A/N : Je m'excuse pour ce long délai, vous devez sans doute savoir ce que représente l'arrivée du mois de septembre pour la plupart des travailleurs -_-' Mais il y a aussi que ce chapitre est plutôt long (l'art de la brièveté, ce n'est vraiment pas mon fort!)
Merci pour votre éternel support :) Pour ceux qui se posaient la question, il reste encore quelques péripéties avant la fin…quelques mystères à élucider avant de boucler la boucle. Toutefois, si l'action était ultra-présente dans les derniers chapitres…là on tombe dans un autre registre…Enfin…vous verrez!
Dans le dernier tier du chapitre, il y a une scène inspirée du film Before Sunrise (je connais pas le nom en français, désolé ^^') Au passage, je recommande fortement ce long-métrage, même s'il date un peu (et sa suite : Before Sunset) à tous les inconditionnels de romance, ces petits bijoux m'ont vraiment inspiré! Bon…j'ai écris le dernier tiers en écoutant l'album de James Blunt, Back to Beldam…une chanson en particulier… pour ceux qui savent laquelle, vous comprendrez :')
Allez trêves de bavardage! Lisez donc ;)
23 : Les étoiles filantes
Le soleil puissant, la neige fondante, l'éveil graduel d'une végétation dormante sont habituellement synonymes de réjouissance pour le commun des mortels. Ce sont les signes que l'hiver tire à sa fin, d'un printemps encore à ses premiers balbutiements …d'une nouvelle saison qui ne fait que débuter sa parade de surprises colorées.
Oui…c'était le plaisir du commun des mortels…Rin en était la démonstration parfaite. Elle ne cessait de chantonner, de sautiller et de plaisanter comme une gamine. Rin rayonnait, resplendissait à un point tel qu'on pouvait aisément la confondre avec une fée du printemps.
Évidemment… commun des mortels EXCLU commun des « immortels ».
Sesshomaru frotta nonchalamment ses yeux avec le dos de sa main, une mauvaise habitude qu'il avait depuis quelques jours. Tous ces stimuli l'énervaient au plus haut point. Il ne savait franchement pas pourquoi…le printemps n'avait auparavant jamais suscité de réaction négative chez lui.
Certes, il attribuait ses souffrances à l'éveil de la nouvelle saison qui titillait ses sens trop aiguisés…mais dans les faits, ses symptômes coïncidaient aussi avec sa…résurrection. Depuis que Rin l'avait tiré du gouffre avec Shiraha…il ne sentait plus le même.
Le soleil, les bruits et toutes les odeurs l'énervaient. Même la timide chaleur printanière était devenue pour lui synonyme de canicule. C'est sans compter l'horrible mal de tête qui lui martelait le crâne. Et surtout…SURTOUT…
La fatigue…L'HORRIBLE fatigue. Il ne préférait même pas y penser.
Bien sûr, son état d'épuisement ne se comparait en rien à ce qu'il avait dû subir après son empoisonnement dans la crypte de Tsukiyama. Il se déplaçait maintenant sans problème et n'aurait sans doute aucune difficulté à se battre s'il avait rencontré des ennemis…Mais malgré tout, ses déplacements restaient laborieux. Il avait mal aux pieds, aux muscles, aux articulations. Il avait l'impression d'être courbaturé de partout, comme un vieillard humain. Une lassitude pesante l'empêchait de partager le même enthousiasme que ses compagnons.
Rin jeta un œil inquiet à Sesshomaru. Depuis qu'ils avaient débuté leur escale pour se rendre au château des Terres du Nord, lieu où Tsukiyama devait officiellement annoncer sa capitulation à ses troupes, Sesshomaru avait un drôle de comportement. Contrairement à son habitude, il fermait la marche, comme pour camoufler le fait qu'il se traînait les pieds. Il arborait toujours le même flegme, mais Rin pouvait jurer qu'elle avait vu de timides cernes sous les yeux du youkai.
«Toi-aussi t'as remarqué?», s'enquit discrètement Inu-Yasha, en lançant un regard à la jeune femme.
«Qu'est-ce qu'il a…à ton avis?», souffla Rin d'une voix anxieuse.
«Bah…j'sais pas…En ce moment, il me fait un peu penser à Miroku quand il est lendemain de veille», répondit Inu-Yasha avec un sourire en coin.
«Ce n'est pas drôle, Inu-Yasha!»
«Bah…si ça t'énerve à ce point, pourquoi ne pas aller lui demander?»
«Tu sais bien qu'il n'oserait jamais admettre…»
«Qu'il est claqué? Ouais…je sais…son putain d'orgueil…», rétorqua le hanyou avec une mine renfrognée. «Mais tu sais…C'est peut-être normal tout ça...il faut pas oublier qu'à pareille heure, hier…Il était mort!»
«Tu crois que ce qui est arrivé hier aurait pu lui laisser des séquelles?»
«Merde! C'est évident! Tu l'as arraché d'entre les morts, donne-lui quelques jours, après on verra!»
«Hmm…tu as peut-être raison…»
Rin regarda Sesshomaru au loin. Elle n'osait pas aller le voir directement. Franchement, elle avait encore de la difficulté à se remettre du fait que tout le groupe l'avait vu embrasser le youkai! Ça avait été incroyablement embarrassant…
Rin soupira…Elle n'avait pas dit son dernier mot…Elle avait bien l'intention de s'assurer qu'il allait bien… Elle le confronterait lorsqu'ils se retrouveraient seul à seul!
Elle se plongea ensuite dans une profonde réflexion. Elle essaya de se rappeler les deux moments où elle était revenue à la vie…Avait-elle subie de pareils symptômes?
…
«Alors nous y sommes…Bienvenue dans mon château!», s'exclama Tsukiyama. «Enfin…plus pour très longtemps…Disons plutôt… le château qui appartient au maître du Nord…»
Un immense castel aux pierres étincelantes s'exhibait fièrement devant eux. Les pierres probablement blanchies par la chaux, rappelait le froid et la glace qui couvre les Terres du Nord la plus grande partie de l'année. Plusieurs tas de neige ça et là rappelaient d'ailleurs la proéminence de froid, qui n'avait pas encore cédé toute sa place au soleil.
«Whoa…si je serais à la place de Sesshomaru, je crois que je serais verte de jalousie!», se pâma Tatsumaki en regardant le palais. «Merde…Tsukiyama…tu n'as même pas de regrets à l'idée de devoir quitter tout ça?»
«Je sais reconnaître une défaite», lança la féline avec une amertume qu'elle tentait en vain de camoufler. «De toute façon…cela faisait déjà un bout de temps que je ne profitais plus de cet endroit»
«Mais quand même…»
«Pourquoi attacher une telle importance à des biens matériels, Tatsumaki?», rétorqua la féline. «Certes, c'est spacieux, mais ce n'est que quelques murs de pierres…et franchement, ce lieux risque seulement de me rappeler de mauvais souvenirs…»
«…Vous rappeler le moment où on vous a jeté un sort?», s'enquit Rin.
«Entre autre…», souffla la féline avec stoïcisme.
«Moi j'oublierais tout ça très rapidement en retrouvant le confort du lit royal ou du trône!», commenta Tatsumaki, qui souhaitait probablement tourner le fer dans la plaie.
Tsukiyama et Sesshomaru lancèrent à l'unisson un regard dédaigneux à la youkai. Rin lança un regard à Inu-Yasha : tous deux échangèrent des sourires narquois. Le franc parlé de la démone du vent semblait en déranger plus d'un.
Dès l'arrivée du groupe, les immenses portes du château s'ouvrirent. Deux gardes plutôt hébétés en sortirent.
«Tsukiyama…reine Tsukiyama? Vous êtes de retour!», s'exclama l'un d'eux, en jetant un œil méfiant à Sesshomaru.
«Vous êtes libérés de votre malédiction?», s'enquit l'autre avec surprise.
«Gardes…Désormais, je ne suis plus votre reine», annonça la féline d'un air grave. «En revanche, je devrai régler plusieurs questions administratives avant que ce changement soit effectifs. Rassemblez les autres dans les quartiers généraux…»
«Hai!», lancèrent-ils à l'unisson.
…
Rin marcha dans la cour intérieure du castel. Elle accompagnait Sesshomaru. Tous les autres s'étaient dispersés. Quelques-uns sont allés assistés à l'annonce de Tsukiyama, d'autres ont profité de l'occasion pour se reposer.
Rin avait rapidement visité le château et contemplé les chambres d'invités avec envie. Elle aurait voulu faire un somme —un tout petit!— dans l'une des chambres, les matelas et les couvertures l'avaient naturellement attirés. Après tout, la jeune femme pouvait compter sur le bout de ses doigts le nombre de fois qu'elle avait pu dormir dans ces havres de paix au cours des dernières années. Mais elle avait d'autres priorités. Elle devait suivre Sesshomaru afin de s'assurer qu'il prenne du repos. Aux yeux de la jeune femme, c'était le seul moyen de le délivrer des souffrances qui le tourmentaient, peu importe leur nature. s
Elle le suivait donc, sans poser de question, dans son exploration du château. Elle tourna la tête vers lui, il semblait plongé dans une réflexion plutôt complexe. Peut-être réfléchissait-il à l'avenir des terres du Nord. Il avait ordonné l'exil de Tsukiyama, vu le dommage qu'elle a causé à l'Ouest. Il aurait été mal vu de la condamner à mort, étant donné qu'elle leur avait prêté mains fortes et qu'ils seraient probablement tous morts —engloutis par le puit d'ombre— sans sa contribution.
Toutefois, cela signifiait qu'il devait trouver un nouveau seigneur pour la remplacer. Rin se doutait que le Nord n'intéressait pas Sesshomaru, il avait des visées expansionnistes toute autre.
Bref, Sesshomaru devait trouver un chef, qui accepterait de ne pas remettre en cause son autorité sur l'Ouest. Quelqu'un qui pourrait veiller jalousement au maintient de la paix et de l'équilibre des puissances.
Rin savait que ces réflexions étaient d'une grande importance. Mais elle savait aussi que Sesshomaru était sans doute trop épuisé pour prendre une décision véritablement éclairée, elle devait trouver un moyen de le forcer à une trêve…aussi brève soit-elle. Elle se racla la gorge.
«Sesshomaru-sama?», s'enquit-elle innocemment
«Qu'est-ce qu'il y a, Rin?», répondit-il d'un air absent.
«Est-il essentiel de se promener de cette façon?», l'interrogea Rin en s'immobilisant.
«Tu n'as pas à me suivre, si tel n'est pas ton souhait…», rétorqua Sesshomaru en continuant sa route. Rin fronça les sourcils. Elle ne laisserait pas l'indifférence du youkai triompher!
«…J'ai à vous parler…»
Sesshomaru s'immobilisa et tourna la tête vers elle, mi curieux, mi désintéressé.
«Mais vous voyez, je suis un peu fatiguée…peut-être pouvons-nous nous asseoir?»
Sans plus de commentaire, il abandonna les sentiers de la cour et alla se choir au pied d'un immense pin. Rin le suivit et s'assit tout près de lui.
«…La mission tire à sa fin», observa Rin.
«Certes…mais il reste encore certaines questions à régler», rétorqua-t-il. Sesshomaru n'arrivait plus à camoufler sa lassitude, du moins, pas à Rin. «…Il faudra décider du sort de Negaeri, et de l'avenir de des terres du Nord…»
«Vous ne voulez pas garder ces terres pour vous, maître? Vous pourriez être le Seigneur du Nord-Ouest», répondit la jeune femme avec un sourire en coin. Sesshomaru resta silencieux un instant, comme s'il venait soudainement de remarquer que «maître du Nord-Ouest», sonnait plutôt bien à l'oreille, mais il se ravisa.
