Bonsoir tout le monde! A l'aube de cette nouvelle semaine, je vous offre mon chapitre!

Il est très long et j'en suis fière! Surtout la scène de la fin ;^)

Dites-moi ce que vous en avez pensé!

Moi, je vais m'atteler à l'écriture d'un OS qui me trotte dans la tête depuis plus d'une semaine!

Et bien sûr, à la suite de cette fic!

A toute les revieweuses, followeuses, et liseuses (je voulais une rime! XD)

Bonne lectuure!


*Chapitre 16 : * Damn, I love her.

Ginny.

Par la barbe de Merlin... Comment ai-je pu en arriver là?

C'est encore pire qu'avant...

Je résume.

Après avoir rendu visite à Draco et avoir réussi à le faire reconnaître qu'il éprouve beaucoup de choses pour Hermione, je rentrais chez moi, fatiguée mais pleine d'espoirs. Et je découvrais ça. Bon sang, pourquoi se rend-t-il la vie aussi difficile? Sous le choc et en totale opposition avec sa supplique, je lui avais envoyé une réponse bien sentie.

Draco.

Je vais être brève et concise.

Je pense que tu n'as pas bien compris ce que tu pouvais attendre de moi.

Certes, je ne te tournerai pas le dos, mais il est hors de question que je fasse souffrir volontairement ma meilleure amie parce que le garçon dérangé et orgueilleux qui est tombé amoureux (oui, je ne lésine pas sur ce mot car c'est ce que tu es) d'elle souhaite la blesser en retour.

Sache que je refuse catégoriquement ton chantage affectif. Si tu veux vraiment une aide de ma part, c'est un conseil que je te donne : envoie un mot à Hermione - au lieu de m'en envoyer à moi - et demande-lui de te rendre visite. Vous avez de nombreuses choses à vous dire, qui sont restés en suspens. Et cela n'est pas bon de laisser une telle situation dans ce même suspens!

S'il te plaît, ne fais pas plus empirer les choses qu'elles ne le sont déjà...

Je viendrais te voir demain, avant Harry, car je sais bien que cette lettre sera déchirée dès que tu auras lu les mots «stupide» et «orgueilleux...

A demain, donc, et ne t'étonnes pas de me voir débarquer. De toute façon, tu ne pourras m'empêcher de franchir ta porte. Et tu sais que des excuses bidons ne marcheront pas avec moi. Alors, même si tu es «fatigué» ou «en pleine toilette», je rappliquerais.

Ginny.

PS : Ne m'appelle plus jamais Amour!

.

.

.

Le lendemain, donc, je retournais le voir.

Regard noir et atmosphère meutrière dès que j'avais poussé la porte. Génial.

- Tu as eu ma lettre?

- À ton avis.

Je lui fis un grand sourire, outrepassant sa colère.

- Bien, alors tu sais que je ne jouerais pas ta petite mascarade.

Il serra la mâchoire.

- Non, mais sérieusement, Draco, pourquoi ne veux-tu pas lui parler de tout cela?

- Tu crois que c'est facile? On ne va pas retourner au point de départ, Weasley, ne sois pas si stupide. Tu es la première à savoir que cette situation n'a rien d'évident.

- Mais qu'est-ce que tu attends, à la fin?!

Il eut un rire sans joie.

- Rien, justement. Tu ne peux pas comprendre. On n'est pas dans un monde rose et insouciant comme tu l'espères, Ginny. Granger, je la désire. J'ai envie de sa présence. Mais je la hais. C'est un paradoxe que je ne peux expliquer. Je souhaite qu'elle souffre mais qu'elle soit heureuse. Je ne veux pas qu'elle vienne me voir, mais elle me manque. Tout est tellement absurde. Ces sentiments sont absurdes. Tu ne peux pas comprendre... On se fait du mal. Chacun notre tour. C'est à celui qui détruira l'autre en premier. Et je ne me dévoilerai pas, jamais. Parce qu'elle saura qu'elle a une emprise sur moi. Et dans tous les cas, elle me détruira.

Il parlait avec une rancoeur mêlée de tristesse. Non, je ne comprenais pas...

