A/N : Merci à mes fidèles lectrices et «feedbackeuses» Cynthia et Asmy! Vous pouvez voir les petits commentaires perso en bas de chapitre!
Attention : le rating est monté parce qu'il y a un peu plus de violence explicite qu'à l'habitude! Vous êtes prévenus!
Chapitre 9 : Le sang. La glace. Le feu. (Partie 1)
Avant que Jaken ou que Gladis n'aient la chance de l'arrêter, Rin s'élança hors du château. Les youkais étaient puissants et très nombreux ce soir. Elle avait vraiment l'impression qu'elle pourrait être utile, que Sesshomaru pourrait être fier d'elle et l'apprécier à sa juste valeur.
Elle avait la chance de lui prouver qu'elle n'était plus un fardeau, qu'elle pouvait être beaucoup plus.
Elle sentit une main s'agripper à son bras. Le premier ennemi. Elle dégaina Shiraha et lui trancha la gorge. Un autre tenta de l'attaquer par-derrière, mais il était bruyant. Elle pivota sur ses talons et le poignarda. Plusieurs se succédèrent, mais ils tombèrent tous sous les attaques de Rin; tous purifiés ou tout simplement estropiés. La tenue de combat de la jeune femme était déjà maculée de sang, mais elle s'en contrefichait. Elle avait vu Sesshomaru se battre tant de fois dans sa jeunesse qu'une telle violence ne lui donnait pas froid aux yeux. De toute façon, elle était prête à tout pour lui, même à mourir, s'il le souhaitait. Après plusieurs minutes, la jeune femme eut enfin quelques instants de répit. Elle en profita pour ranger sa dague et prendre son arc afin de venir en aide à Inu-Yasha, qui était non loin de là.
Ce dernier semblait faire de nombreux efforts pour empêcher les youkais ennemis d'envahir le château, car ils étaient tous attirés par le castel. Ou plutôt, par le bijou maudit que Rin protégeait. Sesshomaru était assez loin, affairé à massacrer ce qui semblait être les plus puissants youkais du groupe. Il devait prendre plusieurs minutes pour chacun d'entre eux, ce qui était un indice clair du haut niveau de puissance de ses assaillants.
Rin s'approchât du hanyou et tira quelques flèches sur un immense et repoussant youkai qui s'apprêtait à abattre son énorme hache sur Inu-Yasha. Mais il laissa plutôt tomber son arme, alors que la flèche purificatrice atteignait sa gorge. Choqué, Inu-Yasha fusilla la jeune femme du regard.
«Qu'est-ce que tu fais ici Rin! Tu vas te faire tuer!»
Rin resta silencieuse et se contenta de poursuivre son carnage de flèches. Elle suivait les conseils de Sesshomaru; en situation de combat, ferme-la et bats-toi. Bon, ce n'était pas les mots exacts, mais la signification restait la même. Le hanyou comprit le message et fit de même, abattant Tetsusaiga sur quelconque ennemi osait venir trop près de Rin et lui. Ils restèrent environ une heure ainsi, affairés à lutter pour leur survie. Finalement, le dernier youkai à proximité fut tué. Les deux protagonistes profitèrent de ce répit pour reprendre leur souffle. Rin jeta un coup d'œil en direction de Sesshomaru, la lutte n'était pas finie pour lui, elle devait l'aider. Alors qu'elle se tourna vers Inu-Yasha, son sang se glaça. Derrière lui s'approchait un immense youkai, crocs et griffes acérés. Au même moment, Inu-Yasha s'élança dans la direction de la jeune femme. Rin ne porta pas attention au geste de son compagnon et tira l'assaillant derrière Inu-Yasha.
Elle ne se doutait pas que derrière elle se cachait la réelle menace. Inu-Yasha poursuivait sa course vers la jeune femme, avec de l'effroi plein les yeux. C'est alors qu'elle se tourna et le vit. Un autre youkai, pas si grand, mais bien armé et menaçant. Une lance en main, il s'apprêtait à tuer la jeune femme. Inu-Yasha poussa Rin et abattit Kaze no kizu sur l'attaquant. Le guerrier se laissa choir sur le sol. Le hanyou ne prit pas le temps de regarder sa proie et se tourna instantanément vers sa compagne.
