A/N : Finalement une mise à jour! Pardonnez ce gargantuesque retard…je vous avais prévenu que j'étais très occupé. Pour me faire pardonner, voici LE plus long de mes chapitres. J'espère que vous aimerez! C'est un peu fleur bleue, je dois l 'avouer ^^

Ah et en prime…un lemon à la fin, lecteurs prudes, vous êtes prévenus!

Merci encore à mes fidèles revieweuses ^^

Chapitre 16: Réalisations

«…Alors, que se passe-t-il avec la jeune miko?»

«…Elle est très malade, elle a de la difficulté à se nourrir, elle peut à peine bouger tant elle est fatiguée et…»

«Nous avons de bonnes raisons de croire qu'elle a été victime d'un empoisonnement…volontaire. Je veux que vous vérifiez si tel est le cas»

«Qu-quoi? Tu ne m'as jamais dit ça!», s'emporta Inu-Yasha en regardant Sesshomaru. Mais son demi-frère ne se donna pas la peine de lui prêter attention.

«…Empoisonnement, n'est-ce pas? Très bien…mais vous savez…ces genres de vérifications coûtent…»

«L'aspect monétaire ne fait pas partie de mes préoccupations. Faites tout ce que vous avez à faire et je paierez»

«…Très bien…Le poison colle bien avec ses symptômes, je vais donc vérifier cette possibilité en premier…Ya-t-il d'autres troubles chez cette femme qui nécessitent mes soins?»

«…Pour le reste, vérifiez auprès d'elle…», se contenta de répondre Sesshomaru tandis qu'il fixait Rin, profondément assoupie.

«Comme vous voudrez…» […]

Peu de temps après leur conversation, la miko chassa les deux hommes de la chambre de Rin pour ne pas être déconcentrée pendant qu'elle examinait la jeune femme. Un silence de plomb s'installa rapidement entre les deux frères, mais à la grande déception de Sesshomaru, cette situation n'allait pas durer.

«Dis…c'est bien beau cette attitude de gentilhomme mais….que feras-tu si Rin est réellement…»

«…Idiot. Elle n'est pas enceinte»

Inu-Yasha resta un instant silencieux tandis qu'il regardait suspicieusement son demi-frère. Il aimerait bien être capable de sortir Sesshomaru de sa carapace de déni, mais il n'avait eu que très peu de succès jusqu'à maintenant, le youkai se contentant de couper court à la conversation, à coup de certitudes artificielles et de faits non prouvés.

«Tu peux me traiter d'idiot autant de fois que tu le souhaites…mais ça ne changera rien à la situation. Tu devrais réfléchir à ça…Sesshomaru…»

Le youkai resta silencieux.

«J'ai un petit creux, je vais aller faire le tour des marchés avant qu'ils ne ferment…», se contenta de dire Inu-Yasha, qui quitta rapidement la pièce.

«Qu'as-tu mangé récemment, jeune fille?»

«…Pas grand chose. Cela fait quelques jours que je n'ai plus réellement essayé d'avaler quoi que ce soit…je suis tout le temps malade…»

«C'est mauvais signe, tu ne reprendra pas de force si tu ne te nourries pas convenablement…»

«…Oh oui c'est vrai! J'ai mangé un peu de viande grillée hier soir…C'est une des rares fois ou je n'ai pas été malade…»

«Intéressant…tu manges souvent de la viande?», s'enquit la vieille femme avec un air intéressé.

«Heu…oui. C'est à peu près tout ce qu'il y a à manger sur ces terres…»

«…Je vois…Tiens, prends cette infusion, ça t'aideras à prendre du mieux…il y a plusieurs choses dans cette boisson que tu ne retrouves pas dans la viande!»

«Arigato…Sadae-sama…Mais j'oubliais de vous mentionner, je prends déjà régulièrement quelques infusions!», s'exclama Rin, qui accepta la tasse de la vieille femme.

«Ah bon? Quelle sorte?»

«Ah…et bien, je prends des funin'kusa…»

«…Pour ne pas concevoir?»

«Hai…et c'est aussi pour chasser les you…»

«Bien sûr, bien sûr…le réflexe de la guerrière, je connais», coupa la miko. «Mais si tu prends ces herbes, nécessairement, quelqu'un doit te toucher. Qui est-ce? Un de tes deux compagnons?»

Rin vira à l'écarlate.

«Heu…personne ne m'a touché récemment…Sadae-sama…»

«…Très bien…je voulais seulement vérifier…Normalement, lorsque je croise des guerrières qui prennent ces herbes et qui ont des petits ennuis de santé, plusieurs souhaitent vérifier si elle porte un enfant, car tu sais…rien ne bloque entièrement la fertilité des femmes…particulièrement celle des jeunes…femmes…», répondit Sadae en lui lançant un regard sagace.

Rin la regarda d'un air troublé. La miko faisait partie de ces femmes sages à qui on ne peut rien cacher!

«…Et bien, avec toutes ces nausées…je me pose effectivement quelques questions…», avoua Rin. «…Et…mes saignements ne viennent pas…»

«…On parle de quel type de retard?»

«…Deux mois…je crois…»

«Plusieurs choses peuvent te retarder. Cependant, je suis d'avis qu'il faut absolument vérifier. Les terres du Nord sont froides, dangereuses, et des youkais ne devraient peut-être pas traîner avec eux une femme qui attend un enfant, si tel est le cas…évidemment. J'ai besoin d'un échantillon de ton urine pour faire quelques tests…nous aurons la réponse d'ici deux jours»

«…D'accord…»

Les deux prochains jours s'annonçaient interminables.

«C'est bon…youkai-sama. J'ai terminé mes examens avec la jeune femme. Je crois qu'elle dort…», annonça la miko qui venait tout juste d'ouvrir la porte. «Vous pouvez entrer si vous voulez, mais ne faites pas trop de bruit. Elle fait un peu de fièvre et elle a besoin de dormir…»

Sesshomaru se releva lentement et entra dans la chambre de Rin avec une fausse nonchalance. Quelques gouttelettes de sueur perlaient sur le front de la jeune femme, qui semblait heureusement plongée dans un sommeil sans rêve. Le youkai se laissa choir près d'elle, et la contempla longuement avec sa froideur habituelle.

Mais à l'intérieur, Sesshomaru était tout sauf calme, l'inquiétude le rongeait, tout comme le silence de la vieille femme. Il voulait…devait…savoir.

«…Vous avez parlé avec elle?»

«Bien sûr youkai-sama. Elle m'a fait un exposé détaillé de ses souffrances. Je dois convenir que le poison reste une issue très plausible…je lui ai déjà donné un remède…nous verrons si elle va mieux à son réveil…»

«…Vous n'avez rien trouvé d'autre?»

«Non…sauf le fait qu'elle s'alimente très mal. Une partie de ses souffrances sont peut-être causé par l'excès de viande. Elle n'est pas comme vous, youkai-sama, elle a besoin de manger d'autres choses pour rester en bonne santé…»

«…Je vois…c'est tout?»

«Quelle est cette drôle de question, youkai-sama? Si je savais autre chose, je vous l'aurais dit…»

«…Vous a-t-elle parlé du fait qu'elle se croit enceinte?», demanda Sesshomaru avec son flegme habituel, même s'il sentait son système s'emballer.

«…Tiens…vous êtes au courant…Alors c'est vous qui l'avez touché, c'est bien ça?», s'enquit la miko.

«…Je ne vois pas d'où vous vient cette idée. Les femmes humaines ne m'intéressent pas», rétorqua Sesshomaru, qui laissait transparaître son irritation.

«Cette piètre excuse, plusieurs youkais me l'ont récité avant vous…Votre histoire est plutôt commune…Celle du youkai qui s'éprend d'une jeune humaine…parce qu'elle est pure et fraîche…il décide donc de l'amener avec lui quelques temps, question de profiter de son innocence…Et…l'histoire se termine aussi rapidement qu'elle a commencé avec l'arrivée d'un hanyou. Le youkai abandonne alors son humaine dans le premier village qu'il trouve et ne revient plus jamais…tandis que la femme et son bâtard seront exclus et rejetés jusqu'à leur dernier souffle»

La vieille femme remarqua que son interlocuteur serra très peu subtilement la mâchoire.

«…Femme…tu n'as pas répondu à ma question…»

«…Même si je le souhaitais, je ne pourrais y répondre, les tests prennent du temps à montrer leur résultat. Et je laisserai le soin à la femme de vous annoncer — ou non — la nouvelle, je ne voudrais surtout pas que vous filiez avant même de lui parler…»

Sesshomaru se tourna vers la femme pour lui lancer un regard létal. Ses iris avaient viré au rouge.

