Bonsoir tout le monde! Prêts, prêts? :D
Alors je vous préviens, ce chapitre est looong!
Ça tombe bien pour vous, c'est l'avant-dernier! x)
Je ne sais pas comment j'ai pu pondre un truc pareil, ni quand est-ce que j'ai eu le temps de l'écrire (aah, si, si, je l'ai écrit au lieu de faire mon explication de texte en philo, que je vais devoir faire, heu... ben maintenant?) alors, si il y en a qui me dit quoi que ce soit, je l'assomme à coup de Descartes, et de son Discours de la Méthode!
Aheem. Bon. Plus sérieusement. Je tiens à vous prévenir, quand vous allez lire, vous allez avoir, comment dire... Des envie de meurtre. Contre moi? Heu... Ben peut-être bien, oui^^'
Mais comme je l'ai déjà dit, ce ne sera PAS une tragedy donc on abaisse les haches, hein? J'ai adoré la fin de mon chapitre. Haha. Je vais vous assommer à coup de frustration "
Vous allez vous dire : MAIS COMMENT ELLE VA POUVOIR RATTRAPER ÇA, LA FOLLE?
J'ai plus d'un tour dans mon caleçon mes ami(e)s!
Alors, comme vous le voyez, après une intense concentration pour clore ce chapitre, j'ai (un petit peu) perdu les neurones qu'il me restait. Je vais essayer de redevenir sérieuse deux minutes, pour vous expliquer quelques petites choses.
Top, chrono!
Ce chapitre est fait de trois POV, Hermione, Ginny, Draco, Hermione (oui, trois!) Je ne vous le cache pas, c'est pas très joyeux joyeux, mais franchement, vous commencez à me connaître, je n'aurais pas posté, à un chapitre de la fin, de la guimauve digne de Barbie au pays des Ours Roses! Hermione n'est pas Barbie, Draco n'est pas Ken, ils ne vont pas discuter d'Ours Roses et se faire des bisous bisous dans le cou... Enfin... :)
Je ne sais pas si j'ai réussi à le faire transparaître, mais il est important pour moi que l'on voit bien, que même s'ils se révèlent leurs sentiments, tout ne va pas subitement devenir gai et beau. Non! D'ailleurs, ils s'engueulent encore...(on a dit qu'on ne me tuait pas, hein?) Oui, vous allez sortir de vos gonds et vous demander comment on peut être aussi nouilles pour s'embrasser et vouloir s'entre-tuer juste après...Je vous réponds : c'est comme cela qu'ils fonctionnent, lui c'est Malefoy, elle, Granger, et c'est triste mais j'ai l'impression de ne pas les respecter si je vous offre une scène de bisous-bisous-tu-es-l'amour-de-ma-vie-mon-ptit-sucre... De toute façon ça ne collerait pas du tout avec le reste de l'histoire, alors!XD Après, ils sont quand même attachés l'un à l'autre, certes involontairement, mais c'est bien là, et c'est puissant, alors, oui, Hermione change un peu de façon d'ête, oui, Draco souffre, même s'il ne le montre pas... :')
C'est bon, je vous ai convaincu? :3 Bon, j'espère tout de même que ce chapitre va vous plaire, moi, j'ai aimé l'écrire! J'ai essayé quand même de montrer qu'ils s'aiment, mais c'est assez dur, étant donné qu'Hermione l'a toujours rejeté, que Draco a perdu confiance en Hermione... (Pour cette dernière, j'espère que son côté "je suis pessimiste, et je pleure tout le temps" ne vous embête pas trop. C'est de cette manière que je la vois, ayant perdu toute foi en la vie, allant même jusqu'à accepter d'abandonner ses amis et... oups, non, mais allez lire :$$)
Enfin! Je m'arrête là avec mon speech digne d'une politicienne, et je vais plutôt aller commencer à... gratter ma feuille double U.U'
Ça me fout quand même les boules! Le prochain chapitre sera le dernier! :'O J'ai du mal à y croire! Cette fic est ma première, et même si j'ai bidouillé d'autres trucs entre temps, c'est un peu mon bébé! J'ai pu avoir des critiques, débuté des échanges, et prendre du plaisir à poster, toutes les semaines (ou presque... ^^'). Nostalgie, quand tu nous tiens...
Bref! Cette fois je m'arrête, et je vous laisse savourer (ou non), ce pavé que je vous offre. (Désolée pour les fautes!)
Have fun, don't buy a weapon, please! :')
PS : Pour ceux ou celles qui aiment les fins tragiques, je vous conseille de vous arrêter là. Certes, ce n'est pas l'idée que je me fais d'Indepted, mais pour les adeptes de la fiction qui se finit mal, ooh, ben faites-vous plaisir, alors!
Pour les autres, séchez vos larmes, je vous promets d'essayer de vous rendre le sourire!
A bientôt! Bonne lecture! °O°
CHAPITRE 19 : Remboursement.
Trois petits coups faibles, toujours, et je poussai la porte. Je tremblais de tout mon être et je voyais le sol divaguer.
J'avais peur.
Ce n'était pas la peur que je ressentais quand je combattais un Mangemort, pas celle que j'ai ressenti dans les cachots du Manoir, pas celle qui vous glace le sang et vous inquiète.
Non, une peur panique, une crainte enfouie qui ressortait.
C'était cette peur-là, celle qui est douloureuse, celle qui est intenable. Celle qui nous donne l'impression d'être impuissant, de regarder la fatalité s'abattre sans rien pouvoir faire. Celle que l'on ressent quand on sait que l'on va perdre quelqu'un pour de bon.
Celle qui terrifie à l'idée de dire Adieu.
- Granger?
Il se tenait, là, au centre de la pièce, dans son lit d'hôpital. Il paraissait surpris. Il avait repris des couleurs, mais était toujours si faible.
Comme s'il était entraîné vers le fond.
Je faillis trébucher, tellement j'étais happée par lui. Il dégageait une telle aura...
- Malefoy, réussis-je à articuler.
Nos yeux se croisèrent. Il était clairement mal à l'aise. Mais il ne détourna pas le regard. Au contraire, ses yeux avaient quelque chose de... subjuguant.
Depuis quand avait-il des yeux si ombrageux?
Je rompus enfin le contact, avec toute la volonté qu'il me fut donnée d'avoir. J'étais sûre qu'il pouvait entendre mon coeur battre. Il cognait tellement fort!