«Rin, il allait te transpercer!»
«Je…je sais! Mais il en a un qui voulait te trancher!»
Trop distraits par leur dispute, ils n'avaient pas remarqué que la mort était à leur porte. Le porteur de la lance, agonisant et allongé sur la pelouse glacée leur lança son projectile, avec une précision létale.
Sesshomaru eut la nausée. Avec Bakusaiga, il acheva les deux derniers ennemis qui se tenaient devant lui. Il avait un horrible pressentiment. L'air ambiant était lourd, terrible. L'odeur du sang était insupportable. Mais plus insupportable encore était l'effroi qui venait tout juste de s'emparer de lui. Par instinct, il tourna la tête, en direction du castel.
Ce qu'il vit dépassait largement toutes ses appréhensions.
L'horreur. Il vit Inu-Yasha abattre un dernier coup d'épée à l'assaillant en face de lui, pour l'achever. Mais le hanyou était en piteux état. Une lance avait transpercé son ventre et sortait au bas de son dos.
Mais la principale source d'horreur était au sol. Rin était allongée par terre. Sanguinolente. Transpercée par la même lance qu'Inu-Yasha. Sesshomaru laissa tomber son arme et accourut vers les deux blessés, au même moment que Jaken et Gladis s'élançaient hors du château. Le youkai s'en voulait à mort. Les ennemis étaient tous exterminés, mais il avait tout de même échoué à son devoir.
Il n'avait pas protégé Rin. Il n'avait même pas détecté sa présence à l'extérieur. Il l'avait laissé se faire blesser gravement.
La personne la plus chère à ses yeux, sa principale raison de vivre, gisait, empalée sur le sol glacé.
Alors qu'il courait dans leur direction, il remarqua la mine paniquée de ses deux servants, alors qu'Inu-Yasha venait de remarquer que Rin était gravement blessé. Il prit la lance qui était toujours plantée en lui et la tira d'un coup sec. Il tomba ensuite sur le sol, comme une poupée de chiffon, lui aussi était très mal en point, mais il n'était pas mourant. Toute l'attention était sur Rin, qui avait à peine bougé après que le projectile fut retiré. Elle saignait énormément.
C'est alors que Sesshomaru arriva à côté d'elle, et regarda quelques instants Jaken et Gladis faire de leur mieux pour stopper le saignement. Rin avait le regard vide et semblait fixer le ciel sombre, jusqu'à ce qu'elle vit le youkai. Elle était trop amochée pour trouver la force de pleurer, mais son regard était tout même mélancolique.
«…Je… suis… désolée de vous avoir désobéi. Sesshomaru-sama, c'était une erreur».
Idiote…pensa le youkai. Même à l'agonie, toute son attention continuait d'être portée sur lui. Lui. L'un des plus puissants youkai de son époque, incapable de maintenir en vie une banale humaine. Il n'avait pas l'impression de mériter toute cette attention.
Il garda le silence et dégaina Tenseiga dans l'espoir de pouvoir lui porter secours une fois de plus et se mit à genou à côté de la jeune femme. La main qui tenait la lame tremblait, à ce stade-ci, même Sesshomaru était incapable de camoufler sa panique. Jaken regarda son maître avec une mine inquiète.
«Sesshomaru-sama…vous savez sans doute que si Rin est mourante, la lame sera incapable de la sauver», prononça Jaken, aussi paniqué que son propre maître.
Le youkai prit sa main libre pour déchirer le tissu souillé qui couvrait la blessure. L'entaille n'était pas si large, mais terriblement profonde, puisque la lance avait aussi complètement transpercé la jeune femme. Il devait faire vite, avant qu'elle ne se vide de tout son sang. Il fit comme il avait fait un mois auparavant, il déposa lame sur la blessure, et pria pour que l'effet soit le même. Ils attendirent tous pendant un instant qui ressembla à une éternité…jusqu'à ce que Tenseiga dégage une pâle lumière.
