Bonsoir tout le monde!

A l'aube de cette nouvelle semaine, qui a été pour moi riche en inspiration (j'ai pondu deux OS, comme ça, pouuf! :D) je vous poste cette suite!

Autant vous prévenir tout de suite, ce n'est pas joyeux-joyeux! J'espère que ce n'est pas trop morne non plus. J'ai eu beaucoup de mal à me mettre du point de vue de Hermione, car, en tant qu'auteur, je connais les pensées de Draco, Ginny, et tout ce qui leur est externe, écrire son ressenti a été une lourde tâche.

Harry est de retour, mais pour vous jouer un mauvais tour... Je suis désolée pour toutes les fans d'Harry, mais il était nécessaire qu'il sème le doute dans l'esprit d'Hermione. Un mal pour un bien, c'est ce qui va permettre à Hermione de comprendre quelque chose, et pas seulement la nature de ses sentiments (mais aussi, oui).

Je tiens à vous préciser tout de suite que je ne suis pas satisfaite de cet écrit, je le trouve trop fade, trop terne, et je m'excuse à l'avance de celles qui auraient placé un espoir monstre dans les lignes qui vont suivre. Je pense déjà au prochain chapitre, et à délier la plupart des soucis de l'histoire, alors soyez indulgents, le prochain à venir devrait vous contenter :3

J'attends vos critiques et avis avec impatience :)

Bonne lecture!

PS : Il vous sera peut-être utile de vous remémorer les premiers chapitres de l'histoire, ainsi que le chapitre 10 (vous savez, le premier POV de Draco!:P) pour mieux suivre celui-ci.

Nous retournons dans le passé!


* Chapitre 17: * Découverte

- Bonsoir Hermione!

- Harry!

Je courais vers le lit de mon meilleur ami.

Il était plus de vingt-deux heures, et l'hôpital nous avait accordé le droit de le voir quelques minutes, car nous avions attendu presque sept heures avant de pouvoir entrer.

J'avais laissé Ginny y aller la première, bien sûr, puis Molly et Arthur. C'était mon tour.

- Ne me refais plus jamais cela, Harry James Potter! Combien de fois depuis que l'on se connaît m'as-tu fais ce coup-là? Tu adores les lits d'hôpitaux ou quoi?

Je m'assis près de lui. J'avais les larmes aux yeux, les yeux plissés, qui je l'espérais lançaient des éclairs, mais mon sourire ne trompait pas. J'étais aux anges, pour Harry.

- Ils sont moelleux et douillets. C'est mieux que dans mon ancien placard, rit-il doucement -enfin, comme il pouvait.

- Idiot.

Il avait l'air en forme. Enfin... En forme, outre les tuyaux qui le transperçaient de toutes parts, les bleus qui ornaient ses membres encore immobiles, les nombreux appareils auxquels il était relié, et le râle de son souffle qui prouvait qu'il respirait douloureusement.

- Comment vas-tu?

Et c'était lui qui me posait cette question. Il n'avait vraiment pas changé.

- Idiot, répétais-je. Je ne crois pas être celle qui sort d'un coma de plusieurs mois. Je te retourne ta question, Harry.

Ses lèvres s'étendirent un peu sur les côtés, j'en déduis qu'il souriait intérieurement.

- Et bien, crois-le ou non, mais ça va. Il y a deux raisons à cela, en fait. La première c'est que les médicomages ont ordonnés que l'on me gave de potions anesthésiantes, revivifiantes et apaisantes - je crois que c'est parce que c'est moi, qu'ils se sont donné tout ce mal... je me sens un peu mal à l'aise vis-à-vis de cela, je reste une personne comme les autres après tout! Enfin, bref... et la secondes, et bien, c'est que... Ginny vient de m'annoncer qu'elle m'aimait. Et elle m'a embrassé!

Ses yeux verts brillaient de fierté autour de leur anneau de cernes.

Je ressentis une grande joie pour mes deux amis, puis me souvint de ce qu'il se passait en même temps du côté de Malefoy... et un goût amer s'infusa dans ma gorge.

Lui qui était attiré par Ginny, il n'aurait jamais eu la moindre chance avec elle. Un élan de jalousie et d'incompréhension me submergea. Cela était tellement peu logique... Je n'arrivais pas à comprendre comment Malefoy avait pu s'enticher de Ginny...

Enfin, si, bien sûr que je comprenais. Ma meilleure amie était parfaite. Elle était ravissante, elle avait du caractère à souhait, ce qui avait dû plaire à Malefoy en premier... Elle était droite, juste, et toujours joyeuse. Il est tombé sous son charme et j'avoue que j'avais bien du mal à le digérer...