Je me dépêchais de lui tourner le dos, je ne voulais pas qu'il remarque mon trouble.
C'était tellement étrange. De le voir d'un oeil nouveau, d'accepter de plus être tendue par l'animosité mais par l'attirance, de me rendre compte que je ne bouillais pas de fureur, mais d'émoi, de comprendre pourquoi la chaleur de la pièce augmentait d'un coup...
- Je ne pensais pas te revoir de sitôt.
Sa voix était froide, son ton indifférent. Il avait repris son rôle.
- Moi non plus.
Il se crispa, mais ne renchérit pas.
Je ne sais pas pourquoi nous jouions encore et toujours à cela, à cet espèce de «fuis-moi je te fuis aussi»... Je ne pouvais pas encore lui dire ce que j'avais sur le coeur.
- Ginny est revenue te voir?
C'était sorti tout seul. Notre dernier échange m'était resté sur le coeur, et je lui en voulais d'essayer de me faire souffrir. Nous allions droit dans le mur, mais je n'ai pas réfléchi lorsque cette question était sortie.
Un ange passa. J'étais sûre qu'il serrait la mâchoire et les poings à ce moment précis.
C'était risible. Je devinais jusqu'à ses moindres réactions...
- Granger..., commença-t-il.
Je ne me retournais pas. Qu'il parle. Qu'il m'explique ce qu'il avait sur le coeur. Qu'il fasse le premier pas avant que je m'effondre à ses pieds.
- Je t'ai posé une question.
Il soupira.
- Non. Elle n'est pas revenue. Que lui as-tu dit?
Son ton était accusateur. Ce fut à moi de serrer les poings. Qu'il était stupide!
- Pourquoi lui aurais-je dit quoique ce se soit, Malefoy? Elle fait ce qu'elle veut avec toi!
- Ce n'est pas ce que tu semblais penser la dernière fois!
Je fis volte-face, outrée.
- Je te demande pardon? Tu me soupçonnes d'être jalouse?
Je saignais intérieurement, je savais que je mentais, mais il était si blessant!
- Tu vas me dire que tout t'est totalement égal? Que tu ne t'es pas occupé de moi et que tu as continué ta petite vie de princesse? Je suis ici à cause de toi, Granger, et cela tu sembles encore l'oublier! Tu me dois tout!
- Et tu crois que ce n'est pas le cas? Je remue ciel et terre pour toi, Malefoy! Pendant que toi tu dragues ma meilleure amie et cherche à me pourrir la vie! C'est toi qui essaye de me faire mal, volontairement, moi je cherche seulement à t'aider! Tu ne sais rien!
- Non, je ne sais rien! Je ne sais rien de ce que tu fais, de ce que tu trouves, de ce que tu veux! Je sais juste que tu ne m'aides en rien! Tu ne sais que te défiler. Tu n'es jamais là quand il le faut.
- Parce que Ginny oui?
-Ginny, oui c'est peu dire! Elle a plus fait en deux heures que toi en deux mois. Tu n'es qu'une moins-que-rien Granger, tu ne sers à rien.
Son ton était tranchant, hargneux.
- Tu ne méritais pas tous ces sacrifices.
Quelque chose en moi venait de se briser, tandis qu'il continuait.
- J'aurais dû te laisser crever, continuait-il. Ça m'aurait évité toutes ces emmerdes! Tu m'étonnes que même Weasley ne veuille plus de toi!
- Ferme-la, ferme-la espèce de connard! hurlais-je.
Il n'avait pas le droit! Il n'avait pas le droit de me balancer cela alors que je venais juste de comprendre ce qu'il représentait pour moi! Il n'avait pas le droit de me laisser tomber amoureuse de lui pour ensuite me rejeter ainsi! J'étais venue pour lui! Putain, j'étais venue pour le lui dire...
Je m'effondrais contre la fenêtre, et me laissais glisser au sol. Il était le pire, le pire! Comment avais-je pu me laisser attirer par lui? Après tout ce qu'il y avait eu? C'était contre-nature, et j'étais foutue maintenant!
Je savais que je n'aurais jamais dû me rapprocher, je savais qu'on ne pouvait que se faire du mal!
- Tu n'avais pas le droit... tu n'avais pas le droit de dire ça!
- Granger...
- Non, non ferme-la! Je ne veux plus te voir, je ne veux plus t'entendre! Tu es en train de tout me prendre, de ma force jusqu'à mon espoir!
Je ne voyais plus rien de toute façon, je n'entendais que mes sanglots. J'étais pitoyable, j'étais effondrée. Il avait tellement raison. Mais tout était de sa faute!
J'avais envie de vomir, je hoquetais, je tremblais.
Bon sang, je lui donnerais ma vie, à ce connard! De toute façon, je n'en voulais plus, je ne voulais pas souffrir pour lui, je ne voulais pas être responsable de son état! Je voulais juste qu'il me foute la paix, je voulais le détester, sans autres sentiments! Juste une haine terrible et incontrôlable!
- Tu n'es qu'un connard! Tu n'es qu'un connard, putain! Pourquoi... m'as-tu sauvé? Pourquoi tu as arrêté d'être l'enflure que tu étais! Quand est-ce que j'ai arrêté de te mépriser, et pourquoi d'ailleurs je n'ai pas... continué! Pourquoi est-ce que je te dois tout cela? Tu me brises, et moi je souffre! Je viens juste... de comprendre, putain! Et j'ai cru en Ginny! J'ai cru en... Connor! Tu vas me tuer! Je te déteste tellement! Si tu savais! Hier encore, ça m'aurait été égale! Mais là... Là je ne peux plus l'ignorer! Tu n'es qu'un con Malefoy, je te hais!
J'étais secouée de sanglots, je ne pouvais plus m'arrêter. Tout sortait sans que j'aie le moindre contrôle, bon sang j'aurais tellement aimé me relever et partir! Ou me réveiller, me réveiller au moment de la bataille et réaliser que tout ceci n'était qu'un cauchemar!
- Tais-toi. Je... t'en veux tellement aussi Granger...
Un souffle. Un souffle dans mes cheveux. Il était devant moi. Il venait de marcher jusqu'à moi! Il s'affaissa devant moi, sur les genoux, sans force, et posa sa tête contre la mienne. J'étais figée. Seuls mes sanglots continuaient.
Il resta ainsi, reprenant son souffle. Il avait entraîné avec lui tous ces foutus appareils qui lui étaient reliés.