- Tu es tellement sûr de cela... Ça n'est pas possible, tu sais? De s'aimer à s'en déchirer l'âme. Tu as juste peur de l'amour. Mais je trouve cela triste que tu en aies une vision aussi pessimiste... Hermione ne te ferait jamais de mal. Tu ne te rends pas compte... Si seulement tu essayais de...

- Non, trancha-t-il. Écoute, j'ai mes raisons. Visiblement, tu ne les partages pas. Mais je te demande de l'aide, et j'en ai vraiment besoin... Je ne peux pas assumer tout cela. Pas encore.

- Et donc tu veux mentir à tout le monde? dis-je, amère.

- Et donc je veux me permettre d'aller mieux, avant. Il y a trop de choses à gérer. Ma priorité est de sortir d'ici.

- Et tu y penses, à elle?

- Justement. Toi qui est si persuadée de ce qu'elle ressentirait, ne trouves-tu pas que c'est une bonne idée?

Il avait posé les yeux sur moi, et semblait être mu d'une telle conviction...

- Pardon?

- Si ce que tu dis est vrai, Granger sera jalouse. Déçue. Et énervée. Et tu sais bien que jamais elle n'avouerait par elle-même quelque chose d'aussi... contre-nature. Il lui faudrait un déclic. Ça pourrait être le bon. C'est une tête de mule. Je suis une tête de mule. Je t'offre une occasion en or de mettre en action ton plan.

- Ça n'est pas pour moi que je le fais.

- Ça ne change rien. C'est toi qui détiens les cartes.

Il n'avait pas l'air de croire une seconde en ce qu'il disait. Mais mon cerveau était déjà en train d'analyser ses dires. Et il aimait ce qu'il venait d'entendre. Après tout, pourquoi pas? Je connaissais bien Hermione pour savoir quel genre de réaction elle aurait. Elle était en plein déni. Draco avait soumis une idée qui finalement n'était peut-être pas si folle...

- Alors? demanda-t-il, car je ne répondais pas.

Je l'observais une dernière fois. Peu importe ce qu'il disait, j'étais persuadée au fond de moi qu'il espérait que j'accepte. Ce n'était pas pour blesser Hermione qu'il me demandait cela, c'était pour la faire réagir. J'en étais sûre.

J'acquiesçais lentement.

- C'est d'accord. À quelques conditions. Mais ne compte pas sur moi pour lui parler de toi. Ensuite, fais-lui du mal et je reviens t'enfoncer ma baguette entre les deux yeux, tu es un assez bon occlumens pour voir que je ne plaisante pas, je ne tolérerais pas que tu la blesses. Enfin, je veux que tu me promettes de lui dire la vérité lorsque ce sera le bon moment. Promets.

Il leva les yeux au ciel.

- Ça fait beaucoup de conditions, Weas..., Ginny. C'est un réflexe. J'accepte parce que c'est toi, et que tu me fais penser à autre chose que ma douleur. Je te promets de finir par lui dire.

- Merci.

Je me levais.

- A bientôt, Draco, et n'oublie rien de notre discussion. Essaye de te rétablir vite!

.

.

J'étais sortie, encore plus perdue qu'auparavant. Mais j'ai pour philosophie de ne jamais perdre espoir, aussi, je restais persuadée que j'avais bien agi.

Je me suis ensuite rendue au chevet, bien évidemment, de Harry. Il y avait encore deux journalistes qui attendaient devant sa chambre dans l'espoir d'obtenir quelques informations sur l'état du «héros national», comme ils se plaisaient à le dire.

Je ne sais jamais comment ils arrivent à franchir le seuil de l'hôpital, malgré l'interdiction pour les non-proches ou les patients de franchir les portes de l'établissement. Je les renvoyais méchamment et appelais la sécurité, avant d'enfin pouvoir voir Harry.

- Bonjour toi! Aujourd'hui est le jour de tes examens, donc nous n'avons qu'une petite heure devant nous. Mais ne t'inquiète pas, je compte bien en profiter et... OH MON DIEU !!

Devant moi, se trouvait l'homme que j'aimais, réveillé.