Je crois que je suis jalouse. Je n'arrive pas à croire ce que je suis en train de dire, mais il n'y a pas besoin d'être une miss Je-sais-tout pour se rendre compte de ce qu'il se passe... Quelle imbécile je suis... M'être prise d'affection pour Draco Lucius Malefoy...

Je pensais être la seule qui l'aidait, après tout je lui devais cela et cela me rendait heureuse de savoir que je pourrais peut-être avec le temps redonner le sourire à celui qui m'avait sauvé la vie. Quelque part, il avait réussi à me faire mûrir et dépasser mon ressentiment pour celui qu'il avait été jadis. J'avais naïvement cru que nous aurions pû repartir sur de nouvelles bases depuis qu'il avait accepté à nouveau de recevoir des visites...

J'avais eu mal de savoir qu'il était déjà passé à autre chose, et qui plus est que toutes ces heures où j'étais venue à sa demande, puis de moi-même, ne signifiait rien... Il s'était fié à moi, m'avait accordé sa confiance puis s'était confié. J'avais fait de même.

J'avais pensé que nous nous étions apprivoisés, que nous étions arrivés à quelque chose. Qu'une amitié aurait pu naître, au moins. Mais cela n'était que poussière. Et je crois que ce qui fait le plus mal, c'est que c'est entièrement par ma faute que nous en sommes arrivés là.

Je l'ai blessé, il a repris toute la confiance qu'il m'avait accordé. Il s'est refermé, est redevenu méfiant et distant. Et il replace désormais tout ces espoirs en Ginny.

C'est douloureux, de savoir que j'aurais pu réellement compter pour Malefoy. Je me mentais à moi-même en me disant qu'il m'importait peu. C'est faux. J'aurais voulu continuer cette nouvelle relation, ce nouveau échange que nous avions commencé.

J'avais perdu Ron, ma gaieté, ma foi en la vie. Nous ne nous entendions peut-être pas, mais lui arrivait à me faire réagir. Peut-être même plus que Ginny.

Je crois qu'en fin de compte je tenais à lui depuis quelques temps déjà. J'ai pris cela pour de la pitié, mélangée à mon dégoût pour sa personne. Mais le fait était qu'il avait besoin de moi, et je ne l'ai pas abandonné.

Et j'avais mal qu'il m'abandonne au jour d'aujourd'hui.

- Hermione?

Je sortis de mes pensées. Oh, non, Harry me regardait avec inquiétude!

- Excuse-moi, je pensais à autre chose. Je suis vraiment contente pour vous, Harry! Sincèrement, elle a espéré sans jamais fléchir! Tu n'étais sûrement pas conscient, mais depuis qu'ils nous ont autorisé à te rendre visite, il n'y a pas un jour où elle n'est pas venue. Elle te prenait la main et te parlait du futur, du présent, de quand tu ouvrirais les yeux...

- Je le sais, j'étais conscient.

J'écarquillais les yeux, surprise.

- Vraiment? Alors tu as pu tout entendre? Oh, Harry, c'est tellement super! Tu as su que nous ne t'abandonnions pas, que nous étions présent tous les jours!

Je lui pris la main.

- Je n'avais pas besoin de cela pour le savoir, Mione. Je m'en suis même voulu de ne pas pouvoir vous rassurer!

Il serra ma main imperceptiblement.

Une pensée me traversa.

- Tu sais pour Ron...

Il ferma les yeux.

- Oui. Molly m'a tout expliqué en détail.

- Cela me tue, Harry, vraiment, je prends sur moi, j'essaye de me dire que tout cela va s'arranger, mais j'y crois de moins en moins...

- Ne dis pas ça. Continue à lui montrer que tu ne l'oublies pas et qu'il compte pour nous. Quoi qu'il dise c'est Ron, il nous reviendra un jour.

J'espérais... Depuis la fin de la bataille, depuis que j'avais rouvert les yeux dans ce même hôpital, tout partait en vrille, rien ne semblait s'arranger...

Je repartis dans mes pensées, et quelques secondes s'écoulèrent avant que je ne relève la tête.

Harry avait rouvert les yeux, et me fixait maintenant, le visage sérieux et grave.

- J'ai pris beaucoup de risques pendant la bataille, je m'en rends compte aujourd'hui.

Je fronçai les sourcils.

- Qu'est-ce que tu veux dire?

- J'aurais dû te laisser venir avec nous, Hermione, plutôt que de te laisser aux soins de Malefoy.

Il avait prononcé son nom avec mépris et rancoeur.

- C'était irresponsable. J'ai joué avec le feu. C'est vrai, il n'y avait aucune certitude qu'il n'en profite pas pour te faire du mal! Je m'étais dit que parce que nous venions de les sauver, les deux nous seraient redevables. Résultat, tu as passé trois semaines dans le coma! Je m'en veux, je n'avais pas mesuré les risques, je n'aurais pas dû te laisser avec ce Mangemort!