La blessure n'était pas mortelle, puisqu'elle se referma. Rin était sauvée.
«Ç'A MARCHÉ! Ç'A MARCHÉ! SESSHOMARU-SAMA, VOUS AVEZ SAUVÉ RIN! VOUS MÉRITEZ TOUTE NOTRE VÉNÉRATION, SESSHOMARU-SAMA!», s'écria Jaken, déjà en train de se prosterner devant son maître.
«Rin est-ce que ça va?», lui demanda la youkai servante, voix tremblotante.
La jeune releva son corps difficilement et resta assise sur la pelouse. Elle jeta un regard inquiet sur son compagnon, inanimé sur le sol.
«Sesshomaru-sama…Inu-Yasha…est toujours mal en point…Est-ce que vous pouvez l'aider lui aussi?», lui demanda doucement Rin en évitant son regard. Elle ne savait pas trop quelle émotion était la plus forte en elle; le soulagement? La honte? L'inquiétude?
Le youkai fut légèrement pris de court par cette question. Il venait de faire disparaître une blessure qui aurait pu la tuer si elle n'avait pas eu d'assistance, et son unique réaction était de s'inquiéter pour le hanyou. Il jeta un regard glacial sur son demi-frère, pour lequel il avait toujours éprouvé un profond dédain. Mais il était incapable de refuser une telle requête à sa protégée. Surtout que sans l'intervention d'Inu-Yasha, sans son corps pour ralentir le projectile, Rin aurait été attaquée de plein fouet par l'assaillant, et serait peut-être même morte sur le coup.
Même Inu-Yasha avait mieux réagi que lui…Quelle honte.
Il déposa Tenseiga sur la blessure d'Inu-Yasha et attendit quelques instants. Mais la réaction de la lame fut différente. La lumière dégagée par Tenseiga était très faible. Il retira sa lame et constata l'effet mitigé.
«Ça n'a pas fonctionné?», demanda Rin, inquiète.
«La lame fonctionne seulement sur les humains, Rin. Inu-Yasha est à demi humain, donc Tenseiga ne pouvait pas être aussi efficace sur lui», observa Jaken.
«Au moins, son cas s'est un peu amélioré. Aidez-moi à l'apporter à l'intérieur, il a besoin de soins», ordonna Gladis.
Rin et Jaken acquiescèrent sans un mot de plus et apportèrent le hanyou dans le Castel.
Sesshomaru resta comme figé sur place, insensible au vent, au froid, à la souffrance de son demi-frère qui avait risqué sa vie pour Rin. Malgré la froideur de son regard, le youkai était tout sauf indifférent.
Il était incapable de rejoindre les autres, incapable de rentrer et de se reposer…parce qu'il avait honte. Il connaissait Rin, il connaissait son potentiel qui était rapidement devenu très grand. Il savait qu'un jour ou l'autre, elle lui désobéirait.
Non. Il ne lui en voulait pas. Il s'en voulait à lui-même. Tout était de sa faute.
…
Deux heures plus tard, dans le château
«Ne fais pas cette tête-là Rin! On a tous survécu, c'est ce qui compte!», s'exclama Inu-Yasha, l'air agacé. Il ne supportait pas de voir Rin aussi inquiète et accablée par il ne savait trop quoi.
«C'était stupide…Tu as failli y laisser ta peau à cause de moi. J'aurais dû vous écouter, Sesshomaru et toi. J'ai été égoïste…», répliqua Rin, penaude, alors qu'elle observait son compagnon, qui même s'il faisait mine de rien, était tout même allongé dans son lit et assez amoché.
«Vaut mieux en rire qu'en pleurer. Tu en as quand même estropié plusieurs avant que ça arrive. Même quand on est arrivé au château, le mois dernier, t'étais pas aussi déchaînée!»
«Tu sais bien que c'est à cause des entraînements que j'ai faits avec toi et Sesshomaru. J'y suis pour rien», répondit Rin avec toute la modestie du monde.