Hermione.

J'étais à la bibliothèque municipale sorcière de Londres, celle de Pré-au-Lard ne m'avait aidé en rien pour mes recherches.

À vrai dire, je piétinais.

Ne sachant pas quoi chercher, et n'ayant pas de point de départ, les heures que je passais à fouiller dans les livres étaient loin d'être fructueuses. De plus, le nouveau Ministère avait décidé de supprimer la plupart des ouvrages de Magie Noire dans les lieux publics.

Je pense que je me mettrais bientôt à arpenter les librairies privées, ou au moins chercher hors de Londres.

J'avais de plus en plus de temps à consacrer aux recherches sur sa Marque, étant donné que les patients à Sainte-Mangouste était - heureusement -de moins en moins nombreux, et ceux qui y restaient voyaient leur état s'améliorer au fil des semaines.

Bien sûr, cela n'était vrai que pour le service où j'aidais, les blessés plus graves n'étaient toujours pas sortis d'affaire.

Et Merlin sait qu'il y en avait beaucoup...

Pourtant je ne me sentais pas mieux.

Je repensais sans cesse à lui.

Je n'arrivais même plus à prononcer son nom. Mon coeur se levait à chaque fois. C'était absurde. Depuis que je l'avais vu dans cet état, depuis que j'avais ressenti sa douleur et sa déception, il ne quittait plus mes pensées.

Je crois que c'est parce que c'est la première fois que je fais du mal à quelqu'un, de cette manière-là du moins.

Mais je prends cela trop à coeur, je n'arrive même pas à comprendre pourquoi cela m'atteint autant! De savoir que je l'ai déçu, qu'il refuse de me revoir, qu'il se retrouve encore plus seul qu'il ne l'était avant.

Je n'avais pas une seconde de répit... Chaque nuit, chaque jour j'y repensais. Et je me demandais ce qu'il faisait, s'il allait bien, si son état s'arrangeait. Ce à quoi il pouvait penser seul dans cette chambre, si quelques fois il pensait à moi, autrement qu'en mal...

Je n'étais pas stupide, je savais qu'il se passait quelque chose en moi. Quelque chose que je ne pouvais définir. Quelque chose qui faisait que j'avais mal en repensant à lui, en repensant à nos disputes, en repensant au fait qu'avant il ne m'ignorait pas.

Tout était tellement plus simple quand on se vouait une haine sans bornes.

Maintenant je ne pouvais même plus le détester. Au contraire, c'est moi que je détestais.

En fait, bien souvent je repensais à ces dernières semaines. Ces deux derniers mois. C'était devenu ma routine, de lui rendre visite tous les jours.

De m'occuper de lui, de lui changer les idées. De le découvrir un peu plus humain et fragile, de savoir que je l'aidais. Parce qu'au fil des visites cela n'était plus une dette que je lui devais. C'était un échange, un rendez-vous volontaire. Je voulais sincèrement qu'il aille mieux. Sauf que maintenant je ne pouvais plus rien faire.

Alors je me surpassais, je me forçais à aller faire toutes ces recherches, dans l'espoir de trouver quelque chose. J'avais le pressentiment que cela n'était pas normal, et même s'il ne voulait plus que je me mêle de ce qui le concernait, je ne pouvais le laisser avec cette blessure.

Je savais que je m'accrochais, pourquoi je ne savais pas, mais je ne pouvais cesser de penser à lui. À Malefoy. Non, à Draco.

Je me rendais tous les jours à Sainte-Mangouste. Je rendais visite à Harry tous les jours, lorsqu'ils me laissaient. Je passais devant la chambre 225, et à chaque fois, j'avais ce serrement de coeur qui revenait. J'aimerais entrer.

Comme avant.

Je ne cherchais même plus à revoir Ron. J'avais abandonné, il me haïssait tellement. Je lui écrivais, encore et toujours, même si je savais que mes lettres finissaient déchirées. Je n'avais plus cette volonté, avec Ron. Et je crois que c'est cela qui m'effraie le plus.