«Les Terres du Nord sont grandes, plusieurs vassaux de l'ancien seigneur ont été tués et les terres sont très peu densément peuplées…Il est très difficile d'assurer un règne sur ces Terres, et les bénéfices sont négligeables…»
«C'est bien ce que je croyais…vous n'attachez pas autant d'importance à ces terres qu'aux vôtres…»
«La question ne se pose même pas», rétorqua fermement le youkai. «Je ne sais pas trop ce que je ferais du Nord, j'y viens tout au plus une fois par siècle…et je préfèrerais ne pas avoir à y venir du tout…»
«Moi non plus…Trop de mauvais souvenirs…Quoique…j'aimerais sans doute retourner à Ôkura un de ces jours», répondit Rin avec un sourire en coin. Elle remarqua que le youkai partageait la même réaction.
«…Pour les onsens, peut-être», concéda-t-il. «Mais je doute que tu sollicites mon attention uniquement pour me parler de ce village.»
Rin prit une pause pour trouver les mots justes.
«En fait…j'avais une question à vous poser…»
Le youkai tourna la tête vers elle.
«…Est-ce que…vous allez bien? Je veux dire…Vous avez l'air fatigué…»
Sesshomaru fronça les sourcils et détourna le regard. «Je vais très bien Rin…je suis en vie…», rétorqua-t-il froidement.
«Vous savez…Je me suis rappelé d'une chose. Quand j'étais petite, les deux fois où je suis revenue à la vie, j'ai ressentie une grande fatigue les jours suivants. Vous ne vous souvenez pas?»
«Quand nous sommes revenue du monde des morts …Je me souviens que tu avais dormie sur Ah-Un…»
«En effet…Vous avez sans doute le même problème que j'ai eu, aussi surprenant que cela puisse paraître…»
«Humains ou youkais, nous sommes tous égaux devant la mort…», observa Sesshomaru avec amertume. «Humains ou youkais…nous ne sommes pas faits pour renaître de nos cendres…J'imagine que cette expérience requiert beaucoup d'énergie…»
«Enfin…je voulais simplement vous dire que le repos en sans doute la meilleure solution…»
«Hmph…ai-je vraiment le temps de prendre congé, à ton avis?»
Les yeux d'ambre du youkai se tournèrent soudainement vers l'horizon. Des personnes approchaient.
«Non mais…je n'arrive toujours pas à croire que j'étais sur leur liste de suspects!»
«Il n'y a rien de surprenant à cela Nozomi…Rin a été victime d'empoisonnement…Ils ont simplement soupçonné les trois seules personnes qui auraient été capable de glisser du poison dans sa nourriture…»
«Je n'en reviens toujours pas! Negaeri nous avait dit que c'était des fines herbes. Je n'aurais jamais cru que…Non mais…je suis sûre que tu le savais! Pourquoi tu ne me l'a pas dit?»
«Ahaha…Même moi je ne savais pas que c'était elle! Je soupçonnait Natsumi…Je n'ai jamais aimé son odeur perfide!»
«Parlant de son odeur…»
Nozomi se tut en apercevant Sesshomaru et Rin, tous deux assis au pied d'un arbre.
«Oh! Sesshomaru, Rin! On se demandait justement où vous étiez cachés!», s'exclama-t-elle avec un sourire en coin.
«Tsukiyama a terminé son annonce», lança Kireru, pour minimiser le malaise que le commentaire de Nozomi s'apprêtait à susciter.
«Quelle fut la réaction de ses troupes?», questionna Sesshomaru.
«Oh, c'est difficile à savoir, c'était très partagé. Dans tous les cas, la déception n'était pas très grande…j'avais même l'impression que plusieurs s'en réjouissaient. Je crois que les temps ont été difficiles sur les Terres du Nord», observa Kireru.
«Il n'y avait pas beaucoup de gens!», s'exclama Nozomi. «On dirait que la majorité sont soit déjà morts ou ils ont déjà désertés. C'est comme s'ils s'attendaient à cette défaite. J'ai entendu des domestiques dire qu'elles étaient soulagées et après, elles se sont mis à pester sur le climat des Terres du Nord», renchérit Nozomi.
«Donc…il y a peu de risques d'insurrection…», s'enquit Sesshomaru.
«Le risque est négligeable», répondit Kireru. «Les félins ont l'air de respecter Tsukiyama…je ne crois pas qu'ils remettent en question ses ordres de quitter les Terres…»
«Ils la suivent les yeux fermés», lança Nozomi avec ce qui ressemblait drôlement à du dédain. «Pourtant, elle n'est pas si brillante! Elle s'est fiée à Natsumi»
«En effet…cette information…est assez surprenante», renchérit Kireru.
«Je n'y crois toujours pas!», s'énerva Nozomi. «C'est NATSUMI qui a convaincue Tsukiyama qu'elle pouvait conquérir les Terres du Nord…»
«Qu-quoi?», s'enquit Rin. «Tsukiyama a dit ça? Je crois que j'ai manqué cette partie!»
«Elle l'a dit peu de temps après la résurrection de Sesshomaru hier. Je crois que tu étais trop occupée à te cacher dans un coin et à te morfondre parce qu'on t'avait prise les mains dans le sac», répondit Nozomi avec un sourire narquois.
«Tsukiyama prétend qu'elle est entrée en guerre contre les Terres du Nord parce que ses conseillers lui ont garanties de grandes chances de réussites. À cette époque, Natsumi faisait partie de son équipe de conseillers personnels, c'est elle, semble-t-il, qui a persuadé les autres du bien-fondé de cette idée…En réalité, c'était plutôt une stratégie pour que Tsukiyama subisse la malédiction de la mort. Natsumi croyait alors se débarrasser de la reine, et prendre sa succession…»
«Succession?», s'enquit Rin, sans trop comprendre.
«Tsukiyama est restée mystérieuse à ce sujet, elle a simplement traité Natsumi de tyrante perfide…Mais il semblerait que Natsumi fasse partie de la famille de Tsukiyama…», répondit Sesshomaru.
«Quoi?», s'interloqua Rin.
«J'avais un doute mais…comment pouvez-vous en être certain?», s'enquit Nozomi.
«Sesshomaru a un flair très fin», expliqua Kireru. «Moi-même j'ai pris beaucoup de temps à le remarquer mais…»
«Natsumi et Tsukiyama ont des odeurs très similaires, elles sont définitivement des affiliations communes», continua Sesshomaru. «Dès que Tsukiyama a été libérée de sa malédiction, j'ai tout de suite remarqué la ressemblance…Étant donné qu'elle n'avait pas de successeur, Natsumi avait flairé l'opportunité de prendre sa place…»
«Mais si elle était de la même famille… pourquoi Tsukiyama n'a-t-elle pas désignée Natsumi comme son héritière?», s'enquit Rin.
«Tsukiyama et Natsumi n'avaient pas une relation très harmonieuse. C'est probablement en partie dû au fait que Natsumi était une hanyou…Tsukiyama semble renier qu'elle a quelconque lien d'affiliation avec elle. C'est donc dire qu'elle refusait de céder ses pouvoirs à Natsumi…qui s'est alors sentie lésée et a voulu se faire justice», expliqua Sesshomaru. «Mais…les choses ne se sont pas produites comme Natsumi l'avait espéré. Tsukiyama s'est accrochée au pouvoir, malgré sa malédiction, et elle a dégradé tous ses conseillers personnels, incluant Natsumi. Mais d'autres haut-placés, notamment Kuchinawa, ont continué de consulter Natsumi secrètement et de lui confier certaines missions. Il est par contre difficile de savoir pourquoi Kuchinawa est resté fidèle à la hanyou. Est-ce parce qu'il n'avait pas compris ce que Natsumi avait essayé de faire? Où est-ce plutôt parce qu'il souhaitait se débarrasser de Tsukiyama et qu'il jugeait que Natsumi était la mieux placée pour l'orienter dans la bonne voix?», pensa Sesshomaru tout haut.
«On ne le saura probablement jamais», continua Kireru. «Quoique…je crois que la deuxième option est plus plausible…»
«Chose certaine…Natsumi était probablement la personne la plus intelligente de ce clan. Elle s'est assurée de servir à la fois nos intérêts et ceux de Tsukiyama pour arriver à ses fins…Son plan a fonctionné de toute pièce…jusqu'à ce que le Shikon no tama lui refuse le droit de faire un souhait. C'est le seul détail qu'elle n'avait prévu, et c'est ce qui l'a conduit vers sa propre perte…», continua Sesshomaru, les sourcils froncés.
«C'est vrai…elle avait tout prévu…même votre assassinat», observa Rin. «Si ça se trouve, ce n'est pas le Shikon no tama qui m'a fait avoir tous ses cauchemars où vous mourriez…»
«Le Shikon no tama ne dispose pas d'une conscience. C'est un objet neutre, qui réagit à son porteur et aux gens qui l'entourent», continua Sesshomaru.
«Alors c'est elle… qui torturé mon esprit! Elle a orchestré l'attaque contre le village d'Inu-Yasha pour me forcer à agir. Elle m'a forcé à me rendre jusqu'à vous, car je croyais pouvoir empêcher plus de morts…et mes cauchemars de devenir réel. Mais tout ça, c'était seulement une stratégie pour que je me lance dans la gueule du loup!», s'indigna Rin.
«En effet…Mais son machiavélisme a ses limites… elle nous a aussi involontairement propulsé vers la victoire», observa Sesshomaru. «Je n'avais pas prévu que la présence d'une miko serait essentiel à notre réussite dans l'antre de Tsukiyama. Si tu n'avais pas répondu à ses manipulations dès le début…nous aurions possiblement …échoué», admit le youkai.
Tous restèrent silencieux. C'était Rin, une humaine, qui avait été la clé de la victoire, soit pour Natsumi ou pour Sesshomaru. C'était une partie de quitte ou double. Sesshomaru fut le gagnant. Mais il y avait aussi autre chose…
«Sesshomaru-sama…vous dites que le Shikon no tama n'a pas de conscience…Mais alors…pourquoi le bijou n'a-t-il pas répondu au souhait de Natsumi?», s'enquit Rin. Sesshomaru resta silencieux un moment avant de répondre.
«Grâce à ta vision de Kagome, tes pouvoirs de miko sont devenus plus forts. Peut-être que la tentative de corruption de Natsumi, lorsque nous battions contre elle, n'avait pas entièrement fonctionné. Peut-être que d'une certaine façon…le Shikon no tama t'es resté loyal…Il ne faut pas oublier que Kagome, lors de la guerre contre Naraku, avait déjà détruit le Shikon no tama…Sa réapparition reste un mystère…Mais chose certaine, cette miko maîtrisait presque à la perfection les subtilités de la perle…»
«Alors, vous croyez que le Shikon no tama a reconnu l'aura de Kagome en moi et a obéi à ma volonté à la place de celle de Natsumi?»
«Natsumi a été horrible de concevoir de telles machinations. Si ça se trouve, elle n'avait tout simplement pas d'âme!», s'exclama Nozomi, les poings serrés. «Raison pour laquelle la perle ne l'a pas écouté!»
Sesshomaru haussa les épaules.
«Difficile de savoir. Les morts ne peuvent pas nous parler d'outre tombe. Certaines parties du mystère resteront enfouies à tout jamais», lança Sesshomaru avec lassitude. «C'est du passé maintenant. Il faut réfléchir à l'avenir»
«En effet…maintenant…vous cherchez sans doute un nouveau maître pour le Nord?», s'enquit Kireru.
«C'est exact», répondit Sesshomaru.
«Allez-vous choisir quelqu'un parmi le groupe?», s'enquit Nozomi.
«Il serait bon ton de le faire. Mais il n'y a que très peu de choix», répondit Sesshomaru. «Avant toute la saga du poison…j'avais prévu demander à Negaeri, car elle est la vassale la plus ancienne et la plus importante hiérarchiquement…Mais…vu les circonstances…»
«Mais il reste tout de même…», commença Rin.
«Je ne suis pas intéressé!», s'exclama Kireru.
«Moi non plus!», continua Nozomi. «J'ai déjà assez de mon propre lopin!»