«Je n'ai rien à faire de vos insinuations de pacotille. Rin sait qu'elle peut me faire confiance…elle me dira la vérité…», rétorqua Sesshomaru, qui mourrait d'envie d'exterminer la vieille femme sur le champ.

La miko écarquilla les yeux.

«La jeune femme s'appelle Rin?»

Sesshomaru resta silencieux et maugréa mentalement contre lui-même. Il venait de griller son anonymat.

«…Rin…la jeune miko? La porteuse du…»

«Silence femme, sa présence ici doit rester secrète…»

«Alors…vous êtes donc le fils d'Inu…»

«Pour notre sécurité…et la vôtre, il est préférable de ne pas révéler notre présence ou notre identité…»

«Les troupes de la reine maudite vous cherchent…évidemment…Cela restera un secret, youkai-sama. Vous pouvez me faire confiance.»

«…»

«…Pardonnez-moi pour cette impolitesse…J'ai déjà entendu parler de vous…et de votre protégée…Je suppose que j'ai eu tort lorsque je vous ai comparé à d'autres youkais…»

«…»

«…Si vous le souhaitez…et si la femme le souhaite, je vous dirai quels sont les résultats du test dès que je les aurai…»

«…»

«Cette vieille femme a sommeil, si vous me le permettez, je vais de ce pas dormir quelques heures…Libre à vous de mettre un linge tiède sur son visage si elle fait trop de fièvre…»

Sadae quitta la pièce, toujours estomaquée par la nouvelle.

Des légendes concernant le fils d'Inu-Taisho circulait déjà depuis quelques années. On disait de lui qu'il avait sauvé une va nu pied humaine et qu'il la protégeait jalousement depuis qu'elle était avec lui.

Plusieurs humains avaient appris à admirer Sesshomaru depuis qu'ils avaient entendu l'histoire…lui qui était autrefois si cruel et méprisant avec cette espèce… avait pourtant ramené une orpheline violentée à la vie. Même Sadae avait profondément été touchée par ce qui ne devait être qu'une légende…

Sesshomaru et Rin…leur histoire était bien connue…

La vieille femme réprima un sourire. Le youkai s'est épris d'elle…Un secret fort intéressant…

Sesshomaru et Rin…Inu-Taisho et Izayoi…

L'histoire se répète.

Les deux jours suivants furent très tranquilles. La neige continuait de tomber, et les rafales créaient parfois des blizzards momentanés. Rin prenait graduellement du mieux, mais elle dormait beaucoup. La vieille femme avait expliqué que le sommeil était essentiel pour éliminer les toxines qui étaient dans son sang. Sesshomaru était resté à son chevet, tandis qu'Inu-Yasha traînait le plus souvent dans la pièce voisine où il dormait. Il roupillait si souvent que même Sesshomaru commençait à sérieusement se poser des questions sur l'état du hanyou, mais Inu-Yasha refusait systématiquement de s'adresser à la miko, et ce n'est certainement pas Sesshomaru qui allait se donner la peine de le sermonner à ce sujet!

La troisième journée au village d'Ôkura était en train de s'amorcer. Le soleil transperçait de moins en moins timidement la nuit mourante. Rin ouvrit finalement les yeux lorsque quelques rayons dardèrent son visage. Elle remarqua que Sesshomaru était debout, près de la fenêtre, occupé à regarder la levée du jour.

«…La neige a cessé…», observa nonchalamment Sesshomaru, apparemment déjà informé du réveil de la jeune femme.

«…Et je crois que ma fièvre est disparue…», observa Rin, qui se massait les tempes.

La vieille miko se décida ensuite à entrer dans la pièce, avec une théière entre ses mains.

«Bon matin, jeune fille…», dit-elle en donnant une tasse à Rin.

«Bonjour, Sadae-sama!», lança Rin avec enthousiasme.

«Tu sembles aller mieux à ce je vois. Ta fièvre est tombée, n'est-ce pas?»

«Oui, je vais beaucoup mieux, je n'ai plus de fièvre, ni de nausées…et je meurs de faim!»

«Très bien…je vais pouvoir te laisser aller aujourd'hui…tu vas pouvoir aller profiter du soleil…», répondit la miko. «…J'ai vérifié les résultats de tes tests, Rin…»

La joie matinale fut rapidement remplacée par l'angoisse, comment avait-elle pu oublier ce détail? Elle regarda du côté de Sesshomaru. Il était toujours face à la fenêtre, immobile et apparemment impassible, quoique ses épaules paraissaient légèrement tendues.

«…Que disent-ils?», articula la jeune femme.

«Tous négatifs, tu n'es pas enceinte…»

La vieille femme fut profondément amusée par les réactions de ses interlocuteurs, Rin poussant un long soupir de soulagement, au moment même où les épaules de Sesshomaru se relaxèrent et reprenaient leur niveau normal.

«En revanche, ton corps en dit beaucoup sur ton état. Tes responsabilités doivent être très lourdes à supporter, mais tu dois tout de même te reposer et te nourrir convenablement…et tu dois cesser d'accumuler du stress, apprends à méditer…le youkai pourrait sûrement t'apprendre, il me semble être un expert en la matière», continua la vieille femme avec un sourire en coin.

«Merci beaucoup…Sadae-sama, merci pour tout!», s'exclama Rin en engouffrant son visage dans ses mains.

«…Youkai-sama…si vous souhaitez voyager avec cette jeune femme, il faut veiller sur elle. Assurez-vous qu'elle ne manque de rien, et assurez-vous de garder les ennemis loin d'elle…Certains semblent en savoir un peu trop à votre sujet…», glissa la miko. «L'assaillant de Rin doit avoir eu vent de ce qui se trame entre vous et elle…il a choisit son poison avec soin…»

Sesshomaru lança un regard sévère à la miko, tandis que Rin cédait à l'angoisse.

«…Ne vous préoccupez point de ces détails…je m'assurerai personnellement que le fautif soit puni…», répondit le youkai avec une colère tranquille.

«…J'espère bien…», murmura la vieille femme. «Bon et bien je vais vous laisser seuls et aller me faire d'autre thé…vous devez avoir beaucoup de chose à vous dire…», commenta Sadae en quittant la chambre.

Sesshomaru et Rin regardèrent la femme quitter les lieux. Même après son départ, tous deux fixèrent la porte close, sans oser briser le silence. Ni l'un ni l'autre ne savaient quoi dire!

Finalement, Sesshomaru se dirigea lui aussi à la porte et l'ouvrit. Il recula d'un pas, afin de libérer la sortie. Il tourna la tête vers Rin, qui s'approcha timidement et s'arrêta devant l'encadrure. Elle lança un regard curieux au youkai. Ce dernier fut quelque peu ennuyé par sa réaction. Ne comprenait-elle pas son geste évident de courtoisie?

«Après toi, Rin…»

Elle écarquilla les yeux.

«Oh! Heu…merci!»

Elle sortit avec précipitation de la pièce. Elle faillit perdre pied, mais reprit rapidement son équilibre et quitta avec le peu de dignité qui lui restait.

«Hmph…»

Décidément, Rin avait trop peu d'expérience avec la gent masculine…

Quelques brefs instants plus tard…

«Inu-Yasha! C'est ridicule! Pourquoi n'as-tu pas consulté Sadae-sama! Tu es malade toi-aussi!», s'emporta Rin, les poings serrés.

«N'importe quoi! Je vais très bien!»

«Non c'est faux! Tu es pâle, tu es cerné et et…»

Sesshomaru regarda la scène avec amusement. Heureusement, il subissait rarement les foudres de Rin. Disons que l'entêtement du hanyou ne faisait rien pour aider.

«Tu ne vas pas bien!»

«Non je vais très bien! Et pas question de perdre une minute de plus ici! Il faut retourner au camp et traverser cette satanée montagne!»

«…Nous ne sommes pas si pressés, Rin doit se préparer avant la traversée…Cela pourrait prendre une journée complète…», commenta Sesshomaru avec flegme.

«Ah non! Toi, ne t'en mêle pas!», s'emporta le hanyou.

«Inu-Yasha! Assis!»

Pouf! Inu-Yasha s'écrasa pathétiquement sur le sol. La miko décida de s'en mêler elle aussi.

«Que se passe-t-il ici?»

«Inu-Yasha, il est malade! Je suis certaine qu'ils ont essayé de l'empoisonner lui-aussi!», s'exclama Rin.

