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Chapitre 10 : Le sang. La glace. Le feu. (Partie 2)
«Mais qu'est-ce que tu fais hors du lit Inu-Yasha? Ta blessure n'a pas encore eu le temps de se refermer!», s'indigna Rin, qui venait tout juste de rejoindre le hanyou.
«C'est ce que je m'efforce de lui faire comprendre!», renchérit Gladis, qui venait tout juste de les rejoindre.
Rin remarqua soudain une petite boule de poils à côté de son compagnon : Kirara.
«Shippo, Miroku et Sango nous ont écrit! Il fallait absolument que tu voies!», s'exclama Inu-Yasha, tout content.
«Montre-moi!», répondit Rin, qui était presque en train d'arracher le papier des mains d'Inu-Yasha. Elle se mit à dévorer les lignes que ses amis avaient écrites.
«Quitter le village a été la bonne chose à faire. Ils n'ont plus subi d'attaques», résuma le hanyou.
«Oh! Et Yuki est en train d'apprendre à parler! C'est merveilleux Inu-Yasha!», s'exclama Rin, toute joyeuse.
«Oui…je sais…ils disent qu'elle a commencé à dire «Yasha» ou je ne sais trop quoi…», répondit Inu-Yasha.
La jeune femme jeta un coup d'œil inquiet à son compagnon. Il détourna le regard, mais elle n'eût aucune difficulté à sentir son désarroi.
«…Tu aurais aimé être là…n'est-ce pas?», lui demanda Rin, pleine de compassion.
Le hanyou soupira.
«…Bien sûr…c'est ma fille après tout…elle me manque», avoua Inu-Yasha avec une mine légèrement défaite.
Mais tout de suite après ces mots, le hanyou grimaça et mit une main sur son ventre. La blessure lui faisait mal.
«Je t'avais dit qu'il était trop tôt pour te lever! Tu vas empirer ta blessure! Allez, retourne au lit!», s'exclama la servante.
«Pas question que je passe une minute de plus à me faire garder par une…»
«Allez Inu-Yasha! Si tu veux, je vais te tenir compagnie! On pourra écrire notre réponse pendant que Kirara est ici», suggéra Rin.
«Bon…d'accord d'accord…»
…
Inu-Yasha était content, notamment parce que Gladis était parti se coucher. Mais aussi parce que la lettre avait ramené la bonne humeur de Rin. Pendant qu'ils écrivaient leur réponse, elle avait même accepté de prendre un verre de saké que le hanyou avait soigneusement réchauffé! Il regarda un instant la jeune femme pendant qu'elle terminait d'écrire son message. Elle avait un doux sourire aux lèvres pendant qu'elle s'exécutait. Mais il pouvait cependant voir que quelque chose clochait avec Rin, elle était distraite, peut-être un peu nerveuse.
«Dis-moi Rin…de quoi discutais-tu avec Sesshomaru, dehors?»
L'expression paisible de la jeune femme se transforma en une mine troublée, qu'elle camoufla rapidement avec un léger sourire.
«Ah…tu sais…je voulais m'assurer qu'il ne m'en voulait pas…de lui avoir désobéi…»
«…Mais encore?»
Rin le regarda avec une mine agacée.
«Bon d'accord! Je lui ai dit que si j'étais un fardeau pour lui et qu'il souhaitait me voir quitter les terres de l'Ouest, il n'a qu'à me le dire et je quitterai sur-le -champs!», s'exclama l'apprenti miko.
«Et…qu'a-t-il répondu?», demanda Inu-Yasha, visiblement surpris.
«Tu es arrivé avant qu'il ne puisse me répondre…», lança Rin, avec une mine renfrognée.
«Tu veux plutôt dire qu'il a évité la question…»
«Non, pas du tout! Il allait me répondre! La preuve, c'est qu'il avait débuté une réponse…»
«Et en quoi consistait ce début de réponse?», interrogea de nouveau le hanyou, plutôt sceptique.
«Il a juste eu le temps du dire mon nom…»
«…C'est peut-être mieux ainsi…Il ne t'aurait sans doute pas donné la réponse que tu espérais», rétorqua Inu-Yasha.
«Qu'est-ce que tu en sais?»
«Rin… tu es une humaine. Et les humains ne vivent jamais très longtemps sur des terres youkais…»
«…Tu crois que Sesshomaru allait me demander de quitter?», lui demanda Rin, avec inquiétude.
«Je ne sais pas Rin…peut-être pas…mais ce qui est certain, c'est que tu risques de souffrir si tu restes ici»
«Inu-Yasha…tu sais que j'ai aimé rester avec toi et les autres au village, mais…quand je suis ici, sur les terres de l'Ouest avec Sesshomaru, je me sens vraiment à ma place…», avoua Rin.
