Bonsoir tout le monde!
Voilà, nous y sommes. La fin. The END. Oh mon, dieu, je crois sincèrement que je vais pleurer à la fin de cette note... Mais avant, il faut que je vous explique encore une ou deux choses!
* Premièrement, je suis vraiment, horriblement désolée du retard que cela a pris mais... Je l'ai récrit cinq fois... En fait, je me suis vraiment beaucoup investie dans cette fiction, je pense que cela s'est senti, et j'ai vraiment voulu de quelque chose de complet, pour finir en "beauté", si je puis dire. Il a fallu que je finalise tous les détails, que tout coïncide, que tout s'enchaîne, que rien ne paraisse absurde ou tombé du ciel... En gros, que ça tienne la route jusqu'au bout! Et, outre l'inspiration qui ne venait pas, ou mon obsession de tout parfaire, j'ai eu pas mal de problèmes personnels ce derniers mois, qui n'ont fait que retarder cette dernière publication... La vie est parfois dure, vraiment.
Enfin! Pour toutes celles (ceux?) que j'ai déçu, ou désespéré, je tiens vraiment à m'excuser! Et j'ai décidé, que maintenant, quand je publierai une fiction, j'aurai toujours un chapitre d'avance, pour ne plus jamais en arriver là! Foi de Panda! :-)
* Je voudrais vous remercier du fond du coeur d'en être arrivés jusque là, d'avoir lu et suivi toute cette histoire, je crois que c'est ce qui rend les auteurs vraiment heureux : de savoir que ce que l'on écrit, plaît, et continue de plaire au fil des chapitres. Cette fiction était la première que j'ai commencé, et celle (je radote") pour laquelle je me suis le plus investie... Je ne compte même pas les heures que j'ai passé sur ce dernier chapitre, mais, préparez votre soirée (ou journée), parce que, là, c'est vraiment très très long... Je n'ai pas réussi à faire plus court, parce qu'il a fallu que je comble toutes les explications, que je reconnecte tout les détails entre eux, pour enfin, arriver à un épilogue intéressant.
Désolée aussi pour :
_ le manque d'espacement, maais! J'ai enfin trouvé quelque chose! Y'a des boutons, en haut à droite, pour régler la police, la taille des espaces entre les lignes et les lettres... C'est cro bien! (Hmmm, ah, vous le saviez depuis longtemps...? Heemm, ah oki doki^^' )
_ les fautes d'orthographes, pardonnez ces erreurs d'inattention, j'ai essayé de me corriger le plus possible, mais, toutes ces pages word, au bout d'un moment... Si quelqu'un veut devenir ma Bêta, j'accepterai avec un graand plaisir!:'3 Faudra juste être très courageuse... XD :)
* Je vous ai laissé, je m'en rends compte maintenant, un suspens énoorme, à la fin du chapitre 19, mais rassurez-vous, tout s'arrange! :') J'espère juste que cela sera à la hauteur de votre attention, car comme on dit, un récit se juge d'abord par sa fin (enfin, comme je dis... ^^") J'espère que ce ne sera pas trop grotesque, absurde, guimauve, cul-cul pour vous... Mais quand on y pense bien, je les ai quand même pas mal fait souffrir, les pauvres!
* Ne vous attendez pas à trouver Draco et Hermione réunis dès les premières pages... Il y a vraiment un long travail pour tout mettre au clair dans cette histoire et répondre à toutes les interrogation qui demeuraient jusque là... Un happy end, oui, mais un peu de patience :$$
* Je sais plus vraiment quoi dire d'autre, je parle, je parle, je veux pas vous laisser tranquille T.T" Je vais m'arrêter là. AAH SI! Encore une chose! J'ai l'intention, je pense, d'écrire un ou deux BONUS, en fonction de comment vous aurez perçu la fin... Si c'est allé trop vite, s'il manque des choses, ou si vous en avez simplement envie^^ Par contre, pas de mariage! Nananan! C'est trop... guimauve! Les "Je le veux" murmurés avec une voix emplie d'amour, c'est pas pour eux! XD
* Bon... Ben les cocos... Je vous souhaite une bonne lecture! Merci encore d'avoir été jusque là, et de m'avoir supporté toutes ces semaines (pour celles qui ont suivi la publication) ou tous ces chapitres! J'espère vous combler pleinement, et voir vos petits yeux s'illuminer de joie à la fin!
J'attends avec, (je l'avoue) un stress énorme, vos impressions et vos avis.
Merci beaucoup pour toutes vos reviews, qui me font toujours sourire comme si j'étais au Paradis! Idem pour ceux/celles qui m'ont ajouté dans leur Favoris, waouw, ça me fait à chaque fois un petit quelque chose au coeur, c'est fou!:'3
J'y répondrai en même temps que ces dernières-ci. :)
Pour cette dernière fois, Bonne Lecture!:))
(Et n'oubliez pas! I'll be back!)
Amicalement, et amoureusement,
Little Smiling' Panda.
°O°
PS : Encore merci :')
Chapitre 20 : Unis?
C'est étrange de se retrouver dans le noir complet mais d'avoir l'impression d'être toujours conscient.
C'était cela, la mort? Ne plus pouvoir rien faire pour l'éternité? Je ne sentais plus mon corps, je n'entendais rien. Enfin, si, un espèce d'écho lointain et vague, mais cela devait être mon imagination. J'étais bien seule.
Je n'avais aucune notion du temps, aucun indice sur l'endroit où j'étais. J'aurais dû faire plus de recherches, lorsque j'étais à Poudlard, sur les théories de la vie après la mort. Oui, j'aurais dû; après tout, je l'avais frôlé bien plus d'une fois...
En tout cas, la théorie de notre vie qui défile devant nous en une seconde, ou celle du tunnel blanc sont bien stupides. Il n'y a que du noir. Du noir, et cet affreux bruit.
Si l'au-delà c'était cela, je risquais de trouver le temps long...
Je me mis à réfléchir à ce qu'ont été mes dernières heures.
J'avais fait le bon choix. Certes, cela équivalait à un suicide, à un acte de lâcheté peut-être aussi. Pourtant je ne regretterai pas. Il devait être sauf, maintenant. J'essayais d'imaginer ce qu'il avait dû se passer... ensuite.
Lui m'en voudrait. Harry aussi. Mais ils ne comprenaient pas que c'était l'unique solution. Puis le visage de Ginny me revint en mémoire et une boule se forma au creux de mon ventre. Ginny... J'avais fait le bon choix, et pourtant...
Je ressentais comme une âcre sensation de défaite. Je revoyais le visage effrayé de Ginny, celui plus pâle que jamais de Draco... Je revoyais Molly, toujours souriante et encourageante, Arthur, qui était devenu comme un second père pour moi; je revoyais George, qui m'avait un jour dit, avec Fred, que j'étais comme une deuxième petite soeur, non-rousse. Je revoyais Ron tel que je l'avais connu, un peu gauche, très maladroit, et glouton par dessus-tout, mais irremplaçable.
Je nous revoyais, grandir, mûrir, nous affirmer, mais sans jamais nous éloigner. Nous avons toujours tout traversé ensemble, jusqu'au dernier combat.
Je me rappelais toutes nos mésaventures, toutes nos découvertes, toutes ces stupides disputes, que je détestais, mais que j'aimais car la réconciliation était tellement belle.
Je me rappelais nos doutes, nos pleurs, nos convictions, tout ce qui a fait que nous sommes devenus ce que nous sommes.
Je revoyais Harry, sur son lit, dans sa chambre, que nous avions eu la permission de redécorer de rouge et d'or Ginny et moi, souriant et rassurant. Je lui en avais tellement voulu de nous laisser sans nouvelles, sans la certitude qu'il irait un jour mieux, qu'il se réveillerait, même. Je l'ai sermonné, Ginny m'a sermonné, et Harry l'a sermonné à son tour, avant que nous n'éclations de rire. Avant que les choses ne se gâtent. Avant que j'aboutisse à mes recherches...
Oui, cette hypothèse sur notre vie qui défile en une seconde n'était pas vérifiée, et n'était sûrement pas vraie. Ce qui l'était, c'était tous ces souvenirs qui remontaient à la surface, à la pelle. Je ne revoyais pas ma vie entière se dérouler sous mes yeux. Seulement les moments les plus heureux, ceux qui m'ont le plus marqués. Et tandis que je me souvenais, le doute s'installait peu à peu en moi.
Je ne savais pas où j'étais, ni où j'étais destinée à aller, mais plus le temps passait, et plus je remettais mon acte en question.
Les dernières images revenaient sans cesse. J'avais agi sous le feu de l'action... C'était tellement peu moi. Moi qui aie toujours été réfléchie, calme et posée, je m'étais précipité au fond du gouffre. J'avais complètement changé, il m'avait complètement changé! Je n'aurais jamais agi ainsi, avant. Mais ça, c'était avant. J'étais coincée ici, dans le noir, avec pour seule matière à penser mes souvenirs, et mes doutes.
Et là je doutais. Parce que je ne me reconnaissais plus, parce que je me rendais peu à peu compte de ce que j'avais fait, parce que j'avais l'impression d'avoir trahi tous ceux qui tenaient un minimum à moi. Qui es-tu, Hermione, qu'es-tu devenue?
En vérité, je m'étais égarée depuis bien longtemps. Je savais, quelque part au fond de moi, que si je baissais mes gardes avec lui, j'allais finir par sombrer. Et c'était arrivé. J'aurais dû être plus forte, après tout ce que j'ai traversé, mourir pour une dette? Affligeant. Je n'étais pas à la hauteur de mes amis, je ne l'étais plus depuis longtemps. C'était indéniable.
Et tandis que je prenais conscience de la situation, plus lucide que jamais, ce fut une pensée qui surpassa toutes les autres.
Qu'avais-je fait?
Oui, je crois que j'étais morte. Je ne sentais même plus mes larmes couler, si elles coulaient.
J'avais froid. Merlin, qu'il faisait froid! Je le percevais, maintenant! Une sorte de courant d'air froid qui me mordait jusqu'aux os, comme lorsqu'on ouvre notre fenêtre un matin de décembre. J'essayais de bouger, sans succès. Pourquoi est-ce que je pouvais sentir ce froid, alors? Est-ce que j'étais arrivée quelque part? Au terme?
Je tendais l'oreille et essayait de distinguer le moindre indice. Je me concentrais, j'attendais.
Mais rien. Il n'y avait que ce foutu noir qui m'entourait, et ce bourdonnement qui ne cesserait jamais!
Quelle horreur. Alors j'étais destinée à attendre ici éternellement? C'était un cauchemar.
Ce n'était pas ce que j'avais prévu. En fait... Je ne sais pas ce que je pensais qu'il se passerait, je ne sais pas si je croyais vraiment que je m'en sortirai mais... J'ai peut-être foncé bien trop vite.
Je m'en suis toujours sortie, plus ou moins indemne, quelque soit le problème qui se posait... Bon sang, depuis notre première année jusqu'à la bataille, nous avons toujours réussi à nous sortir des situations les plus critiques... Ai-je eu trop peu de doutes, de méfiance?
Je... Oui, sans doute. J'avais imaginé m'en sortir, sortir Draco d'affaire, me réveiller indemne et enfin pouvoir pensé à re-vivre normalement.
Je ne m'attendais pas à cela. Dans le pire des cas, je m'attendais à atterrir quelque part où Pansy Parkinson serait. Que ce soit en Enfer, dans un monde parallèle où je ne sais où. Je pensais pouvoir la neutraliser et ainsi être renvoyée dans la réalité, j'avais lu de nombreux témoignages de sorciers qui avaient ainsi échapper à la mort, à force de volonté et de ténacité.
Quelle imbécile j'ai été. Si je m'en étais toujours sortie, c'était parce que j'étais aux côté de Ron et Harry. Nous étions trois, nous étions unis, nous nous complétions. Or là j'étais seule. Seule et sans plan de secours.