«Moi je crois pas à ça! La cruauté et la soif de sang, ça ne s'apprend pas! On devrait trinquer à la nouvelle Rin! Rin la guerrière sans merci! Rin la sadique!», répliqua Inu-Yasha, avec un sourire qui ressemblait à un rictus. Rin le regarda d'un air agacé, elle n'aimait pas projeter ce genre d'image. Rin se voyait toujours comme la petite gamine qui aimait cueillir des fleurs. Gladis profita de ce moment pour entrer dans la pièce.
«Rin, tu devrais aller te reposer, je vais veiller sur Inu-Yasha»
«Mais il est encore tôt Gladis! Je n'ai pas envie de dormir!», lança la jeune femme avec ton presque enfantin.
«Je me fiche bien de l'heure…Même si ta blessure est fermée, tu as tout de même perdu du sang, tu as besoin de récupérer, rétorqua la servante, maternelle comme toujours. Et vous pouvez encore moins trinquer dans l'état dans lesquels vous êtes, continua-t-elle, avec un ton de reproche.
«Mais j'avais pas l'intention de…»
«Mais lui si! Je l'ai encore entendu parler de saké! C'est une mauvaise idée!», lança la youkai.
«Gladis-sama, tu sais bien que je ne bois pas!», continua Rin, agacée.
«Pour combien de temps, ça, je ne le sais pas. Pour éviter tout risque, je te chasse. Allez ouste!»
«Pfff, pour qui elle se prend, la nounou?», répliqua Inu-Yasha, lui aussi maintenant très agacé.
«Toi tu es mieux de rester poli parce que tu vas devoir me supporter un bon bout de temps!», le mis en garde la youkai.
Rin battit en retraite et quitta la pièce, elle savait qu'elle ne gagnerait pas cette lutte contre la gouvernante, reconnue pour être assez têtue. De toute façon, Inu-Yasha allait bien, elle n'avait plus de soucis à se faire. Elle descendit les escaliers et se rendit dans la salle de séjour, à l'intérieur de laquelle Jaken était. Il était assis devant le foyer, à l'intérieur duquel il avait allumé un énorme brasier, dans l'espoir de réchauffer le castel devenu frisquet. Il avait l'air agacé. Pas surprenant, Sesshomaru était absent. Il fut le premier à briser le silence.
«Le bâtard va mieux, Rin?»
«Ne l'appelle pas comme ça, Jaken-sama! Bien sûr qu'il va mieux. Inu-Yasha-sama est puissant! Beaucoup plus que moi…»
«Le peu de puissance qu'il a est complètement gaspillé par son manque de matière grise», rétorqua Jaken, qui n'admettra jamais que le hanyou avait une puissance presque comparable à son maître. Rin ignora le précédent commentaire, elle n'était pas d'humeur à la dispute. Elle resta un long moment à regarder le feu, l'air songeur.
«Il est génial ce feu, Jaken…», commenta-t-elle.
«Je n'ai pas le choix, il fait froid dehors, une tempête s'approche…et Sesshomaru refuse de venir à l'intérieur…»
«Sesshomaru-sama n'est pas rentré?», s'inquiéta Rin.
«Non…et le maître est très grincheux. Il a failli tuer Jaken quand son pauvre servant est allé voir son maître. Qu'ai-je fait pour mériter tel traitement?», bougonna Jaken.
«…C'est peut-être à cause de mon comportement…Je lui ai désobéi et de ma faute, Inu-Yasha est presque mort et le Shikon no tama a failli se faire voler», observa Rin, de plus en plus angoissée.
«Il ne faut jamais désobéir au maître Rin! Tous les ordres du grand Sesshomaru-sama sont réfléchis. Il savait sans doute que Rin courait un grave danger si elle sortait du château! Mais la petite sotte ne l'a pas écouté et a failli tout gâcher!», s'emporta Jaken.
«…Tu as raison, je vais aller lui parler. Je lui dois des excuses», dit Rin, qui marcha d'un pas rapide vers la sortie du château.
