Titre: Jigoku→ Goodbye, brother (Au revoir, mon frère)
Auteur: Reiku E. Suzuki
Couple : Reituki!
Genre : Amour, amitié, guerre, drame...
Disclaimer: The GazettE ne m'appartient pas encore, l'histoire provient tout droit de mon imagination tordu.
Commentaires:
Le prochain chapitre... est peut-être pas aussi tragique que j'aurais voulu qu'il soit... Mais c'est dur d'écrire du tragique sans tomber dans l'exagération comique... Enfin, j'espère que vous l'aimerez quand même (et peut-être même qu'il vous tirera quelques larmes, qui sait? è.é)
Donc, Kai... mort? Pas mort? Parce qu'on peut survivre d'une telle explosion, vous savez? D'ailleurs, l'explosion était pas si grosse, sinon Reita et Ruki aurait été blessé aussi...
Chapitre 9
-KAI!
L'explosion m'avait fait reculer de quelques pas, même si elle était à bonne distance de ma positon. Après la brève vague de chaleur et de souffle, j'avais pu me reprendre assez vite pour crier le nom de notre chef, de mon ami. Mais merde, l'explosion avait soulevé un grand nombre de poussière, et tout ce que je pouvais était des nuages gris qui me faisaient tousser.
Je sentis qu'on agrippait la manche de mon uniforme. Ruki... Je l'avais presque oublié. Mais Kai...
-Rei...
-Ça va?
-Oui... oui... mais...
La poussière redescendit peu à peu. J'entendis du bruit venant de nos campements. L'explosion avait du réveiller tout le monde et bientôt on viendrait apercevoir l'étendu des dégâts... Les dégâts... Une petite partie de la forêt avait disparu, laissant la place à un petit cratère d'environ 9m de diamètre pour peut-être trois de profondeur. Et au milieu du cratère il y avait... Kai!
Je couru pour m'approcher, vérifier s'il était encore en vie. Mais ma formation de soldat me revint à l'esprit et je m'arrêtai assez vite au bord du cratère. Je du retenir Ruki qui était près à s'élancer dans le cratère. Je le retins par le bras, mais il se débattit pour que je le lâche, ce que je ne fis pas.
-Mais lâche moi! Il est peut-être encore vivant! Il faut aller l'aider!
-Non...
-Tu vas l'abandonner dans le fond de ce trou? Lâche-moi! Il faut y aller!
-Non, Ruki! C'est trop dangereux! Tu sais pas s'il y a pas une mine au fond de ce trou! Tu voudrais aller te faire tuer avec lui?
Je vis son visage pâlir sous la faible lumière du soleil qui se levait. J'étais comme lui. Moi aussi je voulais courir au fond de ce trou, vérifier si Kai était encore vivant, lui administrer les premiers soins, faire quelque chose, merde! Mais on ne pouvait pas. C'était trop dangereux. On nous avait appris la sécurité avec les engins explosifs très tôt dans notre formation. Quand une bombe ou une mine explose, on n'a pas le droit d'aller sur les lieux de l'explosion, ne serait-ce que pour sauver nos potes qui sont blessés. Parce qu'il est trop facile pour l'ennemi de placé une deuxième bombe sous une première, ou bien de venir ce poster en embuscade pas loin de l'explosion pour venir grêler les survivants ou les soldats qui iraient aider les survivants... Il nous fallait attendre l'équipe de déminage avant de pouvoir faire quoique ce soit...
-Urgh...
-Kai!
Ruki et moi nous agenouillâmes en même temps sur le bord du cratère. Au centre, Kai reprenait lentement conscience. Il tenta de s'assoir, sans succès. L'effort le fit tousser, et il cracha même du sang. D'après ce que je pouvais apercevoir, il était grièvement blessé aux jambes et au ventre... mais il était vivant. Pour l'instant.
-Kai! Ça va!
-Vous... voulez... que je réponde oui? … ah ah
-Non, ne parle pas! Garde tes forces. L'équipe de déminage et les médecins vont arriver bientôt.
-On... a pas... de démineur... pour l'instant. Ils arrivent... que ce midi...
…...! Pas d'équipe de démineurs? Ils arrivent que ce midi? Mais merde! Il a mille fois le temps de crever au bout de sang avant que midi ne sonne! Je sentis une main s'agripper à la mienne et la serrer fort. Ruki pleurait, les dents serrés. Je pouvais deviner ce à quoi il pensait
-Non, tu ne peux pas aller l'aider. C'est trop dangereux.
-Alors on va le laisser mourir?
-Eh? Ruki, Reita? C'était quoi cette explosion? Et c'est quoi ce... KAI!
Uruha et Aoi furent les premiers à arriver sur les lieux. Bien vite, d'autres soldats et des plus hauts gradés arrivèrent. Tous se demandaient quoi faire en attendant les démineurs. 7h... 7h, c'était trop long! Il fallait faire quelque chose!
