Bonjour ! :)
Je poste juste un petit texte que j'avais écrit il y a quelques temps, et que je n'ai pas eu l'occasion de poster avant. Ce n'est pas une suite, un " trois ans plus tard" ou je ne sais, on va appeler cela un bonus, non?
C'est une scène qui m'est venue, et que j'ai retranscrit par écrit. Elle se passe pendant le coma d'Hermione. (Dans le monde "réel";) )
Bonne lecture, si l'envie vous en prend! :3
Je poussais la porte du bar et entrais. Il était déjà là. En le voyant ainsi, fixant un point au loin à travers la fenêtre, les cheveux en bataille, des cernes violacées se démarquant de sa pâleur, je me rappelle avoir pensé que cela devait être dur pour lui aussi, quoi qu'on puisse penser de lui.
- Hey, dis-je en lui souriant.
- Tu es venue... Merci, Ginny.
Il paraissait sincèrement étonné. Je m'assis.
- Je me suis dit que cela devait être important, pour que tu m'envoies un hibou à deux heures du matin. Heureusement que cela n'a pas réveillé Harry.
- Vous habitez ensemble?
- Oui... Enfin, je reste avec lui, dans la maison de son parrain le temps que le Terrier soit remis à neuf... Il ne supporterait pas de s'y retrouver seul, après tout cela...
- Je le comprends, dit-il comme pour lui-même.
- Comment vas-tu, toi? demandais-je pour ne pas remuer des souvenirs que je me doutais être douloureux.
Il me dévisagea, surpris de ma question.
- Je sais bien que l'on a jamais été proche, dire cela est un euphémisme, même, mais depuis la bataille, je ne te déteste plus. Bien au contraire, c'est grâce à toi qu'Hermione n'est pas...
Ses yeux se voilèrent à la mention de son prénom.
- Tu es bien une des seules à penser cela.
- Tu l'as sauvée, Draco. Laisse-moi t'appeler Draco. Nous ne sommes pas ennemis.
- Si tu le dis.
Je lui tendis la main. Il fronça les sourcils. Je lui souris.
- En gage d'une nouvelle entente. C'est ce que tu souhaites aussi, non?
Il se détendit à peine. Il serra ma main, doucement. Il était glacé.
- Tu es... différente de ce que j'ai toujours pensé de toi. Je pense que si j'avais eu une amie comme toi, à Poudlard, j'aurais fait les bons choix plus tôt.
- Mais tu étais de notre côté, non? C'est tout ce qui compte. C'est l'Ordre qui a eu de la chance de t'avoir dans ses rangs. Même en tant que «double agent».
- Hmm.
Un silence s'installa. Je le détaillais. Je voyais en lui, tout ce qu'il voulait ne pas montrer. Il retourna à sa contemplation de la fenêtre. Dehors, il pleuvait.
- Tu t'inquiètes pour elle, n'est-ce pas? murmurais-je, brisant le silence.
Cela crevait les yeux. Je le vis se crisper, serrer la mâchoire. Cela devait être difficile à accepter, à admettre.
- Je ne comprends pas pourquoi. C'est Granger. Je l'ai toujours détesté. Mais là, elle revient sans cesse dans mon esprit, je n'en peux plus. Je l'ai vu percuter ce mur, perdre connaissance... Je l'imagine dans sa chambre, mais je n'ai aucunes nouvelles de son état. C'est... vraiment pesant. Je sais pourtant que je n'ai pas de raisons, ni de droit d'en être là.
Je soufflais.
- Au contraire, tu as tous les droits! C'est toi qui l'a sauvé, Draco! Écoute, ne fais pas attention à ce que Harry t'a dit, il est... dévasté, comme nous tous, mais t'en veux parce qu'elle ne s'est pas encore réveillée... Mais seul Merlin sait ce qu'il serait advenu si tu n'avais pas été là! Et si tu veux mon avis, ce n'est pas étonnant qu'elle ne sorte plus de ton esprit... Tu es humain! C'est si tu avais été indifférent qu'il y aurait eu des raisons de te blâmer!
Il ferma les yeux. J'espérais qu'il comprenait ce que je cherchais à lui dire!
- Son état est toujours stationnaire?
Je me pinçais la lèvre.
- Ils disent qu'il n'y rien à faire d'autre qu'attendre.
- Cela fait déjà plus d'un mois!
- Son coma est stable... On ne peut rien faire. Ils ont déjà réussi à resouder la colonne vertébrale et les côtes cassées.
Il passa une main dans ses cheveux, nerveux.
- Ginny, est-ce que...
Il ne finit pas sa phrase, mais j'avais compris.
- Bien sûr. Je te donnerais des nouvelles toutes les semaines. Et quand elle se réveillera, je ferais en sorte que tu puisses lui rendre visite. Nous te devons bien cela.
Il n'ouvrit pas la bouche, mais me remercia silencieusement.
- Tu y crois, à son réveil, Draco?
Ses lèvres s'étirèrent imperceptiblement en un quasi-sourire.
- C'est Granger. Je l'ai toujours vue se battre, et gagner... même contre moi. Elle s'en sortira.
Ces mots me réchauffèrent. Cela changeait du point de vue de Harry, défaitiste et abattu...
Les minutes passèrent, chacun s'étant plongé dans ses pensées, ses réflexions.
.
Je brisai le silence.
- Tu sais... Hermione. Elle pleure, des fois.
Je voulais voir sa réaction, voir si ce que je soupçonnais était possible...
Et en effet, ce le fut. Je ne saurais l'expliquer, mais cette façon dont il a tressaillit, dont ses yeux sont passés de l'apaisement à l'inquiétude, de ses phalanges qui blanchirent tant il serrait les poings. Tous ces signes...
Oui, c'était plausible.
- Je dois y aller, Maman va s'inquiéter.
- Attends...
- Je ne fais pas cela gracieusement, Draco. J'aimerais que tu me rendes la pareille.
- Qu'est-ce que tu souhaites?
- Ne lutte pas. Tombe amoureux d'elle.
Il se figea.
- Mon frère est... Cela va la détruire, quand elle se réveillera. Alors, s'il-te-plaît, fais-la tomber amoureuse de toi en retour.
- Ginny...
- Je n'aurais jamais pu tenir sans Harry. Mon père n'aurait jamais pu sans ma mère. Et inversement... Je sais ce que j'avance, Draco. Il lui faudra quelqu'un sur qui se raccrocher, en plus de ses amis. Quelqu'un qui lui fera passer toutes ces épreuves. Je veux que ce soit toi. C'est ma meilleure amie. Je sais que c'est insensé, mais s'il-te-plaît. Je pense que tu es le seul à pouvoir faire cela. À bientôt, Draco.
Je me levais et quittais le pub, ne cherchant pas à attendre sa réponse.
Je savais qu'il le ferait.
Il y était déjà bien engagé.
Voilà ! ^^
A bientôt! °O°