Je m'étais jetée dans la gueule du loup; et j'avais été avalée toute crue. Oui, j'avais fait n'importe quoi. Avais-je été aveuglée par l'espoir de m'en sortir? Je voulais y croire, je voulais tellement y croire... Bon dieu, j'ai été tellement naïve... J'espère au moins que cela a servi à quelque chose, que Draco, lui, est sain et sauf.
Qu'il vive pour moi.
Je repensais à ses lèvres sur les miennes, aux picotements qu'ont créées ses mains sur mon corps, et à toutes ces choses intenses et contradictoires que j'ai ressenti, avant d'atterrir ici. C'était fou, c'était terrible, c'était dangeureux. Peut-être m'étais-je réfugiée ici pour me protéger de tout cela. De ce que j'aurais pu faire et laisser faire. Je ne me connaissais pas ainsi. Si... Si peu moi.
Oui, tous les évènements m'avaient dépassé, et... Je crois que je n'étais pas prête à assumer cette... cette attraction dévastatrice pour lui. Ou peut-être bien que si; je ne saurai jamais.
Si j'avais eu le contrôle sur mon corps, j'aurais poussé un long soupir. Mais rien ne se produisit, bien sûr.
J'étais quelque part, nulle part, avec en tout et pour tout indice, cet espèce de bruit de fond lointain.
Je reportai mon attention dessus. De toute façon, il fallait bien que je m'occupe, ou que j'essaie de me sortir de là. Personne ne viendrait plus.
Je me sentais partir. C'était bizarre, j'étais morte et pourtant, je ressentais encore la fatigue... Effrayant.
J'étais sûre qu'il s'était passé plusieurs heures car j'avais pu compter jusqu'à huit-mille-eux cent-quarante-trois secondes, avant d'en avoir marre... Et maintenant, c'était le sommeil qui me gagnait.
Cela m'avait achevé, d'essayer de me concentrer sur le bruit au loin, mais maintenant je n'arrivais même plus à réfléchir correctement, j'étais comme sonnée. Dans le brouillard. Sauf qu'il était désespérément noir et opaque, mon brouillard.
Je soupirais intérieurement. Stupide stupide stupide j'étais. Et franchement inconsciente. Je ne pouvais même pas me plaindre, c'était moi et moi seule qui m'avait octroyé cela...
Harry et Ginny me manquait. Tous. Mon monde me manquait. Même ses regards noirs me manquaient... J'essayai de me rappeler leur voix. Leur timbre. Leur façon de parler.
C'était bizarre, j'arrivais à concevoir cela.
« Elle est forte, elle y arrivera!»
J'arrivais à entendre Ginny, comme si elle était à côté. J'arrivai à imaginer sa voix inquiète, aiguë mais toujours pleine d'espoir.
« Ginny, chérie... Ne te rattache pas à des illusions...»
Celle de Harry aussi, délavée, terne. Comme si les deux discutaient au-dessus de moi.
« Tais-toi. Je la vois bouger, quelques fois!»
Ils auraient pu avoir cette discussion, si je m'en étais sortie. Oui, c'était exactement le genre de discussion que mes amis auraient eu. Mon esprit était vraiment dérangé. Peut-être aurais-je voulu les entendre se disputer à mon sujet, sur mon état.
« C'est dans ta tête, Ginny... On en a déjà parlé. Les médicomages ont dit que c'était perdu d'avance.»
Non, je n'aurais pas voulu participer à cela. Cela me ferait trop mal de les regarder comprendre que je ne reviendrai pas.
« Tais-toi...»
Alors pourquoi est-ce que je les entendais si distinctement?
« Tu crois que quand je la vois pleurer, c'est dans ma tête aussi? Ce sont des vraies larmes, Harry, son esprit est quelque part mais elle est consciente!»
Comme si mon esprit les matérialisait.
Oh, je savais. Il y a toujours eu cette théorie sur les mondes parallèles, selon les choix que l'on faisait dans notre vie, celle-ci prenait un tournant particulier. Cependant, si autre chose avait été décidé, la réalité aurait été toute autre.
De nombreux scientifiques se sont intéressé à ce qu'il pouvait se passer, en nous, en fonction de nos choix. Il y a donc une infinité de possibilités pour notre vie, autant que de choix que nous faisons. Et c'est cela qui créerait toutes les réalités parallèles, créées par toutes les actions non-faites et les décisions non-prises ou modifiées : elles se permutaient en énergie et formaient ces mondes-parallèles qui graviteraient autour de nous, sans que nous n'en soyons conscient. Ainsi, les choix refoulés pouvaient s'exécuter et exister.
Bon, tout cela n'était que de la théorie, et le domaine du subconscient restait un mystère, moi-même j'avais du mal à en comprendre les faits. Mais maintenant que j'y repensais, ceci pouvait expliquer cela.
« Les médecins ne savent pas à quoi cela est dû, mais ils disent que c'est une réaction corporelle et rien de plus! Elle est dans le coma depuis trois mois, Ginny, trois mois et deux semaines, tu le sais bien, que les chances pour qu'elle reprenne connaissance sont de plus en plus fébriles...»
Oui, peut-être était-ce une autre réalité? Une où je n'aurai pas été tuée suite à ce sort, une réalité où j'avais ''seulement'' plongé dans le coma. Peut-être que j'étais en train de voguer entre toutes les versions parallèles qu'aurait pu être mon existence? Je ne pouvais certes rien voir, à cause du noir qui m'entourait, mais j'entendais bel et bien. Peut-être que, ceci finit, je m'éteindrai pour de bon...
« Je veux qu'elle se réveille... Tellement de morts... Je n'en peux plus, Harry... Qu'est-ce qu'on a gagné au final? La souffrance et l'amertume... Je... Le monde est encore pire qu'avant!»
Oh Ginny...
« On a déjà discuté de cela tant de fois... Elle aurait voulu qu'on garde la tête haute, qu'on vive pour les autres. Ron aussi.»
Ron...? Non...
«Sirius, Dumbledore, Fred, Luna... Tous. Alors on leur doit au moins cela, tu ne crois pas?»
Je reconnaissais bien Harry là. Qu'importe la réalité parallèle dans laquelle j'étais plongée, Harry était le même. J'aimerai voir la scène en chair et en os, si elle n'était pas dans mon imaginaire. J'étais sûre qu'il avait entouré de Ginny de ses bras, pour la réconforter.
Ses bras avaient toujours été réconfortants. Oh Harry...
« Ca te détruit, de venir tous les jours ici, Ginny. Cela n'est pas sain. Pas tant que tu te raccrocheras à l'espoir qu'elle se réveillera.»
Il avait raison. Je ne sais pas exactement ce qu'il s'était passé dans cette version de la réalité, mais apparemment Ginny n'arrivait pas à se libérer de... de moi.
Mon coeur se serra.
« Il faut que tu cesses de venir la voir autant, Ginny. J'en ai discuté avec Molly, elle est d'accord avec moi... Il faut se concentrer sur le présent, maintenant. J'ai réussi à tirer un trait sur Hermione, mon coeur. Je suis réaliste. Je me suis fait du mal, à espérer chaque jour un peu plus, et tu t'en fais aussi... Ca va te ronger, tu ne peux plus continuer comme cela, je n'en peux plus de te voir pleurer à chaque fois que tu rentres de l'hôpital parce que c'est un jour de plus qu'elle passe dans le coma...»
Harry... J'étais sûr qu'il pleurait... Les sanglots étouffés que j'entendais étaient les siens. Pourquoi est-ce qu'on me laissait subir cela? C'était horrible! Je n'avais qu'une envie, sortir de cet prison et les serrer dans mes bras, mais j'étais comme emmurée!
Pourquoi est-ce que je devais assister à cela? Bon sang, laissez-moi m'en aller et arrêtez cette torture!
« Qu'est-ce que ça veut dire? Que je dois laisser tomber ma meilleure amie? Elle n'est pas morte, Harry, ne parle pas d'elle comme si elle n'était plus là!»
La Ginny qui était près de moi hurlait. Elle hurlait de rage, d'incompréhension. C'est fou, comme elle ressemblait à ma Ginny. Celle que j'avais côtoyé tellement d'années, celle qui en ce moment devait être dans la chambre de Draco, au dessus de mon corps inanimé, à me maudire et me détester parce que je les avais imaginer. Elle n'arrivera jamais à comprendre, et j'en étais désolée...
Cette Ginny, comme celle que j'ai connu, semblait tellement optimiste. J'avais mal pour elle. Vraiment.
Écoute Harry. S'il te plaît ne te rends pas malade pour moi.
Draco n'avait pas dû me sauver, dans cette vie-là. J'étais dans le coma depuis des mois, il avait dû fuire. C'était toujours Draco Malefoy. C'était dommage. C'était horrible. Ce Draco-là ne serait jamais celui pour lequel je m'étais battue, je m'étais livré à la mort.
Mais ça devait être dans l'ordre des choses. Après tout, dans cette réalité, je n'étais même pas morte. Pas éveillée, certes, mais toujours en vie.
« Calme-toi, calme-toi... Chut... Doucement, respire. On va y aller, d'accord? Je ne peux plus te laisser te faire ça, Ginny... Viens, on y va.»
J'entendais des pas... Qui s'éloignaient. Non!
« Non!»
Ginny avait protesté en même temps que moi. Mais moi, personne ne pouvait m'entendre.
Non, s'il vous plaît, ne me laissez pas, ne laissez pas la Hermione de votre monde toute seule, elle a besoin de vous! Harry, s'il te plaît, ne l'éloigne pas de là...
Je ne savais pas ce qui me prenait, je ne comprenais pas pourquoi, mais j'étais prise d'une peur panique, ils ne devaient pas partir, je le sentais! Je devais les retenir, je voulais me réveiller!
« S'il te plaît, ne m'oblige pas à l'abandonner... Et si elle se réveille, là, tout de suite?»
Je voulais me réveiller, j'en avais assez.
C'était là qu'était ma place, auprès de Ginny et Harry, sans Malefoy! Cela me tuait de le dire, mais c'était la vérité, cet endroit était ma réalité! Ron ne m'avait jamais détesté, même s'il était...
Ginny et Harry ensemble, Draco qui avait fui avec les Mangemorts, qui n'avait jamais changé de camp, et moi, toujours en vie, oui c'était là que je devais être! Je devais réussir à sortir de ce brouillard, et me relever! Allez, Hermione!
« Tu ne sais rien, Harry, tu n'es pas en mesure de savoir quand elle se réveillera!»
Mais j'allais me réveiller, oui, j'allais bouger! Continue à espérer, Ginny, je t'en prie, continue à...
« Mais elle ne se réveillera PAS! Bon sang, c'est fini, Ginny! Cela fait trois mois que c'est fini! On ne l'a pas retrouvé à temps, et même si elle se réveille, crois-tu que ce sera comme avant?»
J'étais horrifiée. Non, il ne pouvait pas penser cela? Hermione Granger, moi, que ce soit dans n'importe quelle dimension, avait toujours été une battante, je n'aurai jamais baissé les bras! Comment pouvait-il croire ce qu'il venait de crier? Harry Potter, mon meilleur ami, n'avait plus foi en moi? En sa Hermione? Non!
« Comment... comment peux-tu dire ça? Après toutes ces années à ces côtés tu abandonnes si facilement...»
Ginny pleurait. Harry pleurait. Je pleurais aussi, au fond de moi. Je voulais me réveiller. Je ne voulais pas les abandonner, comme j'avais abandonné les miens...