- Tu ne m'as pas écouté... Je t'ai dit de venir près du lit, tu n'as pas écouté... J'ai dû venir jusqu'à toi...
- Je te hais...
- Regarde-moi, chuchota-t-il.
- Si tu savais à quel point je...
- Merde, Hermione!
Je relevai la tête, sous le choc.
Il n'était plus hors de lui, plus rouge de colère.
Son visage exprimait seulement une profonde incompréhension et de la douleur. Cette même douleur que j'avais vu lors de notre dernière dispute.
Il était beau. C'était un fait. Je détournais le regard.
- Je n'en peux plus. Je n'en peux plus de tout cela. Je veux te briser, tu sais? Je veux te détruire pour que tu ne m'oublies pas.
Je tressaillis.
- Tu y es arrivé, Malefoy.
- Je ne suis pas amoureux de Ginny...
- Je sais.
Il se recula un peu, surpris.
- Qu'est-ce qui nous prend, bon sang? reprit-il.
- Je ne sais pas. Je déteste ce qu'il se passe.
- J'ai changé, Hermione.
Je fermais les yeux, ravalais mes sanglot.
- Laisse-moi t'appeler Hermione.
C'était doux, presque suppliant.
- Tu me hais.
- Autant que je t'aime.
Je levai les yeux à ces mots. Il ne plaisantait pas.
Était-ce réellement possible?
Nous restâmes ainsi un moment. Un long moment. Ce fut lui qui brisa le silence.
- Je t'ai dit que j'avais changé. Mais tu n'y as jamais cru.
- C'est contre-nature.
- C'est vrai. Et je regrette de t'avoir sauvé, tu sais? J'ai tout perdu. Et là encore je continue de perdre. Je me perds moi-même.
Oui, cela blesse. Mais c'était tellement vrai.
- Et je regrette que tu m'aies sauvé.
- Pardon?
- Parce que ça nous as mené jusque là, et que c'est tout ce qu'on aurait voulu éviter. Parce que j'aurais dû mourir et toi vivre. Parce que je ne peux plus rien faire, et que je te déteste de me faire m'en vouloir autant. Je ne pourrais pas, Malefoy, je ne pourrais pas survivre! Je ne pourrais pas accepter de ressentir cette culpabilité, ce manque, cette injustice! Tu me tortureras jusqu'à la fin! Je... je...
- Dis-le. Et arrête de m'appeler ainsi.
Sa voix avait changé. Son souffle s'était accéléré, je le sentais sur mon visage. Il posa encore son front contre le mien, mais cette fois pressa plus fort.
Je mordis ma lèvre inférieure. Je savais où il voulait en venir.
.
Ne m'oblige pas à te le dire.
.
- Dire quoi?
Il s'appuya un peu plus.
- Dis-le.
- Je ne vois pas de quoi tu parles.
- Putain Hermione! Regarde-moi!
Il était de nouveau hors de lui. Très bien...
- Qu'est-ce que ça changerait, Draco?
Il soupira de rage.
- Tout! Ca me prouverait que je ne me fais pas des putains de films depuis des jours! Que ta Ginny ne s'est pas foutue de moi, et surtout, surtout, que toi, tu n'es pas l'ennemie qui me laisse crever dans cette foutue chambre et qui attend de me voir mourir pour être tranquille.
Il avait dit cela avec tellement de force, y croyait-il vraiment?
- C'est absolument faux! criais-je. Ce n'est pas ce que je pense, bon sang!
- Alors dis-le! Dis-le une bonne fois pour toutes!
- Je n'y arriverai pas.
Il se décolla. Glacial. Méprisant.
- Alors ne viens pas me balancer ta pitié à la figure.
Il allait partir. Il allait s'éloigner.
Pourquoi cela me retournait le coeur?
Il essayait de se relever.
.
Non, reviens! Ne me laisse pas déjà!
.
- Je t'aime, bordel!
Il stoppa son mouvement. Ses yeux étaient écarquillés.
Je l'avais dit. Je l'avais... avoué? Accepté? Ma bouche n'était pas en feu, mon coeur n'avait pas explosé. C'était...
Juste un poids qui s'était levé, en le voyant sourire.
Me sourire. À travers ses traits crispés. Un vrai sourire.
En le voyant s'affaler à côté de moi. Et poser sa tête sur mon épaule.
- Mais à quel point?
- Autant que je te déteste.
C'était la vérité.
- Alors tu m'aimes plus que n'importe qui.
Je fermai les yeux.
- Malheureusement.
Nous restâmes ainsi, l'un contre l'autre, de longues secondes. À réfléchir. À se demander où l'on allait.
J'étais vraiment perdue. Pas d'insultes, pas de hargne, pas de coups. Seulement sa chaleur, et mon coeur qui battait.
- Hermione...
Je tournai la tête dans sa direction, et... rencontrai ses lèvres.
Elles étaient glaciales. Et me brûlaient, se répandant tel un feu en moi. Ce fut court, léger, une simple pression.
Si faible. Et pourtant si intense.
Mais cela suffit à me faire perdre pied.
Encore.
Je voulais ses lèvres.
.
Prends-moi. Je te hais tellement de me faire cela, mais je te désire tellement pour t'empêcher de continuer.
.
Était-ce cela? Perdre tous ses moyens au simple contact de ses lèvres? Ne pas vouloir qu'il s'éloigne ou il fera plus froid que jamais? Se dire que malgré tout c'est de lui qu'on avait envie?
- Ne me laisse pas... par Merlin, ne m'abandonne pas...
Les larmes recoulèrent. Mes lèvres retrouvèrent les siennes.
Un baiser noyé sous les larmes. Une supplique.
Deux coeurs qui battaient la chamade.
Et la fatalité qui les rattraperait.
J'enfouis ma tête au creux de son cou. Il m'emprisonna de ses bras. Il était glacé, mais je m'en moquais. Je me moquais de savoir qui était celui qui me tenait, ce qu'il avait fait, d'à quel point nous nous en voulions, de ce qu'il allait nous arriver, lui arriver. Ce moment était juste parfait ainsi. Faire abstraction de tout, ne plus penser à rien.
Il était trop tôt pour souffrir, trop tard pour regretter.
J'abandonnais. J'en avais assez de me battre, de résister.
Oui, il était trop tôt pour les conséquences.
#
- Je vais mourir, n'est-ce pas?
Je lâchai sa main de surprise. Je savais que l'on finirait par en parler. J'essayais juste de repousser le moment.
