A/N : Gros merci à Leily et Cynthia! Et à tous les autres qui suivent cette histoire! Pour vous très chères lectrices! La suite!

Pardonnez ce mauvais titre de chapitre, je suis très mauvaise titreuse. Je vous promets que c'est plus intéressant que ça en a l'air!

Chapitre 8 : Entraînements et fébrilité

«Sesshomaru…sama…que faites-vous? Vous êtes venu me voir?», l'interrogea Rin, encore toute endormie.

C'était l'aube, Rin était allongée dans son lit, mais avait été réveillée par la visite de Sesshomaru, qui s'était mis à genou à côté d'elle, pour être à la hauteur de la jeune femme.

«Rin…»

«Hai…?»

«Je suis venu t'offrir ce que tu souhaites»

Sans plus tarder, le maître youkai posa sa main derrière la tête de Rin, pour la rapprocher de lui, alors que lui-même était déjà en train de rompre l'espace qui les séparait.

«Sessho…», commença la jeune femme, toute surprise.

«Shhh…ferme les yeux», lui murmura Sesshomaru

Le visage du youkai frôlait maintenant celui de la jeune femme, mais elle n'avait pas peur. Elle ferma les yeux. Son maître plaqua un doux baiser sur ses lèvres. Rin avait l'impression qu'une tempête faisait rage à l'intérieur d'elle. Elle n'avait jamais senti rien de tel. Le contact ne dura qu'un bref instant. Alors que Sesshomaru s'éloignait déjà de Rin, cette dernière l'attrapa par le coup et le tira vers elle. Ce fut au tour de la jeune femme de l'embrasser, mais avec plus d'insistance que son maître. À travers ses baisers affolés, elle le suppliait de rester avec elle, de l'aimer…de faire d'elle une femme.

«…Sesshomaru-sama…je»

«Rin!»

Rin ouvrit les yeux. Quelle horreur… Une voix rauque et stridente venait tout juste de l'interpeler, et de la tirer du sommeil. Elle jeta un coup d'œil par la fenêtre, le soleil était déjà haut dans le ciel. Elle avait fait la grasse matinée.

«Rin! Comment peux-tu dormir aussi tard alors que tu n'es même pas capable de tirer une flèche correctement?», l'interrogea Inu-Yasha, visiblement irrité par la paresse de sa compagne.

«Inu-Yasha…laisse-moi…quelques minutes…de plus…»

«Quelques minutes de plus pour quoi? Pour que tu puisses encore rêver de Sesshomaru qui t'offre des petites fleurs!» lui lança Inu-Yasha avec un mélange d'ironie et d'amusement. Rin avait un peu trop parlé dans son sommeil, on dirait.

«La ferme! Inu-Yasha!», lui lança Rin, qui venait d'être entendue 20 milles lieux à la ronde.

«Keh! Arrête de paresser et viens t'entraîner, si tu veux arrêter de te mettre dans le pétrin chaque fois qu'on croise des youkais», lui répondit Inu-Yasha, qui sortit de la pièce.

Rin poussa un long soupir. Alors qu'elle s'habillait, ses pensées dérivèrent de nouveau, elle pensait à Sesshomaru. Son amour pour lui prenait des dimensions incontrôlables. Enfant, elle l'avait admirée. Quand elle avait fui les villages humains pour retourner à ses côtés, elle avait réalisé qu'elle était amoureuse de lui. Il y a six mois, juste après l'avoir quitté, elle avait découvert qu'il était celui qu'elle aimait le plus au monde. Mais à présent, son amour pour lui s'était aussi répandu dans le reste de son corps, comme une terrible maladie qui n'arrivait pas à guérir. Elle rêvait à lui, elle rêvait de le toucher, de l'embrasser, mais son imagination ne pouvait aller plus loin, car les plaisirs charnels lui étaient encore inconnus. Chose certaine, Rin aimait ces rêves troublants où tous ses fantasmes devaient réalité. Un peu honteuse, elle chassa ses pensées de son esprit, et sortit de sa chambre.

Sesshomaru ouvrit les yeux. Les rires lointains de Rin l'avaient éveillé. Il se leva de son lit et jeta un coup d'œil par la fenêtre. C'était déjà l'après-midi. Le seigneur youkai se sentit honteux d'avoir cédé au sommeil pour une période aussi prolongée. Il s'aperçut que Rin s'entraînait déjà, en compagnie du hanyou, si cela pouvait bel et bien être appelé un entraînement. Les deux protagonistes ne prenaient pas leurs tâches au sérieux. Le youkai mit ses habits et sortit de la pièce. Sesshomaru savait qu'il devait encore attendre plusieurs jours avant que les renforts ne viennent à lui, il avait du temps à tuer. Et il avait la ferme intention de le passer à discipliner les gamins qui jouaient dehors.