«Hmph…Tu vois?», lança Sesshomaru en lançant un regard à Rin. «Les Terres du Nord ne sont pas très…populaires…Il faudra sans doute que je fasse un appel à tous mes vassaux, même ceux qui sont restés sur les Terres de l'Ouest, pour trouver la bonne personne…»
«Ça risque d'être beaucoup de travail», lança Kireru. «Mais je suis sûr que vous trouverez…»
Sesshomaru resta silencieux, comme s'il était de nouveau plongé dans une intense réflexion.
«…Bon…je crois qu'on va le laisser travailler…Allez, viens Nozomi», lança Kireru.
«Oh…heu…oui, oui! Tu viens avec nous Rin?», s'enquit Nozomi.
«Heu…non…enfin, je vous rejoindrai un peu plus tard…»
«Ils ont sans doute beaucoup à se dire…allez Nozomi!» lança de nouveau Kireru en poussant doucement Nozomi vers la porte du château.
«Oui oui! À plus tard Sesshomaru-sama et Rin!», s'exclama-t-elle.
Sesshomaru les regarda s'éloigner et il attendit qu'ils soient à une distance suffisamment grande pour poursuivre… Mais Rin fut finalement la première à briser le silence.
«Trouver un nouveau seigneur pour les Terres du Nord vous embête à ce point?», s'enquit Rin spontanément.
«C'est une question complexe Rin…»
«Mais…l'essentiel est de céder la Terre à quelqu'un qui la mérite et qui vous restera fidèle, non?»
Sesshomaru leva un sourcil, il n'arrivait pas à voir où Rin voulait en venir.
«Les personnes qui ont été les plus loyales et qui se sont le plus démarquées par rapport aux autres sont …toi…et… Inu-Yasha», avoua Sesshomaru, qui eut toutes les difficultés du monde à freiner la moue qui s'apprêtait à se former sur son visage à la mention du hanyou…mais il n'avait pas le choix. Inu-Yasha et sa lame se sont avérés très utiles durant leur aventure. Ne pas l'admettre aurait été stupide et infantile.
«Hehe…je doute que moi ou Inu-Yasha soyons réellement les bonnes personnes pour diriger le Nord!…Quoique», répliqua Rin, amusée.
«…Ne pousse pas trop tes considérations, Rin. Ta vie n'est pas assez longue pour que je puisse l'envisager…»
«Heu…Je n'étais pas sérieuse ...»
«De toute façon, c'est une terre qui appartient aux youkais, mettre un humain ou un hanyou en charge serait synonyme de révoltes et d'émeutes…», coupa Sesshomaru.
«Sesshomaru-sama! Je blaguais!», s'exclama Rin, avec les joues qui tournaient au rose.
«…Tu trouve peut-être ça drôle…mais si vous aviez été de la bonne espèce…cela m'aurait évité beaucoup d'ennuis…», rétorqua Sesshomaru.
«Allons allons…il doit bien y avoir quelqu'un d'autre…», lança Rin avec un sourire amusée.
«…Kireru n'a pas de terre : il sert la famille à Nozomi depuis environ deux siècles, il a déjà assisté Inu-Taisho dans d'autres conflits armés. Il aurait été un bon candidat mais…»
«Ce poste ne l'intéresse pas», continua Rin.
«Tu l'as bien vu…Inu-Taisho avait déjà tenté de lui donner une terre afin qu'il soit mieux situé dans la hiérarchie des Terres de l'Ouest, mais là-aussi, Kireru avait refusé. Il n'est pas un homme de pouvoir…»
«Il préfère rester dans l'ombre…»
«En effet…Il n'est pas le seul…Parmi les vassaux du groupe, très peu ont réellement les qualifications et la volonté requises pour une telle responsabilité…»
Rin lança un petit sourire en coin à Sesshomaru.
«…Enfin…il y a peut-être quelqu'un», suggéra la jeune femme timidement.
Sesshomaru se tourna vers elle. Il regarda le sourire de Rin un instant, jusqu'à ce qu'une grimace de dégoût ne détruise son flegme.
«Non…tu ne crois tout de même pas que…»
«Tatsumaki? Pourquoi pas?»
«Il n'en n'est pas question!», s'emporta Sesshomaru, en se tournant furieusement vers l'horizon.
«Mais vous savez, elle m'a beaucoup aidé…»
«Cette youkai est sotte et vulgaire! Mis à part ses talents de guerrières, elle est totalement dépourvue d'atouts! Elle n'a rien de l'étoffe d'un chef!»
«…Toutefois, contrairement à vos multiples suspicions…elle est restée loyale, elle vous a même dit qui m'a empoisonnée avant tout le monde…»
«Elle l'a fait uniquement dans l'espoir que je lui accorde quelconque…privilège en retour… et par crainte de représailles. Elle se savait surveillée, elle n'avait pas droit à l'erreur»
«Peu importe ses raisons, elle a dit la vérité! Certes, elle a été méchante avec moi, et harcelante avec vous…»
«Un horrible pot de colle», renchérit le youkai.
«Il reste que l'essentiel est là. Tatsumaki est puissante ET loyale…elle m'a aidé lorsque nous étions tous les deux seules, dans l'antre de Tsukiyama. Elle m'a même sauvé la vie!»
Sesshomaru lui lança un regard inquisiteur.
«Je ne crois pas qu'on parle de la même…»
« …elle m'a même sauvé plus d'une fois! J'allais tomber dans un précipice, et elle m'a rattrapé juste à temps! Ensuite, quand on s'est retrouvé face à Tsukiyama, elle a accepté de faire une diversion pour me protéger, et ce malgré le fait que c'était très dangereux, elle n'avait même pas ses forces youkais pour se battre!»
Sesshomaru était immobile, c'était sans doute sa façon de signifier qu'il était bouche-bée. «Je ne savais pas qu'elle t'avait sauvée…»
«…Elle l'a fait!…Tatsumaki ne m'aime pas, mais elle a tout de même fait ce qu'il fallait, et ce…tout au long de la mission! Elle nous a tyrannisé, insulté, mais cela ne l'empêche pas d'avoir un très grand sens des responsabilités!»
«Hmph…»
«Alors? Qu'est-ce que vous en dites?», s'enquit Rin.
«…Ton argumentaire se tient…mais je regrette…Je ne peux pas…»
«Pourquoi?»
«…Je ne supporte pas cette youkai de bas étage…Si elle dirigeait les Terres du Nord, j'entrerais probablement en guerre avec elle en moins de deux semaines…»
«Vous croyez? Moi je crois plutôt qu'elle serait si heureuse de son sort qu'elle n'oserait plus jamais vous importuner…»
«Tu fais beaucoup trop de présomption de bonne foi, Rin. Tatsumaki est vile…il est probable qu'elle m'ait révélé le nom de ton bourreau uniquement dans l'espoir de pouvoir prendre la place de Negaeri et devenir la nouvelle Dame du Nord. Je ne crois pas qu'elle ait agi par pur altruisme…»
«…Bon…oublions ça, je ne voulais pas vous importunez!», capitula Rin avec un soupire. Elle en était venue à l'évidence, Sesshomaru ne changerait jamais d'idée au sujet de Tatsumaki!
Ils profitèrent un instant de la quiétude qui les entourait. Seul les clapotis d'un petit ruisseau traversant le jardin brisaient le silence.
«Rin…»
«Oui?»
«Tu as parlé de certaines choses avant ma mort…»
Rin rougit. «Heu…oui…?»
«Je souhaitais savoir…quelle est ta décision?», demanda mystérieusement le youkai. Mais l'humaine n'avait pas besoin de plus de précisions…
«Qu…qu'est-ce que vous en pensez?»
«…Ton choix sera le mien, Rin…»
Rin fixa le sol, se rappelant soudainement ce que signifiait la fin de la mission. «…Je sais que ce serait contrevenir à ce que j'ai dit hier…mais je crois qu'il serait mieux que…»
«Je comprends Rin…Je crois aussi que c'est le meilleur choix…»
«Oui», lança Rin, presque déçue de la réaction du youkai, mais en même temps soulagée qu'il ne lui rende pas les choses plus difficiles. «Alors il faudra bientôt…se dire au revoir…»
Sesshomaru resta silencieux…Rin fit de même, elle ne s'attendait pas à avoir une réponse de toute façon. Ils contemplèrent le soleil couchant.
«On devrait peut-être rentrer…», suggéra Rin. Le vent de l'hiver tardif la faisait frissonner. Sesshomaru l'entoura de ses bras, pour la réchauffer.
«Je crois qu'il y a quelque chose que tu aimerais voir avant…»
«Vraiment? Qu'est-ce que ça peut bien être?»
«Attends…tu verras…»
Rin se tut et profita simplement de l'instant présent. Des étoiles commençaient déjà à apparaître dans le ciel. Sesshomaru cessa de penser à l'héritier des Terres du Nord, sa préoccupation principale était blottie contre lui. Il ne put s'empêcher de penser à la fin qui s'approchait inévitablement.
Autrefois, Sesshomaru n'avait pas compris pourquoi Rin accordait une si grande importance au fait qu'elle était humaine et qu'elle mourrait avant lui. La mort avait toujours laissé Sesshomaru indifférent. Il avait le sentiment que la mort n'était rien de plus…qu'une partie de la vie. La mort était nécessairement brève, brutale, imprévisible, et…ne pouvant la prévoir, il ne pouvait lui accorder qu'une attention limitée. Il savait aussi que la mort cause le désarroi, il savait que la mort de Rin le détruirait…Mais chaque tempête, aussi longue soit-elle, laisse place au beau temps. Pour toutes ces raisons, il n'avait pas trop réfléchi au destin de la jeune femme.
Mais étrangement, depuis que Rin l'avait accidentellement poignardé, il ne voyait plus les choses de la même façon. La mort ne s'était pas présentée sous la forme qu'il avait imaginé. Non…la mort de guerrier qu'il était prêt à affronter n'a jamais eu lieu. À la place, la mort avait été longue, la douleur lancinante, l'agonie…terrifiante. Il avait senti sa force le quitter lentement, ses sens et ses fonctions vitales faire défaut. Il avait du subir un état dégénératif, une agonie cruelle.
Ironiquement, il avait l'impression que Rin lui avait fait goûter aux horreurs d'une vie humaine, lorsqu'elle l'avait blessé avec Shiraha. Certes, certains humains meurent jeunes, rapidement, en héro. Mais d'autres vieillissent, et subissent une agonie interminable. Ce que Sesshomaru avait dû subir en quelques heures…la plupart des humains supportaient bien pire encore. Il pensa à Rin. Comment allait-elle mourir? Étant donné qu'elle était une femme, sa vie allait probablement être longue. Elle aurait peut-être de la chance et mourrait simplement dans son sommeil. Ou peut-être serait-elle gravement malade et souffriraient plusieurs mois. Pire encore, elle pourrait accumuler plusieurs troubles et souffrir plusieurs années, voire décennies?
À présent, il comprenait mieux Rin. Elle savait ce qui l'attendait. Elle savait que les meilleurs moments étaient ici…maintenant. Déjà… dans 15 ans environ…son état allait lentement commencer à décliner, surtout si elle décidait de conserver un mode de vie de guerrière et de nomade. Même si elle acceptait cet état de fait, elle savait que Sesshomaru aurait beaucoup de difficulté à la voir se dégrader aussi rapidement.
Heureusement, ce scénario n'aura jamais lieu… Pour le bien à tous, elle retournera très bientôt avec les siens — pour de bon — et la vie, aussi cruelle soit-elle, retrouvera son cours normal.