Il se contenait, mais je pouvais sentir à sa crispation qu'il bouillait de colère. Je ne comprenais pas, ne savait-il pas que c'était justement grâce à Malefoy que j'avais échappé à bien pire que de rester inconsciente quelques semaines?

- Mais, Harry, c'est tout l'inverse! Je ne m'en serais pas sortie, sinon! On ne peut pas savoir ce que se serait passé si j'avais continué avec vous, l'issue aurait pu être désastreuse! Regarde-moi, je suis vivante, et en pleine forme, et ce depuis trois mois maintenant, alors ne te blâmes pas pour quelque chose qui s'est passé sans problèmes aucuns! C'est au contraire Malefoy qui a le plus souffert dans l'histoire, et on lui doit au moins cela!

Il s'étouffa à ces mots, si bien que j'eus peur qu'il ne se blesse ou ne s'étrangle avec un des nombreux fils auxquels il était relié. Je m'étais levée pour appeler à l'aide, mais il m'empêcha de m'éloigner.

- C'est... bon! Je... Je vais bien. C'est juste ta réponse qui m'a... surpris.

Je l'examinai quand même, au cas où il me mentirait, et posai la main sur son front pour vérifier sa température et son pouls.

- Tu es sûr que ça ira, Harry? (Il acquiesça.) Mais... pourquoi? Qu'ai-je dit qui t'aie sidéré à ce point?

Il plongea ses émeraudes droit dans le fond de mes yeux.

- Je ne comprends pas, Hermione. Tu défends Malefoy?

- Harry, il a respecté sa parole, je me rappelle de tout, il n'avait même pas voulu me laisser vous rejoindre! Il avait dit qu'il avait une dette envers toi et qu'il comptait bien la tenir, quitte à me lancer un stupéfix!

- C'est un sort de confusion qu'il t'a lancé, oui!

- Harry!

Je pensais qu'il réagirait plus calmement, mais après tout, j'avais moi-même eu du mal à accepter le fait de devoir ma vie à Malefoy.

- Écoute, repris-je plus doucement, après que vous soyez partis, je l'ai insulté, repoussé, et j'ai voulu continuer mon chemin pour vous rejoindre, et peu importe ce que lui serait devenu. Seulement voilà, où moment où je lui ai tourné le dos, j'ai été projetée contre un mur, et j'ai été assommée. J'avais baissé ma garde, Harry, et il y avait une horde de mangemorts qui étaient prêts à m'achever! Sais-tu ce qu'à fait Malefoy à ce moment-là? Il m'a protégé, Harry, il s'est retourné contre eux et les a tués alors qu'il aurait dû me livrer! Ce n'est pas un monstre!

- Mais c'était ses amis! rugit-il avec le peu de force qu'il avait. Il les a tués sans hésitation quand il a compris que son camp était en train de perdre la guerre!

Quoi? Mais que racontait-il?

Un ange passa, Harry me regardait d'un air intransigeant, moi d'un air interrogateur.

- Pardon?

Je ne comprenais rien. Cela dut se lire sur mon visage, car son expression changea petit à petit.

Il perdit de son assurance, puis sa colère se dissipa peu à peu, et il finit par poser sur moi un regard horrifié.

- Harry, tu me fais peur, qu'est-ce qu'il se passe?

Il serra la main que je lui avais repris.

- Oh, non, ne me dis pas que tu ne savais pas...

- Qu'est-ce que je ne sais pas?

Il ne répondit pas, détourna le regard.

Je lui pressai la main.

- Harry!

- Je... je suis désolé Hermione. Je me disais bien que quelque chose t'échappait, pour que tu parles de Malefoy comme s'il était une personne bonne. Je comprends mieux pourquoi tu le défendais... Oh Merlin...

-Harry, dis-moi tout de suite ce qu'il se passe!

Il avait l'air navré. Et ses yeux reflétaient de la compassion. Mais qu'est-ce qu'il savait, bon sang?

- Hermione, sais-tu ce que sont devenus Zabini, Parkinson, Nott et les autres Serpentards qui avaient rejoint Voldemort?

Oui, je l'avais appris par Malefoy, aucun de ses amis n'avait survécu.

- Je... Oui, ils ont été tués pendant cette dernière bataille, d'ailleurs. On a retrouvé leur corps à Poudlard, je l'avais lu dans la Gazette... Ils étaient ensemble quand ils ont été tués. Mais, pourquoi, quel est le rapport?

Il me lança un regard désolé.

- C'étaient des Mangemorts, Hermione. Les Mangemorts...

J'essayais de comprendre ce qu'il me disait. Mais la scène d'avant ma perte de connaissance me revint en mémoire.