Rin prit de nouveau une flèche de son carquois et visa la cible. Mais Rin n'avait pas de chance, elle atteignait les cibles de peine et de misère.

«Allez! Rin! Sers-toi de ta tête et vise!», lui ordonna Inu-Yasha.

La jeune femme tira sa flèche, mais elle n'atteignit aucune des cibles. Rin sentit ses joues devenir rouges, mais elle ne pouvait dire si c'était de honte ou de colère. Inu-Yasha observait ses moindres faits et gestes depuis un bon moment. Il essayait de comprendre ce qui n'allait pas, Kagome avait été beaucoup plus rapide à apprendre à tirer.

«Attend Rin…je crois que c'est ta posture. Tu ne tiens pas l'arc comme il faut…»

Inu-Yasha se plaça à l'arrière d'elle et posa ses mains sur celle de Rin en tentant de lui montrer labonne façon de tenir son arc. Les joues de Rin, déjà rose, étaient en train de virer à l'écarlate. Son compagnon était terriblement proche d'elle. Elle pouvait sentir la poitrine du hanyou frôler son dos.

Rin remarqua l'ombre d'un individu qui les observait. Malheur! Sesshomaru avait choisi le pire moment pour lui rendre visite. Jaken aussi était présent, quoiqu'il n'était pas la principale source d'intimidation.

Sesshomaru observa son demi-frère avec dédain. Il pensa qu'Inu-Yasha «montrait» la bonne posture à Rin uniquement pour poser ses salles pattes sur elle. Le hanyou cherchait déjà à remplacer sa miko…Pathétique, pensa le youkai, en fronçant les sourcils.

«…et comme ça…on…Tire!», s'exclama le hanyou.

Inu-Yasha et Rin laissèrent aller la flèche qui était tendue à l'arc. Elle se planta parfaitement au centre de la cible.

«Voilà! C'était ta posture le problème!», s'exclama fièrement Inu-Yasha, qui reprit ses distances avec la jeune femme.

Rin tendit de nouveau son arc, de la même façon qu'Inu-Yasha lui avait montré. Elle souhaitait de nouveau avoir son heure de gloire. Elle voulait réussir devant Sesshomaru. Elle tira de nouveau, mais elle avait visé trop haut et la flèche frôla la cible. La honte. Encore et encore.

«C'est curieux! Pourtant, Rin semblait bien se débrouiller en situation de combat hier…», commenta Jaken avec de grands yeux.

«Rin, tire encore», lui ordonna Sesshomaru, qui s'était approché d'elle et qui la regardait maintenant avec curiosité. Inu-Yasha lui jeta un regard méprisant. De quoi se mêlait-il, au juste?

Rin n'aimait pas ce regard. Elle avait parfois cette drôle d'impression que Sesshomaru était capable de lire dans ses pensées, surtout quand il la fixait avec autant d'insistance. Elle tira de nouveau et manqua complètement sa cible. Elle avait encore visé trop haut.

«Rin, que regardes-tu, quand tu vises?», lui demanda le maître youkai.

«Le centre de la cible, Sesshomaru-sama», lui répondit Rin, toute penaude.

«Rin, détends un peu ton bras lorsque tu tires ta flèche, et ne vises pas le cercle rouge, vise plutôt la zone jaune, plus basse», répliqua Sesshomaru.

Rin ravala sa salive. Elle avait l'impression d'être le cobaye d'expériences faites par les deux frères Inu! Elle suivit les conseils du maître et tira. Son visage s'illumina. Elle avait fait mouche! C'était la première fois qu'elle y arrivait toute seule!

«Arigato! Sesshomaru-sama!», s'exclama-t-elle, un sourire resplendissant aux lèvres.

Le maître youkai jeta un bref regard à sa protégée, question de profiter de son sourire quelques instants…un sourire qui devenait franchement de plus en plus beau avec l'âge. Suite à un bref hochement de tête, Sesshomaru, savourant toujours son triomphe, s'éloigna de la jeune femme et du bâtard. Plus tard, il reviendrait pour elle, lorsqu'elle aurait terminé avec l'abruti.

