A/N: Bon…vu la rapidité à laquelle la plupart d'entre vous avez commenté l'histoire…et la passion qui émanait de certains commentaires, je vous livre ce chapitre avec un délai rapidos Il aurait été très cruel de vous faire attendre plus longtemps, vu le terrible suspense.

Bonne lecture!

Chapitre 22: Agonie

«C'est par ici, suivez-moi!»

Inu-Yasha et Rin talonnèrent Tsukiyama. Une telle ironie…la femme responsable d'un aussi grand nombre de morts —youkai et humain— était maintenant en train de les aider à sauver Sesshomaru, qui agonisait seul, dans une crypte devenue orpheline. Mais ni Inu-Yasha, ni Rin ne s'étaient attardés à ce genre de détail. L'heure était grave. Rin pouvait sentir la terre trembler sous ses pieds. De multiples détritus ne cessaient de tomber des hauts plafonds, compromettant sérieusement leur sécurité.

Elle essayait de se concentrer sur les multiples dangers, mais c'était plus fort qu'elle, elle ne pouvait s'empêcher de penser à lui…à la façon dont il s'était approché d'elle dans le noir, pour la protéger…et elle…la pauvre imbécile, n'a pas pu contrôler son bras, qui, dans un mouvement rapide et sec, empoisonna mortellement la personne la plus importante à ses yeux. Comment Natsumi avait-elle pu avoir ce genre d'emprise sur elle? Était-elle une espèce de sorcière? Comment avait-elle pu la forcer à attaquer Sesshomaru? La vue de la jeune femme s'embrouilla. Elle se rappela la mine confuse de Sesshomaru, le choc qui émanait de ses yeux d'ambre. La terreur s'empara d'elle. Et si Tenseiga ne fonctionnait pas? Et s'il mourrait réellement? Et si…tous ses rêves…non…cauchemars…s'avéraient prémonitoires? Ses rêves étaient-ils une mise en garde contre ce destin cruel, cette horrible tragédie?

Rin était terrorisée…elle ne pourrait jamais tolérer l'horreur…elle ne survivrait pas…

«RIN ATTENTION!», hurla Inu-Yasha. Il la prit par le poignet et la tira vivement vers lui. Un immense morceau de pierre la frôla avant de s'abattre sur le sol. Une fois de plus, elle l'avait échappé belle. Elle regarda ce qui aurait pu être son bourreau, l'air distraite.

«Rin, merde! Concentre-toi ou sinon tu ne sortiras pas d'ici en un seul morceau!», s'énerva le hanyou.

«…Je…je suis désolé, continuons», bafouilla Rin.

Inu-Yasha a raison. Je ne peux pas mourir, pas maintenant…

Ils poursuivirent leur course parmi les pierres et la poussière. Ils n'avaient plus beaucoup de temps.

Soudain, ils aperçurent une silhouette au loin : ils reconnurent Kireru, qui accourrait vers eux.

«Rin, Inu-Yasha!» Il regarda Tsukiyama avec confusion, mais décida de rétracter toute forme de commentaire. «Où est Sesshomaru?», s'enquit-il avec inquiétude.

Les deux restèrent silencieux, mais par leur mine déconfite, Kireru devina que l'heure était grave. «Qu-quoi, il ne peut pas être mort…quand même!»

«Oh…et bien, il respire encore, mais pour combien de temps, ça on ne le sait pas», rétorqua sombrement Inu-Yasha.

Kireru écarquilla les yeux. Ce fut au tour de la féline de prendre la parole.

« Il est blessé mortellement, mais vous avez encore un espoir si vous utilisez Tenseiga…Je connais le chemin»

«Je sais aussi où est Tenseiga! Mais nous sommes incapable de la sortir de son socle!»

«Pas de temps à perdre. Allons-y!», s'exclama Inu-Yasha.

« Il ne reste plus qu'Himeru et moi à l'intérieur, les autres sont déjà en train d'évacuer! On est désespéré à un point tel qu'on a l'intention d'arracher le piédestal et de l'amener avec nous!», expliqua Kireru, en poursuivant sa course.

«Pas la peine!», rétorqua le hanyou.

«Mais…je ne crois que tu pourras la sortir…Seul Sesshomaru aurait…»

«Pas la peine, j'ai dit!», s'énerva Inu-Yasha. «C'était la même chose avec Tetsusaiga! L'épée accepte seulement d'être libérée non pas par son propriétaire, mais par une personne qu'elle protège!»

«Une personne que Tenseiga protège? Tu parles de Rin?»

«C'est exact!»

Rin ravala sa salive. La pression était forte.

«Nous y voilà!», s'exclama Kireru.

«Vite, Rin! L'épée!», hurla Inu-Yasha.

Rin courut vers la lame qui trônait au milieu de la pièce. Elle la regarda nerveusement. Elle posa ses mains sur le manche, prit une grande inspiration et tira.

Mais la lame ne bougea pas.

«MERDE!», s'énerva Inu-Yasha.

Himeru dégaina sa hache.

«Éloigne-toi Rin, il faut ramener l'épée, avec ou sans piédestal!»

«Je comprends pas! Ça avait marché pour Kagome! Elle n'avait même pas fait d'effort!», s'emporta Inu-Yasha.

Rin regarda Tenseiga un instant.

«Pas fait d'effort tu dis?», s'enquit Rin dans un murmure. «Et si ce n'était que ça…»

Elle posa une seule main sur la lame et essaya doucement de la tirer vers le haut. À son grand étonnement, la lame suivit.

«J'y crois pas…», murmura Himeru, la hache toujours en main.

«Bien joué, Rin!», s'exclama Kireru joyeusement.

«Maintenant, on peut retrouver Sesshomaru et filer!», s'exclama Inu-Yasha. «Vite, pas de temps à perdre!»

Sesshomaru était assis par terre, le dos appuyé contre le mur. Ses yeux étaient fermés. Plusieurs auraient cru qu'il se laissait mourir, mais le youkai n'était pas si stupide. Il avait décidé de dormir…enfin presque. Son objectif était de ralentir au maximum son métabolisme, afin d'éviter que le poison ne se répande trop rapidement. Malgré son état léthargique, il sentait des vibrations incessantes dans le mur : les vrombissements devenaient de plus en plus violents et fréquents. Il entendit soudain un craquement.

Il ouvrit d'abord paresseusement les yeux mais les écarquilla rapidement. Une partie du plafond au-dessus de lui s'apprêtait à s'effondrer! Il se releva d'un bond et sortit en vitesse de la pièce. Un BOUM sonore lui annonça qu'il était sorti juste à temps. Le moment de panique passé, il sentit de nouveau les effets vicieux du poison. Un mal de tête lui martelait le crâne à un point tel qu'il était pris d'étourdissements, ses jambes étaient molles et il sentait des sueurs glacées glisser le long de son dos. Mais il n'avait plus le choix. Il avait fait la promesse à Inu-Yasha et à Rin, il devait s'échapper avant qu'il ne soit trop tard.

Chaque pas était d'une lourdeur qu'il n'avait jamais expérimenté auparavant, comme s'il portait une énorme chape de plomb…Il descendit paresseusement les escaliers. Après avoir terminé, il regarda autour de lui : toujours aucune trace de Rin ou d'Inu-Yasha…et leur odeur était assez lointaine.

«Ils ont décidé de s'enfuir…on dirait…»

Il en était rassuré. Il continua à se mouvoir péniblement en direction de la sortie, en espérant que ses efforts ne soient pas en vain.

Il voulait voir Rin … une dernière fois.

«NON! NON! IL FAUT LE REJOINDRE! Il FAUT FAIRE DEMI-TOUR», s'indigna Rin.

«C'est devenu beaucoup trop dangereux pour rebrousser chemin», statua Inu-Yasha. «De toute façon, Sesshomaru a tenu sa promesse! Il se déplace, son odeur n'est plus au même endroit!»

«Je le sens moi-aussi, je crois même qu'il est plus près de la sortie que nous!», renchérit Kireru.

«Nous le croiserons probablement sur notre route, s'il n'est pas déjà sorti», observa la youkai féline. «Je n'ai plus de pouvoir sur cette crypte. Quittons avant qu'elle ne nous emporte!»

Rin se résigna à suivre, mais l'inquiétude continuait de la tenailler. Elle voulait tant voir Sesshomaru de nouveau, s'assurer qu'il était toujours en vie! Elle poursuivit sa course docilement, malgré le fait que son cœur battait à tout rompre. Même s'il sortait vivant de la crypte, Rin savait que pour le sauver, il devait d'abord…mourir. Cette simple pensée la rendait complètement folle. Une éclair d'horreur la traversa soudain : elle entendit de multiples craquements.

«ATTENTION! LE PLANCHER S'EFFONDRE›, hurla Kireru.

Rin ravala sa salive et regarda le sol. Une multitude de fissures se dessinaient sur le sol devant elle. Les autres avaient déjà traversé, ils étaient tous tournés vers elle : terrifiés. Elle ne prit pas de risque et bondit comme une fauve pour éviter le sol fissuré, qui se dérobait sous elle au moment même où elle filait dans les airs. Elle tomba en faisant une roulade par terre et jeta un œil derrière elle : un soupir de surprise s'échappa de ses lèvres. Un immense trou était là où elle courait il y avait à peine quelques secondes.

«VITE!», s'énerva Inu-Yasha. «Je sens Sesshomaru tout près, j'espère qu'il s'en est sorti!»

Rin pressa le pas malgré le fait que son souffle était de plus en plus court : le saut l'avait épuisé, elle avait maintenant de la difficulté à maintenir le rythme.