-Colonel!
Une voix s'éleva au dessus des chuchotements. Je tournai la tête vers celui qui avait parlé ainsi au plus haut gradé sur place. Masashi? Il avait les yeux rougis, ravagé par les larmes. Il devait horriblement s'en vouloir, comme il devait souffrir de voir son amoureux en si piteuse condition. Au fond de son trou, Kai avait de plus en plus de difficulté à respirer, et faisait de gros efforts pour retenir des gémissements de douleur.
-Colonel. Rien ne nous dit qu'il y a vraiment une deuxième bombe au fond de ce trou. Ce genre de pratique est surtout utilisé par les Talibans en Afghanistan, je ne vois pas pourquoi les Américains s'abaisseraient à utiliser ce genre de pratique. Le soldat Kai faiblit de minute en minute. Il ne tiendra jamais jusqu'à la prochaine heure... Laissez-moi aller le chercher...
Le colonel réfléchit un instant, avant de donner à Masashi l'ordre de descendre chercher Kai. Il faut croire que même ce haut gradé était humain et n'acceptait pas de rester sur place à regarder un homme mourir.
Tout le monde retint son souffle alors que le soldat de l'équipe V descendait tranquillement, craignant à chaque pas une deuxième explosion. Sa courte descente parut toutefois duré un siècle, et enfin il atteignit sain et sauf la position de Kai. Très vite, un médical suivit le même chemin que Masashi et se mit à faire les premiers sois à notre ami.
Je me surpris à espérer qu'on puisse le sauver. Je fermai les yeux un instant et fit une prière à ce Dieu qui est supposé exister, du moins à ce qu'on m'a dit. Les minutes s'égrenèrent... Les premiers soins fait, on sortit notre chef d'équipe de son trou. On le déposa délicatement sur le sol, pour ne pas rajouter à ses douleurs. Il était si faible qu'on aurait dit un pantin dont on aurait coupé les fils. Même son souffle était faible, et difficile. Chaque inspiration semblait lui être douloureuse.
Le médecin se recula, hochant négativement la tête. On ne pouvait plus rien pour lui, il allait mourir, comme ça.
C'était tellement injuste. Je n'avais reçu qu'une blessure mineure lors d'un combat, alors qu'il allait mourir parce qu'il revenait d'une agréable soirée... Ruki continuait de pleurer en silence, tout comme Masashi et Uruha. Aoi restait debout, le visage plus sombre qu'à l'habitude et les yeux brillants. Il devait faire de gros effort pour ne pas pleurer, lui aussi.
Et moi... Moi mes yeux étaient secs.
-Eh, les gars... faut pas... vous en faire...
La voix de Kai était faible, et ses yeux étaient déjà vide. Il ne lui restait plus beaucoup de temps à vivre, et lui-même le savait.
-Eh bien... j'imagine... qu'on peut rien y faire, hein? Ah ha... Rei... je te laisse... l'équipe. Protège les autres... pour moi. Aoi... Aide-le. Seul il s'en sortira pas... Uruha et Ruki... veillez sur eux. Ils sont trop fiers pour dire qu'ils ont mal... qu'ils sont faibles... supporter-les de votre mieux... d'accord? Vous direz... à mon frère et ma sœur... que Nii-san les attendra dans un monde meilleur... Masa... Gomen ne.
Il se remit à tousser, crachant encore plus de sang, puis ses yeux se fermèrent pour toujours. Sa poitrine se souleva péniblement une dernière fois, puis, dans sa totale immobilité, on aurait dit qu'il dormait paisiblement. On aurait même dit qu'il souriait... un peu... J'aurais voulu le gifler pour le réveiller, lui dire que son petit frère et sa petite sœur devait l'attendre au Japon, qu'ils avaient encore besoin de lui... Mais ça ne servirait à rien. L'égoïste était partit devant, n'attendant personne, apparemment sans regret. Le con.
Le médical le recouvrit bien vite d'un drap blanc et il fut entreposé avec tous les autres morts. On les enverrait bientôt tous en bateau rejoindre le Japon, où ils seraient envoyés à leur proches et enterrés avec tous les honneurs qui reviennent à ceux qui meurent pour leur pays. Mais... est-ce que ça valait vraiment la peine de donner sa vie pour une cause dont on ignore les implications?
Traînant les pieds alors que je me dirigeais vers le campement pour prendre une petit déjeuner même si je n'avais absolument pas faim, je réfléchis à ma propre mort. On me renverrais chez mes parents... Savent-ils seulement que je suis au front en ce moment? On leur a sûrement dit... ils ont dû s'en ficher... et si je leur reviens sous l'état de cadavre, seront-ils assez sobre pour se rendre compte qu'ils auront perdus leur fils unique pour une cause complètement stupide?
Je me forçai à manger un peu, comme Aoi. Les deux autres ne touchèrent pas du tout à leur assiette. Puis, tout d'un coup, Ruki engloutit le contenu de son petit déjeuner et se releva d'un bond, un grand sourire forcé sur les lèvres.
