent, alors que Rin, Sango et Miroku étaient tous tapis dans l'ombre, dans l'attente d'une menace potentiellement mortelle. Ils n'avaient pas été assez rapides pour trouver une planque plus sécuritaire. Rin, qui était semi-accroupie, avait son arc en main, prête à transpercer les ennemis qui oseraient s'introduire. La main tremblotante qui tenait sa flèche en place trahissait son angoisse. Les alentours étaient excessivement silencieux, la plupart du massacre semblait avoir lieu près de l'entrée du village. Les cris d'effrois devinrent moins nombreux et insistants. Soit la plupart des youkais envahisseurs étaient exterminés, ou bien c'était les résidents affolés qui y laissaient leur peau. La voix de Shippo se fit soudain entendre.

«Ça y est, je crois qu'on les a tous eus!», s'exclama-t-il.

Les captifs poussèrent tous un soupir de soulagement.

«C'est de la chance, ils ne se sont pas rendu jusqu'à nous!», s'exclama silencieusement Miroku, la petite sur le point de s'assoupir dans ses bras.

Rin se releva et se dirigea vers la sortie, arc et flèche toujours en mains.

«Attends! Rin!», s'exclama Sango.

Alors que la jeune miko poussait la porte entrouverte, elle tomba face à face avec son pire cauchemar. Un youkai sanguignolant et d'une taille assez appréciable se tenait devant elle. À moitié dans la pénombre, ses yeux brillants de couleur pourpre fixaient le Shikon no tama. Avant que Rin ne puisse faire quoi que ce soit, sa main laissa glisser la flèche tendue de son arc. Le projectile transperça instantanément la poitrine du youkai. La bête poussa un hurlement assourdissant avant de s'effondrer en poussière devant la jeune miko.

«Whoa! Bien joué!», s'exclama Shippo.

«Shippo! Imbécile! Tu nous as mal informés!», s'exclama Sango, tout juste arrivée derrière Rin.

«Je-je suis désolé! Je l'avais perdu de vue celui-là! Avec les cadavres de youkais éparpillés un peu partout, c'est difficile de faire la différence entre l'odeur de ceux qui sont morts et de ceux qui sont vivants!»

«Tu as eu le dernier Rin, bravo», lança Inu-Yasha qui venait de rejoindre Shippo, avec un ton plutôt sinistre.

«Quelque chose ne va pas Inu-Yasha?», demanda Miroku.

«Le Shikon no tama est en sécurité, vous êtes tous indemnes, mais plusieurs villageois n'ont pas eu cette chance. L'orphelinat et les maisons du secteur nord sont détruits, leurs résidents sont morts», lança Inu-Yasha, avec une mine défaite.

«Non! Pas les orphelins!», hurla Miroku, qui laissa Yuki dans les bras de son père et qui accourut vers la région dévastée. L'ex-moine s'était beaucoup impliqué dans la construction et le maintien du nouvel orphelinat, qui accueillait déjà plusieurs gamins. Sango le suivait de près. Shippo baissa les yeux vers le sol.

«On s'est tous fait berner…Inu-Yasha, Rin…On a minimisé la menace, et maintenant…il doit bien y avoir une vingtaine de morts…», annonça le youkai juvénile.

Rin ferma les yeux. Ce devait être un cauchemar. Une vingtaine de morts…parce qu'elle avait ignoré les menaces de Tsumi.

«Tu avais raison, Rin…Tu étais la seule qui était prête à agir après la mise en garde de la youkai…Je suis désolé, si je t'avais écouté, on aurait pu éviter tout ça», lança Inu-Yasha d'un ton amer, les yeux baissés vers le sol. La jeune miko le voyait bien, il avait des remords.

«C'est aussi de ma faute Inu-Yasha, je n'avais pas besoin de qui que ce soit pour prendre la bonne décision…J'aurais dû écouter mon instinct et quitter le village…», se reprocha Rin, qui n'avait même pas la force d'aller constater les dégâts.

«Arrêtez, vous deux! Ce n'est pas de la faute à personne! On ne pouvait pas prévoir une telle catastrophe avec si peu de signes!», s'insurgea Shippo.