J'étais projetée violemment contre un mur en pierre du château. Je n'avais pas sombré tout de suite. J'avais entendu une voix crier mon nom, et aperçut une poignée de mangemorts sortir de la fumée de l'explosion. Qu'avait dit Malefoy déjà?

#

- J'ai eu affaire à huit méchants Mangemorts.

- ?

- Oui parce que moi je suis un gentil Mangemort.

- Comment peux-tu rire de cela, Malefoy? Regarde-toi, tu es à l'article de la mort! Arrête de faire comme si ça t'était égal et réponds-moi!

- Et qu'est-ce que tu veux que je te dise, Granger? Que j'ai risqué ma vie pour ta petite personne? Que je me suis retourné contre mon camp pour vous permettre de gagner cette guerre?

#

- Oh mon Dieu, ce n'est pas possible...

- Je suis vraiment désolé, je pensais que tu le savais... Je ne comprenais pas que tu le défendes alors qu'il les a tous tués par intérêt. Ils avaient prévu de se retrouver, Hermione. Ron et moi les avons croisés, ils avaient leur masques d'argent, d'ailleurs, mais le temps pressait trop pour que nous ne nous arrêtions.

- Non, c'est impossible...

La salle tanguait. Je n'arrivais plus à respirer.

Je ne revoyais plus que la scène, les Mangemorts qui apparaissaient tranquillement, Draco qui n'avait pas paniqué, et moi qui n'avait rien compris.

Bon sang tout cela était tellement logique! Comment avais-je pu être aussi stupide pour croire en lui?

Depuis tout ce temps il me mentait, en m'affirmant qu'il avait changé de camp parce qu'il souhaitait un monde sans chaos et sans massacres, et se débarrasser de sa Marque. Mais c'était lui qui avait massacré ses amis de sang froid!

Il m'avait fait croire qu'il n'avait pas eu le choix de tuer les Mangemorts qui nous avaient retrouvé, alors qu'il leur avait tendu un piège!

J'aurais dû me douter de quelque chose, dès qu'il avait avoué qu'il y avait eu huit Mangemorts! Même Harry, Ron et moi réunis arrivions difficilement à en désarmer deux ensemble! Ils avaient sûrement baissé leurs baguettes, baissant par la même occasion leur garde. Ils lui faisaient confiance, et n'avaient pas eu le temps de réagir lorsqu'il s'est mis à les tuer les uns après les autres! C'était horrible!

Ma gorge se serra, les larmes me montèrent aux yeux dès lors que j'imaginais la scène.

- Pourquoi ne les a-t-il pas juste désarmé...

Un sanglot m'empêcha de continuer.

- Je ne sais pas, Hermione... Zabini et Malefoy s'étaient donné rendez-vous dans la Salle sur Demande afin de nous arrêter, ils savaient tous qu'on y serait. Seulement cela ne s'est pas passé comme prévu. Nous avons sauvé Malefoy, Goyle s'est enfui. Il a peut-être paniqué, peut-être changé de camp au dernier moment. Je pense qu'il ne t'a pas sauvé, Hermione, mais qu'il s'est sauvé lui. Cependant il n'a pas pu s'enfuir ensuite car il a sombré lui aussi quelques minutes plus tard. Il avait juste eu le temps de trouver un auror et de le prévenir de l'endroit où tu te trouvais, Ginny m'a tout expliqué. Alors à son réveil il a changé la version des faits. Je ne sais pas ce qu'il t'a raconté, je ne sais pas jusqu'à quel point vous vous êtes rapprochés tous les deux...

Je frissonnais.

- Car je vois bien qu'il se passe quelque chose.

Il avait dit cela plus doucement, comme pour m'inciter à parler.

Je ravalais mes sanglots. J'avais juste envie d'oublier tout ce que je venais de comprendre...

- Je me sens vraiment trop nulle, Harry...

Il m'interrogea du regard.

- Dis-moi tout, Hermione.

J'inspirais afin de chasser la boule qui me comprimait la poitrine, et lorsque je pus enfin parler, les mots sortirent d'eux-mêmes.

- Quand je me suis réveillée, je ne me rappelais plus ce qu'il s'était passé. Ginny m'a dit qu'on m'avait retrouvé grâce à Malefoy, et que c'était à lui que je devais la vie... Tu sais, choc crânien, hémorragie interne... s'ils ne m'avaient pas récupérée à temps et soignée, j'aurais pu y passer. Mais avec la magie, ce fut un choc bénin. Par contre Malefoy était dans un sale état. C'était moins grave que toi, bien sûr, mais il a dû subir de nombreux soins, et ce n'est toujours pas fini. Je ne voulais pas le voir, Harry, pour moi c'était un connard de Mangemort qui n'aurait pas dû survivre, je ne comprenais même pas que tu sois retourné le sauver, d'ailleurs. Mais Ginny m'en a convaincu, et lorsque j'ai vu l'état dans lequel il était, et qu'il m'a dit que c'était après m'avoir protégé contre des Mangemorts, j'ai ravalé mon aversion pour lui, difficilement, et j'ai accepté d'être là pour lui. Après tout, j'avais une dette envers lui.