«Merveilleux! Je ne m'attendais à rien de moins du grand Sesshomaru!», s'exclama Jaken, tout content.

«Hé! Sesshomaru, où as-tu appris à tirer à l'arc?, lui lança Inu-Yasha d'une voix irritée. Je croyais que c'était une arme trop faible pour les youkais dans ton genre».

Sesshomaru arrêta sa marche. Il était incapable de tourner le dos à son demi-frère lorsque ce dernier le défiait.

«Inu-Yasha…». Sesshomaru venait de prononcer le nom de son demi-frère comme s'il s'agissait de la pire sorte de vermine. «Mon esprit n'est pas aussi vide que le tien. Aucune arme n'est hors de ma portée», lui lança-t-il.

«Tu crois ça?», lui répliqua Inu-Yasha, encore plus irrité. «Dis-moi… est-ce que tu appréciais le tir à l'arc quand tu n'avais qu'un seul bras, Sesshomaru?», rétorqua le hanyou.

Rin mit sa main devant sa bouche, pétrifiée par la remarque de son compagnon. Sesshomaru le fusilla du regard. Rin ne savait pas quoi faire, elle voulait empêcher que la situation ne dégénère.

«Quelle honte! Oser insulter de cette façon le grand Sesshomaru-sama! Même s'il ne restait qu'un seul petit doigt au seigneur youkai, il pourrait…»

«Silence Jaken», ordonna Sesshomaru, avec une autorité létale. «Hanyou…qu'as-tu osé dire?», répliqua Sesshomaru, prêt à tuer.

Inu-Yasha s'apprêta à répondre de façon nonchalante. «Et bien je disais tout simplement que…»

«INU-YASHA!», le coupa Rin

«Quoi, qu'est-ce qu…»

«ASSIS!», lui ordonna Rin.

Le hanyou fut violemment projeté au sol. Stupéfaire, Rin regarda Inu-Yasha, maintenant complètement assommé. Comme Miroku l'avait prédit, elle avait hérité du don de Kagome, c'était la première fois qu'elle osait essayer la malédiction sur le hanyou. Jaken s'écroula de rire.

«HAHAHA! Bien joué Rin! En violentant le hanyou, tu fais honneur à Sesshomaru-sama!», lança Jaken qui se roulait par terre.

«Hmph…», fut la seule réponse de Sesshomaru, qui se retourna et quitta le groupe. Un pâle sourire s'était formé sur ses lèvres, il avait de la difficulté à camoufler son amusement.

«Je suis désolé! Inu-Yasha-sama!», lui lança Rin, mi-penaude, mi-paniquée.

Deux heures plus tard

Rin posa son épée d'entraînement et s'assit à l'ombre d'un arbre. Avec tous les exercices qu'elle avait faits, même le soleil automnal était pour elle une nuisance. Inu-Yasha, apparemment toujours vexé à cause du précédent scandale, avait déclaré, après une heure d'entraînement à l'épée, qu'il avait soif, et qu'il reviendrait sous peu. Mais il était long à revenir, Rin le soupçonnait de l'avoir déserté.

Elle aperçut soudain une majestueuse silhouette marcher calmement le long du sentier qui menait à la zone d'entraînement, c'était Sesshomaru. Elle en profita pour admirer toute sa grâce, alors que le vent soufflait dans ses longs cheveux argentés. Il jeta un regard sur elle. Il avait quitté le sentier et marchait maintenant dans sa direction. Il ne quitta jamais la jeune femme des yeux alors qu'il s'approchait d'elle. Rin ravala sa salive. Ce qu'il pouvait être intimidant! Elle lui lança tout de même son plus beau sourire. Elle devait combattre le feu par le feu…ou plutôt le charme par le charme.

«Où est le hanyou?», demanda-t-il, simplement.

«Je-je l'ignore! Sesshomaru-sama! Il est parti et…n'est plus revenu…»

Le youkai resta un instant silencieux. Ses yeux se posèrent alors sur l'épée à côté de la jeune femme.

«Rin souhaite toujours s'entraîner?», demanda le youkai.

«Bien sûr! Sesshomaru-sama!»

«Alors montre-moi ta lame Rin, et prépare-toi au combat», lui ordonna Sesshomaru sur un ton impératif

«H-hai!»

Rin était heureuse que Sesshomaru lui accorde un tel privilège. Son enchantement faiblit toutefois devant la dureté du youkai. Il n'y allait pas de main morte. Constamment, il la déstabilisait et la poussait à bout. Il souhaitait qu'elle devienne forte, et vite. C'était le prix à payer pour rester sur les terres de l'Ouest.

