Bonjour tout le monde,

Tout d'abord je voudrais vraiment m'excuser du retard, mais je n'ai plus d'internet depuis bientôt une semaine.

J'avais terminé le chapitre deux jours après avoir posté le précédent, aussi je suis vraiment dégoûtée et désolée que ma box ait eu un problème maintenant, et par la même occasion de vous avoir fait tant attendre...

Pourtant je ne suis pas restée là à attendre les bras croisés que tout se débloque, j'ai essayé d'aller sur la connexion de ma voisine (oui c'est mal mais je voulais vraiment tenir mon engagement pour cette fiction), sur mon téléphone avec le EDGE, et même sur celle de mon lycée après ma rentrée de ce matin^^' Je suis sur la psp de mon frère, c'est vous dire!^^'

Enfin, pour me faire pardonner de ce si long délai, j'ai continué ce chapitre au lieu de le couper après le flash-back (vous verrez quand vous lirez).

Je vous offre ainsi ce qui aurait dû être le chapitre 12, et 11 pages word, mon record!:)

Nos deux protagonistes commencent à s'apprécier, à s'apprivoiser.

Mais il reste beaucoup d'obstacle sur le chemin, rassurez-vous cette histoire ne va pas se finir en queue de poisson sans que tous les points ne soient éclaircis... Il reste, bien sûr les sentiments de nos héros qui doivent se révéler, ainsi qu'Harry, la Marque, et un quiproquo qui va s'ajouter à tout cela... dans les prochains chapitres! J'ai une bonne vision de la suite de l'histoire, mais la fin reste à paufiner. J'hésite entre une fin douce et triste, ou un happy-end...

Quel est votre avis?

Je vous laisse lire maintenant, vous avez assez attendu comme ça!

Merci beaucoup aux revieweurs et aux lecteurs fidèles!

Bonne lecture!


* CHAPITRE 11 : * Entente

Trois semaines ont passé depuis mon accrochage avec Malefoy.

Il y avait du nouveau sur tous les fronts.

Tout d'abord, au niveau de l'Etat, le ministère avait mis en place des centres d'hébergements et de soins pour tous les sorciers, et avait débuté les travaux de reconstruction de tous les bâtiments publics et privés. Poudlard allait donc ré-ouvrir prochainement.

Concernant l'hôpital, j'avais trouvé mes repères. J'y allais chaque jour, du matin à la tombée de la nuit, partageant mon temps entre les enfants et blessés dont le soin était de mon ressort et un certain patient. J'habitais désormais chez les Weasley, Molly m'ayant pris sous son aile le temps que je ne sois «prête» selon elle, à entrer dans la vie active... Je pense surtout qu'elle ne veut pas que je me retrouve seule après tout ce qui a été vécu.

Je les accompagne, chaque dimanche, se recueillir sur la tombe de Fred, et je me rends ensuite sur celles de tous ceux qui m'ont été enlevés.

La première fois a été de loin la plus dure. Le cimetière de Londres est devenu impressionnant... Des centaines et des centaines d'allées ont été ajoutées pour les trop nombreuses victimes, et tous ces gens en larmes... Ce lieu est un havre de douleur.

J'admire vraiment la famille Weasley, et ils sont devenus depuis longtemps ma famille de coeur, à défaut de sang, tout comme Harry.

Molly est bénévole à Sainte Mangouste, Arthur s'occupe des orphelins de la guerre dès son retour au Terrier. Georges a décidé de reprendre son commerce de farces et attrape ne serait-ce que pour redonner un peu le sourire en ces temps durs aux enfants qui ont perdu un frère, ou un proche... et en hommage à Fred.

Charlie se remet doucement de la guerre et de la mort de Fleur - une boule se forme à chaque fois que j'y pense- et Percy s'est beaucoup rapproché d'eux tous. Enfin, Ginny est pour moi la plus forte, la plus courageuse, bien qu'elle masque ce qu'elle ressent réellement derrière son sourire et sa bonne humeur...