Il était tard. Personne n'était venu, seulement la nuit.
Je l'avais aidé à se recoucher. J'étais là, cette fois.
- Répond franchement. Et regarde-moi, j'en ai marre de répéter cette phrase.
- Harry va se demander pourquoi je ne lui ai pas rendu visite aujourd'hui.
C'était la seule chose que j'avais pu dire. Harry... qui savait sûrement comment cela se passerait depuis longtemps.
- Hermione...
- J'espère qu'il ne s'inquiète pas trop...
- Réponds à ma question, veux-tu, dit-il d'une voix dure.
Je fixai la fenêtre. La nuit était claire, le ciel dégagé. Que j'aimais regarder le ciel, avant.
- Si, il devait s'inquiéter...
- Tu n'auras qu'à lui dire que tu profitais de moi avant qu'il ne soit trop tard. Arrête de fixer la fenêtre. C'est un ordre, ajouta-t-il, pour me faire réagir.
Ce qui marcha.
- Je ne suis pas à tes ordres!
- Tu es à mon service. Tu as une dette envers moi, je te signale. Et tu me dois la vérité.
Je me relevais.
- Pas maintenant...
Il attrapa mon bras, violemment.
- Reste-là, Granger. Je n'ai pas fini.
- Lâche-moi immédiatement, murmurai-je.
- Pas avant que tu ne me dises ce qu'il se passe.
Je tentai de me dégager, sans succès.
- S'il-te-plaît..., soufflai-je.
Ses yeux s'assombrirent. Son visage se ferma.
.
Ne me demande pas de te dire que le temps t'est compté.
.
- Putain, Hermione. Ne me refais pas ce coup-là. J'ai pardonné une fois, pas deux! Arrête de faire ta garce et dis-moi tout ce que tu sais! Immédiatement.
Et voilà. La dure réalité reprenait ses droits.
- Je n'en sais rien!
- Tu mens. Tu ne sais faire que cela.
Il renifla avec hargne.
- Qu'est-ce que tu insinues?
- Tu sembles un peu oublier à qui tu as affaire. Je ne te laisserai pas me cacher des choses encore une fois, tu entends? Dis-ce que tu as à dire avant que je ne perde mon calme.
Mon sang ne fit qu'un tour.
- Mais que crois-tu savoir de moi? Quels droits penses-tu avoir sur moi? Je ne t'appartiens pas, Draco Malefoy, quoi qu'il se soit passé! Ne viens pas me mettre ta soi-disant supériorité sous le nez!
Je réussis à me dégager de sa prise, et avançais à reculons vers la porte. Je le voyais trembler de colère.
- Ne fais pas cela, Granger, reviens tout de suite! siffla-t-il entre ses dents.
- Non. Je ne te laisserai pas tout gâcher... Pas encore.
- Sors de cette pièce maintenant et ce ne sera plus la peine de revenir. Je ne me répéterai pas.
Cela finit de m'assommer.
- Tu es le pire...
Il rit, d'un rire affreux. Douloureux, sarcastique.
- Et c'est toi qui me dis cela. Tu te défiles encore, Granger. Tu vois, j'avais raison. Jamais, je ne pourrais te faire confiance. Ne reviens plus me faire croire le contraire! Tu n'es qu'un poison.
Le coup de grâce. Sa marque au fer rouge. Ma torture.
.
Merlin, emmenez-moi loin, très loin... Quelque part où mon coeur sera à l'abri...
.
- Et toi tu es le mal! hurlai-je. Tu veux savoir, tu veux vraiment le savoir? Oui, oui tu es en train de mourir! Tu plonges droit en Enfer, Draco! Et c'est inévitable! Tu es satisfait? Tu crois que c'est tout ce que j'espérais? Tu te barres, connard que tu es, et tu vas tout abandonner! Après tout ce qu'il s'est passé! Alors ne dis pas que c'est moi qui me défiles! Tu n'as pas le droit de partir comme ça!
.
Toutes ces nuits blanches que j'ai passée à essayer de trouver la cause, les explications, et maintenant une issue...! Pourquoi ne m'as-tu pas laissé mourir à ta place? Qu'est-ce que je vais faire, maintenant? Je finirai par mourir de culpabilité aussi. Alors ne dis pas que je te laisse tomber, jamais! Parce que je risque de te rejoindre d'ici peu, Malefoy.
Tu n'aurais pas dû me sauver. Regarde où cela nous mène. Je ne peux même plus penser aux autres, à ceux qui tiennent à moi...
.
- Je le savais, Hermione. Je le savais depuis le départ. Je t'avais dit de ne pas faire de recherches. Je t'avais dit de rester loin, même si c'est moi qui imposait une proximité. Tu aurais dû m'écouter. Ta volonté de vouloir tout savoir te tuera.
Il parlait avec un tel détachement. Alors que moi j'arrivais à peine à l'accepter...
- Je le sens, tu sais? À chaque fois je sens que je pars un peu plus. Je suis désolé, parce que je le savais. Et que je me suis quand même accroché à toi. Je voulais que tu tombes avec moi.
Je me figeai. Il n'était pas sérieux?
- Connard..., murmurai-je. Tu n'avais aucun droit de me faire ça... On aurait dû se détester...
- Je sais. Je porte peut-être vraiment bien mon nom après tout... Malefoy. Je n'ai aucune pitié pour les autres, et je pense seulement à moi. Égoïste et indifférent. Et je n'arrive même pas à le regretter.
- Je vois...
Je ne voulais plus le voir, plus l'entendre. Alors c'était cela?
- Tu dois m'oublier.
- Je sais. Mais ç'aurait été plus facile si tu m'avais laissé tranquille dès le départ, Draco. Je n'arrive pas à croire ce que tu fais.
- Tu sais qui étaient les Mangemorts que j'ai abattu durant la bataille? dit-il seulement.
Ma gorge se serra.
Il me dévisageait maintenant, guettant ma réponse.
Je ressentis une colère sourde monter en moi.
Il ne pouvait pas être aussi indifférent, ce n'était pas possible!
- Tu veux dire les amis que tu as abattus? Je sais que tu les a fait tomber un par un sans remords, que tu les as pris par surprise, que Parkinson a été la dernière à mourir, et que c'est elle qui t'a mis dans cet état! Oui, oui je sais qui ils étaient, Malefoy!
Je l'avais appelé volontairement par son nom.