…
Il sentit sa présence. Elle s'approchait. Sesshomaru jura mentalement. Il était assis dans la cour, comme à son habitude. Mais cette fois, il avait espéré ne pas se faire déranger. Il ne savait pas ce qu'il devait dire ou faire, mais pour une fois, il avait l'impression qu'il serait incapable de rester indifférent devant Rin. Il avait failli la perdre ce soir. Il savait déjà qu'elle venait parce qu'elle s'inquiétait, parce qu'elle espérait s'excuser, parce qu'elle croyait avoir fait une grosse bêtise. Mais le comportement qu'avait eu Rin lui important peu. Elle n'était pas sa servante, ni son enfant. Elle n'est pas sous sa tutelle d'une quelconque façon. Elle ne l'avait jamais été. Elle n'avait pas à lui obéir. Mais pourtant, elle avait souhaité rester à ses côtés. Au côté d'un youkai. Elle avait frôlé de multiples fois la mort, par fidélité, par attachement.
Mais quel genre d'attachement avait-elle au juste?
Sesshomaru fronça les sourcils. Un attachement dérageant. Elle l'avait toujours vu comme un sauveur, un gardien, voire son héros, son idole. Il l'avait toujours su. Mais Rin était maintenant une femme, et ses sentiments étaient sans doute beaucoup plus complexes qu'ils ne l'étaient jadis. Il n'arrivait plus à la déchiffrer aussi facilement.
Il se moqua de sa propre personne. Foutaise. Même femme, Rin était un livre ouvert. Jusqu'à ce jour, il avait fait de son mieux pour ne pas penser à cette situation, parce qu'il n'était pas prêt à accepter la réalité.
Pourtant, il savait très bien ce qu'elle ressentait pour lui. À partir du moment où il l'avait sauvé pour la première fois, il était devenu son prince charmant, son idéal. Lui, dans un élan de compassion, avait accepté de la protéger, et il s'était attaché à la gamine.
Mais Rin n'est plus une gamine, elle lui avait fait comprendre ce fait tout simple, dès son arrivée sur ses terres. Elle est maintenant une femme, et une splendide jeune femme, qui ne pouvait s'empêcher de tout faire pour être avec lui, pour attirer son attention. Sa façade était pourtant toujours aussi innocente, mais il savait qu'à l'intérieur, elle n'était plus aussi naïve que jadis. En réalité, elle était devenue terriblement perspicace. Ça aussi, il l'avait compris au cours du dernier mois. Il était devenu difficile, même pour lui, même avec sa carapace, de tout lui cacher.
Elle arriva à côté de lui, silencieuse, et s'assit. Le silence dura quelques minutes, le temps pour Rin de trouver les mots justes, sa spontanéité lui avait déjà coûté très cher ce soir, elle ne voulait plus faire de gaffes.
«On m'a dit que vous étiez préoccupé, Sesshomaru-sama…Que se passe-t-il?», tenta-t-elle, incertaine.
Silence.
«Est-ce à cause de moi?», demanda-t-elle, inquiète. Depuis son arrivée, il avait été aussi dynamique qu'une statue de pierre.
Sesshomaru poursuivit son silence. Que pouvait-il répondre à ce genre de question? Il n'avait pas l'intention de gaspiller sa salive sur une question pour laquelle Rin avait déjà la réponse.
«J'ai failli laisser le Shikon no tama aux mains de l'ennemi. Je suis désolée, Sesshomaru-sama. Vous aviez raison…quand vous m'aviez dit de rebrousser chemin, que c'était une erreur pour moi de venir ici. Je comprends le sens de vos mots maintenant. Je ne veux plus vous causer plus de torts. Si…pour vous aider, je dois quitter vos terres et éloigner le bijou d'ici, je le ferai…Vous n'avez qu'à me le dire, Sesshomaru-sama, et je…quitterai»
Silence.
«…et…je ne reviendrai plus, je ne vous embêterai plus…», termina-t-elle d'une voix tremblotante. Ses mots avaient été terribles à prononcer, car c'était des mots rationnels, lucides. Et les vœux réels de Rin étaient tout sauf rationnels. Elle voulait rester, mais elle ne supporterait plus d'être un fardeau.