Quant à Ron...

Je n'ai pu le voir qu'une fois, c'était l'après-midi qui avait suivi la crise de Malefoy. Les visites sont toujours autorisées bien sûr, mais c'est lui qui refuse...

Je me rapelle que j'avais été chamboulée par ma dispute avec Malefoy, et que je pensais pouvoir retrouver Ron, mon Ron, celui que j'appréciais tellement depuis tellement d'années...

.

.

.

J'accélérais le pas. Les mots de Malefoy résonnaient encore dans mon esprit... Si seulement je savais pourquoi il se braquait comme cela!

Je fus vite arrivée devant la porte du service de psychiatrie. Chambre 338, m'avait dit Ginny.

Je me rappelais notre rencontre, nos querelles d'enfants avant de vraiment nous apprécier, nos aventures avec Harry, les repas dans la Grande Salle... Je le revoyais, brillant, sur l'échiquier géant, dans le Poudlard Express les années suivantes, au bal de la quatrième année, où je savais déjà que mon coeur battait pour lui, le déchirement que sa disparition a causé, lors de notre cavale aux Horcruxes... Ce petit garçon timide et joyeux à l'aube de notre première année...

Trois petits coups sur la porte, c'est ainsi que je faisais avant.

- Ron?

Je le découvris, dos à moi, face à sa fenêtre qui donnait sur la cour de l'hôpital. Il ne se retourna pas.

- Ron, c'est moi, Hermione! Oh, je suis si contente de...

- Tu en as mis du temps.

Une voix sèche, tranchante.

Une fêlure dans mon coeur.

- Je... quoi? balbutiais-je.

- Je te vois, tu sais. Traverser la cour, de temps à autres. Mais jamais pour moi, hein?

Mon sang se glaça. Non, non, c'était faux, je ne lui ai pas tourné le dos!

- Ron, ça n'est pas cela, je ne t'ai pas oublié, jamais!

Il se retourna brusquement.

- J'ai reçu toutes tes lettres! Et tout ce que Ginny m'a transmis. Mais ça ne m'a rien fait. Pas une once de soulagement, de bonheur. Au contraire.

Mais qu'est-ce qu'il disait?

- Je... Je ne sais pas Ron, tu as sûrement besoin de temps pour faire le vide...

Il s'approcha, menaçant.

-Pourquoi ça ne me fait rien!

Il m'agrippa le poignet. Je frissonnais. Ça n'était pas le Ron que je connaissais. Lui, n'avait que haine et noirceur en lui. Lui me regardait avec une moue dégoûtée que je ne lui connaissais pas. Il s'approcha de mon oreille et chuchota :

- Tu veux que je te dise, Hermione? Savoir que tu ne m'aies pas oublié, que tu aies souffert de me savoir là, ça ne me touche même pas. Ce à quoi je tenais, c'était ma famille. Et elle a explosé!

Il haussa le ton.

- Tu crois peut-être que je suis fou, ou sous le choc, mais non! Je suis parfaitement lucide, et même plus que jamais! Tu voulais cette guerre, Harry voulait cette guerre! J'étais à peu près heureux avant cela, tu m'entends? Ma mère a toujours adoré Ginny, ses jumeaux chéris et son Bill chéri, mais elle nous aimait tous! J'ai quelquefois eu des doutes, mais c'était vrai! Et maintenant... Elle pleure Fred, je pleure Fred, la mort pèse sur nous, et on ne pourra jamais plus reformer une famille!

- Ron, ne dis pas de bêtises, elle ne vous aime que plus! Tu as une famille qui te soutient et est présente, alors cesse de penser des inepties pareilles!

- Justement. J'ai ma famille. Je ne veux plus te voir, ni toi, ni Harry. J'étais à ses côtés quand Fred est...

Il resserra sa prise.

- J'ai raté tellement de moments, à les passer auprès de vous! Et le résultat? La désolation!