«C'est ridicule, je vais très bien!», s'exclama Inu-Yasha en se relevant.

«Du calme du calme…As-tu mangé la même chose que Rin?»

«Assez souvent…oui…»

«Et tu es un hanyou, n'est-ce pas?»

«…»

Inu-Yasha était cuit. Son entêtement l'a condamné à rester une journée de plus dans la demeure de la miko, à subir examens et myriades de concoctions qu'il détesteraient avec passion.

Rin et Sesshomaru sortirent tous deux de la demeure de la miko. Rin dut poser une main au-dessus de ses yeux pour se protéger du soleil, qui brillait de tous ses feux dans le ciel, et sur la neige.

«Sesshomaru…Je ne comprends pas du tout, qu'est-ce que vous voulez dire lorsque vous affirmez que je dois me préparer avant d'escalader les montagnes?»

Une brise glaciale s'abattit alors sur la jeune femme. Un frisson parcourra son dos.

«…Tu as froid?», demanda Sesshomaru.

«Je vois mal comment je pourrais être confortable avec une pareille température! Ne ressentez-vous donc pas le vent glacé?»

Sans plus de mot, le youkai poursuivit sa marche, apparemment en direction des marchés d'Ôkura, déjà bondés de villageois.

«On va au village? Je croyais que vous détestiez les villages humains!»

Sesshomaru tira le capuchon de sa cape afin de le poser sur sa tête, un changement anodin qui faisait toute la différence. De profil, la chevelure argentée du youkai était complètement invisible.

«Essayons de garder un profil discret, des espions pourraient rôder…», répondit-il en se tournant vers elle. «Évitons d'utiliser nos noms, selon la miko, plusieurs gens ont entendu parler de nous…»

Rin remarqua avec amusement que le capuchon de Sesshomaru lui cachait suffisamment le visage pour camoufler les marques sur ses joues. C'est sans compter que les cheveux sur son front étaient placés de façon à cacher son croissant de lune.

«…C'est drôle, vous avez presque l'air d'un humain!»

«…Ne m'insulte pas.»

«Non, mais, c'est un compliment, vous vous camouflez à merveille!», rétorqua Rin avec amusement.

«…Hmph…»

Une fois arrivé au village, le youkai s'arrêta devant un marchand de capes. Rin le regarda curieusement.

«Puis-je vous aidez, monsieur?», s'enquit le marchand, un vieil homme borgne.

«…La femme à côté de moi, trouvez-lui une meilleure cape…»

Le borgne se tourna vers Rin.

«Ce ne sera pas très difficile, cette jeune femme n'est pas habillée pour survivre au froid!»

Le marchand montra différents modèles à Rin, qui ne savait franchement pas quoi choisir! De nature modeste, elle pointa une des capes les plus simples. Après tout, elle ignorait les moyens du maître! Avait-il sur lui de l'argent humain? Sesshomaru lui lança un regard agacé. Il en acheta finalement une autre. Elle était fait d'un très épais tissu bourgogne, de la fourrure couvrait les épaules et une partie du capuchon. C'était probablement l'une des plus chères du lot, le genre de vêtement que Rin n'envisage même pas de regarder! Elle lança un regard embarrassé à Sesshomaru.

«…Ce…ce n'était pas nécessaire. Elle est beaucoup trop dispendieuse!», s'exclama-t-elle en virant à l'écarlate.

«Essaie-la…», répondit Sesshomaru, qui prit le vêtement des mains du marchand, visiblement content.

Rin enleva rapidement sa vieille cape usée tandis que Sesshomaru plaçait l'autre sur ses épaules. Elle remarqua instantanément que le vent ne passait pas au travers du tissu.

«Whoa…»

«Beaucoup mieux, hein?», s'exclama le borgne.

«…Oui…c'est certain que ça ne se compare pas…», admit Rin.

«Viens…nous avons d'autres choses à régler…», répondit Sesshomaru qui tournait déjà les talons.

«Oui! Arigato, Ss…heu…peu importe!»

Le stratagème se répéta à de nombreuses reprises, avec des bottes, une écharpe, des gants. Rin essayait d'être raisonnable, mais Sesshomaru prenait à chaque fois ce qui valait en moyenne un mois de salaire humain, et ce qui ne manquait pas de troubler la jeune femme!

Leurs courses furent toutefois interrompues par un stimulus inopiné, Rin s'arrêta soudainement de marcher.

«Se…maître…je…»

«Mmm?»

«Vous ne sentez pas…l'odeur?», demanda Rin dans une supplication.

«…Une odeur de nourriture humaine…qui provient de l'auberge plus loin»

Rin le fixa avec le petit regard auquel il ne pouvait rien refuser.

«Pouvons-nous y aller? Je meurs de faim!»

«…Hmph…»

Ils se dirigèrent vers la source de nourriture. Sesshomaru s'arrêta à l'entrée de l'auberge, incertain de vouloir entrer.

«Vous ne venez pas, maître?», s'enquit Rin.

«…»

«Allez! Vous n'allez pas me laissez seule! C'est plein de monde, il pourrait m'arriver n'importe quoi là-dedans!»

«…Je croyais que tu savais te défendre…»

«Mais s'ils se mettent dix contre moi…»

Malgré son éternel flegme, Rin pouvait sentir que Sesshomaru devenait de plus en plus agacé.

«…Cela est peu probable…»

«Mais…vous êtes prêt à prendre le risque?», lui lança Rin avec son expression la plus angélique.

Rin était Rin, et elle le serait toujours, mais à ce moment précis, elle faisait ce dans quoi toute femme excellait : tirer les ficelles dans le but d'obtenir ce qu'elles veulent. Avec le doute incrusté dans son esprit, elle savait qu'il ne pourrait refuser.

Le youkai se décida finalement à la suivre.

Rin éprouva instantanément de la compassion pour Sesshomaru. À l'intérieur, les conversations étaient si nombreuses, que même pour elle, le bruit était cacophonique. Mais fidèle à son habitude, rien ne parut, le youkai restait toujours aussi stoïque. Ils s'approchèrent tous deux d'un comptoir à côté duquel tous les plats étaient annoncés sur d'imposantes affiches. Le youkai lança des regards furtifs autour de lui pendant que Rin se décidait, afin de cibler quelconque danger éventuel.

«Oh regardez! Il y a même des choses pour vous ici!», s'exclama Rin joyeusement.

Sesshomaru jeta un œil intrigué aux affiches. Le menu était varié à un point tel qu'il offrait même des plats pour youkais!

«À cause du froid et de la guerre, la nourriture est devenue si rare dans les parages qu'on fait maintenant des plats pour youkais. C'est une demande qui devenait de plus en plus grande. Il y a beaucoup de youkais étrangers dans les parages», expliqua l'homme au comptoir, qui avait épié leurs conversations.

«Des youkais étrangers?», s'interrogea Sesshomaru.

«…Oui…on voyait déjà les soldats à Tsukiyama passer de temps à autres, mais on voit de plus en plus de gens du Sud dans le coin. J'imagine qu'ils essaient de la déloger, c'est une vraie plaie cette reine!», s'exclama l'homme. «Nous, on paie ce qu'on à payer pour vivre ici, mais ça ne veut pas dire qu'on encourage pas les insurgés!»

«Et vous savez ce qui est arrivé à ces…insurgés du sud?»

«Nous, tout ce qu'on entend, c'est des mauvaises nouvelles! Ils sont probablement tous morts…»

«Hmph…»

«…Et vous, vous venez d'où au juste, du Sud comme les autres? Ou peut-être de l'Est?»

«…»

«Bah, j'étais juste curieux! …Vous avez choisi?», s'enquit l'homme au comptoir.

Évidemment, Rin ne manqua pas de convaincre Sesshomaru de se rassasier, mais il ne se fit pas prier. À quand remontait son dernier repas au juste?

Bref, ils se retrouvèrent donc assis à une table, un en face de l'autre, à attendre leur plat. Rin réfléchit longuement; si on lui avait dit par le passé qu'elle se retrouverait un jour avec Sesshomaru-sama, dans un restaurant bruyant d'humains, à attendre une commande, elle en serait sans doute morte de rire, la banalité de la situation ne collait pas avec le personnage grandiose qu'est son maître.

Malheureusement, le malaise qu'il y avait eu plus tôt entre eux était toujours là. Comme si, la perspective d'avoir pu être le père d'un hanyou incitait le youkai à se refermer sur lui-même. Mais était-ce réellement lui qui était plus taciturne qu'à l'habitude? Ou était-ce plutôt elle qui n'arrivait pas à gérer la situation? Il est vrai qu'elle ne savait plus trop sur quel pied danser avec lui. L'aimer? Ou ne pas l'aimer? Se rapprocher de lui malgré elle? Ou cette peur d'avoir un enfant était-il le signe qu'elle devait s'éloigner au plus vite?