C'est alors qu'elle le vit devant elle. Il marchait lentement, chacun de ses pas semblaient si pénible. Il ne se donna même pas la peine de se retourner pour saluer les autres.

«HÉ OH! SESSHOMARU!», hurla Inu-Yasha en s'approchant de son demi-frère. Il le rattrapa rapidement.

«Qu'est-ce que tu fais?», s'enquit le hanyou.

Le youkai lui lança un regard méprisant qui semblait signifier : « Qu'est-ce que je fais, à ton avis!»

«Tu ne sortiras jamais à temps si tu marches aussi lentement!»

Sesshomaru resta silencieux : il ne mentionna surtout pas que le simple fait de se tenir debout lui exigeait des efforts incommensurables.

Les autres les rattrapèrent. Le youkai ignora les visages choqués d'Himeru et de Kireru lorsqu'ils constatèrent à quel point leur suzerain était dans un état pitoyable. Rin s'approcha de lui d'un pas déterminé.

«Sesshomaru-sama, maintenant que nous vous avons rattrapé, nous pourrons vous aider à sortir!»

«Non, c'est inutile», rétorqua-t-il froidement. «Concentre-toi sur ta propre survie Rin, sort le plus vite possible.»

«Je refuse de prendre de l'avance sur vous, Sesshomaru-sama!»

Sesshomaru la regarda un instant, l'air presque désolé. Il se tourna vers ses vassaux.

«…Himeru»

«Oui, maître?»

«Prends Rin et quitte les lieux», ordonna Sesshomaru. «Maintenant.»

«Pas question!», s'énerva Rin. «Je n'irai nul part!»

«Mais…maître…», protesta Himeru. «Rin est petite et légère…Si cela peut vous aider…je peux transporter une personne de plus sans problème!»

Sesshomaru soupira : son orgueil lui défendait…Il chercha une excuse valable pour décliner l'offre. Il regarda brièvement devant lui.

«…Non…tu auras besoin de tes deux bras, Himeru», répondit-il avec flegme.

«Vous…vous êtes…»

«Trêve de bavardage. Va», le coupa Sesshomaru.

Sans un mot de plus, le vassal s'exécuta, attrapant Rin et la posant sur son immense épaule comme s'il s'agissait d'un sac de marchandise.

«Arrêtez, lâchez-moi!», s'indigna Rin, en tambourinant le dos d'Himeru de ses poings.

Sesshomaru regarda les autres. «Qu'est-ce que vous attendez? Quittez vous aussi! C'est un ordre!»

Tous quittèrent sans jamais se retourner, sauf un.

«Je ne suis pas ton subalterne, Sesshomaru, pas question que j'écoute tes ordres de pacotilles!», s'énerva Inu-Yasha.

«Imbécile. Que comptes-tu faire en restant ici?», questionna Sesshomaru avec mépris tandis qu'il poursuivait sa course à un rythme terriblement ralenti par son état.

«Remplir la volonté de Rin», dit simplement le hanyou. «T'aider!»

Il saisit l'un des bras de Sesshomaru et le plaça derrière son épaule. Le youkai ne put que constater qu'il se sentait beaucoup plus léger : le hanyou supportait une partie de son poids.

«Allons-y!», ordonna Inu-Yasha.

Résigné, Sesshomaru accepta l'aide de son demi-frère et poursuivit sa marche, qui fut soudainement, beaucoup plus rapide.

«Himeru, tu n'as pas le droit! Laisse-moi!», supplia Rin. Elle savait maintenant que l'indignation, la colère, et même la violence ne fonctionnaient pas sur lui. Elle avait essayé de l'atteindre de toutes les manières, mais Himeru était trop solide…à un point tel qu'elle n'était même pas certaine qu'il ait remarqué qu'elle essayait de le frapper.

Elle regarda avec désespoir le couloir qui défilait sous ses yeux. Elle n'y voyait rien, sauf des nuages de poussières et de multiples éboulements. Personne à l'horizon. Elle aurait tant aimé voir Sesshomaru voler fièrement, et sortir à la vitesse de l'éclair de ce satané trou.

Himeru s'arrêta brusquement, ce qui sortit Rin de sa torpeur.

«Qu'est-ce qui se passe?», s'enquit-elle.

«Alors…C'est de ça qu'il parlait…», murmura Himeru en regardant sur le sol. Rin dû faire une contorsion afin de comprendre elle-aussi…

Un corps gisait sur le sol…Celui de Tatsumaki.

«Est…est-elle en vie?», s'inquiéta Rin. Elle semblait être morte d'épuisement.

Himeru se pencha et l'attrapa avec son bras toujours libre, pour la positionner de la même façon que Rin (portée comme une poche de riz, avec la tête en bas…)

«Mais qu'est que…BAS LES PATTES, SALE PORC!»

«Elle est en vie, oui», répondit Himeru avec amusement. Sans plus tarder, il poursuivit sa course.

«Tatsumaki, tu es vivante!», s'exclama Rin joyeusement.

La youkai lui lança un regard haineux. «Tu es surprise?»

«Non pas du tout, je savais que tu trouverais un moyen!»

«Hmph…»

«…Tu n'aurais jamais toléré que j'aies le champ libre aussi facilement avec Sesshomaru»

Tatsumaki leva un sourcil.

«Oh tu sais, j'ai fait mon deuil…Je me rend bien à l'évidence…Sesshomaru craque seulement pour la viande fraiche…»

Rin leva un sourcil.

«…et pas trop brillante»

Rin fronça les sourcils.

«Nous y sommes!», s'exclama Himeru.

Il se précipita hors de la crypte pour déposer les deux femmes. Il commença par Tatsumaki, qu'il essaya de poser sur ses pieds.

«Non! Pas comme ça ducon! J'ai la jambe cassée!», s'énerva-t-elle.

Il se contenta de la regarder avec condescendance et de la laisser tomber sur le sol.

«Connard!»

Il posa ensuite Rin, qui, dès qu'elle fut sur ses deux pieds, essaya de se lancer de nouveau vers l'intérieur, mais quelqu'un la retenu par le bras.

«Pas si vite ma jolie, où vas-tu comme ça?»

Rin soupira. Koga était là, tout comme Negaeri, Nozomi et Jaken. Le youkai loup lui lança un regard flirteur.

«C'est pas le temps de déconner, Koga! Je dois aider Sesshomaru!», s'obstina Rin.

«Quoi? Le maître est en danger!», s'inquiéta Jaken.

Rin tourna des yeux tristes vers lui…Comment pouvait-elle le lui annoncer? Elle se tourna de nouveau vers le loup.

«…S'il te plaît…», supplia-t-elle.

Des éboulements de plus en plus violents avaient lieux à l'intérieur de la crypte, ce qui ne passa pas inaperçu auprès de Koga.

«Pas question, c'est beaucoup trop risqué!», s'exclama-t-il.

Rin lui lança un regard féroce et se bomba le torse, comme si elle s'apprêtait à exploser.

«Koga! Sesshomaru est affaibli, il est en danger! La crypte va s'effondrer avant même qu'il ne puisse sortir, tu souhaites avoir sa mort sur la conscience?», s'énerva-t-elle.

«Mais Rin! Même si tu rentrais là-dedans, tu ne pourrais rien faire! Tu ne peux quand même pas le prendre dans tes bras!»

«Je vais trouver un moyen!»

Koga se tut un regarda la crypte avec une nouvelle détermination. «Non…tu n'es pas assez forte…»

Himeru soupira.

«Rin a raison. On ne peut pas le laisser comme ça. Je vais y retourner!»

«Non Himeru, tu n'es pas assez rapide!», s'exclama Koga. Ce fut à son tour de se bomber le torse. Il prit les mains de Rin dans les siennes.

«Rin…si cela est si important à tes yeux. Alors…j'irai. C'est moi le plus rapide du groupe.»

«Et le plus crétin!», renchérit Tatsumaki. Il lui jeta un regard méprisant avant de poursuivre.

« Je reviendrai à temps avec Sesshomaru, Rin. Je te le promets»

Rin l'observa, ne sachant plus quoi répondre. «Tu as peut-être raison…», murmura-t-elle.

«Alors dans ce cas…à plus tard!», rétorqua-t-il en entrant à la course dans la crypte.

«Fais attention Koga!», hurla Rin.

«T'en fais pas l'humaine…C'est toujours les plus imbéciles qui vivent vieux», rétorqua Tatsumaki.

« merde, merde! MERDE!»

Sesshomaru et Inu-Yasha s'élancèrent violemment contre une paroi du couloir : ils évitèrent ainsi du justesse plusieurs pierre tranchantes qui tombaient du plafond.

«Il nous reste plus beaucoup de temps!», s'inquiéta Inu-Yasha. Il jeta un œil anxieux à Sesshomaru : des sueurs perlaient sur son front, sa respiration était haletante, son visage crispé par la douleur. Le pauvre n'était même plus capable de cacher ses souffrances.

«Allez, Sesshomaru! Un petit effort!»

Inu-Yasha le prit par le bras et l'extirpa de sur la paroi. Ils continuèrent à marcher du mieux qu'ils le pouvaient, mais Sesshomaru était de plus en plus lent, Inu-Yasha le sentait de plus en plus lourd, même lui commençait à être épuisé. Réussirait-il réellement à porter Sesshomaru si ce dernier devait s'effondrer?

Sesshomaru devint soudainement maladroit, trébuchant et perdant l'équilibre à de multiples reprises.

«ALLEZ!», s'énerva Inu-Yasha.

«…Inu-Yasha…»

«Non je ne m'en irai pas! Je te botterai les fesses jusqu'à la fin! Si tu abandonne, je crèverai avec toi, alors bouge si tu ne veux pas avoir ma mort sur ta conscience!»