- Tu me fais mal, Ron, s'il te plaît, calme-toi...

- Me calmer?

Il y eut une lueur dangereuse qui traversa ses yeux.

- Oh non je ne peux pas me calmer, Hermione, rien que de te voir me fait me souvenir de toutes les erreurs que j'ai commises, et ça me tue! J'aimerais tellement retourner en arrière et ne jamais vous avoir suivi! Je regrette tellement de vous avoir connu!

Je reçus un coup de poignard dans la poitrine. Un Doloris, plutôt.

- Toutes ces années aux côtés d'Harry et toi ne compensent pas la mort de mon frère, et ne la compenseront jamais! Va-t'en Hermione, ne reviens jamais plus me voir ou je ne promets pas de me tenir... Et arrête de m'écrire tes niaiseries! Tout ça est ridicule.

- Ron, j'ai mal...

- Si tu m'apprécies un tant soit peu, tu vas disparaître de ma vie et de celle de ma famille. Retrouve Harry ou je ne sais quel moldu, et oublie tout! Ma famille n'avait rien à faire dans cette guerre de sang, nous sommes des Sang-Purs, Hermione, nous n'avions rien à faire là-dedans!

Là, la vérité me frappa de plein fouet.

Ce n'était pas cet homme que j'avais apprécié, sûrement aimé.

Ça n'était plus Ron. C'était juste un homme détruit par la guerre, qui ne ressentait plus rien de bon au fond de lui...

Je me dégageais de sa poigne de fer. Il n'aurait pas hésité à me la broyer...

- C'est cela, disparais. Tu ferais mieux de retourner dans le monde moldu et faire retrouver la mémoire à tes parents, Hermione. La famille, c'est le plus important, tu devrais t'en rendre compte.

Il n'avait pas le droit de me balancer cela, il savait que mes parents ne pourraient jamais plus me reconnaître! J'étais déchiré. Mon meilleur ami me rejetait, mon Ron me rejetait...

.

.

.

Ginny m'avait prévenu qu'il avait changé. Mais je gardais espoir qu'un jour il change d'avis... Je n'abandonnerais pas! Comment tirer un trait sur sept ans d'amitié et de sentiments?

J'y croyais et y croirai jusqu'au bout. Et si cela n'est pas le cas... Les souvenirs s'effaceront mais pas mon attachement pour lui. Jamais, jamais.

J'ai continué à lui écrire des lettres; j'ose espérer qu'un jour il voudra bien accepter de les lire. Enfin...

J'essayais de penser à Harry. Dieu merci, son état s'est un peu amélioré, d'après mon médicomage - qui s'était renseigné pour moi. Les visites devraient être autorisées d'ici quelques semaines... C'est encore tellement long. Terence m'a affirmé que son métabolisme se remettait doucement, mais sûrement. Mais lui aussi était transpercé par ces horribles tuyaux et instruments médicomagiques... sa colonne vertébrale avait été gravement endommagée, et des séquelles étaient attendues... Mais si son état se stabilisait correctement, Terence jugeait qu'il pourrait remarcher d'ici un semestre maximum -la magie est géniale-, et parler dès son réveil... Comme Malefoy.

J'essayais de penser à tout ce qui était positif, et de m'y raccrocher autant que je pouvais... Je donnerais tellement pour revenir en arrière...

Concernant ce dernier, j'étais un peu perdue... On ne se parlait plus. Lui est froid, et distant, comme avant. Moi aussi. La haine en moins, je crois.

Ginny m'a dit qu'elle avait la conviction qu'il était quelqu'un de bien, et qu'il aurait besoin de moi. Je ne sais pas quoi penser, après tout ce n'est pas comme si elle l'avait vu...

Je restais à son chevet une bonne partie de la matinée ou de l'après-midi, chaque jour. Je lui donnais à manger, changeais ses pansements, vérifiais son état. Il pouvait difficilement se déplacer, chaque mouvement étant une torture pour son corps.