Les paroles de Shippo n'apportaient aucun réconfort à la jeune miko. Elle savait qu'il disait vrai, peu de gens auraient réellement agi suite aux dires d'une inconnue. Mais Rin s'en voulait tout de même de ne pas avoir écouté son premier instinct. Elle ne voulait plus échouer à la tâche. Alors que des larmes cristallines firent leur chemin sur son visage devenu très pâle, la jeune femme retourna dans la demeure d'Inu-Yasha, déterminée à prendre le strict nécessaire et à quitter pour de bon ce qui était devenu son nouveau chez soi. Inu-Yasha la suivit de près.

«Je viens avec toi, Rin», lança-t-il, alors qu'il la regardait remplir son sac.

«Et que feras-tu de ta fille, Inu-Yasha», répliqua Rin d'un ton hargneux. Elle avait envie de cracher son amertume sur quelqu'un.

«Je…trouverai un moyen. C'est de ma faute, Rin. Je ne veux plus que personne ne meure à cause de cette histoire. Et si tu te diriges toute seule vers les terres de l'Ouest, tu seras la prochaine Rin, et le Shikon no tama sera de nouveau perdu»

«Laisse quelqu'un d'autre y aller avec moi Inu-Yasha, Yuki a besoin de toi…Shippo est un youkai, il pourrait peut-être…»

«On parle des terres de l'Ouest, est-ce que t'as idée de ce qui y grouille, même quand tout va bien? Shippo n'est pas un combattant assez expérimenté Rin, il se fera massacrer, comme n'importe quel guerrier humain du village qui tenterait le coup!»

«Mais…ce sont tout de même les terres de Sesshomaru! Tu serais prêt à aider ton demi-frère, Inu-Yasha?», lui lança Rin d'un ton incrédule.

Avant qu'Inu-Yasha ne puisse répondre quoi que ce soit, Shippo fit interruption dans la pièce.

«Rin! Je crois avoir trouvé un vieil ami à toi…», lui annonça-t-il d'un ton agacé.

Une silhouette minuscule est alors apparue aux côtés du jeune youkai. Le fidèle serviteur à Sesshomaru, Jaken, était entré dans la pièce. Il a d'abord fixé le Shikon no Tama, et a ensuite posé son regard sur les yeux de la jeune femme devant lui.

«Rin! C'est bien toi!»

«Jaken-sama!, s'exclama Rin avec un immense sourire. Mais qu'est-ce que vous faites ici?»

Elle jeta alors un œil derrière lui, dans l'espoir de voir apparaître le seigneur youkai.

«Le maître Sesshomaru n'est pas ici, Rin», lui répondit le youkai crapaud, l'air grave.

«Alors…qu'est-ce qui t'amène ici, Jaken-sama?»

«Je suis venu pour le pendentif, Rin…le seigneur des terres de l'Ouest s'épuise, mais il refuse toute forme d'aide…même celle du Shikon no tama»

«Alors pour quelle raison souhaitez-vous le récupérer?», lui demanda la jeune miko, l'air dubitatif.

«Pour lui désobéir, Rin-chan! Il a besoin d'aide!»

Ça y est. C'en était trop.

Des renforts, il avait besoin de renforts.

À l'aube, il avait cherché Jaken partout, mais il était introuvable. Sa recherche s'était poursuivie toute la journée, et celle qui a suivi. Ce n'était jamais arrivé depuis qu'il avait offert ses services au maître.

Jaken avait déserté.

Sesshomaru était exaspéré. Les envahisseurs étaient devenus trop nombreux et trop puissants. Le seigneur des terres de l'Ouest était résigné. Il devait demander l'aide de ses vassaux; ces youkais qui vivent sur ces terres et qui lui sont fidèles. Mais Sesshomaru n'avait jamais eu à utiliser ce privilège, il n'avait pas les connaissances nécessaires pour réussir à les rassembler tous.

Seuls deux êtres savaient où les trouver: Jaken et la gouvernante du castel des terres de l'Ouest, Gladis.

Or, Jaken était disparu et l'extérieur du castel grouillait de bêtes, il était impossible d'y accéder. Le seigneur était dans une impasse. Il n'avait plus personne sur qui compter. Son seul objectif était maintenant d'assurer sa survie, dans l'espoir que le petit traître se pointe le bout du nez, éventuellement. Il n'avait pas le choix, la fuite était impossible, mais elle n'a jamais constitué une option pour le seigneur youkai, de toute façon.

Ce Jaken, s'il avait le culot de revenir…

Il deviendrait une proie face à la furie du puissant Sesshomaru.

«Allons! Dépêchons! Le maître des terres de l'Ouest nous attend!», couina Jaken.