Son compagnon lui lança un regard grave. Il ressentait un besoin incontrôlable de la raisonner.
«Rin… tu ne pourras jamais être autre chose qu'une équipière pour lui», laissa tomber Inu-Yasha, inquiet. Il savait que ses paroles allaient la blesser.
La jeune femme rougit un peu et le regarda avec de grands yeux stupéfaits.
«Ne me regarde pas comme ça, c'est évident ce que tu ressens pour lui… Mais tu es humaine Rin. Et Sesshomaru n'aime pas les humains. Il ne pourra jamais comprendre tes besoins, il te blessera sans même s'en rendre compte…»
«Et comment peux-tu en savoir autant sur lui, Inu-Yasha? Toi et Sesshomaru, vous n'avez jamais partagé de réelles discussions! Si ça se trouve, je le connais beaucoup mieux que toi!», s'emporta Rin.
Son compagnon resta silencieux un moment, il semblait chercher ses mots.
«Rin…tu n'as pas entendu des dernières rumeurs…sur les alliés qui s'en viennent?», demanda Inu-Yasha.
«…non…»
«J'ai entendu Jaken et Gladis parler plus tôt…Ils disaient que tous les troubles que Sesshomaru a eus avec le château ne se seraient jamais produits s'il avait été habité… S'il avait eu une femme et des enfants, cela aurait été beaucoup plus facile pour lui de repousser les envahisseurs…»
«C'est n'importe quoi! Une femme et des enfants? Pour garder un castel?»
«Rin…les seigneurs youkais ne se choisissent généralement pas des demoiselles en détresse! Oui, ils cherchent une femme, belle et attirante, mais surtout puissante! Les youkais sont comme ça…leur alliance ne se fait pas par amour…C'est un choix stratégique. Des hommes et des femmes qui s'allient pour avoir un empire plus grand…et des enfants puissants…Les sentiments, c'est seulement un gage de faiblesse pour les youkais…», expliqua Inu-Yasha.
Rin resta silencieuse. Les youkais cherchent des femmes puissantes…certes…mais si c'était la seule chose importante, pourquoi…Sesshomaru s'était-il approché d'elle de cette façon, comme s'il allait l'embrasser?
«Il semblerait que parmi les vassaux qui s'en viennent, il y aura des femmes youkais…Et plusieurs d'entre elles veulent profiter de cette occasion pour séduire Sesshomaru…Ces femmes sont pour la plupart de très puissantes guerrières…et elles ont le sang que Sesshomaru recherche…», expliqua Inu-Yasha.
«Mais…Sesshomaru n'a jamais mentionné qu'il se recherchait une prétendante…», murmura Rin.
«Sesshomaru n'est pas du genre à parler de la pluie et du beau temps, Rin…»
La jeune femme resta silencieuse.
«Écoute...tout ça, c'est des rumeurs, je ne suis sûr de rien, sauf d'une chose Rin. Moi-même, je ne suis qu'un hanyou, et ça m'a pris plusieurs années avant de comprendre réellement les humains. Imagine combien de temps ça peut prendre à un youkai comme Sesshomaru!…Il ne peut pas être attaché à toi de la même façon que tu es attachée à lui. Lui va se soucier que tu continues de respirer, que tu restes en vie…Il va t'aider si tu es blessée. Mais il ne pourra jamais comprendre tes joies et tes peines, ton besoin d'aimer et d'être aimée. Certains youkais réussissent parfois à comprendre ces choses, mais un youkai de sa trempe n'a pas de temps à perdre avec ça. Lui veut seulement assurer son empire, prendre de la puissance et avoir une descendance qui lui fera honneur…»
«…Mais…même si les youkais ne peuvent pas aimer les humains…est-ce qu'ils peuvent être attirés par eux?», demanda Rin, dans un murmure.
Inu-Yasha lui jeta un regard inquiet.
«Une belle femme, humaine ou youkai, sera toujours attirante pour l'homme, peu importe la nature de son sang…», répondit Inu-Yasha, calme et sceptique à la fois.
«…Je vois…», se contenta-t-elle de répondre en avalant une petite gorgée de saké.
«…Je suis désolée Rin…je ne voulais te faire de peine, mais tu devais comprendre que si tu restes avec lui, un jour ou l'autre, il te fera du mal…»
Rin resta silencieuse un moment, avant de briser le silence.
«…Et j'imagine que toi…tu comprends que je ne suis pas Kagome…Inu-Yasha…et que je ne le serai jamais», lança Rin, avec un regard perçant.