« Je t'aime, Ginny. Et je ne veux plus te voir ainsi. J'ai... J'ai perdu tellement, tout au long de ma vie... Je ne veux plus... souffrir, jamais. Et s'il faut que je lâche prise quelque part, ou que j'oublie une partie de ma vie d'avant la guerre, je le ferais. Cela sera dur, douloureux, et horrible, même. Je ne pourrai plus me regarder dans une glace en sachant que... j'ai arrêté de venir soutenir Hermione. Mais je le ferai. Parce que je t'aime et que je ne veux plus vivre dans le passé. Nous avons un avenir à construire, toi et moi, et... J'ai changé, sûrement. Je suis sûrement égoïste, mais après avoir vu tout cela, avoir vécu tout cela, je ne peux plus... Je n'en peux plus de tout cela. S'il te plaît, Ginny...»
Harry...
«Harry... Je... je ne sais pas... Je ne peux pas l'abandonner... pas encore. Mais d'accord, rentrons.»
Ils s'éloignaient... Ils n'y croyaient plus.
Je ne... Non! Je ne pouvais pas les abandonner, pas encore une fois! Allez, réveille-toi, s'il te plaît! Bouge, bon sang! Je voulais hurler, je voulais me lever, ouvrir les yeux et sortir de ce fichu endroit! Je devais réussir à crier, à me libérer! Je n'étais pas morte, bon sang!
Je ne pouvais pas les blesser encore une fois, il n'en était pas question!
Je ne pouvais pas les laisser repartir en pensant que je les abandonnais!
Je ne voulais pas qu'ils me perdent une nouvelle fois!
l fallait que j'y arrive, il fallait que je me libère, il fallait...
.
« Harry! Oh mon Dieu, regarde!»
.
... que je sorte de là!
.
Que je réussisse à me réveiller!
.
« Harry, regarde, elle a bougé!»
« Ginny... Arrête, s'il te plaît...»
«Mais regarde, bon sang!»
.
Que je me réveille, que je me relève...
.
Alors j'hurlais. J'hurlais toute la douleur, toute ma peur, toute ma peine. Tout mon désespoir, j'hurlais, j'hurlais, j'hurlais.
J'hurlais de toutes mes forces.
J'hurlais de toute ma vie.
.
« Oh Merlin...»
Et je l'aperçus. Enfin, je finis par l'apercevoir!
.
« Hermione!»
La lumière du jour.
.
- C'est incroyable...
- Qu'est-ce que vous en pensez, Docteur?
- Ce... C'est un miracle. Après tout ce temps inconsciente qu'elle se soit réveillée. Quel a été le déclencheur?
- Je... Je vous... entends vous savez...
Le médicomage se tourna vers moi, les sourcils froncés. Je réussissais plus où moins à distinguer son visage. C'était un homme âgé, me semblait-t-il.
- Vous devez économisez votre énergie, Mademoiselle, vous sortez d'un coma de trois mois, je ne sais pas si vous vous rendez compte de ce que cela représente! Nous allons vous laisser vous reposer, attendez seulement que nous finissions nos prélèvements.
- Je veux... voir Ginny et Harry, murmurai-je.
Bon sang, comme j'étais faible! Il m'avait fallu une heure pour réussir à prononcer un mot à nouveau, et trois avant de pouvoir avaler quelque chose.
Je n'avais pas compris ce qui s'était passé. Je m'étais réveillée, je ne sais comment, je m'étais retouvée ici, dans cette chambre, dans cette version de ma vie. Étais-je destinée à me retrouver ici? Est-ce que j'avais... forcé les choses, et donc, modifié l'ordre des choses? Il fallait que je parle à Ginny ou Harry, que je leur explique ce qu'il se passait!
- Il n'en est pas question, mademoiselle. Vous êtes beaucoup trop faible pour pouvoir supporter un échange avec l'un de vos proches. Vous n'êtes pas idiote, vous devez connaître les règles de l'hôpital, et votre statut ne vous permettra pas de passer entre les mailles.
Il m'exaspérait. C'était lui qui me fatiguait! Je savais quand j'étais apte à tenir une discussion ou non...
- Quel statut?
- Celui d'héroïne de la guerre. Et maintenant celui de miraculée.
J'allais ouvrir la bouche mais il s'éloigna, les infirmiers qui l'accompagnaient lui emboîtant le pas.
- Vos amis répondront à vos questions bien assez tôt. En attendant, je me répète, mais reposez-vous.
Et il sortit de la salle. Où avais-je atterri... Je regardais la porte se refermer, mais une tête dépassait encore. Blonde.
- Excuse-le, il y a beaucoup de pression, pour nous. Et... l'Angleterre n'est plus ce qu'elle était... Mais c'est toujours une victoire lorsque un patient est tiré d'affaire. Surtout si c'est quelqu'un qui a tant donné pour la bonne cause, et qui n'était pas là pour voir la victoire. Le monde se reconstruit petit à petit, bienvenue Hermione Granger. Bon, je vais te parler franchement, tu vas devoir rester ici un petit moment. Le temps que ton corps se remette à fonctionner correctement. Mais rassure-toi, dès demain tu pourras recevoir de la visite, nous sommes à Sainte-Mangouste, pas dans une prison...
J'avais déjà entendu cette voix J'essayais de me concentrer, pour la reconnaître.
- Qui êtes...
- Tu connaissais sûrement ma soeur, Lavande.
Mon coeur rata un battement.
- Oh, Rose...
Elle hoqueta.
- Tu connais mon nom? Alors tu étais consciente quand tu étais dans le coma?
A sa voix je devinais qu'elle était surprise. Que pouvais-je bien dire?
- Je... Pas tout à fait. Enfin.. Je suis désolée, pour Lavande...Sincèrement...
Cela recommençait, tous ces innocents sacrifiés, même ici...
- Oh... non! Non, ce n'est pas ce que tu crois! Elle s'en est sortie, grâce à Ginny, d'ailleurs! Elle s'est faite attaquée par un loup-garou, durant la bataille... Heureusement Ginny l'a sauvée à temps... Elle... Elle est juste transformée. Ce n'est pas facile à vivre, mais merci Merlin aucun membre de notre famille n'a perdu la vie... Nous avons été bien chanceux, contrairement à tant d'autres...
Je soupirais de soulagement à ces paroles. Au moins une vie d'épargnée.
- Bon, il faut que j'y aille, j'ai d'autres patients à voir. Repose-toi bien, et, désolée, mais on a eu pour consigne de t'infuser un léger somnifère. Ce n'est rien, juste du lotus vert. C'est pour reprendre des forces. Au revoir, Hermione.
Et elle disparut aussi vite qu'elle était venue.
J'étais à présent seule, et ce n'était pas un rêve, j'étais bel et bien là. Il fallait que j'aie une discussion avec mes amis le plus rapidement possible, eux sauraient me répondre.
Je sentais le sommeil me gagner. Je ne savais quoi penser. Tout me paraissait tellement absurde, je n'avais pas l'impression que c'était réaliste. Mais je ne voyais pas comment prendre tout cela.
J'étais encore lucide, et malgré la fatigue, mes pensées convergèrent à nouveau vers la même personne. Une seule et unique.
Draco Malefoy.
Qu'est-ce qu'il faisait, désormais? Que s'était-il passé dans l'autre dimension, celle où je m'étais sacrifiée? Pensait-il à moi? Lui manquais-je?
Un million de question me traversaient l'esprit, et aucune réponse ne venait.
J'étais seulement sûre d'une chose. Qu'il soit vivant ou non dans cette réalité, ce n'était pas celui pour qui je m'étais abandonnée. Ce n'était pas celui contre lequel j'avais tant lutté, avant de finalement céder et accepter.
Ce Draco-là demeurait loin, très loin de moi.
Qu'avais-je fait?
Et doucement, doucement, je sombrais dans un sommeil pesant, avec, comme dernière image, son visage.
- Hermione!
J'ouvris les yeux. Quelqu'un était en train de me caresser les cheveux.
- Ginny...
Elle me fit un grand sourire. Je me frottai les yeux pour le réveiller. Derrière elle, j'aperçus Harry, les mains posées sur ses épaules.
- Comment te sens-tu? demanda-t-il, d'une voix inquiète.
C'était étrange de le voir debout, en pleine forme et sain et sauf. Mais c'était tellement mieux ainsi.
- Bien... Je dois m'asseoir...
Ginny m'empêcha de me relever, et me conseilla d'économiser mes forces.
- Maman voulait venir te voir, mais ils n'acceptent que deux visites en même temps, alors ne t'étonne pas qu'il n'y ait que nous. De toute façon, il y a tellement de gens qui attendent de te revoir!
Elle me fit un grand sourire, mais ses yeux de mentaient pas.
- Ron..., murmurai-je. Il est...
Ginny ferma les yeux.
- Oui, finit par dire Harry. Je suis désolé, Hermione, je ne suis pas arrivé à temps... J'ai réussi à vaincre Voldemort, et je suis retourné dans la Grande Salle, tout était dévasté, et je ne trouvais pas Ron... Je... Neville était près de lui, ils étaient dans les escaliers... Il gisait sur le sol, à côté de Nagini... Il... Neville a tué le serpent trop tard... Il avait déjà tué Ron...
- Je sais, le coupai-je. Je sais, Harry. Tu n'as rien à te reprocher. Tu ne peux plus changer le passé... Moi-même je me suis faite à l'idée de l'avoir perdu il y a bien longtemps...
Qu'est-ce que je racontais? Il fallait que j'aborde le sujet de ma présence ici, et voilà que je parlais comme si c'était ma place, comme si j'avais vécu dans cette dimension.
- Comment cela? Tu étais consciente? Tu nous entendais? Oh mon dieu, alors tu pouvais nous entendre, mais c'est génial! Est-ce que tu te rapelles tout ce que je t'ai dit, tout ce que je t'ai confié? Je savais que tu pouvais entendre, j'en étais sûre! Tu vois Harry?
Ginny me regardait, pleine d'espoirs. Je soupirais. Il fallait que je leur explique maintenant.
- Pas tout à fait... Écoutez, il faut que je vous avoue quelque chose. Je ne suis pas celle que vous croyez. Ça va vous paraître aberrant, mais je ne sais pas comment j'ai atterri ici.
Et je leur expliquai tout. Ce qu'il s'était passé, dans l'autre réalité, que je m'étais retrouvée quelque part, que j'avais fini par entendre des bribes de leur voix, et que j'avais lutté pour les rejoindre. Je leur dis absolument tout, comment j'avais été sauvée par Draco, là-bas, comment j'avais été amenée à m'occuper de lui. Du monde tel qu'il était devenu, aussi, des gens qui essayaient de se reconstruire tant bien que mal. Les lettres que j'écrivais à Ron, même s'il ne voulait plus me voir, et le trait que j'ai dû tirer pour réussir à passer à autre chose.
Voilà pourquoi savoir qu'il était... qu'il n'était plus là, ici, me touchait moins durement, parce que je l'avais déjà perdu avant. Je leur expliquai pour le sortilège, pour Connor, pour Harry, qui avait été entre la vie et la mort, et qui venait seulement de se réveiller, du temps que j'aurai voulu passer près d'eux, mais de la dette que je devais à Draco... Je ne dis rien quant à mes sentiments. Pas encore. Le Draco de leur monde devait être à Azkaban ou en fuite, à l'heure qu'il était, ils ne comprendraient pas.
Je ne sais pas combien de temps j'ai parlé, combien de fois je me suis excusée. Ils m'écoutèrent sans m'interrompre, gardant le silence et les yeux rivés sur moi.
Je crois que mon corps me faisait mal, et qu'à un moment donné j'ai pleuré, mais je n'y ai pas prêté attention. Ce n'était pas ma place, pas mes séquelles, et j'allais sûrement repartir bientôt, alors autant me forcer à finir.
Et j'ai parlé, parlé, je ne sais combien de temps, je n'avais même pas eu à réfléchir tant les mots sortaient tout seul. Je leur ai expliqué tout ce que j'avais ressenti, ce que j'avais espéré, et ce que je pensais qu'il allait m'arriver, désormais...
.