Car cette même volonté ne s'estompait pas pour Malefoy. Au contraire, elle était doublée d'un espoir. Je ne comprenais plus. Tout avait évolué, même mes principes.

J'étais donc à la bibliothèque, comme tous les jours depuis cette dernière rencontre avec lui. Mais je n'arrivais pas à me concentrer. J'avais ce sentiment d'oppression qui me relance.

- Hermione!

Je sursautais. Ginny arrivait sur moi en courant.

- Mais qu'est-ce que tu fais là? demandais-je, étonnée.

La bibliothécaire nous lança un regard noir.

- Un peu de silence, je vous prie!

- De toute façon on s'en va! Allez, Hermione, dépêche-toi!

Elle me tira par le bras et m'entraîna vers la sortie. Je dûs lâcher le grimoire que j'avais dans les mains, Manifestations du corps et sortilèges.

- Mais enfin, Ginny, qu'est-ce qu'il se passe? Et... attends, je dois le ramasser!

- Pas le temps, j'ai dit! Harry s'est réveillé!

Mon coeur rata un battement.

- OH MON DIEU!

- Exactement!

.

.

- Je n'arrive pas à y croire!

J'avais les larmes aux yeux. Nous étions devant la chambre de Harry, attendant que les médicomages et infirmières qui étaient entrés aient fini leur analyses. Cela faisait une heure qu'ils avaient passé la porte.

Nous n'avions pas vraiment la tête à plaisanter mais c'était peut-être la meilleure chose à faire en attendant.

- Et mon donc! Hermione, je t'assure, j'ai ouvert la porte, commencé à parler, et lorsque j'ai relevé la tête, j'ai plongé dans ses magnifiques yeux émeraudes! Mon dieu, ce que ça m'avait manqué!

Oui, les yeux de Harry sont des perles.

- Et ensuite, tu as hurlé de toute tes forces, car tu croyais que tu hallucinais, dis-je en souriant.

C'est fou ce qu'elle l'aimait. Il suffisait de voir ses yeux en ce moment-même, pour s'en apercevoir.

- Oui, rit-elle, et une infirmière a rappliqué aussi vite qu'un Éclair de Feu. Et elle aussi s'est mise à crier!

Nous rimes en chœur. Cela nous permettait de ne pas trop nous affoler.

- La suite tu la connais, tous les médecins du service ont débarqués, et ils ne sont pas ressortis depuis. Tu crois qu'il y a beaucoup de choses à vérifier sur son état de santé?

- Je pense. Il a quand même subi beaucoup de dommages, et il a été branché sur un défibrillateur cardiaque plusieurs semaines d'affilée. Je sais que grâce à la magie le danger a vite été réduit, mais il a quand même eu de nombreuses blessures, et son coma a duré plus de deux mois. Je me rappelle, que lorsque je me suis réveillée ici, j'ai dû subir deux jours d'examens en tout genre. Harry va en avoir pour un mois...

Elle baissa les yeux.

- Oui je me souviens. J'aimerais que Ron soit là. Mais plus, j'aimerais Maman et Papa soient là.

Je la pris dans mes bras.

- Ils ne vont pas tarder, ils ont décidé de passer la journée au cimetière, là-bas les nouvelles n'arrivent pas. Hors, vu comme tu as crié dans la bibliothèque, je doute que la nouvelle ,n'aie pas déjà fait le tour de l'Angleterre. Demain cela fera les gros titres. « Harry Potter, le Retour. », tu imagines?

Je ne pouvais parler de Ron. Mais je réussis tout de même à la faire sourire.

- Ne m'en parle pas, je n'ose même pas imaginer le nombre de journalistes et de «fans» qui essaieront de passer ces portes.

Je soupirais. Oui, ce sera la cohue...

- Crois-tu que l'on pourra le voir avant demain? demandais-je, désespérée. Terence nous a pourtant dit qu'il nous tenait au courant!

Elle leva les yeux au ciel.

- Ce sont des paroles dans le vent. Ton médicomage a beau être le plus sexy et le plus compréhensif des médecins d'ici, il n'en reste pas moi un professionnel. Autrement dit, il est là pour nous rassurer.