Ses yeux s'assombrirent pour de bon, il était encore plus pâle. Il serra les poings si fort que ses jointures ressortaient, tout comme ses veines.
- Alors tu sais ce que je suis.
Je ris jaune.
- Quoi, un salopard? Un traître, une pourriture? Oui, oui je le sais depuis longtemps, je l'ai même toujours su!
Je savais que je n'aurais pas dû lui cracher cela. Je savais que ça serait impardonnable, que je n'en avais pas le droit. Je le savais et pourtant, je n'ai pas hésité une seconde.
Alors je fermai les yeux. Je retins ma respiration et attendis. J'attendis sa réaction. Il allait me pulvériser... j'attendais ses mots assassins, qui allaient m'exploser à la figure.
- Sors d'ici Hermione. Ne reviens jamais.
Quoi?
Juste ces deux phrases, murmurées.
Que se passait-il?
Pas de venin craché, pas d'insultes hurlées, pas de ton hargneux...?
Pas de fureur... Juste une once dans sa voix de... d'abandon?
J'osais rouvrir mes yeux.
Il se passait la main dans les cheveux, fixant le plafond. Son visage reflétait la lassitude et la fatigue. La tristesse, aussi. Comme s'il ne voulait plus réagir. Comme s'il s'était éteint.
- Je veux juste que tu me laisses tranquille. Je me suis trompé, en pensant t'aimer. Et toi aussi d'ailleurs. Je crois que je t'empêche de vivre, avec cette soi-disante "dette". Alors, c'est bon, Hermione. Je te libère. Tu ne me dois rien. Seulement la tranquillité.
Mais que...?
- Pars, je te dis! Je ne peux plus te voir. Si tu m'apprécies un tant soit peu, tu ne reviendras pas. Jamais.
Il était sérieux. Il était si sérieux!
Pourquoi ne partais-je pas? Pourquoi avais-je soudainement envie de lui hurler de se taire? Pourquoi diable mes jambes refusaient de réagir!
Pourquoi est-ce que je ne voulais pas partir pour ne plus revenir?
- Draco...
- Arrête, coupa-t-il. Je ne t'apprécie pas, je t'ai seulement utilisé pour me sentir moins seul. Mais là, ça ne marche plus. Je ne me suis jamais attaché à personne, et ce n'est pas maintenant que je vais commencer. Je sais ce qu'il va se passer, maintenant, et je préfère de loin ne plus avoir affaire à toi. Je n'ai jamais eu besoin de personne, tu m'entends? Ni de mes parents, ni de mes «amis», et encore moins de toi! C'est compris? Alors pars, pars avant que je ne te tue, comme tous les autres!
Je crois, je ne sais pas, que j'ai fini par sortir, fermant une dernière fois cette porte, témoin de nos tumultueux face-à-faces.
Tu te trompes Draco, je ne l'accepterai jamais, mais même si cela m'horrifie, je crois que je peux affirmer que je t'aime, envers et contre tout.
#
Comment avais-je pu croire en quelque chose de bon, en lui? Comment avais-je pu avoir cette illusion?
Je me sentais tellement stupide.
J'avais réussi à tout ruiner. Sa vie, la mienne, la nôtre.
Harry avait Ginny, Ron avait sa famille. Malefoy n'avait plus rien, et moi, je ne devrais même plus être là.
Je relevai la tête. J'étais dehors. Quand avais-je quitté l'hôpital? Où étais-je?
La nuit, encore et toujours, la nuit qui couvrait mes larmes de son habit sombre. La nuit, compagne de mes pensées, et compagne fidèle.
C'était dans la nuit que je m'étais réveillée, à Sainte-Mangouste, dans la nuit que je m'étais effacée pour toujours de la vie de mes parents, dans la nuit que j'avais découvert que j'aimais Malefoy, et dans cette même nuit que j'avais compris ce que lui réservait son triste sort.
Je marchais, ou peut-être pas, je n'en sais rien, et c'est dans la nuit que j'ai repensé au fil de mon existence. De mes erreurs, de mes actions, de mon attachement pour ce monde, et de ce que je valais.
Je ne sais pas combien de temps je suis restée, dans cette obscurité, mais ce que je sais, c'est que quand mon esprit s'illumina, l'aube se levait.
J'avais la solution.
Ginny.
Lorsque Hermione rentra, il faisait jour.
Je m'étais inquiétée, comme Maman et Papa, mais comme ce n'était pas la première fois qu'elle ne rentrait pas de la nuit, nous n'avons rien dit.
Cependant, quand je l'ai vu revenir, les yeux gonflés, les chaussures pleines de terre et claquant des dents, je me suis dit qu'il y avait une limite. Elle commençait à faire n'importe quoi, et il fallait que nous l'aidions.
Je m'avançais vers elle, prête à lui débiter mon plaidoyer, mais elle m'interrompit.
- Il faut que je te parle, Ginny. Dans ta chambre.
#
- Es-tu bien sûre de cela, Hermione?
J'étais horrifiée.
- Oui. C'est bien le sort qu'il a reçu. Par Parkinson. Et il n'y a aucun échappatoire...
Elle regardait dans le vague, comme si elle était déconnectée de tout. C'était impossible, il ne pouvait pas... enfin, il n'était pas condamné à... non!
Cela aurait dû se passer tellement mieux!
- Oh mon Dieu... Mais... il y a forcément un moyen! Je veux dire, c'est un sortilège, de la magie, quoi! Il y a forcément un contre-sort!
Elle secoua la tête, donnant en même temps vie à ses longues boucles brunes.
- Non, Ginny. As-tu déjà pu contrer un Doloris? Résister à l'Imperium? Survivre à l'Avada Kedavra? Je ne compte pas Harry!
Je pinçai mes lèvres. Que pouvais-je répondre à cela?
- Mais j'ai peut-être une idée, Ginny. Il faut que j'essaie!
Je sursautais. Elle semblait avoir retrouvé la forme, et me fixais avec des yeux décidés.
J'eus soudain très peur.
- Quel genre d'idée, Hermione...? Est-ce qu'il y a des risques?
Son visage était pâle.
Oh mon Dieu, qu'avait-elle en tête?
- Oui. Mais je ne peux pas le laisser m.. partir sans rien faire!
- Quel genre d'idée? répétais-je d'une petite voix.
Elle tourna la tête, et baissa la voix.
- Je vais apprendre à maîtriser le sortilège Possessium, et je le lui lancerai...