«Je ne sens plus mes jambes», avoua finalement Sesshomaru. Inu-Yasha se crispa.

«Non…allez…tu peux y arriver!»

Sesshomaru soupira et essaya de continuer, essaya d'éviter tous les rochers sur lesquels il pourrait trébucher. Il savait que s'il tombait, il ne se relèverait pas.

Mais tous ses efforts furent en vain, ses jambes se dérobèrent sous lui. Il tomba pathétiquement sur le sol.

«SESSHOMARU!» Inu-Yasha se pencha pour le relever.

«C'est inutile…», s'obstina Sesshomaru. «Mes jambes ne me répondent plus, elles sont paralysées»

«Alors tu t'avoues vaincu!»

Sesshomaru fit signe que non. «Mes bras fonctionnent toujours…Je ramperai jusqu'à la sortie…Toi…tu dois continuer…tu as pris suffisamment de risque…»

«Mais…»

«Inu-Yasha, pense à ton enfant!», s'énerva Sesshomaru. «C'est le seul descendant de notre lignée…»

Le hanyou était à court d'argument. À quel moment Sesshomaru avait-il décidé de considérer Inu-Yasha comme faisant partie de la même lignée que lui?

«Sesshomaru…»

«…Va…»

Au moment même où Inu-Yasha s'apprêtait à jeter l'éponge…au moment même où il se dit qu'il ne se pardonnerait jamais à lui-même d'abandonner son frère…Une rafale s'abattit sur eux : Koga en sortit, l'air victorieux…mais inquiet.

«Hé, minus! Tu t'apprêtais à faire quoi, là?»

«Koga, merde! Qu'est-ce que tu fais ici!», s'énerva Inu-Yasha.

Il se bomba de nouveau le torse. «Rin m'a demandé de vous venir en aide. Elle a bien fait…je crois», dit-il en observant Sesshomaru qui ne les écoutait déjà plus, rampant pathétiquement vers la sortie. Inu-Yasha et Koga le regardèrent, l'air désolé. Ils se jetèrent ensuite un regard furtif, et, suite à un hochement de tête réciproque, se mirent chacun d'un côté de Sesshomaru.

Le youkai s'arrêta lorsqu'il remarqua une ombre au-dessus de lui, il leva les yeux.

«Je le prend par les épaules, et toi, par les pieds!», s'exclama Inu-Yasha.

Sesshomaru les regarda haineusement. «Qu'est-ce que vous croyez que…»

Inu-Yasha et Koga s'exécutèrent et filèrent à la course vers la sortie. Sesshomaru soupira : il n'avait même plus la force de se défendre contre un tel affront à sa fierté.

«Hmph…Sortir de la crypte de cette façon…quelle humiliation…»

«Sesshomaru, cesse de geindre!»

Rin inspecta anxieusement l'entrée de la crypte : comme si le fait de surveiller la porte avec une telle insistance allait forcer Sesshomaru à sortir plus rapidement. Depuis de longues minutes, Kireru et Tsukiyama les avaient rejoints. La féline les avait mis en garde : malgré le fait qu'ils étaient sortis de la crypte : ils étaient toujours dans un lieux créé artificiellement par une magie qu'elle ne possédait plus. En effet, à l'extérieur se trouvait un immense désert de sable glacé : l'espace dans lequel ils avaient atterris après s'être jeté dans le puit d'ombre. Tsukiyama pouvait les sortir de ce néant : mais il fallait faire vite : le ciel avait prit une teinte violacée : comme si lui aussi, menaçait de s'effondrer en un millier d'éboulements.

«S'ils ne sortent pas très bientôt, nous serons contraints de quitter sans eux…», observa la féline.

«On…ne peut pas vraiment faire ça…», répondit Kireru.

«Je refuse», s'obstina Rin.

«Tu crois que c'est ce qu'il aurait voulu? Que tu meures à cause de lui?», s'enquit Tsukiyama avec impatience.

«C'est inutile de se chamailler!», s'exclama Nozomi. «Je les sens, ils s'en viennent!»

Rin vit alors des silhouettes s'avancer dans le nuage de poussière. Son sang se glaça : Koga et Inu-Yasha portaient Sesshomaru, comme s'il était déjà…

«Sesshomaru!»

«Non! Nous n'avons pas le temps!», s'énerva Tsukiyama. «Il faut sortir d'ici au plus vite! Approchez vous tous de moi!»

Himeru empêcha Rin de s'approcher davantage de Sesshomaru, elle dut se résigner à se placer près de Tsukiyama : tous formait un cercle presque parfait autour d'elle. Rin regarda dans les airs : des éclairs pourpres déchiraient le ciel : elle avait même l'impression que l'air devenait de plus en plus rare. La féline leva les bras dans les airs, s'apprêtant à réciter une incantation.

«Kage no doa wa, anata o eien ni shōkyo! Hikari ni watashi-tachi o motarashimasu!»

Un dôme bleuté et semi-transparent se forma autour du groupe. À l'extérieur de leur abri : une violente spirale de vent aspirait tout sur son passage; la levée de poussière les empêchant de voir le monde se désintégrer sous leur yeux. Ils étaient comme coincés au centre d'une immense tornade qui engloutissait tout sur son passage.

Après quelques minutes, la tempête de vent sembla se résorber, la poussière projetée dans les airs retomba docilement sur le sol. La neige et les pentes escarpées des terres de Nord étaient de retour. Rin se tourna subitement vers Sesshomaru et se rua vers lui.

Son visage était blême…si blême…aussi blême que la neige. Àu grand soulagement de la jeune femme : il ouvrir les yeux. Il était toujours en vie. L'ambre se posa sur elle d'un air quelque peu absent, ce qui inquiéta Rin : il n'allait pas bien du tout. Inu-Yasha s'approcha lui-aussi de Sesshomaru, Tenseiga en main.

«Sesshomaru-sama!», couina Jaken, en bondissant près de son maître, mort d'inquiétude. «Que s'est-il passé, Sesshomaru-sama? Qui vous a fait cela?»

«Ça n'a pas d'importance», rétorqua Sesshomaru.

Rin sentit son propre visage blanchir : quel sort les autres allaient-ils lui réserver?

«… C'est moi, c'est de ma faute», lança Rin. Elle s'attendait à ce que Jaken la bombarde d'injures et d'infamies, mais à la place, ses yeux s'écarquillèrent et se tournèrent vers elle. Il ne semblait pas le croire, il semblait anéanti, comme si tous ses repères s'étaient évaporés en un instant.

Bien sûr… Jaken était parfois acerbe avec Rin, mais il restait un compagnon. Un compagnon avec qui elle avait voyagé durant de nombreuses années. Un compagnon qui l'avait vu grandir. Non… Jaken ne lui en voulait pas. Il lui a simplement lancé la même tête que Sesshomaru… lorsque ce dernier s'était rendu compte de quoi il avait été victime, dans la crypte. Bref, il avait une mine confuse, triste, déçue…

Rin aurait préféré la pluie d'injures.

Elle sentait que tous les regards étaient rivés sur elle. Ils attendaient tous une explication, mais Rin ne savait trop que dire. L'horreur l'empêchait de penser.

«Elle ment», riposta Sesshomaru.

Rin se tourna vers lui, interloqué. Ses yeux d'ambre exprimaient le reproche.

«Rin…si tu veux prendre le blâme, tu dois prouver ta culpabilité», continua-t-il.

«Mais…je vous ai…»

«Rin… avant de dire des sottises, montre ton bras aux autres… Le bras qui m'aurait fossoyé avec Shiraha…»

«Shiraha? Oh non!», s'exclama Nozomi.

Ignorant le motif de cette demande, Rin s'exécuta. Elle releva la manche de son yukata, mais leur terreur s'empara d'elle lorsqu'elle remarqua que la peau de son bras avait une teinte grisâtre. Une marque carmine souillait son avant-bras.

«Mais qu'est-ce que c'est que ça?», s'exclama Rin.

«C'est Natsumi», l'informa Sesshomaru. «Lorsqu'elle t'as lancée l'hallebarde, c'était plus qu'un geste de violence délibéré. L'arme était chargée de magie de l'ombre, à un point tel qu'elle a réussi à corrompre ton bras. Étant protectrice du Shikon no tama, ton état est directement lié à lui. Lorsque l'hallebarde a arraché le pendentif de ton cou et qu'il a été corrompu lui-aussi, tu ne pouvais plus rien faire pour échapper à son emprise… Sauf peut-être t'amputer le bras»

«…C'est ce que j'aurais dû faire…», souffla Rin.

«Il est inutile de ruminer de telles pensées», rétorqua le youkai.

«Le maître a raison, Rin… Natsumi est morte, elle ne peut plus te contrôler», la réconforta Negaeri en s'approchant d'elle. «De plus, cette blessure peut partir d'elle-même, je peux même t'aider, avec des décoctions ou…»

«Moi, je n'avalerais pas les poisons — Oh pardon!— POTIONS de cette chimère», la coupa Tatsumaki avec un sourire mauvais.

Rin écarquilla les yeux. Negaeri fusilla Tatsumaki du regard.

«Qui es-tu, pour me calomnier de la sorte, Tatsumaki?»

«Mais de quoi elles parlent?», s'enquit Nozomi. Kireru lui fit signe de se taire.

«Te calomnier?», s'enquit la reine féline d'un sourire moqueur. «Negaeri, l'ancienne maîtresse Hateshinai? L'ancienne reine de la vie, maintenant maîtresse de la mort? Allons… tout le monde connaît tes façons de tuer…»

Sesshomaru leva un sourcil. «De quoi parles-tu, Tsukiyama?»