Je grimaçais.

- Je ne le trouve pas sexy. Ce n'est pas du tout mon genre.

Elle leva un sourcil.

- Ne me mens pas, Hermione Granger. Un grand blond aux yeux bleus? C'est tout à fait ton genre.

À cette phrase, ce fut l'image d'une autre personne qui me vint à l'esprit. Je serrais les dents.

Pas lui.

- Hermione... Je sais à qui tu penses.

Je relevais la tête.

- Non, ce n'est rien, je me disais juste... enfin...

Mais la fin de ma phrase se perdit.

- Vas le voir.

J'écarquillais les yeux. Était-elle folle?

- Je suis très sérieuse, Hermione. Vas le voir.

- Tu sais très bien qu'il ne veut pas de visites.

- Non, il ré-accepte de recevoir des gens. Je suis allée le voir hier.

Mon souffle se coupa.

- Quoi? Tu es allée le voir? Et tu ne m'as rien dit? Comment as-tu pu rentrer dans sa chambre? soufflais-je.

Elle baissa la voix.

- J'ai défoncé la porte. Non, mais sérieusement Hermione, tu ne faisais rien! Tu te contentais d'errer devant sa porte en attendant qu'elle s'ouvre, je te pensais plus lionne que cela! Agis, maintenant! Je t'ai ouvert la voie!

Je n'y crois pas!

- Oh, c'est pas vrai, qu'est-ce qu'il t'a pris? Il me déteste, Ginny! Et ça ne changera pas!

Elle plissa les yeux et me lança :

- Tu ne laisses jamais tomber d'habitude, pire, tu fonces tête baissée dès qu'il y a une infime chance. Pourquoi tu réagis comme cela, tout à coup, tu as peur?

Je ne répondis pas.

Bien sûr que j'avais peur! Je ne voulais pas revoir son expression de déception, ni la colère dans ses yeux.

Même si j'avais une terrible envie de courir jusqu'à sa chambre.

- Allez, Hermione... Tu restes celle qu'il a nommé pour sa prise en charge... Je pensais que tu aurais au minimum envie d'avoir de ses nouvelles...

Sa voix était traînante. Je réagis au quart de tour.

- Mais bien sûr que j'ai envie d'avoir de ses nouvelles, je ne souhaite que cela depuis des jours Ginny! Mais s'il n'a pas envie de me voir, s'il souhaite tout sauf ma visite, qu'est-ce que je fais? Je ne peux pas débarquer comme une fleur et lui demander s'il va bien! Je pense d'abord à lui!

Elle leva les yeux au ciel.

- Mais justement! Fonce! Tu verras bien ce qu'il se passera! Oh, tu réfléchis trop! Sincèrement, Hermione, c'est quoi le pire? D'aller le voir pour prendre de ses nouvelles au risque de se faire rejeter ou de ne jamais lui rendre visite et le laisser croire que cela te laisse indifférente? Je peux savoir?

Je me mordis la lèvre. Elle avait totalement raison...

- J'ai totalement raison, n'est-ce pas?

Elle sourit. Je mordis ma lèvre encore plus fort.

- Tu réagis vraiment n'importe comment quand il s'agit de Draco, tu n'es plus toi-même... Vas-y Hermione, je reste ici de toute façon.

- Tu penses vraiment que...?

- Fonce, je te dis. Sinon tu le regretteras encore plus.

Elle se releva, pour m'obliger à me lever à mon tour.

- Et n'oublie pas qu'il est encore sous le choc. Ne fais pas attention à ses insultes. À tout à l'heure.

Je me mis à avancer dans le couloir, sans vraiment savoir quoi faire. J'étais perdue.

- Hermione, c'est de l'autre côté...

- Ah oui... C'est vrai...

- Ca va aller.

Je n'en étais pas si sûre. J'arrivais au bout du couloir. Je me retournais une dernière fois.

Ginny me fit un signe d'encouragement.

- Ginny? l'appelais-je, assez fort pour qu'elle m'entende.

- Oui?

- Merci.

Elle me fit un grand sourire, et retourna se placer devant la porte de Harry.