Mon sang ne fit qu'un tour. Et si...?
- QUOI? Mais es-tu folle? Et si cela t'entraîne avec lui? Et si tu meurs à petit feu comme lui?
- Et si j'arrive à le sauver comme cela? Ginny, imagine! Il ne sera plus lié à Parkinson, mais à moi! Et je suis toujours en vie! Et Connor m'a dit que plus un lien était fort, plus le sortilège était puissant! Je dépasse bien Pansy Parkinson, non? Non?
Elle était folle, elle hurlait presque.
- Oui, bien sûr que tu la dépasses aux yeux de Draco! Mais ce n'est pas une simple équation que tu essayes de résoudre, là, Hermione, il y a tellement de choses en jeu!
Elle fronça les sourcils.
- Il y a sa vie, en jeu, Ginny! Ne me dis pas que tu le laisserais mourir sans rien tenter parce que tu crains pour la tienne! Après tout ce que tu m'as dit! Tout ce que tu m'as poussée à faire! Je ne peux pas, tu m'entends, je ne peux pas le laisser comme ça! Tu n'as rien à me dire! Et je lui dois la vie, tu m'entends? J'ai été assez idiote pour ne pas m'en rendre compte avant longtemps, mais maintenant c'est une évidence, et je ne peux pas le laisser mourir alors que je devrais être à sa place! Ginny!
J'étais terrifiée. Elle avait tellement raison...
- N'y a-t-il pas un autre moyen?
- Non.
Son ton était sans appel.
- Es-tu allée le voir? tentai-je, timidement.
Elle s'adoucit.
- Oui... Je ne comprends rien, tu sais?
- Que s'est-il passé? demandai-je, lui prenant la main.
- On s'est disputé... Puis on s'est... embrassé. Je n'avais jamais rien ressenti de tel, même pour... Ronald.
Elle serra ma main plus fort.
- Et puis on s'est disputé à nouveau. Il a dit qu'il ne voulait plus jamais me revoir. Que je devais juste... l'oublier.
Non, je connaissais Draco, maintenant. S'il avait dit cela, c'était qu'il voulait l'éloigner d'elle. S'il voulait qu'elle s'éloigne, c'était qu'il avait deviné qu'elle souffrirait si elle restait. S'il avait deviné cela, c'était parce que...
- Il sait? Pour le sortilège.
Elle acquiesça.
Je... Mes dernières défenses tombèrent.
- Je... C'est d'accord.
Elle releva la tête, sidérée.
- Pour tenter cela. Je vais t'aider, Hermione, mais à une seule condition. On trouve d'abord des informations dessus. On va demander à ce Monsieur Connor, on remue ciel et terre pour vérifier qu'il n'y a pas de risques. Combien de temps te faudra-t-il pour maîtriser le Possessium?
- Je... Je ne sais pas. Je dirais que je pourrais le maîtriser parfaitement en dix ou onze heures, c'est à dire une nuit complète. On doit se dépêcher, Ginny! Chaque jour compte, chaque jour il perd des force, même si on a l'impression du contraire!
- Il faut que tu te reposes, avant, quand as-tu dormi pour la dernière fois?
Elle soupira de mécontentement.
- Il existe des sorts pour récupérer, Ginny! On apprend cela en quatrième année, alors, non, je n'ai aucunement besoin de repos!
Qu'elle pouvait être têtue! Elle avait réponse à tout, malheureusement! Cela ne fit qu'ajouter un peu plus de méfiance, mais je ne dis rien. Elle avait raison, après tout.
- D'accord... Quand veux-tu aller voir le libraire?
Elle se mordit la lèvre inférieure.
- En fait, Ginny... j'avais pensé à autre chose...
#
- Tu. Es. Folle.
Elle sourit tristement.
- Peut-être bien. Mais je n'ai pas le choix.
Je soupirai.
- N'oublie pas, Hermione. Avant de faire quoique ce soit, tu reviens à la maison. Dix heures, tu dis? Je t'attends pour vingt-deux heures, alors. Je vais rendre visite à Harry, après. Dois-je ne pas lui en parler?
- Surtout pas! s'écria-t-elle. Comment veux-tu lui dire cela? «Harry, il faut que tu saches, pour essayer de sauver Malefoy j'ai aidé Hermione à faire diversion dans une librairie qui détient des livres sur les Impardonnables et autre Magie, pendant qu'elle a utilisé ta cape d'invisibilité pour aller en dérober un, avant d'aller se cacher dans une forêt le temps d'apprendre à maîtriser le sort voulu, avec ma baguette, que du coup je lui ai passé car elle n'en a plus. Je la retrouve ce soir, et ensuite on fera des recherches pour savoir s'il n'y a rien de dangereux là-dedans. Comment se passe ta rééducation mon coeur?» Ne lui en parle pas!
Je levais les yeux au ciel.
- Très bien. Allons-y.
Elle disparut sous la cape de Harry, que George avait eu le temps de récupérer avant que les secours et les Aurors n'arrivent.
Bon sang, j'espérais de tout coeur que tout se passerait bien.
Hermione.
Enfin. Enfin, j'y étais arrivée!
Après des heures et des heures d'échecs, d'étincelles, de frayeurs et d'épuisement, j'y arrivais.
Je m'assis contre un arbre et repris des forces.
Cela me rappelait les mois avant la Grande Bataille, où nous ne cessions de nous entraîner avec Harry.
Je regardais le ciel. Il était approximativement neuf heures et demi. Si je me dépêchais je pourrais l'aider dès ce soir.
Je n'étais pas dupe. J'avais pu récupérer six ouvrages. Je les avais lu, et repéré les passages les plus importants.
Et je n'allais pas m'en sortir.
J'avais réussi à lire entre les lignes, et en déduire les réponses à mes questions. Il était possible de relancer le sort sur quelqu'un déjà victime d'un autre sorcier. Le premier lien se rompt, pour permettre au nouveau de se tisser.
Cependant le premier sortilège ne pouvant disparaître comme cela, toute sa puissance et son flux magique se dirigera sur le nouveau sorcier, c'est-à-dire moi. Autrement dit, lorsque je lancerai le sortilège, je vais recevoir en moi toutes la magie que Parkinson a placé en Draco, plus celle de son lien, plus celle du nouveau lien. Tout va être transplanté en moi, sans que je ne sois sûre que mon métabolisme supporte ce surplus de magie.