Elle faisait de son mieux pour tenter de déstabiliser le youkai, mais il était capable de prédire tous ses moindres faits et gestes…jusqu'à ce qu'Inu-Yasha revienne sur les lieux et assiste au spectacle.

«Sesshomaru, tu ne trouves pas que tu es un peu dur avec elle? Ce n'est qu'une gamine, tu sais», lança Inu-Yasha, médusé.

«Rin n'est plus une enfant Inu-Yasha, et elle doit se comporter comme tel», lui lança son demi-frère.

Alors que Sesshomaru regardait le hanyou, Rin saisit sa chance et brisa la garde du youkai. Elle réussit à déposer sa lame sur la gorge de Sesshomaru. Inu-Yasha regarda la scène plutôt inusitée, avec surprise. Sesshomaru garda sa tête tournée vers le hanyou, mais il déplaça son regard d'ambre sur la jeune femme. Rin le fixait, avec des yeux pétillants de fierté.

D'un coup de poignet, il fit pivoter sa lame et repoussa l'attaque. Un instant plus tard, il avait asséné un autre coup sur la lame de Rin. Désarçonnée, elle laissa tomber son arme.

«Première leçon, Rin; ne jamais baisser ta garde, même dans un moment de supériorité», dit froidement Sesshomaru.

«Mais je croyais que…»

«N'assume rien, en situation de combat, tu dois uniquement te battre», coupa le youkai.

«Hai!»

Rapidement, le tout devint routine. Rin s'entraînait avec Inu-Yasha le matin, et Sesshomaru poursuivait son apprentissage l'après-midi. Le lien de confiance était inexistant entre les deux frères, ce qui les poussait à se comporter en rivaux, même lorsqu'il s'agissait d'entraîner Rin. Les entrainements étaient durs, mais Rin se réjouissait d'être le centre de l'attention.

Malgré tous ses efforts, Sesshomaru et Inu-Yasha n'avaient jamais laissé Rin les rejoindre quand les envahisseurs attaquaient, juste après le crépuscule. Elle ne pouvait qu'observer le spectacle d'une fenêtre du palais, en se sentant terriblement inutile. Les demi-frères avaient fait front commun pour lui faire comprendre que le Shikon no tama attirait trop les ennemis pour qu'ils puissent la laisser se battre.

Mais Rin était heureuse de passer autant de temps avec le seigneur youkai. C'était la première fois qu'il lui accordait autant d'attention. Désormais, elle ne pouvait plus se passer de lui. Presque chaque nuit, elle ne pouvait s'empêcher de se lever et d'aller le voir, alors qu'il méditait au clair de lune. Elle avait l'impression que la nuit était le seul moment où Sesshomaru osait parfois sortir de sa carapace.

C'est la nuit qu'il lui avait expliqué que la lame qu'il lui avait donnée en cadeau s'appelait Shiraha et qu'elle avait autrefois été portée par sa mère. Une lame, selon les dires de Sesshomaru, qui n'était pas conçue pour attaquer…Shiraha est en fait une arme pure, qui ne sert qu'à punir l'ennemi qui ose s'en prendre à son possesseur.

«Mais Sesshomaru, suis-je vraiment digne de porter une épée qui a appartenue à une ancienne dame youkai?», lui avait alors demandé Rin, abasourdie.

«Seules les armes qui dorment sont malheureuses, Rin», avait alors répondu Sesshomaru.

«Que voulez-vous dire? Est-ce que c'est un genre de proverbe youkai?», lui demanda innocemment la jeune femme.

«Shiraha est une lame sans maître depuis plusieurs décennies…depuis que ma mère a quitté le castel pour aller vivre dans les nuages. Je suis certain qu'elle est heureuse d'être utile à nouveau», répondit Sesshomaru, avec ce qui ressemblait à de la nostalgie

Rin sourit. Sesshomaru n'avait jamais été un être bavard, mais chaque phrase qu'il articulait était pleine de sens.

C'est aussi grâce à ces entretiens nocturnes qu'elle avait su que les vassaux prenaient énormément de retard pour rejoindre le château. Selon les messages que Sesshomaru avait reçus de Jaken, les plus rapides allaient prendre un mois à faire le voyage. Ils étaient ralentis par l'abondance de youkais ennemis. Elle savait que le maître était frustré par ce délai d'attente, mais au moins, elle avait plus de temps pour se préparer.