Elle voulait rester, seulement si lui le souhaitait. Elle était terriblement nerveuse. Elle savait que ses mots allaient forcer le youkai à briser le silence, et elle avait terriblement peur des mots qu'il allait prononcer.
Sesshomaru remarqua que la jeune était soudainement aux prises avec de violents tremblements. Il remarqua que la fourrure qu'il lui avait prêtée était déposée nonchalamment sur une des épaules de la jeune femme. Elle aurait pourtant pu s'emmitoufler avec l'item pour chasser le froid qui l'accablait.
Sesshomaru pesta intérieurement contre lui-même. Il avait toujours profondément méprisé la vulnérabilité des humains. Et la vulnérabilité de Rin, maintenant très visible, était pour lui intenable, insupportable.
Il se tourna vers la jeune femme, qui sursauta devant le geste soudain du youkai. Il saisit doucement la fourrure, et avec ses mains, lui couvrit les deux épaules, ce qui protégea du même coup les bras et une plus grande partie du dos de la jeune femme.
Pour ce faire, l'un des bras du youkai s'était posé délicamment sur les épaules de la jeune femme. Mais même après son évident geste de tendresse, Sesshomaru ne s'éloignait pas. Pour une raison qu'il ignorait, il était carrément incapable de rompre son étreinte.
Ou peut-être tout simplement qu'il n'en avait pas envie.
La jeune femme pouvait toujours sentir le bras du youkai sur ses épaules, par-dessus la fourrure. Et elle ne pouvait s'empêcher de regarder le sol, visiblement gênée et confuse par ce genre d'attention. Elle était toujours nerveuse, elle tremblait encore un peu, mais elle n'avait plus froid. La chaleur du youkai (beaucoup plus que celle de la fourrure) la protégeait de l'automne cruel. Finalement, il brisa à peine le silence. Sa voix était presque un murmure, il savait qu'il était près, et qu'elle pouvait l'entendre.
«Tu trembles Rin, tu as toujours froid?»
«Mais! Je…non…arigato…Sesshomaru-sama».
Ils restèrent un moment sans se parler, sans se regarder, mais pourtant terriblement près l'un de l'autre.
«Vous n'avez toujours pas répondu à ma question, Sesshomaru-sama…», tenta Rin alors qu'elle tourna sa tête pour regarder le youkai. Elle fut soudainement gênée de l'avoir fait, son visage était très près de celui de l'homme à côté d'elle.
Un homme, oui. Un youkai certes, mais un homme. C'était la première fois qu'elle le regardait d'aussi près.
Elle avait toujours ignoré son âge, mais cela lui importait peu, puisque le youkai avait toujours gardé à travers les années une beauté exceptionnelle, même pour un homme dans la force de l'âge. Il regardait… elle ne savait trop quoi, mais elle remarqua que son regard avait quelque chose de différent ce soir. Ses yeux étaient comme…libérés de leur armure, de leur protection habituelle, de leur glace impénétrable. Elle pouvait lire un peu de mélancolie, peut-être du remords. Elle ignorait pour quelle raison, mais cette vue ne le rendait que plus beau encore. Seulement éclairé par le clair de lune devenu timide à cause des nuages, avec ses yeux d'ambre complètement désarmés, carrément vulnérables, il avait l'air jeune, il avait quelque chose de terriblement…humain.
Sesshomaru n'avait pas envie de briser le silence, mais il savait qu'il le devait. Il ignorait quels mots utiliser (il n'avait jamais aimé cette forme de communication), mais il devait trouver quelque chose… pour la rassurer. Cette idée de quitter les terres de l'Ouest, qu'il avait autrefois considérée comme sage, n'avait jamais semblé aussi ridicule à ses yeux.
Il sentait le regard de Rin sur lui. Il tourna donc sa tête pour la regarder. Il ne l'avait jamais vu d'aussi près. Son regard noisette, son teint pêche, ses cheveux qui glissaient gracieusement le long de son visage, ses lèvres, comme des pétales de rose. Il retourna son regard sur les yeux inquiets de Rin. Il ne pouvait pas se laisser distraire par la …femme à côté de lui, pas maintenant.