Et moi, j'arrivais devant celle de Malefoy, et mon coeur battait à deux cent à l'heure...


Draco.

Trois petits coups furent frappés sur la porte.

Trois petits coups brefs, doux. Je savais qui c'était.

Et je la regardais entrer en essayant de ne pas penser à mon coeur qui tambourinait si fort au fond de moi.

- Bonjour..., dit-elle, hésitante.

Je ne pus même pas répondre.

Je lui en voulais d'être si belle.

- Je... Ginny m'a dit que tu avais accepté de la recevoir, alors je me suis dit que je pouvais peut-être venir prendre de tes nouvelles, enfin si tu préfères que je parte je peux te laisser tu sais je...

- Est-ce que tu as essayé de venir me voir avant?, la coupais-je. Par toi-même je veux dire.

Mon ton était cassant. Je ne voulais pas être si dur mais je n'arrivais pas à prendre un ton détaché. Elle cilla.

Je connaissais la réponse mais voulait l'entendre de sa bouche.

- Je...

Elle baissa les yeux.

- Je vois, dis-je, acide.

Elle s'approcha du lit, mais resta quand même en retrait.

- Non, ce n'est pas ce que je voulais dire! Je... oui, j'ai essayé de venir te voir. Souvent, même. Mais je m'arrêtais devant la porte. Je n'osais pas la franchir... Je sais bien que tu me détestes, et que tu avais insisté sur le fait que tu ne voulais plus jamais me revoir, alors je n'ai jamais eu le courage de pousser la poignée...

Je la détaillais.

Elle avait le visage creusé de cernes, et ses cheveux étaient attachés en un chignon tombant, laissant échapper quelques unes de ses longues mèches. Elle était en robe, une robe noire, qui la rendait encore plus pâle (et je m'y connais en pâleur), et ses mains tremblaient.

Elle fixait la fenêtre, mais je voyais dans ses yeux qu'elle s'en voulait et qu'elle était dépassée par la situation.

Je sais que c'est mal, mais cela me plut. Cela signifiait qu'elle s'était inquiétée pour moi, et donc, qu'elle n'était pas totalement indifférente à mon sort.

- Je suis désolée, je suis terriblement désolée de tout ce qu'il t'arrive, crois-moi je suis loin de m'en moquer, et si je...

- Assieds-toi.

Elle se tourna vers moi, surprise. Je lui montrais le bord du lit, qu'elle rejoignit après un moment d'hésitation. Comment avais-je pu ne jamais m'en rendre compte?

Elle avait cette espèce de fragilité, sous cette carapace d'assurance qu'elle voulait toujours montrer. Je l'avais toujours vu en insupportable Miss Je-Sais-Tout, puis en femme au tempérament explosif.

Mais jamais je ne l'avais vue ainsi, aussi perdue, aussi si peu sûre d'elle, et surtout, aussi accessible.

- Comment vas-tu? demanda-t-elle en un souffle.

- Pas trop mal. Cela t'intéresse réellement?

J'avoue, cela me plaisait de la savoir à ma botte. Elle fronça les sourcils.

- Bien sûr que cela m'intéresse! Pour qui me prends-tu? Je me suis inquiétée pour toi, tu n'as pas le droit de croire le contraire!

Je ne sais pas si j'avais mal vu, mais je crus voir une larme perler au coin de ses yeux.

- Je te crois. C'est juste difficilement compréhensible. Tu as changé, Granger.

Elle se mordit la lèvre, sa mauvaise habitude. Je l'avais remarqué il y a quelques temps.

- Je me suis mise à t'apprécier. Bien sûr que j'ai changé. Mais cela ne me dit pas comment tu vas.

Je soupirais.

- Ça va mieux. Je prends du recul. Je crois qu'au fond de moi je savais qu'ils allaient mourir. Je m'y étais préparé, de toute façon. Mais c'est de ne pas l'avoir appris par toi qui m'a le plus blessé. Parce que quand j'ai compris que tu savais déjà, et que tu ne m'avais rien dit, j'ai pris cela pour une trahison.

Elle retena son souffle.

- Et plus maintenant?