Sesshomaru trouva Rin particulièrement brillante. Peu d'humaines seraient capables de faire un choix aussi sage et altruiste. Elle avait fait le choix de le quitter alors qu'elle vivait les plus belles années de sa vie. Telle une artiste prudente, elle se retirait au sommet de sa gloire. C'était sa façon à elle de faire un pied de nez à la mort. Lorsqu'il se souviendrait d'elle…il penserait à Rin, la jeune femme sauvage, la guerrière déterminée, la paysanne au cœur d'or et au sourire envoutant. Il se souviendrait de sa voix cristalline, de sa peau pâle, douce comme une pêche, de son parfum floral, lui rappelant les boutons de rose qui venaient d'éclore. Il se souviendrait du soupir qui s'échappait de ses lèvres à chaque fois qu'il la prenait dans ses bras …ou qu'elle se blottissait contre lui. Il se souviendrait des étoiles qui brillaient dans ses yeux noisette, après une nuit charnelle. Il se rappellerait de tout, dans les moindres détails.
C'était le cadeau que Rin lui faisait. Certes, elle l'abandonnait, mais en échange, elle lui offrait suffisamment de souvenirs pour qu'il puisse être heureux le reste de ses jours.
Ou du moins, c'est ce qu'il souhaitait croire.
Rin tressaillit légèrement, mais Sesshomaru n'eut pas de réaction.
«Une étoile filante!», s'exclama-t-elle d'un souffle. «Est-ce pour cela que vous vouliez rester ici?» Elle tourna la tête vers son compagnon. Elle se tut et un sourire se dessina sur ses lèvres. Sesshomaru s'était assoupi par mégarde. Sa respiration était lente et régulière. Adossé contre le tronc d'un arbre, il avait été incapable de résister à l'appel de Morphée! Malheureusement, le sourire de la jeune femme devint très fade lorsqu'elle se rappela que c'était peut-être la dernière fois qu'elle le voyait ainsi.
…
À présent ce n'était plus une illusion : la chaleur était réellement devenue suffocante! Rin avait enlevée sa cape qui la protégeait du froid. Le soleil avait depuis longtemps balayé toute forme de neige sur les Terres de l'Ouest, le printemps était déjà très avancé. Les herbes folles et les fleurs sauvages embaumaient l'air et le vent. La brise, autrefois si austère et cruelle, s'était transformée en un souffle tiède.
Sesshomaru semblait aller mieux, ce qui était suffisant pour rassurer la jeune femme. Mais tous cela importait peu, car Rin se sentait en détresse. À chaque pas qu'elle faisait, elle se rapprochait davantage de la fin : elle avait dit au revoir à tous les membres du groupe : qui étaient retournés à leurs terres. Il ne restait plus qu'elle, Sesshomaru, Inu-Yasha, Jaken et Ah-Un. Elle savait qu'elle était la prochaine à partir, la prochaine à dire…adieu.
Rin contempla les vertes contrées : un sourire mélancolique se dessina sur ses lèvres. Une fois de plus, elle allait abandonner Sesshomaru au printemps. Elle jeta un œil timide vers le youkai et soupira.
Depuis leur conversation dans le castel du Nord, depuis que Rin avait confirmé son retour parmi les humains, ils ne se parlaient plus, ne se regardaient plus. Conscients que la séparation était imminente, ils avaient inconsciemment mis un terme à leur relation, qui ne pouvait pas durer, de toute façon…Comme si de couper les ponts prématurément allaient épargner leurs cœurs blessés lorsqu'ils se retrouvaient l'un face à l'autre, pour une dernière fois. Rin avait de terribles appréhensions. Elle avait peur de ce moment…LE moment, lorsqu'ils se regarderaient droit dans les yeux, lorsqu'elle allait s'éloigner, lentement, lancer un regard derrière elle, et constater qu'il n'était plus là…et qu'il n'y serait plus jamais.
Il y avait une entente non-dite entre elle et lui. Elle savait qu'après avoir quitté, il ne viendrait pas la voir, et elle ne le visiterait pas. Ces rencontres seraient trop douloureuses, et cela aurait seulement multiplié les adieux douloureux. Non…il ne pouvait y avoir qu'un seul adieu, clair, net, tranchant, définitif.
«Ahhh…je ne peux pas croire que nous revenons ENFIN!», lança joyeusement Jaken.
Inu-Yasha eut envie d'approuver, mais contrairement au crapaud, il se tut. Il avait compris que pour certaines personnes, le pire était toujours à venir.
…
En temps normaux, Sesshomaru aurait été heureux de retrouver son castel, même s'il n'avait pas l'habitude d'y loger souvent. Particulièrement maintenant…plus que jamais, il souhaitait profiter des commodités à sa disposition.
Malheureusement, son souhait n'allait pas s'exhausser aussi facilement.
Il entendit plusieurs exclamations de surprise à son arrivée, il resta silencieux, une rage bouillait en lui.
Les sales félins s'étaient attaqués à son château.
«…Oh non!», s'exclama Rin.
«QU'EST-CE QUI S'EST PASSÉ! QUI A OSÉ FAIRE CELA AU CHÂTEAU DE…»
Sesshomaru écrasa Jaken, sa voix nasillarde était la dernière chose qu'il voulait entendre.
Il regarda —avec une certaine forme de découragement— les tourelles et les nombreuses sections qui avaient été anéanties par l'ennemi. Certes, il voyait que des ouvriers s'affairaient déjà à réparer du mieux qu'ils le pouvaient, mais les travaux allaient certainement prendre quelques mois.
Il vit alors une jeune vassale s'approcher d'eux. Élancée, peau laiteuse, tâches de rousseur, cheveux noirs de jais et yeux d'une teinte orangée; il n'arrivait pas à la reconnaître. Une jeune recrue sans doute, les youkais plus expérimentés ont craignaient sans doute sa réaction et n'ont pas osé le confronter.
«Sesshomaru-sama! Nous vous souhaitons la bienvenue!», s'exclama la jeune femme en s'inclinant bien bas. «Comme vous pouvez le constater…il y a eu quelques contretemps…»
«…Je constate en effet…», rétorqua-t-il en fixant le château en ruines. Il avait condamné Tsukiyama et son peuple félin à l'exil. Quiconque osant enfreindre ce règlement serait condamné à mort. Si seulement il avait su ce que ces sales vermines avaient fait à son château! Il s'en voulu d'avoir été aussi clément.
«Heureusement, nous avons déjà mis au point un plan de reconstruction! En fait…nous espérions avoir terminé avant votre retour mais…»
«…Quel est ton nom?», s'enquit Sesshomaru. La youkai lui lança un regard perplexe.
«Riona»
«Très bien Riona. Je souhaite consulter tous les plans de reconstruction. Va me les chercher»
«Hai!»
Elle courut vers le château.
Même si elle semblait plutôt charmante, Rin avait un mauvais pressentiment en la fixant. Elle chassa ses mauvaises pensées et se tourna vers Sesshomaru.
«Sesshomaru-sama…Je suis désolé pour cette malchance…Puis-je vous être d'une quelconque utilité?»
«Rin…je crois que tu as suffisamment donné. Tu n'as pas à participer à des tâches aussi ingrates…»
«Très bien…alors si tel est le cas…Je…partirai», souffla Rin.
Sesshomaru s'arrêta de respirer.
«Dès l'aube», termina-t-elle.
«Qu-quoi? Qu'est-ce qui presse à ce point?», s'interloqua Inu-Yasha.
«Plus je reste ici longtemps, plus il sera difficile pour moi de partir», expliqua Rin avec amertume. «Je suis désolé, je n'ai pas le choix»
«Je comprend», répondit Sesshomaru. «Mais la route sera longue jusqu'au village. Je te suggère de prendre la soirée pour te reposer»
«C'est ce que je ferai», rétorqua Rin. «Je suis très fatiguée, je crois que je vais essayer d'aller au lit dès maintenant»
«Sage décision…»
«Alors dans ce cas…Bonne nuit…Sesshomaru-sama», lança-t-elle, avec mélancolie.
«Bonne nuit, Rin»
Elle s'élança vers le château en soufflant un bonne nuit à Jaken, talonné par Inu-Yasha qui souhaitait suivre son exemple.
Jaken regarda les deux s'en aller, l'air estomaqué.
«Je…je ne savais pas que Rin avait réellement l'intention de nous quitter de nouveau», lança-t-il, avec une mine déconfite. Après toute ces années, lui-aussi s'était attachée à la petite fille devenue grande.
Sesshomaru ne répondit pas, mais le crapaud n'avait pas besoin de réponse pour comprendre.
Il savait que le maître était atrocement déçu.
…
Rin fut heureuse de constater que la chambre d'invités qu'elle avait toujours eu l'habitude d'occuper était restée intacte. Elle y abandonna tous ses effets personnels et se dirigea aux bains afin de chasser l'odeur de conifères et de flamme qui la suivait depuis le début de la mission. Même si cette odeur n'avait rien d'insupportable, elle mourrait d'envie de retrouver un mode de vie un peu moins sauvage. Elle retourna ensuite dans ses quartiers et s'allongea sur le lit douillet. Elle vacilla rapidement dans un état de semi conscience, prête à s'engouffrer dans un profond sommeil.
Malgré son état somnolent, un flot d'image tourbillonnait dans son esprit. Elle revoyait les amis auquel elle n'avait plus parlé depuis plusieurs mois déjà : Sango, Shippo, Miroku. Elle pensa à Yuki, au village et aux plaines verdoyantes qui l'entourent. Le petit ruisseau traversant le bosquet, tout près de chez Inu-Yasha. Elle pensait à tous ces gens, toutes ces choses qu'elle avait évacuées de son esprit au cours des derniers mois. Elle s'en voulu de ne pas leur avoir accordé plus de pensées. Comment avait-elle pu oublier tout ça? La réponse la frappa de plein fouet.
Désormais, ce n'était plus les plaines verdoyantes qui envahissaient son esprit, c'était une paire d'yeux dorés. Sesshomaru. C'est pour lui qu'elle avait tout oublié; pour revenir à ses côtés une dernière fois.
Rin ouvrit les yeux, le sommeil qui l'envahissait venait tout juste de prendre la poudre d'escampette. Elle avait tout oublié pour Sesshomaru…mais c'était terminé maintenant. Désormais, c'était lui qu'elle devait oublier.
Elle fixa un long moment le plafond de sa chambre. Comment pouvait-elle l'oublier, alors que tout dans cette pièce lui faisait penser au youkai? Le blanc immaculé des murs, la couverture de soie, les fleurs rouge vif que Gladys avait déposé sur une commode au fond de la pièce.
Rin tourna la tête vers la fenêtre. Le ciel était dégagé, un croissant de lune éclairait timidement la chambre. Rin soupira. Même la LUNE se faisait un devoir de la torturer! De lui rappeler celui qu'elle ne pouvait plus avoir!
Tout à coup, la pièce l'étouffait, Rin mourrait d'envie d'avoir un peu de fraicheur. Elle se leva et ouvrit la fenêtre pour laisser le vent frisquet pénétrer ses quartiers.
Elle remarqua alors que Sesshomaru était dans la cour, assis sur un banc de pierre, il affutait Bakusaiga. Il était de dos, il était donc incapable de la voir. Il était seul…Rin se mordit la lèvre inférieure, pourquoi ressentait-elle tant de tristesse à le voir ainsi? Sa vue s'embrouilla, mais elle fit un effort considérable pour ravaler ses larmes, elle ne voulait surtout pas alarmer le youkai.
Sesshomaru cessa alors un instant d'aiguiser sa lame. Trop tard…pensa-t-elle. Il se tourna un bref instant pour la fixer, mais il resta silencieux. Elle avait l'impression qu'il l'appelait silencieusement, qu'il lui demandait une fois de plus, de veiller avec lui, comme dans le bon vieux temps. Rin s'éloigna de la fenêtre, se couvrit d'un peignoir et sortit de sa chambre, afin de rejoindre celui qui hantait ses pensées. Le castel était désert, tous ceux qui s'affairaient à réparer les dégâts pendant la journée avaient pris congé pour la nuit. Il devait être tard. Rin se dirigea discrètement dans la cour. Elle dut marcher sur la pelouse engorgée de rosée pour rejoindre Sesshomaru. Elle s'en voulu d'être sortie nu-pied et en tenue de nuit. Qu'allait penser les vassaux s'il la voyait! Elle s'assit silencieusement à côté de lui.