Et pourtant.
Il glissa sa main libre sur l'une des joues de la jeune femme. Rin… pourquoi était-elle devenue si belle? Était-ce encore une malédiction qui venait d'Inu-Taisho, son paternel?
«…Rin…», réussit-il à prononcer. Il cherchait encore ce qu'il devait dire.
Mais son regard baissa de nouveau pour se poser sur les lèvres de la jeune femme. Pourquoi ses lèvres tremblaient-elles, au juste?
Non, ressaisis-toi, imbécile! pensa-t-il.
Quand il posa de nouveau ses yeux sur les siens, Rin remarqua que l'ambre était maintenant enflammé, il la regardait avec une intensité qu'elle ne lui connaissait pas. Son visage était si près. Il resta silencieux, continua de la fixer et rapprocha même un peu son visage.
Rin ne pouvait plus supporter l'ambre. Elle était pleine d'appréhension…et d'excitation. C'en était trop pour elle. Elle tourna la tête et regarda le sol, sans dire quoi que ce soit.
Mais la main du youkai était toujours sur sa joue. Et il ramena lentement le visage de la jeune femme vers le sien. Il était encore plus proche, à un point tel que Rin n'était plus capable de contempler les yeux du youkai.
Elle n'avait jamais cru que ce moment viendrait un jour. Elle ferma les yeux. Elle tressaillit légèrement lorsqu'elle sentit les lèvres du youkai frôler les siennes. Rin s'apprêtait à recevoir son premier baiser…avec l'homme de ses rêves en plus…
…Mais une drôle de malédiction semblait s'abattre sur ses rêves les plus fous.
«Rin! Rin! Où es-tu?», hurla de loin Inu-Yasha, visiblement sorti du lit.
Soudainement effrayée, Rin sursauta et s'éloigna légèrement du youkai. Elle remarqua que les yeux de Sesshomaru étaient fermés et que ses paupières s'étaient légèrement crispées. Une moue de dégoût s'était dessinée sur ses lèvres. Le pauvre n'était pas habitué aux réveils brutaux que peut occasionner la voix agressante du hanyou.
«Sesshomaru…je!»
«Va…Rin…», rétorqua-t-il, sans la laisser terminer sa phrase, et en tournant la tête, comme pour s'éloigner d'elle.
Sans un mot de plus, la jeune femme se leva et accourut en direction du hanyou.
Sesshomaru fronça les sourcils et posa une main sur ses yeux. Aussi dégoûtante avait été l'intervention du hanyou, il avait pour une deuxième fois ce soir, empêcher Sesshomaru de faire une terrible erreur.
…
Fin du chapitreuuu!
Désolé pour cette fin cruelle! Je vous avais promis un chapitre avec au moins 2 S sur 3 mais il n'y en a qu'un cette fois! J'avais prévu trop de péripéties pour ce chapitre, avoir complété ce que je voulais faire…j'aurais fais disons…8000? 10 000 mots? Que voulez-vous, j'aime écrire!
Et le reste du chapitre va être plus compliqué à faire, donc…à la place de vous faire attendre plusieurs semaines, je me suis dit que je pouvais poster un amuse-gueule!
Le (ou les deux) prochains chapitres pourraient décoiffer! J'ai donc besoin d'un peu de support moral! Feedback, les amis!
Petites réponses perso :
Cynthia : Contente que tu aies aimé le passage où Rin rêve à Sesshomaru (et se fait prendre). J'avais besoin d'un peu de légèreté avant de faire ce chapitre (qui était (et sera) un peu plus compliqué à faire!) Tu avais à moitié raison pour ta prédiction…j'avais besoin d'un prétexte pour que Rin et Sess brisent la glace ;)
Asmy : Bah non je t'en veux pas! On a tous nos vies! L'important c'est que tu apprécies toujours cette histoire, ce qui me fait plaisir à voir ;) Pour ce qui est du groupe, c'était plus comme un sorte de blague, car la section inu-yasha en français a presque seulement des Sess/Rin comme fics actives, et c'est nous trois qui les faisons!