Inu-Yasha sursauta à la mention du nom de sa bien-aimée.
«Qu'est-ce que c'est que cette question? Bien sûr que je fais la différence!»
Aucun mot supplémentaire ne fut échangé. La conversation avait dû épuiser Inu-Yasha, puisqu'il s'endormit quelques minutes plus tard. Rin l'observa longuement, alors qu'elle ruminait de sombres pensées, en terminant son verre de saké. Il faisait froid et la boisson tiède était plutôt réconfortante. Rapidement, son verre se vida et elle constata que le tokkuri* était toujours à moitié plein. Elle se versa un autre verre et s'enfonça davantage dans ses réflexions malheureuses.
Certes, Sesshomaru s'était approché d'elle, mais c'était probablement beaucoup plus par attirance physique que par amour. Rin avait pris conscience de l'effet qu'elle pouvait avoir sur la gent masculine lorsqu'elle avait vécu dans le village d'Inu-Yasha. Plusieurs hommes l'avaient regardé…Peut-être qu'elle avait un pouvoir similaire sur le youkai…
Rin soupira. Même si Sesshomaru avait quelconque forme de sentiments pour elle, il ne pourrait jamais lui donner ce qu'elle voulait. Après tout, elle n'est qu'une humaine, elle ne peut pas être autre chose qu'une inférieure…au mieux une servante, dans le château du seigneur des terres de l'Ouest.
Les yeux de Rin s'emplirent de larmes. Et dire qu'elle s'imaginait essentielle dans la quête du youkai…
Avec tous ses vassaux, avec toutes ces femmes…puissantes…Sesshomaru avait-il réellement besoin d'elle? Le Shikon no tama était-il réellement une planche de salut? Non…la seule chose qui était importante, c'était de garder le bijou loin de l'ennemi, pour éviter qu'il ne s'en empare.
Et Rin…la sotte, avait seulement rendu le bijou plus accessible, en se rapprochant des territoires ennemis, en se rendant directement sur les zones de combat. Elle. Vulgaire humaine. Faible. Stupide.
La jeune femme pensa que si Sesshomaru était resté silencieux lorsqu'elle l'avait confronté plus tôt… c'est probablement parce qu'elle est véritablement un fardeau pour lui…
Dans un élan de pitié, il voulait éviter de lui faire entendre la dure vérité.
Rin ne s'était jamais sentie aussi inutile de toute sa vie.
Une larme coula sur la joue de la jeune femme. Puis une deuxième, et une troisième. Elle ne méritait pas ni d'être aux côtés du maître, ni de garder le Shikon no tama, ni même l'amitié d'Inu-Yasha et de ses amis. Elle ne méritait rien du tout…Méritait-elle de vivre?
Rin essuya ses larmes et se leva. Elle enleva le Shikon no tama de son coup et le laissa sur la petite table à côté du lit d'Inu-Yasha. C'est lui qui avait reconstitué et purifié le bijou avec Kagome. Il était un meilleur gardien qu'elle.
Elle se dirigea vers sa chambre, prit le strict nécessaire et fourra le tout dans son sac. Les larmes ruisselaient sur son visage. Elle devait s'enfuir, et vite. Elle ne méritait rien de ce qui lui arrivait. Elle ne devait plus importuner les youkais avec sa présence. Sesshomaru et Inu-Yasha comprendraient. Eux sont faits pour de grandes choses, pour le combat. Elle…était faite pour des visées plus modestes, des visées d'humains. Elle n'était pas digne d'eux.
Rin trouva Kirara au premier étage et sortit rapidement du château avec elle. Elle ne voulait pas être vue. Elle s'enfuit à la course, malgré la pluie et le vent. Jaken avait eu raison…le temps était horrible.
Au diable la tempête automnale, Rin était résignée.
…
Le mauvais temps faisait rage déjà. Jaken pouvait entendre la pluie se déchaîner contre les fenêtres du château. Il était toujours devant le foyer, à rallumer le feu de temps à autre…jusqu'à ce qu'il entende des pas à proximité. Il jeta un œil derrière son épaule et vit dans la pénombre une silhouette féminine avec un sac sur le dos et Kirara dans les bras. La boule de poil jeta un long regard sur Jaken avant que la femme ne quitte le château presque à la course.
Il fallut quelques secondes à Jaken pour qu'il comprenne.
Il venait de voir Rin. Quitter. Le. Château.
Il jeta un œil dehors. Tempête. Youkais…
Il se leva d'un bond, paniqué et courut rejoindre Sesshomaru, apparemment affairé à d'autres occupations, plus loin dans la résidence. Il arriva telle une tornade devant son maître.