- Voilà... Je... Vous savez tout. Je suis désolée de vous balancer cela comme ça, mais il fallait que vous sachiez la vérité. Je ne sais pas ce qu'il va se passer, mais j'espère que vous resterez près de moi le temps que je parte.
Je souris tristement.
- Je ne sais pas si je suis la même Hermione que celle que vous avez connu... En tout cas vous êtes vraiment comme mes amis.
- Oh, Hermione... souffla Ginny, entre deux sanglots.
Harry restait silencieux, et ne bougeait pas. Je savais qu'il se contenait.
- Harry...
- Tu te trompes, cingla-t-il.
J'écarquillai les yeux. Il paraissait sincèrement énervé. Ginny recula sous la surprise.
- Je... Pardon?
- J'ai dit que tu te trompais, Hermione. Tout ce que tu as cru vivre, c'était un rêve, et ici, c'est la réalité.
Je fronçai les sourcils. Il semblait si sûr de lui.
- Écoute, Harry, je sais ce qu'il s'est passé, d'accord? Je sais encore reconnaître quand je suis en train de rêver de quand je ne le suis pas!
- Non, je sais ce qu'il s'est passé! Qu'est-ce que tu crois? On a fait des recherches, on a essayé de trouver comment te faire sortir du coma, et on a découvert beaucoup de choses sur le sujet! Notamment les simulations de vie! Quand le cerveau, déconnecté de la réalité, mais toujours actif, se créée un monde où la personne continue à vivre! C'est ce qu'il s'est passé, Hermione!
- Mais qu'est-ce que tu racontes?
- Il a raison, mademoiselle.
Nous nous retournâmes tous en direction de la voix grave.
Oh, non. C'était le médicomage. Depuis combien de temps était-il ici?
- Êtes-vous là depuis longtemps?
- Assez, oui. Mais vous avez dit de ne pas vous interrompre.
Je serrai les poings. Il m'ignora.
- Je vous suis depuis votre entrée au bloc, le soir de la bataille, donc. Vous avez été projetée contre un mur de manière très violente, et vous avez subi un sévère traumatisme crânien, une commotion cérébrale plus précisément, qui s'est suivi d'un coma profond d'emblée. Rien qui ne puisse être guéri par la magie, seulement par le temps. Ou pas.
Il marqua une pause. Une commotion cérébrale?
- En général, plus le temps passe et moins le verdict est bon. Trois mois peuvent paraître bien peu mais c'est énorme suivant l'âge et le statut des patients. Vous, mademoiselle Granger, c'est devenu inquiétant au bout du premier mois. Votre électro-encéphalogramme ne signalait rien de bon, votre cerveau ne donnait pas de signes de réception. C'est comme si vous étiez déconnectée.
Je frissonnais à ce mot.
- C'est à ce moment-là que nous avons commencé à exploiter la thèse du sommeil paradoxal comateux. C'est en quelque sorte un sommeil dans lequel se plonge le cerveau pour continuer à vivre. Vous n'êtes pas conscient que vous rêvez, et votre conscient reprend des éléments du réel pour les intégrer à votre phase de léthargie.
- C'est absurde, murmurai-je.
- Non, c'est un des seuls moyen qu'a trouvé votre cerveau pour continuer à vivre. Une sorte de vie par procuration.
J'avais peur de comprendre.
- En somme, vous n'étiez pas consciente de ce qu'il se passait réellement, mais une part de votre esprit l'était. Tout ce qui s'est passé depuis que vous avez été plongée dans le coma a été le fruit de votre subconscient, et je suis désolé de vous dire cela, mais rien n'a jamais été vrai, si réel que cela fut.
- Mais je... C'est impossible, je n'ai pas pu tout imaginer! Les personnes dont je me suis occupée, la tutelle, le sortilège du Possessium! Je n'ai pas pu inventer Connor, Terence... Rose! Rose existe, la soeur de Lavande!
- Miss Brown existe réellement, oui. C'est l'infirmière qui se chargeait de vous administrer vos potions. C'est là que je veux en venir aussi. De nombreuses similitudes avec la réalité vous sont apparues. En fait, votre esprit les a détourné de manière à les intégrer à ce qu'il était en train de rêver. Miss Brown vous a sûrement parlé de sa soeur, de la bataille, et elle vous est apparue dans votre sommeil paradoxal.
Mon dieu...
- C'est... C'est totalement fou...
- L'esprit humain est capable de bien grandes choses, on le sous-estime souvent, oui. Écoutez, vous venez de sortir de léthargie. Vous êtes perdue, vous avez cru à tout ce qui a précédé, c'est normal. Mais vous n'avez qu'une seule vie, et c'est celle-ci, alors tâchez de vous y rattacher petit à petit. Bon. J'étais venu prendre votre tension, votre rythme cardiaque et votre flux magique. Tendez le bras.
Je le laissais faire, trop sonnée pour réagir à quoi que ce soit.
Je ne voulais pas y croire. De mon réveil à mon «suicide», rien n'avait été réel? Toutes ces heures passées à faire des recherches, toutes ces larmes versées, tous ces jours à me battre, pour rien? Pour quelque chose d'irréel, de virtuel? Rien n'avait été vrai? Et Draco? Et Ron? Et... Oh mon Dieu...
- Ron...
Les larmes montèrent toutes seules.
Le médicomage était parti, je ne savais quand.
- Harry... Harry, Ron est...
Il prit ma main et la serra. J'avais oublié ce que cela faisait. Harry qui prenait ma main quand j'allais mal... Oui... J'étais dans la réalité...
- Ron, Ron... Et dire qu'il ne m'a jamais repoussé, jamais renié... C'est tellement horrible... Je suis tellement horrible Harry, tout ce temps, j'ai pensé qu'il... Mais en fait, il ne m'a jamais trahi... Oh mon dieu...
- Calme-toi, calme-toi. Je sais. Ce n'est pas ta faute, tu n'as pas choisi ça. Et tu n'aurais rien pu faire... Ils étaient à deux contre Nagini, mais Ron ne s'en serait pas sorti de toute façon...
- C'est vrai, Hermione. C'était un héros. Mais peut-être un peu trop... Il n'a pas reculé devant le danger, c'est ça qui l'a... qui lui a coûté la vie, murmura Ginny.
Je lui pris la main à mon tour. Nous pleurions Ron. Je pleurais Ron pour de bon.
- Comment vont Molly et Arthur, Ginny...?
Elle pinça les lèvres.
- Pas très bien... Nous savions qu'on perdrait des proches, c'était inévitable, mais quand on se retrouve devant le fait accompli...
Sa voix se cassa.
- Je suis désolé. C'est ma faute, somma Harry. J'aurai dû agir plus tôt, je n'aurai pas dû les laisser venir jusqu'à Poudlard.
Je lui serrai la main.
- Ne dis pas n'importe quoi, s'il te plaît! Tout mais pas ça!
- Et alors, Hermione, ce n'est pas vrai peut-être? Tu devrais me détester d'ailleurs!
Ginny et moi nous retournions vers lui.
- C'est vrai. C'est moi qui t'ai laissée avec Malefoy.
Je sursautai à son nom. Alors ça Si tu étais venue avec nous, qui sait comment cela se serait passé? Si nous les avions laissé dans la Salle sur Demande, comment ça se serait déroulé? Et si tu étais allée chasser Nagini avec Ron, hein? (nda : nous on sait, jamais nous n'en serions là :P) J'ai merdé!
- Harry, ça suffit maintenant!
Ginny criait.
- Que crois-tu qu'il se serait passé? C'es Neville qui avait l'épée, c'est lui et lui seul qui pouvait tuer le serpent! Tu les aurais envoyé les deux à la morgue, alors arrête de penser cela s'il te plaît!
Il se figea tout de suite. Moi aussi, d'ailleurs.
- Bon, j'aimerais parler à Hermione... de Draco. Il vaut mieux que tu y ailles.
Harry acquiesça doucement, avant de faire une grimace.
- Tu as raison. Je reviens, Hermione.
Il finit de ses larmes, embrassa Ginny, déposa un baiser sur mon front, avant de sortir.
Mon coeur battait à tout rompre. J'avais peur de ce que j'allais découvrir, peur de ce qu'était la réalité.
J'inspirai.
- Dis-moi tout, Ginny.
- Draco faisait parti de l'Ordre du Phoenix. Il a joué un double jeu depuis le début.
J'écarquillai les yeux.
- Tu veux dire que...?
- Oui. Il n'a jamais rejoint Voldemort et ses partisans. Il était au service de Dumbledore. Quand vous l'avez suivi, en sixième année, il était déjà avec nous. Quand il devait tuer Dumbledore, c'était une demande de notre directeur lui-même.
J'essayais de comprendre ce que tout cela entraînait...
- Dumbledore avait laissé une lettre à Harry, pour le mettre dans la confidence, il l'a découvert au début de cette année.
- Harry savait...
- Oui. Mais c'était le seul, Dumbledore avait bien précisé qu'il ne devait le répéter à personne, pour ne pas mettre en danger Draco... C'était trop risqué.
- Et toi...?
- Non, je ne l'ai su que pendant la bataille! Je... Lorsque je j'ai su qu'il t'avait laissé avec lui, je me suis mise à l'insulter et à le traiter d'inconscient... Il m'a tout révélé, avant que je ne l'assomme...
Elle sourit doucement.
- Tu sais, c'est pour cela qu'il n'a pas hésité à faire demi-tour, lorsque vous étiez dans la Salle sur Demande, afin de le sauver... Ce n'était pas un acte de folie. Bien sûr, Harry m'a confirmé qu'il avait eu beaucoup de mal à accepter Malefoy, comme il l'appelle encore, comme l'un des nôtre au final, il a compris qu'il pouvait lui accorder sa confiance, c'est pour cela qu'ensuite il t'a laissée avec lui, qu'il l'a sommé de te protéger, tandis qu'il partait avec... mon frère. Maintenant il s'en veut car il est persuadé de t'avoir fait courir un grand danger, et... tout est retombé sur Draco.
Je frissonnai.
- Comment ça? Qu'est-ce qu'il s'est passé? Et je n'ai aucun souvenir de ce qu'il s'est passé là-bas...
Elle ferma les yeux quelques secondes.
- C'est bien compliqué... Jusqu'où te rappelles-tu?
- Nous dans la Salle sur Demande, Harry qui a fait demi-tour pour secourir les Serpentards, je me rappelle l'avoir suivi à contre-coeur, puis reproché son geste... Mon dieu. Ensuite, je ne sais pas, enfin, je ne sais pas si ce qui s'en est suivi appartenait à mon imagination, ou à la réalité... J'ai été touchée par une flamme de Feudeymon, et je n'arrivais plus à marcher. Harry m'a laissé là avec Malefoy, et Goyle s'était enfui entre temps...
- C'est cela. Ensuite...
Je la coupai.
- Ensuite j'ai insulté Malefoy. Je ne lui faisais pas confiance. Je voulais rejoindre Harry et Ronald, je ne voulais pas rester sans rien faire! Je me rappelle lui avoir tourné le dos, et ensuite, avoir été projetée contre un mur. Il m'avait appelé mais... Je ne l'ai pas écouté.
- Tu as perdu connaissance à partir de ce moment-là... Hermione, est-ce que tu détestes Draco?
Une boule se forma dans mon estomac... Que répondre? J'aimais, j'aimais Malefoy, mais mon Malefoy, celui qui m'avait amadoué, celui que j'avais rêvé... Non, celui-là, le vrai, n'était pas celui que j'avais réussi à apprécier, à accepter.
- Tu l'appelles par son prénom..., dis-je seulement.
Elle soupira. Étaient-ils si proches?
Je ressenti une légère pointe de jalousie.
Non, tu ne dois pas. Ce n'est pas le même.