- Si. Mais je comprends mieux, Granger. Quelque part cela me plaît de savoir que tu ne voulais pas me faire du mal. C'est fou ce que ça valorise.

- Mais tu m'en veux.

- Oui, je t'en veux. Tu sais, que je ne voulais pas te revoir. Mais ta copine m'a persuadé.

Et le pire, c'est qu'en te regardant je ne peux t'en vouloir.

- Mais cela a toujours été ainsi. Quand ça n'est pas moi, c'est toi. On fonctionne comme ça. Je finirais par te blesser à mon tour.

Elle eut un sourire triste.

- On était fait pour se détester...

- Est-ce que tu me détestes?

J'avais besoin de savoir.

Elle releva la tête, et mes yeux se noyèrent dans les siens. Ils reflètaient la tristesse.

- Je n'arrive pas à croire que tu me poses encore cette question. Non. Bien sûr que non. Je m'inquiète même plus pour toi que pour Ronald.

Je haussais un sourcil.

- De toute façon il ne te méritait pas.

- Pardon?

Elle avait l'air sincèrement choquée.

- Je suis sérieux.

Elle tourna la tête, mettant ainsi fin à notre échange de regard. Je la regardais peut-être trop intensément.

- Moi c'est Pansy que je ne méritais pas.

Je serrais les poings.

Ne pas repenser à cela, à elle, à la bataille...

- Comment va ton bras?

Un échappatoire, super.

- Je croyais t'avoir dit que je ne voulais plus en parler.

Elle posa son bras sur mon bandage.

- Je sais. Mais ça n'est pas rien, Malefoy.

- Ne m'appelle plus comme ça, répondis-je tout de suite.

Elle me regarda, surprise.

- Je... Désolée, je n'ai pas réfléchis... Draco.

Cela me contracta la poitrine, de l'entendre prononcer mon nom ainsi.

Elle m'attirait, irrémédiablement.

- Je ne veux plus penser à eux. Alors ne m'appelle plus comme ça, répétais-je seulement.

Elle acquiesça.

- Si tu veux revenir de temps en temps pour mon bras, ça ne me gêne pas. J'accepte de recevoir Ginny, alors pourquoi pas toi...

Elle se mordit la lèvre plus fort. Je suis désolé, Hermione.

Mais je vais te faire mal.


Hermione.

Il l'appelle par son prénom...

Je pensais que c'était plutôt bien reparti... Mon estomac se serra.

Des larmes amères me montèrent aux yeux, mais je me retint.

- Elle me l'a dit, oui. Vous êtes proches?

J'évitais de le regarder; j'avais essayé de garder un ton neutre.

Pourquoi avais-je quand même mal?

J'avais peur de la réponse.

- Assez, oui. J'apprécie sa compagnie.

Et voilà. C'était ce que je ne voulais pas entendre.

- Oh... Alors, vous vous êtes beaucoup rapprochés.

Il semblait mal à l'aise, il avait perdu de l'assurance.

Enfin cela dura un dixième de seconde. J'avais dû rêver.

- Oui, on peut dire cela comme cela. On s'est... rapprochés.

Alors c'était cela. Il avait raison, on était fait pour se détester.

Je ne sais pas pourquoi j'étais venue, de toute manière je ne lui serais plus d'une aide précieuse, ici.

Lui continuait à parler.

- Je ne sais pas comment le définir, mais j'ai l'impression qu'elle me comprend. Je ne sais pas ce qu'il se passe, mais je crois...

J'avais besoin de sortir de cette pièce, de m'éloigner de lui. J'avais peur de comprendre quelque chose, quelque chose qui ne m'apporterait rien de bon.

- ... et elle a un certain charme, je dois bien l'avouer.

- Je vais y aller. Je... Harry s'est réveillé. Je veux être près de lui lorsque les visites seront autorisées. Je... Je suis désolée.

Je tremblais, j'espère qu'il ne le remarqua pas. J'avais besoin de partir, et vite, j'avais l'impression d'étouffer.

- Granger...

Il essaya de croiser mon regard. Je ne lui fis pas ce plaisir.