Il pressa ma main. Il comprenait.

- Je suis allée le voir tous les jours, Harry, au moins deux heures chaque jour, et ce depuis trois mois maintenant! Je commençais à me dire qu'il avait changé, qu'il n'était pas si mauvais, nous étions même arrivés à ne plus nous insulter, à parler de nos souffrances... Il m'avait fait confiance pour retrouver ses parents, et... tu sais, Harry, quand j'ai découvert qu'ils étaient morts les deux, j'ai eu mal pour lui, tellement mal...

Ma voix se brisa.

- Il m'en a voulu parce que je n'ai pas pu lui annoncer, et il l'a appris par une autre bouche... Et je me suis sentie horrible, je n'ai plus réussi à penser à autre chose, je suis désolée Harry, vraiment, je n'ai jamais voulu être autant touchée par lui, mais à ce moment-là j'ai bien vu que cela avait dépassé le stade de la dette... Je... je n'ai jamais voulu cela!

- Je sais, Hermione, je le sais bien. C'est parce que tu es quelqu'un de bien. Tu ne lui as jamais menti.

- Non! Au contraire! Je croyais que l'on pouvait se faire confiance... Oh mon Dieu, je lui ai même dit que je m'inquiétais pour lui comme je le ferais pour Ron ou toi! Et là...

Je vis Harry serrer la mâchoire. Oui, j'avais vraiment été stupide de croire que la guerre pouvait changer les gens.

- Est-ce que tu es tombée amoureuse de lui, Mione?

Je me figeai à ses mots.

Je ressentis un grand vide.

.

Amoureuse?

.

Non, j'avais été amoureuse de Ron, cela n'avait rien à voir avec maintenant! Certes, je m'inquiétais pour Malefoy, je pensais souvent à lui, j'allais même des heures à la recherche d'indices pour son bras, j'avais mal à chaque dispute ou insulte, et je supportais difficilement l'idée qu'il puisse avoir des sentiments pour Ginny, mais ce n'est pas de l'amour!

Avec Ron j'étais jalouse, je pensais sans cesse à lui, et mon coeur s'accélérait à chaque fois qu'il entrait dans mon champs de vision!

Son baiser m'avait brûlé, certes, mais c'était seulement parce que j'avais été surprise, et que nous étions proches, que mon coeur s'était accéléré, et je ne...

- Ce n'est pas grave Hermione.

Je sursautais.

- Non! Je ne suis pas amoureuse de lui! Comment cela serait-il possible? C'est impensable!

Des larmes roulaient maintenant sur mes joues. Bon sang, que faisaient-elles là?

Il me fixait avec des yeux tristes et douloureux.

- Comment as-tu compris pour Malefoy? Je parle de la bataille! Je n'ai même pas eu le moindre soupçon! Comment est-ce possible?

- Ginny.

- Quoi Ginny?

Que faisait-elle là? Que savait-elle que je n'ai jamais su?

- Ginny était allée le voir, et il lui avait dit que les Mangemorts auxquels il s'était opposé étaient les Serpentards. Elle lui avait demandé pourquoi aucun de ses amis ne lui rendait visite, il avait répondu qu'ils étaient tous morts.

- Oh mon dieu...

- J'ai tout de suite fait le lien avec Zabini, Parkinson, Flint, et les autres que nous avions croisé Ron et moi, juste après t'avoir quitté, qui avaient revêtu leurs masques de Mangemort.

Une colère sourde s'empara de moi. Je chassai mes larmes d'un geste vif.

- Ginny savait? Et elle ne m'a rien dit?

- Non, Hermione, ce n'est pas cela! Elle n'a rien voulu ajouter, mais je suis sûr que Malefoy lui a fait promettre de ne rien te dire... Il vous a manipulé, Hermione! Ne la blâme pas, s'il te plaît.

Mais elle m'avait menti!

- Elle aurait dû me le dire! Harry, j'aurais compris tout cela bien avant! Qu'est-ce qu'elle s'imaginait?

Il soupira.

- Qu'il s'était retourné contre son camp parce qu'inconsciemment, il ne pouvait pas te faire du mal. Elle est persuadée qu'il est amoureux de toi, et ce depuis bien longtemps. Elle voulait juste pousser un peu les choses.

Je reçus comme un coup de poing dans l'estomac. Alors c'était pour cela qu'elle essayait de nous rapprocher depuis tout ce temps? Qu'elle agissait ainsi, qu'elle ne m'en voulait pas de vouloir oublier Ron?