Maintenant qu'elle y réfléchissait, elle n'arrivait pas à cerner leur relation. Elle avait entendu maintes fois Sango et Miroku discuter des vertus d'une bonne communication pour préserver une relation harmonieuse et une «complicité».

Quel genre de communication avait-elle avec Sesshomaru? De quoi pouvaient-ils discuter au juste? Lui, le puissant youkai au sang noble, deux fois centenaire, et elle, l'orpheline humaine, à peine adulte, va nu pied, une moins que rien, qui ne serait que poussière sans lui? Certes, au clair de lune, il acceptait parfois de discuter de ses objectifs, de ses missions. Il pouvait lui apprendre à se battre, à se défendre, et cibler les dangers, mais que pouvaient-ils partager d'autre? Toutes ces conversations anodines, amicales, qu'elle avait pu partager avec Sango, Shippo, Miroku, et même Inu-Yasha, elle n'en n'avait jamais eu avec lui! Leurs parcours étaient si différents. Dans le fond, était-ce réellement de l'amour qu'elle ressentait pour lui? Savait-elle réellement ce qu'était l'amour? Et lui…le savait-il? Lui, si indépendant, si froid, si digne, pouvait-il réellement ressentir les mêmes choses qu'elle?

«…Nous nous rapprochons de notre but», dit Sesshomaru, comme pour casser le silence. Rin dirigea son regard sur le sien…encore une conversation liée à la «mission».

«Que feras-tu, lorsque tout sera terminé?», continua-t-il, avec le même sérieux qu'à l'habitude.

!

«Je…je ne sais pas. Je n'y ai pas vraiment pensé», avoua Rin, perplexe.

«Tu dois bien avoir une idée…des ambitions», répondit Sesshomaru.

Il insistait? Quelle situation…étrange. Sesshomaru…non seulement curieux (ça, il l'avait déjà été quelques fois…), mais qui essayait aussi de faire la conversation!

«…Pour être honnête, je n'en sais rien. Je me concentre sur ce qui se passe ici et ensuite, on verra», répondit Rin. L'avenir lui importait peu, car ce sera un avenir sans lui…de toute façon. Lui, le centre de toutes ses pensées et de toute son affection. Pourquoi avait-elle tant de difficulté à lui parler, à profiter de l'instant présent?

«…Inu-Yasha, n'est-ce pas? Tu retourneras vivre avec lui?»

Rin cru entendre du reproche dans la voix du youkai.

«…C'est probablement ce que je ferai à court terme, oui…l'aider avec Yuki et tout ça…»

«…Hmph…». Sesshomaru détourna le regard, son exaspération était palpable.

«Qu'est-ce qu'il y a?»

«Tu pourrais faire tellement mieux que de suppléer cette pauvre miko qui lui servait de femme»

«Qu'est-ce qu'il y a de mal à vouloir aider un jeune père?»

«Tu pourrais avoir mieux. Un vrai mari digne de ce que tu es, qui te protège, tes propres enfants…n'est-ce pas ce que toute femme souhaite?»

«…C'est ridicule, je sais…mais les hommes humains ne m'intéressent pas», répondit Rin avec des joues écarlates.

«…Tu préfère un hanyou?», demanda Sesshomaru, sur un ton de défi.

«Quoi? Je…c'est aburde! Je ne ressens pas d'amour pour Inu-Yasha! Nous sommes…amis, c'est tout»

Sesshomaru lui lança un regard qui semblait signifier qu'il ne gobait pas ce qu'elle venait de dire.

«C'est la vérité! Je ne ressens rien de la sorte pour lui!», s'emporta Rin.

«…Lui me semble plutôt possessif pour un individu désintéressé», rétorqua Sesshomaru.

«…Heu…il est moins possessif que vous, ça c'est sûr!», lança Rin, qui ne comprenait franchement pas en quoi Inu-Yasha s'était montré…«possessif»?. Elle ne put toutefois s'empêcher de se mordre la langue. Comment Sesshomaru réagirait-il au fait qu'elle le traite de «possessif»?

«Vous parlez beaucoup ensemble…», continua le youkai, qui n'avait pas remarqué la rebuffade, ou qui tentait tout simplement de l'ignorer.

«Et bien, on parle de Yuki…et de la bande…et il me parle beaucoup de Kagome…Bref, on ne manque pas de sujets de conversation…»

Soudainement, tout faisait du sens dans l'esprit de la jeune femme.

«Attendez...êtes-vous…jaloux?»

Sesshomaru écarquilla légèrement les yeux à cette mention et détourna une fois de plus le regard.

«Ne sois pas stupide. Je ne comprends tout simplement pas en quoi tu peux avoir des affinités avec…lui»

«Vous êtes jaloux!», répéta Rin, un large sourire aux lèvres, la situation devenait franchement amusante.

Sesshomaru parut offusqué, mais retrouva rapidement son calme habituel.

«Je ne suis pas…jaloux. Je ne comprends tout simplement pas pourquoi tu as des affinités avec un être aussi grossier»

«…Grossier à ses heures, je dois le concéder. Mais cela ne fait pas d'Inu-Yasha un être inintéressant. C'est un compagnon plutôt divertissant, je trouve…», répondit Rin avec un sourire en coin.

«Je vois mal comment le fait d'être bruyant et exubérant peut être synonyme de divertissement», rétorqua Sesshomaru.

«…J'imagine qu'il doit être difficile pour vous de comprendre…Vous n'avez jamais eu une très chaude relation avec lui», répondit Rin, d'un air pensif. «Si cela peut vous rassurer, je suis restée avec Inu-Yasha surtout à cause d'un concours de circonstance. Je n'avais pas de maison, il venait de perdre sa femme et il avait besoin d'aide pour s'occuper de Yuki. De fil en aiguille, nous sommes devenus amis, voilà tout. Et aussi…». Rin s'arrêta quelques instants, et rougit un peu avant de reprendre. «Il vous ressemble un peu…physiquement. Il me faisait penser à vous et pour cette raison, sa présence était… rassurante…enfin je crois».

Sesshomaru lui lança un regard dubitatif. «Aussi pure puisse être tes intentions, je fais autant confiance au hanyou qu'à ton voisin de table…»

«Quoi?», s'enquit Rin, perplexe. Elle suivit le regard du youkai et remarqua soudainement deux hommes qui parlait ensemble et qui la regardait un peu trop souvent pour être dépourvus d'intérêts. Le plus âgé des deux se mit à la fixer avec insistance. Il choisit ce moment précis pour se pourlécher les lèvres.

«C'est dégoûtant!», s'exclama la jeune femme.

Sesshomaru les fusilla du regard.

«Depuis combien de temps me fixe-t-il?»

«Ils n'ont jamais cessé depuis notre arrivée…»

«Et c'est seulement maintenant que vous me le dites!»

Les deux hommes se levèrent. Rin leur jeta un regard horrifié et ravala sa salive.

«…Oh non!»

«…Ne t'en fais pas…»

«Qu'allez-vous faire, maître? Vous n'allez pas les…»

«Bien le bonjour, petite! C'est la première fois qu'on te voit ici, non?», demanda l'homme le plus âgé.

Rin lui lança un regard désintéressé. «Je ne suis que de passage, ne vous importunez pas trop de ma présence…»

«Oh! Formelle la petite! Pourtant, j'aimerais bien apprendre à te connaître! Connaître ton nom, ta couleur préféré…»

«Et mes fleurs préférées peut-être?», lança Rin avec sarcasme. Sesshomaru dut réprimer un sourire.

«Tout ce que tu voudras, ma petite», rétorqua-t-il avec un clin d'œil.

«Ne vous faites pas d'illusion, la seule chose que je veux, c'est que vous retourniez à votre table», lança Rin avec dédain. Décidément, ce n'était pas le premier qu'elle jette, pensa Sesshomaru.

«Bah voyons ma petite! C'est pas une façon de parler aux hommes! Je pourrais t'acheter tout ce que tu veux!»

«…Je ne suis pas une escorte», rétorqua Rin.

«Et puis quoi encore? Tu vas me dire que tu préfères continuer à causer avec le pauvre type maigrichon en face de toi?» Sesshomaru lui lança un regard glacial. «À le voir garder sa cape ici, je parie qu'il essaie de cacher ses haillons! Laisse-moi deviner, tu payes pour lui! Non mais c'est qui ce bouffon?»