- Je sais que ça va te paraître absurde, mais il a vraiment changé. Tu sais, rejoindre l'Ordre du Phoenix impliquait de trahir sa famille, son camp, ses «valeurs». Il a pris d'énormes risques, pour la paix et la liberté, c'était sincère, tu vois? Ce n'est pas comme s'il avait fuit loin pendant la bataille, où s'il avait retourné sa veste au dernier moment, lorsque ses parents l'ont appelé à eux. Il les a regardé droit dans les yeux et leur a dit : «jamais».
Je gardais le silence. J'essayais de comprendre tout ce qu'elle me disait. C'était complètement fou...
- Que s'est-il passé après que j'ai perdu connaissance?
Elle plongea ses yeux dans les miens.
- Le bouclier a été brisé par les Mangemorts. Ils ont pu entrer dans le château. Certains se sont retrouvés sur votre chemin, et ils ont attaqué. Draco a réussi à... en venir à bout.
Je me figeai
- Est-ce que... Est-ce qu'on les connaissait? Ces sorciers...?
Elle fronça les sourcils.
- Non, je ne crois pas. Pourquoi?
Une vague de soulagement me submergea. Dieu merci.
- Non, je... Je pensais que peut-être...
- Il n'a pas élaboré de guet-appens, si c'est ce que tu sous-entends, Hermione! Écoute, reprit-elle, après cette attaque, il est revenu vers nous autres, nous étions dehors, nous croyions tous qu'Harry avait échoué, et... Voldemort et ses partisans nous proposaient de les rejoindre, si nous ne voulions pas mourir... Quand ils ont vu Draco, ils l'ont appelé à eux. Son père, sa mère... Voldemort. Il te portait encore dans ses bras, et... C'est comme s'il leur avait dit d'aller se faire foutre, il leur a tourné le dos et est retourné à l'intérieur, toi avec. À ce moment, Hermione, plus personne n'a douté de sa sincérité.
J'écarquillai les yeux. Malefoy avait...?
Elle remarqua mon trouble, mais continua sur sa lancée.
- Voldemort était furieux, tout comme Lucius Malefoy... Harry étaient aux prises avec Voldemort, les Mangemorts ont forcé l'entrée de la Grande Salle, là où nous nous étions tous réfugiés... Tu sais, Harry t'expliquera tous les détails de la bataille, mais sache que les derniers moments ont été les plus horribles. Je... Draco a été la cible de nombreux sorciers, qui voulaient le faire payer de cette trahison... Il a perdu un bras... Bellatrix Lestrange lui a lancé un sort de magie noire, j'imagine. Elle visait son coeur, mais n'a pas atteint sa cible. Maman l'a tué ensuite.
Oh mon Dieu... Pourquoi toutes ces choses revenaient-elles? Tout ce que j'avais cru vivre, s'inspiraient de ce qui s'était réellement passé ici! Qu'allais-je découvrir encore...
- Son bras... C'était le droit? murmurai-je.
Ginny me regarda, surprise.
- Je... Oui. Cela faisait parti de ce que tu as rêvé durant le coma, n'est-ce pas?
J'acquiesçai. Je leur avais presque tout raconté. Ce que j'avais omis de dire concernait Draco.
- Hermione... Est-ce que tu l'aimais?
Je sursautai. Elle me regardait avec une lueur de tristesse dans les yeux.
- De quoi tu parles? répondis-je, un peu trop durement.
Mais je m'étais raidis, et elle l'avait senti.
- Draco. Enfin... Celui que tu as côtoyé... lors de ton coma... Tu l'aimais. Il devait être exceptionnel.
Je soupirai. Cela se voyait-il tant que cela?
- Il l'était. Ou peut-être pas, je n'en sais rien. Je l'ai haï, je l'ai évité, avant d'admettre que cela avait changé, peut-être depuis longtemps. On était toujours en train de se chercher, de se faire du mal.
Je ris, j'avais envie de pleurer.
- Je n'aurais jamais assumé, si tu n'avais pas été là.
Elle m'interrogea des yeux.
- Ginny Weasley, mon ange gardien. Qu'importe que ce soit dans la réalité ou non...
- Ça a toujours été vrai, termina-t-elle.
Elle me serra la main plus fort.
- Tu devrais le voir, dit-elle tout bas.
- Lui n'est jamais venu? demandais-je, acide, soudain.
- Harry n'a pas voulu... Tu sais, quand il a compris que tu n'étais pas simplement évanouie, mais bel et bien inconsciente, il a accusé le coup. Il a rejeté la faute sur Draco, et sur lui-même, accessoirement. Tu sais, je crois que Draco n'est pas très bien non plus... Je veux dire, il s'en veut aussi. Il m'envoie son hibou, pour prendre de tes nouvelles, mais toujours à distance. Hermione, je ne veux pas m'avancer, mais je crois qu'il s'inquiète pour toi. Réellement.
Je voulais contester, j'avais ouvert la bouche pour l'interrompre, mais aucun son n'avait pu en sortir. Sincèrement, que se passait-il ici?
- Hermione...
Elle attendait une réponse.
Mon esprit était emmêlé, de toute part, tout se mélangeait. Je ne savais quoi penser, quoi dire. Qu'est-ce que je pouvais faire? Mais une pensée prit le dessus sur toutes les autres.
- Je ne veux pas, Ginny. Je ne veux pas le voir, lui. Tu ne sais pas tout le temps qu'il m'a fallu pour en venir à accepter Draco, dans cette foutue réalité qui n'en était pas une? Tout ce par quoi je suis passée, puis tout ce que j'ai investi pour le sortir d'affaire? Jusqu'où je suis allée? Est-ce que tu peux seulement imaginer? Et je me retrouve là, où on me dit que tout cela a été du vent, qu'il y a une autre réalité, un autre Malefoy, un autre présent? Tu crois que je peux accepter cela sans broncher et oublier tout ce que je viens de «vivre»? Non!
Les larmes s'écoulèrent, traîtresses.
- Hermione...
- Bien sûr que c'est impossible! Et par-dessus tout, le voir, lui. Votre Malefoy. Non, je refuse. Vous venez me balancer que celui dont je me suis occupée corps et âme n'était qu'un mirage, que tout ce que j'ai investi pour lui ne valait rien, et qu'il y en a un autre qui attend que je lui parle, et que je dois oublier celui qui n'est plus là! Mais non! Non, je ne veux pas, je ne peux pas! Pas encore! Tu te rends compte de ce que tu me demandes? De le rayer de mes souvenirs, de mes sentiments? Pourquoi, pourquoi...? Je venais juste d'accepter... Je... On s'embrassait juste avant que... Pourquoi...?
- Chut, chut, calme-toi... Je sais.
Elle me prit dans ses bras, et me berça, un long moment. Jusqu'à ce que je me calme.
J'avais changé. Je n'étais plus moi-même. J'avais vécu trop de choses qui m'avaient changé. Je repensais à la Hermione que j'étais, avant. Avant tout cela, avant la bataille, avant ce foutu coma.
À la Hermione qui était juste, loyale, qui détestait les Serpentards, qui aimait Ron, et qui n'était pas en proie à un dilemme intérieur.
J'étais tellement mieux, avant.
- Ce n'est pas grave, d'accord? Il faut d'abord que tu te remettes de tout cela, que tu acceptes.
Puis je pensais à Malefoy. À tout ce que j'avais cru ressentir durant tout ces mois. À ce qu'il m'avait fait comprendre, à la maturité que j'avais gagné. Comment avais-je réagi, au début? Je l'avais repoussé, sans lui donner une possibilité de discussion. Je l'avais jugé sans le connaître, et n'avais pas cru en sa bonté. Je voulais l'oublier, l'ignorer, et ne pas accepter le fait que je lui devais tout...
Cela nous avait coûté à tous... avait tout compliqué. Nous avais blessé plus qu'autre chose...
Mais...
N'était-ce pas ce que j'étais exactement en train de refaire?
D'une certaine manière, de le trahir? De trahir Ginny, aussi, après tout ce qu'elle avait fait pour moi?
Tout, absolument tout était flou, je ne savais pas quoi penser...
- Essaye juste d'accepter, d'accord?
Je levai les yeux vers elle. Je croisai son regard, et, ce fut comme un déclic.
Je pensais à Malefoy, ici. Je n'avais pas le droit de faire cela. Après tout ce qu'il avait fait. Pour tout ce pour quoi, pour qui, il avait combattu.
Je n'avais pas le droit de réagir ainsi une deuxième fois. De refaire les même erreurs. De le blesser encore.
- Non, tu as raison... Je dois le voir...
Elle s'écarta, étonnée.
- Vraiment? Tu le penses réellement?
Je séchais mes dernières larmes, et essayais de ne pas penser au poids dans mon coeur.
- Oui. Je lui dois la vie, n'est-ce pas?
Elle garda le silence, avant de finalement acquiesçer.
- Alors je lui dois bien ça.
Les mots m'écorcheraient la bouche, mais ils sortirent quand même :
- J'ai une dette envers lui, alors.
Mon coeur battait à tout rompre.
Il allait venir. Malefoy allait venir.
.
.
Cela faisait une semaine que je m'étais réveillé dans cette chambre. J'avais pu voir Ginny, Harry, Molly et Arthur. Cette semaine n'avait été menée que par les tests et examens que les médicomages me faisaient faire. Je ne pouvais pas encore sortir dehors, et difficilement m'asseoir. Bon sang, j'avais été trois mois dans le coma, et c'est comme si toutes mes fonctions motrices avaient oublié comment fonctionner!
Harry m'avait expliqué ce qu'il s'était passé, depuis que j'étais tombée dans le coma, jusqu'à maintenant.
Il m'avait dit que le monde sorcier se remettait doucement mais sûrement de ce chaos. Je le croyais, mais j'étais sûre que c'était un euphémisme. La guerre ne s'oublie pas comme cela.
Poudlard sera reconstruit, d'ici un an, le temps que le gouvernement réorganise la vie économique et sociale du pays.
Les derniers Mangemorts ont été emprisonnés à Azkaban, et de nombreux procès ont eu lieu. Harry a réussi à obtenir de ne pas leur infliger le baiser du Détraqueur. Il trouve cela inhumain, et je suis d'accord.
Il a plutôt du mal avec son nouveau statut de «Héros International». Une place au sein du Ministère lui a même été proposée, bien qu'il n'ait que dix-sept ans, mais il l'a doucement refusée. Auror, c'est ce qui l'intéresse.
Il faut penser au futur, désormais. Moi, je ne sais pas. Je repense souvent aux gens que j'ai aidé, enfin, que j'ai rêvé aider. Psychomage, peut-être. Je pense que beaucoup de personnes auront besoin de soutien psychologique.
Je lui avais fait promettre de m'emmener sur la tombe de Ron dès que je pourrais sortir d'ici, ce qu'il accepta directement.
Il a ensuite tenu à me parler de Malefoy. Il m'a avoué qu'il lui en voulait, parce qu'après Ron qui nous avait été enlevé, il n'aurait pas supporté de me voir partir, à mon tour. Mais qu'il s'en voulait encore plus. J'ai tenté de le rassurer autant que je pouvais. J'étais là, quoi que l'on puisse en dire. Et à vrai dire, c'était en entendant sa voix que j'avais eu la force d'ouvrir les yeux.
Il m'avait tellement manqué.
J'ai sommé Harry de faire un effort avec Malefoy, comme moi j'allais prendre sur moi. Il avait été étonné.
Tu as changé, Mione.
Tu ne sais pas à quel point.
Je reposai mes yeux sur la porte. J'avais peur. Peur de découvrir Malefoy, peur d'être déçue, de le détester. Peur qu'il soit différent de Draco.
Mais, je me mentais à moi-même. J'avais surtout peur, peur de l'apprécier, un peu trop. De mélanger mes sentiments et de tout relâcher. De baisser mes gardes, et de commencer à l'aimer. L'aimer à nouveau, peut-être aussi puissamment, aussi douloureusement. Qu'il le remplace. Que je fasse une croix sur lui.