C'était aussi pour cela qu'elle allait voir Malefoy? Pas pour elle, pas pour lui, mais pour moi?

Et moi qui étais jalouse d'elle.. Je me sentais horrible.

Je fermais les yeux pour me calmer, mais je sentais le regard d'Harry sur moi.

Une chaleur envahit mon ventre quand je fus prise d'une soudaine pensée.

- Est-ce que... tu crois que c'est possible, toi? murmurais-je d'une toute petite voix.

- Qu'il t'aime?

Il soupira.

- Oui.

Mon souffle se coupa à ce mot. Mon coeur tambourina dans ma poitrine comme jamais.

- Je pense qu'il est tombé amoureux de toi ici. Mais cela ne rend qu'encore plus horrible ce qu'il a fait. Ne te voile pas la face, il a assassiné ses amis pour s'en sortir. Il l'a fait de sang froid, j'en suis certain. Puis il s'est réveillé, et tu as été la seule présente pour lui. Il a commencé à nourrir des sentiments pour toi. Il a fait en sorte que tu ne le détestes plus. Et il continue de te mentir pour que tu restes.

Ce fut comme si je chutais d'un balai en plein vol. Je crois que mon coeur venait de se fendre, littéralement.

- Mais... Il n'a pas élaboré une stratégie pour qu'on en arrive à là, quand même! Et quand il m'a avoué que Ginny lui plaisait!

Harry sursauta.

- Le connard!

Il se calma, et plongea ses orbes dans les miens.

- Hermione, quand je suis sorti avec Cho, c'était pour rendre Ginny jalouse!

Oh...

- Écoute, rentre au Terrier, parle-en avec Ginny. Je pense que vous pourrez revenir demain. Hermione... Je suis désolé de te confronter à cela, et de m'en mêler, mais tu es ma meilleure amie, et quand j'ai compris tout cela je me suis dis que je devais t'en toucher mot... Cependant je ne savais pas que tu ne connaissais pas tous les détails... Je viens seulement de me réveiller et déjà je te mets devant le fait accompli...

Non, qu'il ne s'excuse pas ou j'allais fondre en larmes!

- Ne dis pas n'importe quoi! Tu n'as pas à t'excuser, je suis venue pour profiter de toi et nous n'avons fait que parler de moi! C'est injuste! C'est à moi de m'excuser!

Il sourit doucement.

- Mais je suis en pleine forme. Tu sais aussi bien que moi que parce que je suis celui qui a anéanti Voldemort, tout l'hôpital fait de son mieux pour me sortir d'affaire. Regarde, ils ont même mis au point un sortilège pour me redonner mes forces! Je devrais être en train d'agoniser sans pouvoir bouger le moindre membre, et voilà que je suis presque sur pied! Que crois-tu qu'ils ont fait durant tout l'après-midi!

- C'est génial, Harry!

- Oui, mais c'est injuste. Je commence la rééducation après-demain, alors que je ne devrais pouvoir le faire que d'ici quatre mois!

- Peu importe, tant que tu te sens bien!

Il me serra une dernière fois la main avant de la relâcher.

- Mon médicomage arrive, Hermione.

Je n'avais même pas entendu la porte de la chambre s'ouvrir.

- S'il-te-plaît, ne te rends pas malade pour tout ce qui a été dit... Hermione, je vois bien que tu as des sentiments pour Malefoy, ne le nies plus. Tu devrais aller le voir demain, et mettre les choses au clair... Je ne connais que ce que Ginny et toi m'avez dit. Ginny a confiance en lui. Elle pense qu'il voulait vraiment un nouveau départ. Tu sais ce que je pense de Malefoy, mais ce n'est que mon opinion. Je n'ai pas été présent lorsque tout cela s'est produit, alors ne te fies pas à ma vision des choses...

Son regard s'assombrit. Ma poitrine se comprima.

- Mais s'il s'est joué de toi, je te jure que je sors d'ici même relié avec tout ces trucs et je vais l'achever. Je lui frappe dessus avec cet espèce d'oscilloscope s'il le faut.

Je ris franchement à travers mes larmes, imaginant la scène.

- Et ensuite on part étrangler Ron avec tes tuyaux jusqu'à ce qu'il accepte de nous revoir?

- Ensuite on s'occupe de Ron.

Cela nous fit du bien, de rire, de retrouver cette légèreté, cette insouciance d'avant.

Je l'embrassai sur le front.

- À demain, Harry. Si tu savais à quel point cela me fait du bien de te retrouver.

- À moi aussi, Hermione. À moi aussi.

Je dégageais une de ses mèches rebelles, et lui souris une dernière fois.

- Harry! dis-je avant de passer la porte. Je suis heureuse, pour Ginny et toi. Je désespérais que cela se fasse un jour!