Cependant je n'hésiterai pas. J'ai la preuve que je pourrai le sauver.
Je me relevais, chancelante, et pris une sucrerie magique pour me donner ce qui me manquait de forces.
J'étais peut-être inconsciente, sûrement folle, mais j'avais pris ma décision.
Je déchirai une page vierge d'un des livres de Connor - qu'il me pardonne de l'avoir volé - et écris un mot à l'adresse de Ginny.
Je ne pouvais aller la retrouver, la regarder dans les yeux et lui mentir en lui disant que l'on sera heureuses, après que j'eus fait ce que je ferai.
J'espérais sincèrement m'en sortir, mais j'étais réaliste.
Harry m'en voudra, Ron sera heureux. J'espérais que Harry, Ginny et sa famille me pardonnerait ce geste.
Mais comme je l'avais dit, ma décision était prise. De toute façon, je n'aurai même pas dû vivre jusque là.
Je récupérais toutes mes affaires avant de m'enrouler dans la cape d'invisibilité. Ainsi, il pourrait la récupérer.
J'inspirai une dernière fois, si sûre et pourtant si effrayée. La nuit était belle. Je ne regretterai pas de l'avoir vue une dernière fois.
#
Je refermais la porte doucement derrière moi. Personne ne l'avait remarqué bouger, pas même Draco.
Je sortis de sous la cape, et m'avançai.
Il avait les yeux fermés. C'était aussi bien, ainsi il ne me verrait pas. C'était ce qu'il voulait, après tout.
Je chassais une larme qui venait de naître.
Bon sang, ce n'était pas le moment de pleurer!
- Gr... Granger?
Je sursautais.
Oh, non, il s'était réveillé!
- Qu'est-ce que tu fais là, bordel?
Sa voix s'éleva. Il se frotta les yeux pour se réveiller, et me dévisagea à nouveau.
Il était beau, vraiment beau.
- J'ai trouvé, soufflai-je. J'ai trouvé comment te sauver!
Il écarquilla les yeux, mais reprit bien vite une expression sombre.
- Comment se fait-il que tu aies continué les recherches? Je t'avais pourtant...
- Tu es quelqu'un de bien, Draco Malefoy, vraiment, l'interrompis-je.
- Ça, je le sais, rétorqua-t-il, acide. Qu'est-ce que tu viens faire?
- Je viens te rendre ce que je te dois.
Cette fois, il ne put masquer sa surprise. Il ouvrit la bouche, mais je le devançais.
- Je sais. Je sais que tu ne voulais plus me voir. Je... Je suis désolée. Mais je ne pouvais pas t'abandonner. Je... Je suis désolée pour ce que je t'ai dit. Tu n'es pas une pourriture, ni un salopard. Encore moins un Mangemort. D'ailleurs, tu n'as même plus la Marque.
- Elle est sous les bandages, répondit-il seulement.
- Moi je ne la vois plus.
Il me dévisagea.
- Granger...
Il ne m'appelait pas par mon prénom et cela me blessa. Mais je décidais de ne pas y prêter attention.
- Non, écoute-moi. Je suis désolée, d'accord? Je suis désolée de ne pas t'avoir cru, de t'avoir rejeté, de n'avoir rien dit pour tes parents... D'avoir toujours fui. Mais ce soir je suis là, d'accord? Je te demande juste de me croire.
- Granger, laisse-moi parler...
- Je sais que tu as changé, je sais que je t'ai fait du mal, je sais que je te dois tout. Je te hais tellement que c'en est risible, parce que je suis tombée amoureuse de toi. Je ne l'aurai jamais avoué sans Ginny... ni toi.
- Granger.
- Mais c'est là, et autant l'accepter jusqu'au bout. C'est bizarre de me dire que je t'ai détesté autant, dès le premier jour, que j'ai souffert autant de tes insultes, que je ne serais jamais allée te sauver dans la Salle sur Demande, que j'aurais continué à te haïr même dans cet hôpital, mais que je suis là, au final. Je n'arrive pas à le croire moi-même...
- Hermione!
Je sursautais, encore plus violemment.
- Tu vas m'écouter, bordel?
- Je...
- Laisse-moi parler!
Il soupira.
- Laisse-moi t'expliquer quelque chose, reprit-il plus doucement. Au départ, j'aurais dû te tuer. Nous vous avons suivi dans la Salle sur Demande pour vous piéger. Mais rien ne s'est passé comme prévu, et je devais ma vie à Potter. Et là, je ne sais pas, il y a quelque chose en moi qui a changé. Je me suis rendu compte que je n'étais pas dans le bon camp, que j'avais préféré suivre la désolation, plutôt que la justice. J'y repense encore quelque fois, mais quand Potter m'a demandé de te protéger, j'ai su que je le ferai. C'aurait été une telle opportunité, tu étais à ma botte, il aurait été aisé de te tuer.
Il marqua une pause, plongea ses yeux dans les miens. Je frissonnai.
- Mais je ne l'ai pas fait. Je savais que cela anéantirait mes dernières chances de retrouver le bon camp. Et quand les autres sont arrivés, je me suis mis entre eux et toi. Tu as raison, je ne suis un traître, et un salopard. C'est pour ça que je suis là. Mais j'ai fait ça sur une impulsion. Je ne sais pas si je recommencerais, où si je te livrerais moi-même, si c'était à refaire. Quelques fois, je regrette d'avoir agi ainsi, et d'avoir perdu mes parents, mes «amis», ma vie. Quand je me suis réveillé, et que je t'ai vu, les larmes aux yeux, devant mon état, je t'ai haï. Plus que jamais. Et je voulais te faire souffrir parce que, soyons sincère, c'était à cause de toi que j'étais dans cet état. Mais d'un autre côté, je voulais montrer à tout le monde que j'avais bel et bien changé.
Je détournais le regard, cela devenait trop... intense.
- Après, je ne sais pas. Je suis passé de «vouloir te détruire», à «vouloir te convaincre que j'étais sincère». Sauf que tu résistais, encore, et encore. Et Ginny est entrée en jeu. Et elle m'a dit que peut-être je commençais à te trouver quelque chose d'intéressant. Je ne sais pas. Quand on passe toutes ses journées dans une foutue chambre sans pouvoir bouger de son foutu lit, et en recevant quotidiennement des visites d'une seule personne, oui, peut-être que cela déclenche quelque chose. Je ne vais pas te dire que j'étais jaloux de Weasley ou de Potter, mais ça me gênait que tu leur portes une telle attention.