«SESSHOMARU-SAMA! L'HEURE EST GRAVE! RIN! RIN! RIN S'EN EST ALLÉE!»
Le youkai lui jeta un regard perçant.
«ELLE S'EST ENFUIE DANS LA TEMPÊTE! L'HEURE EST GRAVE SESS…»
Avant qu'il ne puisse terminer sa phrase, Jaken se fit bousculer par son maître, qui se dirigeait d'un pas très rapide vers la porte de sortie.
«Quelle petite sotte, pourquoi se met-elle dans un tel pétrin?», songea Jaken.
…
«Allez Kirara, transforme-toi! Il faut quitter les terres de l'Ouest!», s'exclama Rin en regarda le petit youkai félin.
Mais la petite boule de poils resta silencieuse et regarda Rin avec ses immenses yeux. Décidément, Kirara n'approuvait pas l'idée, et n'allait pas encourager Rin à s'enfuir aussi vite.
Une pluie glaciale s'abattait sur la jeune femme. Elle venait tout juste de sortir du château et ses vêtements étaient déjà tout détrempés. Une rafale s'abattit sur elle. Rin tremblait, le froid mordant était insupportable. Elle tituba contre le vent…pourquoi avait-elle tant de difficulté à se déplacer? Elle remarqua soudainement à quel point elle avait la tête qui tournait. Kirara lança un petit cri en regardant derrière elle. Quelqu'un s'approchait.
Rin prit ses jambes à son coup. Ce pouvait être un ennemi, elle ne voulait pas mourir. Pas maintenant. Pas aussi près du château.
Le youkai observa calmement la jeune femme courir comme si sa vie en dépendait. Il était inquiet. Rin n'était pas bien, elle semblait avoir perdu la raison.
«…Rin…», l'interpela Sesshomaru.
Au moment où la jeune femme lança un regard d'effroi derrière son épaule, elle trébucha contre un rocher et s'abattit dans la boue glacée. Elle resta sur le sol, sans bouger. Sesshomaru s'approcha d'elle et la regarda un instant. Elle était toute mouillée, toute sale, ses cheveux cascadaient devant son visage, mais il pouvait tout de même sentir ses larmes. Le youkai devenait de plus en plus inquiet, il espérait ne pas être la cause de tout cet émoi.
Il n'avait pas envie de la laisser dans cet état très longtemps. Il se pencha près d'elle pour la prendre et la ramener, mais elle repoussa les bras du youkai avec véhémence.
«…Laissez-moi!», s'écria-t-elle, telle une bête blessée.
«Rin…»
«Laissez-moi tranquille! Je sais ce que vous pensez de moi! Je sais ce que vous voulez faire lorsque les vassaux arriveront demain! Je suis tannée d'être un fardeau, de vous faire honte! Je suis tannée que tout le monde se soucie de moi! Laissez-moi partir!», hurla Rin, la rage et les larmes plein les yeux.
Sesshomaru la regarda sangloter un instant. Il comprenait mieux la détresse de Rin maintenant…Son jugement était profondément altéré, par la fatigue extrême, par les événements bouleversants qu'elle avait vécus plus tôt…mais elle était aussi intoxiquée par l'alcool. Le youkai pesta intérieurement contre son demi-frère et se promit de lui faire une nouvelle cicatrice dès qu'il en aurait l'occasion.
«Rin, reviens avec moi…»
«NON!»
«Rin, si tu restes ici, tu vas mourir…», insista Sesshomaru, avec son flegme usuel, malgré l'inquiétude qui lui pourrissait les entrailles.
«Foutez-moi la paix! C'est mon problème si je veux geler dehors, si je veux être malade ou si je veux mourir! J'en ai marre que vos inquiétudes soient uniquement centrées sur mon état physique! Ma vie n'a aucune espèce d'importance ni pour moi, ni pour vous, ni pour personne!», s'écria Rin, hors d'elle.
À ce stade-ci, ses tremblements étaient violents, et ses pleurs incontrôlables.
Sesshomaru était troublé par ce qu'il voyait. Jamais Rin ne s'était fâchée contre lui. Jamais elle n'avait auparavant remis en question la pertinence de sa propre vie.
«…lai-laissez…moi…laissez-moi partir…Je me fiche du vent ou de la tempête…Je ne veux plus être le fardeau ou la honte de qui que ce soit…mais c'est tout ce que je peux être ici…un fardeau…», articula-t-elle, entre ses multiples sanglots.
Le youkai s'approcha de la jeune femme, il devait la ramener.