Il m'ignorait souvent. Plus de remarques, plus d'échange.

Cela me pèsait, je devais bien l'avouer... J'aurais pensé qu'il serait moins fermé, avec moi, et bizarrement, le fait que ce ne soit pas le cas me... blessait?

Je ne le comprenais pas! Depuis un mois, en fait. ...Depuis la crise.

Je n'en avais pas reparlé. Lui non plus. Je savais qu'il ne voulait pas que je me renseigne, mais je restais persuadée que c'était la meilleure chose à faire... Voldemort n'était plus, je ne voyais aucune explication. A part peut-être un sort ou un «enchantement».

Mais aborder le sujet ne servait à rien, à part à entendre un «Ferme-là, Granger».

J'avais mal à le voir ainsi. Je pense que tout ce qu'il s'est passé m'a fait réfléchir. Je ne pouvais toujours pas le supporter, ou le voir en tant qu'un proche, mais je ne souhaitais cela à personne. Ainsi, je m'appliquais à lui rendre la vie moins difficile qu'elle ne l'était déjà.

Mon coeur se serra. Je redoutais le moment où je devrais lui annoncer la mort de ses parents.

Oui, cela faisait presque deux mois que la guerre s'est terminée, il devrait être au courant désormais mais... Je sentais qu'il n'était pas prêt à entendre cela, il est encore trop fragile... Et malgré ce qu'il dit, qu'il a tiré un trait sur son passé de Mangemorts et sa famille, je devine qu'il souffre intérieurement...

Je ne peux simplement pas lui livrer cette nouvelle, pas encore...

J'ai tenté de retrouver les sépultures de ses parents, si quelqu'un leur en avait construit une, ou d'avoir au moins le fin mot de l'histoire... Le corps de Lucius Malefoy n'avait pas été retrouvé, celui de Narcissa a été brûlé avec le manoir Malefoy, sous sa propre demande avant de mourir... Je pense qu'elle ne voulait pas que son fils puisse hériter d'un quelconque bien... C'était une tragédie innommable.

J'avais mal pour lui, et je savais qu'il aurait bientôt besoin de soutien... Je serais là, je lui devais bien cela. J'aimerais juste que ce moment ne vienne jamais...

.

Je pénétrais dans le bâtiment. C'était devenu mon quotidien : m'occuper des rescapés enfants ou femmes la matinée, puis monter en «Soins Sérieux», saluer Rose Brown à l'accueil, pousser la porte de la salle 225, avant de recommencer.

Malefoy semblait en pleine contemplation de vue de la fenêtre. Le ciel était gris ce jour-là, et le soleil, absent.

Il semblait concentré, dans ses pensées peut-être, son visage était tendu, et ses yeux regardaient au loin.

Il ne m'avait pas encore vu.

Je ne l'avais jamais vraiment observé depuis qu'il était ici, aussi je le détaillais pour la première fois.

Malefoy était relevé, appuyé sur des oreillers. L'infirmière avait dû passer, lui pouvant difficilement bouger...

Son visage s'était creusé, il avait maigri. Des cernes marquaient ses yeux, plus ombrageux qu'avant.

Ses cheveux avaient poussés, ils retombaient en longues mèches sur son front plissé. Son nez était plus fin que je ne le pensais -enfin, je ne pensais pas à lui, hein- et contrastait avec la dureté de son visage.

Son teint était très pâle, plus que porcelaine, mais cela lui donnait l'air innocent d'un «ange», en complément avec ses cheveux blonds qui lui entouraient le visage.

Mon regard descendit. J'observais ses mains, fines et toujours froides, et ce qu'il dégageait.

Avec son pyjama d'hôpital blanc, ses bras pansés et l'ensemble des tuyaux qui le reliaient aux divers instruments de mesure magiques, il semblait presque fragile. Fragile mais assez beau. Effrayant... Je m'étais toujours demandé pourquoi il avait autant de succès auprès des filles à Poudlard, moi qui ne voyait qu'un hautain fils-à-papa enragé, vaniteux et avide de pouvoir et de méchanceté gratuite...