Le regard moqueur se tourna vers Sesshomaru. «Allons Sesshomaru… tu dois bien savoir… Negaeri ne s'est jamais considérée comme ta vassale… Elle n'obéit qu'à une seule personne…»

Sesshomaru camoufla sa confusion… Tsukiyama faisait référence à des informations qu'il n'avait pas. Cependant, il se doutait bien d'où elle voulait en venir…

Elle venait de confirmer ses soupçons.

«Kireru, Himeru… emparez-vous d'elle», ordonna Sesshomaru en regardant Negaeri d'un œil furieux.

Himeru se dirigea vers la youkai d'un pas incertain, il n'avait toujours pas comprit le comment et le pourquoi, contrairement à Kireru qui s'approchait d'un pas ferme de Negaeri. Dans ses yeux, on pouvait lire la défaite, le désespoir. Elle n'essaya même pas de se défendre.

Rin mit ses mains devant sa bouche, stupéfaite.

«Non… Negaeri… pas toi…»

«Tu devais bien t'en douter, Rin?», s'enquit Sesshomaru en la regardant du coin de l'œil.

«Je…» Rin soupira. «J'espérais que vous aviez tort… ou même que Sadae-sama avait tort… ». En effet, Rin avait voulu tout croire, sauf qu'un membre du groupe lui ait voulu du mal…

«Merde! Est-ce que quelqu'un peut expliquer ce qui se passe?», s'énerva Koga.

«Ouais!», renchérit Nozomi.

«Negaeri…as-tu oui ou non, tenter d'assassiner Rin par empoisonnement?», s'enquit Sesshomaru d'un ton impérieux. Si ce n'était pas du fait qu'il était toujours sur le sol, tout le monde aurait oublié son état lamentable.

Negaeri le regarda un long moment avant d'oser répondre. Elle se tourna finalement vers Rin, l'air déconfite.

«Pardonne-moi… Rin… »

Rin ne répondit pas, ses yeux brillaient. Elle avait été presque été… une amie pour elle. Elle lui avait fait confiance… Elles avaient même fait la cuisine ensemble… Fait la cuisine…

Rin se sentit stupide de ne pas avoir compris plus tôt.

«Comment oses-tu même la regarder, sale sorcière…», s'enquit Sesshomaru d'une voix grave et létale.

«… D'accord, c'est vrai… J'ai tenté de l'empoisonner», avoua Negaeri.

«Tu es consciente que c'est un crime grave…», l'avertit Sesshomaru.

«Mais…je…je ne voulais pas la tuer! Du moins…plus à la fin, lorsque j'ai appris à la connaître!» s'expliqua Negaeri.

«Hmph… elle a dû simplement comprendre qu'elle était morte d'une façon ou d'une autre », commenta Tsukiyama, en observatrice fascinée. «Oui bien c'est Sesshomaru qui la tue pour haute trahison, ou bien c'est la Dame mère… n'est-ce pas?», s'enquit-elle.

«Quoi?», s'enquit Sesshomaru.

«Oh, je l'oublie toujours, le maître des Terres de l'Ouest est trop jeune pour comprendre…», commenta passivement Tsukiyama.

«Sesshomaru-sama… Il est vrai que je vous ai été infidèle», expliqua Negaeri. «J'avais une vieille dette envers votre… mère…»

«Quel est le lien entre ma mère et l'empoisonnement de Rin?», s'enquit furieusement Sesshomaru.

La mine de Negaeri s'assombrit. «Oh… vous savez… la dame mère était inquiète pour votre… succession… Elle craignait que vous fassiez le même… choix… que votre défunt père… »

Les yeux de Sesshomaru s'écarquillèrent. «Ma… mère t'a ordonné d'assassiner Rin?»

«…Je… suis désolé… Sesshomaru-sama… Je dois tout à votre mère, je ne pouvais pas refuser. Au début, j'étais déterminé à accomplir mon devoir mais… après avoir mieux connu la jeune femme… et après avoir vu de quelle façon vous avez veillé sur elle lorsqu'elle est tombée malade…J'ai tout abandonné. La Dame m'avait menacé de mort si j'échouais… mais je savais désormais que si je réussissais ma mission…que vous alliez être celui qui allait me tuer. J'étais condamnée d'une façon ou d'une autre… Au final, je crois que j'éprouvais tant de douleur à l'idée de tuer cette humaine au cœur d'or que j'ai… choisi votre mère comme fossoyeur», expliqua Negaeri, en fixant le sol.

Rin ne pouvait s'empêcher de ressentir de la pitié pour elle. Sa situation était horrible!

«Negaeri, saches que si je dois m'en sortir, je serai ton bourreau…», lui lança-t-il sombrement.

«Inu-Yasha», l'appela Sesshomaru.

«O-oui?»

«Tu dois me promettre de faire justice à Rin… si je dois mourir aujourd'hui»

Inu-Yasha tressaillit suite à cette phrase…

«D'a…d'accord» Dans une situation aussi grave, il ne pouvait franchement rien lui refuser.

«Himeru et Kireru, veillez sur Negaeri. Elle sera traduite en justice pour haute trahison à son retour sur les Terres de l'Ouest. Assurez-vous que le nécessaire soit fait»

Les deux vassaux hochèrent la tête.

«Cette affaire est maintenant réglé», statua Sesshomaru. «Dernière chose». Il regarda de nouveau Inu-Yasha. «En l'absence d'héritier, tu seras le nouveau seigneur des Terres de l'Ouest… si je devais mourir… Jaken sera alors à ton service et pourra t'aider à administrer mes terres»

Les yeux du hanyou s'écarquillèrent, il serra le fourreau de Tenseiga, comme pour se rappeler que tout n'était pas perdu.

«Tu ne mourras pas… Sesshomaru», rétorqua-t-il.

«Pour éviter mon décès, encore faudra-t-il que quelqu'un puisse utiliser Tenseiga», commenta Sesshomaru.

«Je suis ton frère, je pourrai sûrement… »

«Demi-frère», le coupa Sesshomaru. «Je ne crois pas qu'Inu-Taisho ne t'aie permis un tel privilège, Tenseiga m'était destinée… », expliqua Sesshomaru.

«Mais… qui nous reste-t-il, alors?», s'enquit Rin d'une voix chétive.

«Toi», rétorqua le youkai.

«Moi? Mais je ne suis qu'une…»

«Qu'importe. Tenseiga te connaît, tu es la première personne qu'elle a sauvée. Elle m'a littéralement implorée de te ramener à la vie lorsque tu as été massacrée par les loups [Jaken lança un regard mauvais à Koga]. Et même si Tenseiga ne peut plus te faire vivre à nouveau, elle accepte tout de même de soigner tes blessures. Je crois que le lien entre toi et l'épée est indéniable. Si quelqu'un d'autre que moi devait l'utiliser, ce ne peut être que toi», affirma Sesshomaru.

Sans glisser un mot de plus, Inu-Yasha tendit la lame à Rin, qui la prit de ses mains hésitantes.

Sesshomaru regarda les autres avec indifférence. «Mes forces me quittent de plus en plus. À moins que l'un d'entre vous soit suffisamment courageux pour mettre fin à mes jours immédiatement…»

Constatant que personne n'osa souffler un traître mot. Sesshomaru poursuivit.

«Étant donné que personne n'a le courage d'alléger mes souffrances et que je n'ai même plus la force de le faire moi-même, il ne me reste plus qu'à attendre la mort», dit Sesshomaru avec un flegme devenu carrément dérangeant, vu la gravité de la situation.

Un silence de mort s'abattit sur le groupe. Personne n'osait parler, sans doute étaient-ils trop troublés pour trouver quoi que ce soit d'intelligent à dire.

«À présent…je souhaite que vous me laissiez seul avec Rin.»

Le soleil caressait de moins en moins timidement la cime des arbres givrés par l'hiver. Quelques gouttes d'eau perlaient le long des branches et chutaient parfois dans la neige lourde.

En dessous des arbres, la neige était si mouillée qu'elle était maintenant méconnaissable : elle n'était plus qu'une bouillie moitié eau moitié glace qui lentement mais sûrement, s'attaquerait aux derniers flocons qui tomberaient du ciel. C'était la première fois que Rin le remarquait : l'hiver était en déclin. Elle s'apprêtait à laisser toute la place au printemps, à son soleil généreux et à ses bourgeons en pleine croissance. Le cycle des saisons, impératif et imperturbable, ne faisait que poursuivre son incessant périple… même sur cette Terre …que Rin croyait condamnée par la glace. Elle se demanda s'il faisait déjà chaud parmi les siens. Les rayons bouillants, les forêts luxuriantes et les champs de fleurs sauvages lui manquaient tellement.

Elle baissa les yeux et elle le vit de nouveau : Sesshomaru. Elle s'était une fois de plus laissé distraire par des pensées singulières… comme si son cerveau cherchait à tout prix à fuir le moment douloureux : l'agonie de celui qui était le plus cher à ses yeux.

Il était allongé à un endroit où la neige avait déjà été chassée par le soleil : sur un lit de galets plat, son dos et son cou appuyé contre un rocher un peu plus surélevé. Ils étaient loin des arbres, le soleil printanier plombait sur eux. Il regardait passivement à l'horizon, plongé dans ses pensées. Comme s'il avait deviné celles de Rin, il prit la parole :

«Rin, te rappelle-tu du moment où nous nous sommes vu la première fois?», s'enquit-t-il. Un sourire pâle se dessina sur les lèvres de la jeune femme.

«Comment pourrais-je oublier?»

«C'était le printemps, le soleil perçait à travers le feuillage et les branches… comme aujourd'hui», observa-t-il.