- Je dirais à Ginny de revenir te voir.

Je lui tournais le dos, et attrapais le sac que j'avais posé plus tôt au pied du lit.

- Si tu as besoin de quelque chose, n'hésite pas, après tout je suis encore celle que tu as désigné pour s'occuper de toi, enfin, pour l'instant.

Je fis mine de chercher quelque chose dans mon sac. Bon sang mes mains tremblaient beaucoup trop!

- Granger...

Je me levais, mais ne pus pas encore avancer.

- Je suis contente de t'avoir revu, et d'être toujours en vie.

Je ris nerveusement.

- Mais bon, je vais te laisser te reposer, tu dois sûrement être fatigué. Ne force pas trop sur ton bras, prends bien les potions que te donnent le médicomage, même si tu ne supportes pas leur goût.

- Granger, attends...

- Je vais te laisser tranquille, répétais-je.

Je voulus m'éloigner en vitesse et sortir de cette atmosphère étouffante, mais une force m'empêcha d'avancer.

Je jetais un oeil, surprise. Malefoy me retenait par le poignet, avec son bras indemne.

- Non, murmura-t-il seulement.

Et doucement, comme au ralenti, je me sentis retomber sur le lit.

Je le vis s'approcher de mon visage, et distinguer ses iris grises qui semblaient tellement plus sombres.

Il était plus proche que jamais, et je pouvais distinguer les nuances de couleurs de ses pupilles. Il fixait ma bouche, et je le vis fondre dangereusement sur moi.

Mon coeur rata un battement lorsque je sentis son souffle sur mon cou, et un frisson me parcourut. Je ne maîtrisais plus rien, je n'arrivais plus à bouger. Je ne comprenais plus rien. Il avait resserré sa prise comme pour m'empêcher de partir, mais de toute évidence je n'en aurais rien fait.

- Oh Granger..., murmura-t-il, et ses lèvres s'emparèrent des miennes.

J'étais paralysée, mais son baiser me brûla. Il fit littéralement tout fondre en moi.

Son baiser était un poison, qui répandait des frissons et de la chaleur dans tout mon corps.

Mon coeur avait cessé de battre, moi, de me débattre.

Je ne pouvais plus penser, plus bouger, j'étais là, sur ce lit, à me sentir m'envoler, brûlante, perdue, aux prises avec ce garçon qui ne m'aimait pas, et qui pourtant m'embrassait avec passion.

Draco et Ginny.

Se sont rapprochés.

Que fais-tu donc?

Cette petite voix au fond de moi me donna la force de tout arrêter.

Je le repoussais violemment. Je pris mon sac et m'éloigna avec force de lui.

J'avais encore le goût de ses lèvres sur les miennes. Mais la douleur le remplaça bien vite, puissante, lancinante.

J'étais essouflée, mais je pus quand même lui dire une dernière chose avant de quitter la pièce.


Draco.

- Je crois que tu m'as confondu avec Ginny, chuchota-t-elle.

Si seulement tu savais...

Je ne savais pas ce qu'il m'avait pris. La voir ainsi, si frêle, si déçue et si blessée, je n'avais pas pu résister.

Je n'avais même pas réfléchi aux gestes, j'ai juste su qu'il fallait que je la retienne, là, où ce serait trop tard.

Je ne savais pas comment réparer cette erreur. Mais j'avais lu dans ses yeux qu'elle avait ressenti quelque chose, comme moi.

Je ne la désire que plus. Et je savais qu'elle ne quitterait plus mes pensées avant longtemps.

Je penserais aux conséquences plus tard.

J'avais le goût des lèvres d'Hermione Granger gravé à jamais dans ma mémoire, et, par Salazar, que c'était bon.

Et je n'avais plus de doute désormais : je ne regrettais plus de l'avoir sauvée, ni d'avoir sacrifié tout ce que j'ai sacrifié depuis la bataille.

J'étais peut-être même déjà amoureux d'elle à ce moment-là.


Alors?

J'ai réussi à vous faire pleurer? :D

Ou au moins à vous frustrer! Allez, dites-moi que oui!

A la semaine prochaine! :D