Je pus entendre un petit rire cristallin quand je sortis.

.

.

.

- Hermione, s'il-te-plaît, viens manger quelque chose!

Ginny avait déboulé dans la chambre en hurlant. Je n'avais plus ouvert la bouche depuis que j'avais vu Harry.

Il était plus de deux heures du matin, mais Molly n'avait pas abandonné, et Ginny encore moins.

- Allez, Maman t'a laissé une part de cake à la citrouille! Hermione!

Je soupirais. J'étais allongée sur mon lit, et j'observais le plafond. Une tête rousse se mit dans mon champ de vision.

- Ginny, je n'ai pas faim. Laisse-moi.

Sa tête disparut, et mon lit se souleva d'un côté. Elle s'était assise.

- Tu m'en veux.

Je fermais les yeux. Si elle voulait me faire parler, elle réussirait. Elle réussissait toujours en me prenant par les sentiments.

- Je ne t'en veux pas. Mais tu savais. Tu savais pour Parkinson, Zabini, et les autres. Tu savais qu'il les a tués.

- Oui. Mais écoute, Hermione, il t'as sauvé! Tu me fais quoi là? Il t'aimait peut-être déjà inconsciemment à l'époque, mais si ce n'est pas le cas, le résultat est le même! Il t'a sauvé, il a abattu d'autres Serpentards pour te sauver! Il aurait pu te livrer, il ne l'a pas fait! Il aurait pu t'achever de lui-même, il ne l'a pas fait! Alors tu n'es pas en mesure de lui en vouloir outre mesure! Où est le problème?

Je gardais les yeux fermés. Je ne voulais pas voir son regard désapprobateur.

- Tu ne sais même pas. Tu lui en veux parce qu'il a touché à ceux qu'il prenait pour des amis, mais ces mêmes personnes l'auraient descendu s'il n'avait pas réagi le premier! C'était une guerre, Hermione! C'était chacun pour soi!

- Tu sais, Ginny, je suis lasse de tout cela. De toujours apprendre quelque chose de nouveau, quelque chose qui me blesse. Quelque chose qui le concerne. À chaque fois.

- Tu compliques toujours tout, Hermione!

- Parce que tu crois peut-être que c'est facile!

Je me redressais.

- Sérieusement, Ginny, je suis perdue! Je ne sais pas qui il est, je ne sais pas si je peux lui faire confiance, quand je peux le croire, quand je dois me méfier! Je suis en train de me perdre en route, Ginny! Je ne me reconnais plus, quoi que je fasse! D'ailleurs je ne sais même plus quoi faire! Tu trouves cela normal? Et en plus de cela tout s'emmêle! Toi tu me dis qu'il m'aime, lui dit qu'il t'aime, Harry qu'il faut que je me méfie et moi, au milieu de cela je n'arrive même pas à savoir ce que je ressens!

Elle soupira.

- Tiens. Lis. C'est Draco qui me l'a envoyé après que je sois allée le booster. Elle t'aiderait peut-être à te trouver.

Je pris la lettre qu'elle me tendait.

Je la lus sans grande conviction, jusqu'à ce passage.

.

«Je la désire depuis que je me suis réveillé, dans cette hideuse chambre, et qu'elle était là, assise à côté de moi, les yeux pleins de larmes. Mais la haine a pris le dessus, comme toujours»

.

Mon souffle se coupa.

Avait-il bien écrit ces mots? Je relus ces lignes une dizaine de fois. Je n'arrivais pas à croire ce qui y était marqué.

.

J'ai sacrifié beaucoup de choses durant cette guerre, et je ne suis pas sûr d'avoir envie de le refaire, si l'occasion se présentait.

Je ne suis pas sûr de vouloir ce qui est en train d'arriver. C'était tellement plus simple de la détester.

.

Et c'est tellement plus dur de mettre un mot sur ce que l'on ressent.

Pourquoi avais-je l'impression qu'un feu d'artifice était en train de se produire en moi?

.

Je la désire.

.

Je ne veux pas ce qui arrive non plus!

.

«Je ne veux pas que Granger ait le moindre doute. Ce n'est pas réciproque»

.

Pourquoi ces mots me retournent-ils l'estomac?

.

Alors je vais lui dire que je suis tombé amoureux de toi.

.

Et pourquoi une vague de soulagement me submergea à ces mots?

.

Tu as gagné, j'accepte de recevoir à nouveau des visites. C'est trop dur de toute façon.

.

- Oh Merlin...

- Alors? Tu me crois maintenant?

Je relevais la tête, j'étais sonnée. Elle m'avait parlé?

- Tu trembles Hermione.

- Je... je crois...