- Tu rêves, Granger?
Je me figeai.
Cette voix...
Malefoy se tenait là, à l'embrasure de la porte, les yeux posés sur moi.
Mon coeur s'affola. Ce n'était pas possible... J'avais des sueurs froides. Il était le même. Aussi pâle. Aussi glacial. Aussi captivant.
Je n'arrivais plus à aligner deux mots, dans ma tête, tant j'étais hypnotisée. J'étais comme absente. Le même.
- Ma...lefoy...
- Lui-même.
Un silence s'installa, il entra, mais resta à bonne distance de mon lit. Il faisait assez chaud, mais il portait une longue et épaisse cape noire qui recouvrait tout son corps. Il était imposant, trop imposant, même.
- On m'a dit que tu t'étais réveillée.
Je ne répondis pas.
J'étais trop stoïque, trop embrouillée pour pouvoir parler.
- Comment vas-tu?
Je le dévisageais. Il paraissait réellement inquiet.
.
.
.
Non, non, je ne pourrais pas... Il était tellement...
.
.
.
- Sors s'il te plaît...
Il fronça les sourcils.
- Tu me demandes de partir, là, tout de suite?
Sa voix vibrait de rage.
- C'est au-dessus de mes forces, laisse-moi. Je suis désolée. Va t'en, juste.
- D'accord.
Il me jeta un regard empli de mépris, mais ne bougea pas.
- S'il te plaît.
Je ne voulais pas le voir, pas encore. Pas déjà.
Cela me retournait au plus profond de moi...
- Tu sais quoi, Granger, je ne pensais pas que tu étais comme cela. Tu n'essayes même pas de faire le moindre effort. J'ai mis de côté toute notre animosité, je pensais que tu arriverais à faire de même. Il faut croire que non. Toi qui prêchais le pardon et la tolérance, qui refusais de juger les gens sans les connaître. Du vent. Tu fuis.
Mon souffle se coupa à ce mot. Bon sang, c'était Draco qui disait cela! Mon Malefoy!
- Sors d'ici! hurlai-je, de tout mon être.
Mes yeux s'emplirent de larmes quand je vis qu'il repartit sans aucune autre formalité. J'avais sûrement tout gâché, il ne reviendrait pas.
Cela avait été tellement rapide... Était-ce que j'avais voulu?
Je ne savais pas, je ne savais même plus. Je n'étais plus sûre de rien, maintenant que je l'avas revu.
Et ses yeux...
- Tu m'autorises à entrer, maintenant, où je dois rester là?
J'eus le souffle coupé. Malefoy se tenait de nouveau contre la porte, comme ce matin.
Ressaisis-toi, bon sang!
Un ange passa. Que faisait-il là? Je ne pensais plus le revoir, plus du tout, après la manière dont je venais de le traiter... Il ne fallait pas que je me laisse désarmer.
- Je... Oui.
Il s'avança, le silence s'était fait roi. Je priais pour qu'il ne remarque pas mes yeux gonflés, ni mes joues trop rouges d'avoir pleuré. Il s'était passé la journée sans que je n'ai réussi à me remettre de l'avoir vu... En chair et en os.
- Que...?, commençai-je, pour me donner contenance.
Mais les mots se bloquaient avant de passer mes lèvres.
- Ginny m'avait prévenu que tu serais déboussolée, et que tu réagirais stupidement.
Il insista sur le dernier mot.
- J'ai gagné en patience, j'ai attendu la fin de la journée pour revenir te voir. Enfin voir si tout allait bien.
Je bassai les yeux.
Draco...
Je me sentais terriblement mal. Quelle garce j'étais.
Je relevai les yeux pour croiser son regard, et m'excuser, mais...
C'est là que je le vis. Son bras. Ou plutôt, ce qu'il en restait. Il lui manquait la moitié de l'avant bras. Un bandage couvrait ce que je devinais être la blessure.
- Ton... ton bras...
- Ce n'est rien, coupa-t-il.
- Tu n'as plus la Marque, continuais-je.
Il fut surpris par ma remarque, puis fronça les sourcils.
- C'est tout ce qui te vient à l'esprit? Tout ce qui t'importe? Que je n'ai plus la Marque sur moi, Granger?
Furieux, il était. Je le voyais serrer le poing. Il serra la mâchoire.
Il était le même.
- Non! Je... Elle te corrompait. Ce que je veux dire, c'est que tu es mieux sans, Malefoy, tu vaux tellement mieux que cela.
C'était sorti tout seul. Je regrettais immédiatement ces paroles, mais c'était trop tard. Il leva un sourcil, ce qui affola mon coeur. Il s'approcha, et s'assit près du lit.
- Tu as vraiment dû te prendre le mur très violemment.
Je ne pus m'empêcher d'esquisser un micro-sourire.
Étais-je bien moi-même?
Il redevint sérieux.
- Non, ce n'est pas drôle. Je suis désolé, Granger. Je ne t'ai pas protégé correctement.
Mon sourire s'effaça immédiatement. L'atmosphère venait de changer. Qu'est-ce qu'il se passait?
Ses yeux révélaient une profonde sincérité. Il s'en voulait réellement. Je n'avais jamais vu ces yeux-là. Ils étaient tellement... expressifs. Son visage était dur, impassible, mais ses yeux... Ses yeux étaient comme le miroir de ses sentiments.
Cela me toucha au plus profond de moi. Je sentais qu'il s'en voulait, c'était comme avec Harry. Ils se ressemblaient beaucoup, au fond.
- C'est tellement ironique... Quand je pense, que de ce que j'ai rêvé, les rôles étaient inversés... C'était moi qui m'excusais de t'avoir mis dans un tel état, moi qui ne riais pas alors que tu déversais ton cynisme...
- Granger...
- Arrête, Malefoy. Je ne t'aurais jamais fait confiance, j'aurais tout fait pour rejoindre Harry et Ron. Je t'aurais insulté, frappé, s'il le fallait. D'ailleurs c'est ce que j'ai fait, je crois.
Il ne répondit rien.
- Je ne t'aurais même pas sauvé de la Salle sur Demande, si ç'avait été à moi de décider.
Sa mâchoire se contracta. Je savais que je le blessais. Mais je devais tout dire. J'avais décidé de tout dire.
- Je te détestais et je t'aurais sûrement désarmé si j'avais pu.
- Je vois, cracha-t-il.
Il chercha à se lever, mais je le retins par le poignet. Il se stoppa immédiatement, et me jeta un regard noir.
- Non, attends.
- Attendre quoi? J'ai compris le message, Granger.
- Laisse-moi finir, dis-je doucement, s'il-te-plaît.
Je ne savais pas ce que je faisais. J'avais juste ressenti le besoin de le rassurer. Lui.
- Il y a un «mais».
Il se rassit, son air impénétrable sur le visage.
- Balance, Granger.
Je soupirai.
- Mais. Je ne suis pas idiote, tu sais.
- Sans blague.
Son regard noir, je le lui rendis.
- Bon, je te propose quelque chose. Chacun son tour pose une question, l'autre répond sincèrement et on échange les rôles. Sinon je vais t'étriper avant la fin de la journée.
Oui, cela avait une once de déjà-vu.
Il haussa un sourcil.
- Je n'ai pas l'intention de rester avec toi jusqu'à la fin de la journée. Mais j'accepte.
Comment pouvait-on passer d'un moment sérieux à ça, en si peu de temps?
- Qu'acceptes-tu?
Il ne répondit pas, mais ses lèvres s'étirèrent en un sourire narquois. Je détournais le regard, avant qu'il ne comprenne sur quoi mes yeux s'étaient fixés.
- Bon, soupirais-je, je commence alors.
Il acquiesça.
- Pourquoi as-tu changé de camp?
C'était dit.
Il me fusilla des yeux. C'était un sujet qu'il n'aimait pas, je le sentais. Mais il devait me répondre.
- Tu n'as pas changé, Granger. Ton côté de Miss-Je-Sais-Tout-et-je-veux-tout-savoir m'a toujours horripilé.
- Tu ne me connais pas, rétorquais-je.
- Toi non plus... Tu vas me payer cet affront, prévint-il, mais il répondit quand même. Je n'ai jamais été d'accord avec la manière de penser de mon père. Crois-le ou non, mais j'étais contre. Seulement, je ne voulais pas le décevoir, alors je reprenais ses manières. Je crois que, jusqu'en troisième année, je ne me suis pas posé de questions. J'appliquais ce qu'on m'apprenait.
- Tu l'appliquais sur moi, oui, dis-je, amèrement.
Il releva la tête.
- C'est vrai. Jusqu'au poing que tu m'as asséné, cette année-là. Je crois que ça a fait un déclic. Le fait qu'on pouvait réellement blesser avec des mots, que cela n'avait rien d'un jeu ou d'un passe-temps.
Je ne répondis rien.
- Enfin. Je t'ai détesté, ensuite, encore plus que Weasley ou Potter. Tu as été la première personne à t'opposer. Cela m'avait marqué. Mais cela m'a en quelque sorte, réveillé. Mais je ne me suis rebellé qu'en sixième année. J'hésitais à m'enfuir, je ne voulais pas rejoindre les rangs de Voldemort. Un Malefoy n'a pas de maître, comme dirait mon père. Ce salopard...
- À toi, me hâtais-je de proposer, pour ne pas réveiller de mauvais souvenirs en lui. Ta question.
- Oui. Qu'est-ce qui a changé, pourquoi tu n'as plus envie de m'envoyer à Azkaban?
Je me mordis la lèvre. Comment répondre le plus sincèrement possible?
- Est-ce que tu sais... pour le coma? Que j'ai vécu une sorte de vie par procuration?
Il se raidit.
- Oui, Ginny m'a expliqué.
- Tu étais dedans.
- Ah.
Il attendait la suite, tendu.
- Quand je me suis réveillée, je n'avais rien de grave. J'avais seulement perdu connaissance quelques jours. Par contre, toi... Tu étais dans un état critique. Comme Harry... J'ai été contrainte d'aller te voir. C'était à cause de moi qui tu gisais là-bas. Ça a été dur. Psychologiquement dur. On s'est beaucoup disputés. Beaucoup blessés. Je crois que... c'est ainsi qu'on fonctionne. Et puis tu m'avais demandé de m'occuper de toi, jusqu'à ton rétablissement. Et j'ai fini par comprendre que j'étais bien stupide, de penser que les gens ne changeaient pas, que les cons restaient des cons toute leur vie.
- Merci..., dit-il, mais il avait un petit sourire.
- C'est gratuit. Non, sérieusement... Je suis désolée. Désolée d'être restée autant perplexe, contre toi. Je ne voyais que ce petit prétentieux de Malefoy.
- Et maintenant?
Et maintenant j'aime Draco.
- Tu as passé ton tour, répondis-je.
Il grogna, mais attendit ma question.
- Qu'est-ce que tu fais ici? Je veux dire... Ginny m'a dit que tu prenais de mes nouvelles, qu'Harry t'avait empêché de venir me rendre visite mais... Pourquoi? Tu ne me dois rien...
Il se raidit une nouvelle fois.
- Tu ne vas pas aimer la réponse, dit-il d'une voix à peine perceptible.
- Dis toujours, murmurai-je.
- On s'est retrouvé seuls, après qu'Harry et Ron soient partis. Tu te rappelles ce que tu m'as dit?
- Non...
"Pardon? Est-ce que tu insinues que les sept foutues dernières années où tu n'as cessé de m'insulter et de me rabaisser moi et toutes les personnes qui ont eu la "malchance" de ne pas naître sang-pur étaient des stupidités? T'es vraiment un beau connard, Malefoy!" Ces mots m'ont transperçés, et ils sont restés en moi depuis. Là, je me suis dit : "C'est vrai. J'ai été un connard toute ma vie. Mais je veux changer cela." Alors je me suis promis de changer, et de te faire oublier toutes ces années de tyrannie. Et j'espérais que tu te réveilles, pour pouvoir te montrer que j'avais changé. Mais j'ai fini par croire que tu ne te réveillerais sûrement jamais, Granger, et là... J'ai compris que je ne voulais pas cela.