Je vois plus clair, désormais.

- Granger, quand tu auras fini de m'admirer, tu pourras peut-être libérer le passage et aller ouvrir la fenêtre? Je meurs de chaud.

Oui, enfin, vaniteux et hautain, cela n'avait malheureusement pas disparu...

- J'admirais les rides qui sont apparues sur ton visage autrefois sans défauts, d'après toi, combien y en a-t-il?

Il me jeta un regard noir. Aucun humour...

- Ne dis pas n'importe quoi!

J'haussais les épaules et allai ouvrir la fenêtre.

C'était probablement les seules paroles que l'on échangerait aujourd'hui. Je devrais être ravie de ne plus avoir d'effort à faire, mais c'était le contraire...

- Qu'est-ce que tu regardais?, demandais-je quand même.

Il me fixa, sceptique.

- En quoi cela t'intéresse-t-il, Granger?

- Tu semblais perdu dans tes pensées, et je...

- Crois-moi, tu ne veux pas savoir, coupa-t-il.

Je soupirais. C'était le continuel jeu du chat et de la souris.

Je m'assis près de son lit.

- Pourquoi tu réagis comme cela, Malefoy? demandais-je doucement. C'est à cause de la dernière fois? Si c'est par rapport à ta Marque, je ne dirais rien à personne, si c'est cela qui t'inquiète!

Il plongea ses yeux dans les miens.

- Pourquoi toi tu réagis comme cela?

Cela sonnait comme un reproche.

- Qu'est-ce que tu veux dire par là?

Je ne pouvais plus détacher mon regard du sien, tellement il semblait profond. Ses yeux me scrutaient, j'étais mal à l'aise. Son regard avait une telle... intensité, que j'avais l'intuition qu'il essayait de lire en moi, qu'il cherchait des réponses à travers moi.

Savait-il pratiquer l'occlumentie? Non, de toute façon il était trop faible... Mais je verrouillais mon esprit, par prudence...

- Toi, Granger, tu me caches quelque chose.

Mon sang se glaça. Non, il ne pouvait pas savoir...

- Qu'est-ce que tu racontes, encore? Tiens, est-ce que tu as au moins pu boire de l'eau, aujourd'hui? essayais-je.

- Ne te défiles pas, bien que tu le fasses toujours à merveille. C'est toi qui a voulu lancer la conversation. J'étais bien, et tu m'as dérangé alors tu ne peux t'en prendre qu'à ta petite personne et à ton besoin de tout savoir.

J'allais répliquer violemment, mais il ne m'en laissa pas le temps.

- On va faire quelque chose. Je questionne, tu réponds, et si je trouve cela satisfaisant, on inverse les rôles. Une question à la fois.

- Je me demande bien où tu as trouvé ça. C'est complètement stupide comme idée.

Il eut un sourire narquois du genre « Ah, si tu savais ma vieille».

- Si tu le dis. Mais ça n'est pas négociable. Bien sûr, c'est moi qui commence.

Je levais les yeux au ciel.

Évidemment.

- Pourquoi es-tu si... comment dire, aussi peu hystérique?

- Je te demande pardon?

Il paraissait réellement intrigué.

- Tu ne claques plus les portes, ne m'insultes plus pour la moindre raison. Tu gardes ton calme quand je teste ton dévouement envers moi - ne me regarde pas comme cela, tu m'es dévouée un minimum, même si tu préfères appeler cela «remplir sa dette» -, et tu sembles presque t'inquiéter pour moi. Je soutiens que cela n'est pas normal.

Qu'est-ce que je pouvais bien répondre? Je ne portais pas Malefoy dans mon coeur mais beaucoup de choses avaient changé. J'avais peut-être mis du temps, mais je m'étais rendue compte qu'il était une personne comme les autres et qu'il ne méritait pas qu'on l'abandonne, et surtout pas maintenant.