«Je…je ne me rappelle pas de la saison», concéda Rin. «Je ne me rappelle pas de ce genre de détail. Ce jour-là, je n'observais pas la cime des arbres…»

«Non… tu étais beaucoup trop occupé à m'espionner», rétorqua Sesshomaru avec le fantôme d'un sourire.

«C'est vrai…», le sourire de Rin s'élargit. «Mais vous m'avez prise pour une menace, vous avez essayé de me chasser, avec vos yeux rouge…»

«… Non… Avant même de te voir, je te savais inoffensive», répondit le youkai. «Je savais que tu étais déjà là depuis de longues minutes quand tu es sortie de ta cachette. Je t'avais sentie. J'ai essayé de te chasser parce que ta présence m'énervait, je craignais que tu n'attires d'autres youkais… En fait, je crois que je voulais simplement te chasser comme on chasse une vulgaire mouche»

«Vous étiez si amoché… je me doutais bien que c'était une duperie… Je suis restée… »

«Hmph… Je sais…», rétorqua Sesshomaru avec amusement. «Ta présence ennuyante est graduellement devenue une forme de divertissement… Tous ces efforts futiles que tu avais fait pour m'aider…»

Rin sourit, elle se força finalement à regarder Sesshomaru. Au fond, ce jour-là, il était à peu près dans le même état qu'aujourd'hui.

«Pourquoi m'avez-vous sauvée?», s'enquit-elle.

«… Pourquoi un telle question? Je t'ai sauvé parce que j'avais une lame qui me permettait de le faire…»

«Non… Je veux dire… Vous êtes youkai, et vous êtes très puissants en plus. Pour vous, les humains sont faibles, éphémères, comme de vulgaires insectes… », murmura Rin. «Je ne représentais rien pour vous, pourquoi avoir usé d'une lame si noble sur une vulgaire humaine?»

«En effet, je comprends que la situation puisse te sembler curieuse…J'ai même dû rebrousser chemin pour retrouver ton corps dans les bois»

«Pourquoi vous être donné cette peine?», s'enquit de nouveau Rin.

Sesshomaru resta un long moment silencieux, à la recherche des mots justes. Rin lui avait déjà posé cette question, mais sa réponse avait autrefois été très minimaliste. Aujourd'hui, elle méritait plus qu'une réplique bâclée.

«…J'ai longtemps réfléchi à cette question…», avoua Sesshomaru. «Comme je te l'ai déjà dit, la lame avait réagie à ta présence… comme si elle me demandait de te sauver…»

«Vous n'aviez pas à l'écouter…»

«Non… en effet… », admit Sesshomaru. «Disons simplement que j'avais toujours vu les humains comme des créatures faibles et craintives… en proie constante à leur sentiment et leur instinct. Je croyais qu'en essayant de te chasser… que tu allais simplement fuir avec les larmes aux yeux, comme n'importe quel enfant…»

«… Je n'avais pas peur de vous…»

«Ça m'a tout de suite marqué…Ce courage et cet… altruisme malgré le fait que tu n'étais qu'une simple enfant. J'ai su que tu n'étais pas une humaine comme les autres… J'ai deviné aussi que ces ecchymoses étaient causés par cette différence…»

«… J'étais orpheline et va-nu-pieds, j'avais volé pour pouvoir vous donner à manger… Disons que c'était plusieurs prétextes pour qu'ils s'en prennent à moi…»

«… Une fois de plus, ce jour-là, j'avais été dégouté par les humains. Je ne comprenais pas pourquoi une enfant comme toi était traitée de la sorte. Une enfant comme toi avait besoin d'une famille, d'aller à l'école… Pourquoi traiter un orphelin en être inférieur? Je me demande combien d'orphelins humains voudraient simplement qu'on leur donne une chance d'avoir une vie honnête…»

«Beaucoup trop, je crains…»

«Le système des humains est à ce point rétrograde qu'il pousse des êtres potentiellement doués vers des vies indignes… Que serais-tu devenue si je n'étais jamais passé par là? Si le village qui te traitait si mal n'avait pas été détruit? Au mieux, tu serais devenue domestique ou tu aurais vendue des babioles dans les rues. Au pire… tu aurais été forcée de vendre ton corps…»

Rin sourit de nouveau. Elle n'avait jamais crue que Sesshomaru avait poussé sa réflexion à ce point…jusqu'à analyser toutes les injustices duquel elle aurait été victime… jusqu'à spéculer sur l'avenir incertain d'une orpheline humaine duquel il ne connaissait même pas le nom.

«Vous avez pensé à tout ça… alors que vous repreniez vos forces dans les bois?»

«Hmph… Oui, je crains que je m'égare parfois à ce point. Ton histoire m'intéressait… C'était peut-être aussi une façon d'oublier que je venais de perdre une bataille contre Inu-Yasha. Je n'avais plus de plan pour prendre sa lame… Je ne savais plus de quelle façon occuper mon esprit…»

«… Vous savez… quand je vous ai vu pour la première fois, j'ai cru voir un ange. Quand je me suis approchée, j'ai tout de suite eu l'impression que j'étais en sécurité à vos côtés… Vous me confirmez une fois de plus aujourd'hui que j'avais raison… », murmura Rin, tout sourire. «Vous ne me connaissiez même pas et vous vous faisiez déjà du sang d'encre pour moi! Mais au fait…ça ne répond toujours pas à ma question… pourquoi vous avez décidé de me sauver…»

«… Oui… en effet…Disons simplement que lorsque j'ai vu tes ecchymoses, j'ai une fois de plus éprouvé du mépris pour ceux de ton espèce, et même si j'affirmais le contraire, j'ai ressenti beaucoup de compassion pour toi. Mais j'ai essayé de tout oublier. Je croyais à l'époque que la compassion ramollit l'esprit et qu'elle nuit aux guerriers… J'étais naïf… »

«Est-ce cette compassion qui vous a poussée à me sauver?»

«En quelques sortes… Oui… Lorsque j'ai senti son sang, j'ai voulu voir ce qui t'était arrivée. Ton destin tragique m'avait déçu. J'étais révolté par toute cette malchance qui semblait t'accabler… Je me demande aussi si c'est réellement Tenseiga qui m'a guidée jusqu'à toi, ou si ce n'est pas plutôt mes sentiments qui l'ont éveillée…»

Rin sourit. «Je vois… alors, vous avez eu pitié de moi. Vous avez voulu me donner une seconde chance… Rétablir un peu de justice en ce bas monde…»

«En quelque sorte…»

«Pourquoi ne pas m'avoir laissée avec les humains à ce moment-là?»

«… Je craignais qu'il gâche l'œuvre de Tenseiga. Je me disais qu'il fallait choisir soigneusement l'endroit où j'allais te laisser … »

«C'est drôle… Je crois que tout ce temps… C'est un peu ce qui nous a uni… Ce mépris pour les humains…», observa Rin.

«… Peut-être, mais au final, c'est toi qui a choisi de ne pas vivre parmi eux…»

Rin soupira. «Au début, après la mort de Naraku, lorsque vous avez voulu me laissez parmi les humains, je crois que j'ai vraiment essayé de leur faire confiance mais… même si les gens étaient gentils, je n'arrivais pas à leur faire confiance, je ne pouvais tout simplement pas… Je… je ne me sentais jamais vraiment chez moi parmi eux… »

«… Pourtant… tu retourneras à eux très bientôt… »

Les yeux de Rin s'attristèrent.

«Les temps ont changé. Je ne crains plus les humains, car à présent…je suis assez vieille pour me débrouiller seule… et… aussi… Nous ne pouvons défier les règles de la nature éternellement…»

«… Oui… je sais…», murmura Sesshomaru. «Mais… saches que si les humains t'accablent trop, tu auras toujours une place sur les Terres de l'Ouest. Je crois que Gladys serait heureuse de pouvoir s'occuper de toi…»

«Et vous…seriez-vous heureux d'avoir une humaine un peu plus longtemps à vos côtés?», s'enquit-elle, incertaine. Sesshomaru lui jeta un regard perçant.

«Rin, tu auras toujours une place à mes côtés»

Une larme solitaire coula sur la joue de la jeune femme.

«… Mais… saches que… même si je devais mourir maintenant, tu peux tout de même retourner sur mes Terres. Tu mérites ce qu'il y a de mieux et…»

«Non…non, s'il vous plaît, ne parlez pas comme ça…», supplia Rin et essayant de ravaler ses larmes. «Ça va aller… vous avez dit vous-même que je pouvais utiliser Tenseiga…»

Les yeux d'ambre s'adoucirent, conscient de la douleur qui allait s'ensuivre. «Rin, il est… probable que j'ai eu raison… Mais… je ne donne pas beaucoup de poids à cette théorie…»

«Pourquoi?»

«Tenseiga est une lame qui a expressément été conçue pour un youkai. Les chances sont minces que tu puisses réellement l'utiliser…»

«Mais… mais… Shiraha est aussi une lame youkai, non? Et pourtant… j'ai pu l'utiliser sans problème…», commenta Rin avec amertume.