-Bon, alors, on va pas déprimé toute la journée? J'ai reçu de nouveaux ordres ce matins, via la radio. Avec le reste du peloton, on vas se diriger plus au sud, puis on fonce plein Est jusqu'à atteindre un poste de commandement américain particulièrement important. Il nous faudra prendre contrôle de la place, puis attendre de nouvelles instructions. Alors dès que vous avez finis de manger, on plis bagages et on descend au Sud rejoindre les autres équipes du peloton.
-...
-...
-Tu sais, t'es pas obligé de te forcer à être enthousiaste, Ruki.
-Mais Kai ne voudrais pas qu'on soit déprimé à cause de lui! Il voudrait qu'on continue... il voulait que je te supporte, Rei, et qu'on continue... sans lui...
Je poussai un soupir avant de finir mon assiette, me lever, et passai mon bras autour des épaules de Ruki.
-Il a raison, les gars. Kai nous a demandé... de poursuivre. Alors on continuera. Et on bottera le cul de ses yankees. Puis on rentrera au Japon, et on ira offrir nos sympathies et notre aide à sa famille... Mais pour ça, faut rester vivant, et finir cette putain de guerre!
Plier bagage ne nous prit pas de temps. On s'arma aussi, comme on repartait en campagne. Prenant la place de Kai, j'étais considérablement ralentis par le poids de tout le surplus de munition que je devais transporter. Avant de véritablement rejoindre les autres équipes du peloton, on s'arrêta devant le cratère qui avait coûté la vie à notre ami... que dis-je, notre frère. Chacun fit une courte prière, puis Aoi et Uruha repartirent.
Je restai un moment devant le cratère. Je m'accroupis et lança un peu de poussière dans le trou, poussant un soupir.
-Tu n'aurais pas dû partir le premier.. baka. Mais attends-nous. J'ai l'impression qu'on va tous te rejoindre bientôt...
-Rei? Ça va? Qu'est-ce que tu murmures, comme ça?
-C'est rien, Ruki. Viens, on y va.
Je me relevai et attrapai la main de Ruki pour rejoindre les autres. Je serrai sa petite main fort, pour ne pas qu'elle m'échappe. J'avais... tellement peur que se soit le prochain. Ou que je sois le prochain.. Je m'en rendais compte, maintenant. J'avais peur de mourir, peur de mourir ici, à des centaines de kilomètre de chez moi. Allais-je finir dans la poussière, moi aussi, comme ça? Est-ce qu'on allait me regarder mourir, sans oser faire quoique se soit de peur de mourir aussi?
Ruki me serra la main aussi fort. Il me fit un petit sourire pour m'encourager un peu. Tant qu'il était là, avec moi... ça allait aller. Tout allait bien aller. Tant qu'il était là.
-Bien, soldats du peloton PS, je suis le sergent qui m'occuperai de vous diriger pendant cette mission. Nous allons commencer à marcher, maintenant. Lorsque nous nous arrêterons ce midi, je voudrai parler à tous les chefs d'équipe. Équipe G... vous avez jusqu'à la rencontre pour vous choisir un nouveau chef. Maintenant, soldat, en marche!
Je poussai un soupir en commençant à marcher. Kai... Tu m'as laissé trop de responsabilité, égoïste. Mais je ferai mon possible pour mener à bien la tâche que tu n'as pas pu finir. Kai... Au revoir, mon frère.
Fin du chapitre
Mais oui, il est mort! Mais le titre du chapitre était très clair à ce sujet... (d'ailleurs, le titre du prochain chapitre vous donnera de faux espoirs è.é Spoiler? Chapitre 10 : Did it hurts? Je vous laisse deviner ce qu'il présume...)
Vous me direz peut-être que la façon dont Kai meurt est tiré par les cheveux. Pourquoi ils ne sont pas aller l'aider et qu'ils l'ont laissés mourir? Juste parce qu'ils n'avaient pas le droit à cause d'une possible autre bombe? Oui, c'est malheureusement la triste vérité dans l'armée. C'est probablement la chose qui m'a le plus marqué quand j'y étais, c'est pourquoi je devais en faire mourir un comme ça. Quand un engin explosif explose, tu n'as pas le droit de t'approcher de l'explosion, quitte à laisser mourir les blessés. Et même, dans ma fic, je les ai fait s'approcher du bord, mais en réalité, ils auraient dû rester à une bonne dizaine de mètre et attende que l'équipe de démineurs arrivent... Dans la réalité, le colonel aurait même pas autoriser à Masa de risquer sa vie pour descendre dans le trou. Perso... je trouve ça horrible. J'arrive pas à imaginer une pire mort... Quoique j'ai quelques idées pour faire mourir les autres... vous inquièter pas, Kai restera pas longtemps seul au Paradis è.é