J'avais le souffle coupé.
- Pourquoi? chuchotai-je.
Il s'approcha.
- Parce que tu es la seule à qui je veux prouver que je suis meilleur. Les autres, Potter, le Ministère, la presse... Je m'en contrefous. Mais toi, Granger, ça a un sens. Depuis que tu m'as dit ces mots, depuis que j'ai vu que quoique je fasse, ça n'irait jamais... Et maintenant que je peux venir te voir et t'expliquer, Granger, je me rends compte que ça ne sert à rien, parce que tu es déjà convaincue que je ne suis pas qu'un "Malefoy". Mais tu l'as découvert avec un autre. L'autre, c'est ça?
Il avait prononcé ces mots avec rage.
- Malefoy...
- Réponds à ma question maintenant, coupa-t-il, est-ce qu'il t'aimait, lui?
Je me mordis la lèvre fort, plus fort. Je sentis le goût du sang dans ma bouche.
- Il...
- Je vois, dit-il seulement.
Il s'écarta de moi. Je n'avais pas remarqué notre proximité.
Mon pouls battait la chamade.
- Draco...
- Pose ta question, Granger.
Il était de nouveau glacial.
J'inspirais.
- Ton bras... Comment en est-il arrivé là?
Il fixa son regard sur la fenêtre.
- Mon bras, hein. Il était déjà bien brûlé à cause des feudeymons, mais ma chère tante, Bellatrix, n'a pas hésité à m'en ôter définitivement l'usage, avec un de ses sorts de folle. Je l'ai fait amputer, la magie noir se progageait lentement mais sûrement sur le reste de mon bras, et la douleur était insupportable.
J'avais une énorme boule dans la poitrine. Je regardais son bras, puis le mien.
- Au moins ta Marque a disparu à jamais. La mienne sera toujours là.
Il posa ses yeux sur mon avant-bras.
Sang-de-Bourbe y était inscrit en profondeur.
- Elle est morte, c'est fini, tout cela, dit-il doucement.
Je vis sa main s'élever et son doigt vint toucher la cicatrice.
Je frissonnai à ce contact. Mon corps... mon corps réagissait comme si... comme avant que je ne me réveille. Comme lorsque Draco m'avait touché. Cela me brûlait de la même manière...
Il passait son doigt sur les lettres, doucement, presque sensuellement.
Je ne pouvais plus bouger.
- Je suis désolé, pour ce qu'il s'est passé dans le Manoir...
- ...
- Et tes parents...
Je levais les yeux vers lui.
- On ne joue plus?
- On ne joue plus.
Il sourit.
Mon coeur rata un battement.
Il était beau, beau à en crever. Toujours cette beauté froide et hautaine, ce sentiment qu'il était intouchable, inapprivoisable... Sa pâleur, qui contrastait avec le gris de ses yeux, et ses cheveux. Ses cheveux en bataille, qui lui donnait cette prestance.
Il était éblouissant. Vraiment. Je me perdais dans ma contemplation.
- Granger.
Je sortis de ma torpeur, et rougis. Je tournai la tête, pour qu'il ne me voie pas.
- Ne me refais plus cela.
Je serrai les dents.
Non, ce n'était pas le même...
Et je fus surprise d'avoir mal à cette pensée. J'étais perdue. Je ne savais plus ce que je voulais de lui.
- Ils ont sûrement été tués, vu qu'ils ne sont pas à Azkaban.
- Oh... Je...
- Ne fais pas cette tête, ils étaient destinés à mourir. Ce sont qui l'ont choisi, en servant Voldemort. Ils voulaient m'y contraindre aussi, alors n'aie pas de pitié pour eux.
Je pinçais les lèvres. Un peu trop, peut-être, car ma lèvre inférieure se remit à saigner.
- Arrête de faire ça à tes lèvres!
Je sursautai. Il avait presque crié. Il passa une main dans ses cheveux.
Je mis une main pour les cacher, mais il me devança, et me bloqua le poignet.
- Putain, Granger...
Sa voix n'était qu'un murmure rauque.
- Je pense à toi tous les jours depuis la fin de cette foutue guerre... Pourquoi faut-il que ça soit toi? La seule avec qui ça ne sera jamais facile... Tu sais combien de fois j'ai voulu forcer la porter et venir te secouer pour que tu te réveilles? Et là, là, tu es sauve...
Il s'approcha encore. Son souffle se mêla au mien.
Exactement comme...
- J'en peux plus... Faire semblant d'être indifférent alors que je pense à toi tout le temps. Si tu savais le nombre de fois que j'ai rêvé que tu te réveillais, que tu envoyais valser Potter, et que tu me rejoignais...
Il frôla mes lèvres avec les siennes.
Lui.
- Fière, insupportable Miss-Je-Sais-Tout que tu es...
Je tremblais de tout mon être. Il l'avait remarqué, lui aussi.
- Tu m'as ensorcelé. J'ai risqué ma vie pour toi, et au final...
Sa langue vint recueillir la goutte de sang qui perlait à mes lèvres.
J'écarquillai les yeux, incapable du moindre geste.
- Tu es déjà amoureuse de moi... Mais d'un autre moi. Quelle putain d' ironie.
Sa main agrippa mon cou, et je fermais les yeux.
Mon coeur allait exploser, tout mon corps allait exploser, d'ailleurs.
Lui.
- Tu te rends compte? Je suis tombé amoureux de toi depuis ce jour-là... Je ne t'ai pas revu ensuite, je ne te connais même pas, et pourtant... Mais toi, Granger, tu as eu de la chance.
Il mordit ma lèvre, puis déposa un baiser sur la blessure.
- Tu as continué à vivre ta petite vie pendant que j'étais en plein combat intérieur...
Il allait recommencer quand je l'en empêchais.
- Tu ne sais pas. Tu ne sais pas ce par quoi je suis passée, Malefoy, alors ne dis pas n'importe quoi...
- Vraiment? Je ne crois pas que tu aies plus endurer que moi, Granger... Tu as été aimée en retour, toi.
- Malefoy...
Il me poussa, et je me retrouvais collée contre mon oreiller. Il passa une jambe de chaque côté de mon bassin et se pencha sur moi.
- Qu'est-ce que tu fais? demandai-je en le voyant monter sur le lit.
- Est-ce que dans ton souvenir, il te faisait ça.
Et il m'embrassa, tantôt avec ferveur, tantôt plus doucement, c'était une danse langoureuse que nous menions. Je me laissais mener, je n'arrivais plus à réfléchir, seulement à ressentir...
Bon sang, son odeur, ses lèvres, le goût de sa peau, son corps sur le mien...
Sa main descendit, déboutonna ma robe d'hôpital, caressa mes seins. Je me cambrais.
Qu'est-ce qu'il se passait?
- Merde... Granger... J'ai rêvé de toi, tu sais? Que tu me pardonnais d'avoir été si con toutes ces années... Il m'a fallut une guerre pour comprendre les valeurs de...
- Chut... S'il-te-plaît... Arrête de parler...
Je brûlais, mon corps était en feu, je n'avais pas de forces mais je lui rendais ses baiser. Je ne savais même pas quand il avait retiré sa robe de sorcier...
J'étais juste vivante, vivante pour de bon, et dans ses bras, glacés, mais puissants.
Je sentais son érection, je le sentais contre moi, et, Merlin, je ne m'étais jamais sentie aussi vivante...
- Granger, reste avec moi. Je te ferai oublier jusqu'à son existence. Juste toi et moi. Le feu et la glace. Tu ne le trahiras pas. Regarde-moi et dis-moi que tu n'en as pas envie.
Sa main descendit encore un peu plus, et je lâchais un petit gémissement.
Et soudain, je sûs. Je sûs ce que je voulais. Ce fut comme une évidence, ça avait toujours été évident, j'avais juste été trop obtue pour le comprendre.
- Je ne veux pas.. oublier.
Sa main se stoppa.
Je le sentis se raidir, se fermer.
- Non. Je ne te crois pas. Ose dire que tu es indifférente à tout cela.
- Je ne veux pas oublier, Malefoy, répétai-je dans un souffle.
Je savais ce que ces paroles étaient en train de provoquer chez lui. Ce n'était pas ce qu'il attendait, pas ce qu'il désirait. Je voyais la veine de son front ressortir. Dérouté, sûrement, déçu sans doute, furieux, oui c'était certain.
- Merde, Granger...
Mais.
- Je ne veux pas...
- Je refuse d'entendre cela.
Il se décolla de moi en un mouvement, mais je m'agrippais à lui.
- Tu ne comprends pas.
- Lâche-moi.
- Non! criai-je.
Il ouvrit grand les yeux, stoppant son mouvement sous la surprise.
Les mots, les mots allaient sortir d'eux-même, je le sentais.
- Non, je ne veux pas, Malefoy... Je ne veux pas l'oublier lui, parce que lui, c'est toi, ça l'a toujours été, ça a sûrement été ainsi depuis le début... Je ne veux pas... Oublier ce que je ressens pour toi, non. J'ai tellement souffert pour arriver jusqu'ici, tellement... Peu importe que cela ait été vrai, ou imaginaire, mais moi j'ai vraiment tout ressenti, et... Oublier signifierait tout renier. Je n'ai pas vécu tout cela pour oublier ensuite, toutes ces semaines, toutes ces épreuves...
Son souffle s'était calmé, ses muscles, un peu moins contractés,
- Granger...
J'enfouis ma tête dans son épaule. Je voulais me cacher, ne plus apparaître devant lui, j'étais trop... indigne.
- Il me faudra du temps, Malefoy. Pour t'appeler par ton prénom, pour te dire ce que je ressens, pour faire le deuil du passé... De mon passé, pour me remettre de tout, me préparer à la vie, la vraie... Pour t'accepter enfin. Crois-moi, ça n'a jamais été facile. Même dans l'inconscient...
Je le sentis sourire.
- C'est justement ce qui m'a attiré. Un Malefoy aime la difficulté, non? murmura-t-il. L'impossible. Les défis. Mais là, je n'ai pas vraiment choisi la bonne personne...
- "On est fait pour se briser". C'est tellement cela.
Les secondes passaient. Aucun de nous ne bougeait. Il brisa finalement le silence qu'il avait instauré.
- Il y aura un nous, un jour, Granger? demanda-t-il encore. Pas que je sois sentimental, mais j'ai une lignée à entretenir. Une nouvelle lignée, avec de nouveaux idéaux. De nouveaux principes. Une nouvelle réputation. Une bonne, cette fois-ci.
Je ne répondis pas tout de suite.
C'était vrai, cela, y aura-t-il un nous, un jour? Y arriverai-je, y arriverons-nous?
- Tu as changé, Malefoy. Je haïssais l'ancien du plus profond de mon être, j'aurai été prête à le laisser...
Ma voix se cassa.
J'aurai perdu mon humanité. Je l'aurais laissé mourir, sans hésitation. Un Mangemort, qui n'en était pas un. Un bourreau, qui n'en était plus un.
Merlin merci, ce n'avait pas été le cas... Jamais.
Il passa ses doigts sur mon visage. Oui, il savait que j'avais pleuré.
- Ça ne s'est pas passé comme ça.
- Ça aurait pu...
- Mais cela ne s'est pas produit. Arrête.
Je me mordis la lèvre.
- Arrête, répéta-t-il.
Je soupirai.
- Si tu penses que tu pourras attendre, le temps qu'il faudra. Si tu pense que tu supporteras les échanges houleux, les mots blessants et mes doutes, car ils ne s'arrêteront jamais, alors peut-être. Et si tu penses que j'en suis capable, alors, oui, oui, il y aura un "nous". Peut-être pas un "nous" parfait, sûrement pas un "nous" normal, mais un "nous" quand même.