Mais le temps filait très vite. Il ne restait maintenant plus que deux jours avant l'arrivée des premiers youkais alliés.

Cet après-midi-là, Rin se dirigea de nouveau à l'extérieur pour s'entraîner avec Sesshomaru. Fidèle à son habitude, ce dernier l'attendait déjà à l'extérieur, mais cette fois-ci, son épée n'était pas dégainée.

«Je suis là, Sesshomaru-sama!», s'exclama joyeusement la jeune femme. Elle s'était faite belle. Elle avait mis l'une des dernières anémones automnales derrière son oreille.

«Suis-moi, Rin», répondit le youkai, aussi froid qu'à l'habitude. Il se mit à marcher en direction de la forêt.

«Mais où allons-nous? Dois-je aller chercher Ah-Un?», demanda Rin

«Non. Tu dois t'habituer à marcher de longues distances», lui répondit simplement le youkai. Il avait l'air encore plus pensif qu'à l'habitude.

Sans plus tarder, Rin suivit Sesshomaru, sans oser poser plus de questions. Ils marchèrent près d'une heure dans la forêt. Rin profita de l'occasion pour fredonner, comme quand elle était petite. Ils s'arrêtèrent près d'un bosquet.

«Rin, regarde là », ordonna Sesshomaru. Il lui pointait une ombre, près d'un buisson.

La jeune femme jeta un coup d'oeil. Une espèce de cercle noir de jais était là, la pelouse qui était autour était morte. Rin trouva que le cercle lugubre ressemblait à une porte qui menait au monde des morts.

«C'est bizarre…ça me rappelle vaguement Meido Zangetsuha, mais cette chose est encore plus macabre…»

«Il y en a plusieurs aux alentours, les ennemis ont fait ces portes pour s'introduire sur mes terres», répondit Sesshomaru, les sourcils froncés. «Tu peux sans doute les purifier avec le Shikon no tama».

«Le seul problème c'est que…je n'ai jamais purifié quoi que ce soit, je ne sais pas comment faire!», répondit la jeune femme, inquiète.

Sesshomaru se contenta de lever un sourcil en regardant sa protégée. Décidément, il ne pouvait pas répondre à cette question. Résignée, Rin s'agenouilla près d'un puits d'ombre et tenta d'imiter Kagome, qu'elle avait déjà vu purifier des morceaux du Shikon no tama, quand elle était encore petite. À sa grande surprise, elle réussit à répéter l'exploit après seulement quelques minutes; le bijou augmentait sans doute ses capacités. Comme prévu, elle réussit à purifier le premier puits d'ombre, qui finit par disparaître. Elle reproduit l'exploit plusieurs fois, jusqu'à ce que tous les puits soient éliminés. Après avoir terminé la sale besogne, Rin se laissa finalement choir, le dos contre un immense tronc d'arbre.

«Ouf! C'est épuisant toute cette magie! Je crois que je vais me reposer un peu!», s'exclama Rin.

Sesshomaru resta silencieux et s'assit à côté d'elle. Rin posa sa tête contre le tronc d'arbre, et tomba rapidement dans les bras de Morphée. Après quelques minutes, la jeune femme laissa glisser sa tête contre l'épaule de Sesshomaru, qui n'eut aucune réaction. Ce dernier n'était plus surpris par ce genre d'incident. Au cours des dernières semaines, c'était arrivé très souvent. Il se demanda même si Rin ne faisait pas exprès.

Ce genre de rapprochement ne le dérangeait plus, il avait apprivoisé la proximité grandissante de la jeune femme. Il en était même venu à apprécier ce genre de proximité. La respiration lente de la jeune femme était relaxante, et il trouvait l'odeur de ses cheveux, qui sentait le parfum des fleurs automnales qu'elle aimait cueillir, tout à fait enivrant. Une fois au cours du dernier mois, il s'était même surpris à se demander ce qui aurait pu se passer, si la jeune femme avait été une youkai.

Sesshomaru chassa cette pensée de son esprit. Non. Rin n'est pas youkai. Rin est humaine. Rin est…Rin…est intouchable.

Et pourtant.

Absorbé par ses pensées, Sesshomaru n'avait pas remarqué que l'après-midi tirait déjà à sa fin. Il jeta un regard vers le ciel. Ils devaient revenir avant le crépuscule ou sinon, ils seraient rapidement encerclés par les youkais, et Rin allait être en danger. Il savait qu'elle n'était pas encore prête à se battre. Sa traversée des terres de l'Ouest avait été exceptionnelle. Le miracle ne se reproduirait pas deux fois.