«Shiraha est une lame youkai, mais elle n'a pas expressément été conçue pour être maniée par un youkai… Elle a conçue pour être manié par… la Dame de l'Ouest, peu importe son espèce»

Rin leva un sourcil. «Expressément pour la dame de l'Ouest? Mais… je ne suis pas…»

«Il n'y a pas de Dame de l'Ouest pour l'instant», concéda Sesshomaru. «C'est pour cette raison que je te l'avais donnée. Elle était sans propriétaire et je savais que père l'avait forgée pour être portée par n'importe quelle espèce… il a toujours eu une faiblesse pour les humaines… »

«Mais c'est votre mère qui l'a utilisée…»

«Oui, ironiquement, le destin en a voulu ainsi, mais Inu-Taisho avait tout prévu… Je crois qu'il s'imaginait capable de changer le monde, et peut-être de faire d'une humaine la Dame de l'Ouest… Au final, il n'a pas osé relever le défi. La pression était trop grande, il voulait que son règne se perpétue à travers les générations, il avait besoin d'une descendance pure. Il se maria avec ma mère, qui faisait partie de l'une des seules lignées Inu restantes, outre la sienne… »

Rin resta silencieuse un instant. «J'aurais souhaité que Tenseiga soit conçue de la même façon que Shiraha…»

«Hmph… si Inu-Taisho avait su… peut-être l'aurait-il forgée ainsi… »

Sesshomaru décrocha une lame de sa ceinture, Rin reconnut l'arme qui lui avait permis d'atteindre Sesshomaru.

«… Rin… j'avais oublié de te la rendre… »

« Je n'en veux pas…»

Sesshomaru sembla déçu.

«Rin… Ni toi, ni cette lame ne devez porter le blâme. Je suis le seul qui devrait s'en vouloir, je connaissais les dangers, et je ne t'ai pas correctement informée, je n'avais pas prévu de tels risques… Et maintenant, dû à mon idiotie, je serai obligé de te laisser seule…»

Rin soupira. «Bon… disons simplement que ce n'est de la faute de personne… »

«Rin… je sais ce que tu penses, je sais que tu te sens coupable, mais au risque de me répéter, tu ne dois pas t'en vouloir. Je sais que tu as tout fait pour éviter un tel incident. Au final, tu n'as pas eu le choix, tu étais impuissante… »

«… C'est justement l'horreur de la chose… Malgré toutes mes craintes et toutes mes précautions…»

«Rin… Cesses de te torturer… Cesse de brouiller du noir… Sais-tu seulement ce que cette lame représente pour moi, pour ma lignée?»

Rin se tut, et se contenta de regarder le sol.

«Inu-Taisho a offert cette lame à ma mère afin qu'elle puisse protéger le castel et le royaume en son absence, afin qu'elle puisse honorer ses obligations… Il ne lui a pas donné par amour, il lui a offert uniquement par obligation, par honneur… »

«Et pourtant, un jour, après un entrainement, lorsqu'il me récitait les différentes obligations du seigneur des Terres de l'Ouest, il m'a regardé droit dans les yeux et m'a dit «Mon fils, après ma mort, lorsque ta mère sera veuve, elle devra te rendre la lame blanche. Tu devras alors la conserver … »

«Pour la future Dame de l'Ouest?», s'enquit Rin.

«Je lui avais posé la même question, mais à ma grande surprise, sa réponse fut négative… Il me demanda simplement de la conserver pour… mon âme soeur»

«…Âme…sœur? Alors vous croyiez que…»

«Quand tu m'as quitté pour allez vivre parmi les humains… Tu m'as manqué, je trouvais que de me battre sans toi à mes côtés ne faisait pas de sens…»

«Alors… C'est pour cela que vous en êtes venu à cette conclusion et que vous avez décidé de me confier l'épée?»

«Oui… mais en réalité… Même à cette époque, je n'avais rien compris… J'étais aveugle, je te connaissais alors si peu…», répondit Sesshomaru d'un ton indéchiffrable. Il se tut, et regarda à l'horizon, comme embarrassé par ses propres pensées.

«Alors… vous vous êtes trompés»

«Oui»

«Je… ne suis pas votre âme sœur…»

«Non…»

«Alors, que suis-je pour vous, Sesshomaru-sama?»

«Tu n'es pas mon âme sœur, tu es plus que cela»

«…P-plus que cela?», s'étrangla Rin. Elle ne comprenait plus rien.

«Oui… C'est étrange… tu as été tant de choses pour moi. D'abord, une compagne de voyage, ensuite mon élève et aussi ma protégée… Ensuite, j'ai cru que tu étais une sorte d'âme sœur…»

«Mais à présent… que suis-je, Sesshomaru-sama?», s'enquit Rin dans un murmure terrifié. Pour une raison qu'elle ignorait, elle craignait tant sa réponse! Ses yeux d'ambre se posèrent sur les siens, Rin n'arrivait pas à lire son expression, mais il la regardait avec une étrange intensité.

«… Rin… je ne suis pas capable de te qualifier, parce que tu es tout à la fois. La compagne. L'élève. La protégée. L'âme sœur. Ma raison de vivre. Tu es ce qui compte le plus pour moi»

Elle sentit des papillons virevolter dans son estomac…

«Vv-vraiment?»

«Oui…» Sesshomaru ferma un instant les yeux et les rouvrit. «Le temps file, je sens mon état empirer… Il ne me reste plus beaucoup de temps… »

Rin le regarda sans bouger, sans respirer, elle ne voulait plus perdre une seule seconde à ses côtés.

«Il y a une dernière chose que je veux que tu saches…»

«Oui?»

Il détacha ses yeux de l'horizon et les dirigea lentement vers les prunelles de la jeune femme.

«Rin… Je t'aime»

La foudre s'abattit sur elle. Une flèche lui transperça le cœur. Elle se sentit glisser, tomber…et tomber encore plus profond au creux d'un précipice sans fin.

Maintes fois, il lui avait exprimé son attachement. En la laissant venir près de lui la nuit tombée, en faisant tout pour la protéger, prendre soin d'elle, en lui susurrant qu'il tenait à elle lorsqu'ils étaient seuls, en la caressant, en l'embrassant, en étant son amant. Mais jamais, au grand jamais, n'avait-elle prévu qu'il lui fasse une telle révélation… Je t'aime… comme dans Aimer, comme dans Amour, un sentiment imprévisible, inconditionnel, incompréhensible…

Un sentiment qu'elle croyait hors de la portée du grand Sesshomaru. Un sentiment qu'elle ne croyait jamais lui être réservé.

Elle n'arrivait plus à se retenir. Elle ferma les yeux : des larmes bouillantes ruisselèrent le long de son visage. Elle sentit une main glacée se poser sur sa joue.

«… Je me sens stupide… stupide de ne pas te l'avoir dit plus tôt. Il a fallu que je perde l'usage de mes jambes et que ma vue s'embrouille pour que je trouve finalement la force de te dire… Je suis désolé…», lui murmura le youkai, qui ne semblait plus avoir la force de parler à haute voix.

Elle rouvrit les yeux et le contempla un instant. Il ne la regardait plus : ses yeux semblaient perdus, ils fixaient quelque chose que Rin ne pouvait voir du monde des vivants. Elle remarqua soudainement à quel point la main posée sur sa joue tremblait. Ça y est, elle était en train de le perdre.

«Rin… J'ai vécu tant d'années avant que tu ne viennes à moi et pourtant, c'est toi qui m'a appris ce qu'était la compassion, le chagrin… l'amour… Je t'en remercie… ». Il ferma les yeux.

«Non, Sesshomaru-sama, NE DITES PAS ÇA!», supplia Rin, en se jetant dans ses bras, pour se blottir tout contre lui.

«Ne partez pas, Sesshomaru-sama… ne me quittez pas… Je vous promet si vous survivez que-que… Je ferai tout ce que vous voudrez! Je n'irai pas avec les humains, je vais rester avec vous s'il le faut, même si je dois vivre sous le même toit que votre épouse et servir ses enfants! Je m'en fiche… je ne veux plus vous quittez, Sesshoma-ma-ru-sama, ne me quittez pas!», marmonna Rin en s'étranglant dans ses sanglots. Il la prit lui aussi dans ses bras, avec le peu de force qui lui restait.

«Rin… tu sais bien que si c'était à moi d'en décider… jamais je ne t'abandonnerais…», chuchota Sesshomaru. «Rin… je ne te vois plus… mais laisse-moi au moins t'embrasser une dernière fois…», dit-il en chassant les larmes qui coulaient sur les joues de sa dulcinée.

Rin balaya le reste de ses pleurs avec sa manche, et posa ses lèvres sur les siennes. Malgré l'agonie qui le rongeait depuis plusieurs heures, ses lèvres étaient toujours les mêmes, douces, tièdes, réconfortantes. La main qui était sur la joue de la jeune femme alla se poser derrière sa tête pour la rapprocher encore davantage de lui, pour approfondir son baiser une dernière fois. Même avec sa vie qui ne tenait qu'à un fil, il était capable de la faire grimper sur un petit nuage avec lui, loin des ennuis, de la peine, de l'horreur.

Mais le moment ne pouvait pas durer.

Rin sentit la main dans ses cheveux glisser doucement le long de son dos pour se poser sur le sol. Le baiser se rompit, mais Rin ne s'éloigna pas. Elle sentit la respiration de Sesshomaru contre son cou : faible, rapide, irrégulière. Elle prit la main qui s'était échouée sur le sol dans la sienne, et la serra très fort.

C'était la fin.

«Rin…rappelle-toi…», chuchota-t-il entre deux respires. «… Je t'aime… »

Il se tut.

Rin sentit tous ses membres se mettre à trembler violemment, son cœur battre à tout rompre, menaçant d'exploser dans sa poitrine.

«Sesshomaru-sama? Sesshomaru-sama?»

Pas de réponse. Elle tourna la tête pour que sa joue soit face à la bouche du youkai, dans l'espoir de sentir sa respiration.

Mais elle ne sentait que le néant. Il n'était plus.

«Oh non. OH-non. Oh non oh non oh non… Tenseiga… où est Tenseiga?»

Elle chercha à tâtons autour d'elle, mais elle ne voyait rien, elle était aveuglée par la panique qui l'envahissait. Elle la trouva finalement. Elle se trouva stupide, elle était droit devant elle, posée à côté du défunt. Elle la prit de ses mains tremblotantes et la sortit de son fourreau.