«Rin…tu n'es pas un fardeau…», commença-t-il. Il tenta de la ramener vers lui, de la prendre dans ses bras pour la ramener au château. Mais elle le repoussa de nouveau.
«Vous mentez, Sesshomaru-sama! Je ne fais que me foutre dans le pétrin et foutre les autres dans le pétrin tout le temps! Je ne suis bonne à rien! Je suis un…»
«Rin…peu importe ce que tu dis ou ce que tu penses, tu ne seras jamais un fardeau pour ce Sesshomaru…»
«Mais…», le coupa Rin.
«Écoute-moi!», Sesshomaru était en colère, mais il le montrait à peine, avec sa mâchoire à pleine plus serré, son regard à peine plus perçant. Mais sa voix était ferme, déterminée. C'était assez pour que Rin voie la différence; elle avait réussi à le faire sortir de ses gonds. «Rien n'est plus précieux pour moi que ta vie Rin». Il saisit subitement la jeune femme par les poignets, il ne voulait plus qu'elle se sauve. « Et je ne te laisserai pas y mettre fin aussi stupidement!»
Rin resta silencieuse et le regarda, les yeux pleins d'eau. Sesshomaru jura mentalement. Pourquoi s'emportait-il aussi facilement? Rin était déjà suffisamment vulnérable. Des larmes ruisselèrent de plus belle sur les joues de la jeune femme. Sesshomaru remarqua soudain qu'elle ne contrôlait plus ses tremblements. Si elle restait là, elle allait sans doute y rester.
Sesshomaru ne savait plus quoi dire à sa protégée pour la ramener. Elle était trempée jusqu'aux os et lui aussi. Il avait été si pressé d'aller la chercher qu'il n'avait même pas enfilé son armure. Même lui commençait à être incommodé par la pluie glaciale.
Il ne savait pas comment lui exprimer à quel point elle était importante pour lui. À quel point sa vie était vide de sens sans elle.
À quel point il ne supporterait plus de la laisser partir.
Ce qu'il ne pouvait pas exprimer en mots, Sesshomaru allait l'exprimer en gestes.
Il laissa tomber les poignets de la jeune femme et se contenta de la prendre dans ses bras, de la blottir tout contre lui. C'est tout ce qu'il pouvait faire pour le moment. La réchauffer. La protéger. À sa grande joie, Rin ne le repoussa pas, cette fois.
Il ignorait combien de temps elle avait l'intention de rester écrasée dans la boue, par un temps glacial, à exprimer son désarroi à coup de sanglots intarissables, mais il avait bel et bien l'intention de rester là, à la tenir dans ses bras, jusqu'à ce qu'elle reprenne ses esprits.
Il pouvait sentir le petit corps tremblotant de la jeune femme contre lui qui lentement, se calmait. Elle finit par retourner son étreinte, en enlaçant ses bras autour de son cou, sa tête blottie contre sa poitrine. Et elle cessa graduellement de pleurer.
Il sentit le regard de la jeune femme sur lui. Il baissa alors la tête pour la regarder. Elle semblait un peu désorientée.
Rin ne comprenait toujours pas ce qu'il tentait d'exprimer.
Le regard se Sesshomaru s'arrêta sur les lèvres tremblotantes de la jeune femme. Une sensation de déjà vu. Mais il ne la laisserait pas s'échapper. Pas cette fois.
Il posa sa main sur le visage de la jeune femme et chassa avec son pouce quelques larmes qui étaient en train de se cristalliser sur sa joue. Il approcha ensuite le visage de Rin du sien. Elle n'exprimait aucune résistance.
Il brisa le dernier petit espace qui les séparait toujours et couvrit les lèvres glacées de la jeune femme avec les siennes. Il l'embrassa lentement, doucement, sans précipitation. Il voulait être attentionné avec elle, la réconforter, chasser toute la peine qui restait encore en elle. Après quelques instants embarrassés, Rin répondit timidement à son baiser. Elle était estomaquée par ce qui était en train de ce produire.
Elle avait vu tout faux, tout comme Inu-Yasha. Jamais Sesshomaru ne l'aurait poursuivi, jamais il ne l'aurait prit dans ses bras, jamais il ne l'aurais embrassé s'il avait voulu qu'elle quitte son royaume.
Rin sourit en même temps qu'elle savourait les lèvres du youkai. Sesshomaru voulait d'elle, et c'est tout ce qui comptait à ses yeux.
Elle rompit finalement le contact avec le seigneur youkai. Elle le regarda longuement, droit dans les yeux.
Ça y est, elle était revenue à la réalité.
«Rentrons Rin»
«…D'accord…»
…
Fin de chapitre...
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