« Sale humain. Vaudrait mieux pour toi que tu ne le saches jamais», rétorqua Sesshomaru sur un ton méprisant. «Je te suggère de disparaître, si tu tiens à ta misérable existence»

«Non mais pour qui il se prend ce gosse, me parler comme ça! Tu veux qu'on cause, gamin!», s'emporta l'homme, qui se rapprocha du youkai, dans une tentative d'intimidation. Rin fut profondément amusé par le terme «gamin», puisque Sesshomaru a au moins 200 ans de plus que lui!

Sesshomaru commençait à perdre patience. Il se leva pour faire face à son adversaire. L'acolyte de l'homme, qui n'avait jusqu'à maintenant pas dit un mot, sembla comprendre.

«Ecchi, on devrait peut-être s'en aller», suggéra l'acolyte.

«Tu veux rire de moi, ce crétin fait une tête de moins et la moitié de mon poids, je vais le démolir en pièces!», s'exclama Ecchi.

«Ecchi, tu veux pas te battre avec lui…»

«Je vais prouver à la petite que la maturité a parfois bien meilleur goût!»,

«Hmph»

«Ecchi! C'est pas un gamin!», avertit l'acolyte.

«N'importe quoi. Moi je dis qu'il a vingt et un tout trempe! Retourne à ta mère, crétin, ou je te la pète!»

Un sourire cruel se dessina sur les lèvres du youkai.

L'homme s'élança vers le youkai afin de le terrasser avec un coup de poings. À la place, Sesshomaru bloqua l'attaque avec la paume de sa main et serra le poing de son attaquant, juste assez pour que Rin puisse entendre quelques craquements. L'homme du comptoir se manifesta avec deux assiettes dans les mains.

«Ecchi, sale con, tu as encore bu?», s'exclama-t-il.

«AaaaAAArgh!»

«Maître, arrêtez!», s'exclama Rin.

Sesshomaru lâcha instantanément la main de l'homme, ce dernier tomba pathétiquement sur le sol.

«Crétin…», murmura Sesshomaru.

«Je suis désolé youkai-sama! Je vais m'assurer que cet homme ne vous importune plus!», s'exclama l'homme du comptoir.

«…Pas la peine, il a déjà eu sa leçon je crois», observa Rin.

«Dégage Ecchi!», s'exclama le serveur en le chassant à coup de pied.

«…Au moins, nos plats sont arrivés», observa Rin en regardant sa nourriture avec envie.

«Hmph». Sesshomaru se rassit. «Profites-en bien. Aujourd'hui, « le pauvre gamin » sera capable de payer»

Rin lui lança un sourire en coin. «Non mais quel imbécile, ce Ecchi»

«…Il me donne 21 années humaines. C'est plutôt amusant, vu le fait que j'étais un vieillard la semaine dernière»

«Oh non! Vous n'allez pas continuer avec ça! Je ne le dirai plus jamais, promis!»

Sesshomaru lui lança un sourire narquois.

Ironiquement, ils continuèrent à parler de tout et de rien, une activité routinière pour Rin, mais une nouveauté pour Sesshomaru.

Après le repas, Rin insista pour aller jeter un œil sur Inu-Yasha. À leur passage, le hanyou ronflait et la miko leur a laissé savoir qu'il ne serait sur pied qu'au lendemain matin. Décidément, ils allaient devoir passer la journée ensemble!

Sesshomaru jugea que c'était le moment idéal pour aller faire des provisions de nourritures humaines pour Rin, afin qu'elle reste en bonne santé!

Ils s'arrêtèrent donc à plusieurs marchés, où il laissa Rin choisir tout ce qu'elle souhaitait apporter avec elle, incluant des fruits et légumes, hors de prix, vu la saison hivernale. En peu de temps, Ah-Un était devenu le garde-manger officiel de Rin, avec plusieurs sacs accrochés un peu partout sur son dos. Ils s'éloignèrent du marché afin de trouver un coin tranquille pour qu'Ah-Un puisse s'y reposer.

«J'ai l'impression que vous avez dilapidé au moins un an de redevances pour moi! Pourquoi toutes ces dépenses folles, Sesshomaru-sama?»

«…Je veux simplement m'assurer que le reste du voyage soit plus facile pour toi»

Rin lui lança un sourire radieux, ce qui eut pour effet d'embarrasser le youkai.

«Tu t'étais beaucoup affaiblie depuis notre départ. C'était…une nécessité», continua Sesshomaru, pour se justifier.

Le déni évident du youkai n'eut comme effet que de faire sourire davantage Rin. Elle resta silencieuse, elle savait que c'était inutile de confronter Sesshomaru sur ses sentiments, mais tout de même, elle ne pouvait s'empêcher d'être amusée. Sesshomaru ne put s'empêcher de la regarder. Elle reprenait ses couleurs, c'était bon signe.

«Arigato, Sesshomaru-sama…Maintenant, je vous dois beaucoup! Je dois trouver un moyen de vous remercier!», s'exclama la jeune femme.

«Ne perds pas ton temps avec de pareilles formalités…»

Avant que Rin ne puisse répliquer, elle mit le pied sur une sournoise plaque de glace et perdit pied. Heureusement, Sesshomaru la rattrapa avant qu'elle ne puisse tomber sur le sol!

«…Fais attention…Rin»

«…Je, je sais…», répondit Rin en s'éloignant du youkai. Elle avait un de ces mal de pieds, ils avaient tant marché aujourd'hui! Mais bon, jamais elle n'oserait se plaindre par une journée si parfaite!

Ou bien quelqu'un pouvait lire ses pensées, ou bien la coïncidence était tout simplement risible. Une calèche s'approcha de Rin et Sesshomaru et s'arrêta à côté d'eux. Elle pouvait contenir plusieurs personnes, mais elle était vide pour le moment.

«Vous n'êtes pas du coin, n'est-ce pas?», s'enquit le cocher. «Il n'y a pas beaucoup de voyageurs ces temps-ci! Laissez-moi vous faire une petite balade d'Okûra pour pas cher!»

Sans un mot de plus, le youkai grimpa et tendit une main à la jeune femme.

«Vous voulez faire le tour du village?», s'enquit Rin d'un ton incrédule, en prenant la main du youkai dans la sienne.

«Le tour m'importe peu, mais cela te permettra de te reposer…»

Rin le regarda d'un air embêté, comment avait-il su qu'elle était fatiguée?

Néanmoins, Rin ne pouvait s'empêcher d'adorer le fait qu'il était aussi attentionné avec elle. Ils restèrent un long moment à contempler le paysage sans échanger un mot, tous deux plongés dans leur pensée, comme de véritables…touristes!

Sesshomaru avait pourtant toutes les raisons du monde d'être irrité, il prenait plusieurs jours de retard à cause des ennuis de santé d'une humaine et d'un hanyou! Et en plus, il devait patienter dans un village infesté d'humains! Pourquoi semblait-il si…détendu? Était-ce le fait d'être éloigné de ses vassaux qui le rendait aussi clément? Ou était-ce le fait d'être…seul avec elle? Une question brûla les lèvres de la jeune femme.

«Avez-vous déjà été amoureux?», s'enquit Rin.

Le youkai ne se donna même pas la peine de se retourner.

«…Pourquoi me pose-tu cette question?»

«Je suis curieuse…c'est tout…», répondit Rin, timidement. «Je vous l'ai déjà posé quelques fois déjà, mais vous n'y avez jamais répondu…Donc je la pose de nouveau dans l'espoir d'avoir un jour une…»

«Réponse?», s'enquit Sesshomaru. «Je me rappelle…tu me posais constamment cette question quand tu étais petite…», observa Sesshomaru.

Rin rougit, il se souvenait!

«…Alors…est-ce que vous allez y répondre maintenant?», s'enquit la jeune femme avec un brin d'espoir.

Sesshomaru resta silencieux un moment.

«…Dis-moi, pourquoi devrais-je me donner la peine de trouver réponse à pareille question?»

«…Ce n'est pas compliqué! Vous n'avez qu'à répondre par…oui…ou non!»

«…Hélas, les choses ne sont jamais aussi simple…». Il détacha son regard du paysage pour la regarder. «…J'ai prit l'habitude de ne pas répondre à cette question…car je ne voulais pas répondre aux dizaines de questions subséquentes…»

«Et si je vous promet qu'il n'y aura pas de questions subséquentes?», négocia Rin avec amusement.

Sesshomaru poussa un long soupir. «Tu souhaite une réponse franche…n'est-ce pas?», s'enquit-il.