«…Rin…»

Rin prit quelques secondes avant de se réveiller en sursaut. Elle remarqua à quel point elle était proche de son compagnon, mais essaya de rester de marbre.

«O-oui!»

«Nous partons», dit simplement Sesshomaru qui se releva. Il tendit une main à la jeune femme toujours endormie et confuse.

«Que se passe-t-il? Sesshomaru-sama?», demanda Rin alors qu'elle acceptait l'aide du youkai, mais ce dernier ne lâcha pas sa main lorsqu'elle fut relevée. Il s'était mis à marcher d'un bon pas vers le sentier qui allait les ramener au château.

«…Le soleil se couche de plus en plus tôt. Les ennemis arriveront très bientôt». Le youkai s'arrêta soudain, comme plongé dans ses pensées. Il jeta un regard sinistre au ciel orangé.

«Rin, accroche-toi», ordonna-t-il d'un ton ferme.

Avant qu'elle ne puisse répondre quoi que ce soit, il lâcha sa main et lui fit signe de s'agripper sur son dos. Rin ne se fit pas prier et accrocha ses deux bras autour des épaules du youkai alors celui-ci s'envolait. Elle connaissait la raison de son empressement et elle était agacée par la façon dont le youkai la sous-estimait.

«Sesshomaru…J'en ai assez, je veux me battre avec vous», lança-t-elle avec mélancolie…car elle savait déjà ce qu'allait être sa réponse.

«Aujourd'hui est une mauvaise journée pour commencer, je sens des auras puissantes et tu t'es déjà épuisée avec la purification des puits d'ombre», répondit Sesshomaru.

Au moins, sa réponse compte plus d'une syllabe, pensa la jeune femme.

Elle frissonna. Le soleil n'était même pas couché que le froid de l'automne tardif se faisait ressentir. La nuit allait être glacée.

«Inu-Yasha? Tu as amené du saké jusqu'ici?», lui demanda Rin avec indignation.

«Une seule gorgée pour commencer, mais après le combat, je pendrai plus de temps pour savourer, répondit Inu-Yasha, un sourire espiègle aux lèvres. Il savait que la bataille allait être intense ce soir. Si tu veux, même toi, tu pourras goûter après!»

«Je vois mal à quelle victoire je pourrais trinquer…si je ne peux pas me battre».

«Cette boisson n'est pas convenable pour Rin, de toute façon», lança Sesshomaru, qui était pourtant à une certaine distance d'eux. Rin le regarda d'un air agacé, depuis quand s'adonnait-il à ce genre de jugement?

Sans plus de mots, les deux frères quittèrent le château et s'élancèrent à l'extérieur, dans la direction des pelotons d'ennemis qui s'approchaient. Rin alla s'asseoir à côté d'une fenêtre, comme à l'habitude. Il était encore tôt, mais la nuit était déjà noire…terriblement noire, comme si une tempête s'approchait. Seuls quelques youkais ennemis illuminaient la noirceur avec leurs yeux carmine. Une image cauchemardesque. Mais Rin ne ressentait pas la peur, seulement le dégoût d'être mise à l'écart de nouveau. Les youkais semblaient voraces, et plusieurs étaient de tailles imposantes ce soir, mais elle se savait capable de les tuer. Avec son arc, le Shikon no tama et sa nouvelle lame; Shiraha, une arme youkai, elle se savait à la hauteur.

C'en était trop. Elle n'en pouvait plus.

Rin se leva.

Ce soir, quoiqu'en disent Sesshomaru ou Inu-Yasha, elle allait se battre.

***Fin du chapitre!

A/N : Shiraha = plume blanche en japonais, à ce qu'il paraît...

Je n'ai pas trouvé de coin pour l'insérer dans ce chapitre, mais prenez pour acquis que Kirara est retournée chez elle, après l'arrivée de Rin et d'Inu-Yasha au château, et que Ah-Un a eu le temps de revenir depuis!

Attention! C'était un chapitre relativement tranquille mais je garantie que le prochain va décoiffer! Pas mal de choses importantes vont se passer! En plus, je vais y incorporer les 3 S!

Inu-Yasha : Les trois S? Tu veux me faire jouer une partie de foot avec Sesshomaru ou quoi?

Moi : Heu…bah probablement 2 S sur 3! C'est pas mal certain!

Rin : Mais si le premier S veut dire Sport, les deux autres veulent dire quoi?

Moi : Niark niark niark!