Le petit youkai était grandement agacé. Il devait traîner avec lui Rin-chan, devenue la miko du Shikon no tama, car elle refusait de le laisser prendre possession du puissant artefact. Mais la présence de Rin n'était pas sa principale source d'agacement. Connaissant son maître, il soupçonnait que de ramener la jeune femme influencerait ses humeurs plutôt…défavorables, le tout rendant la vie à Jaken plus facile, car il subirait moins de brutalité.

Non, sa principale source d'agacement était la présence du bâtard d'Inu-Yasha. Il refusait de laisser la fille partir toute seule. Le petit crapaud grinça des dents. Le fait de traîner Inu-Yasha, dans le seul but de protéger Rin, en l'occurrence, l'ex-protégée à son maître, allait surement raccourcir la vie déjà très avancée du petit serviteur.

Les principaux intéressés faisaient leur au revoir à Sango, Miroku et Shippo. Ils avaient préparé le nécessaire et devaient quitter dès l'aube. L'attaque du village avait suscité mélancolie, désarroi, mais aussi de la haine. Le reste des villageois regardaient le hanyou et la jeune miko d'un mauvais œil. Les commérages étaient nombreux. Déjà, on accusait la nouvelle miko de porter malheur.

Jamais Rin n'avait été aussi bien préparée à se battre. Sango lui avait laissé l'un de ses anciens uniformes d'exterminateur de démon, car la jeune miko n'avait jamais été trop chaude à l'idée de se contenter de kimonos comme tenus de combat. Elle avait aussi avec elle une quantité phénoménale d'herbes médicinales et ses armes de prédilection, un arc, et deux dagues. Mais même armée jusqu'aux dents et accompagnée d'un hanyou, Rin était terrifiée, surtout après avoir entendu les terribles histoires de Jaken concernant les assaillants.

«T'en fais pas Rin, ça va aller, je suis certain qu'Inu-Yasha t'éloignera de tous les dangers», affirma Miroku, avec un sourire espiègle, en donnant un petit coup de coude révélateur à son ami hanyou. Le jeune homme faisait des efforts pour garder le moral, même après la tragédie, il devrait poursuivre son rôle jusqu'à la toute fin, soit celui d'entremetteur de Rin et Inu-Yasha. Selon son argumentaire, Rin était une femme prête à marier et, comble de la coincidence, elle ressemblait aussi un peu à Kagome, c'était donc dans la poche! Mais la vilaine Sango s'était toujours opposée à ce stratagème.

«Ne vous inquiétez pas pour nous! On s'occupera du village en votre absence. Je vais m'assurer personnellement d'augmenter la cote de popularité de Rin-chan! Mais, ce serait plus facile si disons…tu accomplissais un exploit ou deux sur ton chemin», lui répliqua le jeune youkai renard avec un clin d'œil.

«Keh! On se contentera plutôt de rester en vie, Shippo», lui rétorqua Inu-Yasha.

«Je ne vous dirai pas bonne chance, car vous n'en avez pas besoin de toute façon», lança Sango avec un regard bienveillant. Rin sourit, Sango était devenue une grande sœur à ses yeux. Alors que la jeune miko monta sur Kirara, derrière Jaken, son amie s'approcha d'elle pour lui glisser quelques mots.

«Rin, n'oublie pas de suivre ton cœur»

Rin jeta un regard à Sango qui la regardait avec un sourire complice. Rin fit de même. Elle était la seule qui connaissait véritablement le fond de sa pensée. C'était rassurant d'avoir sa bénédiction.

Inu-Yasha fut le dernier à grimper sur Kirara. Les distances à parcourir étaient beaucoup trop longue pour être faite à la course. De plus, Ah-Un était une monture trop lente pour que le groupe puisse en faire usage. Selon les dires de Jaken, il n'y avait plus de temps à perdre.

A/N : Je sais! Trop peu de Sesshy dans ce chapitre! C'est un peu long avant la réunion Sess/Rin, mais que voulez-vous, je souhaitais vraiment vous faire languir! Le grande réunion ne sera que plus savoureuse à lire! Si ça peut vous rassurer, on n'entendra plus vraiment parler du trio Miroku/Sango/Shippo pour un bon bout de temps. Seul ce bout-en-train d'Inu-Yasha restera dans les parages mwahaha!

Cette fois-ci c'est une promesse! Prochain chapitre, ce sera les grandes retrouvailles!

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