Elle se rappela les propos de Sesshomaru, quand elle était petite. Elle savait que la lame permettait de voir les gardiens de la mort rôder autour du corps…

Elle se leva et tendit la lame vers Sesshomaru. Sa vue s'embrouilla.

«Tenseiga… s'il te plaît…», murmura-t-elle.

Non… il n'y avait rien… Elle ne voyait rien du tout…

«TENSEIGA! JE T'ORDONNE DE M'AIDER! SI TU NE M'AIDES PAS, JAMAIS PLUS TE NE SERAS UTILE, TU COMPRENDS?», s'énerva-t-elle.

Mais la lame resta sourde à ses prières.

«Non non NON! Il doit y avoir un moyen!», paniqua Rin.

Oui, il y avait un dernier espoir.

«Inu-Yasha…INU-YASHAAAA!», cria-t-elle dans son désespoir.

Le hanyou quitta les autres et bondit vers elle, l'air inquiet.

«Rin!»

Il vit le corps. Il vit Rin pleurer. Il comprit.

«Inu-Yasha… Je n'arrive pas à utiliser Tenseiga… Toi …essaie! Tu es son frère… peut-être que ça fonctionnera!»

Le hanyou ravala sa salive. Il prit la lame des mains de Rin.

«Qu'est-ce que je dois faire?»

«Tu es supposé voir des créatures qui rôdent autour de Sesshomaru… »

Le hanyou resta un moment immobile, aux aguets, la lame prête à attaquer…

Rin fixa Inu-Yasha… Il était immobile tel une statue.

Ses mains se mirent à trembler, il baissa l'arme, le désespoir envahit ses yeux, il se tourna vers elle.

«Je suis désolé… Rin»

Les yeux de la jeune femme se vidèrent de toute leur vie, tel un cadavre qui tenait toujours sur ses pieds.

«Non… C'est pas vrai… non, non… non non non non…»

«Je suis désolé… Je-je j'ai vécu la même chose… Je sais ce que tu ressens… »

Rin tomba à genoux et éclata en sanglots. C'était la fin, la vraie. Tenseiga n'avait pas fonctionné. Sesshomaru n'était plus. Il n'était plus. Il était mort… mort de ses propres mains! Rien ne pourrait plus jamais ranimer Rin… Si lui était mort, elle ne pouvait pas vivre, elle ne pouvait plus.

Elle sentit quelqu'un la prendre dans ses bras : elle ouvrit les yeux : Inu-Yasha. Il la serrait fort, prit lui aussi de désespoir, il venait de perdre son frère.

Ils restèrent un long moment, à pleurer en silence… la mort de celui qui ne pouvait pas… NE DEVAIT PAS mourir.

«MERDE! Sesshomaru… pourquoi?», s'énerva le hanyou. Il se tut. Rin eut l'impression que lui aussi pleurait.

Elle avait su toujours que malgré les apparences, Sesshomaru et Inu-Yasha restaient frères : leur haine réciproque n'était qu'un façade camouflant une relation plus complexe.

Qu'importe… Inu-Yasha allait survivre, il était fort, contrairement à elle… maigrichonne humaine qui avait été suffisamment stupide pour poignarder Sesshomaru avec une lame qui devait lui signifier tout ce qu'il ressentait pour elle.

Rin savait qu'elle ne pourrait jamais honorer la dernière volonté de Sesshomaru, jamais elle ne réussirait à se pardonner une telle erreur. Lorsque ses cauchemars étaient devenus plus nettes, lorsque ses cauchemars lui indiquaient clairement que Shiraha allait tuer Sesshomaru, elle aurait dû simplement remettre le Shikon no tama à Inu-Yasha, et déserter le groupe. Courir le plus loin qu'elle le pouvait, comme une possédée et balancer la lame maudite dans un précipice. Oui… c'est ce qu'elle aurait dû faire… Elle aurait dû l'abandonner et détruire son héritage familial pour le protéger… Mais non… elle n'avait pas su lire entre les lignes… elle avait lamentablement échoué…

Rin sentit quelque chose trembler près d'elle, mais elle n'y porta guerre attention, le monde pouvait s'écrouler sous ses pieds… elle s'en fichait complètement. Tant mieux si elle pouvait mourir une fois pour toute, pour ne plus supporter cette douleur indescriptible, inqualifiable…

Inu-Yasha leva la tête, il avait cette nette impression d'avoir entendu quelque chose, mais il ne savait quoi… un sifflement… non… cela ressemblait à une palpitation, comme en faisait parfois Tetsusaiga, lors d'une attaque spéciale, un bruit étrange, un bruit… mystique?

Il jeta un œil à Rin, elle pleurait toujours dans ses bras, aveugles à ses préoccupations. Il regarda autour de lui… incertain… Il jeta un œil sur Tenseiga, dans l'espoir que… Non… le bruit ne venait pas de la lame…

«Rin… d'où vient ce bruit… »

«… Comment pourrais-je le savoir?», murmura Rin entre deux sanglots, complètement désintéressée.

«Alors, tu l'entends toi-aussi?»

Rin sentit soudain une palpitation, nette, puissante, qui résonnait contre son flanc. Elle s'éloigna d'Inu-Yasha et y jeta un œil.

Rien, tout semblait normal et pourtant.

Rin sursauta, une autre palpitation! Rin vit nettement d'où cela provenait.

«C'est… Shiraha?»

«Rin, sors-la de son fourreau, vite!», s'énerva Inu-Yasha.

La jeune femme dégaina la lame et la contempla avec curiosité. La vibration reprit de plus belle, un sifflement pénétra l'air… comme si la lame s'apprêtait à prendre la parole.

«Mais qu'est-ce que… » La vibration, complètement aléatoire, se dirigea lentement vers la droite, et ensuite, un peu vers le bas… Rin suivit les mouvements de la lame… Shiraha pointait maintenant Sesshomaru.

«Ça alors…», murmura Rin, qui ne comprenait rien du tout.

«Non… c'est pas vrai. Ne me dit pas que… »

L'air dans les poumons de Rin s'enfuit en catimini, elle avait le souffle coupé, la bouche entrouverte, les yeux écarquillés.

«Rin, qu'est-ce qui se passe?», s'enquit Inu-Yasha.

«Inu-Yasha… On dirait qu'il y a des espèces de youkais charognards sur Sesshomaru.

Le hanyou tourna sa tête vers le youkai, mais il ne vit rien du tout, il écarquilla tout de même les yeux. La vérité venait de le frapper.

«Rin, C'EST EUX! CE SONT LES GARDIENS DE LA MORT!»

Le sang de Rin se glaça. Mais bien sûr!

«Non… ce n'est pas possible!»

«Il n'y a qu'une façon de savoir! Tue-les Rin! Tue-les tous!», lui ordonna Inu-Yasha, pris d'un élan d'espoir.

Rin s'élança vers les bêtes et les trancha voracement avec la lame. PAS QUESTION que ces sales créatures traînent Sesshomaru vers l'au-delà!

Les créatures ne montrèrent aucune résistance et se transformèrent en une vapeur évanescente. Sesshomaru était de nouveau tranquille. La lame se calma.

Rin laissa Shiraha tomber sur le sol et se jeta sur lui. Elle sentait la vie revenir en elle.

«Sesshomaru-sama? SESSHOMARU-SAMA!»

Le corps resta inerte. Rin sentit son espoir s'échapper de son cœur de nouveau. Elle sera Sesshomaru contre elle.

Sesshomaru-sama… je les ai tué… pitié… », pleura Rin.

Inu-Yasha regarda la scène, immobile comme la pierre. Son désespoir n'était pas aussi rapide que Rin, ses sens étaient plus aiguisés qu'elle… et il avait justement la drôle d'impression que…

Douleur.

Sesshomaru sentit un horrible brûlement envahir sa poitrine, ses poumons, son corps tout entier.

Ses yeux s'ouvrirent subitement. Même la lumière du jour brûlait ses iris. Il les referma aussitôt.

Un vague de toux violente força ses poumons à chasser l'air vicié qui s'y était installé. La toux était horrible, incessante, le malmenait horriblement.

Hébétée, Rin rompit l'étreinte et le regarda, sans assimiler, ni comprendre ce qui était en train de se passer.

Sesshomaru s'était allongé sur le côté et recroquevillé sur lui-même, les mains sur son ventre, à exorciser elle ne savait trop quoi.

Elle se tourna vers Inu-Yasha, pour lui montrer ses deux grands yeux noisette, écarquillés en deux cercles parfaits.

Le hanyou lui sourit.

Elle se tourna de nouveau vers Sesshomaru. Il toussait, il souffrait… il vivait. Sa toux cessa. Il posa ses mains sur le sol, pour l'aider à s'asseoir. Il regarda autour de lui, l'air absent, les traits tirés, à essayer de comprendre ce qui s'était passé. Il remarqua finalement Rin, à genoux, non loin de lui.

Il resta silencieux. Elle aussi. Ses yeux d'ambre se dirigèrent inconsciemment sur les lèvres de la jeune femme : elles tremblaient.

«Alors… Tenseiga a fonctionné?», s'enquit-il d'une voix rauque.

Rin sentit la douleur envahir ses yeux. Elle avait trop pleuré aujourd'hui. Et comme pour la torturer davantage, elle sentit de nouveau ses yeux s'emplir d'eau.

Une fois de plus, elle allait pleurer. Non pas de peine… mais de joie.

Elle s'élança violemment sur Sesshomaru et le serra fort contre elle. Il la sentit sangloter contre son épaule.