«Incapable de dormir?», s'enquit-il.
«Je crois que mon retour parmi les humains m'angoisse un peu…», murmura Rin
«C'est normal…Tu n'as pas l'habitude de vivre dans les villages…»
«…Il faudra que je m'y fasse…Oh, mais…quelle est cette odeur dis donc!», s'exclama Rin, qui venait tout juste de remarquer qu'un parfum floral embaumait la cour.
Sesshomaru mit Bakusaiga dans son fourreau et se leva.
«Viens»
Rin le suivit. Ils marchèrent quelques instants, l'odeur devenait de plus en plus prononcée.
Plus ils s'éloignaient du castel, plus la lumière se faisait rare. Après quelques minutes, seul le croissant de lune les empêchait de se retrouver dans le noir complet. Il y avait toutefois suffisamment de lumière pour que Rin comprenne ce que Sesshomaru souhaitait lui montrer.
«Le parfum…vient des cerisiers! Ils sont en fleurs!», s'exclama Rin joyeusement. Elle s'approcha davantage des arbres pour humer leurs effluves.
«Tu ne les avais jamais vu, n'est-ce pas?», s'enquit-il.
«…J'ai déjà vu quelques cerisiers en fleur quand j'étais petite…Nous en avions un à la maison…c'était les fleurs préférées de ma mère…», murmura Rin, avec un brin de mélancolie. «Mais je ne savais pas qu'il y en avait ici…»
«Généralement, quand nous venions au château, nous partions dès que l'hiver tirait à sa fin, raison pour laquelle tu ne les a jamais vu…»
Rin sourit. «Je ne savais pas que Sesshomaru-sama aimait les fleurs…surtout pas les cerisiers!»
«Hmph…Je trouve leur odeur plutôt étouffante, mais je me suis dit que tu aimerais les voir…»
«Si vous ne les aimez pas…pourquoi en avoir planté?»
«…Ces cerisiers sont ici depuis très longtemps, je ne pourrais même pas dire à quel moments on les a semé. Ma mère les détestait, ils ont dû être planté avant son arrivée, avant même qu'Inu-Taisho règne sur l'Ouest.»
«Je ne savais pas qu'ils pouvaient vivre aussi longtemps…», murmura Rin. «…Dommage qu'il fasse nuit, j'aurais aimé voir leurs couleurs à la lumière du jour»
«…À l'aube, tu pourras…», répondit Sesshomaru. «C'est étrange n'est-ce pas?…Que des arbres millénaires aient une fleuraison aussi éphémère?»
«…Les anciens de mon village faisait beaucoup de parallèle avec les fleurs de cerisiers» répondit Rin, en cueillant une grappe de fleur. «Ils comparaient les fleurs de Sakura à la beauté des femmes, on les comparait même parfois aux guerriers, parce que ces derniers ont la vie courte…comme les fleurs de cerisiers»
«…Je ne savais pas que tu avais autant de souvenir de ton enfance», observa Sesshomaru.
«Comment pourrais-je oublier? C'est le seul moment de ma vie où j'ai été heureuse avec ceux de ma race. À cette époque, j'avais encore foi en la nature humaine…», répondit Rin avec tristesse.
«…Ce n'est pas dans ton habitude de ruminer d'aussi sombres pensées…», répliqua Sesshomaru, l'air songeur. «Tu as tort d'avoir une vision aussi peu flatteuse des humains»
Rin écarquilla les yeux. «Ai-je bien entendu? Vous êtes en train de défendre la race humaine?»
«Non…seulement…J'ai compris avec le temps…après beaucoup de temps… que le potentiel d'un individu transcende parfois son espèce…»
«Je…je ne croyais jamais vous entendre dire cela…»
Sesshomaru quitta des yeux les cerisiers et regarda un instant le sol, pour ensuite lancer un regard de biais à la jeune femme.
«…À une certaine époque, j'avais un point de vue tout autre…mais ça…c'était avant de te rencontrer…»
Rin n'osa même pas le regarder. Toutes ces choses qu'il lui disait maintenant…toutes ces choses, qu'elle n'aurait jamais cru entendre. Elle se sentit soudain émue.
«…Est-ce que vous croyez au destin, Sesshomaru-sama?», s'enquit Rin. «Si oui…êtes-vous capable de m'expliquer pourquoi il est si cruel avec moi? J'ai l'impression de me battre contre lui, depuis que je suis toute petite. J'ai l'impression qu'il a voulu me rayer de la carte une bonne demi-douzaine de fois…Au début, c'est la chance qui m'a sauvé, quand mon village a été détruit…ensuite…ce fut vous…» Rin passa sa manche sur son visage. Sesshomaru sentait le sel. «…Sans vous je…je me demande ce qui va m'arriver?»
Un youkai stupide aurait sans doute répondu à cette demoiselle en détresse qu'elle n'avait qu'à rester auprès de lui, qu'il la protégerait jusqu'à la mort. Mais ce Sesshomaru n'est pas un imbécile. Il savait très bien que Rin avait fait son choix et qu'elle ne changerait pas d'idée…Il savait qu'un tel commentaire l'aurait angoissé davantage…parce que cela impliquait qu'elle ne pouvait être ni heureuse, ni en sécurité sans lui…ce qui était tout à fait faux.
«…Pour répondre à ta première question…Non, je ne crois pas au destin. La seule force auquel tu dois croire est la tienne…Rin. Si tu es en vie aujourd'hui, ce n'est pas à cause de la chance ou à cause de moi. Je ne sais pas de quelle façon ton village a été détruit…»
«Des bandits ont tout vidé et saccagé. J'ai entendu qu'ils ont même volé les enfants pour les vendre et violé des femmes avant de les tuer. C'était horrible…»
«…Comment se fait-il qu'ils ne t'ont pas trouvé?»
Le visage de Rin s'assombrit. Elle posa les yeux sur le sol et poussa un long soupir avant de poursuivre.
«…La maison était plutôt grande, ils sont arrivés vite. Ma mère m'a dit de me cacher…Je lui ai demandé si on jouait à cache-cache. Elle m'a dit oui…mais elle a précisé que cette fois-ci…si je me faisais trouver, que des bandits allaient me trancher la gorge! Elle m'a ordonné de trouver la meilleure cachette qui soit et de n'en sortir que lorsqu'elle m'appellerait», murmura Rin. Sesshomaru regretta soudain de lui avoir posé une telle question au sujet de son passé.
«Je suis désolé…tu n'as pas à continuer si…»
«J'étais si stupide…Je croyais réellement que c'était un jeu! Mais j'ai tout de même écouté son conseil…j'ai trouvé la meilleure cachette qui soit…»
Sesshomaru resta silencieux, l'air grave.
«Ma maman m'avait parlé de bandits…alors…je suis allé dans le seul endroit où un bandit ne va jamais regarder…», continua Rin avec la voix tremblotante, enrouée par la peine qu'elle tentait de refouler. «…Les…ordures…»
«…C'était assez brillant, je dois l'admettre…»
«…C'était dégoutant et…lorsque j'ai entendu ma mère crier et la vaisselle se fracasser…J'ai compris que ce n'était pas un jeu…je suis restée cachée je ne sais pas combien de temps…sans doute plusieurs heures. Le silence était revenue depuis longtemps quand je suis sortie…Ma mère ne m'avait toujours pas appelé…Évidemment, je l'ai trouvé morte…j'ai trouvé mon frère et mon père quelques heures plus tard, dans une ruelle. Le village n'était plus qu'une mer de cadavre et de sang. Il faisait chaud, l'odeur était atroce et les mouches voulaient partout. J'ai dû vomir tout ce que j'avais ingéré depuis une semaine et après…je me suis sauvé…»
Sesshomaru s'approcha de Rin et balaya une larme solitaire qui glissait sur sa joue. Rin le regarda, et malgré sa sobriété habituelle, elle remarqua instantanément à quel point il semblait affligé.
«…Je ne voulais pas te rappeler ces atrocités, Rin…»
La jeune femme sourit. «Non…vous ne m'avez pas forcé…Vous avez seulement posé une question, j'y ai répondu…»
«Ma curiosité a dépassé les bornes…»
«Non, pas du tout…», rétorqua Rin, qui sembla se calmer. «En fait…Vous êtes le premier à qui je parle de tout ça…personne ne m'avait posé ce genre de question auparavant. En réalité, je crois que je suis contente que vous ayez posé la question. J'ai l'impression d'avoir un poids en moins sur les épaules…»
«…Je suis heureux de te l'entendre dire…Toutefois, ces révélations ne font que prouver ce que j'essayais de t'expliquer…»
Rin le regarda avec curiosité.
«…Tu as survécu à ce carnage parce que tu as trouvé la seule cachette qui pouvait te sauver. Ensuite, quand tu n'as pas pu fuir le danger, c'est moi qui t'aie sauvé, mais je ne me serais pas soucié de ton sort si tu avais été une fillette inconnue. C'est parce que tu es venue me voir et que tu t'es acharnée à vouloir me venir en aide que je t'aie sauvé, ton caractère m'intriguait…et ton sort m'attristait probablement…»
«…Alors…vous croyez que c'est moi qui ait façonné mon destin?»
«En effet…et pour cette raison, je crois que tu te débrouilleras très bien… Rin, avec ou sans moi. Tu t'es toujours bien débrouillée…»
Un pâle sourire se dessina sur les lèvres de la jeune femme. Elle plaça les fleurs qu'elle avait cueillit derrière une oreille, l'air un tantinet rassurée. «…Merci, Sesshomaru-sama…Vos paroles me font beaucoup de bien…»
Le youkai regarda à l'horizon et leva les yeux vers le ciel un instant.
«Viens, maintenant»
Intriguée, Rin le suivit jusqu'à ce qu'ils se trouvent dans une clairière. Fidèle à ses vieilles habitudes, Sesshomaru se laissa choir au pied d'un arbre.
«C'est drôle de voir à quel point vous semblez plus confortable dans les bois que dans votre propre château!», s'exclama la jeune femme avec un sourire.
«Hmph… », rétorqua-t-il simplement, en haussant légèrement les épaules. Il fixa Rin un instant, semblant lui signifier qu'elle ne pouvait rester éternellement debout.
«Heu…c'est une mauvaise idée de m'asseoir ici, je vais mouiller mes vêtements de nuit et prendre froid!»
Sesshomaru baissa les yeux et sembla soudainement remarquer à quel point Rin était légèrement vêtue. Elle ne portait qu'une mince robe de nuit avec un peignoir, laissant entrevoir une partie de ses jambes et…
Sesshomaru réalisa que Rin avait peut-être besoin d'une nouvelle robe de nuit : celle-ci étant achetée il y a plusieurs années…alors que Rin était plus petite, plus jeune…et moins…voluptueuse. Il
leva les yeux et remarqua qu'elle le dévisageait avec un sourire narquois. Sesshomaru s'en voulu de s'être rincée l'œil aussi peu subtilement et retourna à sa contemplation des étoiles.
«Tu n'aura pas froid si tu t'assois sur mes genoux», dit-il en fixant les astres. Ce fut à son tour d'avoir un sourire moqueur. Il n'avait même pas besoin de la regarder pour savoir qu'elle rougissait.
«…Vous essayez de profiter de la situation…», murmura-t-elle, sur un ton de reproche.
«Hmph…Ta pudeur est fascinante…»
Rin fronça les sourcils.
«…Vous êtes le diable en personne», murmura Rin d'un ton faussement fâché en osant s'asseoir sur les cuisses de Sesshomaru.
«…Alors tu es assise sur le diable en personne…en es-tu consciente?», s'enquit-il avec un sourire amusé.
Une brise froide souffla alors sournoisement sur eux, ce qui fit frissonner la jeune femme. Sesshomaru glissa ses bras autour d'elle.
«…C'est ce que je disais, vous profitez de la situation», rétorqua Rin, avec un sourire malicieux.