- Draco...
- Après, il y a eu la vérité sur mes parents. C'est là que j'ai compris que c'était bien plus qu'une envie de copuler - parce que, oui, j'ai commencé à te désirer, c'est normal pour un garçon, ne fais pas cette tête Granger. Parce que j'ai compris que je t'avais accordé ma confiance, comme je ne l'avais accordé à personne, et que ça m'a franchement blessé que tu ne sois pas à la hauteur. Arrête avec cette lèvre, Granger, tu vas me tuer de frustration.
J'avais commencé à torturer ma lèvre, il l'avait remarqué.
- Ne t'en fais pas, je savais que mes parents seraient morts, ou en fuite. Ça m'a juste pris de court.
- Je suis désolée, je...
- Et puis on en est là. Tu as raison de dire que c'est contre-nature. Ça l'est. Mais moi je l'ai accepté. J'ose croire que toi aussi. Mais j'ai toujours autant besoin de te faire mal, tout comme toi tu l'as aussi. C'est en nous, et l'on n'y peut rien. On a déjà essayé d'être gentils. Des clous! Mais je ne voulais pas que tu partes ce matin. Je veux juste que tu me sentes, que tu souffres pour moi, que tu t'effondres, parce que c'est ce que toi tu me fais.
Il me fit signe de m'approcher, lui ne pouvant bouger avec les tuyaux.
Mon coeur était sur le point d'exploser. J'avais tellement chaud.
- Je ne comprends rien non plus. Je sais juste que j'ai envie de moi en toi autant que de briser. Je ne suis pas un saint, Granger, loin de là.
J'avais maintenant mon visage à quelques centimètres du sien. Nos souffles se mêlèrent, comme ce matin, et je pouvais deviner ce qu'il voulait. Je désirais exactement la même chose.
Ce fut lui qui me tira. Je m'écrasai contre lui, tremblante, brûlante, mais entreprenante.
Nos langues se trouvèrent, nos cheveux s'emmêlèrent, nos corps se caressèrent. Il reprenait des forces au fil des secondes, et mon excitation monta en flèche. Tout comme la sienne.
C'était brûlant. Il y avait toute notre colère, notre désir, notre refoulement de ces dernières semaines.
Je crois que j'ai perdu la notion du temps, ne réagissant qu'à lui, que pour lui. Je ne me connaissais pas.
Je crois que de nombreux tuyaux s'étaient détachés, et que j'avais dû enjamber le lit, car je me retrouvais à califourchon sur lui.
- Pourquoi tu m'appelles Granger? soufflai-je, entre deux baisers ardents.
- Parce que c'est ce qui nous va le mieux. «Hermione», «Hermione» ce serait promettre que je ne te ferai plus de mal, que je ne te blesserai plus. Que je pourrai te faire confiance. Et je ne peux rien faire de tout cela. Pourquoi es-tu revenue?
Il replongea dans ma bouche et m'entraîna dans un baiser osé, féroce, punissant.
Il commença à soulever mon haut, mais s'arrêta pour me dévisager.
- Je ne suis pas sûr de le pouvoir.
- Je ne suis pas sûre de le vouloir.
Alors il me lâcha, et j'enfouis ma tête au creux de son coup. Glacial, comme toujours. Il n'avait plus de forces.
- Je suis venue pour te sauver, Draco.
- Tu ne m'appelles plus Malefoy?
- Je t'appelle ainsi que je veux te faire mal.
Il souffla dans mes cheveux, et répondit.
- Alors sauve-moi, puis fais-moi mal. Je veux connaître la suite.
Je souris. Je souris mais hurlais intérieurement.
Je suis désolée, désolée, désolée. Il n'y aura plus de suite.
Lentement, je me relevais. Je déposais un léger baiser sur ses lèvres, puis sur sa tempe. C'était ainsi que je disais adieu.
Je pris la baguette de Ginny entre mes mains, et la pointa sur lui.
Il fronça les sourcils.
Je suis désolée.
Je commençai à me concentrer, lorsque la porte s'ouvrit brusquement.
- Non, Hermione, arrête!
Oh non.
Ginny.
- Herrmione, ne faîtes pas cela! Vous ne connaissez pas les risques, c'est trop dangereux!
Je sursautai, prise de surprise.
Connor.
Je me retournai vers eux, et chuchotai :
- Je suis désolée, je suis vraiment désolée... Pardonne-moi. Dites à Harry et Ron que je les aime.
Je me remis face à Draco. Il avait compris.
- Granger, putain, qu'est-ce que tu fous! Arrête ça! Putain! HERMIONE!
- Possessium.
Je souris. Il m'avait appelé par mon prénom.
Ce fut la dernière chose qui me vint à l'esprit, tandis que je me sentais lourdement tomber sur le sol, déchirée et brûlée de toute part. Cette fois le noir me recouvra pour de bon, et je pus partir sereinement.
J'avais rempli ma dette.
Tadaaaam!
Hein? Oooh! Je suis désolée! S'il vous plaît, séchez vos larmes! :'(
Je suis bien curieuse de savoir ce que vous en avez pensé, si cela valait le coup d'arriver jusqu'à là, où si vous n'avez qu'une envie, vous lancer un Oubliettes pour ne plus y penser!x)
Comment pensez-vous que cela va se terminer? J'ai une fin, que j'ai hâte de commencer à écrire, et qui j'espère sortira du lot, où de l'idée que vous vous faites de l'épilogue, mais bon, je je répète, je suis curieuse, hein!
J'ai vraiment adoré écrire ce chapitre, bon, oui, j'ai aussi adoré écrire les dernières lignes, et imaginer vos têtes... God, I am so bad.
Bon, les loulous, c'est pas tout, mais les devoirs m'apellent (ha ha.)
Je tiens vraiment à dire un GRAND merci à toutes celles qui suivent depuis le début, ça me fait trop plaisir de savoir que vous êtes encore là. Pourtant, ce n'est vraiment pas du grand art, loin de là!
Je crois qu'en fait, c'est une des choses que j'aime le plus : lire et partager les impressions que l'on se fait des personnages, de la trame, de leur psychologie... C'est vraiment super intéressant comme expérience, et franchement, si je compte le nombre de fois où j'ai souri en lisant un message... xD Ca me donne envie de pondre d'autres choses, tiens! x)
Sur ce, à bientôt, pour the end (snif). Gros bisous! :D