«Oui!»

«Et bien…Je n'ai jamais répondu à cette question, car tu ne pouvais pas entendre la réponse».

Rin haussa un sourcil.

«…Tu étais trop jeune…», clarifia Sesshomaru.

«Je suis grande maintenant, je veux savoir!», s'exclama Rin, comme une enfant qui venait d'ouvrir une boite de pandore.

«…Il y a très peu à savoir…», rétorqua Sesshomaru.

«Qu'importe! Dites-moi, vous avez déjà été amoureux ou pas?», demanda Rin, fébrile.

«…Disons simplement que beaucoup de femmes m'ont aimé…»

«…C'est pas très surprenant, ça!»

«Et beaucoup de femmes auraient tout donner pour m'avoir — j'ignore les raisons de toute cette admiration—»

«Mais venez-en au fait! Avez-vous répondu à l'amour de certaines d'entre elles?»

Un sourire cynique se dessina sur les lèvres du youkai.

«…Dans mes jeunes années, j'ai répondu à beaucoup d'offres en effet. J'ai beaucoup prit…mais jamais… je n'ai offert quoi que ce soit en retour…»

Rin resta silencieuse, en attente d'explications.

«…Jamais je n'ai compris l'attachement irrationnel de ces femmes. Je les ai simplement traiter en objet de convoitise».

«Vous voulez dire que vous avez couché avec elles et que vous avez preniez la poudre d'escampette le lendemain?», s'enquit Rin. Sesshomaru ne répondit pas, ce genre de conversation — avec Rin — ne faisait absolument aucun sens!

«…Alors…vous n'avez jamais été amoureux?», continua Rin.

«Aurais-je agi de la sorte si j'avais aimé, à ton avis?»

«Bien sûr que non…Aimer, c'est être prêt à tout donner, corps, âme, vie entière à celui qui nous est cher…», répondit Rin. «Un amour véritable et inconditionnel implique nécessairement un don de soi»

Sesshomaru était estomaqué. Rin venait de résumer en si peu de peu de mot ce qu'il n'arrivait toujours pas à comprendre. L'amour, un concept abstrait, une perte de temps, une faiblesse, c'est ce qu'il avait cru pendant plus de deux siècles. Et aujourd'hui…

Il se savait attaché à Rin depuis qu'elle était toute petite. Elle l'avait forcé à repousser ses limites, à se préoccuper de d'autres choses que sa petite personne.

Mais aujourd'hui, c'était pire encore. Depuis son retour du village d'Inu-Yasha, il ne pouvait s'empêcher de l'admirer. Et depuis qu'elle s'était donnée à lui, depuis qu'il l'avait…touchée, toutes ses pensées dérivaient vers elle, constamment, il n'arrivait pas à l'évacuer de son esprit!

Alors qu'elle était toute petite, il avait été prêt à la laisser auprès d'humains. Malgré son attachement, il était prêt à lâcher prise si c'était nécessaire.

Aujourd'hui, le simple fait de l'imaginer heureuse avec un autre lui donnait des envies de massacres!

Ce sentiment indescriptible, mais ô combien puissant, était-ce ça l'amour? Était-ce ce sentiment qui avait eu raison de son père?

«…Mais vous souhaitez tout de même être amoureux un jour, n'est-ce pas, maître?», s'enquit Rin. Il jeta un œil sur la jeune femme, et se tourna ensuite vers l'horizon.

«Pourquoi ce sentiment semble si important à tes yeux?»

Rin resta un moment silencieuse avant de poser une main sur celle du youkai à côté d'elle.

«Parce que rien plus merveilleux que l'amour…Et je ne souhaite que votre bonheur maître, je souhaite que vous puissiez vivre ce bonheur un jour…»

Et le silence fut.

«Je vous assure que ce n'est pas nécessaire, maître!», s'exclama Rin, en talonnant le youkai.

Le tour d'Ôkura n'avait pas été très utile, selon les standards à Sesshomaru…à une exception près. Le cocher avait parlé de plusieurs commodités du village. Il avait parlé d'un Onsen, une sorte d'auberge aux limites d'Ôkura, au pied des montagnes avoisinantes. C'était un endroit prisé de tous les guerriers en quête de repos.

C'était l'endroit parfait pour Rin!

Évidemment, elle avait insisté pour retourner chez Sadae, mais le youkai n'était pas d'accord. Il avait besoin d'amener Rin en retrait quelques temps avant qu'elle ne soit prête à franchir les montagnes.

Rin fut donc incapable de le dissuader. Ils se retrouvèrent à l'intérieur de l'auberge. Sesshomaru prit possession d'une chambre…et Rin dut subir le regard amusé de l'aubergiste. Ils grimpèrent au deuxième étage et se retrouvèrent face à une porte, que Sesshomaru ouvrit. Rin se glissa à l'intérieur.

La chambre n'était pas très grande, mais elle semblait plutôt confortable. La pièce était sombre, puisque le soleil était en train de se coucher. Des flammes timides étaient déjà allumées dans le foyer.

«Est-ce vraiment mieux que la demeure à Sadae, Sesshomaru-sama?», s'enquit Rin, un peu sceptique.

«Au moins, il n'y a pas de hanyou à l'horizon», rétorqua Sesshomaru avec un brin de cynisme. «Mais il y a autre chose».

Rin le regarda avec curiosité.

«La miko a parlé de méditation…»

«…Je crois qu'elle plaisantait…Sesshomaru-sama», répondit Rin d'un air incrédule.

«Tu dois apprendre à évacuer l'angoisse de ton esprit, pour rester forte durant le reste de la quête. C'est le lieu idéal, ici…»

«Et pourquoi? Parce qu'Inu-Yasha est absent?», demanda Rin avec un sourire en coin.

«Ne me prends pas pour un crétin, Rin», rétorqua froidement Sesshomaru. La principale intéressée se figea sur place. «L'absence du hanyou n'est qu'une valeur ajoutée. Je tenais à venir ici à cause des sources thermales…»

«Source…thermale?»

«Whoa!»

«J'ai de la difficulté à croire que tu n'en n'avais jamais vu…», commenta Sesshomaru.

«J'ai voyagé avec vous pendant les huit dernières années, vous savez bien que je n'ai jamais vu de tels endroits!», s'exclama Rin, qui regarda la source thermale avec fascination.

Un bassin en pierre grise rempli d'eau cristalline surplombait la cour arrière de l'auberge. Rin contempla les quelques flocons timides qui tombaient du ciel et qui se mêlait à l'épaisse vapeur qui émanait de l'eau chaude. Il n'y avait personne à l'horizon.

«C'est le lieu idéal pour apprendre à méditer», observa Sesshomaru d'un air pensif.

«Ah bon?», s'enquit Rin.

Elle fut soudain profondément perturbée par le fait que Sesshomaru était en train de se déshabiller. La situation lui rappelait drôlement une nuit d'automne!

«…Nous sommes supposés aller dans le bassin…c'est ça?», supposa Rin avec gêne.

Voyant qu'elle n'aurait pas de réponse à une question aussi stupide. Rin décida tout simplement d'imiter le youkai et d'enlever ses vêtements. Elle s'exécuta plutôt rapidement et entra instantanément dans l'eau. Elle avait été si rapide qu'elle avait réussi à devancer Sesshomaru. Elle fit plusieurs pas dans l'eau mais ne se retourna pas pour regarder son interlocuteur. Elle ne voyait franchement pas en quoi le fait d'être nu dans un bassin d'eau à l'extérieur aller l'aider à méditer! Et pourquoi Sesshomaru attachait-il une telle importance à cette activité, de toute façon?

Si absorbée dans ses pensées. Elle n'avait pas remarqué que Sesshomaru s'approchait d'elle. Il posa ses mains sur les épaules de la jeune femme, qui sursauta devant le contact imprévu…c'était déjà une chance qu'elle n'avait pas poussé de cri!

«Tu es tendue, Rin»

«Vous venez de me faire une de ces peurs!», s'exclama Rin.

«…Tu es stressée...Tu dois apprendre à canaliser tes angoisses et tes frustrations …»

«Je vais bien, Sesshomaru-sama. Cessez de vous inquiétez pour…»

Elle se tut soudainement devant l'initiative de son interlocuteur, qui avait commencé à masser doucement ses épaules. Elle le sentit s'approcher d'elle.

«Détends-toi. Tu dois vider ton esprit…», commanda Sesshomaru dans un murmure.

«Comment?»