«Certes, je plaide coupable…de profiter des derniers instants que nous partageons ensemble», répondit-il d'un neutre. Mais à cet instant, Rin savait que Sesshomaru était tout sauf de glace, sa carapace n'avait plus de secret pour elle. Rin resta silencieuse, la douleur était trop vive pour qu'elle puisse trouver quelconque parole de réconfort.
«…Je t'ai amené ici, car je crois que le ciel est suffisamment dégagé pour que nous puissions observer les étoiles filantes. C'est un moment propice de l'année pour les voir», dit Sesshomaru, en espérant pouvoir chasser la lourdeur qui planait sur eux. «J'ai voulu les regarder avec toi sur les Terres du Nord, mais hélas, je me suis endormi»
«Haha, oui, je me souviens!»
«…Enfin… j'ai simplement cru que tu aimerais les voir…Tu m'as souvent parlé du fait que tu aimais regarder les étoiles»
«Vous avez réellement une mémoire incroyable! Je crois que je devais avoir 9 ou 10 ans la dernière fois que j'en ai glissé mot!»
Ils se turent un instant et contemplèrent le ciel. Rin fut heureuse de constater que la nuit était toujours très noire, l'aube était encore loin…elle n'avait pas à se soucier du lendemain, pas maintenant.
«Qu'allez-vous faire…maintenant que la guerre est terminée?», s'enquit Rin. «Comptez-vous agrandir votre empire?»
«Avant d'avoir de telles ambitions, je dois d'abord reconstruire ce qui a été détruit, et m'assurer que les félins quittent le Nord»
«…Alors, plus de grosses batailles avant un bout de temps?»
«Je crois que j'ai eu ma dose de grosse bataille…Rin…», rétorqua-t-il avec lassitude.
«…Oui…moi aussi j'ai eu ma dose…», murmura Rin avec lassitude. «…Je jure que pour gagner ma vie, je ferai tout! SAUF exterminer des démons! Tout sauf ça!»
«Si menace il y a, tu n'auras pas le choix d'agir, tu es une miko…»
«Oh…je sais…Mais les villageois ont déjà deux youkais, un hanyou, un moine et une exterminatrice de démon qui peuvent les aider!»
«Hmph…et je croyais que tu aimais te battre…»
«Bah…c'était excitant au début…mais là je commence à en avoir raz le bol…», grogna Rin.
«…Heureusement, lorsqu'une guerre se termine, le calme peut durer quelques temps, cela te donnera le temps de trouver ta vocation…»
«Oui…quoique…je ne sais pas trop ce que je vais faire! Je crois que je vais commencer par m'occuper de Yu…»
«Non…C'est au hanyou de s'occuper de sa descendance», coupa Sesshomaru avec hargne.
«Oui…je connais votre opinion là-dessus…»
«Évite les tâches habituelles de femme comme la couture, le ménage ou la cuisine…laisse ça pour les villageoises ordinaires…», continua Sesshomaru avec un ton hautain.
«Oh…alors le grand Sesshomaru se soucie de l'avenir de la petite Rin? Je ne savais pas que mes occupations parmi les humains vous tracassaient à ce point!», rétorqua Rin avec amusement.
«Je ne voudrais pas que tu t'abaisse à leur niveau», répliqua Sesshomaru avec froideur.
«…Alors…je vous écoute. Quelles sont les recommandations du grand Sesshomaru?», s'enquit Rin, tout sourire.
«Ce n'est pas à moi de décider à ta place. Tu es intelligente…Utilise tes plus grandes forces pour te tailler une place…»
«Mes forces?»
«…Les choses dans lesquelles tu excelles…»
Rin leva les yeux, l'air pensive.
«…Je ne sais pas trop…je suis plutôt douée pour faire des bouquets de fleurs?»
«…Fleuriste, c'est banal, n'importe qui peut se balader dans une prairie et cueillir des fleurs, ils n'ont pas besoin de payer pour ça…»
Rin ne partageait pas la même opinion, mais elle se contenta de pousser un soupir. «…Vous savez sans doute raison. De toute façon, il y a déjà deux fleuristes au village!»
«…En revanche…il n'y a pas de parfumeur…»
«Comment savez-vous cela?»
«Les parfums humains sont exécrables. S'il y avait eu une parfumerie à ce village, je l'aurais senti à des milles à la ronde…»
«…Du parfum…c'est peut-être une bonne idée…», murmura Rin qui écarquillait des yeux en réfléchissant à la question.
«Ton odeur est plus agréable que celle de n'importe quel humain. L'été, ton odeur est différente à chaque jour, dépendant des fleurs que tu utilise pour te parfumer…»
«Vous…vous avez remarqué cela?», s'enquit Rin avec embarras.
«Rin…Je suis un youkai chien…»
«…Oh d'accord d'accord! Vous avez raison, c'est logique!», s'emporta Rin, qui se trouvait soudainement très stupide. «De toute façon, j'aurai le temps d'y réfléchir quand je serai là-bas. À court terme, je souhaite surtout me reposer…»
«Oui, heureusement…tu n'auras pas à travailler avant un bout de temps pour assurer ta survie. Je vais te donner suffisamment d'argent pour…»
«Je ne veux pas de votre argent, Sesshomaru-sama!», s'exclama Rin avec gène. «Je peux très bien me débrouiller toute seule!»
«Je n'en doute pas…Mais de toute façon, tu n'es pas ma vassale. Toi et Inu-Yasha êtes venus au Nord alors que vous ne me deviez rien. Il serait malhonnête de ne pas vous payer pour vos services», argumenta Sesshomaru.
«Bon…si vous insistez…», capitula Rin. «Oh!»
Trois étoiles filantes avaient successivement balayé le ciel, laissant derrière elles des traînes blanchâtres de poussières cosmiques.
«On peut faire trois vœux!», s'exclama Rin joyeusement.
«Quoi?»
«Vous ne savez pas?», s'enquit Rin. «On doit faire un souhait chaque fois qu'on voit une étoile filante, mais attention! Il faut le garder secret, sinon, il ne se réalisera pas!»
«…Une coutume humaine j'imagine…», observa le youkai.
«Oh allez, je suis certaine de vous en avoir déjà parlé quand j'étais petite»
«…Je ne peux pas me rappeler de tout, Rin…»
«Qu'importe! Faites trois vœux avec moi, Sesshomaru-sama! Ils se réaliseront peut-être!»
«Hmph…puisque tu sembles y tenir…»
Rin observa les étoiles d'un air rêveur, tandis qu'elle songeait à ses vœux. Certains lui venaient instantanément à l'esprit, mais elle se ravisa, sachant qu'ils étaient impossibles. Elle souhaita d'abord de pouvoir se tailler une place parmi les humains, elle souhaita ensuite trouver un jour quelqu'un avec qui elle pourrait partager sa vie et elle souhaita…elle avait un peu hésité mais se décida tout de même…elle souhaita revoir Sesshomaru. Elle ne savait pas si cette idée était prudente, mais le simple fait qu'elle pourrait ne plus jamais le revoir après cette nuit la terrifiait au plus haut point. Mais était-ce seulement possible? Pouvait-elle aspirer à une vie normale si elle continuait de le voir? Et lui…comment réagirait-il face à une telle situation? Allait-il remplir ses obligations même s'il gardait contact avec elle?
«Sesshomaru-sama…j'ai une petite question…», murmura Rin. «Après la reconstruction de votre château…que comptez-vous faire, ensuite?»
Sesshomaru se contenta de lever un sourcil, ne sachant pas trop où elle voulait en venir.
«…Je ne suis pas humain, Rin, je n'ai pas besoin de vocation particulière. Les youkais doivent se battre pour défendre et agrandir leur empire…»
«…Parlant d'empire…vous avez besoin d'un héritier…non?»
«…S'il te plaît Rin…ne m'énerve pas toi-aussi avec ce genre de question…», rétorqua Sesshomaru avec impatience.
«Mais…Vous avez failli mourir pour de bon…Peut-être est-il temps pour vous de songer sérieusement à cette question…»
Aussi déplaisante était cette pensée, Sesshomaru savait que Rin visait juste. Au même âge, son père avait déjà une descendance, l'avenir de la lignée était garanti. Il soupira. Il savait qu'il n'avait plus le choix, il ne pouvait plus laisser Rin le détourner de ses obligations. En tant que seigneur des Terres de l'Ouest, son avenir était incertain, il avait besoin d'un héritier, il en était maintenant conscient. Mais alors…pourquoi sa volonté allait-elle à contre-courant de ses devoirs? Pourquoi n'arrivait-il pas à envisager un avenir aux côtés d'une autre femme que Rin? Pourrait-il un jour arrêter son déni et accepter son destin? Destin…un mot que le youkai avait toujours détesté…Auquel il ne croyait même pas.
«…Tu n'as pas à te soucier de cela… Rin, ces questions ne te concernent pas…»
«Si, elle me concerne!», s'exclama-t-elle avec tristesse. «Pour que mon immersion parmi les humains fonctionne, il faut que vous-aussi, vous y croyiez…et que vos gestes en fassent preuve. Au levée du soleil, je pars… je ne viendrai plus ici, car ce n'est pas ma place. Laissez donc une autre femme entrer…»
«Rin…»
«Non! Laissez-moi continuer!», s'emporta Rin. «Vous avez déjà dit que vous ne vouliez pas que votre héritier grandisse dans une demeure aussi froide qu'a été la vôtre, pendant votre enfance. Comment pouvez-vous avoir un tel souhait si vous continuez de penser à moi?»
«…Rin, tu ne comprends pas», rétorqua Sesshomaru dans un murmure rauque. Étant derrière elle, Rin ne voyait pas son visage, mais elle le sentait troublé.
«Ces mots que je t'ai dit…avant de mourir…Je ne les avait jamais dit auparavant. Je ne les ai même jamais ressenti avant de te connaître. Et tu crois que je peux t'évacuer de ma vie comme si tu n'étais qu'une vulgaire vermine? Je ne peux pas —je ne peux plus— contrôler ce que je ressens de cette façon…», continua le youkai. «Ce que je t'ai dit, concernant mon futur héritier…c'était avant de comprendre pourquoi mon père a agi de la sorte, pourquoi il s'intéressait tant aux humains…Maintenant…je ne sais plus si je pourrai faire mieux que lui…»
«…Je vous comprend…Sesshomaru-sama…Je vous comprend tellement!»
Rin se retourna pour se blottir contre Sesshomaru. «On ne peut pas contrôler ce qu'on ressent…Je sais bien que nous ne pourrons pas oublier aussi facilement ce qui s'est passé…Je ne vous demande pas de m'oublier. Je souhaite seulement que votre cœur reste ouvert, je ne veux pas que vous vous empêchiez d'aimer à cause de moi…Cela peut vous sembler impossible maintenant…Pour moi, ça l'est aussi!…Mais un jour…bientôt…peut-être que nous comprendrons …tous les deux… »
Sesshomaru préféra rester silencieux, plutôt que de rappeler à Rin qu'elle était la seule qu'il avait aimée, et qu'elle serait à tout jamais la seule digne de son attention.
«…Auparavant…je voulais croire aux contes de fées. Mais je me rends bien compte aujourd'hui que ce ne sont pas toutes les histoires qui se terminent par « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants »… Peut-être que les histoires les plus marquantes ne sont pas faites pour durer…»
«Je suis heureux de te l'entendre dire. Naïf n'est pas un terme assez fort pour décrire ceux qui croient en ces sornettes faites pour divertir les enfants…»
«…Alors, je suppose que de faire une telle constatation prouve que je ne suis plus une enfant?»
«…En effet…tu as compris beaucoup de chose en peu de temps…j'ignore si tu en serais venu à la même conclusion il y a un an de cela…»
«…Je vous avais quitté la première fois justement pour cette raison!»