«Sesshomaru-sama, Sesshomaru-sama! Vous êtes vivants… Je n'arrive pas à y croire… j'avais perdu tout espoir! Tenseiga ne m'a pas écouté, ni Inu-Yasha!»

«Rin… », murmura Sesshomaru. «Comment as-tu fait?»

Elle rompit l'étreinte pour le regarder droit dans les yeux. Elle posa ses deux mains sur les joues du youkai, elle le regarda d'une façon presque démente.

«Shiraha… Shiraha vous a sauvé… »

Il fronça les sourcils, apparemment surpris, mais ses pensées furent rapidement interrompues par les lèvres de Rin qui se posèrent sur les siennes, suppliantes, désespérées, aimantes. Il serra Rin dans ses bras, et prit possession des lèvres qui s'offraient à lui, évacuant toute pensée rationnelle de son esprit.

Il ne comprenait rien, mais ne voulait pas comprendre. L'important, c'est qu'il était en vie. Le poison avait évacué ses veines, ses jambes bougeaient de nouveau, sa vue était claire et limpide.

Il n'était plus une loque agonisante, il respirait, il vivait, il aimait de nouveau.

Rin… à la fois son bourreau et sa planche de salut… elle lui avait rendue la monnaie de sa pièce, elle l'avait sauvé.

Il l'embrassa avec passion, avec fougue, comme s'il l'embrassait à la fois pour la première et la dernière fois, comme si c'était sa dernière chance de lui manifester tout l'amour qui secouait son cœur et qu'il avait eu tant de difficulté à exprimer.

Ce que ni lui, ni Rin, ne savaient, c'est que le bruit de sa toux et l'exclamation de joie de la jeune femme avaient inévitablement attirés le reste du groupe, incapable de préserver une seconde de plus l'intimité du youkai et de son humaine. Nozomi fut la première à arriver.

«Il est vivant?», s'enquit-elle. Elle vit le spectacle et se tourna tout de suite vers Inu-Yasha. « Il est vivant!»

«Oui il l'est!», répondit-il, tout content. Trépignant de joie, la jeune youkai s'élança dans les bras du hanyou. Le hanyou n'osa pas retourner l'étreinte et la regarda plutôt d'un air hébété.

«Ça alors…», murmura Kireru avec un sourire narquois en observant le maître. «On dirait qu'il a drôlement bien recouvré la santé!»

«Qu-quoi? Non mais… Ils sont ensembles?», s'énerva Koga en regardant le youkai avec jalousie.

«Triple andouille…», murmura Tatsumaki. Elle tourna la tête. «Pas question que je regarde ça!»

«SESSHOMARU-SAMA! SESSHOMARU-SAMA, VOUS ÊTES EN VIE!», hurla Jaken de soulagement en s'élançant vers son maître. Mais remarquant soudainement qu'il était occupé, il se rétracta, et écarquilla les yeux. Bon… il avait ses soupçons… mais il ne les avait jamais pris de cette façon en flagrant délit… Il fit volte-face, et clopina dans la direction opposée.

Décidément… Suzerains et vassaux n'avaient plus de secrets.

FIN DE CHAPITRE

Non… sérieusement… Je ne pouvais PAS tuer Sesshomaru… je ne l'aurais pas supporté… Simplement écrire sa fausse mort a failli me tuer -_-

Bon, place à mes réponses à vos commentaires pour les chapitres 20 et 21!

Lalolyen d'Eryn Vorn : Holà Lalolyen ^^ un méga roman que tu m'as laissé cette fois! Ouais j'avoue que la description de Tsukiyama était fortement inspirée de la faucheuse… ou du méchant dans la série de films Frisson XD Qu'importe, fallait que ça symbolise un peu la mort! Je trouvais que c'était un peu plus gracieux qu'un look de zombie… Je ne me faisais pas trop à l'idée de Sessho et Rin qui butent des zombies à la tronçonneuse :P

Je m'étais dit que tu allais aimé la passe avec Tatsumaki dans le chapitre 21 :). Et oui, le crêpage de chignon entre elle et Rin est une belle démonstration de leur relation contradictoire, après tout, on dit qu'entre l'amour et la haine… il n'y a qu'un pas :P Haha… je n'avais encore jamais vu de parallèle avec Jack Sparrow, mais maintenant que tu le mentionne… il y a peut-être quelques similitudes, oui :D Pirattes des Caraibes, sors de ce corps! XD

Pour ce qui est du « Ferme-là et essaie », je trouvais que ça cadrait mieux dans la bouche d'Inu-Yasha, j'imaginait mieux sa voix rauque et chiante le dire. Sesshomaru aurait jamais osé être aussi impoli avec sa belle Rin :P Non non en effet, Sessho pouvait pas mourir ainsi… de toute façon, même si je l'aurais voulu… ce n'était pas possible (surtout si je souhaite éviter que mes lectrices se cotisent pour payer un tueur à gage o_O)

Heureuse de savoir que tu as beaucoup apprécié le dernier chapitre ^^ Je dois avouer que je l'ai trouvé un peu chiant à écrire… surtout les scènes de combats au début (je suis pourrie pour les descriptions de scène de combat, ça prend toute la puissance de ma matière grise pour arriver à quelque chose de lisable X( Par contre, les répliques (genre Tatsumaki vs Rin) furent une gâterie parmi les scènes de combat si difficile à décrire. Le 21 fut beaucoup plus facile à pondre, heureusement ^^ Merci pour tes commentaires en temps réel, et à la prochaine :D

Serleena : Bonjour Serleena :) En effet… Rin et Tatsumaki étaient tombées sur le top méchant au chapitre 20, et en effet tu avais raison de douter de ma parole, quand j'ai essayé de tous vous convaincre que j'allais tuer Sesshy, perspicace tu es ^^ Heureuse de voir que tu as aimé les scènes d'action et tous les tralala du chapitre 21, plusieurs scènes étaient plutôt complexes à écrire! Merci pour ta review et à bientôt je l'espère ^^

Anae : Salut Anae :)Haha…oui pour la fin du chapitre 20, au début j'avais fait deux gros paragraphes (un avec Sesshy et Inu-Yasha et l'autre avec Rin et Tatsumaki) mais après mûres réflexions, je me suis dit que de séparer le tout en mini-scènes permettraient de rythmer le tout, heureuse de voir que tu as aimé (j'avoue que c'était un peu mélangeant faire le ménage dans tous les mini-passages à la fin ^^

Oui, je sais, j'ai tendance à être cruelles avec mes fins de chapitre, mais pour une fois j'ai pas été trop méchante pour le chapitre 22, j'essaie de me racheter une fois de temps en temps ^^ En revanche, c'est vrai qu'au dernier chapitre (et dans l'actuel aussi -_-), je suis plutôt cruelle avec Rin (surtout quand son pire cauchemar devient réalité), l'auteure cruelle avait une brève envie de tragédie… mais heureusement ça se termine bien ( l'inverse aurait été trop moche!), moi-aussi, mon côté fleur bleue est plutôt prononcée :D Merci pour ton comm et à la prochaine! :)

Cynthia: Et oui… une quinzaine de chapitre plus tard on sait FINALEMENT qui sont les vilains qui ont fait du mal à Rin, je crois que tu avais hâte de savoir (quoiqu'il n'y avait plus beaucoup de surprise arrivé au chapitre actuel, je pense que c'était rendu quand même assez évident) ^^ En effet, la fic achève, mais en même temps, il reste encore plusieurs chapitres, puisqu'il y a encore plusieurs trucs à élucider) En effet, Sesshy aurait PU mourir, mais je n'ai pas osé…tant pour ma sécurité que parce que j'aurais eu de terribles remords (tuer genre LE personne que tout le monde aime, c'est pas vendeur o_O), je voulais simplement vous faire une sale frousse :P (côté cruel qui ressort encore une fois) Pour ce qui est du titre de la fic (on a presque tendance à l'oublier ^^') je m'abstiens de commentaire, la réponse viendra très bientôt P Allez, merci encore et à la prochaine ^^

Vendy : Coucou, bientôt dans la communauté des commentatrices :P Heureuse de savoir que tu apprécies la façon dont je me force à faire ressentir quelques petits sentiments à notre Sesshy ^^ Je dois avouer que moi-aussi, j'ai versé quelques larmes en écrivant la partie sur Inu-Yasha et Kagome, côté sensible oblige, fallait bien leur consacrer un petit encart dans cette méga saga où ils sont presque des figurants. J'espère ne pas t'avoir trop fait souffrir avec le titre du présent chapitre, quelques passages sont pénibles, mais ce qui compte, cest que ça se termine bien ^^' (j'avoue que la scène ou Sesshy et Rin attendait la mort fut à peu près aussi difficile à écrire que celle de Kagome et d'Inu, je suis trop sensible je pense ^^ Merci pour tes commentaires :)

Kagome 78 : Ahhh la botteuse de fesses professionnelles et de retour :) Bon c'est vrai, la fin du chapitre 21 était vraiment cruelle, je dois l'avouer, mais en même temps, les commentaires très nombreux/rapides/affolés m'ont motivé à écrire la suite plus rapidement que d'habitude ^^ Sinon, je suis impressionnée de voir que tu continues à suivre ma fic malgré le fait que tu es au Portugal (moi à ta place, j'aurais largué l'ordinateur par-dessus bord, touriste enragée je suis ^^), je vais prendre le tout comme un compliment! Sérieusement, ne t'empêche pas de profiter de vacances à cause de ma fic, mais bon… c'est vrai qu'il m'est arrivé aussi d'avoir des vacances emmerdantes par le passé, je peux comprendre :P

Marion : Voilà la suite! J'espère que tu as aimé et merci pour ton passage :)