«Focalise ton énergie sur un point précis. Tu peux te concentrer sur un élément de ton environnement…la neige, la brume, la chaleur de l'eau», lui chuchota Sesshomaru, d'un ton rassurant…enveloppant.

La chaleur de l'eau. Rin commençait à peine à la sentir véritablement. Elle ferma les yeux et laissa son esprit s'évader des tracas quotidiens. Elle ne sentait plus que l'eau et les mains de Sesshomaru . Après plusieurs minutes, elle eut le courage de briser le silence.

«Je ne crois pas que ça…ce soit vraiment de la méditation, Sesshomaru…sama…»

Le youkai resta silencieux. Disons que c'était une forme de départ!

Rin décida finalement de se retourner. Elle ouvrit momentanément les yeux pour regarder Sesshomaru droit dans les yeux, enlaça ses bras autour de son coup, pour ensuite blottir sa tête contre son torse.

«Rin…que fais-tu?»

«Je médite», répondit simplement Rin, à demi réveillée.

«Hmph»

Sesshomaru se contenta de l'enlacer la jeune femme et de poser son menton sur sa tête. Certes, Rin profitait un peu de la situation, mais c'était pour le mieux. Sa nature enjouée et pleine de vie l'empêchait souvent de prendre le temps de se calmer, de faire le vide. La miko avait raison, Rin devait apprendre à trouver la tranquillité d'esprit, le seul moyen d'avoir un jugement adéquat. Lorsqu'elle s'était crue enceinte, Rin s'était isolé et laissée consumer par la peur. Qu'aurait-t-elle pu faire si Sesshomaru n'était pas intervenu?

«Sesshomaru-sama…», murmura Rin.

«…Hm?»

«J'ai besoin de savoir…qu'auriez-vous fait si j'avais réellement été enceinte…si j'avais réellement porté un hanyou?»

«…Je ne sais pas, Rin…»

«…Vous m'auriez abandonné? Ou…vous m'auriez forcé à me débarrasser de l'enfant?»

«…Tu aurais souhaité garder cet enfant?»

«Je…je ne sais pas…Je ne voulais pas avoir d'enfant, mais en même temps…ç'aurait été une occasion pour moi de garder un souvenir de vous…un souvenir que j'aurais pu garder pour toujours…»

Sesshomaru resta un long moment silencieux. Il pouvait sentir la détresse de Rin, la détresse d'être coincé dans son enveloppe humaine, qui ne lui permettrait pas de rester avec lui, même si elle le souhaitait. En fait, Rin lui a clairement fait savoir à de multiples reprises qu'elle aurait aimé rester avec lui…pour toujours. Mais elle ne pouvait pas…et cette réalité la tuait à petit feu.

Dans un tel contexte, comment aurait-il pu lui faire du mal? La forcer à abandonner un enfant qui lui permettrait peut-être, d'être un peu moins malheureuse lorsqu'elle serait séparée de lui?

«Sesshomaru-sama?», s'enquit Rin, comme pour le ramener à l'ordre. Il baissa la tête pour se plonger dans son regard noisette. Ses yeux de Rin brillaient de mélancolie.

«…J'aurais été incapable de te forcer à agir contre ton gré…»

«Mais…je n'aurais pas pu rester avec le groupe…Vous n'auriez pas eu le choix de m'abandonner…»

«Certes…je t'aurais probablement laissé dans un village humain pour l'instant…» Sesshomaru prit le temps de réfléchir, comme pour peser ses mots. «Mais je ne t'aurais pas abandonné…»

«Vous seriez revenu me chercher? Mais…vous n'auriez pas pu me ramener sur vos terres…»

«Je ne t'aurais pas abandonné dans un village inconnu. J'aurais trouvé un moyen pour que tu soies heureuse…»

«…Si je faisais le choix de rester dans un village…vous seriez venu me visiter?»

«…Bien sûr Rin…». Il posa une main sur l'une des joues de la jeune femme. «Tu dois me faire confiance, Rin. Jamais…je n'oserais te faire du mal…»

«…Mais, vous détestez les hanyous…», répondit Rin en penchant sa tête afin de cacher son visage.

«…Tu comptes plus pour moi que ma haine des impurs…»

Le youkai remarqua des soubresauts provenant du corps de la jeune femme. Rin sanglotait.

«…Rin…pourquoi pleure-tu?»

«…J'ai fait un rêve…j'étais tombée enceinte» Rin leva son visage vers le youkai en essuyant une larme. «Vous étiez heureux…»

Sesshomaru la regarda silencieusement.

«…Mais vous étiez heureux uniquement parce que l'enfant était de sang pur…parce que j'avais fait un vœu sur le Shikon no tama de devenir youkai…»

«…C'est absurde…»

«…Vous m'aviez dit que…que si je n'avais pas trouvé une telle solution, il aurait fallu éliminer l'enfant», confia Rin entre deux sanglots. «...J'ai cru que c'était…prémonitoire…»

«…C'est pour cette raison que tu m'évitais?»

«…Oui…»

Sesshomaru la regarda d'un air grave. Il y a plusieurs années…cette vision aurait sans doute été juste, mais les temps changent, le maître des terres de l'Ouest aussi…Sesshomaru avait beaucoup changé…depuis l'arrivée de Rin, rien n'était plus pareil.

«Rin…Sache que rien n'est plus important pour moi que ton bonheur…», répondit Sesshomaru, en balayant une larme qui glissait sur la joue de la jeune femme. «Ce rêve que tu as eu est absurde, jamais je ne t'imposerais une décision qui te ferais du mal…»

«V-vraiment?», demanda Rin, qui essuya les autres larmes qui glissaient le long de son visage.

«Vraiment Rin…», répondit-il avec fermeté. «Fais-moi confiance».

D'un coup sec, un énorme poids disparut des épaules de la jeune femme. Il lui avait déjà démontré à plusieurs reprises qu'elle pouvait compter sur lui et pourtant, elle avait continué à craindre ses réactions. Pour quelle raison au juste? Jamais il n'avait été aussi ouvert avec elle, jamais il ne s'était exprimé aussi clairement…

«Jamais… tu ne m'as craint, durant ton enfance…», commença Sesshomaru. «Pourquoi serait-ce différent aujourd'hui?»

«…Vous avez raison…», débuta Rin, avec une nouvelle détermination dans sa voix. «Merci Sesshomaru-sama…de me rassurer. À partir d'aujourd'hui, je vous ferez entièrement confiance…comme avant». Elle mit de nouveau ses bras autour de son coup et se blottit tout contre lui.

«…Ne m'évite plus, Rin…»

«…Plus jamais…»

«…Et n'écoute surtout pas tes rêves…» Sesshomaru mit fin à l'étreinte pour la regarder sérieusement. «Les rêves sont insensés, irrationnels…Malheureusement, rien ne peut faire de toi une youkai…surtout pas le Shikon no tama. C'est un objet de malheur. Si tu le désires, il va se corrompre et te consumer»

«…Je sais…», répondit Rin timidement.

«Promet moi que tu ne feras pas de souhait sur le Shikon no tama»

Sesshomaru qui commande une promesse, c'était sans doute la preuve que son inquiétude était bien réelle!

«Ne vous en faites pas, je sais que cette idée est absurde…»

Sesshomaru la regarda longuement, comme s'il tentait de percer son âme. Devant son regard pesant, Rin se laissa choir dans l'eau. La nuit était tombée; il commençait à faire drôlement froid! Avec seulement sa tête hors de l'eau, il serait sans doute plus facile de rester au chaud. Sesshomaru la suivit, mais rapidement, ses mains sortirent de l'eau pour se poser sur les joues de la jeune femme.

Rin s'approcha davantage de lui.

Sesshomaru l'embrasssa avec passion.

Seuls, tout les deux, s'en était trop.

Ils entrèrent dans la chambre.

Rin lança un regard timide au youkai. Vu qu'il n'y avait personne et que la nuit était tombée, ils s'étaient seulement à moitié rhabillés avant de rentrer. Le yukata de Rin était attachée maladroitement, laissant entrevoir une partie de sa poitrine. Et ne s'étant pas essuyé en sortant de la source, ses vêtements étaient mouillés. Sesshomaru ne s'était même pas donné la peine de rattacher le haut de ses habits. Après avoir fermé la porte, il se tourna vers Rin, la dardant de ses yeux enflammés.

Rin connaissait trop bien ce regard.

Il s'approcha dangereusement près d'elle, mit ses mains sur les hanches de la jeune femme et la plaqua contre le mur. Mais Rin ne ressentit point de douleur, puisque les lèvres du youkai étaient déjà sur son cou à la couvrir de baisers. Elle ferma les yeux, tandis qu'il était déjà en train de dénouer le obi qui gardait le yukata de la jeune femme en place.