- Tu me fais assez confiance pour me laisser m'occuper de toi, et tu as su mettre de côté tous nos différents. Je te respecte et je fais des efforts. Cependant après un mois à te côtoyer tous les jours, je n'ai pas l'impression de me forcer. Prend-le comme tu veux.

Il me fixa longuement, avant d'acquiescer.

- A toi.

Je savais déjà ce que j'allais demander.

- On répond sincèrement, n'est-ce pas?

- Oui.

- Comment te sens-tu, réellement? Je n'arrive pas à te cerner, mais je sais bien que tu ne montres qu'un centième de ce que tu ressens réellement.

Il parut étonné, mais cela ne dura qu'une demi-seconde.

- Toujours Miss Je-Sais-Tout, hein?

- Si tu le dis...

Il leva les yeux au ciel pour montrer que je ça ne lui plaisait guère, mais répondit. Après tout c'était son idée.

- C'est pas la forme. Je me suis fait à l'idée que je ne pourrais plus faire de mouvements trop intenses pour mon bras gauche- donc adieu le Quiddich comme avant -, que je vais sûrement être envoyé à Azkaban à ma sortie d'ici pour avoir été du mauvais côté. Mais ça je verrais plus tard; J'en ai marre d'être ici, incapable de faire la moindre chose tout seul, à attendre que tu viennes pour avoir un peu de compagnie, tout en sachant que plus personne ici ne m'apprécie ou ne se rappelle un tant soit peu de moi. Je sais que Pansy (il ferma les yeux), Blaise et les autres ne sont plus là... Je parlais surtout de ma mère, mais je pense que tu l'avais deviné.

Un frisson d'effroi me parcourut. Une boule se forma dans ma gorge.

- Je n'ai aucune nouvelle de mes parents. Alors que je suis à Sainte Mangouste pour un bout de temps. Mon père, j'ai accepté il y a bien longtemps déjà de tirer un trait dessus, mais ma mère... Je pensais qu'elle avait plus de considération pour son fils. J'ai eu beau avoir été éduqué à être un Malefoy, ça me fait plus mal que ce que j'aurais imaginé...

Je voulais répondre quelque chose, mais les mots se bloquèrent.

- Je sais que tu t'en moques probablement Granger, après tout tu dois penser que c'est bien mérité, mais crois-moi c'est dur...

Mon sang ne fit qu'un tour. Comment pouvait-il croire que je me réjouissais de tout cela?

- Non! Tu crois vraiment que je te déteste au point d'être contente de ce qu'il t'arrive? Malefoy! Je ne souhaiterais jamais cela même pour mon pire ennemi! Jamais!

C'est là que je me rendis compte que quelque chose avait changé. Malefoy n'était plus mon pire ennemi. Depuis quand? Comment cela se faisait-il? J'étais mal de le voir ainsi, était-ce vraiment possible? Oui, ça l'était...

Un ange passa.

Je n'osais plus bouger, ni ajouter quelque chose.

- Alors comme ça je ne suis plus celui que tu hais plus que tout et que tu voudrais voir disparaître de la surface de la Terre? demanda-t-il doucement.

Doucement j'osais jeter un coup d'œil vers lui.

Il souriait. Pas de manière moqueuse ou sarcastique, un vrai sourire. Je fus scotchée. Jamais je n'avais vu Malefoy sourire ainsi, c'était... Cette scène était tellement étrange!

- C'est mon tour Granger, répond s'il-te-plaît.

Cela ne sonnait pas comme un ordre, plutôt comme un encouragement.

J'avais détourné le sujet le plus douloureux, je ne pouvais que continuer sur cette voie.

- Ce... C'est vrai. Je ne sais pas pourquoi ni comment, mais je ne te voie plus comme le con prétentieux que tu étais... Je... enfin, tu sembles au-dessus de tout ça. Cela doit être à force de te côtoyer tous les jours, on en perd la raison. J'ai même perdu l'envie de t'assommer, c'est dire!