«Alors, c'est moi qui est l'idiot. Je ne croyais pas que même à cette époque… ta réflexion avait été aussi profonde…»
«…Bon…d'accord, j'ai peut-être affiné mon point de vue à ce sujet au cours des derniers mois. Masi ce n'est pas parce que je passais mon temps à chanter et cueillir des fleurs que j'étais dépourvue d'intelligence»
«C'est vrai. Je crois que c'est justement ce que j'aime chez toi. La lucidité nous fait souvent brouiller du noir, tu ne fais pas exception. Mais tu es assez forte pour continuer à sourire et à te battre. Tu me le prouve une fois de plus aujourd'hui…», répondit Sesshomaru en glissant une main sur la joue de Rin. Ses yeux noisettes rencontrèrent les siens. Rin avait l'air grave, mais elle ne versait pas de larme. Les pleurs ne changeraient rien à sa situation, et ils embrouilleraient sa vision à un point tel qu'elle ne pourrait plus regarder l'objet de toutes ses pensées. Non, à la place de pleurer, elle préférait l'admirer de tout son saoul, une dernière fois. Elle aimait de la façon dont ses cheveux argentés retombaient nonchalamment sur son front, autour du croissant de lune qui rappelait son statut noble. Elle aimait la parfaite symétrie de ses traits fins, comme si un dieu quelconque avait passé un mois entier à façonner son image parfaite. Jamais une telle beauté ne serait permise à un être humain! Mais ce qu'elle adorait par-dessus tout, c'était ses yeux, le miroir de son âme et de ses secrets; là où se côtoyaient la froideur et la tendresse, l'ennui et la passion…la colère et l'amour. Mais ce soir-là, ces yeux avaient une étrange lueur, où dominaient la nostalgie et le spleen. Sa souffrance était évidente, Rin s'en voulait atrocement, elle avait l'impression que tout était de sa faute. Tous les deux ne souffriraient pas à ce point si elle ne l'avait jamais tenté, si elle avait gardé son sang froid…cette fameuse nuit avant l'arrivée des vassaux. Mais il était maintenant trop tard pour reculer. Dès le début, ils avaient su dans quoi ils s'embarquaient, que la fin n'allait pas être heureuse. Le prix à payer pour avoir échangé un tel amour…était la douleur de la séparation, une douleur tout aussi intense qu'avait été leurs sentiments l'un pour l'autre.
La nuit était maintenant bien entamée, la joie qu'ils avaient partagée tout près des cerisiers et sous les étoiles, étaient déjà derrière eux. Ils restèrent ainsi, dans les bras l'un de l'autre, craignant l'aube, comme si les premiers rayons de soleil allaient nécessairement détruire tout espoir et toute joie de vivre en ce bas monde. Ils n'osaient plus parler, ni même de bouger. Ils auraient pu s'embrasser comme des fous jusqu'à l'aube, faire l'amour comme des sauvages, mais ils n'en n'avaient plus la force, la tristesse évaporant toutes leurs envies charnelles.
Finalement, ce qui devait arriver arriva. Les premières lueurs dorées illuminèrent timidement le ciel. Ils n'avaient pas fermé l'œil de la nuit. Rin sortit de sa torpeur, et se leva de façon machinale, comme une morte-vivante. Sesshomaru la suivit. Ils se traînèrent péniblement jusqu'aux cerisiers en fleurs. Rin sourit tristement. Les lueurs de l'aube donnaient une teinte orangée aux fleurs. Le paysage aurait été une réelle source d'inspiration pour n'importe quel peintre, mais Rin n'était pas une artiste. Elle était aussi joyeuse qu'une femme qui se dirigeait vers le bûcher. Elle savait désormais qu'elle ne pourrait plus jamais regarder des fleurs de cerisiers sans revivre le sentiment d'horreur qui l'habitait en ce moment.
Elle enleva les fleurs qu'elle avait mise derrière son oreille quelques heures auparavant : elles étaient fanées. Rin les jeta sur le sol. Elles n'étaient plus intéressantes de toute façon : les belles pétales parfumées s'étant flétries et asséchées.
«…Je vais aller chercher mes affaires…et m'assurer qu'Inu-Yasha est prêt», murmura-t-elle, en fixant le sol.
Sesshomaru hocha la tête. «Je vais t'attendre à l'entrée…»
…
Inu-Yasha regarda Rin empaqueter ses effets personnels. Il lui avait offert son aide, mais elle avait poliment refusé. Il n'aimait cette horrible lueur glauque sur son visage : il se doutait qu'elle avait peu ou pas dormi et qu'elle agonisait intérieurement. Franchement, il aurait mieux aimé la voir effondré sur le sol, à pleurer toutes les larmes de son corps : ç'aurait été une preuve qu'elle était toujours en vie. Elle termina finalement ses bagages et se releva lentement. Elle les prit et se dirigea vers la sortie de sa chambre : ses pas étaient petits et lents, le kimono qu'elle portait aujourd'hui était si long qu'il frôlait le sol… elle semblait flotter comme un spectre…
«Rin…laisse-moi au moins porter tes trucs…Je n'ai presque rien avec moi de toute façon…»
«Non, ça va…»
«J'insiste»
Inu-Yasha prit les bagages de Rin, qui se laissa faire. Elle regarda le hanyou un instant, un sourire fantomatique se dessina sur ses lèvres.
«Tu dois avoir très hâte de revoir Yuki, n'est-ce pas?», s'enquit-elle.
«Oh…bien sûr! Elle doit avoir beaucoup changé…ça fait si longtemps…J'ai hâte de revoir ses petits yeux verts, ils ressemblent à ceux de Kagome»
Le sourire de Rin s'élargit, même si son regard était toujours aussi chargé de mélancolie. «Oui…moi aussi j'ai bien hâte de la revoir…»
Ils se dirigèrent vers la sortie, mais Jaken et Gladys les attendaient en bas des escaliers.
«Jaken…Gladys…je ne savais pas que vous étiez réveillés!», constata Rin.
«…Sesshomaru nous annoncé hier que tu partais. Nous sommes venus te dire au revoir», répondit la servante.
«…Je suis désolé…J'aurais dû vous parler hier à ce sujet, c'était rude de ma part…»
«…Non, ne t'en fais pas! Tu devais être si épuisée!», s'exclama Gladys en la serrant dans ses bras. Elle se recula ensuite et sécha une larme. «Rin…tu es devenue une charmante et splendide jeune femme. Je ne te souhaite même pas bonne chance, car je sais que tu trouveras le bonheur, quoiqu'il advienne!»
Rin sourit, elle était désormais émue, mais elle ne pleura pas, elle ne devait pas!
«Merci Gladys. Je suis heureuse de t'avoir connue. Tu as été comme une maman pour moi!»
«J'ai aimé te gâter toutes ces années! Mais j'aurais aimé que tu puisses continuer à nous rendre visite de temps à autre!»
«…Je suis désolé…»
«Ne le sois pas, je comprends…», rétorqua-t-elle, avec un air compréhensif.
Rin se tourna ensuite vers Jaken. Il se cachait derrière sa manche : Rin devina qu'il pleurait à chaudes larmes.
«…Toi-aussi tu vas me manquer Jaken, je vais garder un bon souvenir de nos voyages ensemble…et de toutes ces fois où on a pêché le poisson!», s'exclama Rin avec un sourire.
«Sesshomaru et moi sommes très attachés à toi, Rin! Le maître ne pleurera pas…mais je pleurerai en son nom!», s'exclama Jaken en serrant Rin dans ses bras, mais il était si petit qu'il entourait la jeune femme à la hauteur des genoux. «Le maître et moi, nous comprenons tes raisons, mais tu nous manquera quand même!»
«…Je sais Jaken…Vous me manquerez aussi…après tout, nous avons passé tant d'années ensemble!», répliqua Rin, avec un sourire ému. «Merci Jaken, d'avoir été aussi patient avec moi…Je sais que parfois…»
«Tu agissais en petite sotte quelques fois! Mais néanmoins…ta présence était très importante pour nous…», commenta Jaken, tout penaud. «Rin, s'il te plaît, continue de faire honneur à Sesshomaru-sama! Même s'il te faut vivre avec les humains malodorants!»
Rin sourit, Jaken trouvait toujours le moyen —malgré lui— de la faire rire. «Ne t'en fais pas, je promet de vous faire honneur!»
«Hai…adieu…Rin…», termina-t-il d'un air solennel.
Rin leur montra un sourire rassurant en se dirigeant vers la sortie. Elle ne vit personne dans le hall d'entrée. Lorsqu'elle sortit, elle vit Sesshomaru, qui semblait contempler le levé du soleil qui arrivait à sa fin. Il se tourna vers elle et Inu-Yasha, avec son éternel stoïcisme. Il jeta d'abord un œil à son demi-frère.
«Inu-Yasha…Ta présence fut…utile. Je te remercie pour ta contribution», dit-il avec neutralité, sans la moindre ironie ou amertume. Les yeux d'Inu-Yasha s'écarquillèrent, c'était une situation plutôt inhabituelle.
«Heu…de rien…Sesshomaru»
«Je souhaite vous rémunérer, Rin et toi, pour votre collaboration. Prends ceci, je suppose que vous saurez partager cette somme de façon équitable», continua Sesshomaru en tendant un sac à son demi frère. Ce dernier le prit, constata son poids, et décida par politesse que ce n'était pas le temps de compter et de jubiler à cause de la somme qui était —fort probablement— assez imposante.
«Heu…merci Sesshomaru. Je te promet que nous en ferons bon usage…»
Sesshomaru se tourna ensuite vers Rin, toujours avec la même neutralité, mais il se contenta de fixer le sol.
«Rin…je te laisse aussi Ah-Un…qui facilitera tes déplacements…» La monture s'approcha d'elle, prêt pour le grand voyage.
«Mais Sesshomaru…Ah-Un est votre monture, je ne peux pas…»
«Non…Ah-Un s'est occupé de toi pendant plus de huit ans, il a été plus utile à toi qu'il ne l'a jamais été pour moi. Il serait très malheureux de ne plus jamais te revoir. Pour cette raison…il t'appartient maintenant…», insista le youkai, en ignorant toujours les prunelles de la jeune femme.
Rin fixa la bête, et regarda ensuite Sesshomaru. «D'accord…A-arigato, Sesshomaru-sama…»
Elle s'approcha timidement de lui. Elle savait qu'il était maintenant temps de lui dire…adieu…mais elle ignorait comment. Sesshomaru leva les yeux et posa sur elle un regard d'une rare intensité, mais Rin n'arrivait pas à comprendre son expression. Il avait presque l'air…anxieux? Ils se fixèrent un instant, sans bouger, Sesshomaru se dirigea finalement vers elle d'un pas lourd. Rin sentait son cœur battre la chamade, son visage pâlir… l'appréhension était en train de la tuer, mais elle ne versa pas de larme…elle ne pouvait pas! Le youkai s'arrêta à quelques centimètres d'elle. Rin sentait son regard sur elle. Rin leva la tête, pour se plonger dans son regard d'ambre…vraisemblablement… pour la dernière fois. Il ne disait rien, comme s'il attendait qu'elle prenne la parole. Elle se sentait faible, étourdie, elle aurait aimé simplement perde connaissance pour ne pas subir ce moment.
«…Je…crois que ça y est…», murmura Rin.
«Ça y est…», répéta stoïquement Sesshomaru.
«Oui…je dois partir…vous savez…»
«Je sais.»
«Mais…je…» Rin soupira. «Je suis désolé! Je ne sais pas quoi vous dire!» Elle sentit le désespoir s'emparer d'elle. Elle était en train de perdre ses moyens.
«Alors…c'est que tout a déjà été dit…», répondit simplement le youkai.
«Non! Ce n'est pas si simple!», s'exclama Rin, sa voix tremblait de plus en plus. Elle sentait une boule se former dans sa gorge. «Vous…vous allez me manquer, Sesshomaru-sama. Vous n'avez pas idée comment vous allez…»
«Rin», coupa abruptement Sesshomaru en posant son index sur les lèvres de sa protégée. «…Je sais tout ça. Je n'ai pas besoin que tu me le dises…»
«Mais!», protesta Rin.