- C'est stupide, n'est-ce pas? Il ne voulait pas que tu sois au courant de la seule chose qui aurait pu vous rapprocher. Draco voulait te rendre jalouse, parce que tu étais indifférente. Et toi, tu cherches le moindre défaut pour te convaincre que tu le haies, et qu'il n'est qu'un salopard.

Elle reprit la lettre.

- Je sais que tu l'aimes, Hermione. Je lui ai fait comprendre ce qu'il ressentait pour toi, je vais faire la même chose avec toi. Écoute, tu ne peux rien faire, d'accord? Il t'en veut énormément pour ses parents, et toi, tu es horrifiée d'avoir appris ce qu'il a fait le jour de la bataille. Tu peux continuer à fuir, ou aller essayer d'entamer une discussion. Tu peux essayer de calmer les choses, ou les laisser se décomposer... Laisse-le s'expliquer, tu n'as pas à juger d'un acte qui lui a coûté autant, pas avant d'avoir écouté sa version des faits! J'étais devant lui, Hermione, quand il m'a raconté ce qu'il s'était passé, et je t'assure qu'il mérite un peu plus de reconnaissance que cela!

J'étais dans une sorte de transe, je n'arrivais plus à réfléchir correctement. Tout se mélangeait dans ma tête, mais une pensée ressortit au milieu de toutes.

J'étais bel et bien amoureuse de Malefoy, il n'y avait plus aucun doute. Et ce depuis peut-être plusieurs semaines déjà.

- Allez, viens manger quelque chose.

...

Je me mis à pleurer doucement, tout en la suivant. Elle passa son bras autour de mes épaules, et me murmura :

- Ce n'est pas ta faute, Mione. Tu es juste un peu dépassée par les événements. Viens, Maman a préparé un festin pour fêter le réveil d'Harry. Elle ne posera pas de question, promis.

J'avançais sans grande conviction, tout en me laissant entraîner.

.

Je ne pus m'endormir de la nuit. Il y avait trop de choses qui me tourmentaient, trop de sentiments qui me prenaient. J'avais essayé de fermer l'œil en vain, me retournant sans cesse dans mon lit, cherchant la bonne position, ôtant mes couvertures, puis les remettant, secouant mon oreiller... Je n'arrivais pas à trouver le sommeil.

Je crois qu'il y a des moments dans notre vie où l'on se remet en cause, où l'on ne sait plus qui l'on est, ou que l'on ne se reconnait plus. J'en étais là.

Je décidais de sortir dehors m'aérer l'esprit quand je compris que j'étais en proie à une nuit blanche.

Le souffle du vent me fit du bien. Nous n'étions certes pas en été mais cela m'allégea l'esprit.

J'étais en train de repasser dans ma tête tout ce qui s'était passé depuis la bataille. Tout ce qui le concernait, bien évidemment.

Comment j'en étais arrivée là, depuis quand à peu près, depuis quand lui avait changé à mon égard, si j'avais envie de le voir, si je pouvais assumer les sentiments qui me traversaient...

Mais une image revenait tout le temps.

Je l'imaginais, devant la Salle sur Demande, moi inconsciente contre un mur, lui devant moi, faisant face à d'anciens Serpentards.

Et je ne comprenais pas comment la scène avait pu se produire. Il y avait Pansy Parkinson et Théodore Nott, et ce n'étaient certes pas des sorciers passifs! Ils avaient dû se défendre, au moins contre-attaquer lorsqu'ils avaient compris qu'il se retournait contre eux...

Non je n'arrivais pas à comprendre comment avait pu se dérouler ce massacre.

À moins que...

Oh, par Merlin. Il y avait bien une possibilité, mais elle était complètement folle!

Non, cela ne pouvait pas être vrai, cela n'avait pas pu se dérouler ainsi!

Mais tout coïncidait! Les faits, les blessures de Malefoy, l'absence de réaction des autres... Comment avais-je pu passer à côté de cela! C'était tellement évident!

Mais je fus prise d'un vertige au même moment où je pensais aux conséquences.

Il fallait que je me trompe. Il fallait que ça ne se soit pas déroulé comme cela, parce que sinon...

Sinon je savais d'où venait la douleur à l'avant-bras de Malefoy. Et cela n'était pas bon, mais alors pas bon du tout.

Mes jambes fléchirent, et je tombais sur le sol.

Plus rien n'importait, que je l'aime, que je lui en veuille, que je ne lui fasse plus confiance... Tout cela devenait ridicule, face à la gravité de la situation.

Il fallait que je me trompe.

...

Parce que si j'avais raison, alors il était condamné.


Je sais, vous me détestez et je suis une horrible auteuse qui vous maltraite en vous assommant à coup de suspense et de frustration! ('x

Mais je vous promets que les prochaines lignes vous plairont.

Bisous, et donnez-moi votre avis, je suis prête à tout entendre!:')