Je souris à mon tour. Est-ce que la guerre apporterait un semblant de bon sens?

- Merci, Granger.

Il avait fermé les yeux. Je ne savais pas quoi répondre, aussi je ne répondis pas. Je commençais à lui changer ses bandages quand il continua.

- Tu es une des seules personnes, si ce n'est la seule, qui est là pour moi. Qu'importe que ce soit pour rembourser une dette, mais le fait que tu restes m'aide beaucoup... Et que je sache que je ne te répugnes pas, c'est réconfortant, vraiment... Tu ne peux pas comprendre Granger, toi qui as les Weasley et Potter à tes côtés... Tu t'en rends peut être compte, que c'est plus facile lorsque l'on est entouré.

Un voile recouvrit ses yeux. Je n'aimais pas voir des personnes ainsi... Si ç'avait été Harry ou Ron, je n'aurais pas attendu pour les enlacer et les réconforter. Mais je n'osais pas le faire ici. Je pus juste dire la chose suivante, pour tenter de l'apaiser un peu.

- Ça va aller, d'accord? Je ne te lâcherais pas. Tu peux compter sur moi, Malefoy. Promis.

Je finis de lui attacher son bandage, puis le je fis boire. Le silence était là, mais ce n'était pas un silence pesant ou contrit, au contraire. Il me regardait faire sans bouger, je sentais son regard.

- Tu as besoin que je te renouvelle tes sorts ou ça va aller comme ça?

- Ça va. Mais j'ai envie d'être un peu seul, tu peux repasser plus tard?

Je levais les yeux. Avais-je fait quelque chose de mal?

Il soupira.

- Je ne te mets pas à la porte, j'ai juste envie de dormir...

- Ah...

- Et il faut aussi que je me «vide», Granger...

Oh. Je préférais ne pas chercher dans quel sens était tournée cette phrase...

- Hem.. . Bien, je... vais t'appeler une infirmière alors!

Il leva les yeux au ciel, agacé.

- Je peux quand même y arriver tout seul! C'est gênant, Granger!

- Justement, non. Je ne sais pas quel sort d'aide les infirmières lancent...

- Et je ne veux pas que tu l'apprennes! Granger!

- Oui , oui, d'accord! C'est bon! Je te laisse!

J'alais me lever pour sortir, quand il agrippa mon bras. Faiblement, mais ça suffit à me stopper.

- Granger... Tu peux me rendre un service?

Il était de nouveau sérieux. A quoi pouvait-il bien penser?

- Je... Bien sûr.

- Fais des recherches sur mes parents s'il te plaît. S'ils sont à Azkaban, s'il ont fuit, et ce qu'il reste du manoir... Rassemble le plus de choses possible, ça m'aidera beaucoup.

Je vacillais.

- Et ne me cache rien, s'il te plaît. Donne-moi ta parole.

Il ressera son emprise. Oh Merlin, qu'allais-je faire?

Je savais que cela comptait énormément pour lui...

- Je... Oui, promis...

- Bien.

Il me lâcha. Je me hâtais de quitter sa chambre.

Mon dieu, mais qu'est-ce que j'allais faire?


Voilàà, en espérant que vous me pardonnez mon impardonnable retard, et les éventuelles fautes!

Est-ce que le Ron de mon histoire vous gêne? Je suis désolée pour toutes les fans du rouquin mais étant donné qu'Hermione est à l'origine amoureuse de lui, je ne voyais qu'un moyen de la faire s'éloigner de lui, et donc il est un petit peu détestable...^^'

Je posterais la suite plutôt vers le WE prochain, car je préfère prévoir large avec cette connexion à pile ou face, et faire de longs chapitres... Ce qui va être plus difficile pour tenir un rythme de 3jours avec mon emploi du temps de terminale S euro!^^'

M'enfin, j'y mettrais tout mon coeur, comme toujours :)

Sur ce, plein de bisous!