«Non, Rin…Cesse de te torturer de la sorte. Je sais déjà ce que tu penses. Et je sais aussi que chaque mot qui sort de ta bouche en ce moment te fait atrocement souffrir. Cela me fait souffrir aussi. Je souhaite que tu arrêtes…d'accord?», chuchota Sesshomaru, en posant ses mains sur les épaules de Rin, pour la rassurer.
Rin se contenta d'hocher la tête, en le regardant d'un air terrifié. Elle ne savait plus quoi dire, quoi faire, quoi même penser! Que voulait-il au juste? Qu'elle se contenta simplement d'hocher la tête, de grimper sur Ah-Un, et de s'envoler sans dire un mot?
«C'est la même chose pour moi. Tout ce que tu dois savoir, tu le sais déjà. Je n'aime pas me répéter, alors j'irai tout de suite à l'essentiel…», continua-t-il. «Au revoir…Rin»
Les lèvres de Rin tremblèrent, ses yeux s'écarquillèrent. Ça y est. C'était la fin. La vraie.
«Au-au revoir…», balbutia-t-elle, l'air incertaine.
Le regard de Sesshomaru s'adoucit, et sa mâchoire se serra. Ses yeux brillaient. Il semblait à la fois tendu et… ému. Cette vision torturait Rin au plus haut point, c'était la première qu'il affichait aussi intensément son désarroi. Elle se sentit soudain attirée vers lui comme un puissant aimant. Il venait tout juste de la prendre dans ses bras. Il la serra fort contre lui…si fort, qu'elle avait de la difficulté à respirer.
«Tu me manqueras aussi…Rin…tu n'as pas idée!», avoua-t-il finalement dans un murmure.
S'en était trop. Rin sentit les larmes —ces sales traitresses!— couler sans gêne sur son visage. Elle l'enlaça à son tour et blottit son visage dans le creux de son épaule. Elle brisa finalement leur étreinte, par manque d'air et par désespoir. Non elle n'en n'était plus capable! Elle devait lui avouer…
«Se-seshoo-maru-sama», hoqueta-t-elle entre ses sanglots «Je…je ne veux pas…»
«Rin…tu dois aller jusqu'au bout…»
«Non…vous ne comprenez pas! Je…je ne veux pas vous dire adieu!», s'exclama-t-elle en fermant les yeux. «Sesshomaru-sama…je ne veux pas vous dire adieu. Je ne peux plus vivre avec vous, mais…»
«Rin…», coupa Sesshomaru en posant de nouveau ses mains sur les épaules de sa protégée. «…Il…n'y aura pas d'adieu. Du moins, pas aujourd'hui…»
«Qu-quoi?», s'étrangla Rin.
«…Nous nous reverrons au moins une autre fois. Conformément à la tradition, il y aura un banquet pour célébrer la victoire de l'Ouest et pour couronner le nouveau seigneur du Nord...tous les vassaux du royaume seront là et…je souhaite que tu sois présente…»
«Oh heu…vraiment?», s'enquit Rin en séchant ses larmes.
«…Oui, aujourd'hui, c'est un au revoir seulement…pas un adieu…»
«…Et…à quel moment ce banquet aura-t-il lieu?», demanda Rin timidement.
«Le château doit d'abord être reconstruit…ce sera probablement peu après le solstice d'été…»
Rin fronça des sourcils et fit une moue de tristesse. «Mais…le solstice d'été, c'est dans plus de trois mois!»
«Je sais…»
«C'est si loin!», s'exclama Rin.
«…Je sais, je sais…mais j'avais prévu autre chose», murmura Sesshomaru en la prenant dans ses bras. «Si tu t'ennuies trop… Rin…nous…nous pouvons nous écrire…», chuchota Sesshomaru.
«Nous…écrire?»
«Bien sûr…Ah-Un connaît le chemin jusqu'ici. Tu n'auras qu'à lui donner ta lettre et lui demander de me la livrer…»
Un pâle sourire se dessina sur les lèvres de la jeune femme, elle rompit l'étreinte. «Mais…si je vous écris…allez-vous…me répondre?»
Sesshomaru eut un sourire léger. «Rin…je ne te ferais pas une telle proposition si je n'avais pas l'intention de te répondre…»
Rin sentit son stress baisser d'un cran. Sesshomaru avait toujours eu du talent lorsqu'il était question de la réconforter.
«…Merci Sesshomaru-sama…Je crois que c'est le plus beau cadeau que vous pouviez me faire…», murmura Rin, mais son regard s'assombrit de nouveau. «Mais…quand même…rien ne sera plus jamais pareil…»
«…Je sais…C'est justement la raison pour laquelle nous nous disons au revoir…», répondit Sesshomaru.
«Oui…c'est logique», souffla Rin, de nouveau mélancolique. Elle s'approcha de Ah-Un et grimpa dessus. Elle se tourna de nouveau vers Sesshomaru, elle faisait un effort pour ravaler ses larmes. «Alors…au revoir…»
«Non…pas de cette façon», répondit Sesshomaru. Il balaya une larme de la jeune femme. «Rin…J'ai vu ton sourire… presque chaque jour, pendant plus de huit ans. Je ne veux pas que tu partes d'ici en pleurant…Souris-moi, Rin…comme seul toi sait le faire…»
Rin retenu un soupir : il lui demandait l'impossible! Elle ravala ses larmes pour de bon et essaya de chasser la tristesse de son esprit.
Elle pensa simplement au jour où elle le reverrait de nouveau. Elle ouvrir les yeux et le darda de son plus beau sourire. Sesshomaru lui sourit aussi…de façon sincère, comme il ne l'avait jamais fait auparavant!
Si les sourires pouvaient tuer, Rin serait morte sur le coup, il était si beau! Son propre sourire s'élargit, et elle oublia pendant une fraction de seconde à quel point elle souffrait.
«…Merci Rin», murmura-t-il.
Il la prit de nouveau dans ses bras un instant, afin de s'imprégner de son odeur une dernière fois, et posa un baiser sur son front.
«…Va maintenant…sinon, je ne te laisserai plus partir…»
Rin lui sourit tristement. «Peut-être est-ce… ce que je souhaite…», murmura-t-elle.
«Vraiment?»
«…N-non, je plaisante!», rétorqua Rin d'un ton peu rassurant. «Allez, viens Inu-Yasha!»
Inu-Yasha vint s'asseoir derrière elle.
«Allons-y Ah-Un!», souffla-t-elle.
La créature s'éleva lentement dans les airs, afin de ramener Inu-Yasha et Rin…à la maison. Ils s'envolèrent dans le ciel. La visibilité était excellente, le soleil avait chassé la brume matinale. Rin ne put s'empêcher de se retourner une dernière fois. Sesshomaru n'était plus qu'une silhouette lointaine, il n'avait pas bougé, Rin eut l'impression qu'il allait rester immobile jusqu'à ce qu'elle ne soit plus visible. Elle leva son bras afin de lui lancer un dernier au revoir. Le youkai se contenta de lever la main de façon hésitante, pour lui signifier qu'il l'avait vu. Rin sourit, c'était sans doute la première fois qu'il daignait faire ce geste! Et ensuite…elle le perdit de vue, la végétation cachant le château pour de bon.
Sesshomaru baissa la main, il ne la voyait plus. Rin était partie. Il baissa les yeux vers le sol et un sourire cynique se dessina sur ses lèvres. Bien sûr, il savait que Rin avait voulu lui dire adieu aujourd'hui, c'était aussi son intention, mais il s'était dégonflé à la toute dernière minute.
Certes, il était bien vu de célébrer la fin d'une guerre, mais Sesshomaru n'avait jamais été un homme de tradition. Il n'avait pas supporté l'idée de la perdre à tout jamais. Il venait d'inventer cet événement de toute pièce, justement pour la revoir…
À présent, il devrait se contenter de l'idée de ce banquet et de quelques lettres anodines pour calmer son envie de la revoir. C'était son prix de consolation, puisque son souhait principal n'avait pas fonctionné.
Lorsqu'il avait regardé les étoiles filantes avec Rin, il avait fait le vœu qu'elle ne parte pas. Qu'elle ne parte plus jamais. Il avait fait le souhait qu'elle reste avec lui jusqu'à ce que la mort l'emporte. Mais les étoiles filantes l'ont ignoré. Il s'en voulu d'avoir cru à cette stupide légende d'humains.
Désormais, c'était terminé. Plus jamais, il ne sortirait le soir pour regarder les étoiles.
***Fin de chapitre***
Oh, je sais, quelle fin déprimante! Malheureusement, il ne reste après ça qu'un épilogue et…
C'est une blague ^^' Il reste encore quelques chapitres!
Bon…je suis consciente que ce chapitre n'était probablement pas le meilleur, vu tout le blablah et le peu d'action. Mais comme j'ai dit en début de chapitre, jusqu'à la fin, il n'y aura plus beaucoup d'action…Il aura surtout du drame, et un pépin de suspense, quand même ;)
Que se passera-t-il entre Rin et Sesshomaru? Comment sauront-il gérer la situation? Survivront-ils à cette séparation pas sympa du tout? Pas question que je vous réponde, je suis beaucoup trop cruelle pour ça ^^! Mais vous le saurez bientôt, promis!
Allez, un petit commentaire d'encouragement :D
Réponses :D
Anae : Merci pour ce splendide commentaire ^^ Je suis sensible moi-aussi, j'ai versé quelques larmes en écrivant le tout. Mais n'est-ce pas le but de la littérature? Se transporter en un autre lieu que notre banal quotidien et vivre toutes sortes d'émotions? Je suis heureuse de voir que je dois t'avoir fait oublier quelques tracas quotidiens avec le chap 22! Je mourrais d'envie d'écrire la déclaration de Sesshy depuis des semaines (lire mois)! Ne t'inquiète pas…il y aura d'autres moments émouvants comme ceux-là…c'est mes préférés à écrire :)
Serleena : Oui en effet, tuer des persos et les faire ressusciter, c'est un vice propre à tous les auteurs amateurs de happy end! Je n'échappe pas à cette tendance! De toute façon…c'était aussi pour assurer ma survie, vu que certaines lectrices étaient en train de se cotiser pour payer un mercenaire O_O Allez…merci pour ce comm! :)
Cynthia : Ahah…En effet je suis cruelle, même dans la façon dont j'ai séparé les paragraphes étaient faites pour préserver le doute le plus longtemps possible! Et bien sûr, fallait que tous les persos, Sesshy inclus, croient que c'était la fin des haricots, sinon, çaurait pas pu être aussi larmoyant :P Mais non, en effet, je ne pouvais pas le tuer, ç'aurait gâché des mois de travail (ou peut-être pas…du moins, ça aurait été surprenant, mais personnellement, j'ai préféré rester en vie ^^)! Mais bon, heureuse de voir que tu as autant aimé le lire que moi l'écrire, raison pour laquelle je l'ai fait aussi vite, le suspense était en train de me tuer moi-aussi o_O Merci pour ce comm :D
Kagome78 : Heureuse de voir que tu as apprécié, désolé pour ce long délai, je n'étais pas insensible à tes coups de pied, malheureusement, j'ai été pas mal occupé! Et ce sale chapitre était vraiment trop long à faire! Merde, j'ai encore battu mon record de longueur X) Mais bon, le voilà finalement, je n'avais pas oublié cette histoire! Et je ne l'oublierai pas! Je suis simplement…influencé par mes horaires de travail x) Merci pour ton support actif et à bientôt :D
Vendy : Nonn, n'oublies surtout pas de respirer, sinon je vais me sentir plutôt mal là :( Mais je suis heureuse de voir que tu as autant apprécié ce chapitre! Fallait bien que je tartine épais en mélodrame avant la résurrection, c'est mon côté d'auteur sadique qui ressort ^^ Merci pour ce splendide commentaire :D
Fleur-fane : Merci pour ces multiples commentaires, c'est très appréciés :D Mais tu en lis peut-être un peu trop à la fois, cette fic est vachement longue x) J'espère que tu réussiras à te rendre jusqu'à la fin :D