Elle essaya maladroitement d'enlever le vêtement qui couvrait les épaules à Sesshomaru, mais devant sa timide initiative, il vint lui prêter mains fortes en l'enlevant lui-même de façon frénétique. Il remit ses deux mains sur la taille de la jeune femme. L'une d'entre elles glissa lentement le long de ses côtes pour venir se poser sur un de ses seins. Rin ouvrit les yeux et vit Sesshomaru la regarder avec un désir évident, voire intimidant! Ses yeux d'ambre retournèrent cependant sur le visage de la jeune femme, il remarqua que ses joues étaient soudainement écarlates. Sa gêne ne faisait que l'attiser davantage.

«…Tu veux que j'arrête, Rin», s'enquit-il dans un murmure qui ressemblait presque à un ronronnement.

Elle se contenta simplement de fermer les yeux et de faire signe que non. Il s'attaqua de nouveau à son cou, pour ensuite embrasser sa joue et terminer sa course sur ses lèvres. Rin répliqua timidement. Sa timidité était évidente. Il mit fin au baiser et posa son front contre celui de la jeune femme.

«Qu'est-ce qui ne va pas?»

«Rien, c'est juste que…c'était la première fois que vous me regardiez de cette façon…même la dernière fois j'ai…j'ai l'impression que vous évitiez de me regarder…»

«En effet…»

«…Qu'est-ce qui a changé par rapport à la dernière fois?»

«…Rien…sauf le fait que je ne peux plus me retenir…»

Rin ne put s'empêcher de sourire, tandis que Sesshomaru plaquait de nouveau un baiser sur ses lèvres. Pendant qu'il approfondissait le baisser, l'une de ses mains effleura la joue de la jeune femme. Elle frissonna. Elle sentit son autre main se glisser entre ses cuisses. Elle poussa un gémissement, tandis qu'elle était en train de fondre dans ses bras. Elle prit Sesshomaru dans ses bras et le serra contre elle, pour le forcer à plaquer son corps contre le sien. Le youkai mordilla le cou de la jeune femme, qui poussa une longue plainte. Il mourrait d'envie de lui laisser une cicatrice, de prendre possession de Rin, mais il s'arrêta à temps. Il continuait à titiller ses parties intimes avec indécence, il sentait que son excitation était à son comble, elle était en train de fléchir.

Il n'y avait que quelques minces morceaux de vêtements humides pour les séparer.

Rin ne sentit même pas le peu de vêtement qu'il lui restait glisser par terre.

Entre deux soupirs, elle trouva toutefois la force de détacher le obi de Sesshomaru, ce qui eut pour effet de briser le peu de résistance du youkai. Il remarqua que Rin mit de nouveau ses bras autour de son cou, non pas parce qu'elle voulait se rapprocher de lui, mais bien parce qu'elle avait de la difficulté à se tenir debout. Il la prit dans ses bras et la posa doucement sur le lit. La respiration de la jeune femme était déjà haletante tandis qu'il pénétrait en elle, lui-même ne put s'empêcher de pousser un soupir d'extase. Il s'attaqua de nouveau au point faible de la jeune femme tandis qu'il accélérait sa cadence en elle. Il sentit soudain les ongles de la jeune femme égratigner la peau de son dos. Il tourna sa tête vers elle pour la regarder. Il vit gémir et ses joues tourner de nouveau à l'écarlate tandis qu'elle jouissait pour la première fois. Le paroxysme de la jeune femme eut comme effet de le pousser à bout. Il resta un instant sur elle tandis qu'il reprenait son souffle, le visage enfoui dans la longue chevelure de la jeune femme.

«…Je vous aime Sesshomaru-sama…»

Il tourna sa tête vers elle, avec un regard interrogateur.

«…J'ai bien réfléchi…pendant un instant je me suis demandé ce qu'était réellement l'amour», continua Rin. «Je n'en ai parlé à personne et pourtant, je n'ai plus aucun doute. Je suis follement amoureuse de vous. Jamais je n'ai vécu un sentiment aussi fort que ce que je ressens en ce moment. Cet amour me gardera heureuse même quand vous serez loin…j'en suis sûre…», murmura-t-elle.

Sesshomaru resta silencieux et immobile.

«Si mon bonheur est si important, vous êtes surement heureux de m'avoir fait vivre ce sentiment pour la première fois…», chuchota Rin.

Il se laissa choir sur le lit et se tourna vers elle.

«…Je le suis», se contenta-t-il de répondre.

Il avait l'impression d'avoir un nœud dans la gorge, il était incapable de dire un mot de plus, même s'il souhaitait en dire plus.

Rin se blottit contre lui et sans un mot de plus, elle s'endormit paisiblement.

Il se maudit intérieurement ... pour avoir été incapable de lui en dire plus, pour avoir été incapable de comprendre pourquoi… il avait autant de nœuds dans son ventre et dans sa gorge.

Seul, il contempla plusieurs heures durant, la lune à travers la fenêtre, avec son cœur qui battait la chamade sans trop comprendre pourquoi. Lui, quelques heures auparavant, qui sermonnait Rin sur la nécessité de se calmer, d'être en contrôle de ses craintes et ses angoisses, n'avait plus aucun contrôle sur sa tourmente.

Il se rappela plusieurs décennies auparavant, sa conversation avec son père, qui, malgré ses graves blessures, lui reprochait sagement de n'avoir personne à protéger et à aimer…

Confus et pantois, il s'avoua finalement la vérité, tandis que le soleil se levait.

Cette nuit-là, il avait compris pourquoi Inu-Taisho était mort pour Izayoi.

Après quelques centaines d'années, Sesshomaru avait finalement compris.

Tandis que quelques rayons vermeils envahissaient la pièce, Sesshomaru se prit pour le plus grand des imbéciles.

…Fin de chapitre…

Retour aux intrigues de…qui veut tuer qui au prochain chapitre ;) La prochaine mise à jour sera plus rapide, car il ne me reste plus qu'une semaine avant d'être libre comme un oiseau!

Lalolyen : Salut!, Je vais bien , merci ^^ Contente de savoir que tu as aimé, comme d'habitude ^^ Évidemment, je voulais laisser planer le mystère en ce qui concerne la réaction de Sesshy, réaction qui a été élucidée dans ce chapitre, pour le bien de la pauvre petite Rin. En ce qui concerne l'absence de réactions des autres (en l'occurrence Tatsumaki), j'avoue que c'est un simple choix éditorial, je n'aime pas donner énormément de place aux persos originaux, quoique, Tatsumaki continuera à foutre la merde dans le prochain chapitre, promis :P Merci pour ton fidèle support!

Cynthia : Bonjour Cynthia! Voilà finalement la suite, je m'excuse, ce fut plutôt long…je sais que tu avais hâte…mais toi qui aime ça les longs chapitres, tu a été servie! En effet, la réaction de Sess ne sera pas aussi cruelle que celle du précédent chapitre si une vraie grossesse se produit, je n'oserais jamais écrire quelque chose d'aussi pas cool :P Le but c'était de donner la frousse à Rin, un prétexte afin d'avoir d'autres scènes où Sess s'évertue à la rassurer! Merci encore pour ta loyauté sans limite! À la prochaine ^^

Anae : Salut Anae, merci pour la myriade de compliments, c'est bon pour l'estime personnelle ^^ Bon! Je dois avouer qu'une partie de tes prédictions étaient fondées (je me suis dit : merde, je me suis faite prendre de court en lisant ta review ^^). Mais tu avais seulement partiellement raison, surprise pour la suite ;) Vraiment contente de savoir que tu aimes mon style d'écriture. Disons simplement que ma plume, c'est mon atout principal dans mon cv, j'ai pas trop de mérite puisque je dois écrire beaucoup dans ma profession! Merci pour tes commentaires! À bientôt ^^

Kagome78 : Salut Kagome! Merci d'avoir laissé la fameuse 100ième review XD Content de savoir que tu aimes toujours autant! Et gros merci pour me botter les fesses, ça m'a motivé à me dépêcher un peu :) Et pour mes études ça va très bien merci, j'arrive à la fin très bientôt! Bisou et à la prochaine!

Kassandra : Bonjour Kassandra, contente de savoir que tu es toujours là, et que tu aimes la suite et le suspense :) Bon…j'espère que ce chapitre aura réussi à soulager ton addiction pour un petit bout de temps XD Bref, merci pour cette review et à bientôt!

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