Je le sentis sourire contre ma peau.
- J'en suis prêt. Draco Malefoy n'abandonne jamais. Surtout pas quand ça concerne Granger. J'attendrai le temps qu'il faudra.
Je ne pus retenir un petit rire, mon premier.
Peut-être que tous les doutes partiraient avec le temps. Peut-être étais-je en train de faire le bon choix. Je n'en savais rien, je savais juste que j'étais bien, à ce moment précis, qu'importe où j'étais, si j'étais éveillée, si j'étais quelque part dans mon esprit, où même si je n'existais plus. J'étais bien. Sereine. Et c'était la première fois depuis bien longtemps.
- Mais, ajouta-t-il avec une voix rauque, ici, tout de suite maintenant, je ne peux vraiment plus attendre, Granger.
Il se recolla contre moi, et je compris ce qu'il essayait de me faire comprendre. Mon coeur s'emballa de nouveau, mon corps réagit en tremblant.
Il commença à se rattaquer à mon cou. Je ne pouvais me dégager, j'étais trop encore affaiblie... d'ailleurs je crois que je ne le désirais même pas, pour l'instant...
- Non... On ne peut pas... pas ici... C'est trop...
- Personne ne nous dérangera. Ton ange gardien, comme tu l'appelles, est dans le coup. On ne risque rien.
Je fermai les yeux, sa langue avait repris possession de mes lèvres. Avais-je toujours été dans cet état, avec lui? Ou plutôt, non... Serais-je toujours dans cet état?
- À part abîmer les draps, sussura-t-il, avant de descendre encore, encore plus bas.
Mes doutes, mes douleurs, ma conscience, se suspendirent dans le temps.
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.
.
Ange gardien?
Oui, j'aurai dû m'en douter. Elle était mêlée à tout cela.
Evidemment. Rien n'aurait jamais pu se faire sans Ginny.
Cette fille était folle. Essayer de faire aimer deux personnes si opposées relevait de la folie pure. Y croire était du suicide.
Étais-je aussi suicidaire que cela?
- Harry, dépêche-toi!
Harry soupira.
- Oui, mais laisse-moi finir de remplir les papiers, s'il-te-plaît!
Les papiers pour ma sortie de Sainte-Mangouste. Harry s'était porté garant.
Deux mois avaient passé, et ils m'avaient jugée apte à revenir dans le monde sorcier. Il était temps.
- Si le porte-au-loin n'est plus dehors, je te tue!
Nous étions au poste d'accueil de l'hôpital, et Ginny ne tenait plus en place.
- Allez! Je veux qu'Hermione voit la chambre qu'on lui a préparée! Et Maman a déjà commencé à préparer le repas, alors dépêche-toi un petit peu!
- Mademoiselle, pourriez-vous baisser un petit peu le son s'il vous plaît, les patients vont être effrayés, intervint timidement la sorcière de l'accueil.
Ginny grogna quelque chose, qui ressemblait à : "... faute d'Harry... lent comme un mollusque... le fait exprès... idiot..." et Harry lui lança un regard noir.
Je souris. Ils étaient parfaits, ensemble. Vraiment, vraiment parfaits.
J'attendais, assise dans mon fauteuil, qu'ils aient fini la partie administrative. Bien sûr, je pouvais presque remarcher normalement, mais il fallait que ma colonne vertébrale se réhabitue aux mouvements, et il faudrait pour cela encore plusieurs semaines d'entraînement, mais, je ne serai pas obligée de les passer à l'hôpital.
Je me sentais plutôt bien, physiquement. Mentalement, c'était autre chose, mais j'arrivais à prendre sur moi et à ne plus me focaliser que sur le présent. J'avais compris que c'était là, la meilleure chose à faire, même s'il y avait des moments de rechute et de dépression.
J'avais peur de retrouver le Terrier, enfin, le nouveau, que les Weasley avaient reconstruit après la victoire d'Harry.
Je savais qu'ils avaient ajoutés une pièce pour moi, mais c'était comme si je prenais la place de quelqu'un de leur famille, de Fred, Charlie... Ron.
Il fallait que je cesse de penser ainsi, je ne devais pas craquer dans un moment pareil.
- À quoi penses-tu?
Je sursautai violemment.
- Draco!
- Lui-même.
- Arrête de dire cela à chaque fois!
Il était venu... Je pensais qu'avec la haine qu'il y avait entre Harry et lui, il ne serait pas là pour me voir quitter Sainte-Mangouste.
J'étais contente.
Je ne savais pas exactement où j'en étais, avec lui. Je savais juste que j'avais cessé de l'appeler par son nom. C'était lui qui avait commencé... Juste après notre première fois. Je l'avais ignoré, et continué de l'appeler Malefoy. Et puis, les semaines avaient passé, je me sentais de plus en plus à l'aise ici, je faisais petit à petit mon deuil de tout ce qu'il s'était passé pour moi, avant.
Et un soir, alors qu'il allait sortir de la chambre, j'ai prononcé son prénom. Je crois que c'était comme une déclaration, comme... une promesse.
Je refusais de recevoir ses visites, au départ... Après que l'on ait... Enfin, j'avais tellement honte d'avoir cédé ainsi aussi facilement, comme si... je n'avais rien pu y faire...
Et puis, j'ai eu envie de le revoir, de savoir s'il avait été sincère... Cela avait été le cas.
- Tu n'as pas répondu à ma question.
- À rien, je ne pense à rien.
- Bien sûr.
Je n'arrivais pourtant pas encore à lui accorder toute ma confiance, à arriver à tout lui dire. Lui, si. Il m'avait parlé de son enfance, de son éducation, de ses premières années à Poudlard, de la jalousie qu'il avait ressenti envers nous lorsqu'Harry avait décliné son amitié...De son envie de passer dans le bon camp... Moi, je ne pouvais qu'écouter, en me disant chaque fois un peu plus qu'il avait réellement changé.
Et c'était vraiment ce qu'il fallait. Car je n'aurais jamais pu tomber amoureuse de celui qu'il était durant nos années d'études.
- Tu vas retourner à Poudlard, lorsque la reconstruction sera terminée, Draco?
Il parut surpris de ma question, mais réfléchit à sa réponse.
- Je ne pense pas. J'ai postulé pour un poste au Centre International de Recherche en Potions. Mon parr... Rogue, m'avait recommandé. On verra. Pourquoi cela?
J'acquiesçai. Le professeur Rogue... Harry m'avait tout expliqué, à son sujet.
Il avait fait des pieds et des mains pour réussir à lui faire ériger un monument en son honneur, en son courage. Il disait que c'était lui, le vrai héros de cette guerre.
- Je compte refaire ma dernière année, avant de continuer dans la médicomagie. Non... Je me demandais... si cette année aurait été différente de toutes les autres...
Il posa ses lèvres contre mon front. Je frissonnais.
- Bien sûr, qu'elle l'aurait été. Sur tous les plans.
Mais il se dégagea subitement, et je sentis qu'il s'était tendu.
- Potter.
- Malefoy. Libère-là, on doit la ramener chez elle.
Je le sentis se raidir, et glissa ma main dans la sienne, la droite bien sûre, pour le calmer.
Harry et lui ne s'entendaient vraiment pas... Et Harry avait difficilement accepté notre début de "relation", mais avec les jours, il acceptait en serrant les poings.
- Occupez-vous bien d'elle, dit Draco, sur un ton provocateur.
- Aussi bien que ton elfe de maison le ferait, rassure-toi., renchérit Harry.
Il savait taper là où cela faisait mal. Draco s'était retrouvé avec le manoir, la fortune Malefoy, ses terres, ainsi que ses domestiques... qu'il avait libéré, et Harry ne voulait pas le croire.
- Harry, mon coeur, arrête. Salut Draco! Tu nous rends Hermione?
Merci, Ginny.
- Je la porte jusqu'à votre porte-au-loin. Non, mais franchement, vous n'auriez pas pu trouver un moyen de déplacement plus... confortable?
- C'est mon poing dans ta gueule qui va être confortable, Malefoy!
- Cela suffit! m'écriais-je.
Tous se retournèrent.
- J'ai l'impression de me retrouver comme en troisième année, les coups en moins! Vous ne cessez de me dire d'oublier le passé, mais vous agissez pareil! Ignorez-vous, si vous voulez, mais arrêtez cela!
Ils ne répondirent rien.
- Tu nous rejoins dehors, Hermione. À tout de suite, conclut Ginny, avant d'entraîner un Harry plus que contrit près de la porte en bois.
Harry...
- S'il y a le moindre souci là-bas, envoie-moi un hibou, et je t'enlève immédiatement, siffla Draco.
- Il n'y aura aucun problème.
Il leva un sourcil.
- J'espère qu'il y aura une cheminée, dans ta chambre. Hum. Le manoir est relié à tous les passages de Cheminette des Weasley.
- Tu as tout prévu..., murmurai-je.
Il sourit. Je rougis. J'avais encore beaucoup de mal avec ce Draco-là. Sans son masque, sans son hautaineté.
- J'ai préparé le Manoir à ton arrivée, au cas où. Il te plaira, j'en suis sûr.
J'écarquillai les yeux.
- Tu veux dire... y vivre? Plus tard?
- Oui. Pourquoi? Cela ne te va pas?
Il fronça les sourcils.
- C'est à cause de ce qu'il s'y est passé avec Bellatrix que tu...
- Non... Mais tu veux dire... Y habiter? Vraiment?
Il leva les yeux au ciel.
- Non, y faire un élevage d'hyppogriffes, tu sais comme j'adore ça!
Je ne relevai pas.
- Comme un couple, murmurai-je pour moi-même.
Il me lâcha brusquement. Je levais la tête vers lui, et compris que je l'avais... énervé. Et passablement blessé.
- Parce qu'on n'en est pas un? cracha-t-il.
Je ne sais pas, je n'en sais trop rien, je ne... voulais-je dire.
Mais je rencontrais son regard, et mes lèvres s'ouvrirent d'elles-mêmes.
Les mots qui sortirent n'étaient pas ceux auxquels je me serai attendue.
Pas ceux que j'aurais cru entendre, que j'aurai cru dire un jour.
- Si. Bien sûr que si, Draco, on en est un.
De ma bouche, cela sonnait si bien. Si vrai.
Et, tandis qu'il m'embrassait, je pensais.
Je pensais que ces mots, ici, et maintenant...
Ces mots, j'avais vraiment, vraiment très envie d'y croire.
.
- Tant mieux. Parce que tu m'es toujours autant redevable, et je veux que ce le soit avec ton coeur. Et ton corps, aussi.
Foutue dette.
Et voilà...
J'espère que vous avez aimé cet épilogue, certes plutôt compliqué au départ, mais, qui je l'espère, vous aura plu :'))
( Et la presque-scène de Lemon, elle vous a plu? :PP - Je ne me sens pas encore prête pour écrire un lemon complet, mais ça viendra, promis! Peut-être avec un Drarry...)
Désolée pour le bras de Draco, les filles, mais c'était vraiment dans la symbolique. Quelque part, s'il avait gardé la Marque, Hermione l'aurait-elle vraiment accepté? Là, il est "purifié". Il est libre.
Et pour Hermione... Eet bien, j'espère que son caractère ne vous a pas trop énervé, ou je ne sais quoi... C'est un être humain, et j'ai eu le sentiment qu'au final, elle, comme n'importe qui, ne peut lutter contre ce qu'il ressent vraiment. Cela finit toujours par nous surpasser, et nous faire céder. C'est typiquement nous. C'est une faiblesse autant qu'une force, c'est le principe de la vie-même.
J'arrête mon bla-bla ici, et vous libère de ma plume.
Merci d'avoir suivi, et à bientôt, j'espère! :3
*Peace.
